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La communauté internationale se mobilise pour l’économie libanaise

avril 5, 2018

Le Premier ministre Libanais Saad Hariri, le 15 mars 2018 lors d’une conférence de presse à Rome / © AFP/Archives / Andreas SOLARO

La communauté internationale va valider vendredi un plan d’investissements de 10 milliards de dollars au Liban, assorti de premiers financements, afin de sortir le pays de l’ornière et d’éviter qu’il ne soit happé dans la spirale des crises régionales.

Quarante-et-un Etats et une dizaine d’organisations internationales (FMI, Banque Mondiale, OCDE, BERD…) se réuniront à Paris sous la présidence du Premier ministre libanais Saad Hariri et de la France, à un mois des élections législatives au Liban.

Cette « Conférence économique pour le développement par les réformes et avec les entreprises » (CEDRE) sera ouverte par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et clôturée par le président Emmanuel Macron.

La France, allié historique du Liban depuis le mandat français (1920-1946), s’est fortement engagée en faveur de ce pays, malmené par des années de crise politique, une économie affaiblie, et les menaces d’extension du conflit syrien, au côté de la communauté internationale.

« Ce soutien est un moyen de construire des digues entre le Liban et un environnement régional troublé, à un moment de grande incertitude politique », relève-t-on dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian.

A la conférence du CEDRE, les participants vont « se mettre d’accord sur un plan d’investissements, notamment dans les domaines essentiels pour les services à la population » et celui du développement durable », a indiqué l’Elysée.

– L’Etat, pas le Hezbollah –

Ce plan, bâti par les autorités libanaises, vise à moderniser les infrastructures du pays, qui connaît d’importants retards de développement, à commencer par l’alimentation en eau, la production d’électricité et le traitement des ordures ménagères.

Ces investissements sont évalués à 10,1 milliards de dollars sur une première phase de quatre ans, qui sera validée vendredi, précise-t-on dans l’entourage de Jean-Yves Le Drian. Au total, les besoins du Liban s’élèvent à 23 milliards de dollars sur 12 ans.

De premiers engagements financiers – prêts à taux bonifiés, dons, garanties publiques – seront annoncés à la conférence de Paris, ajoute-t-on au Quai sans plus de précisions.

Ce ne sera toutefois pas une conférence classique de donateurs, destinée à maximiser les annonces. « On n’est pas là pour viser un chiffre », souligne-t-on.

Le Liban, qui vit dans la crainte d’une crise économique et financière, espère pour sa part lever entre 6 et 7 milliards de dollars en dons et prêts, selon les services de M. Hariri. Le reste de la première phase, soit 35 à 40% du total, doit être pris en charge par les investisseurs privés.

« L’idée politique derrière, c’est que l’Etat libanais fournisse services et infrastructures à la population plutôt que d’autres », note-t-on dans l’entourage du ministre, en référence au puissant mouvement chiite pro-iranien Hezbollah.

– Des réformes structurelles –

L’Arabie saoudite, soupçonnée d’avoir poussé Saad Hariri à la démission en novembre 2017 en raison de l’influence croissante du Hezbollah et à travers lui de l’Iran, a envoyé des « signaux positifs » sur sa participation à la conférence, selon l’Elysée. L’Iran n’a en revanche pas été invité à Paris.

Saad Hariri, qui avait annoncé sa démission depuis Ryad, est finalement rentré dans son pays trois semaines plus tard, après une médiation française, et a repris ses fonctions à la tête du gouvernement libanais.

Le Liban va s’engager de son côté sur un plan de réformes que ce soit dans la régulation des transports, des télécommunications ou la mise en oeuvre de la justice et la lutte contre la corruption.

« Tout le monde est bien conscient que ces investissements ne seront efficaces que s’ils sont accompagnés par des réformes structurelles très importantes », insiste l’Elysée.

Le gouvernement libanais doit aussi viser une réduction du déficit public – de l’ordre de 9 à 10% du PIB – « d’un point de PIB par an pendant cinq ans », indique-t-on au Quai, sans plus de précisions.

Un mécanisme de suivi sera mis en place pour s’assurer que ces engagements sont « suivis d’effets » au-delà des législatives, les premières depuis neuf ans dans ce pays.

La communauté internationale a déjà oeuvré au renforcement de l’armée libanaise lors de la conférence de Rome le 15 mars et doit faire un geste pour le million de réfugiés syriens au Liban, soit un quart de la population locale, le 25 avril à Bruxelles.

Romanhdie.com avec(©AFP / 05 avril 2018 19h19)                

RDC : la communauté internationale s’inquiète de la situation à l’approche des élections

septembre 4, 2015
Le président congolais, Joseph Kabila, lors du sommet États-Unis - Afrique, en juin 2014. © Jim Watson/AFP

Le président congolais, Joseph Kabila, lors du sommet États-Unis – Afrique, en juin 2014. © Jim Watson/AFP

La communauté internationale tire la sonnette d’alarme concernant les élections en RDC et appelle tous les acteurs politiques à participer activement à la tenue des scrutins d’ici à fin 2016.

