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La Russie profitera-t-elle de l’arrivée du Mozambique au Conseil de sécurité de l’ONU ?

juin 14, 2022

Maputo, que des liens étroits lient à Moscou et qui s’est jusqu’à présent abstenu de condamner la guerre en Ukraine, bénéficiera du statut de membre non permanent à compter de janvier 2023.

Filipe Nyusi, le président du Mozambique, lors du débat général de la soixante-treizième session de l’Assemblée générale de l’ONU, en 2018. © United Nations Photo

Il y a un début à tout : le 1er janvier 2023, le Mozambique rejoindra pour la première fois de son histoire le Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membre non permanent. Il a été élu lors de la session du 9 juin à New York, après que l’Union africaine (UA) a présenté sa candidature, et il succédera donc au Kenya, dont le mandat de deux ans arrive bientôt à son terme. L’Équateur, le Japon, Malte et la Suisse feront par la même occasion leur entrée au Conseil de sécurité.

Maputo, qui est en butte à une insurrection islamiste depuis 2017 dans la province du Cabo Delgado, située dans le nord de son territoire, devrait sans surprise faire de la lutte contre le terrorisme l’une des priorités de son mandat. C’est également l’un des pays du continent les plus exposés aux conséquences du changement climatique, frappé aussi bien par des sécheresses que par des inondations et régulièrement touché par des tempêtes tropicales. Mais ce n’est pas ce qui suscite l’intérêt des observateurs.

Dans les couloirs des Nations unies, on se demande déjà comment le Mozambique se positionnera par rapport à la guerre en Ukraine. Les trois pays africains actuellement membres du Conseil – le Kenya, le Ghana et le Gabon – ont en effet tous voté en faveur de la résolution du 2 mars, laquelle dénonçait l’invasion russe, tandis que le Mozambique fait partie des 17 États du continent qui ont préféré s’abstenir.

Exercice d’équilibriste

« Maputo, au grand dam de Washington, est resté relativement neutre ou du moins a essayé de l’être, explique Emilia Columbo, du programme Afrique du Centre d’études stratégiques et internationales (CSIS). Mais c’est un difficile exercice d’équilibriste, car les États-Unis soutiennent, par le biais de programmes de formation, les efforts fournis dans le Cabo Delgado. Depuis des années, ils sont les principaux bailleurs de fonds du Mozambique. »

De fait, les États-Unis déversent chaque année des millions de dollars sur le Mozambique, lesquels sont principalement alloués au secteur de la santé. Mais ils ont également envoyé des membres des forces spéciales pour aider à former leurs homologues mozambicains à la lutte contre la guérilla islamiste, considérée par l’administration américaine comme une organisation terroriste depuis mars 2021.

Si la situation est complexe, c’est parce que le Mozambique entretient aussi des liens étroits et anciens avec la Russie. À l’époque soviétique, Moscou a soutenu le Front de libération du Mozambique (Frelimo) dans sa lutte contre le colon portugais. Le Frelimo est depuis arrivé au pouvoir (il est aux commandes depuis l’indépendance de 1975), et la Russie a continué à fournir au pays une assistance sécuritaire soutenue. Selon diverses sources, Moscou maintiendrait d’ailleurs une présence militaire dans le Cabo Delgado, alors même que les mercenaires du groupe Wagner en sont officiellement partis en 2020.

LA RUSSIE EST TOUJOURS AVEC LE MOZAMBIQUE, ET LE MOZAMBIQUE EST TOUJOURS AVEC LA RUSSIE

Signe de cette proximité, la présidente de la Chambre haute du Parlement russe, Valentina Matvienko, a conduit une délégation d’élus à Maputo à la toute fin de mai pour discuter de l’approfondissement des liens entre la Russie et le Mozambique avec le président Filipe Nyusi.

