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Musique : Zao en voie d’être immortalisé par des artistes musiciens congolais

janvier 12, 2023

Dans le cadre du projet  « Célébrons nos légendes de leur vivant »,  la première édition, consacrée à l’artiste Casimir Zao, réunira  à l’espace Zola, le 25 mars prochain, plusieurs artistes musiciens.

L’affiche du concert

Le concert réunira des artistes musiciens tels Young Ace Waye, Onka, Aristote Mokoko, Fredo le musiquier, la pie d’or, Dalie Dandala, Jada Chief, Nestalia Forest,etc. La grande partie des revenus de ce concert sera remise à l’artiste Zao pour sa prise en charge médicale. Cette grande figure et icône de la musique congolaise et africaine, a dit le comité d’organisation, a œuvré tout au long de sa carrière pour le rayonnement de la musique. Ainsi, de son vivant, il mérite une attention particulière de tous les musiciens congolais. Rendre hommage à Zao, c’est reconnaître sa valeur, son engagement, son influence sur la jeune génération des artistes congolais.

« Je crois que c’est une très bonne initiative parce que Zao est l’un des grands artistes qui s’est battu et qui se bat pour le développement de la musique congolaise. En cette période où il traverse des moments difficiles de sa vie, il a plus que jamais besoin d’un soutien moral et financier. Vous savez comment c’est difficile au Congo de trouver des partenaires ou des sponsors pour accompagner souvent les artistes. Il est une évidence que tout bon Congolais amoureux de la musique en général se souvienne que depuis plus d’une vingtaine d’années, Zao a porté haut la culture congolaise par sa musique unique. Nous avons pensé qu’il faut l’immortaliser de son vivant, que son histoire soit scellée dans les annales car son existence est aujourd’hui une des expressions musicales les plus fortes au Congo et d’Afrique francophone », a expliqué Adonis Gerald K, responsable de programme et communication du Centre culturel Zola 

Par ce concert hommage, les organisateurs entendent non seulement en faire un cadre de consolidation de la cohésion sociale, du vivre-ensemble, un carrefour de rencontres, de brassage, de solidarité culturelle durable, mais aussi une invitation aux autorités publiques, aux mécènes qu’ils aient une attention et un regard différent pour ces icônes de la musique congolaise qui, durant toute leur vie, ont porté haut cette musique hors des frontières. Véritable trait d’union entre la musique d’aujourd’hui et celle d’hier, Zao rappelle avec mélancolie les légendes ou les immortels airs d’un grand kalle Jeff, voir les tubes culte des Bantous de la capitale, l’Orchestre baobab du Sénégal ou du grand Sekouba Bambino. Avant tout, c’est l’humour qui caractérise son style. Mais plus qu’un simple amuseur, Zao est un révélateur des maux et des problèmes de son continent qui, par le biais de l’ironie, fait passer des messages politisés et profondément ancrés dans son époque.

 Casimir Zoba dit Zao a remporté dès ses débuts le prix ACCP pour son titre « Sorcier ensorcelé » qui lui a ouvert les portes pour un parcours musical exemplaire, avec des chansons telles « Ancien combattant », « Soulard », « Moustique » et bien d’autres. En 2017, lors de la célébration de la Journée de la République, il est élevé au grade de commandeur dans l’ordre du mérite congolais par le président de la République, Denis Sassou N’Guesso.

Avec Adiac-Congo par Cissé Dimi

RDC-Kinshasa/Tragédie au concert de Fally Ipupa : à peine le deuil, les accusations

novembre 3, 2022

Cinq jours seulement après une dizaine de décès au stade des Martyrs de Kinshasa, la police et les organisateurs se rejettent la responsabilité.

