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Mali : qui sont les membres du Conseil national de transition ?

décembre 4, 2020
EDes manifestants pro-junte, lors de la cérémonie d'investiture du président de la transition malienne, Bah N'Daw, et deson vice-président, le colonel Assimi Goïta, le 25 septembre à Bamako.

La liste des 121 membres du Conseil national de transition, qui jouera le rôle de parlement, a été rendue publique jeudi, après un long bras de fer entre les militaires d’un côté et la classe politique et la société civile de l’autre.

Les membres du Comité national de transition (CNT) sont désormais connus. La liste des 121 personnes qui le compose a été rendue publique jeudi 3 décembre lors du journal télévisé de l’ORTM, la chaîne nationale.  Près de deux mois après la prestation de serment du président Bah N’Daw, et de son vice-président, le colonel Assimi Goïta, cet organe législatif – le dernier maillon du dispositif prévu dans le cadre de la transition qui doit durer 18 mois.

Si la composition de ce « parlement de transition » a mis tant de temps à être dévoilée, c’est qu’elle était au cœur d’âpres discussions. Quel équilibre entre militaires, mouvements politiques et organisations de société civile ? Quelles personnalités intégrer ? Le débat a tenu les Maliens en haleine de longues semaines.

L’enjeu est de taille : le CNT est doté des prérogatives de l’Assemblée nationale, dissoute dans la foulée de la démission du président Ibrahim Boubacar Keïta. Chargé de voter les textes des réformes prévues dans le cadre de la transition, le CNT peut également proposer une révision de la Charte de la transition, mais il doit pour cela réunir au moins le tiers de ses membres, et l’initiative doit être également portée par le président de la transition. Cette proposition de révision doit ensuite, pour être adoptée, recueillir les 4/5ème des votes des 121 membres du CNT.

Équilibre entre militaires et civils

Le président de la transition Bah N'Daw, et le vice-président, le colonel Assimi Goïta, lors de la prestation de serment, le 25 septembre 2020 à Bamako.

L’élection du président du CNT, qui doit se tenir lors de la session inaugurale, prévue samedi 5 décembre au Centre international de conférences de Bamako, devrait donner lieu à des débats intenses. Le colonel Malick Diaw, numéro deux du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) qui a mené le putsch du 18 août, qui était aussi le seul à n’avoir pas été nommé à un poste important depuis le début de la transition, fait son entrée au CNT. Et pourrait bien en briguer la présidence…

Comme le prévoit la Charte de la transition, la liste diffusée jeudi respecte les grands équilibres fixés à l’origine. Le CNT compte donc des militaires, des membres de groupes armés signataires de l’accord de paix d’Alger, des membres de partis politiques, des personnalités issues du Mouvement du 5 juin- Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP), des syndicalistes… Mais tous ne sont pas logés à la même enseigne.

Et le bras de fer qui se joue entre les membres de la junte qui a renversé Ibrahim Boubacar Keïta et les organisations de la société civile a trouvé dans ce débat une nouvelle occasion de s’exprimer. En particulier après la publication, le 9 novembre, d’un décret attribuant 22 sièges aux militaires contre seulement 8 pour le M5-RFP et 11 pour les partis politiques. La pilule a eu d’autant plus de mal à passer que le décret prévoyait que les 11 représentants des quelque 120 partis politiques recensés dans le pays, seraient choisis parmi une liste de 22 noms soumis au préalable au vice-président Assimi Goïta.

Ceux-ci ont mené une fronde contre la clé de répartition et le mode de désignation des députés de transition. Plusieurs partis et regroupements de partis ont même annoncé leur volonté de boycotter le CNT. Mais, à la surprise générale, certains de leurs membres y figurent tout de même.

Ensemble pour le Mali (EPM), regroupement de partis et d’associations de l’ancienne majorité présidentielle, affirmait ainsi de pas vouloir participer… Mais Mamadou Diarrassouba, ancien député du Rassemblement pour le Mali (RPM), y siègera. Il avait été désigné candidat du parti pour la présidence de l’Assemblée nationale en mai dernier, avant que ne soit finalement choisi Moussa Timbiné, fidèle d’Ibrahim Boubacar Keïta. Assarid Ag Imbarkaouane, ancien député et secrétaire général de l’Alliance pour la démocratie au Mali-Parti africain pour la solidarité et la justice (Adema-Pasj), intègre également le CNT.

Du côté de l’ancienne opposition, l’ex-député de l’Union pour la république et la démocratie (URD), Mamadou Hawa Gassama, rejoint le CNT.

Que fera le M5-RFP ?

