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EXCLUSIF. Affaire PAKO : où sont passés les résultats de l’autopsie ? Me William Bourdon s’est constitué pour défendre la famille Kolelas

avril 3, 2021

La mort de l’opposant congolais Guy Brice Parfait Kolelas dans des circonstances troubles pour ses proches malgré la thèse du Covid-19 avancée par les autorités sanitaires congolaises prend une tournure politico-judiciaire jusque là redoutée par le pouvoir de Brazzaville.

Chronique d’une mort annoncée ?

Guy Brice Parfait Kolelas, candidat à l’élection présidentielle du 21 mars 2021 au Congo est tombé subitement malade alors qu’il était en pleine campagne électorale. Tout commence à Pointe-Noire la capitale économique du Congo, lors d’un meeting, il avait accusé une fatigue soudaine, avant que ses proches ne constatent des signes plus inquiétants lors du meeting qu’il a tenu quelques jours plus tard à Owando avec son allié du RDD, Jean-Jacques Yhomby Opango.

Rentré à Brazzaville, Guy Brice Parfait Kolelas n’a pu être présent à son dernier meeting au stade marchand le vendredi 19 mars. Son épouse Nathalie avait rassuré ses militants qu’il était victime d’un paludisme sévère, rien de plus inquiétant. Le samedi 20 mars, la situation sanitaire de PAKO se dégrade brutalement, il sera évacué en France le lendemain dimanche 21 mars jour du vote dans l’après-midi. Le président de l’UDH YUKI, est déclaré mort à 1H40 du matin dans la nuit du dimanche au lundi 22 mars, cinq minutes après que l’avion médicalisé qui le transportait ait atterri sur le tarmac de l’aéroport de Paris Bourget. Pour ses militants, PAKO était déjà mort à Brazzaville, le pouvoir aurait envoyé sa dépouille à Paris pour se débarrasser d’un cadavre encombrant qui allait mettre fin au processus électoral en cours.

Covid-19 ou empoisonnement ?

La mort de Guy Brice Parfait Kolelas fait l’objet de spéculations dans les rues de Brazzaville. La thèse de l’empoissonnement a envahi les réseaux sociaux, balayant d’un revers de main celle de la Covid-19 avancée par les autorités sanitaires. Sur le tarmac de l’aéroport du Bourget, la famille a bataillé dur avec les autorités françaises afin que la dépouille de PAKO soit déposée à l’Institut Médico Légal de Paris pour une autopsie. Or, selon les médecins que nous avons pu consulter, « le protocole sanitaire en France interdit une autopsie sur un cadavre déclaré mort du Covid-19. En acceptant qu’une autopsie soit réalisée sur la dépouille de PAKO, la France a indubitablement acté le doute persistant des proches du proches du défunt et remis en question la thèse de mort par Covid-19 soutenue par Brazzaville.

Enquête judiciaire et requêtes diplomatiques

Au lendemain de l’annonce de la mort de PAKO, le Parquet de Bobigny ouvrait une enquête par auto saisine. Cette procédure judiciaire devrait permettre à la famille de connaître toute la vérité sur la mort du leader politique congolais. Alors que selon les informations des proches de PAKO l’autopsie avait été réalisée entre le 23 et le 24 mars, à ce jour, ni l’Institut Médico Légal, ni le parquet de Bobigny n’a fourni les résultats attendus à la famille. Il y a quelques jours, la veuve de PAKO a saisi par courrier le parquet de Bobigny et l’Institut Médico Légal leur enjoignant de lui fournir les résultats de l’autopsie. « C’est une rétention que nous ne comprenons pas. On a vu une partie de la presse évoquer le Covid-19 sur la base d’un faux communiqué du parquet de Bobigny, alors que la famille n’a aucune information jusqu’à maintenant sur les résultats de cette autopsie » s’indigne un membre de la famille. Les responsables de l’Institut Médico Légal de Paris ont déjà transmis les résultats de l’autopsie au parquet de Bobigny nous a t-on assuré.

Afin de défendre ses droits, la famille Kolelas a fait se constituer deux avocats dont le très médiatique William Boudon, bien connu dans les affaires des Biens mal acquis, impliquant DSN et sa famille. Il faut redouter que la constitution de Me Bourdon va donner à l’affaire PAKO une tournure médiatique et diplomatique qui va avoir un impact sur les relations entre Paris et Brazza.