© Damien Glez

Décontenancé face à n’importe quel décès inopiné, chacun est particulièrement désorienté lorsque les circonstances de la tragédie étaient censées être festives. Les réjouissances collectives offrent le charme de la communion, mais convoquent également le risque des bousculades mortelles, comme à la dernière Coupe d’Afrique des nations – 8 morts au stade d’Olembe à Yaoundé – ou à la dernière fête d’Halloween – plus de 150 morts à Séoul. Pas besoin de confrontation de supporters antagonistes ni de l’envie de se faire peur : les grand-messes musicales n’échappent pas toujours au pire…

Ce samedi 29 octobre, à l’occasion d’un concert de Fally Ipupa à Kinshasa, une bousculade provoquait directement la mort de neuf civils par étouffement, dans une enceinte a posteriori tristement bien nommée : le stade des Martyrs. À cette macabre statistique, les autorités ont ajouté le décès de deux policiers. Un agent était retrouvé dans l’enceinte du stade, suite à son suicide. Après un malaise, un commissaire supérieur adjoint trouvera la mort, à son domicile, le lendemain du concert dont on lui avait confié la sécurisation.

Plus de 10 000 faux billets

Après les « plus sincères condoléances » exprimées par Fally Ipupa et bien avant que le temps du deuil ne soit strictement expiré, les différents acteurs du drame « devancent l’iguane dans l’eau ». Avant que les enquêteurs ne rendent les conclusions de leurs premiers procès-verbaux, chacun semble déjà se dédouaner.

Trop de spectateurs ou pas assez de forces de l’ordre ? Le chef de la police de Kinshasa évoque plus de 120 000 mélomanes dans un stade d’une capacité de 80 000 places assises. Un trop-plein qui aurait été encore plus problématique si la police n’avait pas ordonné l’interdiction d’accès à ce « Joola » à sec, vers 18 heures, après constatation que l’enceinte était déjà saturée…

DES POLICIERS AURAIENT LAISSÉ ENTRER DES SPECTATEURS SANS BILLETS, MOYENNANT UNE RÉTRIBUTION SOUS LE TREILLIS

La justice a donc ouvert un dossier judiciaire contre les organisateurs. Mais ces derniers tentent de détourner le doigt accusateur, d’abord vers des contrefacteurs qui auraient disséminé plus de 10 000 faux billets, ensuite vers les policiers eux-mêmes. Les programmateurs du concert accusent non seulement les forces de l’ordre d’avoir mobilisé moins d’agents qu’initialement prévu, mais aussi certains policiers d’avoir contribué à la saturation en laissant entrer des spectateurs sans billets, moyennant une rétribution sous le treillis. Procédure judiciaire contre procédure judiciaire, les organisateurs ont porté plainte contre X.

Triste marche funèbre en conclusion d’un concert d’ « ambiance facile », dans une République démocratique du Congo déjà largement endeuillée dans l’Est de son territoire…

Avec Jeune Afrique

Damien Glez

Par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

RDC-Drame : des morts et des blessés après le concert de Fally Ipupa au stade des Martyrs

octobre 31, 2022

Onze morts et plusieurs blessés, c’est le triste bilan ayant sanctionné le méga concert du chanteur Fally Ipupa, le 29 octobre, au stade des Martyrs de Kinshasa.

Fally Ipupa pendant son concert au stade des Martyrs

Des vidéos montrant des corps inertes des fans étalés à même le sol aux abords du stade après la production musicale ont fait le tour des réseaux sociaux, le week-end  dernier, suscitant indignation et compassion. Des jeunes gens, à fleur d’âge pour la plupart, ont perdu leur vie juste pour avoir pris la décision d’aller soutenir celui qui passe pour leur idole.

C’était sans compter avec la marée humaine qui s’est déversée sur le site, mettant à rude épreuve les policiers commis à la sécurité du stade dont le dispositif mis en place s’est révélé inefficace. Nonobstant les assurances du patron de la police de Kinshasa, la sécurité a failli dans l’encadrement de cette masse hystérique qui n’entendait surtout pas se plier aux ordres des agents de police.

   

Dans un stade dont la capacité d’accueil connue est de 80 000 places, Fally Ipupa avait fait le trop plein en allant au-delà du seuil requis. Selon une source proche de l’organisation, ce concert marquant les seize ans de carrière de l’artiste a réuni plus de 120 000 personnes. Le trafic routier dans la ville en a ressenti le contrecoup. Fally Ipupa avait, comme qui dirait, arrêté le temps, l’instant d’un concert qui a viré au drame.

