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Au Japon, deux Américains condamnés à de la prison pour avoir aidé Carlos Ghosn à fuir

juillet 19, 2021

Les deux hommes, un père et son fils, avaient été arrêtés en mai 2020 aux Etats-Unis, puis extradés au Japon en février 2021. Ils ont respectivement été condamnés à vingt-quatre et vingt mois de prison.

Michael Taylor photographié à l’aéroport d’Istanbul, le 17 janvier 2020
Michael Taylor photographié à l’aéroport d’Istanbul, le 17 janvier 2020 HANDOUT / AFP

Deux Américains ont été condamnés, lundi 19 juillet, à deux ans de prison pour le premier, un an et huit mois pour le second, par un tribunal à Tokyo. Il leur est reproché d’avoir aidé Carlos Ghosn à fuir le Japon fin 2019.

Michael Taylor, soixante ans, qui a écopé de la peine la plus lourde, et son fils Peter Taylor, vingt-huit ans, étaient jugés depuis le mois dernier à Tokyo dans cette affaire retentissante, ayant ridiculisé les autorités japonaises. Tous deux avaient reconnu les accusations pesant contre eux et s’étaient excusés devant la cour, disant regretter leurs actes. Ils avaient aussi assuré n’avoir pas agi par appât du gain.

Carlos Ghosn avait réussi à fuir le Japon, caché dans un caisson de matériel audio. Au début du mois de juillet, le parquet avait requis deux ans et dix mois de prison contre Michael Taylor, ancien membre des forces spéciales américaines, et deux ans et demi pour son fils. Leurs avocats avaient plaidé pour des peines avec sursis, arguant notamment que Carlos Ghosn était le principal instigateur de toute l’opération, et que les Taylor avaient déjà passé dix mois en détention provisoire aux Etats-Unis avant d’être extradés au Japon.

500 000 dollars en bitcoins

Résidant en permanence au Liban depuis sa fuite, l’ancien grand patron de Nissan et Renault est hors de portée de la justice japonaise car le pays n’extrade pas ses ressortissants. Les Taylor avaient été arrêtés aux Etats-Unis en mai 2020, puis extradés au Japon en mars de cette année pour y être jugés. Un autre complice présumé, un homme d’origine libanaise du nom de George-Antoine Zayek, est toujours recherché.

Le juge principal, Hideo Nirei, a souligné lundi qu’il s’agissait d’un « crime grave », car la perspective de voir un jour M. Ghosn jugé au Japon s’est évaporée. « Les deux accusés ont mené à bien une fuite à l’étranger sans précédent » et ont joué un rôle proactif dans cette opération, a poursuivi le juge. M. Nirei a aussi estimé que les complices avaient été motivés par de l’argent, et non parce que Michael Taylor a, via son épouse, de lointaines relations de parenté avec la famille de M. Ghosn au Liban.

Les Taylor avaient reçu de l’entourage de M. Ghosn plus de 860 000 dollars pour préparer et financer l’opération, la moitié environ ayant servi à louer des jets privés. Ils avaient ensuite touché l’équivalent de 500 000 dollars en bitcoins pour payer leurs frais d’avocats, selon les enquêteurs.

Procès en cours

A la fin de l’année 2019, Carlos Ghosn était en liberté sous caution à Tokyo. Il avait l’interdiction de quitter le Japon dans l’attente d’un procès pour malversations financières présumées quand il était à la tête de Nissan. M. Ghosn a toujours clamé son innocence sur ce dossier.

Le 29 décembre 2019, après avoir voyagé incognito de Tokyo à Osaka en shinkansen, le train à grande vitesse japonais, il s’était caché dans un gros caisson percé de petits trous discrets pour lui permettre de respirer. M. Ghosn avait ainsi échappé aux contrôles à l’aéroport international du Kansai. Les contrôles de bagages n’étaient à l’époque pas obligatoires pour des passagers embarquant à bord d’un jet privé.

Dans la foulée, le Franco-libano-brésilien avait rejoint Beyrouth via Istanbul à bord de jets privés loués pour l’occasion. En février, trois personnes avaient été condamnées à plus de quatre ans de prison chacune par un tribunal d’Istanbul, en Turquie, dans cette affaire : un responsable d’une société turque de locations de jets, ainsi que deux pilotes.

