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France-Viol : Marc Machin condamné à 16 ans de réclusion criminelle

octobre 14, 2021

Marc Machin était jugé pour viol commis sous la menace d’une arme, mais aussi pour extorsion avec arme, escroquerie, vol et violation de domicile.

La cour a assorti cette peine d'une periode de surete de huit ans et ordonne une mesure de suivi sociojudiciaire pendant cinq ans.
La cour a assorti cette peine d’une période de sûreté de huit ans et ordonné une mesure de suivi sociojudiciaire pendant cinq ans.© xavier de torres / MAXPPP / xavier de torres/MAXPPP

La cour d’assises de Paris a condamné, ce jeudi 14 octobre, Marc Machin à seize ans de réclusion criminelle pour le viol d’une jeune femme, sous la menace d’une arme en 2018. La cour a assorti cette peine d’une période de sûreté de huit ans et ordonné une mesure de suivi sociojudiciaire pendant cinq ans. Marc Machin a en outre été condamné à verser 25 000 euros de dommages et intérêts à la victime.

Dans le box, sweat-shirt blanc, carrure imposante, Marc Machin a semblé accuser le coup à l’énoncé de la peine, laissant échapper ensuite quelques larmes. Dans sa motivation, « la cour a tenu compte de la gravité des faits » qui « ont entraîné un traumatisme extrêmement important pour la victime », ainsi que de deux précédentes condamnations de Marc Machin pour agressions sexuelles, a déclaré le président David Hill.

Le procès s’est tenu à huis clos à la demande de la partie civile

Marc Machin, 39 ans, était jugé depuis lundi pour viol commis sous la menace d’une arme, extorsion avec arme, escroquerie, vol et violation de domicile. Son procès s’est tenu à huis clos à la demande de la partie civile.

Cette dernière, alors âgée de 22 ans, avait dénoncé le 21 avril 2018 à la police le viol dont elle avait été victime le matin même dans un appartement à Paris par un homme encagoulé qui la menaçait d’un couteau de cuisine, avant de la contraindre à effacer les traces du crime et de dérober sa carte bleue. Confondu par son ADN, Marc Machin avait fini par reconnaître les faits en garde à vue.

Marc Machin a passé à tort six ans et demi en prison pour l’affaire du Pont de Neuilly. Incarcéré en 2001 à l’âge de 19 ans, il avait été condamné trois ans plus tard à dix-huit ans de réclusion criminelle pour le meurtre à coups de couteau de Marie-Agnès Bedot, une peine confirmée en appel. Mais en mars 2008, un homme sans domicile fixe de 33 ans, David Sagno, s’est accusé de ce meurtre et de celui d’une autre femme commis au même endroit en 2002, ce qui a conduit à la libération de Marc Machin.

Marc Machin a accumulé les condamnations

En 2012, ce dernier a fini par être acquitté à l’issue de son procès en révision, devenant la huitième personne en France depuis la Seconde Guerre mondiale à être innocentée à l’issue d’une telle procédure. La justice lui a alors attribué 663 320 euros d’indemnisation.

Depuis sa sortie de prison en 2008, Marc Machin a accumulé les condamnations, une quinzaine au total, qui lui ont valu pour certaines d’être réincarcéré.

Par Le Point avec AFP

France : une jeune femme condamnée pour une vingtaine de faux pass sanitaires en une semaine

septembre 22, 2021
France : une jeune femme condamnee pour une vingtaine de faux pass sanitaires en une semaine
France : une jeune femme condamnée pour une vingtaine de faux pass sanitaires en une semaine© AFP/Pascal GUYOT

Une femme de 19 ans, qui travaillait au plus grand centre de vaccination de Bordeaux, dans le sud-ouest de la France, a été condamnée mercredi à 18 mois de prison avec sursis pour avoir édité une vingtaine de faux pass sanitaires au bénéfice de proches auxquels elle voulait rendre service.

Le tribunal correctionnel de Bordeaux qui la jugeait l’a également condamnée à une inéligibilité de deux ans et à cinq ans d’interdiction d’exercer un emploi public.