La RDC prévoit de tenir une série d’élections à partir d’octobre pour aboutir en novembre 2016 à la tenue de l’élection présidentielle et aux élections législatives, mais l’organisation mise en place accumule les retards. De plus, l’arrestation de nombreux opposants ou militants de la société civile au cours des derniers mois a contribué à maintenir les tensions politiques, exacerbées en janvier par la répression meurtrière de manifestations hostiles au pouvoir.

L’opposition soupçonne le président Joseph Kabila, à la tête du pays depuis 2001, de gagner du temps afin de se maintenir à son poste, alors que son mandat prend fin en décembre 2016 et que la Constitution lui interdit de se représenter.

Mesures urgentes

Dans un communiqué commun publié jeudi par l’ONU, les envoyés spéciaux et représentants internationaux pour les Grands Lacs (ONU, Union africaine, États-Unis, Union européenne, Belgique) insistent sur la nécessité de prendre sans tarder des mesures pour permettre la tenue d’élections transparentes et crédibles. Ensemble, ils « lancent un appel à tous les acteurs politiques en vue de parvenir rapidement à un accord » pour organiser la présidentielle et les législatives dans les délais constitutionnels.

En juin, Joseph Kabila, qui entretient le doute sur son avenir politique, a lancé des consultations politiques en vue d’un éventuel dialogue national censé favoriser la tenue d’élections apaisées. Mais, une partie de l’opposition a d’ores et déjà rejeté cette offre, y voyant une manœuvre pour reporter les échéances électorales.

Néanmoins, le clan de l’opposant historique Étienne Tshisekedi, battu lors des élections de 2011 entachées de fraudes massives et à l’origine de la crise politique actuelle, a fait volte-face en juin, en annonçant sa disposition à dialoguer avec le pouvoir, sous certaines conditions.

Portée historique

« Tout sera fait conformément au calendrier de la Ceni », la Commission électorale nationale indépendante, qui prévoit la tenue de quatre scrutins au suffrage direct et plusieurs autres élections indirectes en 13 mois, assure Lambert Mende, le porte-parole du gouvernement qui se dit confiant.

Il reproche cependant à la communauté internationale de contraindre la RDC à ne compter que sur ses maigres ressources budgétaires en rechignant à soutenir financièrement le processus électoral. En juin, l’Union européenne et les États-Unis avaient indiqué qu’ils comptaient limiter leur soutien, sous conditions, à la présidentielle et aux législatives de 2016.

Dans leur déclaration, les représentants de la communauté internationale soulignent pourtant la portée historique de ces scrutins censés renforcer de la sécurité dans un pays ravagé par deux guerres et par la violence de nombreuses milices toujours actives, notamment dans l’Est.

À cela, s’ajoute la mise en place de 21 nouvelles provinces qui vient compliquer davantage la tâche de la Ceni, laquelle a décidé de s’en remettre à la Cour constitutionnelle – récemment créée – pour décider de l’attitude à adopter pour désigner les gouverneurs de ces nouvelles entités, qui devaient initialement être élus au scrutin indirect en juillet et août. Leur entrée en fonction est un préalable à la tenue des premières élections locales de l’histoire du pays devant avoir lieu le 25 octobre.

Jeuneafrique.com

Burundi : Nkurunziza vers un troisième mandat ?

mars 11, 2015

Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, sera sûrement choisi comme candidat du CNDD-FDD.
Pierre Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, sera sûrement choisi comme candidat du CNDD-FDD. © FRANCOIS GUILLOT / AFP

Arrestation d’un journaliste, limogeage du chef des services secrets, exclusion des « frondeurs » de son parti… Décidé à briguer un troisième mandat en juin, le chef de l’État multiplie les avertissements à l’adresse de ceux qui le somment de passer la main.

La mobilisation sans précédent qui a envahi les rues de Bujumbura, le 19 février, pour la libération du journaliste Bob Rugurika pourrait bien remettre en question le plan échafaudé ces derniers mois par Pierre Nkurunziza. Bien décidé à concourir pour un troisième mandat, le président burundais, 51 ans, a perdu, en moins de vingt-quatre heures, quelques certitudes concernant sa popularité à travers le pays, mais aussi, peut-être, ses dernières illusions sur la possibilité de tirer dans son sillage une majorité plus que jamais divisée sur la question de son éventuelle réélection, le 26 juin.

Le gouvernement peut bien resserrer les rangs autour de son chef et hausser le ton pour prévenir « toute tentative de renversement des institutions », ce rassemblement de quelques milliers de personnes, interdit par le ministère de l’Intérieur, résonne comme un véritable camouflet pour le pouvoir. Et à quelques semaines de l’ouverture de la campagne électorale, la voie s’annonce beaucoup moins royale que prévue pour l’actuel homme fort du pays.