Valentina Matvienko passe pour être l’une des femmes les plus puissantes de Moscou. Elle fait partie des personnalités qui ont été sanctionnées par le département du Trésor américain, fin février, en réponse à l’invasion de l’Ukraine – au même titre que le président, Vladimir Poutine, et que le ministre des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Un sommet bilatéral a été programmé dans la capitale russe pour le mois prochain et, lors de sa visite, Valentina Matviyenko a annoncé que Moscou préparait un deuxième raout Russie-Afrique après celui de Sotchi, en octobre 2019. « La Russie est toujours avec le Mozambique, et le Mozambique est toujours avec la Russie », a de son côté déclaré la présidente de l’Assemblée nationale mozambicaine, Esperança Bias.

Pour autant, Maputo et Moscou ne sont pas d’accord sur tout. L’année dernière, les pays africains s’étaient unis pour faire avancer une résolution liant le changement climatique à divers problèmes sécuritaires, dont le terrorisme, et la Russie y avait opposé son veto.

Quelle que soit l’approche qu’adoptera le Mozambique lorsqu’il siègera au sein du Conseil, celle-ci sera scrutée de près. La tribune qu’offre une place de membre, même non permanent, présente nombre d’avantages, mais pas uniquement. « En tant que nouveau membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, il a maintenant la responsabilité de montrer le bon exemple et de veiller à ce que les auteurs de violations des droits humains dans tout le pays, y compris des membres des forces de sécurité, soient traduits en justice », a déjà prévenu sur Twitter Zenaida Machado, chercheuse principale pour l’Angola et le Mozambique à Human Rights Watch.

Avec Jeune Afrique par Julian Pecquet

Le Conseil de sécurité de l’ONU « inquiet » à propos de l’Ukraine

mai 6, 2022
Antonio Guterres parlant au micro à son siège au Conseil de sécurité de l'ONU.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait plaidé pour la recherche d’une solution pacifique au Conseil de sécurité, jeudi. Photo: Getty Images/Spencer Platt

Le Conseil de sécurité de l’ONU, dont fait partie la Russie, a approuvé vendredi une déclaration unanime – sa première depuis l’invasion russe de l’Ukraine le 24 février – « apportant un ferme soutien » au secrétaire général de l’organisation « dans la recherche d’une solution pacifique » à la guerre. L’organisation se dit aussi « inquiète » quant aux perspectives de maintien de la paix et de la sécurité en Ukraine.

Rédigée par la Norvège et le Mexique, la déclaration ne va pas jusqu’à soutenir expressément une médiation d’Antonio Guterres, qui a proposé ses bons offices pour cela, comme le prévoyait une première version du texte négocié depuis jeudi.

Le texte indique aussi que le Conseil de sécurité rappelle que tous les États membres ont contracté, en vertu de la Charte des Nations unies, l’obligation de régler leurs différends internationaux par des moyens pacifiques.

Interrogé pour savoir ce qui a conduit la Russie, qui bloque le Conseil de sécurité depuis février, à approuver ce texte, un diplomate s’exprimant sous le couvert de l’anonymat a répondu à l’AFP : L’important en a été retiré.

La déclaration représente cependant la première manifestation d’unité du Conseil de sécurité depuis le début de la guerre. À la fin de février, Moscou avait mis son veto à une résolution réclamant à la Russie de rapatrier son armée sur le sol russe.

Aujourd’hui, pour la première fois, le Conseil de sécurité s’est prononcé d’une seule voix pour la paix en Ukraine, s’est félicité dans un communiqué le chef de l’ONU. Le monde doit s’unir pour faire taire les armes et défendre les valeurs de la Charte des Nations unies et je continuerai à ne ménager aucun effort pour sauver des vies, réduire les souffrances et retrouver le chemin de la paix, a ajouté Antonio Guterres.

Selon l’ambassadeur mexicain à l’ONU, Juan Ramon de la Fuente, ce tout premier pas initial […] pointe dans la bonne directionIl est encourageant de voir que la diplomatie prend sa place au Conseil, a-t-il estimé, en faisant valoir aussi, à propos des efforts de paix, que la diplomatie discrète est parfois bien plus efficace que beaucoup de déclarations.