La fuite de M. Ghosn n’a pas empêché l’ouverture, en septembre 2020, d’un procès pénal à Tokyo au sujet de rémunérations différées totalisant plusieurs dizaines de millions de dollars. Il était censé les toucher ultérieurement, mais sans que cela soit mentionné dans les rapports boursiers du groupe.

Un ancien responsable juridique de Nissan, Greg Kelly, qui avait été arrêté au Japon le même jour que M. Ghosn en novembre 2018, est toujours jugé dans cette affaire et encourt dix ans de prison, voire davantage. Cet Américain de soixante-quatre ans clame son innocence depuis le début, tandis que Nissan, jugé en tant que personne morale, a plaidé coupable. Les réquisitions dans ce procès sont programmées pour le 29 septembre, puis les plaidoiries de la défense pour le 27 octobre.

Par Le Monde avec AFP

Afrique du Sud: Jacob Zuma, condamné, ne se constituera pas prisonnier

juillet 4, 2021
Afrique du Sud: Jacob Zuma, condamne, ne se constituera pas prisonnier
Afrique du Sud: Jacob Zuma, condamné, ne se constituera pas prisonnier© AFP/Emmanuel Croset

A l’expiration du délai imposé par la justice pour se rendre aux autorités, l’ex-président sud-africain Jacob Zuma a annoncé dimanche soir qu’il ne se constituera pas prisonnier, malgré une condamnation à de la prison ferme par la plus haute Cour du pays.

Après sa condamnation mardi à 15 mois pour outrage par la Cour constitutionnelle, après avoir à plusieurs reprises refusé de témoigner dans le cadre d’enquêtes pour corruption d’Etat, la décision semblait sans appel: Zuma, 79 ans, irait derrière les barreaux.

La justice lui avait donné cinq jours pour se rendre dans un commissariat et le pays attendait de voir si l’ancien président allait obéir de lui-même ou serait emmené au cours d’une spectaculaire arrestation par la police.

C’est finalement en jouant à nouveau de ses deux armes favorites, la ruse juridique et le soutien populaire, qu’il s’est acheté un sursis: la Cour a accepté samedi une demande du camp Zuma de revoir son jugement et une nouvelle audience a été fixée au 12 juillet.

« Pas besoin que j’aille en prison aujourd’hui » a déclaré, en riant, l’ancien chef d’Etat à la presse, depuis son fief de Nkandla, dans le Kwazulu-Natal (Est).

Techniquement, cette nouvelle audience ne suspend pas la condamnation mais Jacob Zuma a estimé qu' »ils ne peuvent pas accepter les papiers et attendre de moi que je me présente en prison ».

Et la foule de partisans campés dimanche devant sa résidence dans la campagne zouloue, munis de banderoles « Ne touchez pas à Zuma ! », était là pour l’appuyer.

« Provocateur »

S’exprimant en zoulou et entonnant sur une scène des chants avec les centaines de partisans qui ont scandé son nom, le politicien, volontiers provocateur, a lancé: « Quand j’ai vu la police ici, je me suis demandé comment ils allaient arriver jusqu’à moi, comment ils allaient passer à travers tous ces gens ».

L’ex-président est accusé d’avoir pillé l’argent public pendant ses neuf années au pouvoir. Depuis la création en 2018 d’une commission d’enquête sur la corruption d’Etat, M. Zuma, déjà mis en cause par une quarantaine de témoignages, multiplie les manoeuvres pour éviter de témoigner, ce qui l’a envoyé à la case prison.

Pour le politologue sud-africain Ralph Mathekga, ces derniers rebondissements sont un « non-sens ». « C’est embarrassant pour le pays et ça se produit simplement à cause d’une menace d’instabilité politique », dit-il.

Certains craignent en effet que la condamnation de l’ancien président n’engendre une grave crise politique au sein du parti historique au pouvoir, le Congrès national africain (ANC).

Le parti a annulé ce week-end une réunion de son tout-puissant Comité national exécutif (NEC), déclarant être « conscient de la situation qui se développe au Kwazulu-Natal » et de la nécessité « de donner une direction claire ».

« Conversations politiques »

Miné par une guerre de factions, l’ancien chef d’Etat y compte encore de fidèles soutiens, opposés à l’actuel président Cyril Ramaphosa. Et l’une de ses tactiques a été d’entretenir les divisions pour mieux régner.

