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Guinée : bible et coran à la main, Moussa Dadis Camara est de retour à Conakry

décembre 23, 2021
Moussa Dadis Camara, le 2 octobre 2009. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Après douze années d’exil, l’ancien pustchiste est rentré ce mercredi 22 décembre à Conakry. Il s’est dit prêt à répondre à la justice.

Il était environ 13h30 lorsque l’avion de Mauritania Airlines s’est posé sur le tarmac de l’aéroport de Conakry, tout juste rebaptisé Ahmed Sékou Touré. À son bord, un homme qui n’avait plus reposé les pieds en Guinée depuis décembre 2009 : Moussa Dadis Camara. Habillé d’un costume bleu, la cravate rouge ajustée autour du cou, l’ancien président de la transition a été été accueilli par le nouveau directeur général de la police nationale, Abdoul Malick Koné, l’un des rares officiels présents.

Vêtus de T-shirts à l’effigie de leur champion, esquissant des pas de danse, les partisans de Moussa Dadis Camara s’étaient en revanche mobilisés en nombre pour l’accueillir. « Le second nom de Dieu, c’est le temps », pouvait-on lire sur certaines pancartes, comme pour rappeler qu’avec du temps et de la patience, tout finit par arriver, ou encore « Bon retour Moïse Camara ». Moïse ? C’est en tout cas en se mettant à genou, une bible dans une main, le coran dans l’autre, que Moussa Dadis Camara est rentré en Guinée.

Moussa Dadis Camara à genou, une bible dans une main, le coran dans l’autre

« Douze ans d’absence ce n’est pas facile, a réagi sa fille aînée, Evelyne Camara. Nous sommes très contents et rendons gloire à Dieu et au président, le colonel Mamadi Doumbouya. Nous sommes très reconnaissants, grand merci au peuple de Guinée qui s’est mobilisé. »

La main tendue de Mamadi Doumbouya

Après avoir serré quelques poignées de main, Moussa Dadis Camara, visiblement en forme, a été conduit dans le salon d’honneur de l’aéroport. Il s’est adressé à la presse durant sept minutes après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire de tous les martyrs, « mais plus particulièrement [à] ceux des événements du 28 septembre 2009 ».

Exilé à Ouagadougou après avoir été soigné au Maroc à la suite de la tentative d’assassinat perpétrée par celui qui était son aide de camp, Toumba Diakité, le 3 décembre 2009, Dadis avait plusieurs fois tenté de rentrer en Guinée. En vain. Finalement, c’est un autre putschiste, le tombeur d’Alpha Condé, qui a autorisé son retour, tout comme celui d’un autre président de la transition, Sékouba Konaté (janvier-décembre 2010), rentré lui le 18 décembre.

Dadis n’a pas manqué de remercier Mamadi Doumbouya d’avoir permis « [son] retour sur la terre de [ses] ancêtres ». « Merci pour tout et je vous souhaite plein succès dans votre noble et exaltante mission qui consiste à unir les Guinéens, les réconcilier et jeter les bases d’une démocratie », a-t-il poursuivi avant de revenir à ses ennuis judiciaires.

« Plus jamais ça »

Directement mis en cause dans le massacre du 28 septembre 2009, il s’est dit à la disposition de la justice. « Je m’en voudrais de ne pas admirer les avancées considérables des nouvelles autorités du pays dans le dossier du 28 septembre 2009. Je voudrais encourager la tenue de ce procès. Ce serait non seulement un « ouf » de soulagement pour les familles des victimes, mais aussi pour le peuple de Guinée qui attend depuis plus de dix que la responsabilité des uns et des autres soit définitivement située », a-t-il lancé.

JE SUIS PRÊT À ME METTRE À LA DISPOSITION DE LA JUSTICE, CAR NUL N’EST AU-DESSUS DE LA LOI

Dadis est inculpé pour sa responsabilité présumée dans les crimes qui ont eu lieu lors d’un meeting d’opposants à sa candidature à la présidentielle dans un stade de Conakry : 150 personnes ont été tuées, des milliers d’autres blessées et une centaine de femmes ont été violées. « Je suis prêt à me mettre à la disposition de la justice, car nul n’est au-dessus de la loi », a-t-il ajouté, en proclamant sa confiance en la justice guinéenne. « Plus jamais ça ! », a-t-il ajouté.