C’est la première décision unanime prise par le Conseil depuis le début de cette horrible guerre en Ukraine, s’est aussi félicitée son homologue norvégienne, Mona Juul. Les besoins et les souffrances du peuple ukrainien nécessitent un effort maximal des Nations unies, tant du Conseil que du secrétaire général et du système des Nations unies en tant que tel, a-t-elle ajouté.

Très court, le texte adopté indique que le Conseil de sécurité exprime sa profonde préoccupation concernant le maintien de la paix et de la sécurité en Ukraine. Les 15 membres du Conseil rappellent aussi que tous les États membres se sont engagés, en vertu de la Charte des Nations unies, à l’obligation de régler leurs différends internationaux par des moyens pacifiques.

Un rôle surtout humanitaire

Marginalisée depuis le début du conflit, l’ONU, dont la mission est de garantir la paix dans le monde, ne s’est pas imposée à ce jour comme un médiateur possible pour un règlement pacifique du conflit. Elle intervient en Ukraine et dans les pays voisins dans un rôle jusqu’ici principalement humanitaire.

Antonio Guterres s’est rendu récemment, et pour la première fois depuis le début du conflit, en Russie et en Ukraine, une double visite qui lui a permis d’obtenir des évacuations de plusieurs centaines de civils de la ville portuaire ukrainienne de Marioupol.

L’ONU a annoncé vendredi que son chef retournera lundi et mardi dans la région et qu’il fera une visite en Moldavie, qui accueille près d’un demi-million de réfugiés ukrainiens. Durant son séjour, il se rendra dans un centre de réfugiés géré avec le concours de l’ONU au profit notamment de femmes, d’enfants et de jeunes.

Depuis la mi-avril, l’ONU essaie de créer un groupe de contact humanitaire qui réunirait autour d’une même table l’Ukraine, la Russie et les Nations unies. En vain jusqu’à présent. Nous continuons d’explorer les moyens de réunir les parties au conflit dans un format durable et cohérent pour discuter des questions humanitaires par le biais d’un groupe de contact humanitaire, a indiqué vendredi le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric.

Le secrétaire général adjoint des Nations unies pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths, se rendra lundi en Turquie pour discuter de cette question avec les autorités turques, a-t-il ajouté. La Turquie a réuni en mars des négociateurs ukrainiens et russes et l’ONU espérait encore récemment que ce pays pourrait accueillir le groupe de contact humanitaire qu’elle essaie de créer.

Avec Radio-Canada

Mali : la Russie bloque une demande du Conseil de sécurité pour des « enquêtes indépendantes » à Moura

avril 9, 2022

La Russie a bloqué vendredi une demande du Conseil de sécurité de l’ONU d’avoir des « enquêtes indépendantes » sur un massacre présumé de plusieurs centaines de civils fin mars à Moura, au Mali, par l’armée malienne et des paramilitaires russes.

Au Conseil de sécurité de l’ONU. © Mary Altaffer/AP/SIPA

Cette demande figurait dans une déclaration rédigée par la France et qui a été soumise à l’approbation vendredi du Conseil de sécurité. La Russie, soutenue par la Chine, s’y est opposée, selon plusieurs diplomates. Moscou et Pékin « ne voyaient pas la nécessité » de ce texte, jugé « prématuré » alors qu’une enquête a été ouverte par les autorités maliennes, a indiqué un de ces diplomates sous couvert de l’anonymat.

Dans un communiqué vendredi à Moscou, le ministère russe des Affaires étrangères avait félicité le Mali pour une « victoire importante » contre le « terrorisme » et qualifié de « désinformation » les allégations sur le massacre de civils par les forces maliennes, tout comme celles sur l’implication de mercenaires russes de la société privée Wagner dans l’opération. La déclaration proposée au Conseil de sécurité soulignait la « profonde préoccupation » de ses membres « face aux allégations de violations et atteintes aux droits humains au Mali, en particulier celles qui auraient été perpétrées contre des civils à Moura, dans la région de Mopti, du 27 au 31 mars 2022 ».