Retranché dans sa maison de Nkandla, l’ancien dirigeant a reçu pendant le week-end un défilé de dignitaires locaux et membres de l’ANC, pour « des conversations politiques », selon l’un d’entre eux.

« Tout cela se passe dans le Kwazulu-natal, c’est une province dans laquelle si on poursuivait tous les membres de l’ANC qui ont quelque chose à se reprocher, la moitié auraient disparu », souligne le politologue Ralph Mathekga.

Ailleurs, le pays n’a pas été mis à feu et à sang au nom de Zuma. « Son pouvoir s’estompe malgré tout, Zuma est un homme politique d’hier », remontant au temps des affaires, selon M. Mathekga.

Et l’ancien président « ne pourra être pris deux fois pour avoir défié une décision de justice », estime l’expert en droit constitutionnel, Lawson Naidoo, selon qui ce précédent pourra servir lors de son procès pour corruption qui reprend ce mois-ci.

Jacob Zuma est jugé dans une affaire de pots de vin dans le cadre d’un contrat d’armement, vieille de plus de vingt ans. Là aussi, il a enchaîné les stratagèmes pour repousser l’affaire.

Si les autorités ne finissent pas par l’arrêter, « l’Afrique du Sud sera considérée comme un État défaillant dans lequel l’Etat de droit ne s’applique pas », avertit le politologue Ebrahim Fakir.

Par Le Point avec AFP

Gabon : quinze ans de prison pour les auteurs du putsch raté de janvier 2019

juillet 1, 2021
Une capture d’écran de la vidéo dans laquelle le lieutenant Kelly Ondo Obiang appelle à la mise en place d’un « Conseil national de restauration » au Gabon, le 7 janvier 2019.

Trois militaires impliqués dans la tentative de coup d’État contre le président Ali Bongo Ondimba, qui avait rapidement échoué en janvier 2019, ont été condamnés, jeudi 1er juillet, à quinze ans de prison au Gabon.

Le lieutenant Kelly Ondo Obiang, membre de la Garde républicaine (GR), l’unité d’élite et garde prétorienne du président, ainsi que deux autres militaires qui avaient brièvement appelé en direct sur la télévision d’État au « soulèvement populaire », ont écopé de quinze ans de réclusion criminelle. Le procureur avait requis la prison à vie. Cinq gendarmes et un civil, co-accusés, ont été acquittés.

Ce verdict, relativement clément au regard des réquisitions et des chefs d’accusations, a été rendu au milieu de la nuit par la Cour spéciale militaire de Libreville. « Mes clients sont heureux, ils ont fait le V de la victoire à l’audience, c’est un juste milieu », a déclaré à l’AFP un de leurs avocats, Jean-Pierre Moumbembé, qui a tout de même déposé un pourvoi en cassation.

« Soldat de base »

Tôt dans la matinée du 7 janvier 2019, un petit groupe de militaires avait fait irruption dans les locaux de la Radio Télévision gabonaise (RTG) pour diffuser un message sur les ondes de la radio d’État et annoncer la mise en place d’un « Conseil national de restauration » dont le but était de « sauver la démocratie, préserver l’intégrité du territoire national et la cohésion nationale ». Mais ils n’avaient été suivis par personne et la tentative de putsch, menée pendant la convalescence d’Ali Bongo Ondimba, avait rapidement tourné court.

Deux putschistes avaient été abattus par les forces de sécurité. Peu connu par la présidence avant de mener cette tentative de putsch, Ondo Obiang, décrit comme un « soldat de base » relativement discret, avait pour sa part été arrêté avec les deux autres militaires condamnés.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : Guillaume Soro condamné à la prison à perpétuité

juin 23, 2021
Guillaume Soro, le 28 janvier 2020 à Paris lors d’une intervention devant des journalistes.

L’ancien président de l’Assemblée nationale a été reconnu coupable d’« atteinte à la sûreté de l’État » et condamné par contumace à la prison à perpétuité.

Le tribunal criminel d’Abidjan a donc suivi les réquisitions du parquet. Ce mercredi 23 juin, Guillaume Soro a été condamné à une peine de prison à perpétuité pour « atteinte à la sûreté nationale », comme l’avait réclamé Richard Adou, le procureur de la République, une semaine plus tôt.

