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La mort de la reine pourrait entraîner la rupture de nombreux liens avec le Commonwealth

septembre 18, 2022

Des mouvements d’indépendance sont en marche presque partout, sauf au Canada où règne l’inertie constitutionnelle.

Un ballon rouge en forme de coeur avec le portait d'une femme.

La reine Élisabeth II, le monarque britannique qui a régné le plus longtemps et qui a été un roc de stabilité pendant la majeure partie d’un siècle turbulent, est décédée le 8 septembre 2022, après 70 ans sur le trône. Elle avait 96 ans. Photo : Getty Images/Dan Kitwood

À son apogée, l’Empire britannique s’étendait aux quatre coins du monde et avait le quart de la population mondiale comme sujets. Au fil du temps toutefois, les royaumes de la monarchie se sont inexorablement rétrécis.

La première fissure dans la façade est apparue il y a 100 ans, lorsque la Grande-Bretagne a ratifié un traité de paix pour mettre fin à la guérilla qui avait rendu la domination de la Couronne inapplicable dans une grande partie de l’Irlande.

Au cours du quart de siècle suivant, cette fissure s’est étendue à d’autres colonies – d’abord dans le sous-continent indien et au Moyen-Orient, puis en Afrique et dans les Caraïbes – affaiblissant l’édifice monarchique jusqu’à ce que les chocs de la Seconde Guerre mondiale provoquent l’effondrement de l’Empire.

Des défaites militaires, de la Birmanie à Hong Kong, ont fini par affaiblir le prestige britannique, laissant place à l’arrivée des États-Unis sur la scène internationale. Le nouveau grand maître incontesté du monde de l’après-guerre considérait d’ailleurs les empires britannique et français comme faibles dans la nouvelle lutte idéologique avec l’Union soviétique.

Une transition (relativement) douce

La reine Élisabeth II a effectué une transition étonnamment douce vers le Commonwealth, une organisation volontaire qui est restée accessible même aux anciennes colonies, évitant ainsi à l’Empire britannique de vivre la même désintégration violente qu’ont connue les empires français et portugais.

Parmi les nations qui ont abandonné la monarchie figure le joyau de la couronne : l’Inde. Le pays a obtenu son indépendance en 1947 et s’est déclaré république deux ans plus tard. Le Bangladesh et le Pakistan ont emboité le pas.

Des mains agitent des drapeaux.

Des écoliers agitent des drapeaux lors des célébrations marquant le 75e jour de l’indépendance de l’Inde. (archives) Photo: AFP/DibyangshuI Sarkar

Alors que la vague d’indépendance balayait l’Empire, la reine n’est restée cheffe d’État que du quart environ de ses anciennes colonies britanniques comme le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande, les anciennes colonies des Caraïbes (des Bahamas au Belize) et une poignée de nations du Pacifique (telles la Papouasie-Nouvelle–Guinée et les îles Salomon).

Notons que ces dernières années, le Commonwealth s’est élargi pour accepter de nouveaux membres qui n’ont pourtant jamais fait partie de l’Empire britannique. C’est le cas du Rwanda, ancienne colonie belge. D’ailleurs, ce pays de l’Afrique a accueilli cette année le sommet des chefs de gouvernement du Commonwealth.

Une autre ex-colonie belge, le Burundi, a demandé à devenir membre. Des pays suspendus, comme les Fidji, la Gambie et les Maldives, ont été réadmis, et d’autres qui avaient quitté l’organisation (Pakistan) ou en avaient été expulsés (Afrique du Sud) l’ont depuis rejointe. Quant au Zimbabwe, il a quitté le Commonwealth en 2003 et a demandé à y revenir en 2018.

Le cas unique de l’Irlande

Un bouquet de fleur déposé contre un mur.

Des fleurs ont été déposées devant l’ambassade britannique à Dublin après l’annonce du décès de la reine Élisabeth II. Photo : AP/ Brian Lawless

Seule la plus ancienne colonie britannique a obstinément refusé de faire partie du Commonwealth. Pour certains membres de l’Armée républicaine irlandaise, l’acceptation de quelque chose de moins que l’indépendance totale, en 1922, avait été une pilule trop amère à avaler.

