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Trump n’est plus le leader moral du monde libre (Conseil de l’Europe)

juin 20, 2018

Oslo – Donald Trump n’est plus le « leader moral » de la planète et « ne peut plus parler au nom du monde libre », a estimé mercredi le secrétaire général du Conseil de l’Europe, en réaction à la séparation des enfants de migrants du reste de leurs familles.

« Ce qui se passe à la frontière (américano-mexicaine) où il sépare les enfants de leurs parents est un signe qu’il n’est plus le leader moral de son pays ou de la planète », a déclaré Thorbjørn Jagland à la chaîne norvégienne TV2 à l’occasion d’un déplacement à Moscou.

« Tout ce qu’il fait l’exclut du rôle que les présidents américains ont toujours eu », a-t-il ajouté. « Il ne peut plus parler au nom de ce qu’on appelle le monde libre ».

M. Jagland est aussi l’un des cinq membres du comité Nobel norvégien qui attribue chaque année le prix Nobel de la paix, une récompense que certains voudraient voir décernée à Donald Trump pour ses efforts de dénucléarisation de la péninsule coréenne.

La séparation des enfants de leurs parents sans-papiers, pour beaucoup fuyant la violence en Amérique centrale, fait scandale aux États-Unis, et a déclenché une pluie de critiques à l’encontre de Donald Trump.

La Première ministre britannique, Theresa May a également jugé mercredi « les images d’enfants détenus dans ce qui semble être des cages (…) profondément choquantes ».

Interrogé sur le retrait américain du Conseil des droits de l’homme de l’ONU (CDH), M. Jagland a aussi affirmé que « ce n’était pas inattendu ».

« Ce n’est qu’un exemple supplémentaire qui montre qu’il ne veut pas de traités internationaux ni d’organisations internationales basées sur la coopération ».

Les États-Unis ont annoncé mardi qu’ils se retiraient de l’organisation basée à Genève, qu’ils accusent d' »hypocrisie » et de parti pris contre Israël.

Romandie.com avec(©AFP / 20 juin 2018 13h49)                                                        

Une ex-captive de Daech prix du Conseil de l’Europe

octobre 10, 2016

Le prix des droits de l’Homme « Vaclav Havel » du Conseil de l’Europe a été décerné lundi à Nadia Mourad Basee Taha, jeune Irakienne de la communauté yézidie. Ex-otage de l’Etat islamique, elle milite aujourd’hui pour l’amélioration du sort des réfugiés.

La jeune femme de 23 ans a été enlevée en 2014 dans le nord de l’Irak par des militants de l’Etat islamique, avec plusieurs milliers d’autres femmes et enfants de sa minorité religieuse. Elle a été réduite en esclavage et violée, avant de parvenir à s’enfuir au bout de trois mois.

Nommée en septembre dernier ambassadrice de bonne volonté des Nations unies pour la dignité des survivants du trafic d’êtres humains, elle figurait sur la liste des candidats au prix Nobel de la paix.

Le prix Vaclav Havel est décerné par l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, en partenariat avec la fondation Charte 77. Il est doté de 60’000 euros (65’800 francs).

Romandie.com avec(ats / 10.10.2016 15h57)

Etat d’urgence: la France pourrait bafouer les droits de l’Homme

novembre 27, 2015

droitsdelhome

Dans une lettre envoyée au Conseil de l’Europe, la France a prévenu qu’elle pourrait déroger à la convention européenne des droits de l’Homme. afp.com/EMMANUEL DUNAND

Les autorités françaises ont informé le Conseil de l’Europe qu’elles pourraient déroger à la convention européenne des droits de l’Homme: « un certain nombre de mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence instauré à la suite des attentats » de Paris sont « susceptibles de nécessiter une dérogation ».

La France prévient: elle pourrait déroger à la convention européenne des droits de l’Homme. Les autorités françaises ont en effet informé le secrétaire général du Conseil de l’Europe, Thorbjorn Jagland, « d’un certain nombre de mesures prises dans le cadre de l’état d’urgence instauré à la suite des attentats terroristes de grande ampleur perpétrés à Paris ». Ces mesures « sont susceptibles de nécessiter une dérogation à certains droits garantis par la convention européenne des droits de l’homme ».

Cette dernière reste cependant en vigueur en France et certains de ces droits ne pourront tolérer de dérogation, a prévenu en réponse le Conseil de l’Europe, notamment le droit à la vie et l’interdiction de la torture et des peines ou traitements inhumains ou dégradants. De même, l’interdiction de l’esclavage et le principe affirmé à l’article 7 – pas de peine sans loi.