« Complot »

L’ancien Premier ministre et 19 de ses partisans étaient accusés de « complot », « tentative d’atteinte contre l’autorité de l’État » ainsi que de « diffusion et publication de nouvelles fausses jetant le discrédit sur les institutions et leur fonctionnement, ayant entraîné une atteinte au moral des population ».

En avril 2020, l’ancien président de l’Assemblée nationale avait déjà été condamné à vingt ans de prison ferme, 4,5 milliards de francs CFA d’amende et à la privation de ses droits civiques pour une période de cinq ans après avoir été reconnu coupable de recel de deniers publics détournés et de blanchiment de capitaux.

Le parquet l’accusait d’avoir acquis une villa à Marcory résidentiel, un quartier huppé d’Abidjan, en 2007, alors qu’il était Premier ministre, grâce à des fonds du trésor public ivoirien.

Avec Jeune Afrique par Benjamin Roger

Brésil : Jair Bolsonaro condamné pour non-port du masque

juin 13, 2021

Samedi, le président brésilien a participé à une manifestation de motards et il ne portait pas le masque. La police lui a infligé une amende.

Cent huit dollars, c’est le montant de l’amende qui a été infligée à Jair Bolsonaro pour non-port du masque. Le président brésilien a participé samedi à une manifestation de motards – baptisée « Accélérons pour le Christ » – dans l’État de Sao Paulo et n’a respecté aucune mesure sanitaire. Il a même pris la tête du cortège, le casque ouvert et, donc, sans masque.

Les autorités de l’État de São Paulo ont indiqué qu’elles avaient infligé une amende de 552 reais (environ 108 dollars) à Jair Bolsonaro, à son fils Eduardo, membre du Congrès, et au ministre des Infrastructures, Tarcisio Gomes, pour ne pas avoir porté de masque et ne pas avoir respecté les mesures de distanciation sociale lors du rassemblement. La présidence brésilienne n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.

Le Covid-19 a tué près de 485 000 personnes au Brésil

Jair Bolsonaro, qui a appelé à des rassemblements dans tout le Brésil en vue de l’élection présidentielle de l’année prochaine, n’a pas tenu compte des avertissements du gouverneur de São Paulo, João Doria, un rival politique, qui avait déclaré que le président serait condamné à une amende s’il ne respectait pas les lois de l’État.

Jair Bolsonaro s’est opposé à plusieurs reprises à João Doria et à d’autres gouverneurs au sujet des mesures imposées pour lutter contre la pandémie du Covid-19, qui a fait près de 485 000 morts au Brésil.

Le président critique régulièrement les mesures de confinement et le port du masque, et fait la promotion de médicaments tels que la chloroquine, alors que des études montrent qu’ils sont inefficaces. S’adressant à une foule de partisans brandissant des drapeaux, Jair Bolsonaro s’est à nouveau élevé contre le port du masque.

Le président a estimé que les personnes vaccinées ne devraient pas avoir à porter le masque. « Il est impossible pour une personne vaccinée de transmettre le virus », a-t-il déclaré. Il n’y a pas de consensus scientifique sur la question de savoir si les personnes vaccinées peuvent être contagieuses.

Par Le Point avec AFP

Carlos Ghosn condamné aux Pays-Bas à rembourser 5 millions d’euros à Nissan et Mitsubishi

mai 20, 2021

Le montant que l’homme d’affaires doit rembourser est égal aux paiements nets qu’il a reçus de la coentreprise entre avril et novembre 2018, a déclaré le tribunal.Par Le Figaro avec AFP et ReutersPublié il y a 3 heures, mis à jour il y a 2 heures

La justice néerlandaise a condamné Carlos Ghosn à rembourser près de 5 millions d’euros à Nissan et Mitsubishi, a-t-on appris ce jeudi. Ces revenus avaient été versés en 2018 à l’ancien patron de l’Alliance automobile Renault-Nissan-Mitsubishi par Nissan-Mitsubishi BV, la coentreprise basée aux Pays-Bas. Or, pour ces entreprises, l’homme d’affaires franco-libanais n’aurait pas dû les toucher.

