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La chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah condamnée à 5 ans de prison en Iran

mai 16, 2020
Photo datée de 2012, fournie par Sciences Po, de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah

Photo datée de 2012, fournie par Sciences Po, de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah afp.com/Thomas ARRIVE

L’anthropologue est accusée de « collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale » et de « propagande contre le système » politique de la République islamique. La France a dénoncé une condamnation « politique ».

La sentence est tombée. L’anthropologue franco iranienne Fariba Adelkhah a été condamnée ce samedi à cinq ans de prison pour « collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale », a déclaré son avocat Saïd Décan.

Selon Me Décan, la chercheuse a aussi été condamnée à un an de prison pour « propagande contre le système » politique de la République islamique, mais elle doit purger seulement la peine la plus longue. Cette condamnation peut néanmoins faire l’objet d’un appel.

La France a dénoncé, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, la condamnation « politique » en Iran de l’anthropologue Fariba Adelkhah, affirmant rester mobilisée pour sa libération. « Cette condamnation n’est fondée sur aucun élément sérieux ou fait établi et revêt donc un caractère politique », a dénoncé Jean-Yves Le Drian dans un communiqué. « Je condamne avec la plus grande fermeté » ce verdict, a ajouté le chef de la diplomatie française, exhortant « les autorités iraniennes à libérer immédiatement Mme Adelkhah » et réclamant « un accès consulaire ».

L’anthropologue est spécialiste du chiisme et chercheuse à Sciences po Paris. Arrêtée en juin 2019, Fariba Adelkhah, 61 ans, était poursuivie pour « propagande » contre la République islamique et « collusion en vue d’attenter à la sécurité nationale », des accusations jugées grotesques par son comité de soutien.

Grève de la faim

La chercheuse, qui avait été très affaiblie par une grève de la faim de 49 jours entre fin décembre et février, va mieux.

Une plateforme de « e-manifestation » a été créée pour réclamer sa libération faute de rassemblement possible en raison du confinement imposé par l’épidémie de Covid-19 en France.

Son collègue et compagnon, Roland Marchal, arrêté comme elle en juin 2019 alors qu’il venait lui rendre visite à Téhéran, a été libéré fin mars. Téhéran a alors évoqué un échange avec un ingénieur iranien détenu en France et menacé d’extradition vers les Etats-Unis.

Avec Lexpress.fr avec AFP

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro condamné à 20 ans de prison ferme

avril 28, 2020

Guillaume Soro, le 25 mars 2015 à Abidjan.

Guillaume Soro, le 25 mars 2015 à Abidjan. © Photo Olivier pour JA

 

L’ancien Premier ministre et ex-président de l’Assemblée nationale ivoirienne a été reconnu coupable de recel de deniers publics detournés et de blanchiment de capitaux. Il a été condamné à 20 ans de prison ferme, 4,5 milliards de F CFA d’amende, et à la privation de ses droits civiques pendant sept ans.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a été reconnu coupable de recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux. Il a été condamné à 20 ans de prison ferme, 4,5 milliards de francs CFA d’amende et à la privation de ses droits civiques pour une période de sept ans.

« C’est une sentence qui ne nous émeut absolument pas. La parodie de procès à laquelle nous avons assisté ce jour est la preuve ultime que l’État de droit est définitivement enterré par Alassane Ouattara », a réagit Guillaume Soro quelques minutes après sa condamnation.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a également indiqué qu’il maintenait sa candidature à l’élection présidentielle d’octobre prochain.

Les faits reprochés à Soro concernent l’achat de sa résidence de Marcory Résidentiel, un quartier d’Abidjan, en 2007, pour un peu plus d’1,5 milliard de francs CFA (environ 2,3 millions d’euros). Il était alors Premier ministre.

Selon l’accusation, cette villa a été acquise par Soro via une société civile immobilière, la SCI Ebure, grâce à des fonds du trésor public ivoirien.

En France depuis son retour manqué à Abidjan le 23 décembre, Guillaume Soro n’était pas présent lors du procès. Ses avocats ont décidé de ne pas y assister.