L’organisation qui a le plus donné de la voix pour contester la mise en place du CNT est le M5-RFP. Mais quelques-uns de ses membres n’en sont pas moins présents dans la liste publiée jeudi. L’un des plus notoires est Issa Kaou Djim, à la tête de la Coordination des mouvements, associations et sympathisants de l’Imam Mahmoud Dicko (Cmas). Ce dernier, en rupture de ban avec le M5-RFP depuis le coup d’État, a estimé à plusieurs reprises que le mouvement était « mort de sa belle mort » et exprimé son soutien à la junte « pour la bonne marche de la transition ». Ce proche de Mahmoud Dicko a cependant insisté sur le fait qu’il n’était pas « demandeur » d’un siège au CNT. Répondra-t-il présent à l’appel samedi ? La question reste en suspens, également, pour plusieurs personnalités du M5 a avoir ainsi été désignées, dont Nouhoum Sarr, l’imam Oumarou Diarra ou encore l’activiste Adama Ben Diarra. Le mouvement n’a, à l’heure où nous écrivions ces lignes, pas officiellement donné sa position.

Les groupes armés signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation de 2015 font également une entrée remarquée au sein du CNT. On note, notamment, la présence de Moussa Ag Acharatoumane, secrétaire général du Mouvement pour le salut de l’Azawad (MSA), et celle de Attay Ag Abdallah, porte-parole de la Coalition du peuple pour l’Azawad (CMA).

Le CNT compte également des notabilités du nord du pays, à l’image de Mohamed Ag Intall, l’amenokal des Touaregs Ifoghas, président des chefferies traditionnelles et coutumières touarègues du Mali, et d’Abdoul Magid Ag Mohamed Ahmed Al Ansary –  dit « Nasser » – , chef général de la tribu Kel Ansar de Tombouctou. Assimi Goïta avait reçu ces deux hommes, le 27 novembre, afin d’échanger sur la situation du pays.

Enfin, parmi les personnalités du nord à siéger au sein du CNT se trouvent également Badjan Ag Hamatou, ancien député-maire et notable de la région de Ménaka, Alhassane Ag Ahmed Moussa, ancien ministre du Commerce, et Mohamed Ousmane Ag Mohamedoune, ancien membre de la Coalition du peuple de l’Azawad (CPA), considéré en décembre 2018 par l’ONU comme une des personnalités maliennes personnes faisant obstacle à l’application de l’accord de paix.

Une poignée d’organisations de la société civile auront par ailleurs des représentants au sein du CNT. C’est notamment le cas de Dramane Aliou Koné, président de la Maison de la presse, et Ramata Diaouré, présidente de la section malienne de l’Union internationale de la presse francophone.

Moctar Mariko, président de l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) et Hamadoun Amion Guindo, secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Mali (CSTM) font également leur entrée dans ce parlement de transition. Plusieurs personnalités médiatiques ont également été intégrées à ce CNT, dont le chanteur Salif Keïta, très critique de la gestion d’Ibrahim Boubacar Keïta, et l’acteur Magma Gabriel Konaté.

Avec Jeune Afrique par Aissatou Diallo

Burkina: initiative pour transformer l’ancien parlement en musée

décembre 27, 2014

Burkina: initiative pour transformer l'ancien parlement en musée
Burkina: initiative pour transformer l’ancien parlement en musée © AFP

Des personnalités de la société civile et des intellectuels burkinabè ont lancé samedi un appel à contribution populaire pour transformer en musée les restes du parlement incendié lors de l’insurrection qui a chassé Blaise Compaoré du pouvoir.

Le 30 octobre, plusieurs milliers de personnes ont envahi et incendié l’Assemblée nationale où les députés s’apprêtaient à voter une modification constitutionnelle qui aurait permis au président Compaoré, au pouvoir depuis 1987, de briguer un autre mandat.

« Les stigmates de cette violence transformatrice, encore visibles sur les murs noircis de fumée et les fenêtres soufflées de l’Assemblée nationale sont à conserver pour marquer la conscience nationale », a déclaré à la presse le constitutionnaliste Luc Marius Ibriga, figure de proue de la société civile burkinabè et de la vague anti-Compaoré.

Les restes de la bâtisse de deux étages doivent « constituer un lieu de mémoire et témoigner du message du peuple souverain et de la demande citoyenne de respect de sa volonté, de la démocratie et de la liberté », a-t-il ajouté.

Le Conseil national de transition (CNT), l’actuel parlement composé de 90 membres (contre 127 anciennement) siège à « l’hôtel du député », à environ deux kilomètres de l’ancien parlement.

Le cinéaste Gaston Kaboré, le rappeur Smockey, le président du Mouvement burkinabè de défense des droits de l’homme et des peuples (MBDHP) Chrysogone Zougmoré, des architectes et des juristes figurent parmi les personnalités qui ont adhéré à ce projet.

Une quête populaire de « 500 francs CFA (76 centimes d’euro) sera lancée courant janvier pour la construction du musée ». La construction du nouveau siège de l’Assemblée nationale qui sera érigé à côté, sera financé par « l’effort des gouvernants et des institutions publiques », selon les initiateurs.

