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Le président des Comores annonce de probables élections anticipées pour 2019

avril 30, 2018

Le président comorien Azali Assoumani lors d’une visite à Paris le 4 octobre 2016 / © AFP / JACQUES DEMARTHON

Le président des Comores Azali Assoumani a secoué la scène politique de l’archipel en annonçant coup sur coup une réforme des institutions et une probable élection présidentielle anticipée dès 2019, à laquelle il entend bien se présenter.

Elu en 2016 pour un mandat non renouvelable de cinq ans, M. Azali, un ancien putschiste, a d’abord dévoilé samedi soir la tenue en juillet d’un référendum constitutionnel destiné à modifier l’organisation des pouvoirs publics, dont vraisemblablement la présidence.

« Je propose un processus de modification (de la Constitution) pour assurer la stabilité et le développement du pays », a-t-il déclaré lors d’une allocution radiotélévisée.

Dès le lendemain, il a profité d’une visite de terrain à Anjouan, une des trois îles de l’archipel de l’océan Indien dont il est originaire, pour évoquer la tenue d’élections anticipées.

« Le chef de l’Etat a indiqué que si le référendum sur les modifications constitutionnelles était approuvé, il y aurait une série d’élections et qu’il serait lui-même candidat », a confirmé lundi à l’AFP un de ses conseillers.

« Il n’y a pas de doute, il faut s’attendre à une nouvelle élection présidentielle », a-t-il ajouté sous couvert d’anonymat.

Une source proche du palais présidentiel de Beït-Salam a confirmé à l’AFP que ce scrutin aurait « probablement » lieu dès le premier trimestre de l’année prochaine.

M. Azali devrait tenir une conférence de presse lundi en fin de journée, selon la même source.

Lors de son discours samedi soir, le chef de l’Etat n’a donné aucun détail sur la réforme institutionnelle qu’il envisageait. « Il s’agit d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire de notre pays (…) et d’assurer un meilleur avenir à notre peuple », a-t-il déclaré.

– Présidence tournante –

Mais il a précisé qu’il souhaitait « mettre en œuvre les recommandations des Assises nationales » qui se sont tenues à Moroni en février pour tirer le bilan des quarante-trois ans de l’indépendance de l’archipel de l’océan Indien.

Cette réunion s’était notamment prononcée pour une réforme des institutions du pays, dont celle de la présidence tournante entre les trois îles qui forment l’Union des Comores (Anjouan, Grande-Comore et Mohéli).

Ce mécanisme complexe, mis en place par la Constitution de 2001, a stabilisé l’archipel, secoué par des crises séparatistes et plusieurs coups d’Etat, dont le dernier remonte à 1999 et avait porté au pouvoir… M. Azali.

L’officier était arrivé aux commandes par un putsch qu’il avait présenté a posteriori comme une interposition de l’armée pour prévenir une guerre civile, alors que le pays traversait une crise sécessionniste (1997-2001). Il était resté au pouvoir jusqu’en 2006 avant de le céder démocratiquement à Ahmed Abdallah Sambi, nouvellement élu.

M. Azali avait ensuite été élu en 2016, selon les termes de la nouvelle constitution, au terme d’un scrutin chaotique et contesté.

Cette élection avait nécessité l’organisation inédite d’un troisième tour de scrutin dans une douzaine de bureaux de vote d’Anjouan pour départager les deux candidats arrivés en tête.

Depuis plusieurs mois, le chef de l’Etat essuie les vives critiques de ses adversaires politiques, qui l’accusent de dérive autoritaire.

Mi-avril, il s’était attiré les foudres de l’opposition en suspendant la plus haute juridiction du pays, la Cour constitutionnelle, en raison d’un « nombre incomplet de juges ».

« On est sorti des limites de la démocratie », s’était insurgé Youssouf Boina, secrétaire général de l’Union pour le développement des Comores (UPDC), un des deux principaux partis d’opposition. « Le président a dissous l’ordre constitutionnel au profit d’un ordre monarchique », avait-il déploré.