Avec Jeune Afrique par Vincent Duhem – à Abidjan

 

États-Unis: Harvey Weinstein condamné à 23 ans de prison pour viol et agression sexuelle

mars 11, 2020

Harvey Weinstein arrivant au tribunal pénal de Manhattan le 23 janvier 2020, à New York.

Harvey Weinstein arrivant au tribunal pénal de Manhattan le 23 janvier 2020, à New York. TIMOTHY A. CLARY / AFP

Celui qui fut le producteur indépendant le plus puissant du monde encourait jusqu’à 29 ans de prison pour les deux chefs d’accusation dont il a été reconnu coupable.

Harvey Weinstein, reconnu coupable de viol et d’agression sexuelle, a été condamné ce mercredi à 23 ans de prison par le tribunal pénal de Manhattan, un moment très attendu par les victimes du producteur de cinéma

La sentence prononcée par le juge de Manhattan James Burke est proche du maximum prévu, soit 29 ans, pour les deux chefs d’accusation dont Harvey Weinstein avait été déclaré coupable le 24 février. Les avocats de l’ancien magnat d’Hollywood avaient demandé au juge James Burke une peine de cinq ans, soit le minimum légal selon les textes de l’Etat de New York. « Compte tenu de son âge [67 ans] », avaient-ils écrit, « toute peine supérieure au minimum légal […] équivaudrait à une condamnation à perpétuité ».

Il se dit victime de #MeToo

Les avocats avaient fait valoir que, depuis octobre 2017, leur client avait perdu sa femme, qui l’a quitté, son emploi, sa société (The Weinstein Company) et faisait encore face à des manifestations d’hostilité constantes. La défense avait mentionné aussi ses deux jeunes enfants, de 6 et 9 ans. « Il se pourrait que je ne revoie jamais mes enfants », a dit mercredi Harvey Weinstein, qui s’exprimait pour la première fois depuis le début du procès.
Durant son allocution, il s’est présenté en victime du mouvement #MeToo. « J’étais le premier exemple et maintenant, il y a des milliers d’hommes accusés ». « Je suis inquiet pour ce pays », a-t-il expliqué.

En face, il y avait les victimes, les six femmes à avoir témoigné au procès, qui se tenaient côte à côte au premier rang, une image marquante de ce procès. Deux d’entre elles, Mimi Haleyi et Jessica Mann, dont l’agression a mené à la condamnation d’Harvey Weinstein, se sont adressées au juge avant qu’il n’annonce sa décision.

« L’incident avec Harvey Weinstein a changé le cours de ma vie », a expliqué Mimi Haleyi, qui a dû s’interrompre, en pleurs, avant de reprendre son allocution. « Il a détruit une partie de moi. » « J’espère que [la peine] sera suffisamment longue pour qu’il prenne conscience de ce qu’il a fait, à moi et à d’autres, et se repente vraiment », a conclu l’ancienne assistante de production, agressée sexuellement par le producteur en 2006.

Weinstein fera appel

La procureure Joan Illuzzi-Orbon, qui a mené l’accusation durant le procès, n’avait pas demandé de peine précise, sollicitant du juge une peine qui reflète « la gravité des crimes du condamné, son absence totale de remords (…) et la nécessité de le dissuader, lui et d’autres, de commettre de nouveaux crimes ». Harvey Weinstein n’a jamais reconnu publiquement autre chose que des relations consenties avec les femmes qui l’accusent et, de fait, n’a exprimé aucun remord ni présenté d’excuses.

Les avocats d’Harvey Weinstein ont déjà indiqué que leur client ferait appel de la condamnation, ce qui ne l’empêchera pas d’être placé immédiatement en détention.

Nul ne sait, pour l’instant, dans quelle prison de l’Etat de New York le co-fondateur du studio Miramax purgera sa peine, mais sans doute pas à la tristement célèbre Rikers Island, où il est incarcéré actuellement, et plutôt destinée aux accusés en attente de procès.

Pour le mouvement #MeToo, que l’affaire Weinstein a fait naître, la victoire est déjà certaine. Elle s’est jouée avec le verdict de culpabilité, même si le jury l’a disculpé de trois des cinq chefs d’accusation, les plus sérieux. Harvey Weinstein doit encore répondre d’une autre inculpation pour deux agressions sexuelles à Los Angeles, annoncée début janvier.