Il ignore les remontrances de Barack Obama et de la communauté internationale

Annoncé grand favori avant même d’être officiellement candidat, le chef de l’État affichait une belle assurance ces derniers mois. Convaincu de pouvoir compter sur le soutien indéfectible des campagnes, où vivent plus de 80 % des Burundais, et sur celui de son parti, le Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), Nkurunziza s’est jusqu’à présent contenté d’opposer une fin de non-recevoir aux accusations de plus en plus pressantes d’illégalité pesant sur sa candidature lancées par la société civile, une partie du haut clergé catholique et une majorité de la classe politique – jusque dans son propre camp. Fort de ce qu’il estime être son bon droit, il ignore même les remontrances de Barack Obama et de la communauté internationale, qui le mettent régulièrement en garde contre toute tentation de tripatouillage constitutionnel.

Il n’écoute personne et certainement pas la voix de la raison, alors que le pays court le risque de se radicaliser dans les prochaines semaines, craint Richard Nimbesha.

« Il n’écoute personne et certainement pas la voix de la raison, alors que le pays court le risque de se radicaliser dans les prochaines semaines », craint Richard Nimbesha, qui a été le premier au sein du CNDD-FDD à remettre en question une nouvelle candidature de son président. Un crime de lèse-majesté qu’il a payé de son éviction du parti, en janvier. Il n’est pourtant pas seul. Même si officiellement le CNDD-FDD continue de parler d’une seule voix, celle de son maître, la contestation semble gagner les rangs jusqu’alors bien ordonnés de l’ancienne rébellion hutue, au pouvoir depuis 2005.

Nouvelle candidature de Nkurunziza ?

Au coeur de cette fronde pour l’instant silencieuse : la constitutionnalité d’un éventuel troisième mandat. « Le problème, aujourd’hui, est de savoir quel document prime : les accords d’Arusha signés en 2000 [après sept ans de guerre civile] ou la Constitution promulguée cinq ans plus tard ? » résume Didace Kiganahe, spécialiste en droit constitutionnel. Poser la question, c’est déjà y répondre, puisque, comme le rappelle François Bizimana, porte-parole du parti d’opposition CNDD (issu d’une scission avec le CNDD-FDD), « le préambule de la Constitution réaffirme la nécessaire conformité de celle-ci avec Arusha ». Or selon les accords de 2000, « le chef de l’État est élu pour un mandat de cinq ans renouvelable une fois » ; tandis que la Constitution précise, dans son article 96 : « au suffrage universel direct »…

Un détail sur lequel surfe aujourd’hui le camp Nkurunziza pour justifier une nouvelle candidature. Élu en 2005 par le premier Parlement post-transition, le président estime n’avoir été élu qu’une seule fois au suffrage universel, en 2010, et qu’il peut donc se représenter cette année encore. La question aurait pu être tranchée définitivement en sa faveur en mars 2014, lorsque le gouvernement a présenté son projet de révision constitutionnelle devant un Parlement cantonné à jouer les chambres d’enregistrement depuis le retrait de l’opposition aux dernières élections. Mais l’amendement a été rejeté à une voix près, incitant Nkurunziza à tenter de passer en force.


Bob Rugurika, directeur de la Radio publique africaine (réputée proche de l’opposition), a été inculpé,
le 20 janvier, de complicité d’assassinat pour avoir interviewé un homme prétendant avoir participé
à l’assassinat de trois religieuses italiennes, en septembre 2014. Des milliers de personnes sont
descendues dans la rue pour fêter sa libération sous caution, le 19 février. © ESDRAS NDIKUMANA / AFP

 Le président dans une colère noire

« Le troisième mandat ne peut devenir constitutionnel que si l’anticonstitutionnalité du premier est reconnue », conclut le rapport confidentiel présenté le 13 février par le Service national des renseignements (SNR) et dont les conclusions, alarmantes pour le régime et la stabilité du pays, ont mis le président dans une colère noire. Son initiateur, le général Godefroid Niyombare, a été limogé dans la foulée, creusant un peu plus le fossé entre les supporters du chef de l’État et les autres au sein du CNDD-FDD. Le 25 février, il a été remplacé par le général Étienne Ntakarutimana, fidèle parmi les fidèles de Nkurunziza, jusqu’alors inconnu du grand public.

Parmi les rumeurs qui enflent à Bujumbura, celle qui inquiète le plus concerne le retour aux affaires du très controversé général Adolphe Nshimirimana.

Déjà, nombre d’observateurs craignent une reprise en main musclée du parti, de l’armée et de la police. Parmi les rumeurs qui enflent à Bujumbura, celle qui inquiète le plus concerne le retour aux affaires du très controversé général Adolphe Nshimirimana. Ancien chef du SNR, cité dans toutes les affaires troubles du régime – de l’incendie du marché central, début 2013, jusqu’aux combats contre des rebelles dans la province de Cibitoke, qui ont fait une centaine de morts en décembre 2014 -, cet homme de l’ombre avait dû s’effacer en novembre devant un Niyombare de nouveau en grâce auprès du chef de l’État après plusieurs années de placard. « C’était alors un bon moyen pour Nkurunziza de donner quelques gages aux colombes de son parti ainsi qu’à la communauté internationale », explique un diplomate.