Séjour à Nzérékoré

Moussa Dadis Camara a ensuite pris la direction de l’Hôtel Kaloum, situé dans le quartier administratif et des affaires de la capitale. Il devait plus tard rejoindre son domicile de Lambanyi, en banlieue de Conakry (dans la commune de Ratoma), qui a subi de petits travaux pour la circonstance. Nul ne sait pour l’instant s’il rencontrera Mamadi Doumbouya.

Sékouba Konaté est quant à lui rentré depuis samedi via Bamako. Il a été accueilli dans la ville de Kankan, dans l’est du pays, et a ensuite gagné son village, Sana. Il devrait passer par Conakry avant de retourner à Paris, où il vit avec sa famille.

Moussa Dadis Camara devrait également retourner à Ouagadougou après un bref séjour dans sa ville d’origine, Nzérékoré. « Nous souhaitons son retour définitif bien sûr, mais cela dépendra du gouvernement qui a déjà beaucoup fait en le laissant venir nous voir », souffle Evelyne Camara, la fille aînée de Moussa Dadis Camara.

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry à Conakry

Guinée: des putschistes affirment avoir capturé le président Condé et contrôler Conakry

septembre 5, 2021
Guinee: des putschistes affirment avoir capture le president Conde et controler Conakry
Guinée: des putschistes affirment avoir capturé le président Condé et contrôler Conakry© AFP/CELLOU BINANI

Des officiers des forces spéciales guinéennes ont affirmé dimanche avoir capturé le président Alpha Condé, pris le contrôle de Conakry et « dissoudre » les institutions, lors d’un coup d’Etat qui pourrait sonner la retraite d’un vétéran de la politique africaine, mais condamné par la communauté internationale.

Aucun mort n’a été rapporté dimanche, malgré les crépitements intenses d’armes automatiques entendus dans la matinée dans la capitale de ce pays coutumier des confrontations politiques brutales. L’apparent épilogue de plus de dix années de régime Condé a donné lieu à des scènes de liesse dans différents quartiers de la capitale.

« Nous avons décidé après avoir pris le président, qui est actuellement avec nous (…) de dissoudre la Constitution en vigueur, de dissoudre les institutions », dont le gouvernement, a dit, dans une vidéo, le chef des forces spéciales, le lieutenant-colonel Mamady Doumbouya, au nom d’un « Comité national du rassemblement et du développement », au côté de putschistes en uniforme et en armes.

Il a également annoncé la fermeture des frontières terrestres et aériennes de ce pays d’Afrique de l’Ouest plongé depuis des mois dans une grave crise économique et politique.

Dénonçant la « gabegie », le lieutenant-colonel Doumbouya, enveloppé dans un drapeau guinéen, a promis d' »engager une concertation nationale pour ouvrir une transition inclusive et apaisée », dans une déclaration à la télévision nationale qui a brièvement interrompu ses programmes.

Les putschistes ont également diffusé une vidéo du président Condé entre leurs mains. Ils lui demandent s’il a été maltraité et Alpha Condé, en jeans et chemise froissée dans un canapé, refuse de leur répondre.

« Libération immédiate »

« On tient tout Conakry et on est avec toutes les forces de défense et de sécurité pour enfin mettre fin au mal guinéen », a déclaré à la télévision France 24 le lieutenant-colonel Doumbouya, personnalité très peu connue jusqu’alors.

Le ministère de la Défense a initialement affirmé que la garde présidentielle avaient repoussé les « insurgés » quand ils ont tenté de prendre le palais présidentiel. Mais les autorités en place jusqu’alors ont ensuite sombré dans le silence.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a « fermement » condamné dans un tweet « toute prise de pouvoir » en Guinée « par la force du fusil », appelant « à la libération immédiate du président Alpha Condé », 83 ans.

Le président en exercice de l’Union africaine (UA) Félix Tshisekedi et le président de la Commission de l’UA Moussa Faki Mahamat « condamnent toute prise de pouvoir par la force et demandent la libération immédiate du président Alpha Condé » et appellent à une réunion d’urgence de l’organisation.

Le président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), le Ghanéen Nana Akufo-Addo, de son côté, « exige le respect de l’intégrité physique » du chef de l’Etat guinéen, sa libération immédiate et « le retour à l’ordre constitutionnel sous peine de sanctions ».

« Beaucoup de morts pour rien »

De nombreux habitants de Conakry, notamment dans les banlieues réputées favorables à l’opposition, sont descendus dans la rue pour acclamer les militaires des forces spéciales.

« Nous sommes fiers des forces spéciales, honte à la police, honte à la milice de l’ancien président Alpha Condé, mort aux tortionnaires et aux assassins de notre jeunesse », s’exclamait un manifestant voulant rester anonyme.