Par Lexpress.fr avec AFP

L’ancien Premier ministre béninois Lionel Zinsou condamné en appel à quatre ans d’inéligibilité

février 18, 2020

Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin.

Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin. © Vincent Fournier/JA

 

Le candidat malheureux à la présidentielle béninoise de 2016 a été condamné en appel pour « dépassement de frais de campagne électorale » à quatre ans d’inéligibilité et cinq millions de F CFA d’amende.

Le verdict de la Cour d’appel de Cotonou est tombé ce mardi matin. Il confirme, en partie seulement, la condamnation en première instance de l’ancien Premier ministre béninois. Lionel Zinsou, reconnu coupable en appel de « dépassement de frais de campagne électorale », écope de quatre ans d’inéligibilité et cinq millions de francs CFA d’amende (environ 7 600 euros).

En première instance, les juges l’avaient condamné à cinq ans d’inéligibilité, et fixé l’amende à 50 millions de francs CFA. Surtout, ils avaient condamné Lionel Zinsou à six mois de prison avec sursis. Une peine qui disparaît du jugement en appel : les juges ont en effet rejeté le chef d’accusation de « faux et usage de faux », considérant qu’il n’était pas constitué. Ils ont suivi en cela le réquisitoire délivré par le procureur lors de l’audience du 4 février dernier.

« Décision de non-droit »

Lionel Zinsou a désormais la possibilité de déposer un recours devant la Cour de cassation. Une solution qui est « envisagée » par l’avocat de l’ancien Premier ministre, Me Robert Dossou, et d’autant plus privilégiée par la défense que les juges d’appel n’ont conservé que les charges relevant du contentieux électoral. Or, la Cour suprême, compétente en matière de litiges relatifs au processus électoral, avait décidé, après la présidentielle de 2016, de ne pas engager de procédure à l’encontre de Zinsou.

Très remonté contre la décision de la Cour d’appel, Me Robert Dossou, contacté par Jeune Afrique, estime que cette condamnation est « une décision de non-droit : les juges ont préféré faire plaisir au pouvoir plutôt que de dire le droit ».

Pour l’avocat, qui fut président de la Cour constitutionnelle du Bénin de 2008 à 2013, « il n’y avait aucune pièce justifiant matériellement d’un dépassement de frais de campagne. Tout le dossier ne tient que sur la parole du procureur ». Pour Me Robert Dossou, « l’objectif est clair : il s’agit de rendre inéligible Lionel Zinsou », car, estime l’avocat « le pouvoir veut écarter tout candidat crédible potentiel à la présidentielle de 2021 ».

« Il n’y a pas d’instrumentalisation politique de la justice », assurait au contraire à Jeune Afrique Séverin Quenum, le ministre béninois de la Justice, interrogé sur le sujet fin janvier. Il affirmait notamment que, dans ce dossier, « Lionel Zinsou est poursuivi pour un chef d’inculpation clair : dépassement des frais de campagne. Ceux-ci sont avérés, attestés par des pièces qu’il n’est pas en son pouvoir de nier ».

L’ancien Premier ministre de Thomas Boni Yayi s’était lancé dans la course à la présidence en 2016 sous les couleurs des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE), le parti du président sortant. Il avait alors obtenu le soutien du Parti du renouveau démocratique (PRD, d’Adrien Houngbédji) et la Renaissance du Bénin (RB, de l’ancien président Nicéphore Soglo).

Arrivé en tête du premier tour, il s’était finalement incliné au second face à Patrice Talon, ne recueillant que 34,6 % des suffrages exprimés, contre 65,4 % pour son adversaire.

Bras de fer avec Maha­madou Bonkoungou

Il est accusé d’avoir, lors de cette campagne, dépassé le montant maximal de dépenses autorisées (2,5 milliards de F CFA, soit 3,8 millions d’euros). Un dépassement que le principal intéressé et ses avocats ont toujours nié, insistant par ailleurs sur le fait que la Cour des comptes n’avait relevé aucun manquement après avoir étudié ses comptes de campagne.

