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France: Macron prône « l’humilité » en Afrique et refuse la « compétition « stratégique

février 27, 2023
Macron prone "l'humilite" en Afrique et refuse la "competition "strategique
Macron prône « l’humilité » en Afrique et refuse la « compétition « stratégique© POOL/AFP/Stefano Rellandini

Emmanuel Macron a prôné lundi « l’humilité » et la « responsabilité » de l’action de la France en Afrique, refusant la « compétition » stratégique imposée selon lui par ceux qui s’y s’installent avec « leurs armées, leurs mercenaires », dans un discours sur la nouvelle politique africaine de l’Hexagone.

« Beaucoup voudraient nous inciter à entrer dans une compétition, que je considère pour ma part comme anachronique (…). Certains arrivent avec leurs armées et leurs mercenaires ici et là », a-t-il déclaré dans une allusion à peine voilée à la Russie et au groupe de mercenaires russe Wagner, proche du Kremlin et déployé notamment en Centrafrique et au Mali, quoique Bamako s’en défende.

« C’est le confort des grilles de lecture du passé : mesurant notre influence aux nombres de nos opérations militaires, ou nous satisfaire de liens privilégiés exclusifs avec des dirigeants, ou considérer que des marchés économiques nous reviennent de droit parce que nous étions là avant », a-t-il ajouté. « Ce temps là a vécu ».

« Il faut bâtir une nouvelle relation équilibrée, réciproque et responsable » avec les pays du continent africain, a-t-il martelé lors d’un discours à l’Elysée à la veille d’une tournée africaine.

Le président français doit enchaîner mercredi avec une tournée dans quatre pays d’Afrique centrale: le Gabon, l’Angola, le Congo et la République démocratique du Congo (RDC). Lors de la première étape, à Libreville, il participera à un sommet sur la préservation des forêts du bassin du fleuve Congo.

Le discours intervient aussi après la fin de l’opération antiterroriste Barkhane au Sahel et le retrait forcé des troupes françaises du Mali et du Burkina Faso. Ces deux pays sont désormais contrôlés par des juntes militaires et un sentiment d’hostilité à l’égard de la France y est vivace.

Sur le plan militaire, le président a fait état d’une prochaine « diminution visible » des effectifs militaires français en Afrique et un « nouveau modèle de partenariat » impliquant une « montée en puissance » des Africains.

« La transformation débutera dans les prochains mois avec une diminution visible de nos effectifs et une montée en puissance dans (les bases militaires françaises) de nos partenaires africains », a-t-il assuré.

« Pas un pré carré »

La France déploie encore quelque 3.000 militaires dans la région, notamment au Niger et au Tchad, après y avoir compté jusqu’à 5.500 hommes, mais elle entend ré-articuler son dispositif vers des pays du golfe de Guinée, gagnés par la poussée jihadiste, et être moins visible sur le terrain.

Dans cette région, et sur l’ensemble du continent, l’influence de la France et des occidentaux est contestée par la Chine et la Russie. Ainsi, trois des quatre pays que visitera le président français – Gabon, Congo et Angola – se sont abstenus jeudi dernier lors du vote d’une résolution de l’Assemblée générale de l’ONU exigeant le retrait russe d’Ukraine.

L’Afrique n’est pas un « pré carré », il faut passer d’une « logique » d’aide à celle d’investissement, a ajouté Emmanuel Macron.

Le discours de lundi faisait écho à celui de Ouagadougou, en 2017, dans lequel Emmanuel Macron avait marqué sa volonté de tourner la page avec la politique africaine post-coloniale de Paris, la « Françafrique », empreinte de collusions politiques et de liens sulfureux, et tendu la main à une jeunesse africaine de plus en plus méfiante vis-à-vis de la France.

Le président, se présentant comme le dirigeant d’une nouvelle génération, avait alors dénoncé devant 800 étudiants les « crimes incontestables » de la colonisation et appelé à une « relation nouvelle » avec l’Afrique, un pacte qu’il entend élargir à l’Europe.

En juillet, Emmanuel Macron avait déjà effectué une tournée au Cameroun, au Bénin et en Guinée-Bissau. Il entend poursuivre ses visites sur le continent « quasiment tous les six mois, voire davantage ».

Lundi, il a aussi annoncé « une loi cadre » pour « procéder à de nouvelles restitutions » d’oeuvres d’art « au profit des pays africains qui le demandent ».