Interpellée lundi après le signalement d’un médecin pompier et une enquête de police, la jeune contractuelle qui était employée depuis le 1er septembre dans ce centre a reconnu avoir participé à la contrefaçon de 24 faux pass sanitaires au bénéfice de 16 personnes.

« J’ai fait n’importe quoi », a admis la jeune femme à la barre, réfutant avoir agi pour de l’argent.

« Je ne crois pas que cela a été fait sans contrepartie financière », a au contraire estimé le procureur de la République.

En exploitant le téléphone de Samia G., les policiers ont retrouvé des cartes vitales, des cartes d’identité et une quinzaine de QR codes, fabriqués sans grande précaution, parfois avec de grossières incohérences comme des dates de prescription qui pouvaient être postérieures aux dates d’injection des vaccins.

Devant ses juges, cette femme, qui travaille depuis ses 16 ans, a expliqué avoir seulement voulu rendre service à des amis, à sa famille ou à des proches d’amis, des personnes « qui ne voulaient pas se faire vacciner », selon elle. « Je voulais sortir avec eux (ses amis) au ciné, au resto », a-t-elle affirmé.

L’alerte avait été donnée dimanche par un médecin pompier du centre de vaccination qui avait notamment remarqué des connexions informatiques alors que le centre était vide de tout patient.

L’enquête se poursuit concernant les bénéficiaires des faux documents, mais aussi pour vérifier l’existence d’éventuelles autres fraudes.

Par Le Point avec AFP

Rwanda : Paul Rusesabagina condamné à 25 ans de prison

septembre 20, 2021
Paul Rusesabagina arrivant dans les enceintes de la Cour suprême à Kigali le 17 février 2021 pour son procès.

Sanctifié par Hollywood à travers le film « Hotel Rwanda », Paul Rusesabagina a été condamné à 25 années de prison par la justice rwandaise pour actes de « terrorisme ». En cause : son rôle dans la rébellion armée du MRCD-FLN, qui a commis des attentats au Rwanda en 2018.

Tel Janus, le Dieu romain des commencements et des fins, des choix, du passage et des portes, le Rwandais Paul Rusesabagina est une célébrité à deux visages.

Côté pile, ce personnage bifrons est le héros dont Hollywood a retracé le parcours durant le génocide des Tutsi au Rwanda, entre avril et juillet 1994, dans le film Hotel Rwanda (Terry George, 2004). « Seul » face au régime, à l’armée et aux milices hutu, il aurait sauvé du massacre 1 268 personnes menacées, Hutu et Tutsi confondus.

Côté face, il est devenu par la suite un opposant en exil (en Belgique puis aux États-Unis) au régime de Kigali. Il a finalement opté pour la lutte armée et son Mouvement rwandais pour un changement démocratique (MRCD, l’aile politique)-Front de libération nationale (FLN, la branche militaire) a commis divers attentats au Rwanda en 2018.

Arrêté dans des circonstances dénoncées par sa défense et sa famille, détaillées à l’époque par Jeune Afrique, Paul Rusesabagina, qui était jugé depuis février dernier aux côtés de dix-neuf autres accusés soupçonnés d’appartenir au FLN, avait, dans un premier temps, reconnu avoir participé à la création d’un groupe armé.

Héros incontestable pour ses idolâtres occidentaux, mystificateur durant le génocide contre les Tutsi pour ses détracteurs rwandais, Paul Rusesabagina a notamment bénéficié, depuis son arrestation, du soutien de la diplomatie belge et du Parlement européen. Le Département d’État américain a même adressé des « exhortations » à Kigali afin que le pouvoir « veille à un traitement humain, au respect de l’État de droit et à la mise en œuvre d’un processus juridique équitable et transparent, et en particulier à l’accès à un avocat de son choix pour M. Rusesabagina ».