En effet, c’est à Paris que la mort de PAKO prend une réelle tournure politique. La manifestation de la diaspora congolaise le samedi 27 mars à Paris a attiré l’attention des autorités françaises qui s’inquiètent des actions de certains activistes incontrôlés. Au Quai d’Orsay, la situation est suivie avec une attention particulière.

Du côté de Brazzaville, c’est une observation active de la situation qui est en cours. Les membres de la famille Kolelas proches du pouvoir sont mis à contribution afin de calmer les velléités de ceux qui veulent voir en la mort de PAKO, un coup politique de DSN. Dans les milieux autorisés à Brazzaville, on ne conçoit pas que DSN puisse prêter serment alors que « son fils » PAKO n’est pas encore enterré. Les obsèques de PAKO devront avoir lieu en France dans les prochains jours.

Avec AfricaWebNews par Vouda NGANOU

Congo-Diaspora: Hommage de Jean Vital Kolelas à son frère et combattant Parfait Kolelas (In Causa Nostrae Laetitiae !)

avril 1, 2021

L'opposant congolais Guy-Brice Parfait Kolélas est décédé ce lundi 22 mars des suites du Covid-19 lors de son évacuation sanitaire vers la France.

Ton dernier souffle a produit de puissants sanglots

Déchirant d’un trait les fibres de nos cœurs sans repos

Comme un tonnerre d’après minuit qui éclatait sur le toit

Emportant notre sûr abri et l’espoir vivant de notre foi

Tu es parti en nous laissant ton dernier message

Avec ta voix de vaillant combattant à la fin de ton âge

Lorsque nos regards rivés et accrochés sur tes paroles

Nous étions subjugués d’assister à l’adieu de ton envol

Ce message testamentaire depuis ton lit de douleurs marquera pour une éternité

Les peuples d’Afrique et du monde épris de paix, de justice et de liberté

Car l’histoire reconnaîtra ta place de martyr dans le concert des Nations

Pour avoir sacrifié ta vie pour la défense de la démocratie avec conviction

Ô cher frère de la Nation, scolarisé et instruit comme un bel élu

Les empreintes de tes pas de l’école primaire de l’Armée du Salut

Résonnent encore dans la poussière de celle de Kongo-dia-Moukouba

Avant de poursuivre ta marche au CEG d’Etoumbi aux côtés de notre papa

Ô digne fils de notre chère patrie, après ton retour à Brazzaville

 Où sous mon admiration et la volonté de nos chers parents

Tu fréquentais avec vivacité et assiduité le CEG Raphaël Bouboutou

À quelques encablures de la maison paternelle et de l’entrée de Bacongo

Après l’obtention de ton diplôme, des études collégiales à la clé

Tu t’offrais joyeusement la grande entrée du lycée Savorgnan de Brazza

Où tu goûtais avec fierté aux premières orientations de ta scolarité

Savourant avec appétit la série scientifique comme un bon repas

Parfait, avec ton parfait cursus universitaire depuis Marien Ngouabi

Jusqu’en France dans la ville du grand Victor Hugo à Besançon

Ta soif d’apprendre jusqu’à Mulhouse dans la ville d’Alfred Dreyfus

Fût sanctionné par un doctorat dans la ville de Gustave Eiffel à Dijon.

Parfait, nos pensées, nos chants et nos pleurs t’accompagnent à ta dernière demeure

Tu as vécu et vivra dans nos cœurs à travers le legs de ton combat qui nous murmure

Tes paroles de chevet comme un hymne devant résonner dans notre conscience

Pour l’avenir de nos enfants, l’avenir de notre beau pays le Congo dans sa mouvance

Cher combattant de la politique congolaise, trop tôt parti à la croisée des chemins

Voilà qu’en ce mois de mars, tu y associais comme de nombreux autres ton destin

Passe à travers l’arche mémorable et trouve ta place auprès des pères de la nation

Comme un bon fils qui a laissé à ses compatriotes l’expression de sa belle exhortation

Dans l’éternel regret de ta chère âme

Repose en paix dans la terre des Hommes

In Causa Nostrae Laetitiae !

