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Elections provinciales en Nouvelle-Calédonie : les loyalistes restent majoritaires au Congrès

mai 12, 2019

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Ces élections, six mois après le « non » au référendum pour l’indépendance, redessinent en profondeur la carte politique, en particulier dans le camp loyaliste.

Les indépendantistes du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) ont manqué leur pari aux élections provinciales qui se sont tenues dimanche 12 mai en Nouvelle-Calédonie. Mais il s’en est fallu de peu. Dynamisés par les 43,3 % recueillis par le « oui » à l’indépendance lors du référendum du 4 novembre 2018, ils espéraient, grâce à un mode de scrutin qui les avantage, faire basculer la majorité au Congrès. Ce dernier reste aux mains des loyalistes, qui conservent 28 sièges sur 54, tandis que les différentes composantes indépendantistes en totalisent 26.

Pour autant, ces élections, six mois après un référendum qui avait suscité surprise et inquiétude, voire peur, chez les partisans de la « Calédonie française », redessinent en profondeur la carte politique, en particulier dans le camp loyaliste. Elles marquent en effet un large succès pour la liste L’Avenir en confiance conduite par Sonia Backès, regroupant trois mouvances proches du parti Les Républicains en métropole : Les Républicains calédoniens, Le Rassemblement-Les Républicains et le Mouvement populaire calédonien. En obtenant 40,6 % dans la province Sud, la plus peuplée et la plus riche, elle décroche 21 sièges sur 40 à l’assemblée provinciale et envoie 16 représentants au Congrès.

Un succès qui s’est construit au détriment de Calédonie ensemble, la formation loyaliste modérée présidée par Philippe Gomès, favorable à une large autonomie, qui détenait jusqu’à présent les principaux postes de décision du territoire : la présidence du gouvernement (Philippe Germain), la présidence de la province Sud (Philippe Michel), les deux sièges de député (Philippe Gomès et Philippe Dunoyer) et un des deux sièges de sénateur (Gérard Poadja). Celle-ci subit un véritable effondrement.

Calédonie ensemble, qui détenait 15 sièges dans le Congrès sortant, n’en occupe plus désormais que 7. Cette élection voit en revanche l’émergence d’une liste présentée par L’Eveil océanien, s’adressant principalement aux communautés wallisiennes et futuniennes, qui, en rassemblant 8,6 % des suffrages dans la province Sud, obtient 2 sièges au Congrès.

51,8 % des sièges pour les loyalistes

Le revers est d’autant plus marqué pour la formation de Philippe Gomès que la liste conduite par Gérard Poadja dans la province Nord, où elle avait trois élus, ne parvient même pas à franchir la barre nécessaire de 5 % des inscrits pour avoir des élus, et disparaît de l’hémicycle de l’assemblée provinciale. C’est une liste conduite par le maire de Kouaoua, Alcide Ponga (non-indépendantiste), qui, en rassemblant 12,2 % des suffrages, récupère trois sièges.

Dans cette province largement acquise aux indépendantistes, que préside depuis vingt ans Paul Néaoutyine, l’homme fort du Palika, la concurrence est toujours aussi serrée entre celui-ci et l’Union calédonienne, présidée par Daniel Goa. Les deux principales composantes du FLNKS sont une nouvelle fois bord à bord : 38,5 % pour la liste de M. Néaoutyine, qui devrait conserver la présidence de la province, et 36 % pour celle de M. Goa.

Enfin, dans la province des îles Loyauté, les formations indépendantistes se répartissent la totalité des sièges. Les loyalistes ne sont pas parvenus à faire leur entrée dans l’assemblée provinciale.

Sous réserve de confirmation, les loyalistes devraient donc détenir 28 sièges sur 54 dans le prochain Congrès territorial, ainsi répartis : 16 pour L’Avenir en confiance, 7 pour Calédonie ensemble, 3 pour L’Eveil océanien et 2 pour Agissons pour le Nord. Les indépendantistes, ayant gagné un siège par rapport à l’assemblée précédente, en totalisent 26.

Matignon se félicite

La chef de file de L’Avenir en confiance, Sonia Backès, qui devient la principale actrice de la scène politique calédonienne, s’est félicitée de cette large victoire qui la met en position de force pour engager les discussions avec les indépendantistes et avec le gouvernement sur la sortie de l’accord de Nouméa, que cette mandature aura à négocier. « Il y avait pour nous deux enjeux : que les loyalistes conservent la majorité au Congrès et que l’on puisse avoir un changement. C’est pour nous la victoire de l’union », a déclaré la présidente des Républicains calédoniens, tout en tendant la main à ses « partenaires de Calédonie ensemble ».

Matignon a suivi avec attention ces élections désignant les responsables qui seront à la tête des institutions calédoniennes. « Je me félicite du déroulement de ces élections, a réagi le premier ministre, Edouard Philippe. Comme nous en avons convenu lors du dernier comité des signataires, en décembre 2018, le gouvernement va se rapprocher des responsables qui seront désignés dans les prochaines semaines pour reprendre le dialogue sur l’avenir du territoire. » Un avenir qui s’annonce toujours aussi incertain

 

Le Monde.fr par Patrick Roger

Sommet avec Poutine: les démocrates veulent entendre l’interprète de Trump

juillet 18, 2018

Sur cette photo du 16 juillet 2018, l’interprète Marina Gross se trouve aux côtés des présidents américain Donald Trump et russe Vladimir Poutine à Helsinki / © AFP/Archives / Brendan Smialowski

Des élus démocrates ont fait pression mercredi pour que l’interprète de Donald Trump témoigne devant le Congrès de la rencontre entre le président américain et son homologue russe Vladimir Poutine à Helsinki, un sommet pendant lequel l’attitude jugée trop conciliante de M. Trump a fait scandale.

Lundi dans la capitale finlandaise, les deux présidents se sont entretenus pendant deux heures. Seuls deux interprètes étaient présents à leurs côtés et les démocrates estiment que la femme qui a traduit les propos de M. Poutine pour M. Trump –et a vraisemblablement pris des notes– pourrait détenir des informations cruciales sur ce qui s’est dit entre eux.

« Nous voulons que l’interprète vienne devant la commission. Nous voulons voir les notes », a dit à MSNBC le sénateur démocrate Bob Menendez, membre de la commission des affaires étrangères.

