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Commerce de peaux d’âne en Afrique, un conte moderne à la chinoise

août 7, 2018

Prêtant à l’âne des vertus thérapeutique, la Chine en achète par millions en Afrique, décimant les troupeaux de cet auxiliaire des paysans du continent. Un commerce représentatif des relations exponentielles entre le géant chinois et l’eldorado africain.

Pour garantir son approvisionnement et assurer à ses consommateurs la fourniture de quelque 5 000 tonnes annuelles de cet élixir de jouvence, l’empire du Milieu fait les choses en grand. Après avoir réduit de 11 millions à 5 millions de têtes son propre cheptel d’ânes entre 1990 et 2016, il est allé chercher sur d’autres continents la matière première indispensable.

Pour l’essentiel, en Afrique, où l’âne reste le meilleur ami de l’homme et l’indispensable auxiliaire du paysan. Voyant leurs troupeaux décimés, plusieurs pays – Niger, Burkina Faso ou Bostwana – ont interdit les exportations d’équidés vers la Chine. Comme le décrit le reportage publié aujourd’hui dans nos colonnes, le Kenya est l’un des derniers pays africains à n’avoir pas banni ce commerce. Avec des conséquences en chaîne : la population des ânes kényans a chuté de moitié entre 2008 et 2017, passant de 1,8 million en 2008 à 900 000 en 2017 ; le prix des ânes a doublé, rendant souvent leur achat inabordable pour les agriculteurs locaux ; enfin, faute de trouver assez d’animaux en vente légale, des réseaux de contrebande ont multiplié les vols d’ânes dans des proportions alarmantes.

Poudre de perlimpinpin

Au regard des enjeux économiques ou géopolitiques contemporains, cette affaire pourra sembler anecdotique, nonobstant le sort tragique des animaux domestiques ainsi transformés en poudre de perlimpinpin. Elle constitue pourtant une parabole très éclairante des relations exponentielles entre le géant chinois et l’eldorado africain. En 2000, le commerce sino-africain était estimé à 10 milliards de dollars par an. Il frôle aujourd’hui les 200 milliards – autant que l’Europe, les Etats-Unis et l’Inde réunis – et les investissements chinois en Afrique suivent une courbe similaire.

Pékin ne trouve pas seulement en Afrique les matières premières vitales pour le développement de son économie, pétrole angolais ou nigérian, cuivre ou cobalt congolais, uranium namibien, bauxite guinéenne, métaux rares de toutes sortes, sable indispensable à la cimenterie, bois précieux exportés par milliers de tonnes. La Chine a également fait de l’Afrique un marché de consommation prometteur pour ses industries manufacturières. En échange, elle finance à grande échelle – et sans grand souci de normes sociales ou environnementales – la construction de barrages, de ports, de chemins de fer, d’usines ou de logements. Difficile pour le Kenya, par exemple, de résister à un tel pactole, même au nom de la protection des ânes.

Ceux-ci pourront-ils être sauvés du désastre ? La Chine était devenue, ces deux dernières décennies, la première destination pour le trafic d’ivoire des éléphants d’Afrique, interdit par la communauté internationale depuis 1989. En 2015, soucieux de la réputation de l’empire du Milieu, le président Xi Jinping a banni ce commerce illégal. Peaux d’âne, un conte moderne vous dit-on.

Lemonde.fr

Les États-Unis, potentiels grands perdants de la guerre commerciale d’après le FMI

juillet 18, 2018

Les Etats-Unis, qui multiplient les mesures protectionnistes contre leurs partenaires, pourraient être les grands perdants de la guerre commerciale, estime le FMI qui a élaboré quatre scénarios pour tenter d’évaluer les conséquences du conflit.

« Alors que tous les pays seront à terme plus affaiblis, l’économie américaine est particulièrement vulnérable parce qu’une grande part de son commerce sera sous le coup de mesures de représailles », a relevé Christine Lagarde, la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) dans un blog publié mercredi, dans la perspective de la réunion du G20 Finances en fin de semaine à Buenos Aires.

« Et une réduction du PIB ne sera pas le seul coût », prévient-elle.

Jusqu’alors, la dirigeante de l’institution de Washington martelait qu’une guerre commerciale ne ferait que des perdants. Mi-juin, lors de la présentation de la dernière évaluation de l’économie américaine, elle avait évoqué le conflit nourri des Etats-Unis et la Chine, évoquant des ondes de chocs pour les deux premières puissances mondiales.

Maurice Obstfeld, l’économiste en chef du FMI, s’était lui-même montré plus pessimiste lundi, estimant que les tensions commerciales représentaient « la plus grande menace à court terme pour la croissance mondiale », à l’occasion de la publication des prévisions actualisées pour la croissance mondiale.

Le président américain Donald Trump a pris ces derniers mois un virage résolument protectionniste en imposant tous azimuts des taxes douanières sur des dizaines de milliards de dollars de marchandises, chinoises en particulier.