Ghosn avait porté l’affaire en justice lui-même, exigeant 15 millions d’euros de compensation pour les salaires manqués et les indemnités de départ. Il affirmait que Nissan et Mitsubishi avaient violé la législation du travail néerlandaise lorsqu’ils l’ont licencié de la coentreprise basée à Amsterdam en 2019.

Mais le tribunal de district d’Amsterdam s’est rangé du côté des constructeurs automobiles, déclarant que Ghosn n’avait pas de contrat de travail valide avec la coentreprise : «il manquait la permission nécessaire du conseil d’administration» de Nissan et de Mitsubishi, a déclaré le tribunal dans un communiqué. Le contrat précédent, qui avait débuté en juillet 2012, avait expiré en avril 2018 et Ghosn doit désormais rembourser les salaires qu’il a touchés entre avril et novembre 2018, soit près de cinq millions d’euros.

Ghosn, qui a nié les actes répréhensibles, était président de Nissan et de Mitsubishi et PDG de Renault lorsqu’il a été arrêté au Japon en 2018 pour avoir sous-déclaré son salaire et utilisé les fonds de l’entreprise à des fins personnelles.

Par Le Figaro avec AFP

[Chronique] George Weah Junior condamné pour ses soirées démesurées

mai 12, 2021
Glez

Dans la ville française de Versailles, le fils du président libérien a été condamné à six mois de prison avec sursis. Sa faute : avoir organisé des fêtes trop bruyantes pour son voisinage de Saint-Germain-en-Laye.

Célébrité et entorse à la loi : c’est le cocktail indigeste qui vaut à George Weah Junior une condamnation à une peine de prison avec sursis. Ses frasques festives dans l’Hexagone sont d’autant moins pardonnables que la France des gestes barrières est en mal de bamboches et que l’opinion absout censément moins l’enfant gâté d’un dignitaire étranger, quand bien même ce dernier fut adulé comme Ballon d’or.

Certes, le délit du fils du président libérien n’a guère à voir avec les incommensurables « biens mal acquis » parisiens d’un Teodorín Obiang, ni avec les réseaux de call-girls provençaux d’un Hannibal Khadafi.

« Outrage et rébellion »

C’est pour des soirées aussi intempestives que bruyantes, à son domicile de la banlieue ouest de Paris, avant et après le début de la pandémie de Covid-19, que George Weah Junior a été interpellé, en février dernier, pour « outrage et rébellion » face à la police venue établir des procès-verbaux pour non-respect des mesures sanitaires.

DES SOIRÉES DE BOÎTES DE NUIT « À LA IBIZA » RÉCURRENTES ET TONITRUANTES PENDANT DEUX ANS

L’affaire de voisinage a été jugée au tribunal de Versailles. Ludovic Tardivel, avocat de l’un des couples de voisins du « fils de », dans la commune huppée de Saint-Germain-en-Laye, assure qu’il s’agissait moins de « petites fêtes entre amis » tolérables que de soirées de boîtes de nuit « à la Ibiza » récurrentes et tonitruantes, et ceci pendant deux ans.

Lors de ces festivités, il aurait été impossible à ses clients « de dormir paisiblement » et de « travailler tranquillement chez soi », ce qui aurait eu un « impact important sur la santé » des plaignants.

Dans une interview au journal Le Parisien, puis lors du procès, le bruyant maître de cérémonie de 33 ans présentera des excuses et évoquera d’autoproclamées circonstances atténuantes : le manque d’intention de nuire et la situation de couvre-feu « très compliquée à vivre ».

Plus de 20 000 euros à verser aux victimes

En dépit d’un passeport diplomatique brandi avec morgue, le tribunal de Versailles vient de condamner George Weah Junior à six mois de prison avec sursis – peine deux fois plus lourde que les réquisitions du parquet –, mais aussi au versement total de plus de 20 000 euros aux victimes, au titre des dommages et intérêts et du remboursement des frais de justice.

MON PÈRE EST TRÈS ÉNERVÉ ET TRÈS FÂCHÉ

Sans doute le condamné restreindra-t-il quelque temps ses émissions de décibels pour éviter que les voisins grognons ne soient remplacés par des compagnons de cellule ; peut-être aussi par peur de la chicotte d’un daron africain qui fut, lui, élevé à la dure dans un bidonville.