« Danger public menaçant la vie de la nation »

La notification de cet état d’exception est prévue à l’article 15 de la convention européenne des droits de l’homme: en « cas de guerre ou d’autre danger public menaçant la vie de la nation », un Etat signataire « peut prendre des mesures dérogeant aux obligations » de la convention, sous réserve d’en informer le Conseil de l’Europe.

Il ne revient pas pour l’instant à l’organisation paneuropéenne de se prononcer sur le bien-fondé de cette démarche de la part de la France. En revanche, la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), garante de la convention, pourra se prononcer sur la validité de cette dérogation, lorsqu’elle sera saisie de requêtes précises, alléguant d’éventuelles atteintes, par la France, aux droits fondamentaux.

L’état d’urgence a été proclamé en France le soir des attentats meurtriers du 13 novembre à Paris et Saint-Denis (130 morts et plus de 350 blessés). Prolongé jusqu’à fin février par le Parlement, il donne à la police de nouveaux pouvoirs, sans passer préalablement par un juge, notamment pour les perquisitions ou la surveillance électronique de personnes.

Lexpress.fr par Eve Taraborrelli avec AFP,

La Russie hors du Conseil de l’Europe serait un désastre politique

janvier 29, 2015

Strasbourg – Le départ d’un pays comme la Russie du Conseil de l’Europe constituerait un désastre politique, a estimé jeudi le président de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), au cours d’une conférence de presse à Strasbourg.

Interrogé sur cette menace brandie par des responsables russes, en réaction à des sanctions contre Moscou au sein de l’organisation paneuropéenne, Dean Spielmann a d’abord souligné qu’on n’en (était) pas là.

Un Etat membre qui envisagerait de quitter le Conseil de l’Europe ou de dénoncer les textes le liant à la CEDH, son bras judiciaire, représenterait un très grand échec pour la protection des droits fondamentaux en Europe, a-t-il estimé. C’est un scénario qui serait un véritable désastre politique, a-t-il dit.

Concernant plus particulièrement la Russie, ça me ferait beaucoup de peine personnellement, a-t-il ajouté, soulignant que le pays, visé par de nombreuses requêtes devant la Cour de Strasbourg, avait fait de grands efforts pour améliorer la situation des droits de l’homme.

L’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE) a décidé mercredi de prolonger jusqu’en avril la suspension de droit de vote en son sein des 18 députés russes, décidée l’an dernier après l’annexion de la Crimée par Moscou.

Le chef de la délégation russe a annoncé dans la foulée que la Russie ne participerait plus aux travaux de cette assemblée jusqu’à la fin de l’année, et surtout que Moscou examinerait la question d’un départ du Conseil de l’Europe. Le président de la Douma (chambre basse du Parlement russe) avait lui-même déjà évoqué l’hypothèse dans la presse russe.

La Russie fait partie depuis 1996 du Conseil de l’Europe, qui réunit 47 Etats membres, dont le siège est installé à Strasbourg. D’autres pays, comme la Grande-Bretagne, ont déjà brandi la menace d’un départ de cette organisation.

M. Spielmann s’est par ailleurs dit déçu, à titre personnel, d’un récent avis de la Cour de justice de l’Union européenne, défavorable pour des raisons juridiques à une adhésion de l’UE à la Convention européenne des droits de l’Homme, dont la CEDH est la gardienne.

Les 28 Etats de l’UE adhèrent individuellement à cette Convention, qui permet à tout citoyen de saisir la Cour de Strasbourg quand ils estiment que leurs droits ont été violés. Mais l’UE, en tant que telle, n’en est pas membre.

Cette adhésion est cependant ancrée dans le Traité de Lisbonne et reste indispensable si l’on veut une cohérence en matière des droits de l’homme en Europe, a estimé M. Spielmann, jugeant qu’il appartenait désormais aux décideurs politiques d’envisager comment mener ce projet à bien.

Au cours de sa conférence de presse consacrée au bilan de la Cour de Strasbourg pendant l’année écoulée, M. Spielmann a souligné qu’il y avait près de 70.000 requêtes pendantes devant la CEDH fin 2014, contre près de 100.000 un an plus tôt.

L’Ukraine, avec près de 20% de ces requêtes pendantes, était en tête fin 2014 des pays concernés, devant l’Italie, la Russie et la Turquie, selon les statistiques de la Cour, qui a tranché dans plus de 86.000 affaires en 2014.

Romandie.com avec(©AFP / 29 janvier 2015 18h52)