« Établir les faits »

Le projet de texte obtenu par l’AFP appelait « toutes les parties au Mali à mettre immédiatement fin à ces violations et abus et à se conformer à leurs obligations en vertu du droit international applicable ». Il réclamait également « des enquêtes approfondies et indépendantes pour établir les faits, trouver les responsables de ces violations et exactions et les traduire en justice ».

Vendredi, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, a mis en doute la version des autorités maliennes sur les événements de Moura et réclamé une « enquête des Nations unies ». Dans un rapport, l’ONG Human Rights Watch a fait état de l’exécution sommaire de 300 civils par des soldats maliens associés à des combattants étrangers entre le 27 et le 31 mars à Moura. Les autorités maliennes affirment pour leur part avoir « neutralisé » 203 jihadistes dans cette localité du centre du Mali où l’ONU réclame en vain depuis plus d’une semaine un accès pour enquêter sur le terrain, en vertu de son mandat défini par le Conseil de sécurité.

Avec Jeune Afrique

Mali : la Chine et la Russie bloquent les sanctions au Conseil de sécurité

janvier 12, 2022
Des partisans d’une intervention russe au Mali, lors d’une manifestation en faveur des putschistes à Bamako, en septembre 2020. © /AP/SIPA

Pékin et Moscou ont fait front, mardi 11 janvier, pour empêcher l’adoption par le Conseil de sécurité d’une résolution, présentée par la France, soutenant les sanctions imposées par la Cedeao au Mali.

La passe d’armes était attendue. Elle s’est déroulée comme prévue. Deux jours après les sanctions imposées à Bamako par la Cedeao, le 9 janvier, la situation politique au Mali a été inscrite à l’ordre du jour du Conseil de sécurité des Nations unies. Mais impossible de trouver un consensus. Le texte présenté par la France, qui souhaitait que le Conseil soutienne les décisions prises par les chefs d’État ouest-africains lors du sommet extraordinaire d’Accra, a été retoqué. La Russie et la Chine ayant marqué leur opposition à ce que Vassily Nebenzia, le représentant de Moscou, a qualifié « d’ingérences étrangères excessives […] qui ne font que compliquer la situation ».

« Ce qui se passe au Mali est une véritable fuite en avant de la junte qui, au mépris de ses engagements, souhaite confisquer le pouvoir pendant des années et priver le peuple malien de ses choix démocratiques », avait déclaré quelques heures plus tôt Jean-Yves Le Drian, le ministre français des Affaires étrangères. « Une transition en cinq ans n’est pas dans l’intérêt du peuple malien », a déclaré en écho Linda Thomas-Greenfield, la représentante des États-Unis à l’ONU, lors des débats de ce mardi à New York, avant de s’inquiéter de la présence au Mali « d’individus liés au groupe Wagner ». Une « menace pour le peuple malien et la Minusma [mission de l’ONU au Mali] juge l’Américaine.

Les représentants du « A3 », les trois pays africains membres non permanents du Conseil (le Ghana, le Gabon et le Kenya), ont eux aussi plaidé en faveur d’un appui aux sanctions prononcées par la Cedeao. Le Conseil doit « appuyer la fermeture des frontières terrestres et aériennes entre les pays de la région et le Mali ainsi que le gel des avoirs de l’État malien dans les banques régionales de la Cedeao », a notamment déclaré Michel Xavier Biang, le représentant du Gabon, réclamant par ailleurs un soutien logistique, matériel et financier en faveur de la force militaire conjointe du G5 Sahel.

Pékin et Moscou sur la même ligne

En face, le représentant de la Russie a estimé que le retour à l’ordre constitutionnel devait « tenir compte des réalités sur le terrain » et insisté sur la nécessité de sécuriser le pays avant d’envisager d’éventuelles élections. « La Fédération de Russie soutient le principe “à problèmes africains, solutions africaines” », a déclaré le diplomate, affirmant par ailleurs – sans jamais prononcer le nom de la société Wagner – que « les Maliens ont le droit d’interagir avec d’autres partenaires qui sont prêts à coopérer avec eux dans le domaine du renforcement de la sécurité ».