(Dans la cause de notre joie)

Jean Vital Fructueux Kolélas-Kouka, ton grand frère qui ne t’oubliera jamais

Diffusé le 01 avril 2021, par http://www.congo-liberty.com

Congo-Droits humains : la société civile invite les pouvoirs publics à libérer Alexandre Ibacka Dzabana et Raymond Malonga

mars 31, 2021

Dans un communiqué rendu public le 30 mars à Brazzaville, une dizaine d’organisations de la société civile au nombre desquelles l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH) et Reporters sans frontières (RSF) ont appelé  les pouvoirs publics à libérer Alexandre Ibacka Dzabana et Raymond Malonga, détenus en prison depuis quelques jours. 

« Nos organisations restent très préoccupées par la situation du défenseur des droits humains, le  Dr Alexandre Ibacka Dzabana toujours retenu depuis le 11 mars dans les locaux de la centrale d’intelligence et de la documentation », ont –elles déclaré.

Elles ont par la même occasion émis leurs préoccupations concernant le journaliste Raymond Malonga, directeur de publication du journal satirique « Sel Piment » détenu à la Maison d’arrêt central de Brazzaville au motif d’avoir diffamé l’épouse de l’amiral Jean Dominique Okemba.

Pour ces organisations, en droit congolais, toute personne peut être placée en garde à vue, s’il existe une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tenté de commettre un crime ou un délit puni d’une peine d’emprisonnement. Or,  selon elles, la loi congolaise ne prévoit pas de peines privatives de liberté en matière de diffamation sauf dans des circonstances très précises qui ne s’appliquent pas à cette affaire.

Elles ont ainsi appelé au respect  des droits de la défense de ces deux citoyens, à mettre un terme à toutes les attaques à l’encontre des défenseurs des droits humains, les protéger et créer les conditions favorables à la conduite de leurs activités légitimes en faveur de la défense des droits et des libertés.

Les orateurs ont également demandé aux partenaires internationaux d’interpeller les autorités congolaises sur la situation des défenseurs des droits humains et demander la cessation de toutes les attaques à leur encontre.

Jean Jacques Koubemba

Congo: Hommage d’une grande Dame MAMBOU Aimée GNALI à Parfait Kolelas…

mars 31, 2021

….« Mes chers compatriotes,

Je suis en difficulté.

Je me bats contre la mort.

Mais cependant, je vous demande de vous lever.

Allez-y voter, pour le changement.

Je ne me serai pas battu pour rien.

Battez-vous !

Je ne me serai pas battu pour rien.

Levez-vous !

Comme un seul homme.

Faites-moi plaisir.

Je me bats sur mon lit de mort.

Vous aussi, battez-vous !

Pour votre changement.

Allez-y !

Il y va de l’avenir de vos enfants.

Battez-vous !

Merci. »

Ce sont les dernières paroles de Kolelas, avant de nous quitter. Avant de prendre l’avion qui devait le conduire dans un hôpital à Paris, où il sera finalement arrivé trop tard. Il serait en effet mort à 2h40, soit dix minutes après avoir atterri à Paris.
Sa mort et ses dernières paroles nous interpellent à plus d’un titre.
Des paroles de militant, d’homme qui se sera battu jusqu’à sa mort. Et qui nous invite à poursuivre le combat. Comme lui, jusqu’à la mort.
Quelle belle leçon de courage ! D’optimisme ! Et d’altruisme ! Je meurs. Mais je ne meurs pas pour rien, puisque la lutte continue. Avec vous. Avec nous.
Combien de Congolais ont véritablement reçu ce message ? Combien l’ont intériorisé ? Sera-t-il suivi d’effet ? Par qui ? Comment ?
J’ai reçu Kolelas dans la soirée du vendredi 12 mars, la veille de son meeting à l’Institut Thomas Sankara, ici, à Pointe-Noire. Il venait m’inviter à l’y accompagner. J’ai décliné l’offre. J’appliquais en effet la consigne de l’opposition qui boycottait l’élection, pour les raisons que l’on sait. Mais, « je suis de tout coeur avec vous ! », lui ai-je assuré. Et je les ai effectivement suivis, jusqu’à ce moment fatidique où lui-même appelle de nouveau à lutter, sur son lit de mort.
Sa mort sonnera-t-elle la renaissance du sentiment patriotique dans notre pays ? Que restera-t-il de son action ?
Ce n’est pas sans raison que Kolelas a débarqué chez moi. Nous sommes compagnons de lutte depuis que l’opposition nourrit des velléités de lutte contre le pouvoir en place, sans jamais véritablement se donner les moyens d’y parvenir. C’est-à-dire depuis une dizaine d’années au moins. Et, à cette époque-là, c’est moi qui rendais visite à Kolelas, chez lui, à Bacongo, avec d’autres « militants ». Pour construire l’avenir…
Mais devons-nous toujours nous nourrir de souvenirs et de regrets ?
Jusqu’à quand ?
Le courage de Kolelas, jusqu’à son dernier souffle, ne devrait-il pas nous inspirer plus d’énergie, plus de détermination ? Qu’allons-nous faire maintenant ?
Nous sommes si désorganisés, si peu inspirés qu’aucun d’entre nous n’a songé à capitaliser les efforts qu’il avait déjà accomplis.
Les résultats remportés par le candidat Kolelas ne pouvaient-ils pas laisser espérer un deuxième tour ?
Pourquoi n’a-t-on pas annulé l’élection, si un deuxième tour était en vue ?
Devons-nous être désorganisés et déboussolés par son absence ?
Où irons-nous à ce train ? Lui, a fait sa part. A nous d’accomplir la nôtre » .