Qu’est-ce qui a coûté la vie à ses compatriotes alors que tout semblait baigner dans l’huile jusqu’à l’instant où l’artiste est entré sur scène ? Des sources concordantes soutiennent la version d’une bousculade à la sortie du stade ayant occasionné plusieurs cas d’évanouissement et d’asphyxie. Tout celui qui trébuchait ou tombait était aussitôt piétiné sous le coup de la pression humaine. Dans des conditions où la prise en charge médicale était quasi inexistante, le drame était inévitable.  

Des investigations se poursuivent pour connaître les raisons exactes de ce drame qui aurait pu être évité. Le vice-Premier ministre, ministe de l’Intérieur et Sécurité, Daniel Aselo, qui n’entend pas s’arrêter là, indexe les organisateurs de l’événement dont il récuse le professionnalisme pour n’avoir pas tenu  compte des exigences que requiert la capacité d’accueil du stade. « Ils devront répondre de leurs actes devant la justice », a-t-il déclaré.

Entre-temps, les familles éplorées ont, elles aussi, actionné la machine judiciaire avec, à la clé, une plainte contre l’artiste. Ce dernier, sentant l’étau se resserrer autour de lui, a vite fait de réagir via les réseaux sociaux en exprimant sa compassion à ces familles. Il s’est dit profondément consterné et a présenté ses condoléances les plus attristées à toutes les familles frappées par ce drame. Dossier à suivre.

Avec Adiac-Congo par Alain Diasso

France-Paris: Michael Benjamin meurt sur scène en plein concert de Carimi

octobre 16, 2022

Âgé de 41 ans, Michael Benjamin a fait un malaise sur la scène de Bercy. Le chanteur haïtien n’a pas survécu, malgré l’intervention des secours.

Le groupe haitien de musique kompa Carimi se produisait a l'Accor Arena de Bercy, a Paris.
Le groupe haïtien de musique kompa Carimi se produisait à l’Accor Arena de Bercy, à Paris. © KENZO TRIBOUILLARD / AFP

C’est un dramatique spectacle auquel de nombreuses personnes ont assisté, samedi 15 octobre au soir, à l’Accor Arena de Paris. L’Haïtien Michael Benjamin, connu sous le nom de scène Mikaben, est décédé sur scène. Âgé de 41 ans, le chanteur du groupe haïtien de musique kompa Carimi a été victime d’un malaise et n’a pas pu être réanimé, « malgré l’intervention des secours », a indiqué sur Twitter l’équipe de l’Accor Arena, se disant « terriblement affectée » par cette nouvelle.

Selon des vidéos publiées sur les réseaux sociaux, le chanteur s’est brutalement effondré en quittant la scène en plein morceau. Il avait été invité par le groupe Carimi, formé dans les années 2000, à l’occasion d’un concert unique en France. Le concert a été interrompu et la salle a ensuite été évacuée, selon plusieurs témoignages.

« C’est une grande référence de la musique haïtienne qui vient de s’éteindre. Le pays et la jeunesse haïtienne ont perdu une belle âme », a tweeté dimanche le Premier ministre haïtien, Ariel Henry.

Né à Port-au-Prince en 1981 et fils du chanteur Lionel Benjamin, Mikaben était chanteur, compositeur et producteur. Il avait interprété plusieurs morceaux à succès avec le groupe Carimi, notamment « Baby I Missed You » ou « Fanm sa Move ».

Tele20 par Le Point avec AFP

Royaume-Uni: Concert géant et pluie de vedettes pour fêter Élisabeth II à Londres

juin 4, 2022
Adam Lambert sur scène avec Brian May, le guitariste de Queen.

« C’est merveilleux d’être de retour», a confié le guitariste de Queen, Brian May, sur la BBC. Photo : Reuters/Hannah Mckay

Une pléiade de vedettes, dont le légendaire groupe britannique Queen, ont enflammé les foules samedi à Londres lors d’un concert géant organisé pour célébrer les 70 ans de règne historiques de la reine Élisabeth II, mais en l’absence de la souveraine, fatiguée.

