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Élections en RDC : Kinshasa accuse les évêques de critiques antidémocratiques

juillet 3, 2014

Kinshasa – Le gouvernement de Kinshasa a accusé jeudi les évêques catholiques de la République démocratique du Congo de violer l’ordre démocratique des choses en critiquant comme ils l’ont fait son projet de modification constitutionnelle destiné à modifier la loi électorale.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a déploré mardi la décision prise par le gouvernement de tenir au scrutin indirect les prochaines élections des députés des parlements des onze provinces du pays (retardées à plusieurs reprises), quand la Constitution stipule qu’ils doivent être élus directement.

Ce faisant, la Cenco se lance dans un débat politique où elle donne l’impression de croire, à tort, que les options fondamentales relèvent du dogme, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende lors d’une conférence de presse, avant d’ironiser : Déformation professionnelle peut-être.

Croire que la [Cenco] peut imposer [sa préférence pour le scrutin direct] à la nation en se substituant au législateur attitré […] ou à l’administration électorale constitutionnelle […] vouloir cela, n’est pas dans l’ordre démocratique des choses, a ajouté M. Mende.

Le porte-parole, a également reproché à l’Église de tomber dans le procès d’intention en déclarant être opposée à toute modification ou altération de la substance de l’article 220 de la Constitution, selon lequel le nombre et la durée des mandats du président de la République […] ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle.

Soupçonnant le président Joseph Kabila de chercher à tout prix à s’accrocher au pouvoir au-delà de la présidentielle prévue pour 2016, à laquelle il ne pourra pas se représenter, la majeure partie de l’opposition congolaise met en garde depuis plusieurs mois contre les projets qu’elle prête au chef de l’Etat de modifier la Constitution.

Il est regrettable que la Cenco s’en fasse l’écho, a estimé M. Mende.

M. Kabila est arrivé à la tête du Congo en 2001 par succession monarchique à la mort de son père, Laurent Désiré Kabila, qui avait chassé du pouvoir par les armes le dictateur Mobutu Sese Seko en 1997.

Élu président en 2006 à l’issue des premières élections libres depuis l’indépendance du pays en 1960, il s’est maintenu à la tête de l’État en 2011 à l’issue d’élections à la légitimité contestée par la communauté internationale et l’opposition.

Dans son message de mardi, intitulé Protégeons notre nation. Pour un processus électoral apaisé et porteur d’un avenir meilleur, la Cenco a souhaité que l’élection présidentielle de 2016 soit l’occasion d’une transition véritablement démocratique et a exhorté M. Kabila à s’effacer du pouvoir à cette date.

Dans ce texte, la Cenco recommande au Parlement de s’abstenir de voter des modifications constitutionnelles susceptibles de rompre un vouloir-vivre collectif et des valeurs fondamentales acceptées par l’ensemble du peuple.

M. Mende a qualifié cette exhortation d’injonction comminatoire dont il a remis en question la légalité et la légitimité.

Romandie.com avec(©AFP / 03 juillet 2014 15h00)

RDC : les évêques demandent à Kabila de partir en 2016

juillet 1, 2014
En 2016, Joseph Kabila arrive à la fin de son deuxième mandat. © AFP

En 2016, Joseph Kabila arrive à la fin de son deuxième mandat. © AFP

Dans un communiqué rendu public mardi, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a exhorté le président Joseph Kabila à ne pas briguer un troisième mandat en 2016 pour permettre une alternance démocratique en RDC.

En 2016, Joseph Kabila partira, ou partira pas ? La question ne cesse d’alimenter les débats à Kinshasa. Le président congolais, lui, continue d’entretenir le suspense : aucun mot sur la question lors de son discours à la nation le 29 juin à la veille de la commémoration du 54e anniversaire de l’indépendance du pays. Un silence qui a poussé les évêques de la RDC à prendre les devants, dans un communiqué publié le 1 juillet, pour l’exhorter à ne pas se représenter à la présidentielle prévue en 2016.