Avec Brazzanews par Mambou Aimée GNALI

Match Guinée- Congo : les Congolais rangés derrière les Diables rouges

mars 29, 2021

A quelques heures du match Guinée-Bissau-Congo, une rencontre qui fait office de finale du groupe I dans le cadre des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations, les supporteurs des Diables rouges du Congo dégagent des ondes positives à l’endroit des poulains de Barthélemy Ngatsono. Les Congolais interrogés, à cet effet, pensent que le onze national est sur la bonne voie.

Les supporteurs Congolais lors d’un match/Adiac

Le Congo affronte la Guinée ce 30 mars à Bissau, une rencontre qui se joue pour le compte de la sixième et dernière journée des éliminatoires de la Can, Cameroun 2022. Les Congolais sont obligés de faire un bon résultat afin de valider leur ticket pour le Cameroun. Le gagnant de ce match sera officiellement présent au Cameroun puisque deux points seulement séparent les deux équipes. Avec ses huit points, un match nul suffira au Congo pour qu’il retrouve la place qu’il a occupée pour la première et unique fois, en 1972.

Dans les ruelles de Brazzaville, les transports en commun et les espaces publics, tout le monde ne jure que sur la qualification du Congo. Même dans les localités lointaines de la capitale, les comités de soutien s’organisent déjà au profit du Congo. Hugues Bouesso, un fervent supporteur de l’équipe nationale, a créé un groupe whatsapp, intitulé « Tous derrière le Congo », consacré à la promotion des atouts des différents acteurs qui composent la sélection congolaise. Dans cette plateforme le cas de chaque joueur est étudié avec beaucoup de sérieux et de rationalité. « Je pense que nous avons tous nos chances de nous qualifier. Il suffit que l’équipe soit mille fois déterminée. Le coach doit faire de bons choix car sa carrière est aussi mise en jeu. Nous, les supporteurs, endurons des moments difficiles. Tous les pros ne sont pas censés jouer, il y a des joueurs locaux qui sont plus engagés que certains attaquants qui se sont transformés en défenseurs de l’équipe adverse lors des précédents matchs », a lancé l’un des membres de ce groupe.

La prestation de l’équipe nationale lors de la dernière édition du Championnat d’Afrique des nations a permis à Nganongo Princia, une étudiante en deuxième année à l’Université Marien Ngouabi, de renouer avec l’équipe nationale après une longue période d’abandon causée par les multiples déceptions. Elle espère que ce match renforcera ses liens avec le football au niveau de l’équipe nationale. Pour elle, le Congo joue son va-tout et chaque citoyen devrait s’y impliquer afin de garantir la qualification. « Malgré les réalités que nous vivons, la fibre patriotique domine toujours nos émotions négatives. La présence des Joueurs comme Bifouma, Ndinga, Mafoumbi et des jeunes comme Makouta ou Mouandza rassure. Ils doivent savoir que nous avons besoin de cette qualification. Ceux qui ne sont pas aptes, le coach y compris, sont libres d’abdiquer, la société a des yeux sur eux », a –t-elle déclaré.

