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Crise au sein du FCC-Cach en RDC : Félix Tshisekedi appelle au calme

juillet 17, 2020

Félix Tshisekedi, lors d'une visite officielle à Brazzaville, le 16 juillet 2020.

Félix Tshisekedi, lors d’une visite officielle à Brazzaville, le 16 juillet 2020. © DR / Présidence congolaise

 

Alors que les dissensions au sein de l’alliance politique entre ses partisans et ceux de Joseph Kabila ne cessent de s’accentuer, Félix Tshisekedi a lancé jeudi un appel « au calme et au rassemblement ».

« La démarche du président que je suis est celle d’appeler toujours au calme et au rassemblement (…). Nous n’allons pas vers une rupture de la coalition », a déclaré jeudi le président Tshisekedi, lors d’une conférence de presse à Brazzaville où il a effectué une brève visite.

« Nous allons trouver une solution »

Interrogé sur les tensions qui agitent la coalition au pouvoir à Kinshasa, entre le Cap pour le changement (Cach, pro-Tshisekedi) et le Front commun pour le Congo (FCC, fidèle à l’ancien président Joseph Kabila), il a assuré qu’il y a en ce moment « des délégués des deux camps qui se voient et qui discutent. (…) Donc nous allons trouver une solution ».

Les partisans de Tshisekedi et Kabila s’affrontent notamment sur une réforme de la magistrature, et sur la désignation de Ronsard Malonda comme nouveau président de la Commission électorale.

Conflit avec la Zambie

Lors de cette conférence de presse, Félix Tshisekedi a également évoqué le conflit frontalier entre son pays et la Zambie. « Nous n’avons jamais compris l’attitude de la Zambie avec qui nous avons eu d’ailleurs plusieurs explications », a affirmé le président Tshisekedi.

Denis Sassou Nguesso accompagne les deux pays « par ses conseils » et « ses appels à la retenue »

Au Tanganyika, à l’extrême sud-est de la RDC, l’armée congolaise a été placée en « état d’alerte » face aux forces zambiennes accusées d’occuper quelques villages. « On va dire que la situation est calme en attendant que la SADC (Communauté des États de l’Afrique australe) nous aide à retracer les frontières qui datent de l’époque coloniale et à nous débarrasser définitivement de ce problème », a-t-il ajouté.

Médiateur régional, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso accompagne les deux pays « par ses conseils » et « ses appels à la retenue », a ajouté Félix Tshisekedi après sa rencontre avec son homologue.

Les deux Chefs d’Etat ont en outre abordé la pandémie du Covid-19, appelant « au renforcement de la solidarité internationale » et insistant sur la nécessité « qu’un futur vaccin contre le nouveau coronavirus soit un bien public mondial », selon le communiqué final de leur rencontre.

Avec Jeune Afrique avec AFP

Congo: Invitation pour une rencontre citoyenne

février 21, 2020

OCDH et la Plateforme des ONG pour les droits humains et la démocratie vous invitent à une conférence débat le samedi 29 février 2020. Les détails sont sur l’affiche.

Photo de BrazzaNews.
Avec Brazzanews

Congo-Brazzaville : Denis Sassou Nguesso, porte-parole de l’Afrique centrale à la COP 25

novembre 21, 2019

Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville.

Denis Sassou Nguesso, président du Congo-Brazzaville. © Wang Zhao/AP/SIPA

 

Lors de la prochaine COP, qui s’ouvrira à Madrid le 2 décembre, le président congolais annoncera l’opérationnalisation du Fonds bleu, destiné à préserver le Bassin du Congo, deuxième réservoir de carbone du monde.

Après les désistements successifs du Brésil, à la suite de l’élection du climatosceptique Jair Bolsonaro, puis du Chili pour cause de situation politique instable, c’est à Madrid en Espagne que s’ouvrira le 2 décembre la 25e Conférence des parties (COP) sur les changements climatiques.

Pour cet événement, auquel 25 000 délégués sont attendus, la plupart des chefs d’États et de gouvernements européens seront présents – Emmanuel Macron et Angela Merkel en tête. Les présidents chinois Xi Jinping et russe Vladimir Poutine devraient également faire le déplacement.

Une douzaine de chefs d’État africains

Quid de l’Afrique ? Le secrétariat de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), organisatrice de l’événement, annonce la participation d’une douzaine de chefs d’État du continent, dont le Sud-Africain Cyril Ramaphosa et le Congolais Denis Sassou Nguesso.