« Nous allons engager d’énormes efforts pour essayer de savoir ce qui s’est passé », a-t-il ajouté.

La sénatrice démocrate Jeanne Shaheen a renchéri, jugeant qu’une audition de l’interprète pourrait aider les élus et les Américains en général à « déterminer ce qui a été spécifiquement discuté et conclu au nom des Etats-Unis ».

La surprenante conférence de presse du président américain avec son homologue russe à Helsinki a suscité un tollé jusque dans son propre camp politique, nombre d’élus exprimant sans retenue leur consternation.

Côté républicain, le président de la commission des Affaires étrangères du Sénat Bob Corker a dit qu’il comprenait les appels à entendre l’interprète et qu’il allait voir si des précédents existaient.

Interrogée à ce sujet mercredi, la porte-parole du département d’Etat Heather Nauert a dit qu' »aucune demande formelle » n’avait été faite en ce sens « jusqu’ici ».

« Y a-t-il des précédents? Nous n’avons pas encore pu le déterminer », a-t-elle ajouté.

La Maison Blanche va probablement tenter d’écarter cette demande en invoquant les prérogatives de l’exécutif et en arguant qu’aucun président ne peut être obligé de révéler des conversations privées, pas plus que son traducteur.

Sa porte-parole Sarah Sanders a botté en touche mercredi, expliquant « ne pas avoir connaissance » d’un potentiel enregistrement de la conversation entre les deux présidents, avant de renvoyer les journalistes vers le département d’Etat.

M. Corker a aussi estimé qu’interroger le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, qui était à Helsinki avec Donald Trump et qui a sûrement reçu un compte-rendu de la part du président, était une meilleure option.

M. Pompeo doit témoigner devant la commission sénatoriale le 25 juillet.

Le démocrate Richard Blumenthal a de son côté dit vouloir voir « toute l’équipe de la sécurité nationale, à commencer par John Bolton (conseiller à la Maison Blanche) », fournir des détails sur la rencontre Trump-Poutine.

Romandie.com avec(©AFP / 19 juillet 2018 02h17)

États-Unis: la candidate à la tête de la CIA promet ne plus recourir à la torture

mai 9, 2018

Gina Haspel, candidate pour diriger la CIA, témoigne devant une commission du Congrès qui doit valider sa nomination, le 9 mai 2018 à Washington / © AFP / MANDEL NGAN

La CIA ne reprendra pas le programme d’interrogatoires poussés introduit après les attentats du 11-Septembre et assimilé à de la torture, même sur ordre du président, a assuré mercredi au Congrès Gina Haspel, choisie par Donald Trump pour diriger l’agence américaine de renseignement.

Agé de 61 ans –celle qui a passé 33 ans au sein de l’agence basée à Langley (Virginie) et deviendrait la première femme à la diriger– a créé la polémique pour avoir dirigé pendant au moins une partie de l’année 2002 une prison secrète de la CIA en Thaïlande, où les détenus suspectés d’appartenir à Al-Qaïda étaient fréquemment torturés.

« Je peux vous assurer de mon engagement personnel et sans réserve, que sous ma direction la CIA ne reprendra pas un tel programme de détention et d’interrogatoire », a-t-elle affirmé devant la commission sénatoriale du renseignement, chargée de valider sa candidature.

Ces séances incluaient des simulacres de noyade (« waterboarding »), une technique illégale selon le code militaire mais qui figurait parmi celles « autorisées par les plus hautes autorités judiciaires et aussi par le président » George W. Bush.

Elles ont été définitivement bannies par son successeur Barack Obama.

« Mon code moral est solide. Je ne permettrais pas à la CIA de poursuivre des activités que j’estimerais immorales, même si elles étaient techniquement légales », a-t-elle répondu à un sénateur qui lui demandait si elle obéirait à un ordre du président dans ce sens.

Elle a toutefois défendu ce programme, assurant qu’il avait fourni « des informations de valeur » pour empêcher d’autres attentats.

Après le 11-Septembre, « nous étions chargés de nous assurer que le pays ne soit plus attaqué », a-t-elle souligné. « Mes collègues et moi au sein de l’antiterrorisme avons travaillé aussi dur que possible avec les outils à notre disposition pour nous assurer que notre mission serait couronnée de succès ».

Elle a également défendu la décision de détruire une centaine de cassettes vidéo d’interrogatoires poussés d’un suspect, en raison des risques pour la sécurité des agents qui pouvaient être identifiés sur les images.

– « Bien élevée » –

Gina Haspel bénéficie du soutien de Donald Trump et d’une partie de la commission.

« Ma très respectée candidate pour diriger la CIA est saluée car elle a été et sera toujours DURE CONTRE LE TERRORISME! », avait tweeté mardi le président américain.

Donald Trump a affirmé être favorable à titre personnel à la torture, tout en conditionnant un éventuel changement de la loi à un avis de son ministre de la Défense, Jim Mattis, qui y est opposé.

« Je pense que la torture ne marche pas », a souligné Mme Haspel, assurant qu’elle ne soutiendrait pas un changement de législation.

Mais certains membres démocrates se sont dits sceptiques sur la capacité de Mme Haspel d’accomplir sa mission en toute indépendance.

La session, plusieurs fois interrompue par des opposants à sa nomination, devait se poursuivre à huis clos dans l’après-midi pour évoquer des dossiers classifiés.

La décision de la commission pourrait être annoncée la semaine prochaine. Le Sénat, où les républicains disposent d’une courte majorité (51 contre 49), doit également se prononcer probablement d’ici fin mai.

Vêtue d’un ensemble beige, les cheveux bruns jusqu’aux épaules, Mme Haspel a dévoilé quelques détails de sa carrière au sein de services clandestins de la CIA, qu’elle dit connaître « sur le bout des doigts ».

Elle a ainsi dit avoir « excellé à trouver des informations confidentielles obtenues de la main à la main, dans des cachettes ou par des rencontres dans des rues sombres de capitales du tiers-monde ».

« Mes parents m’ont bien élevée, je sais faire la différence entre le bien et le mal », a-t-elle souligné, se présentant comme la fille d’un militaire de l’US Air Force née dans le Kentucky (sud) et issue de la classe moyenne américaine. Elle a suivi son père déployé à l’étranger avant d’intégrer l’agence en janvier 1985.