Le nouvel État libre d’Irlande a été le théâtre d’une dure guerre civile entre ses anciens libérateurs, qui se demandaient s’ils devaient accepter le seul accord de paix qui leur était proposé ou bien espérer davantage. Les partisans du Traité l’ont emporté et, pendant 27 ans après la guerre d’indépendance, l’État libre d’Irlande a été un dominion au même titre que le Canada.

Mais les douloureux souvenirs d’oppression, de famine et d’exil, qui ont culminé avec la partition forcée, ont laissé les Irlandais déterminés à ne plus avoir affaire à leur ancien maître colonial. En 1949, l’Irlande profite de l’affaiblissement de la Grande-Bretagne après la guerre pour se déclarer comme une république à part entière et quitter définitivement le Commonwealth.

Poussée républicaine aux Antilles

La récente tournée dans les Caraïbes de William et Catherine, alors duc et duchesse de Cambridge, a montré à quel point les souvenirs du colonialisme sont encore vivaces dans cette partie du monde.

Le couple a d’abord été contraint d’annuler une visite au Belize, où la population maya locale s’était opposée à leur présence. Puis, en Jamaïque, le premier ministre, Andrew Holness, a déclaré au duc et à la duchesse que son pays insulaire allait passer à autre chose pour réaliser ses véritables ambitions en tant que pays indépendant, développé et prospère.

Le gouvernement jamaïcain ne cache plus ses intentions. Il prévoit de faire bientôt du pays une république, à temps pour les prochaines élections générales prévues en 2025.

Le prince William et Catherine, debout sur un véhicule, saluent des gens.

Le prince William et Catherine, alors duc et duchesse de Cambridge, assistent à la parade de l’Académie militaire des Caraïbes à Kingston, en Jamaïque. (archives) Photo: AFP/Ricardo Makyn

Rappelons que la Jamaïque a déclaré l’année dernière qu’elle allait demander officiellement au gouvernement britannique de payer des réparations pour avoir supervisé le transport forcé d’environ 600 000 Africains réduits à l’esclavage vers les plantations de sucre et de bananes de l’île.

Même indépendants politiquement, la plupart des pays des Caraïbes britanniques ont continué à accepter la reine comme cheffe d’État. Seules la Guyana, Trinité-et-Tobago et la Dominique ont choisi l’option républicaine. Il semble toutefois que la région commence à connaître une deuxième vague d’aspiration indépendantiste.

La première ministre de la Barbade a inauguré lors d’une cérémonie officielle l’éloignement de son pays de la couronne britannique. Après le décès d’Élisabeth II, le premier ministre d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, a quant à lui annoncé son intention d’organiser un référendum sur la monarchie.

« Ce n’est pas un acte d’hostilité ni un désaccord quelconque entre Antigua-et-Barbuda et la monarchie. Mais c’est l’étape finale pour compléter ce cercle d’indépendance, pour nous assurer que nous sommes vraiment une nation souveraine. »— Une citation de  Gaston Browne, premier ministre d’Antigua-et-Barbuda

Deux femmes portant un masque s'entretiennent.

La chanteuse Rihanna lors d’un entretien avec la première ministre de la Barbade, Mia Mottley. (archives) Photo : CBC/Jackson Weaver

Quelle option pour l’Australie?

La Barbade a choisi un chemin facile vers une république en nommant simplement son ancien gouverneur général à la fonction de nouveau président. Mais les nations plus grandes, en particulier celles dotées d’un système fédéral, sont confrontées à des problèmes plus complexes.

Par exemple, la tentative de l’Australie d’abandonner la monarchie dans les années 1990 a échoué parce que l’abandon d’un système nécessite son remplacement par un autre. Avec la disparition de la reine, une nouvelle fenêtre s’ouvre peut-être pour les républicains australiens, qui ont réagi à son décès avec une déclaration mesurée.

Un homme s'exprime à la télévision.

Le premier ministre australien, Anthony Albanese, s’est adressé à la nation au lendemain du décès de la reine Élisabeth II, le 9 septembre 2022. (archives) Photo: AP

Le premier ministre australien, Anthony Albanese, est un républicain convaincu. Dès son entrée en fonction en mai dernier, il a nommé Matt Thistlethwaite au nouveau poste de ministre adjoint de la république. Celui-ci est responsable de planifier la transition hors de la monarchie.

M. Albanese est l’un des nombreux politiciens travaillistes australiens qui n’a jamais oublié le rôle de la Couronne britannique dans la crise constitutionnelle de 1975, laquelle a vu le gouverneur général non élu, John Kerr, destituer le premier ministre travailliste élu, Gough Whitlam.