« Je ne pouvais pas imaginer qu’Alpha Condé allait quitter le pouvoir de mon vivant, tellement il m’a fait du tort », a confié Madiaou Sow, un chauffeur, « il a tué dans les manifestations ma soeur Mariama, mon neveu Bissiriou, mon cousin Alphadio ».

Il faisait référence à la répression sanglante des manifestations de l’opposition et de la mobilisation contre l’adoption par referendum en 2020 d’une nouvelle Constitution, dont M. Condé a tiré argument pour briguer et obtenir un troisième mandat.

« Nous allons réécrire une Constitution ensemble, cette fois-ci, toute la Guinée », a assuré le chef des putschistes, déplorant qu’il y ait eu « beaucoup de morts pour rien, beaucoup de blessés, beaucoup de larmes ».

Les principaux dirigeants de l’opposition, sollicités par l’AFP, n’ont pas souhaité s’exprimer.

Mais le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), coalition de mouvements politiques et de la société civile qui a mené la contestation contre un troisième mandat d’Alpha Condé, a pris acte de « l’arrestation du dictateur » et des déclarations des militaires sur la Constitution.

Tôt dans la matinée, des tirs nourris d’armes automatiques avaient retenti sur la presqu’île de Kaloum, centre névralgique de Conakry, où siègent la présidence, les institutions et les bureaux d’affaires.

« J’ai vu une colonne de véhicules militaires à bord desquels des soldats surexcités tiraient en l’air et entonnaient des slogans militaires », a déclaré à l’AFP une habitante du quartier de Tombo, proche du centre de la capitale.

Depuis des mois, le pays, parmi les plus pauvres du monde malgré des ressources minières et hydrologiques considérables, est en proie à une profonde crise politique et économique, aggravée par la pandémie de Covid-19.

M. Condé, ancien opposant historique, est devenu en 2010 le premier président démocratiquement élu en Guinée après des décennies de régimes autoritaires.

Des défenseurs des droits humains fustigent sa dérive autoritaire remettant en cause les acquis du début.

M. Condé se targue d’avoir fait avancer les droits humains et d’avoir redressé un pays qu’il dit avoir trouvé en ruines.

Par Le Point avec AFP

Tiken Jah Fakoly: Alpha Condé devient fou

septembre 5, 2021

Avec GandhiMalienTV

Guinée : décès de Mamadouba Toto Camara, ancien numéro deux de Dadis Camara

août 24, 2021
Le général guinéen Mamadou Toto Camara à Conakry, le 16 décembre 2009.

Chef d’état-major adjoint de l’armée de terre sous Lansana Conté, puis numéro deux de la junte militaire au pouvoir entre 2008 et 2010, le général Mamadouba Toto Camara est mort le 23 août à Conakry.

C’est au début des années 2000 qu’il avait pour la première fois fait parler de lui. Lansana Conté était à l’époque malade et vieillissant et le colonel Mamadouba Toto Camara avait été soupçonné d’avoir trempé dans l’un de ces complots qui ont rythmé les dernières années de sa présidence. En 2004, chef d’état-major général adjoint de l’armée de terre, formé sur les bancs de Saint-Cyr et de l’Institut de défense nationale, à Paris, il est emprisonné en même temps que plusieurs cadres de l’Union des forces républicaines (UFR), de Sidya Touré.

« Il s’en est toujours défendu mais ce soupçon l’a poursuivi, se souvient Tibou Kamara, aujourd’hui ministre et porte-parole du gouvernement. C’était un officier connu et influent au sein de l’armée, qui a toujours été soupçonné de vouloir s’emparer du pouvoir d’État. »

« Destin présidentiel manqué »

Quand Lansana Conté s’éteint le 22 décembre 2008, l’armée entre en scène et ravit le pouvoir à son dauphin constitutionnel, Aboubacar Somparé, le président de l’Assemblée nationale. Le Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD) voit le jour, dirigé par le capitaine Moussa Dadis Camara. Fort de sa notoriété et de son influence au sein de la troupe, Mamadouba Toto Camara est nommé premier vice-président et obtient le portefeuille de la Sécurité.

Cette fonction, explique Tibou Kamara, « lui a été confiée par respect pour son grade [il était à l’époque général de brigade], mais c’était un lot de consolation. Et cela a été la même chose lorsque Dadis a dû quitter le pouvoir. On peut donc parler d’un destin présidentiel plusieurs fois manqué. »

En décembre 2009, lorsque Dadis est ciblé par une tentative d’assassinat, Mamadouba Toto Camara a beau être la deuxième personnalité de l’État dans l’ordre protocolaire du CNDD, ce n’est pas à lui mais à Sékouba Konaté – surnommé « le Tigre » – qu’il revient d’assurer la présidence par intérim.