Officier traitant en Afrique et chef de poste en Europe et en Asie, elle a aussi travaillé au centre antiterroriste de l’Agence, qu’elle rejoint le 11 septembre 2001, alors que plusieurs attentats à New York et Washington faisaient près de 3.000 morts.

Onze ans plus tard, elle a été nommée directrice adjointe des opérations clandestines mondiales, puis directrice-adjointe de la CIA en 2017. Elle doit succéder à Mike Pompeo nommé secrétaire d’Etat.

Romandie.com avec (©AFP / 09 mai 2018 20h02)                

Présidentielle en Côte d’Ivoire: le parti du président veut une primaire au sein d’un grand parti unifié

mai 6, 2018

 

Alassane Ouattara, lors de son allocution télévisée du 7 mars 2018. © DR / Présidence Côte d’Ivoire.

Le RDR, parti du président ivoirien Alassane Ouattara, a voté samedi lors d’un Congrès extraordinaire pour la formation d’un grand « parti unifié » avec ses alliés au pouvoir, mais veut une primaire avant la présidentielle de 2020.

« Tout le monde a voté en masse pour le parti unifié », a annoncé Henriette Diabaté, la présidente du Rassemblement des Républicains, après l’acceptation du projet par acclamation.

Les cadres du RDR vont déposer des statuts auprès des autorités et fixer la date d’un congrès constitutif « dans les meilleurs délais », a indiqué Alassane Dramane Ouattara, dit ADO.

M. Ouattara, président d’honneur du RDR, a déclaré que le « parti unifié (était) une chance pour la Côte d’Ivoire ». « L’égoïsme ne mène nulle part », a-t-il ajouté, estimant que la nouvelle formation serait un facteur « de stabilité politique et développement économique ».

Sans jamais prononcer le mot de primaire, ADO, qui effectue son deuxième mandat, a toutefois précisé en vue de la présidentielle de 2020 que le nouveau parti devra « poser la base du choix de notre prochain candidat (…) ce sera un choix démocratique. Tout le monde pourra être candidat. Le meilleur d’entre nous sera désigné ».

La transformation en un parti unifié de la coalition au pouvoir Rassemblement des Houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est un serpent de mer de la politique ivoirienne depuis une dizaine d’années.

Voulu par le président Ouattara, elle se heurtait à des réticences au sein de son propre parti mais surtout de ses alliés et notamment du principal d’entre eux le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), de l’ancien président Henri Konan Bédié, qui a permis son élection en 2010 et 2015.

Achoppement autour de la désignation du candidat à la présidentielle de 2020

Un des points d’achoppement est justement l’investiture du candidat à la présidentielle de 2020 : une partie des membres du PDCI estiment que cette investiture revient de droit à leur formation, puisqu’ils ont soutenu celle du RDR à deux reprises.

Patrick Achi, secrétaire général de la présidence mais aussi membre du PDCI invité du Congrès, a affirmé samedi que le « PDCI fera sa part de chemin », mais de nombreux cadres de sa formation ont déjà fait savoir qu’ils étaient hostiles au projet tant que le RDR ne promettait pas de soutenir un candidat PDCI à la présidentielle.

Pendant ce congrès qui a rassemblé entre 20 et 30.000 personnes selon les organisateurs, le président de l’Assemblée Guillaume Soro côtoyait le ministre de la Défense Hamed Bakayoko. Les deux hommes souvent présentés comme des frères ennemis et à qui l’on prête des ambitions présidentielles n’ont pas cessé de plaisanter et de discuter sur l’estrade, affichant ainsi une complicité au moins de façade qui a fait la joie des photographes et des vidéastes.

Ancien chef de la rébellion, M. Soro, qui était en froid avec le parti et n’avait pas été invité à son congrès en septembre, a été acclamé par la foule quand son nom a été prononcé évoqué par la secrétaire générale du mouvement Kandia Camara.

Jeuneafrique.com par AFP

Zuckerberg au Congrès: des excuses, des promesses maos pas de révolution

avril 11, 2018

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg témoigne devant une commission de la Chambre des représentants le 11 avril 2018 à Washington / © AFP / SAUL LOEB

Pendant dix heures d’auditions mardi et mercredi, Mark Zuckerberg a défendu vigoureusement Facebook et refusé de remettre en cause le modèle économique du réseau social, renvoyant ainsi la balle aux parlementaires qui souhaiteraient imposer une forme de régulation du secteur, que lui-même juge « inévitable ».

Costume et cravate sombres, les yeux rougis par la fatigue, le PDG de Facebook est passé mercredi sur le grill d’une commission parlementaire à la Chambre des représentants qui l’ont assailli de questions. Il a tenté, comme la veille au Sénat, de déminer le terrain après des semaines de critiques violentes.

Au menu essentiellement: la lutte contre la manipulation politique et la protection des données personnelles des utilisateurs après le retentissant scandale Cambridge Analytica, du nom de la firme britannique qui a mis la main à leur insu sur les données personnelles de dizaines de millions d’utilisateurs.

Comme il l’avait déjà fait à plusieurs reprises, Mark Zuckerberg, prudent, a fait amende honorable pour les « erreurs » passées, et a écouté sans broncher les remontrances des parlementaires lui demandant des comptes et menaçant de réguler internet et les réseaux sociaux. Il ne s’est pas montré hostile sur le principe, tout en prenant soin d’élargir la problématique au-delà de Facebook.

« L’importance d’internet grandit dans le monde et je pense inévitable une certaine forme de régulation », a-t-il dit, tout en affirmant que celle-ci devait être « étudiée attentivement » pour ne pas entraver les petites sociétés.

Il s’est aussi montré fataliste, prévenant que « même 20.000 personnes » ne peuvent pas regarder tous les contenus sur le réseau pour les filtrer. C’est pour lui une façon de signifier que Facebook fait son maximum mais que la balle est désormais dans le camp des législateurs.

Le représentant Frank Pallone, entre autres, a appelé le Congrès à « prendre des mesures immédiates pour protéger notre démocratie ». « Les avertissements étaient partout, pourquoi personne ne les a vus? », a-t-il demandé.

– « Frankenstein et Peter Pan » –

« Ces auditions sont une étape importante pour l’avenir des réseaux sociaux. C’est une première étape vers l’écriture d’une réglementation indispensable », estime Jennifer Grygiel, spécialiste du sujet à l’université américaine de Syracuse. Mais pour l’association de consommateurs Consumer Watchdog, l’exercice n’était guère motivé que par un problème de « relations publiques ».