Des lettres échangées entre le palais de Buckingham et son vice-roi australien ont été publiées en 2020 après une longue bataille judiciaire. Elles ont révélé que le prince Charles (aujourd’hui Charles III) avait discuté avec M. Kerr du renvoi de M. Whitlam des mois avant que cela se produise.

La Nouvelle-Zélande veut prendre son temps

La première ministre néo-zélandaise, Jacinda Ardern, a rapidement rejeté toute spéculation selon laquelle son gouvernement envisagerait une sortie du giron de la monarchie.

Je n’en ai jamais ressenti l’urgence, a-t-elle déclaré. Il y a tellement de défis auxquels nous sommes confrontés. Il s’agit d’un débat vaste et important. Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un débat qui pourrait ou devrait avoir lieu rapidement.

Je pense que c’est vers cela que la Nouvelle-Zélande se dirigera à terme. Je pense qu’il est probable que cela se produise de mon vivant, a-t-elle ajouté.

Deux personnes saluent la foule debout sur une automobile.

La reine Élisabeth II et le prince Philippe, duc d’Édimbourg, saluent la foule lors de leur visite à Wellington, en Nouvelle-Zélande. (archives) Photo : Getty Images/Anwar Hussein

La Nouvelle-Zélande a parcouru un long chemin depuis la première visite de la reine en 1952, lorsque le conseil municipal d’Auckland a expulsé les Maoris de la baie d’Okahu et a brûlé leurs maisons, craignant qu’elles ne soient une horreur épouvantable qui pourrait gâcher la vue de la souveraine sur la baie.

Aujourd’hui, le parti maori semble détenir l’équilibre du pouvoir. Les élections doivent avoir lieu au plus tard en janvier 2024. Sa dirigeante, Debbie Ngarewa-Packer, a clairement indiqué qu’elle n’était pas monarchiste.

Au Canada, une Constitution gelée

De tous les pays membres du Commonwealth, celui qui est peut-être le moins susceptible d’abandonner la monarchie britannique est le Canada, tout simplement parce que sa Constitution fédérale rend le processus pratiquement impossible.

Deux visages sur un grand écran projetés en ville.

Un hommage à la reine Élisabeth II est projeté sur le grand écran du Centre national des arts, à Ottawa. Photo : La Presse Canadienne/Justin Tang

L’expert constitutionnel Philippe Lagassé a déclaré à CBC qu’un tel changement nécessiterait le consentement unanime de toutes les provinces et du Parlement fédéral, et je soupçonne que les peuples autochtones voudraient eux aussi avoir leur mot à dire, car ils ont une relation directe avec la Couronne.

M. Lagassé explique que celles et ceux qui sont en faveur d’une république canadienne devraient aller plaider leur cause directement au Royaume-Uni puisqu’il suffit là-bas d’une loi du Parlement. Et si cela se réalisait, nous serions ici, au Canada, obligés de faire quelque chose.

Un tel scénario est peu probable, mais pas impossible, a ajouté l’expert constitutionnel.

L’exception de la Papouasie–Nouvelle-Guinée

Alors que la tournée du prince et de la princesse de Galles dans les Caraïbes avait été accueillie avec des protestations et même des rebuffades, la princesse Anne a mené une tournée beaucoup plus réussie en Papouasie–Nouvelle-Guinée.

Le pays ne porte pas même histoire douloureuse d’esclavage que les Caraïbes et la figure de la reine connue là-bas sous le nom de Missis Kwin y est restée très populaire. Alors que d’autres pays envisagent de se retirer du Commonwealth, la Papouasie–Nouvelle-Guinée regarde dans la direction opposée en embrassant ce que nous avons et en le rendant plus grand et meilleur qu’il ne l’était auparavant, a déclaré le ministre Justin Tkatchenko.

Il reste que d’ici cinq ans, la Papouasie–Nouvelle-Guinée pourrait être la seule nation à prédominance non blanche de plus d’un million d’habitants à reconnaître encore un monarque britannique comme chef d’État. D’autres mauvaises nouvelles pour la monarchie britannique risquent de faire leur apparition dans un avenir pas si lointaine. L’Écosse pourrait bien connaître un nouveau référendum sur l’indépendance.

Un homme assis avec son chien assis près de la Tamise.