Sauf que le nouveau patron du SNR devient vite incontrôlable pour le président, qui n’a d’autre choix que de le démettre de ses fonctions pour lui faire payer son affront. La décision aurait été prise par le premier cercle du président, ce quarteron de généraux issus du maquis et qui tirent les ficelles du régime, pour leur plus grand bénéfice à tous. À commencer par Nshimirimana, « le roi de Kamenge » – un quartier hutu très populaire du nord de la capitale -, pressenti pour prendre la tête de l’armée. « Cela annoncerait un durcissement du régime », redoute Agathon Rwasa, l’un des principaux leaders de l’opposition, probable adversaire de Nkurunziza en juin sous les couleurs des Forces nationales de libération (FNL).

D’abord décidé à jouer la montre en officialisant sa candidature le plus tard possible, Nkurunziza va devoir sortir du bois plus tôt qu’il ne le pensait. Repoussé depuis plusieurs mois, le congrès du CNDD-FDD, qui doit désigner le candidat de la majorité, a été annoncé pour le 7 mars puis à nouveau reporté. Faute d’adversaires et puisqu’il a refusé le principe même d’une élection primaire, il ne fait aucun doute que Nkurunziza sera adoubé pour représenter une nouvelle fois son parti. Et ce n’est pas la Cour constitutionnelle, noyautée par ses hommes, qui devrait l’en empêcher. « Tout est bloqué, même au sein du parti. Il n’y a que la rue qui pourrait l’obliger à renoncer », estime Richard Nimbesha.

Godefroid Niyombare jouit d’un prestige certain dans l’armée

La rue ? Celle-ci a montré, ces derniers jours, qu’elle pouvait prendre son destin en main. N’est-ce que la première de ces « manifestations spontanées » mentionnées par la note du SNR ? Beaucoup le croient depuis que le document a fuité et n’hésitent pas à envisager un scénario burkinabè à Bujumbura. Quel serait alors le rôle de l’armée, sachant que Godefroid Niyombare jouit d’un prestige certain dans une institution dont il a été le premier chef d’état-major d’origine hutue en 2009 ? « L’armée est derrière le Burundi, pas derrière un Burundais en particulier », a tenu à préciser, dernièrement, le commandant de la IIe région militaire. Comme un avertissement au chef de l’État, garant d’une Constitution qu’il chercherait à contourner ?

À moins que, conscient du tollé qu’il risque de provoquer en s’obstinant, Nkurunziza ne sorte dans les prochaines semaines un dauphin de sa manche. Le nom de l’ancien commandant en chef de la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom), Silas Ntigurirwa, revient avec insistance. « Encore un général. Les années de transition sont dernières nous. Il faut tourner la page et passer à un régime civil normal », demande l’opposant François Bizimana. Et avec lui une majorité de Burundais qui semblent aujourd’hui n’aspirer qu’à vivre en paix, lassés par des décennies de violences.

Jeuneafrique.com par Olivier Caslin, envoyé spécial

L’Irak appelle à l’aide pour défendre son patrimoine

mars 8, 2015

Le gouvernement irakien a appelé dimanche la coalition internationale qui mène des frappes contre l’Etat islamique (EI) à protéger les sites archéologiques que les djihadistes veulent détruire. Après Mossoul et Nimroud, les djihadistes s’en sont pris ce week-end à la cité antique de Hatra.

« Ce que je demande à la communauté internationale et à la coalition internationale, c’est de frapper le terrorisme où qu’il soit », a dit le ministre irakien des antiquités Adel Fahd al-Cherchab à des journalistes à Bagdad.

Estimant que « le ciel n’est pas contrôlé par les Irakiens », il a demandé à la coalition « un soutien aérien ». « Hatra est un site au milieu du désert, où l’on peut voir (depuis les airs) n’importe quelle infiltration », a-t-il plaidé.

Ses services avaient dénoncé samedi l’absence de riposte ferme de la communauté internationale aux précédentes attaques de l’EI contre le patrimoine historique. « La lenteur du soutien international à l’Irak encourage les terroristes à commettre de nouveau le crime de dérober et de détruire les vestiges de la ville de Hatra », avaient-ils écrit.

Critiques de l’Unesco
L’Unesco a condamné la destruction de cette ville fortifiée vieille de 2000 ans, mais particulièrement bien conservée où architectures orientale et occidentale se mêlent.

« La destruction de Hatra marque un tournant dans l’effroyable stratégie de nettoyage cultuel en cours en Irak », ont dénoncé la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, et son homologue de l’Organisation islamique pour l’éducation, la science et la culture, Abdulaziz Othman Altwaijri, dans un communiqué commun.

« C’est une attaque directe contre l’histoire des villes arabes islamiques et cela confirme le rôle de la destruction de l’héritage historique dans la propagande des groupes extrémistes », ont-ils ajouté. Hatra est inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Elle se trouve à 100 km au sud de Mossoul, ville contrôlée par l’EI.