Ancienne colonie française, les Comores, composées de quatre îles (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli et Mayotte), ont proclamé leur indépendance de Paris en 1975, mais Mayotte a décidé de rester dans le giron de la France et est devenu un département.

Moroni revendique depuis la souveraineté sur l’île française.

Les tensions sont régulières entre Moroni et Paris, en raison d’une forte immigration clandestine en provenance des Comores à destination de Mayotte, distante d’à peine 80 km.

Romandie.com avec (©AFP / 30 avril 2018 16h28)                  

Comores: deux anciens présidents poursuivis en justice dans une affaire de vente de passeports

avril 27, 2018

Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et Ikililou Dhoinine

 

Les anciens présidents comoriens Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et Ikililou Dhoinine sont visés par une procédure judiciaire suite à une affaire de vente de passeports entre 2008 et 2016. Plus de 48 000 passeports ont été accordés à des populations apatrides durant cette période, au lieu des 4 000 initialement prévus.

Après avoir reçu, le 10 avril, le rapport parlementaire sur le programme de nationalité économique, le chef de l’État, Azali Assoumani, a aussitôt demandé à la justice de s’emparer de cette affaire, les principaux responsables étant ses prédécesseurs Ahmed Abdallah Mohamed Sambi et Ikililou Dhoinine.

Selon le rapport, plus de 48 000 passeports ont été accordés à des populations apatrides du Koweït et des Émirats arabes unis entre 2008 et 2016, au lieu des 4 000 prévus par l’accord. Soit un manque à gagner estimé à 1 milliard de dollars pour l’État comorien (50 000 dollars par famille).

Jeuneafrique.com

France : les Comores exigent des excuses après la plaisanterie d’Emmanuel Macron sur les « kwassa-kwassa »

juin 5, 2017

Emmanuel Macron, former french Minister of economy, runs his first rally dedicated to the diagnosis made by his movement, En Marche. Palais des Congres, Strasbourg, France. October 4 2016. Emmanuel Macron, ancien ministre de l’economie, tient le premier meeting consacrÈ ‡ la restitution du diagnostic rÈalisÈ par son mouvement En Marche. Palais des Congres, Strasbourg, France – 4 octobre 2016. © Sophie DUPRESSOIR/hanslucas/AFP

Le ministre comorien des Affaires étrangères, Mohamed Bacar Dossar, a exigé lundi des excuses du président français Emmanuel Macron, jugeant que sa plaisanterie sur les « kwassa-kwassa » était « choquante et méprisante ».

À l’occasion d’un déplacement en Bretagne, jeudi, le chef de l’Etat français avait plaisanté au sujet de ces frêles embarcations sur lesquelles périssent de nombreux migrants comoriens tentant de rejoindre Mayotte, le département français voisin.

 

« Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien, c’est différent », avait lancé Emmanuel Macron lors d’un échange avec des responsables d’un centre régional d’observation et de sauvetage.

« Propos choquants et méprisants »

« Ce sont des propos choquants et méprisants. Le peuple comorien a droit à la dignité et des excuses sont nécessaires », a déclaré à l’AFP Mohamed Bacar Dossar. « L’emploi du mot ‘du’ est méprisant, nous sommes choqués, on attend une mise au point sérieuse de l’Elysée. J’ai convoqué l’ambassadeur de France pour lui faire part de notre indignation », a ajouté le ministre.

Les migrants, qui partent notamment de l’île comorienne d’Anjouan, empruntent ces « kwassa-kwassa », des embarcations de fortune, pour rallier les côtes de Mayotte illégalement, parfois au péril de leur vie. Ces traversées ont causé « entre 7000 et 10 000 morts depuis 1995 », selon un rapport du Sénat français de 2012.

Pour le chef de la diplomatie comorienne, « il y a un contexte douloureux lié aux kwassa-kwassa que Macron ne peut ignorer ». « Il y a de nombreuses pertes en mer entre Anjouan et Mayotte (…) des familles perdent des proches, des fils, des enfants… Ce n’est pas un sujet qui se prête à l’humour… c’est cela qui a choqué les Comoriens », a-t-il déclaré.