Les principaux partenaires commerciaux des Etats-Unis, dont le Canada, la Chine, l’Union européenne et le Mexique, ont répliqué en annonçant des taxes douanières sur des dizaines de milliards de marchandises américaines.

Le FMI a estimé que le PIB mondial pourrait être réduit de 0,5% d’ici 2020, soit plus de 400 milliards de dollars.

– Pic de la croissance? –

Si la prévision de croissance pour l’économie de la planète a été maintenue à 3,9% pour cette année et l’an prochain, « cela pourrait être un sommet », estime Christine Lagarde.

« La croissance a déjà commencé à ralentir dans la zone euro, au Japon et au Royaume-Uni », note-t-elle, soulignant par ailleurs que les effets positifs de la réforme fiscale sur l’économie américaine, adoptée fin 2017, allaient, eux, s’estomper.

« D’une manière générale, les effets négatifs sont plus importants pour l’économie américaine que pour les autres économies », résument les économistes du FMI dans leur « note de surveillance » faisant état de quatre scénarios.

Car, expliquent-ils, les autres économies pourraient réorganiser leurs flux commerciaux entre eux, en excluant les Etats-Unis quand Washington sera l’épicentre des représailles.

Le premier scénario prend en compte les tarifs douaniers américains déjà en oeuvre: 25% sur les importations d’acier, 10% sur l’aluminium (depuis mars), 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises et les représailles contre les marchandises américaines (appliquées en juillet).

Le deuxième scénario ajoute les 10% de taxes américaines supplémentaires sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises additionnelles envisagées pour septembre.

Le troisième scénario incorpore les 25% de tarifs douaniers américains sur les importations de voitures et les représailles éventuelles qui pourraient intervenir à la fin de l’été ou à l’automne.

Le dernier scénario intègre en outre d’autres composantes comme une détérioration de la confiance combinée à une diminution des investissements dans les secteurs manufacturiers notamment.

L’institution souligne que dans les trois premières hypothèses, les Etats-Unis pourraient faire face à des représailles de toutes parts alors que les autres économies pourraient réorganiser leurs flux commerciaux en évitant les Etats-Unis.

Dans le dernier scénario, le plus pessimiste, parmi les économies affectées, le PIB américain pourrait être impacté à hauteur de 0,8% la première année, suivie de celui de l’Asie émergente (-0,7%), de l’Amérique latine et du Japon (-0,6%). La France et le reste du monde pourraient perdre environ 0,3%.

Dans son blog, Christine Lagarde pointe enfin du doigt un autre problème à l’horizon, les répercussions sur les pays émergents. Entre mai et juin, 14 milliards de dollars ont été retirés de ces marchés, engendrant des hausses d’intérêt par les banques centrales.

Romandie.com avec(©AFP / 18 juillet 2018 15h27)                                                        

Guerre commerciale: la Californie va souffrir si la crise dure

juillet 11, 2018

Des conteneurs sont chargés dans le port de Long Beach en Californie (ouest) le 6 juillet 2018 / © AFP / Frederic J. BROWN

Des automobiles aux puces électroniques, en passant pas les noisettes et le vin, l’économie de la Californie va beaucoup souffrir si la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine s’aggrave.

Des milliards de dollars et des centaines de milliers d’emplois sont en jeu dans l’Etat américain le plus riche et le plus peuplé, principal bastion de l’opposition à Donald Trump.

« S’il y a une région aux États-Unis qui sera la plus atteinte par la guerre commerciale, ce sera Los Angeles », explique Stephen Cheung, ancien directeur du commerce international au port de la mégapole californienne.

« La Chine est notre premier partenaire économique », dit-il à l’AFP, soulignant qu’en 2017, les transactions entre l’empire du Milieu et les ports de la région ont dépassé 170 milliards de dollars.

Mais il craint aussi que le cycle de représailles engagé depuis la mise en place de mesures protectionnistes américaines sur les produits chinois la semaine dernière menace toute l’économie internationale.

« Nous craignons que ce cycle continue au point de provoquer une dépression », dit M. Cheung, désormais patron de l’ONG World Trade Center Los Angeles.

– « Très inquiets » –

Avec 40 millions d’habitants, la Californie accueille les géants technologiques de la Silicon Valley, les industries du cinéma et de la télévision.

L’Etat exporte des voitures électriques, des moteurs, des pièces automobiles et de l’aluminium, en plus d’être le verger de l’Amérique.

Justement, les représailles chinoises visent les pistaches, les amandes, les noix, les oranges, les citrons et les fraises du « Golden State ».

Des ouvriers agricoles mexicains récoltent des salades dans un champ de Brawley, en Californie (ouest), le 31 janvier 2017 / © AFP/Archives / Sandy Huffaker

« Même si nous ne connaissons pas les ramifications exactes que ces taxes auront sur nos productions, nous pressentons que la perte du marché chinois va bénéficier à d’autres exportateurs étrangers, provoquant la perte d’opportunités de vente à long terme pour nos agriculteurs », commente Sara Neagu-Reed, de la Fédération des agriculteurs de Californie.