Dai Bing, le représentant permanent adjoint de Pékin, lui a emboîté le pas, appelant «  les forces qui sont hors de la région à se garder d’exercer des pressions sur le Mali ».

« Ceux qui entretiennent cette campagne de fausses informations savent pertinemment que le Mali n’a pris aucun engagement auprès de Wagner et qu’il n’y a aucun mercenaire présent sur le sol malien », a pour sa part martelé Issa Konfourou, l’ambassadeur du Mali auprès des Nations unies, dénonçant une « campagne de désinformation ».

Paris devrait maintenant se tourner vers l’Union européenne (UE) pour tenter de faire pression sur le Mali. Emmanuel Macron a en effet assuré que la France et l’UE, dont son pays assure la présidence tournante, soutenaient la « position très claire et ferme » de la Cedeao face aux « dérives de la junte ».

Alger appelle à une transition « raisonnable »

Dans le bras de fer diplomatique qui s’est intensifié depuis l’annonce des sanctions « dures » prises à l’encontre de Bamako, Assimi Goïta a trouvé un allié auprès du colonel Mamadou Doumbouya, le président de transition en Guinée. Le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) a en effet annoncé lundi que les frontières terrestres, aériennes et maritimes de son pays avec le Mali resteront ouvertes.

En revanche, Alger a joint sa voix aux tenants d’une réduction drastique de la durée de transition. Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a enjoint les militaires maliens au pouvoir à adopter « une attitude responsable et constructive » et a jugé, selon des propos rapportés par les services de la présidence, « raisonnable et justifiable une période de transition d’une durée ferme de douze à seize mois ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Libye : le Conseil de sécurité de l’ONU réclame « le retrait des forces étrangères et des mercenaires »

mars 13, 2021
Les forces loyales au gouvernement d’accord national libyen (GNA) reconnu par l’ONU font défiler un camion de système de défense aérienne Pantsir de fabrication russe dans la capitale Tripoli le 20 mai 2020, après sa capture à la base aérienne d’Al-Watiya (base aérienne d’Okba Ibn Nafa) par les forces loyales à l’homme fort libyen Khalifa Haftar, basé dans l’est du pays.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a réclamé vendredi dans une déclaration approuvée à l’unanimité « le retrait sans plus tarder de toutes les forces étrangères et des mercenaires de Libye », en saluant la validation mercredi par le Parlement du nouveau gouvernement unifié.

« Le Conseil de sécurité appelle toutes les parties à appliquer pleinement l’accord de cessez-le-feu (du 23 octobre) et exhorte les États membres à respecter et à soutenir la pleine application de l’accord », précise cette déclaration.

Selon l’ONU, environ 20 000 militaires et mercenaires se trouvaient encore fin 2020 en Libye et aucun mouvement de retrait n’a été constaté à ce jour. « Le Conseil de sécurité appelle au plein respect de l’embargo des Nations unies sur les armes par tous les États membres, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », indique aussi le texte.

Embargo violé

Cet embargo imposé depuis 2011 est violé régulièrement depuis des années selon les experts de l’ONU chargés de son contrôle. Leur prochain rapport annuel est attendu dans les jours à venir. Dans le passé, ces experts ont notamment dénoncé la présence en Libye de mercenaires russes, de troupes turques, et de groupes armés composés de Syriens, Tchadiens ou de Soudanais.

« Le Conseil de sécurité reconnaît la nécessité de planifier le désarmement, la démobilisation et la réintégration des groupes armés, la réforme du secteur de la sécurité et de mettre en place une architecture de sécurité inclusive et dirigée par des civils pour l’ensemble de la Libye », ajoute la déclaration.