Cette loi « sera proposée dans les prochaines semaines par la ministre de la Culture à notre Parlement » et « permettra de fixer la méthodologie et les critères pour procéder » à ces restitutions, « reposant sur un partenariat culturel et scientifique pour accueillir et conserver ces oeuvres », a poursuivi le chef de l’Etat français, en indiquant souhaiter « que cette démarche puisse s’inscrire dans une dynamique plus large et également une dynamique européenne ».

Le Point avec AFP

Congo-Compétition : plus de vingt écoles privées de Brazzaville participent au Fenemof

février 15, 2022

Les élèves du primaire, du collège et du lycée des différents établissements scolaires privés de Brazzaville concourent au Festival national d’épellation des mots français qui se tient du 16 février au 5 mars, à Brazzaville.

 

1- Le présidium

La cérémonie d’ouverture du Fenemof a eu lieu le 15 février, à Brazzaville. Le Fenemof est une compétition qui envisage de renforcer les compétences des jeunes scolarisés de la ville capitale en orthographe française. Il est à sa sixième édition et a pour objectif de promouvoir l’usage de l’orthographe française en milieu scolaire.

Cette édition se déroulera en trois phases : la phase préliminaire qui commence du 16 au 18 février ; la demi-finale du 23 au 25 février et enfin la finale du 2 au 5mars. Ces étapes  se derouleront le matin et l’après midi.

Le Fenemof devient au fil des années l’un des rendez-vous incontournables en République du Congo. De Réussite Mielchiyad Yoka, directeur dudit festival, s’est dit fier de ce rendez-vous culturel et artistique.  « Nous sommes fiers de croire que la jeunesse scolaire, à travers les lettres et les mots, acquiera des connaissances essentielles sur le bon usage de l’orthographe. Nous avons acquis une dimension internationale en choisissant de s’engager et d’initier une réflexion avec le concours d’autres festivals internationaux au sujet de la participation des lauréats à ces festivals », a-t-il fait savoir, tout en lançant un appel de soutien: « Nous sollicitons les sponsors, des partenaires qui peuvent nous soutenir matériellement, nous voulons qu’il y ait des grands prix pour motiver les écoles. Jusque-là nous ne travaillons qu’avec l’hôtel Pefaco, il est l’unique partenaire », a t-il indiqué.

De même, il s’est indigné de la non-participation des écoles publiques. « Nous écrivons aux écoles publiques, malheureusement il n’y a pas de suite favorable. Seules les écoles privées qui nous répondent. Près de vingt-cinq établissements scolaires privés que nous avons sélectionnés. Le choix des candidats se fait par  les responsables  des écoles respectives. Nous exigeons les élèves de CM1,CM2 ; de 4et 3e. Par contre, au lycée il n’y a pas d’exigence », a signifié le directeur du Fenemof.

Il a remercié les candidats, les responsables des écoles participantes, indiquant qu’il est nécessaire d’inculquer l’habitude de la bonne orthographe chez les élèves.

2- L’assistance et les candidats

Pour sa part, Alexandre Becher, président d’honneur des éditions cinq et six, directeur artistique et des relations publiques de Pefaco Hôtel, a félicité l’équipe du Fenemof ainsi que les candidats. « L’éducation et l’enseignement, c’est ce qui fera de vous demain des responsables. Sans enseignement, c’est compliqué, d’où l’importance de cet événement », a-t-il exhorté.

Les lauréats des éditions précédentes encouragent cette initiative permettant de promouvoir le vivre-ensemble et le bon usage de l’orthographe française en milieu scolaire. Créé en 2016, à Brazzaville, le Fenemof a pour devise plus de magie avec des mots.

Avec Adiac-Congo par Rosalie Bindika

Festival de Cannes : deux films africains en compétition pour la Palme d’or

juin 4, 2021
Une scène tirée du film « Haut et fort » de Nabil Ayouch.

« Lingui, les liens sacrés » de Mahamat-Saleh Haroun, ancien ministre tchadien de la Culture, et « Haut et fort » du réalisateur marocain Nabil Ayouch font partie des 24 films sélectionnés pour la récompense.

Le festival de Cannes, annulé en 2020 pour cause de pandémie de Covid-19, aura lieu cette année du 6 au 17 juillet. Une période où l’on peut supposer que la plus grande rencontre cinématographique mondiale pourra se dérouler normalement, ou presque, grâce au recul de la crise sanitaire.