En tant que président de la Commission climat du bassin du Congo (CCBC), ce dernier annoncera à Madrid l’opérationnalisation du Fonds bleu, instrument financier de la Commission ouvert aux bailleurs de fonds publics et aux investisseurs privés intéressés. 110 projets, pour un montant de 3 à 5 milliards de dollars, ont d’ores et déjà été identifiés dans les seize pays membres de la CCBC par l’étude de préfiguration menée avec l’appui du Pnud et du cabinet d’audit Ernst & Young.

Élément-clé du soft power diplomatique du Congo, la préservation du triptyque eau-forêt-biodiversité qui fait de cette région, riche par ailleurs en zones de tourbières et de mangroves, l’un des poumons de la planète, a un besoin urgent de financements responsables et durables. Un plaidoyer auquel Denis Sassou Nguesso, présent à quasiment toutes les conférences de ce type depuis le sommet de la Terre de Rio en 1992, est parfaitement rodé.

Jeuneafrique.com

Congo: Un sapeur Congolais enterré à Bifouiti dans un cercueil fabriqué en forme de chaussure

juin 26, 2019

 

 

Photo de CongoNews 242.
Un sapeur congolais enterré dans un cercueil-chaussure
portant les labels de Djodjo Armani et Jean-Marc Weston.
Avec Brazzanwes.fr

Dette: le Congo-Brazzaville veut négocier avec ses créanciers

octobre 5, 2017

Brazzaville – Le Congo-Brazaville a annoncé jeudi qu’il voulait négocier avec ses créanciers pour « reprofiler ou refinancer » sa dette estimée à 110% du PIB par le Fonds monétaire international (FMI) qui vient de boucler une mission dans ce pays pétrolier d’Afrique centrale.

« Le contexte actuel commande que des mesures immédiates soient prises pour améliorer la situation de la dette », indique le gouvernement congolais dans un communiqué à l’issue de la mission du FMI conduite du 26 septembre au 4 octobre.

« La République du Congo souhaite accélérer les négociations pour parvenir à un programme soutenu par le FMI, tout en préservant les acquis sociaux », indique encore le communiqué alors qu’un tel programme a déjà été conclu avec d’autres pays d’Afrique centrale frappés par la chute des prix du pétrole.

Dans son propre communiqué, le FMI a évalué la dette du Congo « à environ 110 pour cent » du Produit Intérieur Brut (PIB), soit « 5.329 milliards de francs CFA (à peu près 9,14 milliards de dollars américains) », sans « les dettes litigieuses ni les arriérés intérieurs accumulés depuis 2014 ».

Le FMI avait confirmé début août que le Congo avait caché une partie de sa dette, que Brazzaville évaluait en mars à 77% de son PIB.

« L’activité économique continue de se contracter, tandis que les dépôts du gouvernement diminuent », s’inquiète la mission du FMI, qui évoque « un éventuel programme soutenu par le FMI pour rétablir la stabilité macroéconomique et promouvoir une croissance soutenue et inclusive ».

Ces discussions avec le FMI ont été initiées avec les autres pays d’Afrique centrale (Gabon, Guinée-Equatoriale, Cameroun, Tchad, Centrafrique) à l’issue d’un sommet à Yaoundé fin décembre en présence de la directrice générale Christrine Lagarde.

Une dévaluation du franc CFA avait été écartée moyennant l’intervention du FMI dans ces pays frappés par la crise du pétrole.

Le FMI a ainsi accordé en juin un prêt de 642 millions de dollars au Gabon.

Romandie.com avec(©AFP / 05 octobre 2017 16h30)                                            

Congo: Sassou Nguesso crée une fausse rébellion pour tenter de se maintenir au pouvoir

avril 4, 2016
Auteur: Direct-Brazza

Sassou Nguesso crée une fausse rébellion pour tenter de se maintenir au pouvoir

Depuis ce matin à 2h30, la zone sud de Brazzaville connait une situation de rébellion montée par Sassou Nguesso et ses acolytes pour essayer de sauver « leur » pouvoir et arrêter Parfait KOLELAS.

Une fausse rébellion a été montée de toute pièce pour faire croire aux yeux du monde qu’il s’agit des Ninjas de Ntoumi à la solde de Parfait KOLELAS.