Par Jeune Afrique avec AFP

Mariam, 15 ans, au Conseil de sécurité de l’ONU: «Prenez des décisions»

juin 23, 2020

Une jeune Malienne de 15 ans, Mariam, a demandé mardi au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir pour protéger les enfants dans les zones de conflit afin qu’ils ne subissent pas des conséquences «énormes». «Prenez des décisions, agissez pour éviter que d’autres enfants ne se retrouvent dans la même situation que Mohamed», a-t-elle dit lors d’une visioconférence du Conseil, en détaillant l’histoire de ce dernier.

Natif de la région de Mopti dans le centre du Mali, Mohamed est devenu orphelin après le meurtre de ses parents et a été recruté de force par un groupe armé alors qu’il avait dix ans, avant d’être obligé d’assister au massacre d’une famille et de décider de fuir après ce nouveau traumatisme. «Les conséquences que les guerres et les conflits ont sur les enfants sont énormes», les faisant devenir violents, voleurs, alcooliques ou drogués, a insisté Mariam, à la voix forte et claire. Le témoignage d’enfants et d’adolescents est plutôt rare au Conseil de sécurité, présidé en juin par la France.

«Que faites-vous pour que (les) enfants enlevés soient retrouvés et rejoignent leurs familles?», a aussi demandé la jeune Malienne, en évoquant les viols dont sont victimes filles et garçons. «Il y a un besoin urgent de justice afin d’éviter que les victimes grandissent en voulant se faire justice elles-mêmes», a précisé Mariam, membre du Parlement des enfants au Mali et qui aspire à devenir avocate pour mieux lutter en faveur des droits des enfants.

La réunion du Conseil de sécurité a été l’occasion de discuter du dernier rapport controversé du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, sur les enfants dans les conflits. Sa décision de retirer la coalition dirigée par l’Arabie saoudite au Yémen ainsi que la Birmanie d’une liste noire de pays et groupes participant aux exactions sur des enfants est vivement critiquée par plusieurs dizaines d’ONG qui lui ont demandé lundi de revenir sur sa position.

Par Le Figaro avec AFP

L’ONU s’unit pour réaffirmer l’interdiction des armes chimiques

novembre 22, 2019

 

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU ont approuvé vendredi une déclaration sur l’interdiction de l’emploi d’armes chimiques, retrouvant un consensus longtemps mis à mal par la guerre en Syrie et les affaires Skripal en Angleterre ou Kim Jong-nam en Malaisie.

«Le Conseil réaffirme que l’emploi d’armes chimiques constitue une violation du droit international et condamne dans les termes les plus vigoureux l’emploi d’armes chimiques», souligne cette déclaration adoptée à l’unanimité à l’initiative du Royaume-Uni.

«L’emploi d’armes chimiques en tout lieu, à tout moment, par quiconque, en quelque circonstance que ce soit, est inacceptable et représente une menace pour la paix et la sécurité internationales». «Le Conseil se déclare fermement convaincu que les personnes responsables de l’emploi de ces armes doivent répondre de leurs actes», précise la déclaration.

En février 2017, l’agent neurotoxique VX avait été trouvé sur le demi-frère du dirigeant de la Corée du Nord assassiné à Kuala Lumpur. Mais l’affaire ayant le plus divisé l’ONU avait opposé un peu plus d’un an plus tard le Royaume-Uni à la Russie après l’empoisonnement au neurotoxique Novitchok en mars 2018 d’un ex-espion russe, Sergueï Skripal, et de sa fille Ioulia, à Salisbury en Angleterre.

Ces dernières années, les Occidentaux se sont aussi souvent opposés à la Russie, notamment au Conseil de sécurité, sur l’utilisation d’armes chimiques en Syrie.

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité «exhorte tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait à devenir sans tarder parties» à la Convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction.

Cette Convention de 1993 est entrée en vigueur en 1997. La Syrie l’a rejointe en 2013. Israël l’a signée mais pas ratifiée tandis que la Corée du Nord, l’Egypte et le Soudan du Sud n’en font pas partie.