Paul Rusesabagina était poursuivi aux côtés de 20 autres accusés. La Haute Cour de justice en charge des crimes internationaux a également condamné Callixte Nsabimana, ancien commandant et porte-parole des FLN, qui avait plaidé coupable, à 20 ans de prison. Quant à Herman Nsengimana, un autre-parole des FLN et membre du CRND (Conseil national pour la renaissance et la démocratie, issu des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda – FDLR), il a été condamné à cinq années de prison.

Selon la porte-parole du ministre rwandais des Affaires étrangères, Yolande Makolo, « ce long procès a mis au jour les activités terroristes du FLN, dirigé par Paul Rusesabagina. Les preuves contre l’accusé étaient indiscutables et le peuple rwandais se sentira plus en sécurité maintenant que justice a été rendue. Le procès a été une épreuve longue et douloureuse pour les victimes des attentats du FLN, en particulier pour celles qui ont été appelées à témoigner. Nos pensées vont aujourd’hui à ces valeureux témoins, ainsi qu’aux familles et amis des victimes ».

Avec Jeune Afrique par Mehdi Ba

Afrique du Sud : La Cour constitutionnelle confirme la peine de prison de Zuma

septembre 17, 2021

AFRIQUE DU SUD: LA COUR CONSTITUTIONNELLE CONFIRME LA PEINE DE PRISON DE ZUMA

© Reuters/Rogan Ward

JOHANNESBURG (Reuters) – La Cour constitutionnelle d’Afrique du Sud a confirmé vendredi la condamnation de Jacob Zuma à 15 mois de prison pour outrage à la justice, rejetant un recours de l’ancien président qui jugeait cette peine excessive.

Jacob Zuma a été condamné après son refus de comparaître devant une commission d’enquête sur des soupçons de corruption sous sa présidence, de 2009 à 2018.

Incarcéré le 8 juillet, l’ancien chef de l’Etat, âgé de 79 ans, a été hospitalisé en août pour une opération chirurgicale et s’est vu accorder une remise en liberté conditionnelle début septembre.

Il avait saisi la Cour constitutionnelle en arguant que la peine de 15 mois de prison était excessive et dangereuse pour sa santé et pour sa vie. Une majorité de magistrats ont rejeté son recours.

L’emprisonnement de l’ancien président a été à l’origine de violentes émeutes en juillet, pendant lesquelles plus de 300 personnes ont été tuées et des milliers de commerces pillés, poussant le président Cyril Ramaphosa à dénoncer une « tentative d’insurrection ».

Avec Reuters par (Wendell Roelf, version française Tangi Salaün, édité par Sophie Louet)

Chine : un Canadien condamné à mort en appel pour trafic de drogue

août 10, 2021

L’arrestation de trois Canadiens avait enflammé, à la fin 2018, des relations bilatérales déjà dégradées par l’interpellation au Canada de Meng Wanzhou, la directrice financière de Huawei.

Robert Lloyd Schellenberg durant son procès à Dalian, en Chine, le 14 janvier 2019.
Robert Lloyd Schellenberg durant son procès à Dalian, en Chine, le 14 janvier 2019. HANDOUT / AFP

La peine de mort contre un Canadien condamné en Chine pour trafic de drogue, Robert Lloyd Schellenberg, a été confirmée en appel, mardi 10 août, par le tribunal de la province du Liaoning (nord-est). Le tribunal l’avait accusé d’avoir fait passer en contrebande, avec d’autres accusés, plus de 220 kilos de méthamphétamine.

Déjà reconnu coupable de trafic de drogue dans le passé au Canada, M. Schellenberg clamait son innocence et assurait être allé en Chine pour y faire du tourisme. Il avait fait appel de la condamnation.

Le tribunal populaire supérieur du Liaoning, la province où il était jugé, « a décidé de rejeter l’appel et de confirmer le verdict initial »« Une cour plénière a été constituée » et « a estimé que les faits constatés en première instance étaient clairs, les preuves fiables et suffisantes » et que la peine de mort était donc « appropriée », a-t-il précisé.

Le procès en appel de M. Schellenberg était intervenu en mai 2019. Il aura donc fallu plus de deux ans à la justice chinoise pour prononcer son verdict.