La Chine était en 2016 le troisième marché pour les produits agricoles californiens, derrière le Canada et l’Union européenne, avec 2 milliards de dollars d’exportations.

« Nous sommes très inquiets », dit plus prosaïquement Holly King, patronne des producteurs d’amandes de l’Etat. Le secteur, qui a exporté pour 518 millions de dollars en 2016, est désormais frappé de droits de douane de 50%.

Pour les pistaches, qui pesaient 530 millions de dollars cette même année, les taxes sont de 45%.

Casey Creamer, vice-président de la Mutuelle des producteurs d’agrumes de Californie qui représente 2.500 professionnels, assure toutefois que l’organisation soutient l’administration face aux pratiques commerciales chinoises qui « ont fait beaucoup de mal à notre industrie ».

Depuis le début de l’année, Donald Trump a multiplié les mesures protectionnistes à l’encontre de ses partenaires commerciaux, accusés de profiter des largesses des Etats-Unis.

De nombreux professionnels reconnaissent que la Chine use de pratiques commerciales déloyales, mais « au lieu d’utiliser des tarifs douaniers comme une tactique », estime M. Cheung, l’administration Trump devrait négocier un accord bénéficiaire aux deux parties.

– « Frustrant » –

Le vin, autre produit phare de la Californie, a été frappé de tarifs douaniers de 35%.

Un ouvrier agricole participe aux vendanges à Kenwood, en Californie (ouest), le 25 octobre 2017 / © GETTY IMAGES/AFP / JUSTIN SULLIVAN

« On a commencé à exporter en Chine il y a dix ans, on a construit un bon réseau, mais tout s’est brusquement arrêté », déplore à l’AFP Michael Honig, un viticulteur de la Napa Valley au nord de San Francisco.

Son partenaire asiatique a suspendu toutes ses commandes en attendant de voir comment évolue la situation.

« C’est frustrant », commente le vigneron.

Mario Cordero, responsable du port de Long Beach, qui avec Los Angeles a vu passer 7,5 millions de conteneurs en 2017, dit ne pas avoir jusqu’ici entendu parler de cargaisons bloquées. Il faudra selon lui six mois pour avoir un meilleur aperçu des effets des taxes.

Côté emplois, l’ONG California Budget and Policy Center estime que 285.000 salariés sont affectés par cette guerre commerciale.

Pour Stephen Cheung, les consommateurs verront une hausse des prix d’ici quelques semaines, ce qui devrait rendre les importateurs plus réticents à passer commande.

La Californie pourrait aussi perdre les investisseurs chinois, ajoute-t-il.

« L’économie subit déjà » les conséquences de la guerre commerciale et si elle dure, « il faudra du temps pour revenir à un fonctionnement normal », prédit M. Cheung.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2018 18h00)

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine est déclarée

juillet 6, 2018

La Chine a commencé à imposer des droits de douane de rétorsion après le lancement par les Etats-Unis d’une guerre commerciale / © AFP / –

Pékin a saisi vendredi l’Organisation mondiale du commerce (OMC) pour contester l’entrée en vigueur de droits de douane américains de 25% sur 34 milliards d’importations chinoises, estimant l’administration Trump responsable du déclenchement de « la plus grande guerre commerciale de l’histoire économique ».

La Chine avait promis « de ne pas tirer la première » mais avait prévenu: « pour défendre les intérêts fondamentaux du pays et de sa population », elle sera contrainte de riposter.

Après avoir annoncé la mise en oeuvre immédiate de droits de douane de 25% sur un montant « égal » sur quelque 540 produits américains, le ministère du Commerce a annoncé vendredi le recours à l’OMC.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle plainte mais d’un additif à celle qui avait été déposée par le géant asiatique pour contester l’imposition, en mars dernier, des taxes punitives de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium, a précisé une source à Genève.

Les nouveaux tarifs douaniers américains, entrés en vigueur vendredi, affectent 818 produits chinois dont des automobiles, des disques durs ou des composants d’avions mais épargnent des produits populaires comme les télévisions et téléphones.

Un second lot de taxes sur 16 milliards d’importations entrera prochainement en vigueur, a rappelé jeudi Donald Trump, évoquant un délai de « deux semaines ».

– « Acheter chinois » –

Au total, ce sont 50 milliards de dollars d’importations chinoises annuelles qui seront donc affectées par les mesures américaines, destinées à compenser ce que l’administration Trump considère comme le « vol » de propriété intellectuelle et de technologies par la Chine.

Les Etats-Unis ne devraient pas en rester là puisque Donald Trump menace de porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés, soit la grande majorité des importations venues du géant asiatique (505,6 milliards de dollars en 2017).