Un homme et son chien attendent de voir le cortège transportant le cercueil de la défunte reine Élisabeth II à Édimbourg, en Écosse. Photo : Getty Images/Ian Forsyth

Dans un effort apparent pour que la rupture semble moins radicale, la première ministre d’Écosse, Nicola Sturgeon, a proposé de conserver la reine comme cheffe d’État. Mais rares sont ceux qui croient que le parti nationaliste écossais est réellement attaché à un gouvernement monarchique.

Quoi qu’il en soit, la dissolution du Royaume-Uni serait un coup dur pour la famille royale qui l’a créé en 1707, et ouvrirait la porte à de nouvelles incertitudes. De plus, l’évolution démographique en Irlande du Nord semble susceptible de rouvrir un débat bien plus dangereux, dans lequel le maintien du rôle de la Couronne serait très largement en jeu.

Les républicains irlandais ont fait preuve de respect à l’égard de la mort d’Élisabeth II, mais, contrairement aux Écossais, ils ne pourront jamais accepter que sa famille continue à jouer un rôle. L’Empire britannique est en train de s’éteindre depuis un siècle. Il est aujourd’hui devenu clair que le processus n’est pas encore terminé.

Avec Radio-Canada d’après un texte d’Evan Dyer de CBC

Sommet de Kigali : une occasion historique d’en finir avec les maladies négligées 

juin 22, 2022

Organisé ce 23 juin dans la capitale rwandaise en marge du sommet du Commonwealth, le forum sur le paludisme et les maladies tropicales négligées doit être l’occasion de rappeler aux décideurs politiques l’importance de l’innovation médicale et des partenariats, pilotés et soutenus par les Africains, dans la lutte contre ce fléau.

Le ministère de la Santé de l’État de Lagos et ses partenaires organisent une marche de sensibilisation pour la journée mondiale de lutte contre le paludisme à Alausa, Ikeja, au Nigeria, le 26 avril 2022. © ADEKUNLE AJAYI/NurPhoto via AFP

Il y a trente ans, l’un de mes patients, un jeune garçon atteint de leishmaniose viscérale, est mort dans mes bras. La leishmaniose viscérale, aussi appelée fièvre noire, est une maladie parasitaire négligée, endémique en Afrique de l’Est, qui touche principalement les enfants de moins de 15 ans. Ce jeune patient était originaire de Baringo, une région du Kenya affectée par la maladie et située à 250 km de Nairobi. À l’époque, le traitement qui aurait pu le sauver était très difficile d’accès dans son village.

Plus de 1,7 milliard de personnes menacées

C’est cette tragédie qui m’a amenée, alors jeune médecin, à consacrer ma vie à la découverte et au développement de meilleurs médicaments contre les maladies tropicales négligées (MTN). La leishmaniose viscérale n’est qu’une de ces nombreuses maladies infectieuses qui, chaque année, tuent, handicapent et défigurent des millions de personnes. Elles affectent aussi les moyens de subsistance des familles et l’éducation des enfants, et constituent ainsi un frein au développement socio-économique des pays concernés en maintenant les communautés atteintes dans un cycle d’extrême pauvreté.

Même si 1,7 milliard de personnes dans le monde sont menacées par les maladies négligées, les seuls traitements disponibles sont trop souvent toxiques, longs, peu efficaces, ou impossibles à administrer dans les zones reculées – quand ils existent. C’est pourquoi tous les regards de la communauté des chercheurs et des militants des MTN sont tournés vers le Rwanda, où se tient le 23 juin le Sommet de Kigali sur le paludisme et les MTN en marge de la réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth.

À Kigali, décideurs politiques, institutions de recherche médicale africaines et internationales, société civile et industrie pharmaceutique discuteront d’actions concrètes pour lutter contre les maladies négligées – notamment en soutenant l’innovation. Des efforts qui s’alignent sur les objectifs de la feuille de route MTN de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui vise à éliminer 20 maladies en tant que problèmes de santé publique d’ici à 2030.

Ces objectifs ne pourront être atteints sans des efforts de recherche, menée notamment sous l’impulsion des nations et des scientifiques africains. Nous avons démontré que c’était possible. En RDC par exemple, des chercheurs d’instituts de recherche nationaux, travaillant étroitement avec le ministère de la Santé, et des partenaires internationaux ont réussi à mettre au point des médicaments révolutionnaires contre la maladie du sommeil, l’une des pathologies les plus négligées au monde.