Des relations bilatérales enflammées

Cette décision est annoncée alors que Meng Wanzhou, la directrice financière de la société de télécommunications Huawei, comparaît actuellement devant un tribunal canadien pour une dernière série d’audiences consacrées à son éventuelle extradition vers les Etats-Unis.

Quelques jours après l’interpellation de Mme Meng, la Chine avait arrêté deux Canadiens : l’ex-diplomate Michael Kovrig et l’homme d’affaires Michael Spavor, soupçonné d’espionnage. Des arrestations vues comme une mesure de représailles par le premier ministre canadien, Justin Trudeau, ce que Pékin dément. Ces arrestations avaient enflammé, à la fin 2018, des relations bilatérales déjà dégradées.

Par Le Monde avec AFP

Royaume-Uni : un homme condamné après avoir égorgé plusieurs chats

juillet 30, 2021

L’homme de 54 ans a été condamné à cinq ans et trois mois de prison par la justice britannique. Il était jugé pour la mort de neuf chats.

Lors du proces a la Hove Crown Court, pres de Brighton, les proprietaires des animaux domestiques tues avaient raconte leur horreur en retrouvant leurs chats ensanglantes sur le pas de leur porte.
Lors du procès à la Hove Crown Court, près de Brighton, les propriétaires des animaux domestiques tués avaient raconté leur horreur en retrouvant leurs chats ensanglantés sur le pas de leur porte. © Ludovic Maillard / MAXPPP / PHOTOPQR/VOIX DU NORD/MAXPPP

Il a égorgé neuf chats en l’espace de quelques mois à Brighton, au sud de l’Angleterre, semant la terreur parmi les propriétaires de félins. Steve Bouquet a été condamné, vendredi 30 juillet, à cinq ans et trois mois de prison par la justice britannique. Cet agent de sécurité de 54 ans était jugé pour la mort de neuf chats et des blessures infligées à sept autres en octobre 2018 et juillet 2019, ainsi que pour possession illégale d’une arme blanche. Il avait plaidé non coupable.

Lors du procès à la Hove Crown Court, près de Brighton, les propriétaires des animaux domestiques tués (Hendrix, Tommy, Hannah, Alan, Nancy, Gizmo, Kyo, Ollie et Cosmo) avaient raconté leur horreur en retrouvant leurs chats ensanglantés sur le pas de leur porte. Steve Bouquet avait affirmé à la police ne constituer « aucune menace pour les animaux » et avait assuré avoir entendu parler des meurtres de chats dans la presse locale. Une photo de chat mort avait cependant été retrouvée sur son téléphone portable.

Le juge Jeremy Gold a qualifié son attitude de « cruelle »

Pendant des mois, la police n’est pas parvenue à lever le mystère de ces attaques, menées surtout la nuit, avant que l’auteur ne soit pris sur le fait grâce à une caméra de surveillance installée par le propriétaire d’un des chats morts. Après son arrestation, les forces de l’ordre ont pu utiliser les données de son téléphone portable pour tracer ses déplacements sur les lieux de plusieurs méfaits. Lors du prononcé de la peine, le juge Jeremy Gold a qualifié son attitude de « cruelle » et souligné qu’il s’en prenait « au cœur de la vie familiale ».

Le propriétaire de Nancy avait expliqué à l’audience avoir retrouvé son animal sous son lit, avec des taches de sang menant au pas de sa porte. Emmenée chez le vétérinaire et placée sous respirateur artificiel, la chatte était morte d’une crise cardiaque. Un témoin avait indiqué avoir aperçu Steve Bouquet, agissant « bizarrement », sur les lieux.

« C’est un délit tellement inhabituel et extrêmement traumatisant »

Les motivations de Steve Bouquet restent mystérieuses. « C’est dommage que les propriétaires des chats ne sachent pas pourquoi il a fait cela », a reconnu la procureure Sally Lakin, interrogée par l’agence PA. « C’est un délit tellement inhabituel et extrêmement traumatisant. »

En 2015, des signalements par les habitants de chats mutilés à Croydon, district du sud de Londres, avaient entraîné l’ouverture d’une enquête par Scotland Yard et suscité la crainte d’un tueur en série d’animaux visant principalement les félins de la capitale britannique.