Rod Stewart, Alicia Keys, Andrea Bocelli, Duran Duran : après la pompe et le recueillement, les plus grands noms de la scène pop-rock ou classique ont défilé sur scène, devant les grilles du palais de Buckingham, pour ce spectacle qui clôturait le troisième et avant-dernier jour des festivités du jubilé de platine de la souveraine de 96 ans, à la longévité inégalée au Royaume-Uni.

Queen et Adam Lambert ont lancé la soirée avec les chansons We Will Rock You puis Don’t Stop Me Now devant 22 000 spectateurs, dont 10 000 tirés au sort et 5000 travailleurs clés de la pandémie, qui agitaient des drapeaux de l’Union Jack.

Dans le public se trouvaient aussi plusieurs membres de la famille royale, y compris le prince héritier Charles et son fils William, venu avec sa femme Kate et deux de leurs jeunes enfants, George et Charlotte.

C’est merveilleux d’être de retour, a confié le guitariste de Queen, Brian May, sur la BBC, 20 ans après avoir marqué les esprits en interprétant l’hymne national God Save the Queen perché sur le toit du palais pour le jubilé d’or de la souveraine.

Nous voulons apporter de la joie […] après tout le malheur que nous avons vécu, a confié le batteur Roger Taylor.Un homme est photographié devant la scène du palais de Buckingham.

Près de 22 000 spectateurs se sont rassemblés devant le palais de Buckingham pour assister au spectacle samedi soir à Londres. Photo: AP/Frank Augstein

Toutefois, la vraie vedette de la soirée, Élisabeth II, était absente en raison de sa santé fragile. Elle a préféré regarder le concert à la télévision, retransmis en direct sur la BBC.

Aimée pour son sens du devoir comme pour son humour pince-sans-rire, elle a toutefois fait une apparition surprise dans une courte vidéo humoristique diffusée avant le coup d’envoi, où elle prend le thé avec l’ours Paddington, maladroite icône de la littérature enfantine britannique.

Joyeux jubilé, madame, et merci, pour tout, lui dit-il. C’est très gentil, répond-elle en sortant de son inséparable sac à main une tartine à la confiture d’orange dont raffole son invité avant de taper le rythme de We Will Rock You sur sa tasse de porcelaine avec sa cuillère d’argent.

Pourtant passionnée de courses, Élisabeth II avait déjà renoncé à se rendre samedi aux célèbres courses hippiques du derby d’Epsom, à 30 km de Londres, qu’elle n’a manquées que très rarement. Elle y a été représentée par sa fille, la princesse Anne.

Vendredi, elle avait déjà manqué le service religieux à la cathédrale Saint-Paul, car elle avait souffert d’inconfort au premier jour des célébrations jeudi, quand elle était apparue au balcon du palais de Buckingham, radieuse mais frêle, en s’appuyant sur une canne, pour la parade militaire.

Parmi les absents samedi figuraient aussi le prince Harry et son épouse Meghan, venus de Californie pour participer au jubilé mais qui avaient choisi de fêter dans l’intimité le premier anniversaire de leur fille Lilibet, que la reine aurait rencontrée pour la première fois.

Moment historique pour les Britanniques

La diva américaine Diana Ross, 78 ans, absolument ravie d’avoir été invitée à se produire pour une occasion aussi importante, a clos cette soirée de deux heures et demie qui célébrait la contribution du Royaume-Uni et des pays du Commonwealth à la musique, à l’environnement, au sport et à la comédie musicale au cours des 70 dernières années.

Joyeuse parenthèse d’unité patriotique dans la crise du coût de la vie, les fêtes du jubilé durent jusqu’à dimanche, à la faveur d’un long week-end férié de quatre jours.Un homme drapé du drapeau britannique enlace une femme habillée en reine Élisabeth II dans une foule à Londres.

Des milliers de spectateurs se sont rassemblés à Londres pour le concert géant qui a souligné le jubilé de platine de la reine Élisabeth II devant le palais de Buckingham. Photo: AP/Frank Augstein

Jusqu’à présent, les conditions météorologiques ont coopéré. Cependant, on attend de la pluie dimanche, alors que sont prévus des dizaines de milliers de déjeuners en plein air entre voisins.

Une grande parade doit clôturer les célébrations en fin d’après-midi à Londres avec quelque 10 000 participants.