Les taxes américaines sur les marchandises chinoises / © AFP / afp

Paradoxalement, ce sont ces mêmes tensions commerciales qui ont fait tomber le déficit commercial des Etats-Unis en mai à 43,1 milliards, son plus bas niveau depuis octobre 2016 en dopant les exportations de soja vers la Chine (+89,6%) avant que cette denrée ne soit taxée.

Depuis des mois, la perspective d’une guerre commerciale fait toutefois redouter un coup d’arrêt des échanges de marchandises à travers la planète, actuels moteurs de la croissance mondiale.

Le Premier ministre chinois Li Keqiang, actuellement en Bulgarie, a averti vendredi qu’une « guerre commerciale ne profite à personne ».

Dans les rues de Pékin, des consommateurs s’inquiétaient par ailleurs de possibles hausses des prix consécutives aux taxes sur les produits américains. Pour autant, ils se disent solidaires des autorités.

« Je ferai de mon mieux pour acheter chinois », a ainsi témoigné auprès de l’AFP M. Yang, client d’une supérette.

Du côté américain, la fédération des détaillants a affirmé que plusieurs produits vendus aux Etats-Unis pourraient voir leurs prix augmenter, « les étudiants devant débourser plus pour le mini-réfrigérateur dont ils auront besoin à l’université à l’automne ».

– Quelles conséquences ? –

Pékin accuse Trump de déclarer « la plus grande guerre économique / © AFP / Diana Simeonova, Myriam Adam, NICHOLAS KAMM

Cette confrontation avec Pékin est loin d’être isolée. Depuis le début de l’année, Donald Trump a multiplié les mesures protectionnistes à l’encontre de ses partenaires commerciaux, suscitant exaspération et inquiétude.

La Maison Blanche impose aussi depuis le 1er juin des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium en provenance du Canada, de l’Union européenne, du Mexique ou de la Russie qui ont porté l’affaire devant l’OMC.

Dans le sillage de ces mêmes pays, Moscou a annoncé vendredi l’introduction de surtaxes sur une série de produits américains en réponse aux barrières douanières imposées à l’acier et l’aluminium.

La majorité des experts met en garde contre les dégâts potentiels d’une telle politique, non seulement sur l’économie américaine mais aussi sur l’économie mondiale.

L’imposition de taxes réciproques « va peser sur la croissance, la confiance (des ménages) et les marchés financiers », ont réagi vendredi les économistes d’Oxford Economics.

Ces dernières semaines, des entreprises américaines ont averti qu’elles pourraient licencier, faute de rester compétitives voire mettre la clé sous la porte.

Ces mises en garde ont laissé de marbre Donald Trump, qui avait balayé les arguments mardi dans un tweet. « L’économie se porte probablement bien mieux que par le passé, avant que nous réglions le problème des accords commerciaux inéquitables passés avec chaque pays », a-t-il estimé.

Du côté chinois, « la guerre commerciale va ralentir la croissance du PIB chinois de 0,2 point de pourcentage » en 2018, a estimé un responsable de la Banque centrale, jugeant toutefois l’impact « limité ».

Romandie.com avec(©AFP / 06 juillet 2018 23h33)

Commerce: escalade Chine-États-Unis après de nouvelles menaces de Trump

juin 19, 2018

Les présidents américain Donald Trump et chinois Xi Jinping, le 9 novembre 2017 à Pékin / © AFP/Archives / Nicolas ASFOURI

La Chine et les États-Unis étaient mardi plus proches que jamais d’une guerre commerciale, Pékin promettant des « représailles » après des menaces la veille de Donald Trump d’imposer de nouvelles taxes prohibitives sur les produits chinois importés.

La tension commerciale inquiétait les places boursières mondiales, particulièrement en Chine, où Shanghai a clôturé en repli de près de 4%, à son plus bas niveau depuis septembre 2016, tandis que la Bourse de Shenzhen, deuxième place de Chine continentale a chuté de 5,77%.

M. Trump a demandé lundi au représentant américain au commerce Robert Lighthizer « d’identifier 200 milliards de dollars de biens chinois en vue de tarifs supplémentaires de 10% ». Il entend ainsi compenser les mesures de rétorsion « inacceptables » prises par Pékin face à une première série de taxes américaines décidées vendredi.

Et le président américain pourrait aller encore plus loin: il taxera 200 milliards de dollars de biens supplémentaires « si la Chine augmente à nouveau ses tarifs douaniers » en réaction. Ces mesures pourraient porter à 450 milliards la valeur des produits chinois taxés — soit la grande majorité des importations venues de Chine.

« Ces pratiques de pression extrême et de chantage s’écartent du consensus auquel les deux parties sont parvenues à maintes reprises durant leurs consultations » ces dernières semaines, a dénoncé le ministère chinois du Commerce mardi, dans un communiqué.

« Si les Etats-Unis perdent le sens commun et publient une liste (de produits visés), la Chine se verra dans l’obligation d’adopter une combinaison de mesures quantitatives et qualitatives en forme de représailles énergiques », a-t-il mis en garde.