Mais après trois ans d’enquête et le recensement de 400 victimes, la police avait conclu qu’il s’agissait en réalité de l’œuvre de renards, que l’on peut régulièrement croiser jusque dans le centre de Londres.

Par Le Point avec AFP

Teodorín Obiang condamné : vers une rupture entre Malabo et Paris ?

juillet 28, 2021
Teodoro Nguema Obiang Mangue, surnommé Teodorín, en mai 2019.

La Cour de cassation française a confirmé la condamnation de Teodoro Nguema Obiang Mangue – dit Teodorín. Le vice-président de la Guinée équatoriale avait été condamné à trois ans de prison avec sursis dans l’affaire des « biens mal acquis », en février 2020. Une condamnation qui pourrait avoir des conséquences diplomatiques lourdes.

C’est l’épilogue d’une longue procédure judiciaire. La Cour de cassation, saisie par le fils du chef de l’État équato-guinéen, a confirmé ce mercredi 28 juillet la condamnation de Teodorín Obiang à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende, dans l’affaire dite des « biens mal acquis ».

L’arrêt de la Cour de cassation vient confirmer le jugement en appel de février 2020, qui faisait suite à sa condamnation en première instance, en octobre 2017, par le Tribunal correctionnel de Paris.

Le vice-président équato-guinéen est reconnu définitivement coupable de « blanchiment d’abus de biens sociaux », « blanchiment de détournement de fonds publics » et de « blanchiment d’abus de confiance ». Il est accusé d’avoir détourné des fonds publics en Guinée équatoriale pour acquérir des biens en France, pour une somme estimée à 150 millions d’euros par les juges français. La décision de la cour de Cassation a également confirmé la confiscation de l’ensemble des biens saisis, parmi lesquels un somptueux hôtel particulier situé avenue Foch, à Paris.

Tout au long de la procédure, et jusqu’à la barre des tribunaux, les avocats de Teodorín Obiang ont remis en cause la légitimité de la justice française à se saisir de cette affaire, considérant qu’il s’agissait d’une forme d’ingérence dans les affaires intérieures équato-guinéennes.

Le fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo a également tenté de faire pression par la voie diplomatique, avant que la Cour de cassation ne rende sa décision. Le 20 avril dernier, le chef de l’État équato-guinéen avait notamment reçu l’ambassadeur de France à Malabo, menaçant alors de rappeler son propre ambassadeur à Paris. Il avait également évoqué une possible rupture des relations diplomatiques entre les deux États en cas de condamnation de Teodorín Obiang.

Jeudi 22 juillet, le gouvernement britannique a édicté une série de sanctions à l’encontre de Teodorín Obiang, l’accusant notamment de « détournement de fonds publics » et de pots-de-vin. Les autorités britanniques, qui estiment que le vice-président équato-guinéen a consacré plus de 500 millions de dollars à l’acquisition de résidences de luxe à travers le monde, d’un jet privé, de voitures et d’objets de collection liés au chanteur Michael Jackson, ont prononcé un gel de ses avoirs au Royaume-Uni, ainsi qu’une interdiction de séjour dans le pays.

Cinq jours plus tard, lundi 26 juillet, Malabo annonçait sa décision de fermer son ambassade à Londres. « Nous n’admettons pas d’ingérence dans les affaires internes de notre pays », avait alors déclaré le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, jugeant que ces sanctions « violent le principe du droit international ». Un précédent récent qui laisse augurer d’un avis de tempête à venir sur les relations entre la France et la Guinée équatoriale.

Par Jeune Afrique

Au Japon, deux Américains condamnés à de la prison pour avoir aidé Carlos Ghosn à fuir

juillet 19, 2021

Les deux hommes, un père et son fils, avaient été arrêtés en mai 2020 aux Etats-Unis, puis extradés au Japon en février 2021. Ils ont respectivement été condamnés à vingt-quatre et vingt mois de prison.