La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a également appelé la population congolaise à « faire preuve de vigilance pour s’opposer par tous les moyens légaux et pacifiques à toute tentative de modification des articles verrouillés de la Constitution ».

La Constitution actuelle du pays stipule en effet que « le président de la République est élu au suffrage universel pour un mandat de cinq ans renouvelable une seule fois ». Et cette disposition est verrouillée par l’article 220, selon lequel « le principe du suffrage universel et le nombre et la durée des mandats du président de la République (…) ne peuvent faire l’objet d’aucune révision constitutionnelle ».

« Il faut respecter la Constitution »

« Ce que dit la Constitution est clair, a déclaré le porte-parole de la CENCO, l’abbé Léonard Santedi, lors d’une conférence de presse. C’est pourquoi, les évêques disent cinq ans renouvelables une fois, c’est tout. Pour nous, il faut respecter la Constitution ».

Le message de la Cenco publié à l’issue d’une assemblée plénière des évêques va plus loin et « désapprouve également toute sorte d’initiative qui, sans modifier directement l’article 220, viserait à le vider de son contenu essentiel, alors que celui-ci a été conçu pour assurer la stabilité du pays et garantir la nature de l’État congolais, qui est une République et non une monarchie ». Allusion faite au projet de révision constitutionnelle annoncé début juin par le gouvernement congolais qui voudrait notamment organiser l’élection des députés provinciaux en 2015 au scrutin indirect alors que, constitutionnellement, cette consultation doit avoir lieu au scrutin direct.

Les évêques, qui avaient déjà mis en garde en février contre une telle manœuvre, critiquent cette décision qui, estiment-ils, « privera le peuple de son droit de désigner ses gouvernants ».

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC: des milliers de chrétiens marchent contre la guerre dans l’est

août 1, 2012
RDC: des milliers de chrétiens marchent contre la guerre dans l'est RDC: des milliers de chrétiens marchent contre la guerre dans l’est © AFP

Des milliers de chrétiens ont défilé pacifiquement à Kinshasa contre la guerre qui oppose depuis mai l’armée à des mutins regroupés dans la province instable du Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a constaté l’AFP.

Les marcheurs, qui ont observé une minute de silence et ont aussi défilé à l’intérieur du pays, se déplaçaient par groupes de plusieurs dizaines ou plusieurs centaines avec des bibles et des chapelets, et en priant et chantant, a constaté une journaliste de l’AFP.

En début d’après-midi, ils étaient au moins 100. 000 à avoir rejoint les différents points de chute, selon l’abbé Léonard Santedi, secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), qui est à l’initiative de cette « marche de l’espérance pour la paix ».

Sur les calicots et les pancartes, un message revenait souvent: « Non à la balkanisation de la RDC ». Une référence aux mutins se réclamant du Mouvement du 23 mars, issus de l’ex-rébellion congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), et soutenus par le Rwanda voisin selon l’ONU et des ONG -une accusation que réfute Kigali.

Dans le reste du pays, la marche a été bien suivie, surtout à Bukavu, capitale du Sud-Kivu, selon l’abbé Santedi. En revanche, rien n’a été organisé à Goma, première ville du Nord-Kivu, a constaté un journaliste de l’AFP dans cette ville

Jeuneafrique.com avec AFP

RDC : le cardinal Monsengwo, l’indigné de la République

janvier 27, 2012

http://platform.twitter.com/widgets/hub.1326407570.htmlDepuis qu’il a contesté les résultats de la présidentielle en  République démocratique du Congo, déclenchant l’ire du pouvoir, l’archevêque de  Kinshasa est victime de lynchage dans les médias officiels congolais. Mais le  cardinal Laurent Monsengwo en a vu d’autres…