Nous pouvons reproduire ce succès dans d’autres cas. Les trois décennies que j’ai passées sur le terrain avec mes collègues chercheurs et avec les communautés atteintes par la leishmaniose viscérale m’ont convaincue que l’innovation médicale et les partenariats, pilotés et soutenus par un leadership africain déterminé, sont essentiels pour lutter efficacement contre les MTN.

Ce modèle a déjà amené des résultats spectaculaires. Jusqu’à récemment, les personnes atteintes de leishmaniose viscérale devaient passer de longs mois à l’hôpital pour y recevoir de douloureuses injections quotidiennes. Mais, grâce à de nouveaux traitements, la durée d’hospitalisation a été divisée par deux, et nous développons le tout premier traitement entièrement par voie orale de la maladie.

Début juin, l’OMS a aussi recommandé un traitement plus court, plus efficace et plus facile à administrer pour les personnes co-infectées par la leishmaniose viscérale et le VIH. Un traitement élaboré grâce à des études cliniques menées en Éthiopie et en Inde par mon ONG, l’organisation de recherche à but non lucratif Initiative médicaments contre les maladies négligées (DNDi) et ses partenaires éthiopiens, indiens et internationaux. Des dizaines de milliers de patients vont bénéficier de cette innovation.

La science, ça marche !

Mais pour trop d’autres maladies, nous manquons toujours de traitements adéquats. La cécité des rivières, par exemple. Cette maladie dite filarienne est causée par des vers parasitaires qui migrent vers la peau, les yeux et d’autres organes, provoquant des démangeaisons, des affections cutanées qui défigurent et, finalement, la cécité. Environ 240 millions de personnes sont menacées par cette maladie, dont un grand nombre se trouvent d’ailleurs près de Kigali où se déroulera le sommet, et dans la RDC voisine.

Le traitement actuel de la cécité des rivières consiste en des administrations massives et régulières d’ivermectine à toutes les personnes vivant dans les zones endémiques. Ce médicament tue les vers juvéniles, mais pas les vers adultes, qui restent dans l’organisme, obligeant à répéter ces campagnes d’administration massive pendant de nombreuses années. Nous avons donc besoin d’un médicament sûr, efficace, abordable, et capable de tuer tous les vers, juvéniles comme adultes. Nous y travaillons : en coopération avec les autorités de santé de la RDC et du Ghana, ainsi qu’avec deux entreprises pharmaceutiques, nous avons déjà identifié deux molécules prometteuses et espérons apporter ces nouveaux traitements aux patients dans les prochaines années. Mais pour de nombreuses autres maladies négligées, les besoins restent immenses.

Le Sommet de Kigali offre une occasion historique de soutenir l’innovation médicale. Décideurs politiques, donateurs et industriels doivent s’engager publiquement à investir dans la recherche pour trouver de meilleurs médicaments et outils de diagnostic. Alors que, à travers le continent, les communautés sont confrontées à une aggravation du risque posé par des maladies dont la propagation est amplifiée par le réchauffement climatique – c’est le cas de la leishmaniose –, les gouvernements africains ne peuvent pas se permettre d’être attentistes.

L’élimination des MTN constitue d’abord l’un des moyens les plus efficaces de développer leurs économies ; mais, avant tout, je suis intimement convaincue, en tant que médecin, que des centaines de millions de personnes sur le continent méritent de vivre sans la menace des MTN sur leur bien-être, leur famille et leurs moyens de subsistance. Et que les enfants de Baringo et d’ailleurs ont le droit à une vie saine et heureuse, avec l’assurance d’avoir près d’eux, quand la maladie frappe, des médicaments sûrs, efficaces, et simples d’utilisation, pour les soigner et les guérir.

Monique Wasunna

Avec Jeune Afrique par Monique Wasunna

Médecin et chercheuse en maladies infectieuses basée à Nairobi (Kenya). Elle dirige le bureau Afrique de l’initiative Médicaments contre les maladies négligées (DNDi).

Commonwealth : L’adhésion du Gabon serait en très bonne voie

octobre 9, 2021

Alors que l’opinion se demandait si l’adhésion du Gabon au Commonwealth était toujours d’actualité, le porte-parole de la présidence de la République a répondu par l’affirmative le 7 octobre. Selon lui, l’adhésion du pays est même en très bonne voie. A Londres récemment, le président gabonais aurait profité de l’occasion pour avancer sur cette question.