Michael Taylor photographié à l’aéroport d’Istanbul, le 17 janvier 2020
Michael Taylor photographié à l’aéroport d’Istanbul, le 17 janvier 2020 HANDOUT / AFP

Deux Américains ont été condamnés, lundi 19 juillet, à deux ans de prison pour le premier, un an et huit mois pour le second, par un tribunal à Tokyo. Il leur est reproché d’avoir aidé Carlos Ghosn à fuir le Japon fin 2019.

Michael Taylor, soixante ans, qui a écopé de la peine la plus lourde, et son fils Peter Taylor, vingt-huit ans, étaient jugés depuis le mois dernier à Tokyo dans cette affaire retentissante, ayant ridiculisé les autorités japonaises. Tous deux avaient reconnu les accusations pesant contre eux et s’étaient excusés devant la cour, disant regretter leurs actes. Ils avaient aussi assuré n’avoir pas agi par appât du gain.

Carlos Ghosn avait réussi à fuir le Japon, caché dans un caisson de matériel audio. Au début du mois de juillet, le parquet avait requis deux ans et dix mois de prison contre Michael Taylor, ancien membre des forces spéciales américaines, et deux ans et demi pour son fils. Leurs avocats avaient plaidé pour des peines avec sursis, arguant notamment que Carlos Ghosn était le principal instigateur de toute l’opération, et que les Taylor avaient déjà passé dix mois en détention provisoire aux Etats-Unis avant d’être extradés au Japon.

500 000 dollars en bitcoins

Résidant en permanence au Liban depuis sa fuite, l’ancien grand patron de Nissan et Renault est hors de portée de la justice japonaise car le pays n’extrade pas ses ressortissants. Les Taylor avaient été arrêtés aux Etats-Unis en mai 2020, puis extradés au Japon en mars de cette année pour y être jugés. Un autre complice présumé, un homme d’origine libanaise du nom de George-Antoine Zayek, est toujours recherché.

Le juge principal, Hideo Nirei, a souligné lundi qu’il s’agissait d’un « crime grave », car la perspective de voir un jour M. Ghosn jugé au Japon s’est évaporée. « Les deux accusés ont mené à bien une fuite à l’étranger sans précédent » et ont joué un rôle proactif dans cette opération, a poursuivi le juge. M. Nirei a aussi estimé que les complices avaient été motivés par de l’argent, et non parce que Michael Taylor a, via son épouse, de lointaines relations de parenté avec la famille de M. Ghosn au Liban.

Les Taylor avaient reçu de l’entourage de M. Ghosn plus de 860 000 dollars pour préparer et financer l’opération, la moitié environ ayant servi à louer des jets privés. Ils avaient ensuite touché l’équivalent de 500 000 dollars en bitcoins pour payer leurs frais d’avocats, selon les enquêteurs.

Procès en cours

A la fin de l’année 2019, Carlos Ghosn était en liberté sous caution à Tokyo. Il avait l’interdiction de quitter le Japon dans l’attente d’un procès pour malversations financières présumées quand il était à la tête de Nissan. M. Ghosn a toujours clamé son innocence sur ce dossier.

Le 29 décembre 2019, après avoir voyagé incognito de Tokyo à Osaka en shinkansen, le train à grande vitesse japonais, il s’était caché dans un gros caisson percé de petits trous discrets pour lui permettre de respirer. M. Ghosn avait ainsi échappé aux contrôles à l’aéroport international du Kansai. Les contrôles de bagages n’étaient à l’époque pas obligatoires pour des passagers embarquant à bord d’un jet privé.

Dans la foulée, le Franco-libano-brésilien avait rejoint Beyrouth via Istanbul à bord de jets privés loués pour l’occasion. En février, trois personnes avaient été condamnées à plus de quatre ans de prison chacune par un tribunal d’Istanbul, en Turquie, dans cette affaire : un responsable d’une société turque de locations de jets, ainsi que deux pilotes.