Un autre Congolais qui suit l’équipe du Congo depuis son enfance pense que le Cameroun est le porte bonheur aux Diables rouges du fait que le Congo a remporté son unique Can dans ce pays en 1972 et il est nécessaire que « les autorités bougent les lignes. Au cas d’un match nul, nous allons les prouver qu’ils sont des dignes représentants ».

Dans les localités éloignées de Brazzaville, les Congolais s’organisent en petits groupes pour aller suivre le match dans les grands centres urbains. C’est le cas de quelques jeunes du village Leboulou, dans le district de Kibangou, dans le Niari, qui souhaitent « célébrer la qualification du Congo avec les habitants des villages environnants ».

Si la majorité croit totalement à la qualification des Congolais, certains, cependant, émettent des doutes puisque selon eux le Congo gagne difficilement les matchs à l’extérieur et l’inefficacité des défenseurs congolais rendent dubitatifs certains supporteurs. « C’est quoi cette équipe qui ne marque pas ? Là nous avons besoin d’attaquants percutants et de défenseurs costauds. Le coach doit jouer pour gagner, s’il veut vraiment nous satisfaire », a indiqué un Brazzavillois.

Pour répondre à ces détracteurs, le sélectionneur de l’équipe nationale du Congo, Barthélemy Ngatsono, a reconnu l’enjeu du match tout en assurant qu’il prendra certaines dispositions au plan tactique pour que le Congo essaie de faire un bon résultat.

En tout cas, même sur les réseaux sociaux, les avis ne sont pas du tout similaires quant au résultat de ce match qui retient l’attention de tout un peuple. Le rendez-vous est pris pour ce 30 mars à 17h, heure de Brazzaville, au stade du 24 septembre de Bissau, entre ces deux équipes qui disputent la deuxième place du groupe. Ça passe ou ça casse.

Le Congo(8pts) est actuellement deuxième derrière le Sénégal (13 pts) suivi de la Guinée (6 pts) puis de l’Eswatini(1pts).

Avec Adiac-Congo par Rude Ngoma

Congo-Diaspora: Manifestation à Paris en hommage à Pako

mars 27, 2021

Congo: Réactions du candidat Mathias Dzon après les résultats de la présidentielle du 21 mars 2021

mars 26, 2021

Avec Ziana TV

CONGO : La mort du principal candidat-opposant à la présidentielle la nuit du vote

mars 24, 2021

Comme quasiment toutes les consultations électorales organisées par Sassou-Nguesso depuis son retour criminel et sanglant au pouvoir en 1997, la présidentielle de ce 21 mars, très critiquée par l’épiscopat national et d’autres forces sociales et politiques, s’est déroulée dans la confusion, avec la mort du principal candidat-opposant, tombé gravement malade deux jours auparavant, le jour du vote.

Anticipé par presque toutes les Constitutions, « l’empêchement définitif » d’un des candidats à la présidentielle, déjà validé par la juridiction constitutionnelle donc, reste un cas rare. C’est pourtant ce qui est arrivé au Congo-Brazzaville, où Parfait Kolélas, principal candidat-opposant, déclaré très gravement malade deux jours auparavant,  est décédé la nuit du vote du premier tour. Et c’est aussi ce qui va mettre à l’épreuve, une fois de plus, la justice constitutionnelle, après le triste feuilleton de la présidentielle précédente. Ici, après que la Cour constitutionnelle ait grossièrement et indécemment violé la Constitution en vigueur (notre réflexion à ce propos: « Cauchemar constitutionnel: comment des juristes ont étranglé le droit constitutionnel au Congo!« , in Mediapart, 17 septembre 2020), le principal candidat et opposant de circonstance, Jean Marie Michel Mokoko, avait été arrêté et sanctionné à vingt ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État » contre un pouvoir arrivé lui-même aux affaires à la suite d’un sanglant coup d’État n’ayant pas fait moins de dix mille morts !