Elle se terminera devant le palais de Buckingham, où Ed Sheeran devrait chanter en l’honneur de la reine et du prince Philippe, son époux décédé l’an dernier, sa célèbre ballade Perfect.

Symbole de stabilité au cours d’un siècle de grands bouleversements, Élisabeth II est montée sur le trône à l’âge de 25 ans le 6 février 1952. Elle a traversé l’histoire avec une constance et un dévouement dont les Britanniques lui sont reconnaissants.

Beaucoup de participants aux fêtes du jubilé avaient conscience que c’était peut-être la dernière fois qu’ils verraient leur souveraine.

C’est notre histoire et nous ne reverrons jamais cela, car évidemment, la prochaine fois, ce sera un roi, c’est notre dernière reine. Et je pense que c’est une merveilleuse reine, a confié à l’AFP Wendy Flynn, une mère au foyer qui participait à une fête de rue à Londres.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Céline Dion, la grande inquiétude

avril 29, 2022

La chanteuse star québécoise a annoncé vendredi le report de sa tournée européenne, « Courage World Tour », à 2023 pour des raisons de santé.

La chanteuse, qui avait donne rendez-vous a ses fans europeens en 2022, a annonce qu'elle devra attendre 2023 pour donner des concerts sur le Vieux Continent.
La chanteuse, qui avait donné rendez-vous à ses fans européens en 2022, a annoncé qu’elle devra attendre 2023 pour donner des concerts sur le Vieux Continent.© ALICE CHICHE / AFP

C’est un coup dur pour ses nombreux fans à travers le Vieux Continent. Céline Dion a annoncé vendredi 29 avril qu’elle reportait à 2023 tous les concerts de sa tournée Courage World Tour prévus en Europe cette année, en raison d’un problème de santé. « Je me sens un peu mieux… mais il m’arrive encore d’avoir des spasmes », a expliqué la star québecoise de la chanson dans un communiqué publié en France par la grande salle Paris La Défense Arena.

« Je suis tellement désolée d’avoir à changer les dates de la tournée en Europe une nouvelle fois ; la première fois, ce fut à cause de la pandémie, maintenant, c’est en raison de ma santé », a précisé la chanteuse âgée de 54 ans. « Pour être sur scène, je dois être au top de ma forme. Pour être honnête, j’ai hâte, mais je ne suis pas encore tout à fait prête… Je fais de mon mieux pour revenir à 100 % pour monter sur scène, parce que c’est ce que vous méritez », poursuit-elle.

Céline Dion avait donné les 52 premiers spectacles de la tournée avant le début de la pandémie début 2020. La superstar avait annoncé en janvier dernier qu’elle annulait la partie nord-américaine de cette tournée à cause de ses problèmes de santé.

Par Le Point avec AFP

Ukraine: Dans Kharkiv en guerre, un concert pour « continuer à vivre » malgré l’invasion russe

mars 26, 2022
Dans Kharkiv en guerre, un concert pour « continuer à vivre » malgré l’invasion russe© AFP/Aris Messinis

« Même quand les armes parlent, la musique ne s’arrête pas »: dans Kharkiv quotidiennement bombardée par l’armée russe, une poignée de musiciens ukrainiens ont offert samedi, à un public restreint mais ému, un concert de musique classique, temps suspendu au milieu de la guerre.

Trois violonistes, un violoncelliste et un contrebassiste ont joué pour quelques dizaines de personnes, pendant une demi-heure, dans l’une des grandes stations de métro de la deuxième ville d’Ukraine, proche de la frontière russe.

Sous terre, protégés des roquettes et des missiles à longue portée, ces jeunes musiciens, âgés de 20 à 35 ans, ont interprété successivement l’hymne national, un extrait de la suite numéro 3 de Jean-Sébastien Bach, des Humoresques d’Antonin Dvorak, et plusieurs airs du folklore populaire ukrainien.

Ils ont ensuite joué une mélodie de Myroslav Skoryk – compositeur ukrainien décédé en 2020 – souvent utilisée par le président Volodymyr Zelensky dans ses vidéos et messages diffusés sur les réseaux sociaux.