Plusieurs sources dans le nord de l’Irak ont rapporté samedi que le site de Hatra était la proie des démolisseurs. Selon ces sources, les djihadistes ont eu recours à des explosifs pour faire sauter certains édifices et en ont attaqué d’autres à coups de bulldozers.

Voici une semaine, ils avaient diffusé une vidéo les montrant en train de briser des statues et des sculptures au musée de Mossoul, qui renferme des trésors assyriens et hellénistiques, datant pour certains de 3000 ans. Jeudi, les djihadistes se sont attaqués au site archéologique de Nimroud, ville-phare de l’empire assyrien située au sud de Mossoul.

Offensive sur Tikrit
Les destructions du patrimoine irakien ont lieu dans les zones contrôlées par l’EI dans la province de Ninive (nord), où le gouvernement irakien est incapable d’intervenir, faute de troupes suffisantes. D’autant que des dizaines de milliers d’hommes sont mobilisés autour de la ville de Tikrit, plus au sud, pour tenter de la reprendre aux djihadistes.

Pour le plus haut gradé américain, le général Martin Dempsey, il ne s’agit que d’une question de temps pour reprendre Tikrit, notamment grâce à la mobilisation de quelque « 23’000 » soldats et miliciens déployés face à des « centaines » de combattants de l’EI.

Sur le front ouest, dans la province d’Al-Anbar contrôlée en partie par l’EI, la coalition a mené 26 frappes ces deux dernières semaines. Elles ont contribué à bouter les djihadistes hors de la ville d’Al-Baghdadi, proche de la base aérienne d’Al-Assad où 300 militaires américains entraînent les forces irakiennes.

Commandant tué en Syrie
En Syrie, 26 djihadistes ont été tués dans un raid de l’armée de l’air de Bachar al-Assad, selon les médias du régime de Damas, ainsi que l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Parmi les morts figure l’un des commandants de l’EI, identifié comme étant Abi Ammar al Jazraoui.

Un groupe d’hommes en armes par ailleurs a tué dans la nuit de samedi à dimanche au moins douze combattants de l’EI à Al Maïadine (est).

Romandie.com

RDC : la date de la présidentielle fixée au 27 novembre 2016

février 13, 2015

Le président congolais Joseph Kabila.
Le président congolais Joseph Kabila. © AFP

La Commission électorale nationale indépendante (Ceni) a annoncé jeudi la date de la prochaine présidentielle en RDC. Le scrutin est fixé au 27 novembre 2016, de même que les élections législatives.

L’élection présidentielle, à laquelle le chef de l’État Joseph Kabila n’a plus le droit de se présenter, selon la Constitution congolaise, doit avoir lieu le même jour que les élections législatives, le 27 novembre 2016, a annoncé jeudi 12 février Jean-Pierre Kalamba, rapporteur de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), à Kinshasa devant les représentants des institutions publiques et de la communauté internationale.

La proclamation des résultats provisoires de l’élection présidentielle aura lieu le 7 décembre 2016. Les scores définitifs seront annoncés le 17 décembre 2016. Le nouveau chef de l’État prêtera serment le 20 décembre 2016. Les élections provinciales, municipales, urbaines et locales auront quant à elles lieu le 25 octobre 2015, pour une annonce des résultats prévue le 10 décembre. Les sénatoriales se tiendront le 17 janvier 2016 et les élections des gouverneurs et vice-gouverneurs le 31 janvier 2016.

Nombreuses contraintes

La communauté internationale demandait depuis de longs mois la publication de cet échéancier pour décider du soutien financier qu’elle pourrait apporter au processus électoral congolais. Jean-Pierre Kalamba a prévenu que la tenue des scrutins dépendrait d’un certain nombre de contraintes devant être levées avant une date critique. Pour la présidentielle et les législatives, il a cité au nombre de ces contraintes l’exécution du plan de décaissement des fonds nécessaires à l’organisation des scrutins, la mise à jour du fichier électoral ou encore le vote et la promulgation du projet de la loi de répartition des sièges des députés sur le territoire national.

Jeuneafrique.com

Burkina: les concertations reprennent pour former un régime de transition

novembre 3, 2014

 

Burkina: les concertations reprennent pour former un régime de transition
Burkina: les concertations reprennent pour former un régime de transition © AFP

Le nouvel homme fort du Burkina Faso devait poursuivre lundi ses consultations avec les forces politiques et la communauté internationale à Ouagadougou, où la situation était calme après l’intervention musclée de l’armée la veille contre les manifestants.

Après la chute vendredi du président Blaise Compaoré, poussé à la démission par une insurrection populaire après 27 ans au pouvoir, la haute hiérarchie militaire a placé à la tête du pays le lieutenant-colonel Isaac Zida, numéro 2 de la garde présidentielle, mais l’opposition, la société civile et la population réclament un pouvoir civil.