La présidence comorienne a quant à elle déploré une « déclaration inconsidérée » à mettre « sur le compte de la jeunesse ». « Les traversées périlleuses des Comoriens entre Anjouan et Mayotte est un sujet qui mérite plus que la plaisanterie ou le sarcasme », a déclaré à l’AFP, Said Ali Said Ahmed, le conseiller chargé de la communication du président Azali Assoumani. « Mais maintenant que le président Macron a mis le sujet sur la place publique d’une façon inappropriée, il convient de trouver une solution à ce drame », a-t-il ajouté.

Face à l’indignation, l’Elysée avait reconnu samedi « un trait d’humour malheureux qui a pu blesser ».

Jeuneafrique.com avec AFP

Comores: l’ex-putschiste Azali Assoumani élu président

mai 15, 2016

Moroni – L’ex-putschiste et ancien président Azali Assoumani a été élu chef d’Etat des Comores après une élection présidentielle partielle dans des bureaux où le second tour avait été entaché de violences, selon les résultats officiels proclamés dimanche par la Cour Constitutionnelle.

La Cour proclame Azali Assoumani président de l’Union des Comores pour un mandat de cinq ans, a annoncé dimanche Loutfi Soulamaine, le président de la Cour Constitutionnelle, depuis la capitale Moroni.

Avec 41,43% des voix, le colonel Assoumani devance le candidat du pouvoir sortant, Mohamed Ali Soihili dit Mamadou, qui obtient 39,66% des suffrages, selon les résultats définitifs.

Le gouverneur de l’île de Grande-Comore, Mouigni Baraka, arrive en troisième position avec 18,91% des voix.

Azali Assoumani était arrivé en tête à l’issue du deuxième tour de la présidentielle le 10 avril, avec 2.000 voix d’avance seulement sur Mamadou, mais le scrutin avait été émaillé de plusieurs actes de violence, dont la destruction et le bourrage d’urnes, essentiellement à Anjouan, l’une des trois îles de l’Union des Comores.

La Cour constitutionnelle avait alors ordonné l’organisation d’une partielle qui s’est tenue mercredi dans 13 bureaux, tous situés à Anjouan et où Azali Assoumani a conforté son avance sur son rival Mamadou.

J’éprouve de la joie, bien sûr. Mais ce n’est pas seulement la victoire d’Azali, c’est tout le peuple comorien qui a gagné! Le droit a parlé et la paix sociale est préservée, s’est réjoui Mohamed Chatur, le représentant d’Azali Assoumani au sein de la commission électorale.

Le processus a été long et complexe, émaillé d’incidents. La Cour s’est prononcée, nous nous soumettons à sa décision, a indiqué à l’AFP Said Larifou, le porte-parole de Mamadou, reconnaissant la défaite de son candidat.

Nous souhaitons bonne chance à la nouvelle équipe, a-t-il ajouté.

Azali Assoumani, un officier de 57 ans formé à l’Académie royale de Meknes au Maroc et passé par l’Ecole de guerre en France, retrouve le palais présidentiel de Beït-Salam pour la seconde fois.

La première fois, en avril 1999, il était arrivé aux commandes par un putsch qu’il présentera a posteriori comme une interposition de l’armée pour prévenir une guerre civile, alors que le pays traversait une crise sécessionniste (1997-2001). Il restera au pouvoir jusqu’en 2006 avant de le céder démocratiquement à Ahmed Abdallah Sambi, nouvellement élu.

Il cite souvent à son actif l’adoption de la nouvelle Constitution qui a stabilisé les Comores et la création de l’Université des Comores.

Ses détracteurs ne ratent pas une occasion de rappeler un fait d’armes peu glorieux. En 1995, lors d’un affrontement armé avec une dizaine de mercenaires conduits par le Français Bob Denard, Azali Assoumani avait abandonné ses hommes pour se réfugier à l’ambassade de France à Moroni.

Le nouveau président doit être investi le 26 mai.