L’accusation s’est notamment appuyée sur un autre dossier pour fonder ses accusations de dépassement de frais de campagne : le litige qui a opposé Lionel Zinsou à l’homme d’affaires burkinabè Maha­madou Bonkoungou.

Au centre du contentieux : 15 milliards de F CFA (23 millions d’euros) présumés avoir été empruntés par Zinsou auprès de Bonkoungou, à la veille de la campagne. Après avoir un temps bataillé devant les tribunaux de Cotonou et de Paris, l’affaire avait finalement débouché sur un règlement à l’amiable, notamment grâce à la médiation du chef d’État ivoirien Alassane Ouattara et de son homologue guinéen Alpha Condé.

Avec Jeuneafrique par Mathieu Millecamps

 

États-Unis/Californie: 85.000 vieilles condamnations liées au cannabis vont être effacées

février 13, 2020

 

Plus de 85.000 condamnations mineures liées au cannabis, pour certaines vieilles de près de 60 ans, vont être automatiquement effacées des casiers judiciaires grâce à un «programme pilote» informatisé lancé en Californie, où l’usage et la vente de cannabis à titre récréatif ont été légalisés depuis 2018.

Cette mesure «va être un soulagement bien mérité pour les populations de couleur qui ont souffert de manière disproportionnée des conséquences injustes des lois de notre nation» en la matière, a déclaré jeudi dans un communiqué Jackie Lacey, procureure du comté de Los Angeles où quelque 66.000 condamnations vont être effacées.

Les experts estiment que la consommation et la vente de cannabis concernent dans les mêmes proportions toutes les origines ethniques et culturelles. Pourtant, une étude réalisée en 2016 montrait que les noirs américains, qui ne représentent que 6% de la population californienne, constituaient près de 25% des détenus emprisonnés exclusivement pour des infractions ou crimes liés au cannabis.

Sur les quelque 53.000 personnes au total concernées par la mesure d’effacement dans le comté de Los Angeles, 32% sont noires, 45% latino-américaines et 20% blanches, relèvent les services de la procureure. Ces condamnations, dont certaines remontaient jusqu’à 1961, sont souvent un frein à l’emploi ou à la recherche d’un logement.

La loi californienne qui avait légalisé l’usage et la vente du cannabis à titre récréatif prévoyait aussi la possibilité pour les personnes condamnées pour des délits cessant de facto d’exister (possession, vente ou cultures de petites quantités de cannabis, etc.) de demander à un juge de les effacer de leur casier judiciaire. Le processus devait initialement être entamé par les condamnés eux-mêmes, il était ardu et coûteux et seules 3% des personnes éligibles se sont manifestées. Devant ces difficultés, la Californie avait décidé d’effacer automatiquement ces condamnations d’ici le 1er juillet 2020, un travail de titan pour son système judiciaire.

Une ONG baptisée Code for America, dont le but est d’aider les pouvoirs publics américains à entrer dans «l’ère numérique», a donc noué un partenariat avec plusieurs comtés californiens pour leur proposer un algorithme capable de repérer automatiquement les cas éligibles. «Cette technologie peut analyser l’éligibilité de milliers de condamnations en quelques secondes, ce qui dispense les équipes du procureur d’éplucher un par un les cas dans les archives criminelles», se félicitent les services de Mme Lacey.

«C’est la nette démonstration qu’un effacement automatique sur une grande échelle est faisable et peut aider à réparer les injustices», lance Evonne Silva, responsable des questions judiciaires au sein de Code for America.

Par Le Figaro avec AFP

Burundi : quatre journalistes d’Iwacu condamnés à deux ans et demi de prison

janvier 30, 2020

Des journalistes burundais ont protesté, lors de la Journée mondiale de la presse le 3 mai 2015, contre la fermeture d'une station de radio.

Des journalistes burundais ont protesté, lors de la Journée mondiale de la presse le 3 mai 2015, contre la fermeture d’une station de radio. © Jerome Delay/AP/SIPA

 

La justice burundaise a condamné à deux ans et demi de prison quatre journalistes arrêtés le 22 octobre alors qu’ils couvraient l’incursion de rebelles burundais venus de la République démocratique du Congo (RDC) voisine, a-t-on appris de source judiciaire et d’un témoin.