En l’occurrence, et précisément, avec l’empêchement sans équivoque du challenger officiel de Sassou Nguesso en 2016 et principal candidat-opposant au moins deux jours auparavant, au point qu’il n’a pas réussi à participer à son dernier grand meeting avant la fin de la campagne le vendredi 19 mars, et que de surcroît il est décédé la nuit du jour du vote, la juridiction constitutionnelle, comme en 2015-2016, s’alignera-t-elle sur la position et les intérêts exclusifs du pouvoir, confirmera-t-elle l’idée fort répandue d’une élection-formalité qui se gagne toujours au premier tour comme en 2002, 2009 et 2016, ou dira-t-elle le droit lorsqu’il lui sera donné d’apprécier les résultats de ce vote, faute d’avoir été saisie en amont par les intéressés? 

C’est sur les suites constitutionnelles de ce décès qu’il nous a été demandé notre point de vue par la chaîne de télévision TV5 Monde ce 22 mars. Les circonstances de ce décès restent insolites , au point que le parquet de Bobigny, Section criminelle, en France où le candidat est décédé tout juste à son à son arrivée dans la capitale française, a ouvert une enquête pour rechercher les causes réelles de la mort de l’opposant congolais.

Entre temps, Sassou Nguesso, égal à lui-même, vautré dans son éternel et morbide solipsisme, y compris dans la lecture des textes, se dit une fois de  plus victime d’un complot selon lequel  l’opposition veut exploiter un article de la Constitution selon lequel et selon lui, « le président de la République était autorisé à proroger son mandat et à renvoyer les élections à plus tard »! Au point d’appeler à la rescousse son incontournable complice, François Soudan pour, autant sa propagande qu’initier ses manipulations au regard des suites incertaines de « cet incident » (selon lui). Pour ceux qui n’auraient pas le fil de son esprit, suite à l’enclenchement  des terribles événements de l’été 1997, « coup d’État de Sassou Nguesso » et qui se confirmera par la suite selon le pouvoir d’alors, « résistance à l’agression du pouvoir dont il est l’objet » selon lui, et à deux mois de la présidentielle, le Conseil constitutionnel congolais avait alors décidé la prorogation du mandat présidentiel jusqu’à l’élection du nouveau président de la République, tout en pressant explicitement pouvoir et opposition de se retrouver pour fixer la date de l’élection. Cela conformément au principe antérieurement posé par l’historique Conférence nationale de 1991 selon lequel le pouvoir ne saurait plus jamais se prendre que par les urnes pour en finir avec les ruptures constitutionnelles constantes dans ce pays. Cette décision avait été farouchement critiquée par l’actuel dirigeant congolais, avant que sa Constitution imposée en 2015 (article 65, alinéa 2) mais aussi d’autres États comme la RDC ne la consacrent. En s’expliquant comme il le fait à l’occasion de ce qu’il appelle « incident », l’homme d’État congolais, manipulateur, veut signifier que c’est dans la logique ou la continuité de ce qu’il avait critiqué alors, par le refus de cette jurisprudence pourtant aujourd’hui consacrée, qu’il devrait ne pas faire comme le pouvoir d’alors !  La réalité est qu’il a toujours fait une lecture des situations et des textes selon ce qui l’arrange, comme ce fut le cas sur la crise politique et constitutionnelle de l’automne 1992. À cette occasion il faisait une lecture subjective de la Constitution dans laquelle il interprétait la majorité parlementaire de façon clairement anti-constitutionnelle, comme se tissant au sein de l’hémicycle, dans un régime semi-parlementaire (ou semi-présidentielle) où il est pourtant établi qu’elle est le monopole du souverain, et prenait « la communauté internationale à témoin contre la violation de la Constitution par le président Lissouba » qui avait opté pour la dissolution de l’assemblée et la consultation du souverain! (cf. nos réflexions: « Une expérience politique congolaise: Pascal Lissouba l’éternel accablé », Mediapart, 31 août 2020.

Ainsi fonctionnent les despotes

Avec Congo-Liberty par Felix Bankounda Mpele

Enseignant-Chercheur, Juriste et Politologue, consultant, Constitutionnaliste

Congo/Denis Sassou N’Guesso : « Mes premières pensées vont vers Guy Brice Parfait Kolelas qui a été rappelé à Dieu »

mars 24, 2021

Réélu à 88,57% des suffrages exprimés selon les résultats provisoires rendus publics le 23 mars par le ministre de l’Intérieur et de la Décentralisation, Zéphirin Mboulou, le président Denis Sassou N’Guesso a, au cours d’une conférence de presse, rendu hommage à Guy Brice Parfait Kolelas qui est arrivé en deuxième position mais décédé le 22 mars dernier.