En annonçant vendredi des droits de douane de 25% sur 50 milliards de dollars d’importations chinoises, pour compenser selon lui le vol par la Chine de technologies et de propriété intellectuelle américaines, Donald Trump avait déjà prévenu: si Pékin venait à répliquer, il imposerait des droits de douanes additionnels.

Une menace à laquelle le géant asiatique était resté sourd puisqu’il avait annoncé dans la foulée qu’il imposerait des taxes à l’identique sur des marchandises américaines.

– ‘Pas énormément d’options’ –

« Des mesures supplémentaires doivent être prises pour encourager la Chine à changer ses pratiques déloyales et à ouvrir son marché aux biens américains », a justifié lundi soir Donald Trump dans un communiqué.

« Cette escalade dangereuse est l’ultime rappel que le Congrès doit intervenir et exercer son autorité sur la politique commerciale », a fustigé dans un communiqué la National Retail Federation, un lobby américain de la distribution.

Environ 455.000 emplois américains sont menacés par les dernières mesures punitives contre la Chine, a calculé la NRF, qui estime qu’une autre conséquence va être une hausse du prix des produits de base.

Les liens économiques entre la Chine et les Etats-Unis, entre 2007 et 2017 / © AFP / Gal ROMA

En 2017, les Etats-Unis ont exporté pour 130,4 milliards de dollars de marchandises vers le géant asiatique, deuxième puissance économique mondiale. Ils ont importé dans le même temps 505,6 milliards de biens chinois, selon les statistiques du département du Commerce. Soit un déficit de plus de 375 milliards.

Donald Trump entend forcer Pékin à réduire le déficit commercial des Etats-Unis de 200 milliards de dollars.

« La Chine n’a pas énormément d’options. Car elle importe peu des États-Unis et n’a pas davantage de marchandises à taxer », estime Christopher Balding, économiste à l’Ecole de commerce HSBC à Shenzhen (sud de la Chine).

« Elle peut lancer des enquêtes sur toutes les entreprises liées aux États-Unis, mais cela ne ferait que donner raison à Trump. A bien des égards, la Chine n’a pas beaucoup de force de frappe en matière de représailles ».

– Inquiétudes aux Etats-Unis –

« Les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine doivent être bien plus équitables », a martelé lundi Donald Trump, qui a imposé dès fin mars des taxes de 25% sur l’acier et de 10% sur l’aluminium chinois, également au nom de la défense de la sécurité nationale.

Les annonces de vendredi ont mis fin à une trêve entre les deux premières puissances mondiales, qui avait été annoncée le 19 mai à la suite d’âpres discussions entre de hauts responsables chinois et américains, d’abord à Pékin puis dans la capitale américaine.

L’administration Trump doit en outre publier d’ici le 30 juin des mesures de restrictions aux investissements chinois.

Aux Etats-Unis, la politique commerciale américaine suscite des inquiétudes chez les agriculteurs susceptibles d’être les plus durement touchés par les mesures chinoises. Les secteurs automobile et aéronautique redoutent eux aussi les conséquences de ce conflit.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juin 2018 14h48)

Washington publie la liste des importations chinoises visées par les taxes

avril 3, 2018

Washington – Le représentant américain au Commerce (USTR) a publié mardi la liste d’importations chinoises qu’il propose de soumettre à de nouvelles taxes douanières en rétorsion « au transfert forcé de technologie américaine et de propriété intellectuelle ».

Cette liste, qui vise des importations représentant « approximativement 50 milliards de dollars », cible des produits de différents secteurs dont l’aéronautique, les technologies de l’information et de la communication ou encore la robotique et les machines, explique-t-il dans un communiqué.

Donald Trump avait signé le 22 mars « un memorandum ciblant l’agression économique de la Chine ». Il avait alors évoqué des mesures punitives contre des importations chinoises d’un montant pouvant atteindre « 60 milliards de dollars » pour mettre un terme à ce qu’il affirme être la concurrence déloyale de Pékin et le vol de propriété intellectuelle.

L’USTR avait une quinzaine de jours pour soumettre au président une liste provisoire qui doit désormais être soumise à examen avant la publication d’une liste définitive.

Cette annonce intervient alors que l’offensive commerciale entre Washington et Pékin est encore montée d’un cran cette semaine.

Le géant asiatique avait en effet annoncé lundi avoir pris des mesures de rétorsion contre 128 produits américains représentant quelque trois milliards de dollars. Il répondait alors à l’imposition de taxes américaines de 25% sur les importations d’acier et de 10% sur celles d’aluminium.

Romandie.com avec(©AFP / 03 avril 2018 21h45)                                            

Congo: quand le pouvoir exerce sans honte le commerce dans le transport urbain

février 27, 2018

 

 

Au Congo, les personnes qui jouissent du pouvoir et qui se disent riches manquent criardement d’innovation et se confondent avec le petit peuple dans les investissements. On ne peut pas comprendre qu’à ce stade, les membres de la famille Sassou Nguesso et certains barons du pouvoir aient des bus et taxis en circulation à Brazzaville et Pointe-Noire.