La journée de dimanche a été marquée par la mort d’un jeune homme qui manifestait devant la télévision nationale, tué par une balle perdue, selon l’armée, lorsque les soldats ont dispersé l’attroupement.

M. Zida doit rencontrer à 10H00 (locales et GMT) des représentants du corps diplomatique au ministère des Affaires étrangères, tandis que les chefs de l’opposition doivent se concerter en milieu de journée au siège du parti de leur chef de file, Zéphirin Diabré.

Le chef du régime de transition s’est entretenu dimanche soir avec les ambassadeurs de France, des Etats-Unis et de l’Union européenne, mais rien n’a filtré sur leurs discussions, les diplomates se refusant à toute déclaration.

M. Zida a aussi discuté avec Jean-Baptiste Ouedraogo, président du pays entre 1982 et 1983 avant d’être renversé par un pustch. Ce dernier n’a pas fait de commentaire.

Le Burkina Faso, petit pays sahélien de 17 millions d’habitants, sera aussi le thème d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, à 12H00 GMT à Addis Abeba.

Dans les rues de Ouagadougou, la circulation avait repris normalement lundi matin, avec l’habituel ballet de mobylettes.

Le grand marché, centre névralgique du commerce fermé depuis six jours en raison des événements, a rouvert, ainsi que les banques, a constaté un journaliste de l’AFP.

La capitale a vécu dimanche une journée mouvementée.

A coup de gaz lacrymogène et de tirs de sommation, l’armée a chassé les milliers de manifestants qui contestaient sa prise de pouvoir sur la place de la Nation, devenue le lieu emblématique du mouvement de contestation populaire.

Les militaires ont aussi dispersé plusieurs centaines de personnes devant la radio-télévision nationale, où un général et ex-ministre de la Défense de Compaore, Kouamé Lougué, et une dirigeante d’un petit parti politique, Saran Sérémé, ont tenté vainement de se proclamer chef de l’Etat devant les caméras.

Malgré ce coup de force militaire, le lieutenant-colonel Zida a réitéré dimanche soir son engagement à conduire un processus de transition en concertation avec toutes les composantes de la société burkinabè.

« Le pouvoir ne nous intéresse pas, seul l’intérêt supérieur de la Nation prime », a-t-il affirmé au nom de l’armée dans un communiqué. « Un organe de transition sera mis en place avec toutes les composantes qui seront arrêtées par un large consensus, et dont la durée sera précisée ».

– Condamnations internationales –

La communauté internationale a vivement réprouvé la prise de pouvoir de facto par les militaires.

Les Etats-Unis, alliés de poids, ont condamné « la tentative de l’armée burkinabè d’imposer sa volonté au peuple », appelant « l’armée à transmettre immédiatement le pouvoir aux autorités civiles ».

La médiation internationale tripartite au Burkina, conduite par l’ONU, l’Union africaine (UA) et la Cédéao, l’organisation régionale de l’Afrique de l’Ouest, a évoqué la menace de « sanctions » si l’ordre constitutionnel, qui prévoit un intérim du président du Parlement, n’était pas respecté.

L’Union européenne a demandé à l’armée burkinabè à respecter les droits fondamentaux de la population, y compris celui de manifester pacifiquement, tandis que le président ghanéen John Dramani Mahama, qui dirige la Cédéao, a appelé « au dialogue » et à la retenue pour éviter que « la situation déjà précaire » ne dégénère.

La France, ancienne puissance coloniale et premier bailleur de fonds du Burkina Faso, ne s’est pas encore exprimée sur les derniers événements qu’elle suit de très près, comme plusieurs pays africains dont les chefs d’Etat envisageaient, comme M. Compaoré, de modifier leur Constitution pour se maintenir au pouvoir.

Loin de cette confusion, l’ex-président Compaoré jouit d’un refuge doré à Yamoussoukro, en Côte d’Ivoire voisine dirigée par son ami Alassane Ouattara, où il est logé depuis vendredi dans une luxueuse résidence d’Etat.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina Faso : la communauté internationale presse les militaires de quitter le pouvoir

novembre 2, 2014
Burkina Faso : la communauté internationale presse les militaires de quitter le pouvoir

Burkina Faso : la communauté internationale presse les militaires de quitter le pouvoir

OUAGADOUGOU, 2 novembre (Xinhua) — La communauté internationale a appelé dimanche l’armée burkinabé, qui s’est emparée du pouvoir après la démission et la départ du président Blaise Compaoré, de remettre immédiatement la gestion du pays aux civils. « Nous voulons éviter des sanctions sur le Burkina Faso et sa suspension dans les instances internationales. Nous appelons donc à un ordre constitutionnel (..) nous espérons qu’il y aura une transition conduite par un civil », a affirmé le représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest, le Dr Mohamed Ibn Chambas, à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso.
Dans une déclaration, la mission conjointe des Nations Unies, de l’Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a demandé à la hiérarchie militaire de faire en sorte que les institutions de transition soient conformes aux normes constitutionnelles.