« Au moment où nous nous retrouvons au bout de cette marche, mes premières pensées vont vers Guy Brice Parfait Kolelas qui a été rappelé à Dieu. Là où il se trouve, il sait que je l’ai toujours considéré comme mon fils. Ses frères et ses sœurs le savent aussi. Bien évidemment, il a poursuivi son combat jusqu’au dernier souffle. Il n’y a pas de doute qu’il a toujours recherché le développement de ce pays et le bonheur de son peuple. Croyez-moi, au-delà des divergences politiques et peut-être même idéologiques, la perte de ce fils me bouleverse profondément », a déclaré Denis Sassou N’Guesso dans la foulée de sa réélection, observant une minute de silence en sa mémoire.

Le président sortant a aussi exprimé sa reconnaissance à l’endroit du peuple congolais qu’il a profondément remercié. « C’est aussi un sentiment de grande responsabilité surtout à l’endroit de la jeunesse que j’ai vue fortement mobiliser au cours des tournées que j’ai effectuées dans tous les douze départements. Je remercie le peuple qui, par le suffrage, vient d’approuver l’orientation que nous voulons donner à notre pays à un moment délicat de son histoire. Par ce suffrage, le peuple dans sa majorité a répondu et dit que nous avons la capacité de rebondir, de redresser notre économie et d’aller vers le développement », a-t-il poursuivi, soulignant la nécessité de conjuguer les énergies pour atteindre le but escompté.

Denis Sassou N’Guesso a rassuré les Congolais même ceux qui n’ont pas voté pour lui qu’il ne laissera personne sur le bord de la route. Ainsi, il restera toujours le président du peuple tout entier. Il a, par ailleurs, tendu la main aux candidats malheureux qui, d’après lui, sont des Congolais et parties prenantes du processus de développement du pays. « Pendant la campagne électorale, ils se sont déclarés comme amis du peuple et désireux d’obtenir son bonheur. Nous allons travailler ensemble, il faut que tous nous disons qu’après tout c’est le Congo d’abord. Je pense qu’ils répondront à cet appel aussitôt pour l’avenir du Congo qui est notre bien commun », espère le chef de l’Etat.

Interrogé sur ses priorités, Denis Sassou N’Guesso a rappelé que les actions sont déclinées dans son projet de société : « Ensemble, poursuivons la marche » qu’il a présenté à la population au cours de la campagne électorale. « Globalement, nous devons tout mettre en œuvre pour le redressement de l’économie nationale. Au cours de ma campagne, j’ai beaucoup insisté sur le développement de l’agriculture au sens large. Nous pensons qu’en développant l’agriculture nous irons aussi vers l’agro-industrie, vers la création de nombreux emplois pour la jeunesse. Dans ma campagne, j’ai rencontré de nombreux jeunes qui ont déjà adhéré à cette vision et qui sont sur le terrain », a-t-il poursuivi.

 Outre la modernisation de l’agriculture considérée comme l’axe principal, Denis Sassou N’Guesso entend également poursuivre la construction des infrastructures ainsi que les actions engagées dans les zones économiques spéciales et développer le tourisme.      

Avec Adiac-Congo par Parfait Wilfried Douniama

Congo: la mort de l’opposant Kolélas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso

mars 22, 2021
Congo: la mort de l'opposant Kolelas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso
Congo: la mort de l’opposant Kolélas conforte le pouvoir absolu de Sassou Nguesso© AFP/Archives/MARCO LONGARI

La mort lundi de l’opposant Guy-Brice Parfait Kolélas, principal rival du sortant Denis Sassou Nguesso à la présidentielle au Congo-Brazzaville, conforte le pouvoir absolu du maître de Brazzaville, dont la réélection s’annonce déjà comme un plébiscite d’après les premières tendances officielles lundi.

Le président sortant, 36 ans au pouvoir, obtient entre 90 et 100 % des voix dans de nombreux centres de vote aux quatre coins du pays, selon les résultats provisoires dans 35 villes ou quartiers présentés par le président de la commission électorale, Henri Bouka. Les résultats provisoires définitifs devraient être connus mardi ou mercredi, a-t-il ajouté.