Pendant les deux auditions, Mark Zuckerberg a expliqué inlassablement comment fonctionnait le réseau social et affirmé que Facebook « ne vend pas de données » aux annonceurs publicitaires. Il a aussi défendu bec et ongles le modèle économique de son réseau social, qu’il juge « sûr » et qui ne constitue en rien un « monopole » malgré ses plus de deux milliards d’utilisateurs.

Au point parfois de refuser de répondre directement aux questions, comme le lui ont reproché plusieurs élus. A une représentante qui lui demandait s’il était prêt à changer le modèle économique de Facebook, actuellement gratuit car financé par la publicité, « dans l’intérêt de la protection de la vie privée », il a répondu : « je ne suis pas sûr de ce que cela veut dire ».

Il a aussi laissé des questions sans réponse claire, notamment sur le fait de savoir pourquoi il n’avait pas alerté dès 2015 sur Cambridge Analytica. « Nous aurions dû le faire, c’était une erreur », a-t-il dit.

De fait, l’échange entre les parlementaires et le jeune dirigeant a parfois tourné au dialogue de sourds, tant certains élus, en particulier au Sénat mardi, semblaient mal maîtriser les enjeux technologiques et économiques du débat.

« Personne ne pourra réglementer efficacement Facebook tant que les législateurs n’auront pas une connaissance juste de comment il fonctionne », a commenté Danna Young, enseignante en communication à l’université du Delaware.

Quant à M. Zuckerberg, « il est atteint à la fois des syndromes Frankenstein et Peter Pan. Il est dépassé par sa création et fait dans le même temps preuve d’une naïveté, vraie ou fausse qui interroge », résume Olivier Ertzscheid, chercheur en sciences de l’information à l’université française de Nantes.

M. Zuckerberg a aussi pris soin de ménager la Commission européenne en qualifiant « d’étapes positives » le Règlement général sur la protection des données (RGPD), qui entre en vigueur le 25 mai. Ce qui lui a valu les remerciements ironiques de Vera Jourova, la commissaire européenne à la Justice et à la Protection des consommateurs: « Je cherchais comment faire campagne pour notre règlement sur la protection des données. Voilà, c’est fait ».

En revanche, la prestation de M. Zuckerberg a semblé satisfaire les investisseurs: l’action Facebook a repris des couleurs mardi et mercredi en Bourse après avoir beaucoup dégringolé depuis la mi-mars.

Romandie.com avec(©AFP / 12 avril 2018 01h31)                

Facebook: le mea culpa de Zuckerberg, devant le Congrès cette fois

avril 10, 2018

Mark Zuckerberg au Congrès à Washington le 9 avril 2018 / © AFP / JIM WATSON

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a prévu lors d’auditions très attendues au Congrès mardi et mercredi d’endosser personnellement la responsabilité des « erreurs » commises par le réseau social, qui n’a pas su anticiper les mauvais usages de la plateforme.

Il est arrivé au Capitole lundi, accompagné de son épouse Priscilla Chan, pour rencontrer des parlementaires avant ces auditions, prévues d’abord au Sénat puis à la Chambre des représentants. Poursuivi par une meute de journalistes et escorté par des policiers, le dirigeant de 33 ans a troqué son traditionnel t-shirt pour un costume-cravate sombre.

Ce sera la première fois que le multimilliardaire passe sur le grill des élus américains, très remontés contre Facebook, empêtré dans des polémiques à répétition qui ont pris une tournure retentissante mi-mars avec l’éclatement du scandale Cambridge Analytica.

« Nous faisons face à un nombre important de débats à propos de la (protection de la) vie privée, de la sécurité et de la démocratie et vous aurez légitimement des questions difficiles à me poser », compte dire Mark Zuckerberg aux commissions parlementaires, selon le texte de son intervention diffusé lundi.

Tournant dans l’histoire du groupe selon les uns, simple exercice de relations publiques pour les autres, ce témoignage sera en tout cas un test pour le dirigeant, qui peine à se défaire d’une image de « geek » arrogant et peu à l’aise en public. Comme depuis des semaines, il fera amende honorable, répètera avoir péché par « idéalisme » et « optimisme » et détaillera les mesures passées ou à venir pour rectifier les errements d’autrefois.

– Rendre des comptes –

« Il est évident aujourd’hui que nous n’avons pas fait assez pour empêcher (Facebook) d’être utilisé de façon mal intentionnée (…). Nous n’avons pas pris une mesure assez large de nos responsabilités et c’était une grosse erreur. C’était mon erreur et je suis désolé », a-t-il prévu de dire.

Mais il aura fort à faire pour attendrir les parlementaires, qui sont nombreux à se dire décidés à légiférer pour mieux encadrer Facebook et les groupes internet en général. Pour beaucoup, l’heure de rendre des comptes a sonné.

« Si (Facebook) peut in fine miner nos institutions démocratiques, il va falloir que nous fassions quelque chose pour nous protéger », a déclaré lundi à la presse le sénateur démocrate Bill Nelson après avoir rencontré Mark Zuckerberg.

De l’autre côté de l’échiquier politique, le républicain John Kennedy ne se dit pas forcément en faveur d’une régulation. Mais « ma principale inquiétude, c’est que Facebook ne sache pas » remédier de lui-même aux problèmes, a-t-il dit.

M. Zuckerberg tentera d’expliquer comment les données de quelque 87 millions d’utilisateurs se sont retrouvées entre les mains de la firme d’analyse de données Cambridge Analytica (CA). Cette dernière travailla ensuite pour la campagne du candidat républicain à la présidentielle américaine de 2016, Donald Trump.

Il devra aussi expliquer pourquoi il a attendu 2014 pour décider de limiter l’accès aux données personnelles par les applications tierces, comme celle par laquelle ont transité les informations récupérées par CA.

Le groupe aux plus de deux milliards d’utilisateurs est aussi vilipendé depuis des mois pour avoir servi –comme Google ou Twitter– d’outil de désinformation et de manipulation politique, orchestrée selon la justice américaine par le Kremlin dans le but de favoriser l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche. Moscou a toujours nié.

Regagner la confiance de ses utilisateurs est crucial pour le groupe car son modèle économique est fondé sur l’exploitation des données personnelles, qui permettent aux annonceurs de cibler finement leurs messages publicitaires.