Après la chute du pouvoir de M. Compaoré, qui a régné durant 27 ans, le lieutenant-colonel Yacouba Isaac Zida, numéro deux de la garde de sécurité présidentielle (RSP) s’est proclamé, chef d’un régime de transition, après avoir écarté, le chef d’état-major des armées, le général Nabéré Honoré Traoré.

L’une des premières mesures des nouvelles autorités a été la suspension de la Constitution, suscitant la révolte d’une partie de la société civile qui estime que le pays n’est pas dans une situation de coup d’Etat, mais plutôt d' »une insurrection populaire ».

L’opposition politique et une partie de la société civile dénoncent une « confiscation » du pouvoir et invitent les populations à faire « barrage » aux militaires.

« L’opposition politique et les organisations de la société civile ont réaffirmé que la volonté issue de l’insurrection populaire appartient au peuple et par conséquent la gestion de la transition lui revient légitimement et ne saurait être en aucun cas être confisquée par l’armée », lit-on dans une déclaration commune publiée samedi.

La communauté internationale insiste sur la nécessité de renforcer le dialogue entre tous les acteurs politiques et non- politiques et appelle à remettre en marche, le plus vite possible, la machine gouvernementale et administrative afin d’assurer la continuité des services publics.

Selon les experts de la mission, ceci est particulièrement important dans un contexte où le virus Ebola fait des ravages dans la sous-région et que tous les pays sont engagés dans cette lutte.

« Le Burkina Faso a beaucoup donné à la communauté internationale et il mérite à son tour de bénéficier de l’appui et la solidarité internationale dans ces moments difficiles », a dit le Dr Chambas.

Le président déchu s’était illustré de façon « active  » dans la résolution de plusieurs crises dans la sous-région, notamment au Mali, en Côte d’Ivoire et au Togo. Plusieurs soldats burkinabè sont présentement sur les théâtres d’opération dans le cadre du maintien de la paix à travers l’Afrique.

Bâyiri.com avec Xinhua.com

Burundi : le président Pierre Nkurunziza accusé de vouloir détruire l’opposition

octobre 9, 2014

Le président Pierre Kkuruziza (g), lors d'une conférence de presse à Abidjan le 8 avril 2010.
Le président Pierre Kkuruziza (g), lors d’une conférence de presse à Abidjan le 8 avril 2010. © AFP

À moins d’un an des élections générales, la situation politique inquiète la communauté internationale. L’opposition accuse, elle, le président Pierre Nkurunziza d’œuvrer à sa destruction.

« Le pouvoir de Pierre Nkurunziza est en train de poursuivre son œuvre de destruction de l’opposition, et il est en train d’y réussir car tous les véritables opposants sont soit en exil, soit poursuivis en justice ou ont été chassés de la tête de leurs partis ».  A huit mois d’élections générales cruciales au Burundi, le chef de l’État est dans le viseur de Léonce Ngendakumana, président de l’Alliance démocratique pour le changement, principale coalition d’opposition du pays.

« Le parti Cndd-FDD veut aller seul à ces élections », accuse Léonce Ngendakumana.

Acteur-clé du processus de paix au Burundi, président du parti hutu d’opposition Frodebu qui a dirigé le Burundi durant la longue guerre civile (1993-2006), ce dernier vient lui-même d’être condamné à un an de prison ferme pour dénonciation calomnieuse.

« L’opposition ressemble de plus un plus à un champ de ruines après le passage d’un tsunami' », renchérit Pacifique Nininahawe, figure de la société civile. Le vice-président du Frodebu, Frédéric Bamvuginyumvira, est lui poursuivi pour une sombre histoire de moeurs. Et le président du Mouvement pour la solidarité et le développement (MSD), Alexis Sinduhije, recherché pour incitation à une insurrection armée – à la suite d’une manifestation non autorisée de ses partisans qui avait dégénéré en violents affrontements avec la police -, a préféré l’exil en Belgique.

Pour Bujumbura, ces accusations sont de « purs mensonges » véhiculés par « les ennemis de la paix ». « Les libertés s’exercent au grand jour au Burundi, que ce soit pour les partis politiques, la société civile ou les médias qui critiquent le gouvernement à longueur de journée », rétorque le porte-parole du gouvernement, Philippe Nzobonariba.

Selon le ministre de l’Intérieur, Edouard Nduwimana, ces ex-chefs de l’opposition, privés de meetings dans les mois à venir, pourront faire campagne, mais pas avant d’être officiellement candidats, soit pendant… deux semaines seulement.

Comme dans plusieurs pays du continent, les tensions sont cristallisées par la volonté présumée du président Nkurunziza, au pouvoir depuis 2005, de briguer un troisième mandat.

La communauté internationale, dont l’aide financière est cruciale pour le petit pays des Grands Lacs, tire publiquement la sonnette d’alarme depuis des mois.