Un paternel resté plutôt mutique, publiquement, sur cette condamnation, mais qui n’en penserait pas moins : « Mon père est très énervé et très fâché », avait précisé le condamné dans une interview…

Par  Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.

CPI : Dominic Ongwen, l’ex-enfant soldat devenu chef de guerre, condamné à 25 de prison

mai 6, 2021
Dominic Ongwen à la Cour pénale internationale de La Haye le 6 décembre 2016.

La Cour pénale internationale a rendu son verdict, le 6 mai. Reconnu coupable de crimes de guerre et crimes contre l’humanité, l’Ougandais purgera une peine de 25 ans de prison.

Les souvenirs d’Hellen sont encore très précis. C’était le 29 avril 2004. La nuit commençait à tomber lorsque des rebelles ont attaqué. Une trentaine d’éléments de l’Armée de résistance du Seigneur (la LRA de Joseph Kony) ont fait irruption dans le camp d’Odek, dans le nord de l’Ouganda, où vivaient entre 2 000 et 3 000 personnes déplacées. Certains des assaillants avaient moins de 15 ans.

Dès qu’elle a entendu les premiers coups de feu, Hellen Adong s’est réfugiée dans sa maison avec ses enfants. Mais un soldat de la LRA parvient à enfoncer la porte et la force à quitter le camp. Enlevée pendant 24 heures, elle finira par rentrer chez elle. L’un de ses enfants, un nouveau-né trop éprouvé par l’absence, mourra quelques jours plus tard.

Au total, dix civils seront tués au cours de cette attaque, et une quarantaine enlevés. Certains sous les yeux d’Hellen Adong, qui fait partie des quelque 130 personnes qui ont témoigné au procès de Dominic Ongwen devant la Cour pénale internationale (CPI). Celui-ci s’était ouvert le 6 décembre 2016 à La Haye.

Commandant du groupe rebelle

Les hommes qui ont attaqué le camp d’Odek, ont établi les juges de la CPI, agissaient sous les ordres de Dominic Ongwen, alors âgé de 29 ans. C’est lui qui a organisé l’assaut, ordonnant à enlèvements et pillages. Selon la Cour, il obéissait lui-même aux ordres de Joseph Kony, qui estimait que les habitants d’Odek devaient être punis « pour leur manque de soutien de la LRA ».

L’Ougandais purgera une peine de 25 années de prison pour cette attaque et celles d’autres camps de réfugiés. Le 4 février dernier, la chambre de première instance de la Cour l’avait reconnu coupable de 61 crimes au total pour des faits commis entre le 1er juillet 2002 et le 31 décembre 2005, alors qu’il était le commandant de la brigade Sinia de la LRA. Il a notamment été reconnu coupable de crimes sexuels et du crime de grossesse forcée, une première dans l’histoire de la CPI.

Le procès aura aussi permis de démontrer que Dominic Ongwen a recruté et utilisé des enfants soldats. Lui-même avait été kidnappé par la LRA sur le chemin de l’école alors qu’il n’était qu’un enfant. Sa mère aurait été tuée au cours de son enlèvement. Ongwen s’était finalement enfui du groupe rebelle en 2014, avant de se rendre aux membres de la Seleka, en Centrafrique, qui l’avait elle-même remis aux Américains. Il avait ensuite été transféré à La Haye en janvier 2015.

Victime et bourreau

La défense de ses avocats a précisément reposé sur l’histoire si particulière de l’accusé, à la fois victime de la LRA et responsable de crimes commis par la LRA. « La condamnation qui sera prononcée fera jurisprudence dans la manière dont la justice sera rendue pour les anciens enfants soldats », affirmait à Jeune Afrique l’un de ses conseils, Charles Taku, à quelques jours du verdict.

Le chef de guerre Joseph Kony, le 31 juillet 2006.

« Dominic Ongwen a souffert pendant des années de l’emprise de Joseph Kony, avait eu soin d’ajouter l’avocat. Son transfert à La Haye n’est que la continuation de tout ce qu’il a subi. » Pour ses défenseurs, les problèmes de santé mentale dont souffre leur client sont également à prendre en compte. Dominic Ongwen, qui a plusieurs fois menacé de se suicider au cours de son incarcération et qui souffre de stress post-traumatique, demeure très fragile psychologiquement, affirme Charles Taku, qui avait affirmé qu’il n’était pas en état d’assister au procès.