« Nous sommes sous le choc, le tribunal vient de condamner les 4 journalistes d’Iwacu à 2 ans et 6 mois de prison et à une amende de 1 million de francs burundais (485 euros), c’est une honte car ils n’ont fait que leur métier », a indiqué à l’AFP un témoin ayant assisté à l’audience et requérant l’anonymat. Ces journalistes travaillant pour Iwacu, l’un des derniers médias indépendants du Burundi, ont été condamnés pour « tentative de complicité (…) d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État » par le tribunal de Bubzabza, dans l’ouest du pays. Leur chauffeur a été acquitté.

Le parquet, qui avait requis 15 ans de prison, souhaitait les voir condamner pour « complicité d’atteinte à la sûreté de l’état », mais le tribunal a « décidé de requalifier les faits », a souligné une source judiciaire, sous couvert de l’anonymat. Selon un journaliste burundais souhaitant lui aussi garder l’anonymat, cette décision des juges résulte du fait que « la défense avait établi clairement que les journalistes n’ont jamais été en contact avec les rebelles, qu’ils n’avaient fait que leur travail ».

Iwacu fera appel

Selon un témoin présent lors du réquisitoire, le 30 décembre, l’accusation avait basé l’essentiel de son argumentation sur un message WhatsApp échangé par l’une des journalistes avec un collègue se trouvant à l’étranger, dans lequel elle écrivait: « Nous nous dirigerons vers Bubanza (…) pour aider les rebelles ». Le fondateur d’Iwacu, Antoine Kaburahe, qui vit en exil en Belgique, a indiqué sur Twitter la volonté de son organisation d’interjeter appel.

Au moins 14 rebelles du groupe burundais RED-Tabara, basé dans l’est de la RDC, ont été tués lors de l’attaque du 22 octobre, la première depuis 2017, selon la police burundaise. De son côté, le mouvement rebelle a affirmé avoir tué une dizaine de membres des forces de défense et de sécurité. Reporters sans frontières, qui souligne que les journalistes ne faisaient que leur travail, et Human Rights Watch, ont demandé à plusieurs reprises leur libération.

L’ayatollah Sistani condamne la confrontation US-Iran en Irak

janvier 10, 2020

Le grand ayatollah Ali Sistani, plus haute autorité chiite d’Irak, a condamné vendredi la confrontation en cours entre les Etats-Unis et l’Iran sur le sol irakien, dénonçant une violation de souveraineté et un mépris flagrant pour un peuple déjà éprouvé par plusieurs décennies de guerre.

Les Etats-Unis ont mené le 3 février une frappe aérienne près de l’aéroport de Bagdad visant le général iranien Qassem Soleimani, entraînant une riposte de l’Iran qui a tiré une série de missiles contre des bases irakiennes abritant des forces américaines en Irak.

«L’utilisation de méthodes excessives par les différentes parties (…) ne va qu’aggraver la crise et empêcher de parvenir à une solution», a estimé l’ayatollah Sistani dans un message lu par l’un de ses représentants lors de la prière du vendredi, dans la ville sainte de Kerbala. Ces «actes agressifs et dangereux» constituent des «violations répétées de la souveraineté irakienne» et contribuent «à la détérioration de la situation» dans la région, a ajouté le dignitaire irakien de 89 ans. «Le peuple (irakien) a suffisamment souffert des guerres».

Voix influente en Irak, le grand ayatollah Sistani n’intervient publiquement sur les questions politiques qu’en cas de crise et est respecté aussi bien par les chiites et les sunnites pour son refus notamment du confessionnalisme.

Par Le Figaro avec Reuters

Canada: Trudeau condamne les tirs iraniens contre les Américains en Irak

janvier 8, 2020

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a condamné mercredi les tirs de missiles iraniens sur des bases abritant des soldats canadiens et américains en Irak en représailles à l’élimination par Washington du général Qassem Soleimani. «Le Canada condamne les attaques de missiles lancées par l’Iran la nuit dernière», a déclaré Justin Trudeau lors d’une conférence de presse portant sur le crash d’un Boeing en Iran, appelant de nouveau à une «désescalade des tensions et au dialogue dans la région».