Facebook, qui fait l’objet d’enquêtes et de plaintes tous azimuts des deux côtés de l’Atlantique, a commencé lundi à informer ses utilisateurs dont les données ont pu arriver chez CA.

Parmi les autres annonces récentes: vérifier l’identité des personnes ou organisations diffusant des messages électoraux ou politiques, clarifier les paramètres de confidentialité ou encore collaborer avec des chercheurs indépendants sur son influence dans les élections et la démocratie.

Jusqu’ici, Facebook assure ne pas observer d’impact financier malgré un mouvement appelant les utilisateurs à quitter le réseau social et les inquiétudes d’annonceurs publicitaires. Son action a toutefois chuté de près de 15% à Wall Street depuis la révélation de l’affaire.

Romandie.com avec(©AFP / 10 avril 2018 14h27)                

Facebook annonce encore des mesures avant l’audition de son PDG par le Congrès

avril 6, 2018

Facebook annonce de nouvelles mesures pour calmer la tempête avant l’audition de son patron Mark Zuckerberg au Congrès / © AFP/Archives /

En pleine tourmente, Facebook a promis vendredi de nouvelles mesures pour lutter contre la manipulation politique à quelques jours de l’audition de son patron Mark Zuckerberg par les parlementaires américains, très remontés contre le réseau social.

Face à une accumulation de polémiques, Facebook multiplie ces derniers jours les excuses sur ses « erreurs passées » et les promesses de faire mieux, une manière de préparer le terrain aux questions de plusieurs commissions du Congrès prévues mardi et mercredi à Washington.

Sénateurs et représentants souhaitent lui demander des comptes sur la lutte contre la manipulation politique mais aussi sur le retentissant scandale concernant la fuite de données personnelles vers la firme Cambridge Analytica, qui a mis la main sur les informations de plusieurs dizaines de millions de membres, jusqu’à 87 millions selon le réseau social, à leur insu.

Après une série de prises de parole sur la question des données privées, Facebook a annoncé vendredi des mesures sur la manipulation politique, qui se répand souvent sur le réseau via des annonces publicitaires électorales ou politiques ou au travers de « Pages », consacrées à des entreprises, organisations, marques, personnalités ou causes et auxquelles on peut s’abonner.

– Ingérences électorales –

« A l’approche d’élections importantes aux Etats-Unis, au Mexique, au Brésil, en Inde, au Pakistan (…), une de mes priorités pour 2018 est de m’assurer que nous soutenons un débat positif et parons aux ingérences dans ces élections », a écrit Mark Zuckerberg sur sa propre Page, qui est suivie par plus de 100 millions de personnes.

« A partir de maintenant, chaque annonceur qui veut passer une annonce politique ou abordant un sujet important devra être vérifié. Pour être vérifié, les annonceurs devront confirmer leur identité et leur localisation », a poursuivi le jeune milliardaire.

Le groupe dit travailler « avec des organisations extérieures » à une « liste » de « sujets » importants et polémiques répondant à cette définition. Il a aussi annoncé « embaucher des milliers de personnes supplémentaires » pour mettre en œuvre ces différentes mesures, promises pour être déployées immédiatement pour certaines, progressivement pour d’autres, mais à temps pour les échéances électorales de 2018, en novembre.

Facebook avait déjà annoncé en octobre son intention d’authentifier les annonceurs passant des messages électoraux, c’est-à-dire, évoquant directement un candidat et diffusées peu avant un scrutin, selon la définition aux Etats-Unis. Le groupe dit cette fois aller plus loin en étendant ces vérifications aux annonceurs de messages abordant des sujets politiques importants.

– Huile sur le feu –

En outre, les messages à caractère politique seront signalés comme tels sur le réseau, qui indiquera aussi qui les a financés.

Facebook va aussi soumettre aux mêmes vérifications les administrateurs de Pages Facebook « ayant un grand nombre » d’abonnés, pour limiter l’utilisation de faux comptes, soupçonnés d’avoir été notamment utilisés pour une vaste opération de désinformation lancée depuis la Russie pour déstabiliser la présidentielle de 2016 et favoriser l’élection de Donald Trump. Des affirmations niées par le Kremlin.

La justice américaine comme le réseau social ont en effet déterminé que cette opération consistait surtout à semer la discorde dans la société américaine en jetant de l’huile sur le feu via des messages publicitaires ou des Pages abordant des sujets polémiques, comme les armes, l’immigration etc…

Mardi, Mark Zuckerberg avait annoncé la suppression de 270 pages et comptes Facebook et Instagram gérés par la société russe Internet Research Agency (IRA), que le renseignement américain accuse d’être un faux-nez de Moscou.

Outre la question de la protection des données personnelles, le scandale Cambridge Analytica a aussi un aspect très politique puisque la firme britannique a travaillé pour la campagne de Donald Trump en 2016. Elle nie avoir usé des données Facebook dans ce cadre.

Vendredi, la numéro deux de Facebook Sheryl Sandberg a répété « ne pas avoir fait assez pour protéger les données » affirmant avoir péché par « idéalisme » en sous-estimant largement les mauvais usages possibles du réseau, y compris à des fins politiques.

Facebook fait déjà face à des enquêtes et plaintes tous azimuts dans le cadre de ces différents scandales et de plus en plus de voix, des deux côtés de l’Atlantique, appellent à un plus strict encadrement des réseaux sociaux.

Romandie.com avec(©AFP / 06 avril 2018 22h51)                

Facebook: Mark Zuckerberg accepte d’être entendu par le Congrès américain le 11 avril

avril 4, 2018

Le PDG de Facebook Mark Zuckerberg lors d’une intervention à l’Université de Stanford à Palo Alto en Californie, le 24 juin 2016 / © AFP/Archives / MANDEL NGAN

Washington – Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a accepté de s’expliquer sur le scandale de l’exploitation des données personnelles de ses utilisateurs par la société Cambridge Analytica lors d’une audition à la Chambre des représentants américaine le 11 avril, ont annoncé des élus mercredi.

L’audition aura lieu le 11 avril à 10H00 (14H00 GMT) devant la commission du Commerce et de l’Energie de la Chambre, ont confirmé son président républicain, Greg Walden, et son membre démocrate Frank Pallone, qui espèrent que cette audition « permettra aux Américains de mieux comprendre ce que deviennent leurs données personnelles en ligne ».