La fuite de M. Ghosn n’a pas empêché l’ouverture, en septembre 2020, d’un procès pénal à Tokyo au sujet de rémunérations différées totalisant plusieurs dizaines de millions de dollars. Il était censé les toucher ultérieurement, mais sans que cela soit mentionné dans les rapports boursiers du groupe.

Un ancien responsable juridique de Nissan, Greg Kelly, qui avait été arrêté au Japon le même jour que M. Ghosn en novembre 2018, est toujours jugé dans cette affaire et encourt dix ans de prison, voire davantage. Cet Américain de soixante-quatre ans clame son innocence depuis le début, tandis que Nissan, jugé en tant que personne morale, a plaidé coupable. Les réquisitions dans ce procès sont programmées pour le 29 septembre, puis les plaidoiries de la défense pour le 27 octobre.

Par Le Monde avec AFP

Afrique du Sud: Jacob Zuma, condamné, ne se constituera pas prisonnier

juillet 4, 2021
Afrique du Sud: Jacob Zuma, condamne, ne se constituera pas prisonnier
Afrique du Sud: Jacob Zuma, condamné, ne se constituera pas prisonnier© AFP/Emmanuel Croset

A l’expiration du délai imposé par la justice pour se rendre aux autorités, l’ex-président sud-africain Jacob Zuma a annoncé dimanche soir qu’il ne se constituera pas prisonnier, malgré une condamnation à de la prison ferme par la plus haute Cour du pays.

Après sa condamnation mardi à 15 mois pour outrage par la Cour constitutionnelle, après avoir à plusieurs reprises refusé de témoigner dans le cadre d’enquêtes pour corruption d’Etat, la décision semblait sans appel: Zuma, 79 ans, irait derrière les barreaux.

La justice lui avait donné cinq jours pour se rendre dans un commissariat et le pays attendait de voir si l’ancien président allait obéir de lui-même ou serait emmené au cours d’une spectaculaire arrestation par la police.

C’est finalement en jouant à nouveau de ses deux armes favorites, la ruse juridique et le soutien populaire, qu’il s’est acheté un sursis: la Cour a accepté samedi une demande du camp Zuma de revoir son jugement et une nouvelle audience a été fixée au 12 juillet.

« Pas besoin que j’aille en prison aujourd’hui » a déclaré, en riant, l’ancien chef d’Etat à la presse, depuis son fief de Nkandla, dans le Kwazulu-Natal (Est).

Techniquement, cette nouvelle audience ne suspend pas la condamnation mais Jacob Zuma a estimé qu' »ils ne peuvent pas accepter les papiers et attendre de moi que je me présente en prison ».

Et la foule de partisans campés dimanche devant sa résidence dans la campagne zouloue, munis de banderoles « Ne touchez pas à Zuma ! », était là pour l’appuyer.

« Provocateur »

S’exprimant en zoulou et entonnant sur une scène des chants avec les centaines de partisans qui ont scandé son nom, le politicien, volontiers provocateur, a lancé: « Quand j’ai vu la police ici, je me suis demandé comment ils allaient arriver jusqu’à moi, comment ils allaient passer à travers tous ces gens ».

L’ex-président est accusé d’avoir pillé l’argent public pendant ses neuf années au pouvoir. Depuis la création en 2018 d’une commission d’enquête sur la corruption d’Etat, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manoeuvres pour éviter de témoigner, ce qui l’a envoyé à la case prison.

Pour le politologue sud-africain Ralph Mathekga, ces derniers rebondissements sont un « non-sens ». « C’est embarrassant pour le pays et ça se produit simplement à cause d’une menace d’instabilité politique », dit-il.

Certains craignent en effet que la condamnation de l’ancien président n’engendre une grave crise politique au sein du parti historique au pouvoir, le Congrès national africain (ANC).

Le parti a annulé ce week-end une réunion de son tout-puissant Comité national exécutif (NEC), déclarant être « conscient de la situation qui se développe au Kwazulu-Natal » et de la nécessité « de donner une direction claire ».