En réalité depuis que la CTE a publié les résultats qui donnent Sassou Nguesso battu dès le premier tour, le pouvoir de Brazzaville ne sait plus quoi faire d’autant plus que cette CTE est reconnue par les institutions internationales comme l’OIF, OUA et l’Union Européenne.

Sassou Nguesso veut faire croire aux congolais que Parfait KOLELAS veut récupérer sa victoire par la force.

Au moment où nous écrivons ces lignes, les hélicoptères de Sassou pilonnent les quartiers Sud de Brazzaville.

Sassou doit laisser ses manigances qui n’ont pour objectifs que de mettre en place l’Etat d’urgence et s’accrocher au pouvoir alors qu’il a été battu aux urnes le 20 Mars.

Ci-dessous, quelques images prises ce matin à Br

Avec Zenga-mambu.com

Congo: IDC-Frocad rend visite à Jean-Marie Michel Mokoko

février 23, 2016

 

Congo-Brazzaville : la date du référendum constitutionnel fixée au 25 octobre

octobre 6, 2015
Denis Sassou Nguesso sera-t-il candidat à l'élection présidentielle de 2016 ? © Vincent Fournier/J.A.

Denis Sassou Nguesso sera-t-il candidat à l’élection présidentielle de 2016 ? © Vincent Fournier/J.A.

La date du référendum constitutionnel voulu par le président Denis Sassou Nguesso a été fixée au 25 octobre, selon une annonce officielle diffusée à la télévision publique lundi soir. Le projet de nouvelle loi fondamentale autorise l’actuel chef de l’État à se représenter à la présidentielle prévue à la mi-2016.

Selon l’annonce qui a été faite lundi 5 octobre au soir, le projet de Constitution qui sera soumis par référendum au vote des Congolais le 25 octobre fait sauter l’actuel verrou de limitation des mandats présidentiels. Il prévoit un mandat de cinq ans (contre sept actuellement), renouvelable deux fois. Aucune limite haute pour l’âge des candidats n’est prévue (elle est de 70 ans actuellement), seul un âge minimum de 30 ans serait instauré.

Le même projet prévoit également la recréation du poste de Premier ministre qui deviendra « le chef du gouvernement, à la place du chef de l’État ».

Plus de 30 ans à la tête du Congo

Si le projet était adopté, l’actuel président congolais, Denis Sassou Nguesso (DSN), âgé de 72 ans, pourrait se présenter à la présidentielle prévue pour mi-2016. En son état actuel, la loi fondamentale l’en empêche, limitant le nombre de mandats à deux successifs. DSN cumule plus de 30 ans à la tête du Congo, ayant d’abord occupé les plus hautes fonctions entre 1979 et 1992, puis après 1997. Élu une première fois en 2002 sous le régime de l’actuelle Constitution, il a été réélu en 2009.

Appel à manifester et réactions de l’opposition

Avant même l’annonce de la date du référendum, les partisans de la nouvelle Constitution ont appelé à manifester le 10 octobre à Brazzaville. Le 27 septembre, des dizaines de milliers de personnes avaient défilé dans les rues de la capitale congolaise aux cris de « Sassoufit ! », «  »Non au troisième mandat ! », « Sassou dégage ! »,  » Non au référendum ».

« Le président Sassou Nguesso est sur un schéma préétabli de changer la Constitution et se maintenir au pouvoir », mais « il se trompe d’époque’, a déclaré à l’AFP Pascal Tsaty Mabiala, premier secrétaire de l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS), premier parti d’opposition, au lendemain de l’annonce du référendum.

« Nous nous opposerons jusqu’au bout. [M. Sassou] compte sur la force brutale qui est éphémère et nous comptons sur le soutien populaire », a ajouté M. Tsaty, dont la formation appartient au Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad).

« Il doit retirer son texte »

« La Cour constitutionnelle lui a donné un avis pour faire évoluer les institutions mais il nous sert un changement de constitution. C’est finalement la ruse et la malice. Il doit retirer son texte », a-t-il ajouté.

« Le président est dans sa logique et tient coûte que coûte à réaliser son coup d’État constitutionnel », a déclaré pour sa part Clément Miérassa, président du Parti social démocrate congolais (PSDC), autre formation membre du FROCAD.

« C’est à la fois triste et désolant pour la démocratie congolaise et africaine en général. Pour nous, la lutte sera menée jusqu’au bout pour s’opposer à son projet qui ne repose sur aucune base juridique », a-t-il ajouté.