« Nous apprécions que Zuckerberg accepte d’être entendu par la commission, et nous avons hâte qu’il réponde à nos questions le 11 avril », ont déclaré les parlementaires.

Ce ne devrait pas être la seule audition de Mark Zuckerberg au Congrès, où l’affaire Cambridge Analytica a provoqué un scandale. La société, employée par l’équipe de campagne de Donald Trump en 2016, est accusée d’avoir exploité les données personnelles de 50 millions d’utilisateurs de Facebook sans qu’ils en aient conscience.

Le jeune PDG a aussi été invité à s’expliquer par la commission judiciaire du Sénat le 10 avril, aux côtés des patrons de Google, Sundar Pichai, et de Twitter, Jack Dorsey. Sa participation n’a pas été confirmée, mais selon des déclarations de la sénatrice démocrate de Californie Dianne Feinstein au quotidien San Francisco Chronicle, Mark Zuckerberg aurait accepté sur le principe de se rendre également au Sénat.

Romandie.com avec (©AFP / 04 avril 2018 13h05)                                            

Facebook, vilipendée par tous, même dans la Silicon Valley

mars 23, 2018

San Francisco – La Silicon Valley n’est pas la dernière à vilipender Facebook mais c’est pourtant presque tout le secteur technologique qui prospère sur le trésor que représentent les données personnelles mises en ligne.

Facebook, qui revendique 2 milliards d’utilisateurs dans le monde, est dans la tourmente depuis une semaine, littéralement cloué au pilori pour n’avoir pas su protéger correctement les données confidentielles de millions d’utilisateurs, qui ont fini aux mains de la firme privée britannique, Cambridge Analytica (CA).

Cette polémique lui a déjà fait perdre 14% en Bourse cette semaine et plus de 50 milliards de dollars de capitalisation boursière.

Vendredi, le patron de Tesla et SpaceX, le très médiatique Elon Musk, a promis de supprimer les pages Facebook des deux entreprises, rejoignant ainsi le mouvement appelant à « effacer Facebook » (#deletefacebook) lancé ces derniers jours notamment via…les réseaux sociaux.

La veille, c’est Brian Acton, cofondateur de l’application de messagerie WhatsApp, qui appelait à quitter le réseau social. « Il est temps de se soucier de la vie privée », dit celui qui travaille désormais pour Signal, une autre application de messagerie.

Brian Acton, dont la fortune est estimée à plus de 5 milliards de dollars, a vendu WhatsApp en 2014 à … Facebook pour 19 milliards de dollars.

Roger McNamee, un célèbre investisseur de la Silicon Valley et un des premiers actionnaires de Facebook, a lui aussi critiqué le groupe cette semaine, appelant son patron Mark Zuckerberg, mais aussi ceux de Twitter et Google, à aller s’expliquer devant le Congrès.

Avant même la polémique autour de CA, le célèbre investisseur du secteur Peter Thiel –lui-même membre du conseil d’administration de Facebook– a tiré plusieurs fois à boulets rouges sur tout le secteur technologique.

– « Système entier » –

Alors, Facebook est-il la victime expiatoire de tout un secteur qui a, comme le réseau social, bâti son modèle économique sur les données personnelles ?

« Le système entier est vulnérable à la manipulation », lance The Center for Humane Technology, une organisation fondée par d’ex-personnalités de la « tech » (dont Roger McNamee) souhaitant dénoncer ses dérives.

Ce qui est sûr, estiment nombre d’experts, c’est que la problématique va bien au-delà du réseau social, note l’analyste Rob Enderle.

« Tout ce qui les intéresse, c’est les annonceurs publicitaires, et l’utilisateur n’est finalement qu’un esclave numérique. Cette semaine, c’est Facebook mais ça pourrait être d’autres, Google, Twitter ou même Apple », explique ce spécialiste des groupes technologiques.

Des plate-formes de réservation de voitures comme Uber misent aussi sur les données personnelles, indispensables à la mise au point de la voiture autonome. Le géant du e-commerce Amazon accumule aussi une montagne de données.

D’où la question de savoir où mèneront ces torrents de critiques et les promesses des groupes technologiques — à commencer par celles de Facebook– dans un monde où la technologie fait partie de la vie quotidienne d’une bonne partie des individus comme des entreprises ou des gouvernements.

« Est-ce qu’ils peuvent aller plus loin pour protéger vos données personnelles ? Absolument pas. Car c’est toute leur viabilité financière qui dépend de l’usage de vos données. (…) Sans cela, ils ne gagneraient plus d’argent », résume Karen North, professeur de sciences numériques à l’Université de Californie du Sud (USC).

Quant aux annonceurs publicitaires, ils « pourraient avoir un impact s’ils arrêtaient de … faire de la pub. Mais ils ne peuvent pas. Les annonceurs ont bien plus besoin de Facebook » que l’inverse, relève Scott Galloway, professeur de la New York University.

L’idée qui se généralise est que les changements doivent venir de l’extérieur car « l’auto-régulation ne fonctionne pas », note Jennifer Grygiel, spécialiste des réseaux sociaux à l’Université de Syracuse (est).

C’est le but du Règlement européen de protection des données personnelles (RGPD) qui doit entrer en vigueur en mai et qui pourrait compliquer les affaires des groupes technologiques, du moins en Europe.

Aux Etats-Unis, The Center for Humane Technology, entre autres, dit batailler pour que « les gouvernements (mettent) la pression sur les entreprises technologiques ».

Mark Zuckerberg lui-même ne se dit pas totalement fermé à davantage de régulation, même si cela reste assez vague. « Il n’a pas de raison que le secteur de la publicité sur internet soit soumis à moins d’exigences de transparence que la publicité télé ou imprimée », a-t-il dit au Wall Street Journal jeudi.

Romandie.com avec (©AFP / 23 mars 2018 22h10)                                            

France: Marine Le Pen a proposé de renommer le FN « Rassemblement national »

mars 11, 2018

MarineEn direct : Marine Le Pen propose de renommer le FN « Rassemblement national »  

A l’occasion du congrès du parti à Lille, la présidente du parti d’extrême droite a annoncé le nouveau nom qu’elle souhaite donner au Front national pour le relancer.