Disgrâce

Après la transition militaire et l’accession d’Alpha Condé au pouvoir en décembre 2010, Mamadouba Toto Camara est reconduit à son poste de ministre de la Sécurité. Il sera remercié deux ans plus tard, en octobre 2012, à l’occasion du premier remaniement gouvernemental de l’ère Condé. En même temps que deux autres anciens membres de la junte : feu Mamadou Korka Diallo et Mathurin Bangoura, actuel gouverneur de la ville de Conakry.

Mamadouba Toto Camara s’était depuis mis en retrait de la vie politique et était tombé en disgrâce : en sa qualité d’ancien numéro deux du CNDD, il avait été inculpé dans le cadre de l’enquête sur le massacre du 28 septembre 2009 et « poursuivi pour les exactions commises par les forces de police placées sous son commandement ».

Mamadouba Toto Camara avait récemment connu des ennuis de santé et avait dû recevoir des soins à l’étranger. Son décès intervient alors qu’il était revenu depuis peu à Conakry.

Dans un communiqué publié dans la soirée du 23 août, le ministre de la Défense nationale, Mohamed Diané, a présenté « ses condoléances les plus attristées à [sa] famille ». « Sa mort a été accueillie avec beaucoup d’émotion et de tristesse par le président de la République et par le gouvernement, ajoute Tibou Kamara. La Guinée salue la mémoire d’un officier, d’un soldat qui l’a servie durant toute sa vie. »

Avec Jeune Afrique par Diawo Barry

Guinée: un mort lors de manifestations d’élèves contre la situation dans l’éducation

novembre 20, 2017

Conakry – Un jeune homme de 17 ans a été tué par la police lors de heurts lundi à Conakry au cours de manifestations de milliers d’élèves du primaire et du secondaire dénonçant la situation de l’éducation en Guinée, ont indiqué un membre de sa famille et une source hospitalière.

Le jeune homme, Souleymane Diakité, « revenait de son école (…) lorsqu’il a rencontré, en compagnie de ses camarades, un contingent de policiers qui avait du mal à contenir les furies d’autres manifestants et a tiré à balles réelles, dont une l’a fauché », a déclaré un oncle de l’élève à un correspondant de l’AFP.

« Ses camarades ont alors crié et les policiers n’ont même pas pris la peine de le secourir », a-t-il ajouté.

« Lorsque les policiers ont tiré sur le gamin qui est tombé, ses camarades qui ont voulu le secourir ont été tabassés par les flics (sic), dont deux ont été grièvement blessés », a déclaré un responsable de la Croix Rouge interrogé par l’AFP.

Selon lui « la balle a horizontalement traversé le ventre de l’enfant, ne lui laissant aucune chance de survie ».

« J’ai appris qu’un jeune élève a été tué lors de ces manifestations et qu’une fille a été violée par un enseignant lorsque tous les élèves ont quitté leur école », a déclaré à la télévision privée Evasion Guinée le ministre de l’Education nationale, Ibrahima Kalil Konaté.

Par ailleurs, quatre syndicalistes ont été libérés lundi soir par la justice après avoir été entendus « près de deux heures », a indiqué à l’AFP leur avocat, Salifou Béavogui.

Ces responsables du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), qui a déclenché le 13 novembre une grève illimitée pour exiger une augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail, avaient été arrêtés samedi à Conakry.

Le porte-parole du gouvernement, Albert Damantang Camara, avait justifié les arrestations par le fait que ces syndicalistes étaient « accusés de trouble à l’ordre public et d’appel à une grève illégale », lancée sans respect du préavis prévu par la loi.

Avant leur libération, le porte-parole des grévistes, Mohamed Bangoura, avait affirmé à l’AFP que ces arrestations n’allaient « pas affaiblir le mouvement ».

« Nous allons nous battre jusqu’à l’obtention totale et entière de nos revendications », a déclaré M. Bangoura.

Les appels à manifester lundi ont également été assez largement suivis en province, notamment dans le nord du pays, à Koundara, Mali et Gaoual, ainsi qu’à Fria (ouest) et, dans une moindre mesure, dans l’est, à Kankan, Siguiri et Faranah, a appris l’AFP de sources syndicales jointes sur place.