Jeuneafrique.com

Les Jeux africains de retour au Congo-Brazzaville

septembre 1, 2015

    Point névralgique du nouveau complexe sportif, le stade de Kintélé (60 000 places). © BAUDOUIN MOUANDA POUR J.A


Point névralgique du nouveau complexe sportif, le stade de Kintélé (60 000 places). © BAUDOUIN MOUANDA POUR J.A

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Ville hôte des premiers Jeux africains en 1965, la capitale congolaise accueillera de nouveau, du 4 au 19 septembre, le plus grand rendez-vous sportif du continent, dernier moment de répit politique avant l’élection présidentielle de 2016.

En foulant le gazon à la coupe londonienne du stade de Kintélé, Joseph-Antoine Bell a dû retrouver des sensations qu’il n’avait plus connues depuis le « Chaudron » stéphanois. Invité à Brazzaville par le président Denis Sassou Nguesso le 19 juillet, l’ancien footballeur camerounais et ex-gardien de but des Lions indomptables a pu découvrir en avant-première les installations construites pour recevoir la 11e édition des Jeux africains, du 4 au 19 septembre.

Il a marché devant les tribunes que quelques ouvriers finissaient de garnir de leurs sièges multicolores, le long de la piste d’athlétisme… comme pour un tour d’honneur. Ou plutôt « en l’honneur » d’un stade de plus de 60 000 places qui, s’il n’est pas encore baptisé, « rivalise avec les meilleurs équipements de la planète », comme l’a souligné Jean-Jacques Bouya, ministre à la présidence chargé de l’Aménagement du territoire et délégué général aux grands travaux.

Cinquante ans après avoir accueilli les tout premiers Jeux africains, Brazzaville a mis les petits plats dans les grands pour offrir aux 51 délégations participantes et aux milliers d’athlètes inscrits une quinzaine olympique inoubliable. Et toutes les infrastructures seront prêtes à temps pour que la fête soit réussie.

Stade olympique

Situé à 15 km au nord de la capitale, le complexe sportif de Kintélé s’étend sur 80 hectares. Outre le stade olympique, il dispose également d’un palais des sports de plus de 10 000 places, d’un centre nautique pouvant accueillir plus de 2 000 spectateurs, d’un immeuble pour l’administration et les médias, ainsi que d’autres équipements, notamment médicaux et logistiques, nécessaires au bon déroulement d’une compétition de cette envergure.

Le tout articulé autour du stade (construit par la China State Construction Engineering Corporation), qui du haut de ses 50 m domine le plateau jusqu’au fleuve Congo. Recouvert de sa carapace métallique dorée, il semble rayonner tel un astre, se reflétant sur les façades vitrées de la douzaine de bâtiments environnants établis sur le campus de la future université Denis-Sassou-Nguesso, dont la construction est en cours.

En respectant les délais imposés, le Congo a déjà remporté son premier pari. Même si, pour être sûr de son coup, l’État a dû mobiliser près de 600 millions d’euros, au moment où la chute des cours internationaux du pétrole est venue grever son budget.

Une économie sous pression

De fait, le pays est économiquement sous pression puisqu’il a perdu près de la moitié de ses recettes en quelques mois, sans ralentir le rythme des grands chantiers qu’il a lancés à travers le pays ces dernières années. Selon le FMI, la dette publique représente actuellement 36,5 % du PIB, contre 20 % en 2010. L’État a dû faire face à une accumulation de ses créances qui a provoqué d’importants retards de paiement, au point que plusieurs entreprises de BTP étrangères ont gelé pour un temps les travaux.

Et la croissance globale annuelle devrait ralentir pour passer de 6,8 % en 2014 à seulement 3 % dès cette année et jusqu’en 2020, ainsi que l’a souligné l’économiste du Fonds, Dalia Hakura, à l’issue de son séjour à Brazzaville, le 1er juin.

Lors de la précédente mission du FMI dans le pays, en mars, elle avait fait remarquer que « les autorités de la République du Congo continu[ai] ent de subir des pressions en faveur d’une augmentation des dépenses pour les Jeux africains à l’automne 2015 ». Une façon de se demander, à l’instar des Congolais, si le pays a besoin de cet événement dans la conjoncture actuelle.