  • A l’occasion du congrès du parti à Lille, Marine Le Pen a annoncé dans un discours qu’elle propose de renommer le FN « Rassemblement national ». 
  • Pour que ce changement soit effectif, il devra ensuite être entériné par les adhérents à travers un vote par correspondance dans les prochaines semaines. 
  • Au cours de ce congrès du FN, Marine Le Pen a été réélue à l’unanimité à la tête du Front national dimanche matin. 

Le nouveau nom du FN entrera-t-il directement en vigueur après son annonce, ou bien il y aura un vote ? -Jean-Pierre

Bonjour Jean-Pierre, le nom proposé par Marine Le Pen, « Rassemblement national », doit encore être validé par les militants du Front national. Un vote par correspondance sera organisé dans les prochaines semaines, sous contrôle d’huissier.

Mais les résultats du questionnaire envoyé par le parti en novembre 2017 à ses 51 000 adhérents avaient montré, selon Marine Le Pen, que 52 % des militants sont en faveur d’un changement de nom au FN. Précisons toutefois  que ce questionnaire a été dépouillé sans huissier, et donc sans aucun moyen de contrôler les chiffres annoncés.

Congrès du FN : ce que l’on sait sur le changement de nom du parti

Paroles de militants après le discours de Marine Le Pen

A la sortie du discours de Marine Le Pen, qui a proposé de renommer le FN « Rassemblement national », les militants interrogés sur place par la journaliste du Monde, Lucie Soullier, étaient assez favorables à la proposition de la présidente du parti d’extrême droite. « Le Rassemblement ça sera un peu plus rassembleur », selon l’un d’entre eux.

Marie Wiart et son mari Claude n’étaient pas gênés par le nom Front national mais ils n’étaient pas contre un changement de nom : « Peu importe comment on nous appeler. On nous lancera toujours des noms d’oiseau. » Le couple qui a toujours voté FN, mais qui a adhéré il y a trois ans, « estime que le vrai changement doit avoir lieu en France surtout sur l’immigration qui nous envahit. On ne peut pas accueillir tous ces gens ». Pour une autre adhérente, « il va falloir qu’on l’avale (le nouveau nom) avant de pouvoir dire quoi que ce soit ».

Du côté des élus du Front national, le député Ludovic Pajot est évidemment « très content » de ce nouveau nom.

« Ce seront les adhérents qui voteront mais vous avez vu, tout le monde s’est levé pour applaudir le discours. C’est bien qu’il y a un engouement pour le nouveau nom. »

Mais pour Bruno Gollnisch, proche de Jean-Marie Le Pen, ce nouveau nom « ne paraît pas être une novation tout à fait extraordinaire. Est-ce ça suffira à changer l’opinion publique à notre sujet ? »

Marine Le Pen propose de renommer le FN « Rassemblement national »

A l’occasion du congrès du parti d’extrême droite dimanche à Lille, Marine Le Pen a annoncé dimanche après-midi le nouveau nom qu’elle souhaite donner au Front national.

Marine Le Pen propose de renommer le FN « Rassemblement national »

Le discours de Marine Le Pen est maintenant terminé.

Ne nous quittez pas, nous allons poursuivre ce live avec des réactions et un rappel des principaux points à retenir de ce discours.

Les raisons de ce changement de nom ?

« Le nom Front national est porteur d’une histoire épique et glorieuse que personne ne doit renier.

Mais vous le savez il est pour beaucoup de Français un frein psychologique. Vous l’avez entendu, vous l’avez compris parce que vous en avez rencontré des électeurs. C’est pour certain un frein pour nous rejoindre ou voter.

Le mot front comporte une notion d’opposition mais elle se justifiait. « 

Pour elle, le nouveau nom, « Rassemblement national », « porte un message politique et [indique clairement] le contenu de notre projet politique pour la France. Le mot national […] y figure impérativement car la nation représente le cœur de l’engagement. »

Le terme rassemblement « [exprime] notre volonté de rassemblement. A l’heure où l’immense majorité de Français aspirent à la réunion de toutes les énergies, ce nom doit être un cri de ralliement, un appel à nous rejoindre, lancé à ceux qui ont la France au cœur. »

Un nom déjà utilisé en 1986

Le journaliste du Monde Abel Mestre, qui a suivi l’extrême droite pendant plusieurs années, rappelle que le nom « Rassemblement national » avait déjà été utilisé par le Front national … en 1986.

Marine Le Pen propose que le Front National soit renommé « Rassemblement national ».

Elle ne souhaite cependant pas changer l’emblème du Front national, la flamme.

Pour porter cette stratégie de « conquête », Marine Le Pen estime qu’il faut faire évoluer l’organisation du Front national :

« Il faut disposer de davantage de cadres, de produire plus de contenus de haute tenue.

Il faut mettre en place une organisation rénovée avec des pratiques plus collégiales.

Sur tous les territoires, il faut des cadres de tous les âges, de tous les milieux doivent émerger les cadres. »

Expérience, professions, origine… qui sont les 409 candidats au comité central du FN ?

Et de revenir sur un sujet plus terre à terre, le travail de « conquête » du FN sur le terrain :

« L’implantation dans les départements [Var, Aisne, Pas-de-Calais, etc.] servira de marchepied à la conquête de région comme les Hauts-de-France ou PACA. C’est un dispositif ambitieux mais réaliste. Nous ne le cachons pas, il est exigent. »

« Nous sommes dans le sens de l’histoire » poursuit Marine Le Pen, faisant référence à la prise de parole de Steve Bannon, ancien conseiller de Donald Trump et invité vedette du congrès du parti d’extrême droite samedi 10 mars.

« M. Macron, qui tente d’usurper la modernité, nage à contre-sens. La victoire des peuples et des nations d’Europe est un des objectifs de ces élections européennes. […]

Il est venu aussi le temps du grand ménage. Dans cette élection deux projets se feront face. Celui de l’UE défendue par M. Macron avec MM. Juppé et Cohn-Bendit et le nôtre. Celui que présentera la grande coalition des nationaux. »

Steve Bannon, invité vedette du congrès du FN : « L’Histoire est de notre côté »

Marine Le Pen poursuit sur la souveraineté politique, deuxième élément de son pilier « liberté » :

« L’Assemblée nationale est devenue une caricature et nous demandons l’instauration du suffrage proportionnel pour les législatives. Le gouvernement veut limiter le droit d’amendement, vision autoritaire du gouvernement. »

Et de poursuivre sur la souveraineté politique à l’échelle de l’Europe :

« C’est parce que nous sommes européens que nous sommes contre l’Union européenne.