En 2016, M. Sassou Nguesso avait été réélu au premier tour avec 60 % des voix, devant M. Kolélas (15 %), selon des résultats violemment contestés.

Testé positif au Covid-19, Kolélas, 61 ans, est décédé en France lundi aux premières heures juste après l’arrivée de l’avion médicalisé venu le chercher à Brazzaville dimanche après-midi, avant la fermeture des bureaux de vote.

« L’avion a atterri au Bourget (aéroport au nord de Paris pour les vols privés) à 02H35 environ, il est décédé à 02H40″, a déclaré un ami proche à l’AFP.

Le parquet de Bobigny (nord-est de Paris) a annoncé à l’AFP l’ouverture d’une enquête, confiée à la section criminelle, sur la recherche des causes de la mort de l’opposant, dont le corps n’a pas encore été rapatrié.

« Je l’ai eu au téléphone lundi (15 mars), je l’avais trouvé très fatigué », a repris son ami joint à Paris, effondré. « Il m’avait dit: +C’est la campagne, j’ai le palu+. Quand il est allé à l’hôpital, ils ont découvert que c’était le Covid et c’était trop tard ».

L’opposant avait publié une vidéo samedi, à quelques heures du scrutin et de la coupure de tout accès internet décidée par les autorités, comme souvent en Afrique centrale pour éviter la diffusion des procès verbaux des résultats à la sortie des bureaux de vote.

« Mes chers compatriotes, je me bats contre la mort, mais cependant, je vous demande de vous lever. Allez voter pour le changement. Je ne me serai pas battu pour rien », affirmait-il dans cette vidéo, alité et affaibli.

« Vous aussi, battez-vous, pour votre changement. Il en va de l’avenir de vos enfants », ajoutait Guy-Brice Parfait Kolélas avant de remettre son masque d’assistance respiratoire et de se rallonger.

« Qui peut le remplacer »

Après sa mort, l’autre principal candidat de l’opposition, l’ex-ministre Mathias Dzon, a annoncé un recours auprès de la Cour constitutionnelle pour l’annulation du premier tour.

Sa mort laisse l’opposition encore plus affaiblie. Deux autres opposants, candidats en 2016, le général Jean Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, purgent une peine de 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

Le principal parti d’opposition, l’Union panafricaine pour la démocratie sociale (UDAPS), avait boycotté l’élection de 2021.

Dans les quartiers sud de Brazzaville, son fief, l’ambiance était normale, la population reprenant ses activités quotidiennes au lendemain du vote.

Quelques tensions ont été enregistrés autour du siège du parti de M. Kolélas, de la part d’une frange excitée de ses partisans. C’est ici qu’un correspondant congolais de TV5 Monde, Berdy Pambou, a été agressé avec son caméraman, a-t-il indiqué. La police a dû intervenir.

« Guy-Brice Parfait Kolélas était un grand leader politique congolais. Avec lui on espérait le changement. La population congolaise est très émue. Pour le moment, on n’imagine pas qui peut le remplacer », a déclaré à l’AFP un sympathisant, Wilfrid Raoul, rencontré au marché Total, aux portes de la région du Pool, son fief.

Opposant historique, il apparaissait comme le seul vrai rival de M. Sasssou Nguesso, 77 ans, dont 36 au pouvoir, de 1979 à 1992, puis depuis 1997, à l’issue d’une guerre civile dont il est sorti victorieux.

Ce dernier lui avait souhaité un « prompt rétablissement » dimanche, avant de se féliciter de la bonne tenue du scrutin.

Aucun incident majeur n’a été enregistré lors du vote sous haute surveillance, selon les éléments que l’AFP a pu collecter sur le terrain et par SMS (également coupés dans la journée).

L’Eglise catholique a émis des réserves sur la transparence du scrutin. Ses observateurs électoraux n’ont pas obtenu d’accréditations.

En 2015, M. Sassou Nguesso a fait sauter le verrou constitutionnel qui imposait une limite d’âge et un maximum de deux mandats présidentiels.

En 2016, sa réélection contestée avait déclenché une violente rébellion dans la région du Pool.

Source AFP avec Le Point