Le mini-concert s’est déroulé sur un escalier de marbre d’une station à l’atmosphère de cathédrale, sous le regard réjoui de nombreux déplacés. Des dizaines de familles vivent là depuis le début de l’invasion russe le 24 février, fuyant la guerre en surface et dormant dans de vieux wagons immobilisés sur les quais.

« Quand notre coeur est rempli, cela nous aide à surmonter les temps difficiles », a lancé Serguiï Politoutchy, directeur du Kharkiv Music Fest – l’un des plus prestigieux festivals de musique d’Ukraine – à l’origine de cette initiative, organisée le jour où aurait dû ouvrir cet évènement annuel.

Malgré le bruit des armes, « la musique ne s’arrête pas », dit-il. « Ce mini-concert, c’est le symbole de la lumière qui vaincra les ténèbres, la vérité qui triomphera du mensonge (…) L’organisation était un peu compliquée du fait de la sécurité, mais nous y sommes arrivés ! », s’est-il félicité.

« Etre utile à mon peuple »

Avec leur escorte en armes, le gouverneur de la région de Kharkiv, Oleg Sinegoubov, et le maire de la ville Igor Terekhov, ont assisté au récital.

« Il y a un mois, nous ne pouvions pas imaginer que nos militaires et nos citoyens pourraient, main dans la main, protéger la ville (…). En ces temps de guerre, nous travaillons tous ensemble pour la victoire, ce concert montre que nous sommes sur la bonne voie », s’est réjoui M. Terekhov.

Parmi les cinq musiciens, le violoncelliste professionnel Denys Karachevtsev, dont les vidéos le montrant en train de jouer devant les bâtiments de Kharkiv détruits par les bombes ont fait le tour des réseaux sociaux ces derniers jours, comme un moment presque magique entre deux alertes.

« C’était juste une idée, pour être utile à mon peuple, à mon pays et à ma ville natale. J’aime cette ville, ses habitants. Tout ce que je peux faire pour aider, je le ferai », déclare-t-il à l’AFP. « Des gens m’ont dit que mes vidéos ont ramené un peu de normalité dans leur vie. C’est important en ce moment. (…). Nous n’avons pas peur, nous sommes forts et chacun peut aider à sa manière ».

D’autres musiciens ukrainiens ont partagé sur les réseaux sociaux des parenthèses musicales: la violoniste Vera Lytovchenko dans son abri à Kharkiv, la pianiste Irina Manioukina dans sa maison endommagée près de Kiev, ou des membres de l’opéra d’Odessa, devant leur salle protégée par des sacs de sable.

« Tout le monde est venu chez moi pour une unique répétition », raconte, radieuse, Tatiana Choukh, l’une des trois violonistes de ce mini-concert de Kharkiv.

« Lors des premiers jours de la guerre, c’était en moi un silence total. Puis j’ai compris que nous devons continuer à vivre, pour nos idéaux, pour notre pays, pour notre futur », dit-elle.

« Jouer de nos instruments est ce que nous savons faire de mieux, nous le ferons dans toutes les circonstances ». Et d’ajouter dans un grand sourire éclairant ses yeux embués: « peut-être était-ce le meilleur concert de ma vie ».

Par Le Point avec AFP

Violences en marge du concert de Fally Ipupa : deux Congolais condamnés par la justice française

mars 10, 2022
Fally Ipupa, de son vrai nom Fally Ipupa Nsimba, est né le 14 décembre 1977, à Kinshasa, est chanteur, danseur, auteur-compositeur-interprète, et producteur congolais. © FRANCOIS GRIVELET pour JA

La justice française a condamné, mercredi 9 mars, deux Congolais impliqués dans les violentes manifestations qui avaient eu lieu, en février 2020, en amont d’un concert donné à Paris par la star congolaise Fally Ipupa.

Le 28 février 2020, l’alliage explosif de la rumba et de la politique congolaises s’était invité au coeur de la capitale française. Malgré l’interdiction de manifester, de multiples incidents avaient éclaté en amont du concert donné à Bercy par Fally Ipupa.