Romandie.com avec(©AFP / 15 mai 2016 14h47)

Présidentielle aux Comores: 19 des 25 candidats exigent un recomptage des voix

février 25, 2016

Moroni – Dix-neuf des 25 candidats du premier tour de la présidentielle aux Comores ont contesté jeudi les résultats annoncés et exigé un recomptage des voix, menaçant d’entraver le second tour si leur demande n’était pas entendue.

Nous devons procéder à un nouveau recomptage des bulletins. Il n’y aura pas de second tour avant le recomptage des voix, a déclaré jeudi devant la presse Ibrahima Hissani, porte-parole des 19, dont fait partie l’un des trois candidats qualifiés pour le second tour, le colonel Azali Assoumani, ancien chef de l’Etat, arrivé en troisième position dimanche.

Les contestataires ont appelé à un grand rassemblement populaire samedi à Moroni.

Devant les journalistes, M. Hissani a également affirmé que le candidat arrivé en deuxième position au premier tour, Mouigni Baraka, gouverneur de l’île de la Grande-Comore, avait signé l’appel au recomptage des voix. Ce ralliement n’a pas pu être confirmé immédiatement.

La cible des 19 est clairement Mohamed Ali Soilihi, arrivé en tête dimanche avec 17,61% des voix.

Un seul candidat ne peut pas avoir raison contre tout le monde. Il a obtenu 17% des voix et nous nous totalisons les 83% restants, a martelé M. Hissani.

Le second tour de la présidentielle est prévu le 10 avril.

Dès l’annonce des résultats, le candidat arrivé en quatrième position, et donc éliminé du second tour, Fahmi Said Ibrahim, avait crié à la fraude. Plusieurs dizaines de ses partisans s’étaient rassemblés dans la soirée devant son QG du candidat pour contester les résultats, avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.

La mission d’observation de l’Union Africaine conduite par l’ancien président tunisien Mohamed Moncef Marzouki a noté qu’ en dehors de quelques incidents isolés, l’ensemble du scrutin s’est déroulé de manière ordonnée et paisible, appelant l’ensemble des acteurs politiques à garder (leur) calme et à respecter les résultats de cette première étape des élections.

Vingt-cinq candidats étaient en compétition pour ce scrutin présidentiel. Tous étaient originaires de l’île de la Grande-Comore, selon la règle de la présidence tournante entre les trois îles de l’Union des Comores.

La Constitution de 2001 établit un système de présidence tournante entre les trois îles qui composent l’Union (Grande-Comore, Anjouan, Mohéli). Un mécanisme qui a stabilisé l’archipel, secoué par des crises séparatistes et plusieurs coups d’Etat, dont le dernier remonte à 1999.

Romandie.com avec(©AFP / 25 février 2016 18h08)

Comores: au moins 30 morts et 50 rescapés dans un naufrage

août 9, 2011

Au moins 30 personnes sont décédées dans le naufrage d’un boutre dans la nuit de lundi à mardi au sud de l’île de la Grande-Comore, a annoncé à l’AFP le chef du Centre des opérations de secours et de protection civile (Cosep).

« Pour l’instant, le bilan s’élève à 30 morts, 50 rescapés », a déclaré le colonel Mouigni Daho, joint au téléphone par l’AFP.

De son côté, le coordinateur des secours du Croissant Rouge comorien, Arfachad Salim a avancé le nombre de 61 rescapés.

« Le nombre de morts pourrait augmenter (. . . ), il ne faut pas exclure que des passagers soient coincés à l’intérieur du bateau », a-t-il déclaré à l’AFP.

On ignorait mardi en début d’après-midi les circonstances exactes du naufrage. M. Salim a toutefois évoqué la possibilité d’une « surcharge » du navire pour expliquer l’accident.

Le naufrage du Madjiraha s’est produit dans la nuit de lundi à mardi, en face du village de Chindini, à l?extrême sud de l’île. Le bateau avait quitté la capitale Moroni en fin d’après-midi, pour rallier une autre île de cet archipel de l’océan Indien, Anjouan.

Jeuneafrique.com avec AFP