A la station du marché Total à Bacongo, l’attente se fait longue et le chauffeur accompagné de son contrôleur en profitent pour se rafraîchir dans un nganda du coin où la conversation prend une tournure des plaintes sur leurs conditions de travail.

En face, un autre chauffeur vante la générosité de sa patronne, laquelle ne tolère aucun retard de salaire. Cette patronne n’est entre autre que la première dame de la république, Antoinette Sassou Nguesso ou « Antou » pour les intimes.

L’étonnement de celle qui tient le nganda est visible : « …même eux aussi ont des bus ? » se demande-t-elle avant que le chauffeur ne rajoute qu’ils ont même des caves et Vips.

A elle seule, Antoinette Sassou Nguesso possède près de 32 bus et 15 taxis entre Brazzaville et Pointe-Noire. 10 bus type Coaster font le circuit fermé de Brazzaville et aussi marché Total-Texaco.

Ces bus Coaster rapportent chaque jour un peu plus de 60.000 fcfa contre la moitié pour les bus Hiace et 17000 fcfa pour les Taxis. Chaque jour, Mère Antou a des entrées pour ses bus et taxis de plus de 1.600.000 fcfa.

Il faudrait ajouter à cela ses nombreuses maisons en location, les stations X-Oil et surtout sa caisse noire et la popote que son mari lui donne chaque mois.

Cet acharnement à concurrencer le bas peuple prouve à quel point tous les voleurs ne se ressemblent pas. Dans certains pays d’Afrique de l’Ouest et Australe, les hommes supposés riches ont pour la plupart investit dans les grandes choses et contribuent activement au PIB de leurs pays.

Mais au Congo, les barons du pouvoir qui volent les deniers publics s’embrouillent encore dans l’informel et quand ils tentent de faire une grande chose, refuse de payer les impôts.

L’épouse du chef de l’État n’est pas la seule limitée du pouvoir et de la famille Nguesso. Son beau-frère Maurice Nguesso qui se dit aussi entrepreneur malgré ses faillites chroniques gère plus de 20 bus à Brazzaville, alors que le DG de la police, Jean François Ndenguet a lui tout simplement hérité de 8 bus Coaster du défunt colonel Marcel Ntsourou.

Sacer-infos par Stany Franck

Nganda: Café-restaurant

Lagarde exhorte les pays à ne pas céder à la tentation du repli sur soi

octobre 11, 2017

Christine Lagarde, directrice générale du FMI, lors d’une conférence à Londres le 29 septembre 2017 / © AFP/Archives / ADRIAN DENNIS

Christine Lagarde directrice générale du FMI, a exhorté mercredi les pays à ne pas céder à la tentation du rejet du commerce international et du repli sur soi, estimant que « tous les citoyens pouvaient tirer profit de la mondialisation ».

« La meilleure réponse politique aux défis (posés par la mondialisation) n’est pas de tourner le dos au commerce », a estimé Christine Lagarde, lors d’une conférence sur la mondialisation en marge de la réunion d’automne du Fonds monétaire international. « Nous devons au contraire redoubler nos efforts pour créer un système de commerce mondial qui profite à tous », a-t-elle ajouté.

Ces remarques interviennent alors que les discussions sur la renégociation du traité de libre-échange nord-américain (Aléna) ont repris mercredi près de Washington dans un climat de tensions exacerbées entre les Etats-Unis et le Canada. Le président Donald Trump, qui entend résorber le colossal déficit commercial des Etats-Unis avec le Mexique (plus de 64 milliards de dollars), a menacé de quitter purement et simplement le traité.

Christine Lagarde a reconnu que « la crise financière mondiale s’est traduite par une croissance plus faible et un creusement des inégalités dans de nombreux pays, augmentant les doutes sur les bénéfices de la mondialisation, en particulier dans les pays développés ».

Ceux-ci ont dû notamment faire face à la concurrence des pays ayant une main d’œuvre bon marché. Pour le président américain, l’Aléna est responsable de la perte de milliers d’emplois en particulier dans le secteur automobile au profit du Mexique où les entreprises ont massivement délocalisé leurs activités pour bénéficier de salariés à moindres coûts.

Pour autant, la responsable du FMI souligne que la mondialisation, ce « monde interconnecté qui fait circuler les biens, les marchandises, les capitaux, les individus et les idées a conduit à une prospérité formidable dans le monde ».

Pour les pays en voie de développement, le commerce a également eu des effets négatifs avec un accroissement des inégalités de revenus. Pourtant, « une étude récente montre que les 10% plus pauvres consommateurs perdraient plus de 63% de leur pouvoir d’achat si les frontières étaient fermées », a-t-elle fait valoir.