Issus de la diaspora, les manifestants accusaient la star de 44 ans, qui mêle harmonies traditionnelles africaines et musiques urbaines, d’être proche de l’ancien président de la RDC, Joseph Kabila, mais aussi de son successeur Félix Tshisekedi.

Deux hommes étaient convoqués au tribunal correctionnel de Paris pour avoir, au cours de ces violences, brûlé leur propre voiture. Mais seul l’un d’eux, le propriétaire du véhicule, s’est présenté à l’audience. Conformément aux réquisitions, il a été condamné à 150 jours-amende à 10 euros. « On voulait coûte que coûte faire annuler ce concert, a déclaré à la barre ce technicien de maintenance de 31 ans. On est dans un mouvement qui manifeste pacifiquement, on avait demandé l’autorisation au préfet de police mais qui nous l’a refusée. »

Les images de vidéosurveillance montrent plusieurs hommes arrivant à bord d’une Peugeot 106, en sortir, dévisser les plaques d’immatriculation avant d’y mettre le feu.

Mais pourquoi donc brûler sa propre voiture ? s’interroge le tribunal, perplexe devant cette « revendication ». « C’était un acte de passion, pas du tout un acte prémédité », soutient le prévenu, grand, longiligne et cintré dans un caban. « C’est une soirée qui coûte cher… », a ironisé le procureur, qui a également requis huit mois de prison ferme contre le prévenu absent.

Ce dernier a été condamné par défaut à cinq mois de prison ferme. Dans sa plaidoirie, l’avocat du propriétaire de la voiture, Me Félix Alfonsi, a mis en avant l’histoire personnelle de son client, qui a fui la RDC à l’âge de 15 ans. En ne prenant pas position politiquement, le chanteur Fally Ipupa est de fait « une arme du régime autoritaire congolais, de soft power, a-t-il soutenu. C’est la perception qu’en a la diaspora congolaise qui vit ici, exilée. »

Une cinquantaine de personnes avaient été placées en garde à vue à la suite de ces violences. Mais dans la plupart des cas, l’affaire avait été classée sans suite.

Avec Jeune Afrique par AFP

Musique: Werrason interdit de se produire à Paris par crainte de violences

septembre 21, 2021

Le concert de l’artiste congolais, prévu samedi dans la capitale française, a été interdit par les autorités, qui craignent des troubles graves à l’ordre public entre les opposants au régime de Kinshasa et les spectateurs.

« Ce concert s’inscrit dans un contexte politique particulièrement tendu et violent entre partisans et opposants au régime en place », a indiqué le préfet de police Didier Lallement, dans un arrêté publié lundi.

Selon les autorités, le concert suscite « une mobilisation croissante chez les opposants radicaux congolais de la diaspora installés en France » car Werrason est « considéré comme proche » de l’ancien président, Joseph Kabila, et de son successeur, Félix Tshisekedi.

Par ailleurs, le préfet a rappelé que l’artiste, l’un des plus populaires en République démocratique du Congo, avait déjà dû annuler deux concerts à Paris en 2011 « face aux menaces de troubles ». 

En février 2020, de violents incidents ont eu lieu en marge du concert à Paris de la star congolaise, Fally Ipupa, et la tension était encore vive entre les supporters du chanteur de rumba, considéré comme proche du pouvoir et les opposants politiques congolais. Le chanteur avait dû renoncer à son dernier concert prévu dans la salle parisienne de l’Olympia en 2017, déjà par crainte de débordements.

Avec AFP

Le concert historique de Fally Ipupa s’est tenu à Paris, malgré les menaces des « combattants »

février 29, 2020

Le chanteur congolais Fally Ipupa, le 20 septembre à Paris.

Le chanteur congolais Fally Ipupa, le 20 septembre à Paris. © Francois Grivelet pour JA/REA 

La star congolaise a pu se produire vendredi soir devant des milliers de spectateurs. Des groupes d’opposants congolais radicaux ont pourtant tout fait pour empêcher le concert de Fally Ipupa, à l’AccorHotels Arena.

Les dernières heures précédant le concert de Fally Ipupa à Paris laissaient craindre le pire. Un incendie spectaculaire, déclenché par des feux de scooters et de poubelles, a d’abord enfumé, dans l’après-midi, le quartier de la gare de Lyon, proche de l’AccorHotels Arena du XIIe arrondissement. Ce n’est que vers 18h30, à un peu plus d’une heure du début théorique de l’événement, que les pompiers ont maîtrisé les flammes.