DR
Les Jeux en mascotte et en chiffres. © DR

Le sport pour gagner du temps en politique

Question de point de vue… En substituant à l’agenda politique le calendrier sportif, à quelques mois d’un scrutin présidentiel attendu pour la mi-2016, Denis Sassou Nguesso semble s’acheter un peu de temps pour préparer la nation à son éventuelle candidature. Âgé de 72 ans, élu en 2002 et réélu en 2009, le chef de l’État ne peut pas briguer un troisième septennat l’an prochain… à moins que la Constitution de 2002 ne soit modifiée ou que le pays n’en élabore une nouvelle.

S’il maintient le flou quant à ses intentions, Denis Sassou Nguesso a multiplié ces derniers mois les consultations pour prendre la température du pays. Les discussions ont culminé lors des journées du dialogue national, qui se sont tenues du 13 au 17 juillet à Sibiti (à 250 km à l’ouest de Brazza), pour « organiser au mieux les prochains scrutins et faire évoluer les institutions ».

Ce dialogue a sans surprise été boudé par les principaux partis d’opposition, regroupés depuis février au sein du Front républicain pour le respect de l’ordre constitutionnel et l’alternance démocratique (Frocad), opposé à la modification de la loi fondamentale comme à une nouvelle Constitution. Mais les 630 représentants des partis de l’alliance présidentielle et de la société civile présents en ont décidé autrement et ont appelé à un changement de la Constitution plutôt qu’à sa simple révision. Ce qui aboutirait donc à l’avènement d’une nouvelle République.

Les conclusions, désormais sur le bureau du chef de l’État, ne sont certes pas aussi consensuelles que la majorité veut bien le dire, mais le plus important est ailleurs. Au président de décider désormais de la suite à donner à ce que ses détracteurs appellent « le monologue », lequel préconise d’instaurer un quinquennat renouvelable, de renforcer les pouvoirs du Parlement ou encore de donner un statut à l’opposition. Plutôt que de passer en force, le chef de l’État devrait choisir la voie référendaire pour entériner un nouveau texte avant la fin de cette année. Mais aucune annonce sur ce sujet ne devrait survenir avant la fin des Jeux. Place au sport !


LUMIÈRE SUR 1965

Pierre de Coubertin en rêvait, le Congo l’a fait. Le baron français avait espéré qu’ils se tiennent à Alger en 1925, un an après les Jeux olympiques de Paris. Mais les premiers Jeux africains ont dû attendre les indépendances pour prendre, en 1965, le relais des Jeux de l’amitié (qui étaient réservés aux pays francophones).

L’émotion était donc à son comble et les gradins entièrement remplis au stade omnisports de Brazzaville lorsque, le 18 juillet, le président congolais Alphonse Massamba-Débat déclara solennellement ouverts les premiers Jeux africains face aux 30 délégations alignées devant lui, prêtes à s’affronter dans dix disciplines. À l’heure du palmarès, le 25 juillet, la République arabe unie (nom officiel de l’Égypte jusqu’en 1971) se tailla la part du lion en remportant 17 des 54 médailles d’or, loin devant le Nigeria et le Kenya, qui l’encadraient sur le podium (avec respectivement 9 et 8 médailles d’or).

L’honneur fut sauf pour le Congo qui, grâce à la médaille d’or remportée par les Diables rouges, l’équipe nationale de football, termina dixième au classement (ex aequo avec le Cameroun). Reconnus par le Comité international olympique dès 1965, les Jeux africains ont lieu tous les quatre ans. Leur préparation est pilotée par l’Association des comités nationaux olympiques d’Afrique et le Comité d’organisation des Jeux africains du pays hôte.

Jeuneafrique.com par Olivier Caslin

Congo-Brazzaville – Football : le fétichisme, tabou des Diables rouges

août 27, 2015

Dessin Dom. © Dom

Au sein de l’équipe nationale comme dans la plupart des sélections sur le continent, le fétichisme fait plutôt bon ménage avec le football.

Plus ils y sont sensibles, moins ils en parlent. La simple évocation d’un article sur les fameux grigris fait fuir les interlocuteurs, y compris les habitués des médias et ceux qui ne sont pas nés ou ne vivent pas sur le continent.

Ainsi, plusieurs joueurs congolais ont poliment décliné l’invitation qui leur avait été faite de parler (même sous le couvert de l’anonymat) de l’impact des différentes croyances au sein de la sélection. « Voyez plutôt avec untel, il est beaucoup plus à l’aise sur la question… » Et untel, bien sûr, ne décrochera jamais.