Dans l’après-midi, les jeunes ont jeté des pierres contre les forces de l’ordre protégeant le bâtiment du ministre de l’Education nationale, selon un correspondant de l’AFP.

A Dabompa, dans l’est de la capitale, des témoins ont fait état de tirs à balles réelles de policiers qui ont fait quatre blessés parmi les manifestants.

Aux cris de « Alpha zéro –en référence au président Alpha Condé– gouvernement zéro », « Nous voulons nos profs, non au sabotage et à la politisation de l’école! », les jeunes manifestants avaient érigé dans la matinée des barricades et renversé des poubelles, provoquant la panique chez les automobilistes.

Sur l’autoroute Le Prince, principal axe qui traverse Conakry de la banlieue au centre-ville, les commerces et les stations service sont restés fermés et les transports inexistants.

Les grévistes exigent l’application totale du statut particulier de l’Education, qui prévoit une augmentation de l’indice et des salaires obtenus sous le général Lansana Conté (1984-2008), confirmés en septembre 2016 lors des négociations entre gouvernement et syndicats de l’éducation.

En février, huit personnes avaient été tuées, dont plusieurs par balles, lors des manifestations liées à une grève des enseignants.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 22h28)                                            

Guinée : une épidémie de sextapes déclenche la psychose à Conakry

février 25, 2017

Près d’un bureau de vote à Conakry, en novembre 2010. © Jerome Delay/AP/SIPA

On ne les compte plus. Filmées avec des téléphones portables, de nombreuses sextapes impliquant des Guinéens ont fuité dernièrement sur les réseaux sociaux. Si le phénomène n’est pas nouveau, il a pris dernièrement une tournure inquiétante.

En Guinée et dans la diaspora, les réseaux sociaux sont en ébullition. Ce n’est plus le défilé en bikini des candidates à l’élection de la miss nationale qui fait le buzz, mais quelque chose d’a priori bien moins futile. En cause, des vidéos pornographiques amateurs qui fuitent et se partagent en boucle sur l’application Messenger de Facebook notamment.

Que montrent ces vidéos ?

La vidéo la plus commentée actuellement ? Difficile à dire tant les surprises s’enchaînent. Une des plus vilipendées montre deux hommes et une jeune femme en pleins ébats, cette dernière étant en prime copieusement injuriée en langue nationale soussou (la plus parlée dans la capitale Conakry). Un des deux hommes se retrouve même dans une autre sextape, partagée plus récemment et vraisemblablement filmée elle aussi avec un téléphone portable. Quatre autres vidéos et des captures d’écran pour le moins suggestives font également ou ont fait le tour de la toile, provoquant stupéfaction, dégoût et indignation – mais aussi parfois une pointe de voyeurisme -, dans un pays majoritairement musulman (80%) et chrétien (10%).

Qu’en pensent les Guinéennes?

« Voir ces vidéos quitter le cadre privé pour se retrouver sur la toile, c’est désolant. Je souhaiterais que les filles notamment prennent conscience du danger que représente ce genre de pratiques », réagit Diaraye Diallo, journaliste, à propos des dernières sextapes.

Les femmes de ces vidéos risquent d’avoir de grosses difficultés pour trouver un emploi et d’autres, qui ont désormais une vie stable, peuvent être affectées durement

De fait, la publicité de ces vidéos est un drame surtout pour les femmes qui y sont impliquées, dans une société guinéenne conservatrice où l’homme a souvent le pouvoir et où parler de sexe est tabou – du moins en public. « Il y a une certaine vindicte contre ces gens qui ont fait des erreurs à un moment de leur vie. C’est dommage pour l’image de la femme, car ces vidéos même supprimées laisseront des traces indélébiles », regrette Dieretou Diallo, activiste et présidente du collectif Guinéenne du 21e siècle. « Les femmes de ces vidéos risquent d’avoir de grosses difficultés pour trouver un emploi et d’autres, qui ont désormais une vie stable et sont engagées, peuvent être affectées durement », ajoute-t-elle, avant d’en appeler aux associations pour sensibiliser les Guinéens sur la nécessité de prendre soin de leur « identité numérique » à l’heure des réseaux sociaux et du portable roi.

Asmaou Bah Doukouré, secrétaire générale du Syndicat national des employés de maison (Synem-Guinée) et mère de famille, se dit quant à elle « écœurée et choquée de voir ces vidéos partout », et condamne ceux qui les font circuler. « C’est lâche », dit-elle, invitant elle aussi « les femmes et les hommes à plus de responsabilité dans leurs faits et gestes, et surtout dans leurs fréquentations ».

Qui figure sur ces vidéos ?