«Je peux confirmer qu’il y avait des Canadiens sur la base canadienne d’Erbil lorsque les missiles se sont abattus, mais ils sont tous en sécurité», a-t-il annoncé.

Après l’attaque américaine qui a tué le 3 janvier à Bagdad le puissant général iranien, Donald Trump avait expliqué que ce raid était nécessaire pour «arrêter» une guerre. Appelé à commenter ces propos, Justin Trudeau a estimé que les «Américains avaient pris une décision en fonction de leur évaluation de la menace», se refusant à préciser s’il partageait cette évaluation.

L’opération «Martyr Soleimani» a été lancée par l’Iran au beau milieu de la nuit en représailles à l’élimination du général Soleimani. Selon le Pentagone, 11 missiles tirés par l’Iran ont touché la base aérienne de Aïn al-Assad (ouest) et un celle d’Erbil (nord), où sont stationnés certains des 5.200 soldats américains déployés en Irak. «Aucun Américain n’a été blessé dans les attaques de la nuit dernière», s’était félicité le président américain Donald Trump plus tôt mercredi avant d’annoncer de nouvelles sanctions économiques contre la République islamique.

Avant même ces frappes de la nuit, le Canada avait annoncé le déplacement d’une partie de ses troupes d’Irak vers le Koweït. Le Canada compte quelque 800 militaires dans la région, dont environ 500 en Irak où ils participent notamment à la mission de formation de l’OTAN, dirigée par la majore-générale canadienne Jennie Carignan. Des soldats canadiens participent également à une autre mission dans le cadre de la coalition internationale luttant contre le groupe Etat islamique, emmenée par les Etats-Unis.

Le Canada a coupé ses relations diplomatiques avec l’Iran en 2012.

Par Le Figaro avec AFP

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé condamné à 20 ans de prison et 10 ans d’inéligibilité

décembre 31, 2019

 Charles Blé Goudé, le 5 juin 2019 aux Pays-Bas.

Charles Blé Goudé, le 5 juin 2019 aux Pays-Bas. © Wiebe Kiestra pour JA

 

Charles Blé Goudé a annoncé lundi avoir appris sa condamnation à vingt ans de prison par la justice ivoirienne lors d’une audience à Abidjan le même jour. L’ex-chef des Jeunes patriotes ivoiriens a également été condamné à 10 ans de privation de ses droits civiques.

Selon Charle Blé Goudé, joint par téléphone à La Haye où il est en liberté conditionnelle après son acquittement par la Cour pénale internationale (CPI), la justice ivoirienne l’a condamné par contumace à « 20 ans de prison, 10 ans de privation de ses droits civiques, 200 millions de francs CFA » (300 000 euros) de dommages et intérêts à verser aux victimes.

Le tribunal a en outre délivré un mandat d’arrêt contre lui, a-t-il par ailleurs affirmé, se disant « surpris par ce verdict », prononcé sans la présence d’un avocat.

Il était accusé par la justice ivoirienne d’ »actes de torture, homicides volontaires et viol », avaient indiqué ses avocats le 18 décembre, jour où son procès devait s’ouvrir.

L’un de ses avocats, Me Suy Bi Gohoré, avait alors affirmé que le président du tribunal criminel d’Abidjan avait « retiré l’affaire du rôle » dans l’attente de l’examen d’un pourvoi en cassation formulé par lui, fondé sur l’absence de l’accusé et sur d’autres vices de forme dans la procédure.

Les avocats avaient dénoncé une « violation flagrante » des droits de Charles Blé Goudé, du fait de son impossibilité à assister à son procès. Ils n’étaient pas joignables dans l’immédiat lundi soir.

Blé Goudé avait été transféré par les autorités ivoiriennes à la CPI en 2014. Avec son ancien mentor, l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, il a été jugé pour crimes contre l’humanité. Tous deux ont été acquittés début 2019 et placés en liberté conditionnelle dans l’attente de l’examen de l’appel formulé par la procureure de la CPI.

Charles Blé Goudé ne peut pas rentrer en Côte d’Ivoire tant que la procédure n’est pas terminée.

« Général de la rue »

Son parti, le Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples, avait dénoncé un « harcèlement politique contre son président ».