Vous risquez gros en y allant

Mais les intimidations ne se sont pas arrêtées là. Plusieurs centaines de “combattants”, la plupart des hommes jeunes et déterminés, se sont donnés rendez-vous aux abords de la salle de 20 000 places dans le but d’empêcher le concert. « C’est annulé », « Vous risquez gros en y allant », « Vous êtes fiers de ce que vous faites ? » « Là-haut, Dieu vous voit ! »… Mêlant mensonges et menaces, empoignant parfois des spectateurs ou les bousculant, les combattants ont tenté le tout pour le tout.

C’était sans compter sur un impressionnant dispositif de sécurité. Métros fermés, dizaines de fourgons de gendarmerie, barrières métalliques… Des contrôles de billets ont été mis en place à distance de la salle pour trier spectateurs et agitateurs. Et le parcours menant à l’enceinte de l’AccorHotels n’avait rien à envier à la sécurité des aéroports : boissons et parapluies confisqués, consigne obligatoire pour les sacs, fouilles, passage sous un portique de détection de métal : rien n’a été laissé au hasard.

Faire la fête, loin des querelles politiques

Après cette parenthèse pesante, qui a tout de même réussi à intimider une petite partie du public, on découvrait une ambiance totalement différente. Sapeurs, familles au complet, Africains de tous les pays, s’étaient donné rendez-vous pour chanter et danser. Bref, faire la fête, loin des querelles politiques.

« Bien sûr, on a eu un peu peur en voyant les dernières infos, mais après l’Olympia annulé en 2017, c’était ce soir ou jamais », confiait une maman ivoirienne venue avec sa fille applaudir « l’aigle » depuis la fosse. En regardant le public rire et papoter, on pouvait même penser qu’il s’agissait d’un concert presque comme un autre.

Presque, seulement. La première partie, du spectacle, avec notamment Robinio Mundibu, l’un des protégés de Fally, a commencé avec une quarantaine de minutes de retard du fait des incidents dans une salle à moitié vide. Et ce n’est qu’après un long entracte (sans doute pour attendre que la jauge se remplisse) que la star de la soirée a fait une entrée triomphante.

Après une vidéo montrant un aigle survoler Kinshasa et les grandes métropoles occidentales, le rideau s’est levé sur une gigantesque structure gonflable du rapace qui a lentement elle-même « pris son envol. »

“Jour historique”

Sa Majesté Fally, en peignoir et baskets, une couronne revisitée posée sur la tête, pouvait enfin commencer à chanter… après un long silence dans la capitale française. La chanson inaugurale « La vie est belle », sonnait comme un pied de nez aux combattants.

Le concert, maîtrisé de bout en bout, a été une véritable démonstration de force. Fally, en forme vocalement, était accompagné sur scène par une quarantaine de danseurs, chanteurs et musiciens, dans la grande tradition congolaise. Il a su alterner tubes urbains façon Tokooos et classiques rumba, multipliant les costumes et faisant le show pendant plus de deux heures.

Sur scène, quelques personnalités sont apparues : les chanteurs Mokobé et Bramsito, l’actrice et réalisatrice Angela Bassett… Mais c’est surtout le Franco-Congolais Dadju qui a retenu l’attention avec un tour de chant inspiré et en clamant tout haut ce que beaucoup de spectateurs pensaient tout bas : « Aujourd’hui est un jour historique, c’est une grande victoire pour le Congo ! »

Mais quelques minutes avant 23h30, un agent venait glisser un mot à l’oreille de Fally, visiblement agacé. Le chanteur était contraint de terminer son concert, assez brutalement, à l’heure convenue avec la salle, sans avoir le temps d’interpréter tous les tubes qu’il avait répétés pour la soirée.

Avant de quitter la scène la star congolaise a néanmoins promis de venir rapidement faire à nouveau l’événement en France. On espère le retrouver dans une ambiance plus apaisée.

Avec Jeuneafrique par Léo Pajon