« Tout le monde est d’accord sur le constat, ‘les choses vont très mal sur le plan politique et des libertés au Burundi’, explique un responsable de l’Onu sous couvert d’anonymat. Ce qui est en débat aujourd’hui, c’est ce que doit faire la communauté internationale », poursuit-il: pressions amicales ou sanctions?

Les Pays-Bas, grand bailleur de fonds du pays, ont déjà conditionné une aide de 1,3 million de dollars (1 million d’euros) au processus électoral « au respect des engagements », notamment l’ouverture politique ou l’absence de violences politiques.

Jeuneafrique.com avec AFP

 

RDC : Joseph Kabila « réaffirme la tenue des élections conformément au calendrier arrêté »

septembre 26, 2014

Le président Kabila à l'ONU.
Le président Kabila à l’ONU. © AFP

Les élections en RDC se tiendront conformément au calendrier prévu. C’est ce qu’a affirmé Joseph Kabila jeudi aux Nations unies.

C’est la réponse du chef de l’État de la RDC à ses détracteurs, qu’ils soient de l’opposition ou de la communauté internationale. Jeudi 25 septembre à New-York, au siège des Nations unies. « Je réaffirme la tenue prochaine des élections conformément au calendrier arrêté par la commission électorale nationale indépendante. Toutes les dispositions sont prises pour que notre pays en sorte plus apaisé, plus uni et plus fort », a déclaré Joseph Kabila.

 

« La consolidation de la démocratie et le renforcement de la cohésion nationale demeurent nos objectifs prioritaires », a-t-il ajouté, alors que le pays traverse une crise politique depuis les élections présidentielle et législatives de 2011, dont l’opposition n’a jamais accepté les résultats et au sujet desquelles la communauté internationale a dénoncé de nombreuses irrégularités.

Inquiétude sur une révision constitutionnelle

Aucune des autres élections qui devaient avoir lieu depuis lors ne s’est tenue. En vue d’achever le cycle électoral avant la prochaine présidentielle prévue pour 2016, les autorités ont inversé le calendrier en annonçant la tenue de scrutins locaux pour 2015, avant les élections provinciales et les sénatoriales.

L’opposition et de nombreux acteurs de la société civile ont dénoncé ce changement de calendrier et se sont élevés contre un projet de loi de révision constitutionnelle qui, selon eux, permettrait au président Kabila de se maintenir au-delà de 2016.

La communauté internationale réclame un calendrier complet

L’Union européenne avait invité mardi la RDC à « dialoguer » avec l’opposition pour l’organisation des prochaines élections, afin d’éviter une « impasse ».

Comme l’ONU, l’UE recommande aux autorités congolaises de publier un « calendrier électoral complet, consensuel et assorti d’un budget détaillé » afin de permettre aux bailleurs de fonds d’aider à l’organisation des élections.

Jeuneafrique.com avec AFP

 

Chrétiens d’Irak: le pape demande à la communauté internationale de protéger les populations en fuite

août 7, 2014

Cité du Vatican – Le pape François a lancé jeudi un appel urgent à la communauté internationale pour protéger les populations du nord de l’Irak, en grande partie chrétiennes, en fuite devant l’avancée des jihadistes de l’Etat islamique.

Le pape, dans un appel lu par son porte-parole, le père Federico Lombardi, reprend son exhortation de l’Angelus du 20 juillet, soulignant que la violence ne se vainc pas par la violence, mais par la paix et exprimant sa proximité avec les frères chrétiens persécutés et dépouillés de tout.

François adresse un pressant appel à la communauté internationale, afin qu’elle se mobilise pour mettre fin au drame humanitaire en cours. Il demande que soit entrepris le nécessaire pour protéger ceux qui sont menacés par la violence, et assurer les aides nécessaires, en commençant par les plus urgentes, à tant de déplacés, dont le sort dépend de la solidarité d’autrui.

A la lumière de ces évènements angoissants, le Saint-Père renouvelle l’expression de sa proximité spirituelle à tous ceux qui traversent cette épreuve très douloureuse et s’unit aux appels insistants des évêques régionaux, demandant, avec eux et pour leurs communautés en péril, que s’élève de toute l’Eglise une prière unanime pour demander au Saint-Esprit le don de la paix.

Des jihadistes se sont emparés jeudi de Qaraqosh, la plus grande ville chrétienne d’Irak, poussant des dizaines de milliers de personnes à fuir et le clergé chaldéen à appeler la communauté internationale à l’aide.

Selon le patriarche chaldéen Louis Sako, 100.000 chrétiens ont été poussés sur les routes avec rien d’autre que leurs vêtements sur eux, et leurs églises sont occupées, leurs croix enlevées.

Aujourd’hui, nous lançons un appel avec beaucoup de douleur et de tristesse, au conseil de sécurité de l’ONU, à l’Union européenne et aux organisations humanitaires, pour qu’ils aident ces gens en danger de mort, a dit jeudi le patriarche dans une déclaration à l’AFP en Irak, en redoutant un génocide.

Romandie.com avec(©AFP / 07 août 2014 13h46)