« Cela ne m’étonne pas vraiment, s’amuse Claude Le Roy, le sélectionneur des Diables rouges. Ils sont presque tous très croyants et le fétichisme reste assez présent, mais ils gardent cela pour eux, c’est quelque chose de très personnel. Les grigris font partie de la culture africaine, même si j’ai parfois le sentiment que le phénomène a un peu perdu du terrain au profit de la religion. »

Et le Français d’ajouter : « Je pars toujours du principe qu’en Afrique je ne suis pas chez moi et que je dois m’adapter à la culture du pays où je vis. Même si l’entraîneur que je suis doit aussi veiller à ce que ces choses personnelles ne perturbent ni mon travail ni la vie du groupe. »

Si un joueur écoute uniquement son marabout, cela peut avoir des effets désastreux. »

Le Roy, qui connaît l’Afrique par cœur pour avoir trimbalé sa longue tignasse blonde au Cameroun (deux fois), au Sénégal, en RD Congo (deux fois), au Ghana et, depuis la fin 2013, au Congo, assure n’avoir jamais empêché un joueur d’avoir recours aux services de son marabout.

« À une condition, précise-t-il. C’est que l’on ne m’impose pas cette personne dans mon staff technique. Je ne dis pas cela au hasard, car je sais que c’est déjà arrivé… Et si un joueur se met à écouter uniquement son marabout, cela peut avoir des effets désastreux. »

Depuis Bamako, où il entraîne désormais le prestigieux Stade malien, Kamel Djabour (qui a dirigé la sélection congolaise en 2012-2013) se souvient du ballet incessant qui rythmait les veilles de match des Diables rouges. « Les joueurs reçoivent beaucoup de visites. Et ce ne sont pas seulement des membres de la famille… Mais ils sont très discrets. Il peut y avoir un féticheur par joueur. J’ai cependant remarqué que ces pratiques concernaient davantage ceux qui sont nés au Congo. Les “Européens” y sont beaucoup moins sensibles, pour des raisons de culture, mais aussi parce qu’ils n’ont pas les réseaux sur place. »

Beaucoup de superstitions

S’il n’a jamais rien vu, le technicien franco-algérien affirme qu’il y a encore beaucoup de superstitions. « Ils sont très discrets, mais je sais que certains joueurs cachent de petits objets fétiches dans les shorts, les chaussettes et les chaussures avant d’entrer sur le terrain. »

À Pointe-Noire, où joue souvent la sélection nationale, « des gens viennent bénir le stade, et cela n’est pas gratuit », souligne par ailleurs Kamel Djabour, rappelant que si ces pratiques constituent un véritable business, le recours au fétichisme se fait en tête à tête, dans l’intimité d’une chambre ou dans un coin de vestiaire. « C’est tout le contraire pour la religion, constate Claude Le Roy. On dit que c’est quelque chose de très personnel mais, dans de nombreuses équipes de football, les joueurs prient avant les matches, et parfois même avant les entraînements. Ils se réunissent entre eux et font une prière collective. »

L’influence des Églises évangéliques

Comme d’autres pays africains à forte majorité chrétienne, le Congo connaît aussi, depuis une quinzaine d’années, l’influence grandissante des Églises évangéliques, souvent plus démonstratives dans leurs pratiques, notamment au sein des courants pentecôtistes et baptistes.

Jeune retraité de 36 ans et ex-membre éminent de la sélection congolaise, Oscar Ewolo, qui a longtemps été capitaine des Diables rouges et défenseur de clubs français (Brest, Amiens, Lorient, Laval), est d’ailleurs devenu pasteur évangélique en Bretagne.

« Il y a aussi eu une mode venue du Brésil. Pendant la Coupe du monde de 2002, on voyait beaucoup les joueurs brésiliens prier à genoux, tous ensemble, au milieu de la pelouse », rappelle Le Roy, qui ignore la proportion réelle d’évangéliques au sein de son effectif.

« On compte aussi quelques musulmans, des non-croyants, et en tout cas aucun problème confessionnel, souligne-til. Celui qui ne croit pas en Dieu et ne veut pas participer à la prière ne sera pas mal considéré par les autres. » S’il laisse chacun vivre ses croyances et sa foi comme il l’entend, le coach ne tolère cependant aucun prosélytisme dans son vestiaire. « Mieux vaut que je ne le sache pas… »

Jeuneafrique.com par Alexis Billebault