Le 12 janvier, au terme d’une assemblée plénière de trois jours, la  Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a publié à Kinshasa un « message aux  fidèles catholiques et à l’ensemble du peuple congolais ». Elle y conteste la crédibilité des résultats de la  présidentielle du 28 novembre dernier et apporte tout son soutien au  cardinal Laurent Monsengwo Pasinya, critiqué avec virulence par le pouvoir  depuis sa déclaration similaire, le 12 décembre. En novembre 2010,  quelques jours avant qu’il ne soit créé cardinal par Benoît XVI, il déclarait à  des confrères : « Je n’aurai pas peur d’annoncer l’Évangile. Je n’aurai pas  peur de dénoncer, bien qu’en des termes courtois, mais des termes fermes,  suffisamment clairs. »

Après sa sortie remarquée du 12 décembre, le prélat prenait le chemin de  Rome. Certains y ont vu une convocation du pape pour lui remonter les bretelles. « Ce n’est pas vrai, confie l’un de ses proches. Benoît XVI savait déjà que  le cardinal allait prendre cette position. Radio Vatican a réservé un large écho  à ses propos. Ensuite, il a été nommé, au cours de ce déplacement, membre du  Conseil pontifical de la culture et de la communication. » Revenu à  Kinshasa, l’archevêque a suivi, « d’abord sereinement », le lynchage  médiatique orchestré par le pouvoir. Puis « il a été peiné de voir  certaines personnalités pour lesquelles il avait du respect passer à la  télévision nationale pour débiter des inepties », selon un membre de son  entourage. La contre-offensive est arrivée le 7 janvier. Dans l’avant-midi  de ce jour-là, une messe est célébrée à la paroisse Saint-Joseph, à Matonge.

Jusqu’où peut aller Monsengwo en  RDC

L’abbé Pierre Bosangia lit une homélie au ton ferme : « S’il est vrai  que « toute autorité vient de Dieu » […], il n’en est pas moins vrai que tout  exercice de l’autorité ne vient pas de Dieu. Car, on le sait, l’on ne peut obéir  qu’à une autorité légitime et à des lois justes, et non, par exemple, à une  prescription issue de la tricherie. » Cette homélie a-t-elle été inspirée  par le cardinal ? « Non, répond l’un des concepteurs du texte. C’est le  fruit d’une concertation au niveau de l’archevêché, à laquelle des laïcs ont  également participé. » Jusqu’où le primat peut-il aller ? « Pas plus  loin que la dénonciation de l’imposture et de la tricherie. Le dernier mot  appartient au peuple », souligne notre interlocuteur.

Dans les années 1990, en sa qualité de président de la Conférence épiscopale  du Zaïre, l’actuel cardinal avait présidé les travaux de la Conférence nationale  souveraine, jusqu’à devenir président du Haut Conseil de la République-Parlement  de transition. Il dut essuyer de nombreuses critiques. On l’accusait de  rechercher une troisième voie, un troisième homme qui ne devait être ni Mobutu  ni Tshisekedi, mais Kengo wa Dondo (la même accusation a été  reprise par les kabilistes). Pourtant, affirme l’ancien ministre des Affaires  étrangères Kamanda wa Kamanda, « il voulait simplement trouver une voie  médiane entre le radicalisme de Tshisekedi et l’intransigeance des faucons  mobutistes ».

Ses relations avec Laurent-Désiré Kabila n’ont pas été des meilleures. À  l’époque archevêque de Kisangani, il se vit plus d’une fois confisquer son  passeport. Avec l’actuel président, c’est un autre type de relations, mi-figue,  mi-raisin. Les moments les plus critiques restent la dénonciation par le  cardinal, en février 2011, de la révision constitutionnelle. Et  son absence remarquée aux cérémonies marquant le 10e anniversaire de  l’assassinat de Laurent-Désiré Kabila. À bientôt 73 ans, le cardinal, féru  de musicologie et polyglotte (il parle quatorze langues), est plus que jamais  combatif.

Jeuneafrique.com par Tsitenge Lubabu