Ali Bongo et Patricia Scotland lors de leur rencontre. © D.R.

En mai dernier lors d’un déplacement à Londres, la première visite officielle à l’étranger depuis son Accident vasculaire cérébrale (AVC), le président Ali Bongo avait exprimé la volonté de faire entrer le Gabon dans le Commonwealth. A l’issue d’une rencontre avec Patricia Scotland, la secrétaire générale du Commonwealth, il avait à travers un tweet évoqué une «volonté commune» qui «pourrait se concrétiser dès le prochain sommet du Commonwealth à Kigali». Dans le pays, cette volonté affichée avait fait couler beaucoup d’encre et de salive en divisant l’opinion entre ceux qui ne voient pas l’opportunité du Gabon d’adhérer à cette organisation anglophone, et ceux qui comme Ali Bongo envisagent cette adhésion comme un «apport historique».

Après ces nombreux commentaires et tweet d’Ali Bongo à l’issue d’une audience avec la secrétaire générale de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), on en n’avait plus entendu parler dans le pays au point que beaucoup se demandaient si cette question était toujours d’actualité. Ce qui semble d’ailleurs être le cas. Toutefois, lors de sa conférence de presse le 7 octobre, le porte-parole de la présidence de la République a indiqué que c’est «une adhésion qui est en très bonne voie». Selon Jessye Ella Ekogha, à Londres il y a une dizaine de jour, le président gabonais qui effectuait son second déplacement dans la capitale britannique en l’espace de 4 mois a mis à profit son séjour pour «avancer sur l’adhésion de notre pays au Commonwealth».

La réunion des chefs de gouvernement du Commonwealth (Commonwealth Heads of Government Meeting, CHOGM), de juin dernier à Kigali au Rwanda, qui devait confirmer ou non l’adhésion du Gabon au sein de cette organisation anglophone a finalement été différée à mai, et face à la volonté affichée du pays qui demeure, les questions ayant surgi après l’annonce de cette adhésion demeurent elles-aussi. Entre autres, quelle tournure prendra les relations avec la France ? Le Gabon fera-t-il allégeance à la reine d’Angleterre ? L’Anglais sera-t-elle la deuxième langue officielle du pays ?

Avec GabonReview/Actualité par Alix-Ida Mussavu

Le Togo en passe d’adhérer au Commonwealth

juin 23, 2021
Le Togo en passe d’adhérer au Commonwealth

(Agence Ecofin) – Après le Rwanda en 2009, qui a ouvert la voie, le Togo, à l’instar du Gabon, autre pays francophone, frappe à la porte du Commonwealth, l’organisation qui regroupe essentiellement d’anciens territoires de l’Empire britannique.

« Le Commonwealth, c’est un marché de 2 milliards de consommateurs. C’est une opportunité pour le Togo », a indiqué Franck Missité, directeur de Cabinet au ministère de la Communication alors qu’une mission de l’organisation intergouvernementale démarrait une nouvelle évaluation à Lomé.

Le pays qui ambitionne depuis 2014 d’adhérer à la communauté dont les Etats membres sont en majorité d’anciens territoires de l’empire britannique, ne compte pas toutefois rompre les liens avec la francophonie.

« Le Togo ne quitte pas la francophonie. Il demeure membre à part entière. Le Togo reste un pays francophone. On va seulement renforcer les programmes d’enseignement de l’anglais. Nous voulons simplement réactiver d’autres partenariats », a précisé le directeur de cabinet.

Sur le plan économique, l’adhésion du pays au Commonwealth, lui permettra de bénéficier du Fonds pour la Coopération Technique (CFTC) qui joue un rôle important dans le progrès économique et social de ses membres, souligne Togo First

Ainsi, la délégation après avoir échangé avec le Premier ministre, Victoire Tomegah-Dogbé et des membres du gouvernement, s’entretiendra avec les organisations de la société civile (OSC), les médias et les partis politiques.

Au terme de la mission, la délégation produira un rapport qui devra situer le Togo sur la suite du processus d’adhésion.

Le Commonwealth a pour mission de promouvoir une série de valeurs communes à ses membres, notamment l’égalité, la non-discrimination, la démocratie et la primauté du droit.