Elle a enfin rappelé que l’une des préoccupations majeures de l’institution était de renforcer le commerce, d’aider les 189 pays membres à profiter de la mondialisation pour dynamiser la croissance, l’emploi et les revenus.

Romandie.com avec(©AFP / 11 octobre 2017 19h45)

Désertés, les centres commerciaux américains se cherchent un avenir

août 6, 2017

De rares clients dans un centre commercial presque désert, à Meriden, Connecticut, le 28 mars 2017 / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / SPENCER PLATT

Abandonnés par les grandes marques, désertés par les jeunes, les « malls » américains, autrefois temples du shopping, sont devenus des zones fantômes, victimes de l’explosion du commerce en ligne et des nouveaux modes de consommation.

Macy’s, Sears, JC Penney, trois des grandes chaînes de magasins ont annoncé récemment la fermeture de centaines de boutiques, souvent situées dans les « malls », privant de facto ces centres commerciaux géants de locomotives naturelles pour attirer les acheteurs.

Aujourd’hui, le visiteur est accueilli par des locaux vides et des parkings désertés.

A Bloomsburg, au centre de l’Etat de Pennsylvanie (est), la récente défection du magasin JC Penney est tombée comme un couperet pour le Columbia Mall, ouvert en 1988. Les marques de baskets, qui drainent souvent des jeunes en grand nombre, sont absentes des galeries marchandes. La griffe de lingerie Victoria’s Secret est l’une des rares têtes d’affiche.

« C’est un lieu déprimant », raconte Nakul Kumar, professeur d’économie à l’université de Bloomsburg, venu faire du sport dans une salle de la chaîne Planet Fitness, qui vient d’ouvrir dans un local laissé vacant par le distributeur des biens d’équipements pour la maison Sears.

Dans un coin de l’ex-magasin JC Penney, quelques articles traînent encore ci et là, tandis que des mannequins sont entassés à même le sol. Les propriétaires des murs ont recruté une agence immobilière pour trouver un nouveau locataire.

Si jadis la priorité était donnée à un commerçant, ce n’est plus le cas. L’espace « pourrait être loué à un commerçant ou destiné à tout type d’usage », déclare à l’AFP un responsable.

L’espoir ici est que l’arrivée récente de Planet Fitness pourrait intéresser un commerce ciblant un public de sportifs.

– ‘Levier’ –

Dans un autre coin de la galerie marchande, Bloom Bounce, un magasin de trampolines pour enfants, a ouvert en 2014 dans un local libéré par une boîte de disques.

« Nous avons le coin le plus vivant du mall », raconte Jenn Rarig, la propriétaire, qui n’a pas hésité à agrandir le magasin en louant des locaux vides adjacents.

Si Mme Rarig apprécie les concessions faites par les propriétaires des murs, elle n’a toutefois pas encore renouvelé son bail qui expire en janvier. « Je veux m’assurer d’avoir un levier », déclare-t-elle.

Sur 1.070 malls passés à la loupe en janvier par le cabinet de conseils en immobilier Green Street Advisors, seuls 200 sont situés dans des zones géographiques jugées attractives pour les grandes marques. Environ 330 en revanche sont dans des endroits où la fréquentation a fortement décliné, ce qui indique qu’il y a une forte probabilité qu’ils ferment à court terme, selon le cabinet.

Les malls, qui ont contribué au développement des « suburbia » (banlieues blanches américaines), sont une victime du développement du commerce de proximité et de l’explosion du commerce en ligne, explique Fred Hurvitz, enseignant à l’école de commerce de la Penn University, car les enseignes sont obligées de se replier vers internet pour espérer rivaliser avec Amazon.

Un grand nombre d’entre elles comme Nordstrom et Macy’s s’attachent à étoffer leur présence en ligne afin de capter la jeune clientèle des « Millenials », qui fait ses achats sur les smartphones, tablettes numériques et ordinateurs portables.

« Il y a un mouvement (général) visant à faire tout son possible pour faire des économies », indique M. Hurvitz.

– Gratuit –

La plupart des malls, dont la superficie atteint 100.000 m2 pour certains, ont été construits dans les années 60 et 70 et sont devenus très vite le symbole du mode de vie américain. Emblématiques de la consommation de masse, ils ont commencé à péricliter au moment de la crise financière de 2008, incapables de s’aligner sur les bas prix du commerce en ligne.

Pour survivre, certains malls envisagent de se transformer en parcs d’attractions tandis que d’autres s’ouvrent à des secteurs comme l’immobilier de bureau et le sport.

Dans ce dernier cas, ils font d’importantes concessions, assouplissent les termes des baux et proposent des services gratuits comme la sécurité 24h/24.

Et ça fonctionne: les centres commerciaux « sont devenus la priorité dans notre recherche de nouveaux emplacements », raconte Josh Beyer, vice-président de l’immobilier de Planet Fitness.

« Quand ils étaient pleins, les propriétaires dictaient leurs termes. Maintenant c’est nous qui leur dictons nos termes », déclare-t-il.