« Conversations politiques »

Miné par une guerre de factions, l’ancien chef d’Etat y compte encore de fidèles soutiens, opposés à l’actuel président Cyril Ramaphosa. Et l’une de ses tactiques a été d’entretenir les divisions pour mieux régner.

Retranché dans sa maison de Nkandla, l’ancien dirigeant a reçu pendant le week-end un défilé de dignitaires locaux et membres de l’ANC, pour « des conversations politiques », selon l’un d’entre eux.

« Tout cela se passe dans le Kwazulu-natal, c’est une province dans laquelle si on poursuivait tous les membres de l’ANC qui ont quelque chose à se reprocher, la moitié auraient disparu », souligne le politologue Ralph Mathekga.

Ailleurs, le pays n’a pas été mis à feu et à sang au nom de Zuma. « Son pouvoir s’estompe malgré tout, Zuma est un homme politique d’hier », remontant au temps des affaires, selon M. Mathekga.

Et l’ancien président « ne pourra être pris deux fois pour avoir défié une décision de justice », estime l’expert en droit constitutionnel, Lawson Naidoo, selon qui ce précédent pourra servir lors de son procès pour corruption qui reprend ce mois-ci.

Jacob Zuma est jugé dans une affaire de pots de vin dans le cadre d’un contrat d’armement, vieille de plus de vingt ans. Là aussi, il a enchaîné les stratagèmes pour repousser l’affaire.

Si les autorités ne finissent pas par l’arrêter, « l’Afrique du Sud sera considérée comme un État défaillant dans lequel l’Etat de droit ne s’applique pas », avertit le politologue Ebrahim Fakir.

Par Le Point avec AFP

Gabon : quinze ans de prison pour les auteurs du putsch raté de janvier 2019

juillet 1, 2021
Une capture d’écran de la vidéo dans laquelle le lieutenant Kelly Ondo Obiang appelle à la mise en place d’un « Conseil national de restauration » au Gabon, le 7 janvier 2019.

Trois militaires impliqués dans la tentative de coup d’État contre le président Ali Bongo Ondimba, qui avait rapidement échoué en janvier 2019, ont été condamnés, jeudi 1er juillet, à quinze ans de prison au Gabon.

Le lieutenant Kelly Ondo Obiang, membre de la Garde républicaine (GR), l’unité d’élite et garde prétorienne du président, ainsi que deux autres militaires qui avaient brièvement appelé en direct sur la télévision d’État au « soulèvement populaire », ont écopé de quinze ans de réclusion criminelle. Le procureur avait requis la prison à vie. Cinq gendarmes et un civil, co-accusés, ont été acquittés.

Ce verdict, relativement clément au regard des réquisitions et des chefs d’accusations, a été rendu au milieu de la nuit par la Cour spéciale militaire de Libreville. « Mes clients sont heureux, ils ont fait le V de la victoire à l’audience, c’est un juste milieu », a déclaré à l’AFP un de leurs avocats, Jean-Pierre Moumbembé, qui a tout de même déposé un pourvoi en cassation.

« Soldat de base »

Tôt dans la matinée du 7 janvier 2019, un petit groupe de militaires avait fait irruption dans les locaux de la Radio Télévision gabonaise (RTG) pour diffuser un message sur les ondes de la radio d’État et annoncer la mise en place d’un « Conseil national de restauration » dont le but était de « sauver la démocratie, préserver l’intégrité du territoire national et la cohésion nationale ». Mais ils n’avaient été suivis par personne et la tentative de putsch, menée pendant la convalescence d’Ali Bongo Ondimba, avait rapidement tourné court.

Deux putschistes avaient été abattus par les forces de sécurité. Peu connu par la présidence avant de mener cette tentative de putsch, Ondo Obiang, décrit comme un « soldat de base » relativement discret, avait pour sa part été arrêté avec les deux autres militaires condamnés.

Par Jeune Afrique avec AFP