Les juges ont toutefois décidé que l’enfance de Dominic Ongwen ne l’exonérait pas de sa culpabilité, tout en reconnaissant qu’il avait «  beaucoup souffert ». « Nous ne nions pas que Dominic Ongwen a été victime d’un enlèvement lui-même, avait déclaré le premier substitut de la procureure, Benjamin Gumpert. Mais il ne peut être exonéré de ses crimes pour autant. » Le substitut avait alors dressé un parallèle avec les victimes de crimes sexuels qui se rendaient coupables, par la suite, de crimes similaires.

Dans une déclaration adressée à la Cour, l’accusé avait nié les crimes dont on l’accusait. « Je ne peux pas demander pardon à quiconque dans le nord de l’Ouganda alors que d’autres que moi étaient corrompus et encourageaient [cette guerre] », avait-il lancé.

Pouvoirs surnaturels

Autant d’arguments rejetés par les victimes. « Dans son jugement, la chambre indique clairement que Dominic Ongwen était capable de savoir ce qu’il faisait et l’implication de ses ordres », rappelle Paolina Massidda, qui représente plus de 1 500 victimes. Elle insiste sur la « cruauté » dont Dominic Ongwen a fait preuve : « Bien sûr, les traumatismes vécus enfant peuvent affecter les personnes adultes, mais chacun peut choisir d’y répondre d’une certaine manière. La gravité des crimes qu’il a commis doit être le seul élément pris en compte par la chambre. »

Pour ses avocats, Dominic Ongwen peut d’autant moins être reconnu coupable des crimes dont on l’accuse qu’il était persuadé, comme nombre de combattants de la LRA, que Joseph Kony disposait de pouvoirs surnaturels. « Il croyait que son chef était un esprit, qu’il pouvait lire les pensées des autres hommes ou entendre certaines conversations. Parfois, on lisait la peur dans ses yeux, j’imagine qu’il se disait alors que son chef était capable d’entendre ce qu’il nous racontait », a relevé l’un des experts chargé de l’analyse psychiatrique de l’accusé au cours du procès.

Charismatique, tout-puissant, Joseph Kony, qui exerçait une réelle emprise sur ses hommes, affirmait être possédé par des esprits supérieurs, lui permettant de prévoir le futur ou de guérir les malades. Selon les Nations unies, la LRA aurait tué plus de 100 000 personnes en Afrique centrale et enlevé plus de 60 000 enfants. Dominic Ongwen est le seul membre du groupe rebelle à avoir été jugé.

Joseph Kony est, quant à lui, considéré comme étant toujours en fuite et il fait l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI. Dans le cas d’Ongwen, la défense a déjà annoncé qu’elle allait faire appel.

Avec Jeune Afrique par Marième Soumaré

Un ex-ministre de la Justice burundais condamné en France pour «traite d’être humain»

mars 26, 2021

La cour d’appel a reconnu les époux Mpozagara coupables de «traite d’être humain», «travail dissimulé» et «aide à l’entrée et au séjour irréguliers».

Un ancien ministre de la Justice burundais et son épouse ont été condamnés vendredi 26 mars à deux ans de prison avec sursis par la cour d’appel de Versailles pour avoir exploité un compatriote pendant plusieurs années à leur domicile de la région parisienne.

Ce jugement confirme la peine prononcée en première instance et reprend les réquisitions du parquet. La cour d’appel a reconnu les époux Mpozagara, qui n’étaient pas présents à l’audience, coupables de «traite d’être humain», «travail dissimulé» et «aide à l’entrée et au séjour irréguliers». Leur avocat n’a pas souhaité s’exprimer. En février dernier, Méthode S., cultivateur burundais, avait expliqué à l’audience comment il avait été «forcé» à «travailler dans la peur» pendant dix ans dans la maison du couple, qui lui avait confisqué son passeport. Ménage, repassage, jardinage, il écopait de toutes les corvées… «Si je ne le faisais pas, ils ne me donnaient pas à manger», avait-il soutenu.