Cette UE qui brise par son mépris les peuples et la belle idée européenne.[…]

Notre projet vise à rendre leur souveraineté à chacun des Etats dans le cadre d’une coopération libre. Nous nous écarterons du modele carcéral et brutal que l’UE veut imposer au peuple. »

Marine Le Pen poursuit sur le troisième pilier de son projet, la liberté, en passant à la « liberté économique ».

« Nous vivons en matière de liberté économique une logique paradoxale : d’un côté, les grands groupes jouissent de la liberté du renard dans le poulailler, de l’autre, les petits [subissent une importante régulation].« 

Le pilier « liberté » se confond maintenant avec le pilier « protection » :

« Les PME servent la France, elles doivent être soutenues. C’est ce que nous appelons le patriotisme économique. Tous les pays l’appliquent.

[…] Nous croyons à un Etat stratège, capable de donner une impulsion pour pallier l’économie privée. Nous ne sommes pas favorable aux subventions directes aux entreprises par un souci de justice et d’efficacité. Les entrepreneurs le savent, ces aides ne profitent qu’aux chasseurs de primes, n’ont pour résultat que des effets d’aubaine. Elles profitent aux initiés, aux grands groupes plutôt qu’aux petites entreprises. »

Marine Le Pen passe au troisième pilier de son projet : la liberté.

Elle commence par évoquer la liberté d’expression.

« Depuis plusieurs années, chacun pressent qu’une sorte de couvercle s’est posé sur la société avec le politiquement correct. Les mots sont tabous. Le gouvernement prépare une loi sur les fake news. M. Macron croit devoir s’aligner sur une mesure liberticide déjà en vigueur en Allemagne.

Nous défendrons la liberté d’expression sur Internet. »

-Guillaume

Tout à fait, mais il reste assez peu utilisé en France.

Les derniers chiffres disponibles indiquent que seuls 2 % des internautes français utilisent Qwant, contre 91 % pour Google.

Toujours sur le pilier de la protection, Marine Le Pen fait un retour sur la question de la souveraineté numérique :

« La France se trouve dans une situation de colonie dont on pille les matières premières.

Pourquoi n’existe-t-il pas un Google français ou européen ? Pourquoi est-on dépendants d’une entreprise américaine ?

Laisser partir nos données à l’étranger est suicidaire. »

Et d’énumérer ses propositions en faveur de la souveraineté économique française :

  • harmoniser le droit national avec un code numérique,
  • instaurer l’obligation de stocker les données personnelles dans des serveurs en France avec interdiction de les transférer,
  • développer des logiciels libres,
  • ouvrir à l’échelon européen un projet de coopération sur le numérique visant à préserver la souveraineté de nos Etats et la liberté des citoyens.

« Cette mobilisation relève de l’Etat stratège dont nous demandons le retour. « 

Marine Le Pen poursuit sur le pilier de la protection, en abordant la question des Français partis combattre en Syrie pour l’organisation Etat islamique :

« S’agissant des revenant de Daesh, nous n’en voulons pas.

Ni d’eux, qui sont des monstres, ni de leurs femmes, qui sont les complices de ces atrocités.

Pour nous, ils devraient déjà être déchus de leur nationalité française, puisqu’ils ont acquis une autre nationalité, celle de l’Etat islamique.[…]

S’ils reviennent en France, ils doivent être emprisonnés immédiatement et avoir des peines allant jusqu’à la perpétuité réelle. Ils doivent savoir que ce n’est pas une bonne idée de revenir en France. »

Nouvelle anaphore sur le pilier de la protection, insistant sur ce qu’on peut ou ne pas faire « En France » :

« En France, on ne s’habille pas en tenue religieuse dans les villes.

En France, on ne se baigne pas tout habillé dans les piscines publiques.

En France, on peut croire ou ne peut pas croire.

« En France, les filles s’habillent comment elles veulent sans être importunées.

Et au passage en France on serra la main des femmes. »

Cette partie du discours est particulièrement applaudie par la salle, comme le souligne notre journaliste sur place, Lucie Soullier :

Et Marine Le Pen de poursuivre, toujours sur le pilier de la protection :

« L’argent des Français doit d’abord revenir aux Français. Nous n’avons plus les moyens d’accueillir, de loger, de soigner, la terre entière. Protéger la France, c’est aussi préserver notre patrimoine naturel, nos lacs, nos rivières, nos forêts, nos côtes. Tout ce qui fait de la France, le pays d’une incomparable richesse. Nous devons entrer dans le pays de la civilisation écologique »

Suivez notre journaliste sur place, Lucie Souiller :

Marine Le Pen développe le premier point : la protection

« Nous sommes la force politique qui s’est donné pour mission première de protéger les Français. Si nous ne sommes plus là pour le faire, qui le fera ? Nous devons stopper le déclassement des classes moyennes. Nous sommes les défenseurs des ouvriers, des employés, des malheureux agriculteurs, des plus humbles à l’égard devrait s’exprimer la solidarité nationale. Nous sommes les derniers défenseurs de la République française. »

Marine Le Pen développe le premier point : la transmission

« ​La transmission nous oblige. C’est un devoir sacré, mais aussi un droit à la continuité historique.

C’est un trait d‘union entre les générations et un partage entre les vivants.

Pour nos enfants, la non-transmission de leur patrimoine est une dépossession, une mutilation, une lobotomisation.

La transmission ne porte pas seulement sur notre patrimoine matériel mais également immatériel : sa langue, ses valeurs, son goût pour la vie… Sans transmission, il n’y a plus de pays mais un conglomérat d’individus disparate. La nation comme le sentiment national sont de belles valeurs à enseigner. »

Elle déroule ensuite les trois principaux piliers de son projet :

  • transmission,
  • protection,
  • liberté.

Marine Le Pen vient ensuite sur le terrain de l’économie numérique et de sa régulation par l’Union européenne :

« Nous sommes en train de perdre la guerre des data, c’est-à-dire la guerre des données. L’Europe n’a pas compris que cette guerre était engagée. Vous êtes pistés commercialement comme une proie lors d’un safari. L’Union européenne est inerte face à ce danger. Elle préfère légiférer par directive sur le bruit des tondeuses à gazon. »

Lemonde.fr/politique