Pierre Lescure et Thierry Frémaux, le président et le délégué général de la manifestation, viennent de dévoiler la sélection officielle. Une sélection qui a d’autant plus de valeur qu’elle résulte du visionnage de presque deux ans de productions et de réalisations (2 300 films). Les tournages ne se sont pas arrêtés malgré l’assaut du virus et beaucoup de films prévus pour être distribués en 2020 ne sont pas encore sortis.

L’arrivée de deux films africains en compétition pour la Palme d’or — cas inédit depuis longtemps — est donc remarquable. Ils y côtoieront des œuvres d’anciens lauréats comme Nanni Moretti, Jacques Audiard ou Achipatong Weerasethakul et de pointures comme Paul Verhoven ou Sean Penn.

Lingui, la condition des femmes au Tchad

Le Tchadien Mahamat-Saleh Haroun, plusieurs fois primé à Venise (notamment avec le prix spécial du jury pour Daratt, en 2006), a déjà été présent deux fois en compétition à Cannes avec Un Homme qui crie, en 2010 (prix du jury) et Grisgris, en 2016. Et il y a présenté en 2015, lors d’une séance spéciale, un documentaire saisissant sur les rescapés des geôles du dictateur Habré (Hissein Habré, une tragédie tchadienne). On le retrouvera à la tête du ministère tchadien de la Culture entre février 2017 et février 2018, date où, après des désaccords avec le gouvernement, il démissionne brusquement. Il n’avait plus réalisé de film depuis Une Saison en France, en 2017.

Avec Lingui, les liens sacrés, il propose cette année un nouveau long métrage réalisé au Tchad. Il raconte le parcours dramatique de deux femmes, Amina et Maria. La première, mère célibataire rejetée par sa famille et la société, apprend que la seconde, sa fille de 15 ans, a été violée et est tombée enceinte. Une terrible épreuve pour cette musulmane pratiquante, qui a du mal à accepter que son enfant veuille avorter, un acte condamné non seulement par la religion mais aussi par la loi. Un drame que le très rigoureux metteur en scène élève sans doute à la hauteur d’un récit emblématique pour évoquer la condition des femmes au Tchad, et dans toute l’Afrique.

Haut et fort, la jeunesse marocaine défavorisée

C’est à la jeunesse de son pays que s’intéresse de son côté le Marocain Nabil Ayouch dans Haut et fort (anciennement titré Casablanca beats). Il s’agit de sa première participation à la compétition à Cannes, qui représente aussi une première depuis la création du festival pour un film marocain.

Il est déjà venu à plusieurs occasions sur la Croisette – pour Les chevaux de Dieu et Much loved, deux films qui avaient suscité de très vifs débats – mais dans des sections moins prestigieuses (Un certain regard et Quinzaine des réalisateurs). Le film qui concourra pour la Palme d’or peut être résumé ainsi selon son auteur : « C’est l’histoire d’un ancien rappeur qui arrive dans un centre culturel du bidonville de Sidi Moumen et trouve une bande de jeunes filles et garçons à qui il transmettra sa passion pour le hip-hop ». Une nouvelle manifestation de l’intérêt tout particulier que porte Nabil Ayouch, auteur en 2000 de l’immense succès Ali Zaoua, Prince de la rue, aux jeunes défavorisés. Haut et fort, assure-t-il, n’est d’ailleurs pas sans rapport avec ce qu’il a vécu dans sa propre enfance.

Le Moyen-Orient bien représenté

En attendant les choix des manifestations parallèles (Semaine de la critique et Quinzaine des réalisateurs) qui seront dévoilés dans quelques jours et corrigeront peut-être le tir, on peut noter qu’en dehors de ces deux films, aucun long métrage africain n’a été retenu dans la sélection officielle de Cannes, que ce soit pour Un Certain regard ou les autres sections (films hors compétition, séances spéciales, Cannes premières).

Le Moyen-Orient, en revanche, sera plutôt bien représenté sur la Croisette avec des films en provenance d’Iran (Un héros, d’Asghar Faradhi), de Turquie (Commitment Hasan, de Hasan Semih Kaplanoglu) ou d’Israël (Le Genou d’Ahed, de Nadiv Lapid et Il y eut un matin, de Eran Kourin). On peut noter aussi, parmi les sélectionnés qui attisent la curiosité, la présence d’un film d’Haïti (Freda de Gessica Généus) ainsi que celle du deuxième film de Hafsia Herzi (Bonne Mère).

Avec Jeune Afrique par Renaud de Rochebrune