L’ambassadeur français à l’ONU, Nicolas de Rivière, a espéré que l’adoption de la déclaration permettrait de revenir à une «trajectoire de désarmement complet» en Syrie.

Par la voix de son ambassadeur adjoint, Dmitri Polyanskiy, la Russie a souligné de son côté la nécessité d’interdire à «des groupes terroristes» de pouvoir recourir à des armes chimiques.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Libye: le Conseil de sécurité condamne le bombardement d’un camp de migrants

juillet 5, 2019

 

Le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné vendredi le raid aérien qui a fait 53 morts au début de la semaine dans un centre libyen de détention pour migrants, près de Tripoli, et a réclamé l’instauration d’un cessez-le-feu.

Le conseil s’était déjà réuni mercredi, au lendemain du raid, mais les Etats-Unis se sont opposés à la publication de la déclaration qui avait été rédigée, rapportent des diplomates. Les déclarations du Conseil sont adoptées par consensus. Le texte approuvé vendredi serait toutefois pratiquement similaire à celui de mercredi.

«Les membres du Conseil de sécurité ont souligné la nécessité pour toutes les parties de désamorcer de toute urgence la situation et de s’engager en faveur d’un cessez-le-feu», peut-on y lire. «La paix et la stabilité durables en Libye ne seront possibles que grâce à une solution politique.» Les forces fidèles au maréchal Khalifa Haftar, qui tiennent l’est du pays, ont lancé fin avril une offensive à Tripoli, où siège le gouvernement d’union reconnu internationalement. Le bombardement du centre pour migrants est le plus meurtrier depuis le début de ce siège. Haftar et ses hommes sont soutenus depuis des années par les Emirats arabes unis et l’Egypte, tandis que la Turquie a récemment expédié des armes à Tripoli pour aider les forces fidèles au gouvernement à se défendre, dit-on de sources diplomatiques.

Dans sa déclaration, le Conseil de sécurité exige «un respect absolu de l’embargo sur les armes de la part de tous les Etats membres» et les invite «à ne pas intervenir dans le conflit ni à prendre des mesures susceptibles de l’exacerber». Il exprime en outre «sa profonde préoccupation face à l’aggravation de la situation humanitaire» et «appelle les parties à autoriser les agences humanitaires à exercer pleinement leurs activités». Il se dit enfin «préoccupé par les conditions de vie dans les centres de détention relevant de la responsabilité du gouvernement libyen». Six mille personnes y sont détenues, souvent dans des conditions inhumaines, selon les mouvements de défense des droits de l’homme.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Élections en RDC: les 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU à Kinshasa

octobre 5, 2018

Kinshasa – Les 15 membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont rencontré la commission électorale vendredi à Kinshasa au premier jour d’une visite en République démocratique du Congo à « un moment crucial de son histoire » avant les élections prévues le 23 décembre.

Emmenés par la France, les 15 ambassadeurs ou représentants des pays-membres pourraient rencontrer d’ici la fin de leur visite dimanche le président Joseph Kabila, en plus des rendez-vous avec des candidats de l’opposition et des membres de la société civile.

« La RDC est à un moment crucial de son histoire », a déclaré à l’AFPTV l’ambassadeur de France aux Nations unies, François Delattre.

« D’un côté, il existe une première opportunité historique d’une transmission démocratique et pacifique du pouvoir. D’un autre côté, la RDC est confronté à des risques politques et sécuritaires », a-t-il ajouté.

« Notre objectif prioritaire aujourd’hui, c’est bien qu’il y ait des élections le 23 décembre, que ces élections soient crédibles, qu’elles soient transparentes, qu’elles se tiennent dans un climat apaisé », a-t-il poursuivi après la rencontre avec la commission électorale.

« Nous souhaitons, nous, membres du Conseil de sécurité, mettre tout notre poids dans la balance », a conclu M. Delattre.