En général, les personnes impliquées sont facilement identifiables. Une sextape concernerait même un ancien ministre. Quant aux deux protagonistes de la vidéo la plus « populaire » du moment, ils sont bien connus du monde des affaires. L’un d’eux a été suspendu de ses fonctions de conseiller du PDG d’une entreprise de BTP, pour « comportement inadmissible ». Le second serait lui PDG d’une société. Les deux auraient fui à l’étranger, ce qui n’est pas pour faciliter l’information judiciaire confiée au parquet du Tribunal de première instance de Kaloum pour « outrage public à la pudeur », au terme de l’article 275 du code pénal.

Quelles conséquences juridiques ?

Outre l’outrage public à la pudeur, puni de trois mois à deux ans d’emprisonnement et d’une amende de 500 000 à un million de francs guinéens (la peine pouvant être doublée lorsque l’outrage est commis en réunion), ces vidéos et leur diffusion sont passibles d’autres infractions, comme l’attentat à la vie privée, passible d’un à deux ans d’emprisonnement et d’une amende d’un à trois millions de francs guinéens, ou l’injure publique, punie de seize jours à six mois de prison et d’une amende de 500 000 à deux millions de francs guinéens.

Hasard de calendrier ou « revenge porn » à l’anglo-saxonne ? Difficile à dire

Les peines peuvent atteindre vingt ans de réclusion criminelle en cas de viol aggravé. Les enquêteurs en effet n’excluent pas que certaines protagonistes n’aient été des victimes droguées. Fin 2015, une autre vidéo montrait un jeune rappeur en train d’exiger des avances à « sa petite amie » sous la menace d’un couteau. Inculpé de viol, le suspect, Tamsir Touré, jouit depuis officiellement « d’une liberté provisoire ».

Comment ces vidéos se retrouvent-elles sur le web ?

Les enregistrements ne sont en général pas nouveaux. L’un d’eux aurait notamment 2 à 3 ans. « La jeune femme qui y est impliquée résiderait à Paris, où elle s’apprêtait à convoler en noces », dit une source policière. Hasard de calendrier ou « revenge porn » à l’anglo-saxonne ? Difficile à dire.

D’autres vidéos semblent avoir fuité inopinément après la perte d’un téléphone portable. À Pita, au cœur de la Guinée, fin novembre 2016, un charlatan sexagénaire a survécu de justesse à un lynchage populaire après que l’une de la soixantaine de ses vidéos s’est retrouvée sur Facebook. Il exigeait des femmes venant le consulter des relations charnelles sous l’œil de la caméra de son téléphone…

Jeuneafrique.com par Diawo Barry

Guinée: 2 morts lors de nouvelles violences (gouvernement)

février 21, 2017

Conakry – Deux personnes ont été tuées mardi lors de violences durant des manifestations à Conakry, la capitale guinéenne, pour la réouverture des classes, au lendemain de troubles similaires ayant fait cinq morts, selon le gouvernement guinéen.

« Le gouvernement déplore les pertes en vies humaines suite aux violences enregistrées à Conakry depuis » lundi. « Ces violences ont non seulement occasionné des destructions de biens publics et privés, mais ont également et surtout coûté la vie à sept de nos concitoyens, dont deux mardi », selon un communiqué reçu mardi soir.

« La persistance des violences » a concerné « la haute banlieue » de Conakry, le calme prévalait dans « la majeure partie des quartiers » de la capitale, ajoute le texte.

Ces nouvelles violences ont éclaté à la surprise de nombreux résidents de la capitale, à la veille de la réouverture des classes mercredi après trois semaines de fermeture, ce que réclamaient les manifestants ces derniers jours.

Elles ont impliqué un nombre indéterminé d’habitants de quartiers de la banlieue qui ont brûlé des pneus et érigé des barricades, bloquant la circulation. Les violences ont éclaté lorsque des forces de l’ordre sont intervenues pour déplacer des barricades, marquées par des échauffourées et courses-poursuites, selon un journaliste de l’AFP et des témoins.

Une source médicale a affirmé à l’AFP avoir vu deux corps de victimes de violences transportés à l’hôpital Ignace Deen de Conakry. De même source, on indique qu’il s’agit de deux civils, l’un a été tué par balle, l’autre a succombé après avoir été renversé par un véhicule des forces de l’ordre.

Selon certains protestataires, les manifestations de mardi visaient à dénoncer l’accord conclu dimanche puis signé par les enseignants et le gouvernement lundi, dans une capitale alors en proie à des violences ayant fait en cette seule journée cinq morts, selon les autorités. Selon des sources hospitalière et policière, le bilan pour lundi est de six morts.