En 2018, averties par une commerçante, les forces de l’ordre avaient découvert dans la villa de l’ex-ministre et ancien diplomate de l’Unesco Gabriel Mpozagara à Ville-d’Avray (Hauts-de-Seine) un homme «amaigri et manifestement apeuré» au sous-sol, dans une pièce insalubre. La cour d’appel de Versailles a également condamné les époux Mpozagara à verser des dommages et intérêts à Méthode S. à hauteur de 50.000 euros pour atteinte à la dignité et 20.000 euros au titre du préjudice affectif, le père de famille n’ayant pu voir sa femme ni ses enfants pendant des années.

Une procédure engagée devant les prud’hommes

Une procédure visant à réclamer les salaires dus est engagée en parallèle devant les prud’hommes, aucun contrat de travail ni aucune trace tangible de rémunération n’ayant été établis. La décision du tribunal «confirme qu’il n’y a pas d’impunité» pour la traite des êtres humains, «quelles que soient la fonction et la stature des prévenus», s’est félicité l’avocat du plaignant, Me Alexandre Reynaud.

Les époux Mpozagara avaient déjà été condamnés en 2007 en France mais relaxés en appel dans un dossier similaire qui concernait deux nièces venues du Burundi. Ces dernières avaient alors plaidé leur cause auprès de la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), qui a condamné la France en octobre 2012 pour avoir failli dans sa lutte contre le travail forcé. En 2013, le Parlement français a introduit dans le code pénal le travail forcé, la réduction en servitude et la réduction en esclavage.

Par Le Figaro avec AFP

France/Nicolas Sarkozy condamné: François Hollande «n’accepte pas les attaques répétées contre la justice»

mars 6, 2021

L’ancien président a défendu l’action du Parquet national financier (PNF), cible des critiques des soutiens de Nicolas Sarkozy.

François Hollande n’a pas apprécié les attaques du clan Sarkozy contre le Parquet National Financier, qu’il a lui même créé. Samedi 6 avril, dans un entretien au Parisien, il a déclaré ne pas accepter «les attaques répétées contre la justice» après la condamnation à de la prison ferme de Nicolas Sarkozy, même s’il «mesure ce que représente» cette décision pour son prédécesseur à l’Élysée.

«Je mesure ce que représente pour Nicolas Sarkozy cette condamnation à la fois sur le plan humain et sur le plan politique. C’est aussi une question d’honneur compte tenu des fonctions qu’il a exercées», affirme l’ancien chef de l’État. «En revanche ce que je n’accepte pas, ce sont les attaques répétées contre la justice et son indépendance, avec des magistrats qui sont nommément pointés du doigt», ajoute François Hollande, déplorant que le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti n’ait pas défendu «immédiatement l’institution judiciaire».

Alors que la droite a concentré ses attaques sur le Parquet national financier (PNF), qu’elle accuse d’avoir joué un rôle politique dans le procès, l’ancien dirigeant socialiste rappelle que le jugement a été rendu «par un tribunal indépendant après une enquête menée par le PNF, puis une instruction confiée à d’autres magistrats».

«Enfin les magistrats du PNF n’ont pas été choisis par moi, pas plus que par mon successeur. Ils l’ont été sur proposition du Garde des Sceaux après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature», insiste François Hollande, qui a créé le PNF en 2013 après l’affaire Cahuzac.

«Prétendre que le PNF agirait à des fins partisanes, c’est porter atteinte à l’impartialité de 18 magistrats qui travaillent en toute indépendance pour l’intérêt général», poursuit l’ex-chef de l’État. «À ceux qui comme Mme Le Pen ou M. Mélenchon se plaignent qu’il y aurait un gouvernement des juges, je dis que le temps où les politiques étaient intouchables est révolu», ajoute-t-il encore.

À propos du «soutien personnel» apporté par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à Nicolas Sarkozy, François Hollande considère qu’«en ces circonstances», cela «ne (le) heurte pas».

Il estime par ailleurs que la «meilleure façon de combattre» le Rassemblement national, «ce n’est pas de se présenter juste comme une solution contre l’extrême droite, mais comme une solution pour le pays». Et juge à propos de la gauche que «ce n’est pas la division qui est la plus inquiétante» mais «le fait qu’il n’y ait pas une ligne politique qui puisse s’affirmer et être capable de rassembler» en vue de 2022.

Par Le Figaro avec AFP