« Le gouvernement a pris l’option de ne pas solliciter d’autres appuis financiers ni logistiques des partenaires », a rappelé le président de la commission électorale Corneille Nangaa.

Selon M. Nangaa, le Conseil de sécurité a rappelé que la Mission des Nations au Congo « est toujours prête en cas de besoin »: « Nous sommes ouverts et les discussions vont se poursuivre dans ce sens », a-t-il dit.

Le président Kabila a réclamé la semaine dernière devant l’Assemblée générale annuelle des Nations unies « le début effectif et substantiel du retrait » des Casques bleus présents depuis 1999 son pays, affirmant le caractère « irréversible » du scrutin présidentiel prévu le 23 décembre.

La délégation est emmenée par trois co-présidents (France, chargée de l’élaboration des résolutions sur la RDC, Guinée-Equatoriale, désignée par l’Afrique, et Bolivie, présidente en exercice) et cinq ambassadeurs (France, Koweit, Pologne, Pays-Bas, Suède), précise la Monusco.

Jusqu’à présent, la commission électorale a respecté quasi au jour près le calendrier électoral, et les partis d’opposition se cherchent un candidat unique sans parler de boycotter ces élections qui doivent organiser le départ du président Kabila après 18 ans de pouvoir.

Mais des polémiques récurrentes pèsent sur le processus électoral: refus de la « machine à voter » par l’opposition et contestation du fichier électoral.

Romandie.com avec(©AFP / 05 octobre 2018 20h01)                                                        

Après sa partie de campagne, le Conseil de sécurité va de l’avant sur la Syrie

avril 22, 2018

Les membres du Conseil de sécurité de l’ONU à Backåkra, dans le sud de la Suéde, le 21 avril 2018 / © AFP / Jonathan NACKSTRAND

Le temps de sa retraite dans la campagne suédoise, le Conseil de sécurité des Nations unies s’est engagé à redoubler d’efforts pour surmonter ses divisions sur le conflit syrien, a indiqué dimanche la Suède.

« Il y a un accord pour revenir sérieusement à un solution politique sous la houlette du processus de Genève des Nations unies », a annoncé Olof Skoog, ambassadeur de la Suède auprès de l’ONU.

« Nous sommes d’accord pour dire c’est maintenant le moment de récréer et approfondir le dialogue et trouver une dynamique constructive au sein du Conseil », a déclaré le président du Conseil de sécurité, l’ambassadeur péruvien Gustavo Meza-Cuadra.

« Une solution politique doit être conforme à la résolution 2254 », a-t-il dit.

Les membres du Conseil de sécurité, arrivés la veille à Backåkra, la résidence de campagne de Dag Hammarskjöld, second secrétaire général de l’histoire de l’ONU, se sont également accordés sur les efforts humanitaires et les armes chimiques.

Le secrétaire-général de l’ONU Antonio Guterres était également présent. Son envoyé spécial sur la Syrie Staffan de Mistura a participé dimanche aux discussions.

« Nous allons travailler dur maintenant et dans les jours qui suivent pour nous mettre d’accord sur un mécanisme sérieux pour établir si ces armes sont utilisées, qui est responsable », a ajouté M. Skoog.

« Nous avons été très inquiets d’une escalade du conflit dans la région, a-t-il rappelé.

« Le fait que la Russie avec mon collègue Vassili (Nebenzia) et l’ambassadrice américaine Nikki (Haley) s’assoient autour d’une table une journée et demie (…) cela créée une confiance dont le Conseil de sécurité a besoin pour prendre ses responsabilités ».

Cette retraite dans une bâtisse blanche avec vue sur la mer Baltique a eu un « effet cathartique, en permettant aux membres du Conseil de débrancher leur pilotage automatique et d’engager une vraie discussion de substance », a indiqué à l’AFP l’ambassadeur de France, François Delattre.

« Nous avons essayé de commencer à établir des zones de convergence possibles », s’est-il notamment félicité.

Romandie.com avec(©AFP / 22 avril 2018 15h42)