« Nous doutons de la sincérité de nos leaders qui ont appelé au beau milieu de la nuit à la fin de la grève », a affirmé un des manifestants. « Nos leaders ont été corrompus, ils n’ont qu’à ramener l’argent du palais (présidentiel) », a dit un autre.

Les autorités avaient fermé les écoles le 1er février en raison de manifestations violentes d’élèves soutenant des enseignants vacataires réclamant leur intégration dans la fonction publique, une demande appuyée par les syndicats qui revendiquent aussi une augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail.

A la suite de discussions avec des responsables syndicaux, le gouvernement avait appelé les enseignants à reprendre les cours le 13 février. Mais le même jour, les syndicats avaient déclenché une grève dans le primaire et le secondaire de l’enseignement public.

Lundi, l’intersyndicale des enseignants a annoncé la suspension de la grève après avoir signé l’accord avec le gouvernement, qui a dans la foulée annoncé la reprise des cours mercredi dans tout le pays.

Dans son communiqué mardi, le gouvernement a annoncé, sans plus de détails, que le ministère de la Justice avait « d’ores et déjà ouvert une enquête sur ces événements » de lundi et mardi.

Romandie.com avec(©AFP / 21 février 2017 22h09)             

Guinée: au moins 5 morts lors de manifestations pour la réouverture des classes

février 20, 2017

Conakry – Au moins cinq personnes ont été tuées lundi à Conakry dans des violences ayant éclaté lors de manifestations pour réclamer la réouverture des classes, closes depuis trois semaines en Guinée, a annoncé le gouvernement guinéen.

« Notre capitale a été le théâtre (lundi) de manifestations non déclarées et interdites par le gouverneur de la ville de Conakry » pour réclamer la réouverture des classes, des manifestations marquées par des « actes de violence, de vandalisme » alors que, la veille, un accord avait été obtenu « avec les syndicats après plusieurs jours de négociations », a ajouté le gouvernement dans un communiqué.

« A la mi-journée, ces manifestations ont malheureusement causé la mort d’au moins cinq personnes » et fait « 30 blessés, dont des membres des forces de l’ordre », selon la même source

La capitale guinéenne a enregistré ces dernières semaines plusieurs manifestations violentes d’élèves soutenant des enseignants vacataires réclamant leur intégration dans la fonction publique, une demande appuyée par les syndicats qui revendiquent aussi une augmentation de salaires et de meilleures conditions de travail.

En raison des manifestations, le gouvernement avait fermé les écoles le 1er février. A la suite de discussions avec des responsables syndicaux, il avait appelé les enseignants à reprendre les cours le 13 février.

Mais le même jour, les syndicats avaient déclenché une grève dans le primaire et le secondaire de l’enseignement public, mouvement qui demeurait observé lundi 20 février et était bien suivi à Conakry et dans le reste du pays, selon des enseignants et témoins joints par téléphone de Conakry.

– Accord avec les syndicats –

Tard dimanche soir, le gouvernement avait annoncé avoir trouvé un accord avec les syndicats, précisant que « les parties ont convenu de se retrouver ce lundi pour la signature formelle de cet accord ».

Les violences de lundi ont également « créé des perturbations dans la circulation sur les différents axes routiers », a indiqué le gouvernement.

De même source, on indique qu’il y a eu également « 12 personnes interpellées » et « des dégâts matériels importants sur des ambulances et des centres médicaux communaux ».

Une source jointe par l’AFP à l’hôpital Ignace Deen de Conakry a confirmé le bilan des morts des violences, indiquant que les corps ont été reçus à la morgue de l’établissement. Selon cette source, les victimes sont quatre hommes et une femme, toutes ayant été touchées par balles.

Par ailleurs, un haut responsable de la police a parlé à l’AFP d’un autre décès en lien avec les manifestations: le chauffeur d’un minibus tentant d’éviter des manifestants a renversé un passant, un jeune, qui est mort sur le coup. Le conducteur a été pris à partie par des manifestants et il « a été sauvé de justesse par la police d’une mort certaine », son véhicule a été incendié.

Par ailleurs, le chanteur de reggae guinéen Elie Kamano, réputé critique envers le pouvoir d’Alpha Condé, avait été interpellé dimanche pour, selon son avocat Salifou Béavogui, avoir menacé la semaine dernière sur une radio locale d’appeler à une manifestation lundi si les écoles n’étaient pas rouvertes.