Roandie.com avec(©AFP / 06 août 2017 22h24)

États-Unis: Donald Trump déclare la guerre, commerciale, au Canada

avril 25, 2017

Donald Trump lors d’une cérémonie du souvenir de l’Holocaust, le 25 avril 2017 à Washington / © AFP / MANDEL NGAN

Donald Trump a lancé une offensive tous azimuts contre le Canada, déclarant la guerre commerciale au principal partenaire économique des Etats-Unis, en imposant des taxes sur le bois de construction et menaçant de mesures de représailles dans le secteur laitier.

« Les gens ne réalisent pas que le Canada a été très dur avec les Etats-Unis. (…) Pendant des années, ils ont été plus malins que nos dirigeants », a déclaré M. Trump mardi en ajoutant qu’il n’avait pas peur d’une guerre commerciale avec le Canada.

« Je suis poli mais je suis aussi très ferme dans la défense des intérêts du Canada », a répondu M. Trudeau dans un entretien mardi à la chaîne CTV News. « Nous allons engager respectueusement, mais fermement » un dialogue avec les Etats-Unis pour leur démontrer la complexité de l’intégration des deux économies frontalières, a-t-il ajouté.

A l’origine de cette tension inhabituelle entre les deux voisins nord-américains, la décision lundi soir des Etats-Unis d’imposer des taxes à l’importation de certaines catégories de bois de construction canadien et les menaces mardi de M. Trump de riposter à des mesures canadiennes limitant les importations de certains produits laitiers américains.

Les relations entre Donald Trump et Justin Trudeau passaient pourtant pour plutôt bonnes. Mais, fidèle à ses promesses de campagne, M. Trump est passé à l’offensive contre des accords commerciaux qui, selon lui, désavantagent les Américains.

Réunis, avec le Mexique, par l’Accord de libre-échange nord-américain (Aléna), les Etats-Unis et le Canada ont un volume d’échanges commerciaux annuel de près de 545 milliards de dollars, se traduisant, selon les chiffres américains, par un déficit de 11,2 milliards de dollars aux dépens de Washington.

Mais en frappant le bois de construction, appelé bois d’oeuvre au Canada, Donald Trump réveille un vieux dossier qui divise les deux voisins depuis 35 ans.

L’ensemble des importations de bois de construction canadien aux Etats-Unis s’est élevé en 2016 à 5,66 milliards de dollars, a précisé le ministère du commerce américain en annonçant lundi soir des taxes à l’importation allant de 3,02% à 24,12% selon les produits. Mais seulement certains, sur ce total, sont visés.

Les producteurs américains accusent leurs homologues canadiens d’exporter ce matériau à un prix de dumping, c’est-à-dire inférieur aux coûts de production grâce aux subventions qu’ils reçoivent.

Le lait en ligne de mire

Le Mexique semblait jusqu’à présent la cible privilégiée de Donald Trump, mais il a donc choisi de tourner dans l’immédiat ses canons commerciaux vers son voisin septentrional.

Le secrétaire au Commerce américain Wilbur Ross a souligné mardi dans des déclarations à la Maison Blanche que le Canada était « un allié proche, un allié important » des Etats-Unis.

« Ils sont généralement un bon voisin mais cela ne veut pas dire qu’ils ne doivent pas suivre la règle du jeu », a-t-il lancé.

« Nous inonder de bois, ce n’est pas du bon voisinage et il y a le sentiment dans l’industrie laitière qu’ils ont pris une décision un peu abrupte la semaine dernière », a-t-il ajouté.

Le lait en effet est un autre des dossiers que l’administration américaine veut mettre sur la table.

En visite la semaine dernière dans le Wisconsin, un Etat du nord des Etats-Unis grand producteur de lait et de fromage, Donald Trump avait qualifié de « honteuses » les mesures canadiennes de limitation des importations de concentré de protéines de lait.

Celles-ci placent les producteurs de lait américains dans une situation difficile alors que les Canadiens affirment qu’elles ne visent qu’à enrayer les effets d’une surproduction de l’autre côté de la frontière.

Ces salves américaines entrent dans le cadre du souhait de Donald Trump de renégocier l’Aléna. Il a dénoncé pendant la campagne cet accord conclu en 1994, le qualifiant de « désastre » pour l’économie américaine et l’accusant de la disparition de millions d’emplois.

« Si l’Aléna fonctionnait correctement, il n’y aurait pas ce genre de situations épineuses et malvenues l’une après l’autre. Donc je pense que l’Aléna n’a pas fonctionné comme il aurait dû », a estimé M. Ross mardi.

Cette offensive commerciale de l’administration américaine menace aussi d’autres secteurs et partenaires. M. Trump a notamment évoqué la semaine dernière de possibles mesures dans le secteur de l’acier, affirmant que la baisse de la production nationale du fait de la hausse des importations menaçait la sécurité nationale du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 25 avril 2017 22h07)