L’ancien « général de la rue », ainsi surnommé pour sa capacité à mobiliser les partisans de Laurent Gbagbo, a annoncé en juin avoir des ambitions présidentielles à long terme, après la prochaine élection d’octobre 2020.

Le mouvement des Jeunes patriotes a souvent été qualifié de milice par les détracteurs de Charles Blé Goudé et par des ONG internationales. Ces dernières considèrent que Charles Blé Goudé a été l’un des principaux acteurs de la montée de la tension en Côte d’Ivoire dans la décennie 2000, qui a culminé en 2010-2011 avec les violences post-électorales ayant fait plus de 3 000 morts.

Un mandat d’arrêt contre Soro

L’annonce de la condamnation de Blé Goudé survient huit jours après le début de l’affaire Guillaume Soro. L’ex-chef de la rébellion ivoirienne des années 2000, et ancien président de l’Assemblée nationale, actuellement en France, est visé par un mandat d’arrêt international de la justice ivoirienne, qui l’accuse de « complot » et d’avoir préparé « une insurrection civile et militaire » pour s’emparer du pouvoir.

Lors de l’annonce du procès Blé Goudé le 7 novembre, le procureur général de la Cour d’appel d’Abidjan Léonard Lebry avait réfuté tout agenda politique dicté par le pouvoir à un moins d’un an de la présidentielle d’octobre 2020 qui s’annonce tendue.

Le droit sera appliqué à tous, candidat ou pas

Des membres de l’opposition estiment que le pouvoir du président Alassane Ouattara met tout en oeuvre pour empêcher le retour au pays de l’ancien président Laurent Gbagbo, également en liberté conditionnelle en Europe (en Belgique) dans l’attente de la décision de la CPI.

Laurent Gbagbo a été condamné début novembre en appel à 20 ans de prison pour le « braquage » de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest pendant la crise post-électorale de 2010-11.

Le président Ouattara a déclaré samedi que « nul ne sera autorisé à déstabiliser la Côte d’Ivoire » et que « le droit sera appliqué à tous, candidat ou pas ».

Maroc: un youtubeur condamné à de la prison pour «offense au roi»

décembre 26, 2019

 

Un youtubeur marocain connu dans le royaume a été condamné ce jeudi à quatre de prison pour «offense au roi» dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, a indiqué son avocat.

Mohamed Sekkaki, connu sous le surnom de «Moul Kaskita», a été condamné par le tribunal de première instance de Settat (ouest) à quatre ans de prison en vertu de l’article 179 du Code pénal marocain, a déclaré son avocat Mohamed Ziane. Cet article prévoit une peine allant jusqu’à quatre ans de prison pour «quiconque commet une diffamation, injure ou offense envers la personne du roi ou la personne de l’héritier du trône ou une violation du respect dû au roi».

Le youtubeur avait été arrêté début décembre après la diffusion d’une vidéo sur sa chaîne YouTube dans laquelle il insulte les Marocains et critique le roi Mohammed VI, dont la personne est «inviolable» selon la Constitution. Dans cette séquence d’une douzaine de minutes, il s’en prend au monarque dont les discours ne sont «suivis d’aucun résultat», pendant que les Marocains «souffrent du clientélisme et du népotisme». Il traite par ailleurs ses compatriotes d’«ânes» et d’«ignorants», qui «voient leurs droits bafoués sans piper mot».

Le ministère public avait indiqué avoir reçu dans un premier temps plusieurs plaintes d’associations. Mohamed Sekkaki était ainsi initialement poursuivi pour «injures publiques à l’égard d’individus», avant qu’une nouvelle accusation pour «offense au roi» ne soit ajoutée au dossier. «Les ONG plaignantes ont retiré leur plainte et il n’a été condamné que pour l’accusation d’offense au roi», a précisé Maître Ziani, ajoutant que son client allait faire appel. La condamnation du youtubeur, dont les vidéos dépassent généralement les 100.000 vues, intervient moins d’un mois après celle d’un rappeur marocain, Gnawi, à un an de prison pour «outrage à fonctionnaire public» dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. L’Association marocaine des droits humains (AMDH) avait déploré en juillet une «escalade des violations des droits humains et des libertés publiques et individuelles» au Maroc.

Par Le Figaro.fr avec AFP