Il a été présenté lundi à un juge d’instruction qui l’a inculpé de « complicité pour attroupements illégaux » puis « il a été mis en liberté sous contrôle judiciaire », a annoncé le ministère de la Justice dans un communiqué, sans se prononcer sur ce qui lui a valu d’être arrêté.

L’inculpation et la libération du chanteur sous contrôle judiciaire ont été confirmées à l’AFP par Me Béavogui.

Romandie.com avec(©AFP / 20 février 2017 21h16)             

5 militaires retraités jugés à Conakry pour « offense au chef de l ‘ Etat »

mars 11, 2016

 

5 militaires guinéens retraités dont le secrétaire général du syndicat des retraités militaires et veuves, le colonel Jean Dougo Guilavogui et 4 de ses camarades ont comparu ce vendredi devant le Tribunal de première instance de Mafanco, situé dans la banlieue de Conakry, a-t-on appris de source judiciaire.
Ils devront répondre des chefs d’accusation portant sur une « offense au chef de l’Etat et attroupement non autorisé».

Ces officiers interpellés en septembre 2015, vont devoir s’expliquer devant cette Cour, sur les accusations portées contre eux.

Avant leur interpellation, ils avaient saisi l’opinion par voie de presse, sur le sort de 4000 militaires admis à faire valoir leur droit à la retraite à la faveur de la réforme entreprise au sein des Forces armées.

Le secrétaire général du bureau des retraités avait accusé ouvertement le gouvernement guinéen de n’avoir pas fait assez dans la mise en œuvre des conditions d’accompagnement des 4000 retraités militaires, qui ont quitté l’armée, il y a environ 3 ans.

Leurs avocats pensent que leurs clients ont été détenus sans la moindre « preuve ».
Ils s’attendent donc à leur libération au terme de ce procès, renvoyé au 15 mars prochain.

Apanews.net

 

Guinée: des blessés lors d’une mutinerie à la prison centrale de Conakry

novembre 9, 2015

Conakry – Une mutinerie a éclaté lundi à la prison civile de Conakry, faisant au moins une dizaine de blessés parmi les prisonniers ainsi que parmi les gardiens de cet établissement surpeuplé, dont les autorités guinéennes ont repris le contrôle dans l’après-midi, a-t-on appris de sources concordantes.

Des centaines de prisonniers se sont mutinés ce lundi contre le régisseur de la prison Moriba Sylla très décrié par la population carcérale, a indiqué à l’AFP une source au sein de la Sûreté urbaine de Conakry.

Un dispositif impressionnant de centaines de policiers et de gendarmes a été déployé autour et à l’intérieur de la prison, d’où des coups de feu ont été entendus pendant au moins deux heures, selon les constatations de l’AFP et des témoins.

Il y a eu un mouvement de mécontentement au niveau de la population carcérale ici à Conakry et ce mouvement a été suivi d’une tentative d’évasion, parce que certains prisonniers ont voulu profiter de ce mouvement de mécontentement pour prendre le large, a confirmé à l’AFP le porte-parole du ministère de la justice, Ibrahima Béavogui.

Les prisonniers étaient pendant un bon moment les maîtres de la prison, a reconnu le porte-parole.

Il y a eu beaucoup de dégâts matériels au niveau de la prison, beaucoup de prisonniers ont tenté de s’enfuir, certains ont réussi, d’autres non, a-t-il déclaré, ajoutant avoir eu connaissance de beaucoup de blessés mais dont il ignore le nombre dans les deux camps.

Un garde pénitentiaire a fait état d’un bilan de 13 blessés parmi les détenus.

Dans un communiqué en fin d’après-midi, le gouvernement a affirmé que le mouvement était parti d’une tentative d’évasion de certains détenus.

C’est aux alentours de 09H30 (locales et GMT) que des mouvements et des coups de feu ont été enregistrés, provoquant une réaction prompte et vigoureuse des services de sécurité, selon le texte, assurant que l’événement a fait quelques blessés légers mais la situation est actuellement sous contrôle.

La mutinerie a provoqué des scènes de panique dans les quartier voisins de Coronthie et Sans Fil, selon des témoins et des sources policières.

Selon M. Béavogui, le procureur général a ouvert une information judiciaire pour savoir ce qui s’est réellement passé.

La prison civile de Conakry a été construite dans les années 1950, sous la période coloniale pour 220 prisonniers, mais de nos jours elle renferme plus de 2.000 prisonniers, qui dénoncent la surpopulation carcérale et des périodes excessives de détention préventive.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2015 20h43)