Avec Agenceecofin par Esaïe Edoh

Meghan Markle et Harry rappelés à Londres par la reine: ils doivent lui obéir

février 9, 2020
Meghan Markle et Harry rappelés à Londres par la reine : ils doivent lui obéir
© Bestimages Meghan Markle et Harry rappelés à Londres par la reine : ils doivent lui obéir

Le répit aura été de courte durée. Le prince Harry et Meghan Markle sont sommés de revenir à Londres, début mars, pour assister à un événement de premier ordre. Pour le couple, pas moyen d’y couper, l’ordre vient de la reine Elizabeth en personne.

Le prince Harry et Meghan ont beau avoir mis des milliers de kilomètres entre eux et la Couronne britannique, la famille royale est toujours prompte à se rappeler à leur bon souvenir. Entre les deux camps, le deal était clair : malgré l’abandon de leurs fonctions royales, le duc et la duchesse de Sussex se sont engagés à assister aux événements déjà inscrits à leur calendrier avant la rupture. Ce que n’a pas manqué de leur rappeler la reine Elizabeth, selon les informations du Sunday Times. Un des derniers tours de piste du couple, à l’occasion de la journée du Commonwealth, célébrée à l’abbaye de Westminster le 9 mars prochain.

Après leur séjour sous le soleil de Miami, au cours duquel Harry et Meghan ont participé à un sommet organisé par la banque JP Morgan, le changement de décor risque d’être quelque peu brutal. Pas de dîner glamour avec Jennifer Lopez cette fois, le duc et la duchesse de Sussex vont côtoyer le marbre et les icônes de Westminster aux côtés des autres membres de la famille royale. Et impossible pour le couple d’y échapper, même siles relations tendues qu’entretiennent William et Harry depuis le départ de ce dernier, laissent craindre des retrouvailles glaciales.

Harry a cependant toujours joué la carte de l’apaisement, après avoir annoncé sur Instagram sa décision difficile. Au cours d’un gala de charité, l’un des derniers événements auxquels il a assisté, le prince a déclaré aux invités que « l’Angleterre était sa maison et qu’elle le resterait », rapporte le Sunday Times. « Je continuerai à être le même homme, qui chérit son pays et dédie sa vie à soutenir les bonnes œuvres, les associations humanitaires et les communautés de militaires, qui sont si importantes pour moi », a-t-il poursuivi. Gageons que cet état d’esprit positif saura apaiser le possible ressentiment de la famille royale à leur égard.

Par Gala.fr avec Agence 6 Media

avril 16, 2018

Le Zimbabwe va participer au prochain sommet du Commonwealth

Harare – Le Zimbabwe participera cette semaine à un sommet du Commonwealth à Londres, a annoncé lundi un responsable du ministère des Affaires étrangères, marquant la volonté d’Harare de revenir sur la scène internationale, depuis la chute de Robert Mugabe.

Robert Mugabe avait claqué la porte en 2003 de ce forum des pays anciennement colonisés par la Grande-Bretagne, qui avait suspendu le Zimbabwe en raison du scrutin présidentiel de 2003, marqué par des violences et des accusations de fraudes.

Le pays est devenu de plus en plus isolé à partir des années 1990 au sein de la communauté internationale, en raison de la dérive autoritaire de Robert Mugabe, au pouvoir de 1980 à la fin 2017, quand il est renversé à 93 ans par un coup de force de l’armée et de son propre parti.

Le secrétaire d’Etat auprès du ministère zimbabwéen des Affaires étrangères, Joey Bimha, a déclaré à l’AFP que le pays sera représenté par le ministre, Sibusiso Moyo, lors de ce sommet de deux jours, qui s’ouvrira mardi. « Le ministre a été invité par son homologue britannique, mais il ne participera pas aux délibérations ».

Joey Bimha a précisé que la participation de son pays marquait la volonté du nouveau chef d’Etat, Emmerson Mnangagwa, d’améliorer les relations internationales et de développer les investissements étrangers au Zimbabwe. « Le président a dit qu’il ferait tout ce qui est nécessaire pour reprendre contact avec le monde ».

Le Zimbabwe n’a cependant pas encore formalisé son intention de rejoindre le Commonwealth.

« Nous avons une procédure destinée aux pays qui veulent nous réintégrer. Là, nous avons une indication du Zimbabwe selon laquelle ils sont intéressés », a expliqué à l’AFP la secrétaire générale du Commonwealth, Patricia Scotland.

La Gambie a réintégré le Commonwealth en 2018, après l’avoir quitté cinq ans plus tôt. L’Afrique du Sud, le Pakistan et les îles Fidji ont fait de même dans le passé.

Ancien vice-président et fidèle du régime, Emmerson Mnangagwa, 75 ans, a promis de relancer l’économie et les finances du pays, sorties exsangues du règne sans partage de trente-sept ans de Mugabe.

Romandie.com avec(©AFP / 16 avril 2018 13h31)                   

La Gambie rejoint le Commonwealth après quatre ans d’absence

février 8, 2018

 

Le président gambian Adama Barrow après son arrivée à l’aéroport de Banjul en Gambie, jeudi 26 janvier 2017. © Jerome Delay/AP/SIPA

Après un peu plus de quatre ans d’absence, la Gambie se tourne de nouveau vers le Commonwealth. Une décision prise par le nouveau président Adama Barrow, qui marque une rupture avec la politique de son prédécesseur Yahya Jammeh.

Après avoir quitté le Commonwealth en 2013, la Gambie est de retour dans l’organisation internationale. La secrétaire générale Patricia Scotland accueillera le 53e membre de l’organisation ce jeudi 8 février à Londres, lors d’une cérémonie de levée de drapeaux aux côtés de l’ambassadeur gambien au Royaume-Uni, Francis Blain.

L’ancien dictateur gambien, Yahya Jammeh, avait annoncé en 2013 le départ immédiat du pays de l’association d’États, dont la plupart sont des anciennes colonies britanniques. « La Gambie ne fera jamais partie d’une institution néo-coloniale », avait-il alors expliqué dans un communiqué.

Le gouvernement gambien est ravi d’être de retour parmi cette famille qu’est le Commonwealth

Le nouveau gouvernement d’Adama Barrow, arrivé au pouvoir après les élections de décembre 2016, avait assuré sa détermination à sortir le pays de l’isolation sur le plan international, qui avait tâché le règne de son prédécesseur.

« Le gouvernement gambien est ravi d’être de retour parmi cette famille qu’est le Commonwealth et tient à remercier les 52 chefs d’État qui ont accepté notre adhésion », a expliqué à Jeune Afrique le porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

« Nous étions impatients du retour de la Gambie »

La Gambie avait rejoint le Commonwealth en 1965 après avoir obtenu son indépendance du Royaume-Uni. Peu après son investiture début 2017, le président Barrow avait annoncé son intention de rejoindre le Commonwealth. Une décision confirmée quelques mois plus tard par un vote unanime à l’Assemblée.

« Nous étions impatients du retour de la Gambie et étions ravis quand, après sa victoire aux urnes l’année dernière, le président Barrow a annoncé son retour », a précisé Patricia Scotland, la secrétaire générale du Commonwealth, dans un communiqué.

Depuis, le président gambien avait enchaîné les rencontres avec ses homologues : d’abord au Sénégal, puis en France et en Chine. En décembre, c’est le président Allemand, Frank-Walter Steinmeier, qui se rendait à Banjul.

Avantages économiques et politiques

Les membres du Commonwealth ont accès à des avantages économiques et politiques : l’organisation fournit, par exemple, un soutien pour améliorer la compétitivité en matière de commerce, ou encore des règles d’immigration assouplies à destination du Royaume-Uni.

Un soutien économique non négligeable pour le petit pays, qui a hérité d’une dette d’un milliard de dollars de son prédécesseur, d’après le gouvernement. Une commission d’enquête a d’ailleurs été créée, dans le but de recouvrer une partie des millions de dollars qui manquaient dans les caisses de l’État après le départ de Yahya Jammeh.

Jammeh avait aussi annoncé son intention de sortir de la Cour pénale internationale (CPI), qui traduit en justice les personnes accusées de crimes contre l’humanité, mais le nouveau président Barrow avait annulé la sortie.

Accusé d’une multitude d’abus contre les droits humains, le régime de l’ancien président avait vu l’aide financière accordée par l’Union européenne (UE) au pays gelée. Un symbole de confiance en la « Gambie nouvelle », à peine le dictateur s’envolait vers Malabo que l’UE accordait 225 millions d’euros d’aide au pays.

À la suite du retour de la Gambie dans le Commonwealth, les représentants du pays sont invités au sommet des chefs d’État du Commonwealth en avril prochain à Londres.

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