Le Burkina Faso vit sous un régime de transition après la chute de Blaise Compaoré, chassé du pouvoir par une insurrection populaire le 31 octobre après 27 ans de règne.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burkina: accord sur les institutions de transition, pas encore sur les hommes

novembre 13, 2014

Ouagadougou – Armée et civils se sont mis d’accord au Burkina Faso sur les institutions de transition, mais discutent encore des hommes destinés à les diriger une fois que les militaires auront cédé le pouvoir, a déclaré jeudi à l’AFP le lieutenant-colonel Isaac Zida.

L’armée est d’accord avec la charte de transition. Nous sommes parvenus à un accord sur l’architecture même des organes de transition, a affirmé celui qui tient les rênes du pays depuis la chute du président Blaise Compaoré.

Maintenant, nous sommes en train de discuter de qui mettre à quelle place, a-t-il ajouté.

Les postes de président et de président du parlement de transition sont d’ores et déjà acquis à des civils, a assuré le gradé.

Celui de Premier ministre aurait à l’inverse été proposé à l’armée par les civils, contre la suppression d’une clause interdisant au président de la transition d’être issu d’un parti politique, a-t-on appris de source militaire.

Dans le pré-accord – pas encore validé – sur les institutions de transition auquel armée et civils sont parvenus mercredi, le Premier ministre joue un rôle important, ayant la charge de nommer le gouvernement.

Le fait qu’un civil dirige la transition est notre solution depuis le départ, a lancé le lieutenant-colonel.

Mais il est tout à fait indiqué que cette personne ne soit pas un homme politique, faute de garantie qu’il ne fera pas campagne pour son propre parti politique lors des prochaines élections, ce qui replongerait le Burkina dans une crise profonde, a fait valoir le lieutenant-colonel Zida.

L’armée, qui au départ voulait placer l’un des siens à la tête du Conseil national de transition (le parlement de transition), a cédé sur ce point, a reconnu le militaire. Nous avons fait beaucoup de concessions dans l’intérêt du Burkina, a-t-il souligné.

Armée et civils devaient se rencontrer à 14H00 (heure locale et GMT). Le fruit de leurs négociations, si un accord est trouvé, sera présenté en assemblée à 16H00 GMT, selon des négociateurs.

A la suite de la chute du président Compaoré le 31 octobre après 27 ans de règne, les autorités de transition doivent diriger le pays pour une durée d’un an et organiser des élections d’ici novembre 2015.

Romandie.com avec(©AFP / 13 novembre 2014 16h03)

Burkina: les négociations buttent sur la présidence du parlement de transition

novembre 12, 2014

Burkina: les négociations buttent sur la présidence du parlement de transition Burkina: les négociations buttent sur la présidence du parlement de transition © AFP

Les négociations sur la transition au Burkina Faso achoppaient mercredi sur les exigences formulées par les militaires de présider le parlement provisoire pour conserver une influence une fois le pouvoir rendu aux civils.

Les militaires exigent la présidence de la future assemblée, le Conseil national de transition (CNT), mais leur demande est contestée par des membres de la société civile et de l’opposition.

Dans une structure à deux têtes, avec un militaire à la tête du CNT d’un coté et un président de transition civil de l’autre, « naturellement le militaire aura la préséance car il a les armes avec lui », a déclaré Etienne Traoré, président d’un parti d’opposition.

L’opposition, la société civile et les autorités religieuses et traditionnelles se sont réunies mercredi pour discuter de la place à laisser à l’armée dans la transition prévue pour durer un an.

Ces trois composantes civiles avaient rédigé le weekend dernier un projet de « charte de transition », sorte de constitution intérimaire. Les militaires y ont ensuite apporté des amendements. Mais ceux-ci sont en partie contestés dans le camp des civils qui tentent de dégager entre eux une position commune face à l’armée.

Un accord avec les militaires est impératif pour que ceux-ci rende aux civils le pouvoir qu’ils détiennent depuis la chute du président Blaise Compaoré, renversé par la rue le 31 octobre après 27 ans de règne.

Les deux camps ont « acté » que le président et le Premier ministre de transition seraient des civils, a déclaré Luc Marius Ibriga, un éminent responsable d’ONG. L’homme fort du Burkina est, depuis la chute du président Compaoré, un militaire, le lt-colonel Isaa Zida,

Les divergences portent désormais essentiellement sur le parlement.

D’après un gradé, l’armée a demandé que le CTN « soit présidé par un militaire », sans en préciser les pouvoirs.

Elle voudrait également que ce conseil n’ait pas de rôle législatif mais uniquement consultatif, affirment les civils qui rejettent cette idée.

Le Parlement, « l’incarnation de la civilité », ne peut « être dirigé par un militaire » dans une transition dite « civile », a lancé M. Traoré, président du Parti pour la démocratie et le socialisme, qui dit « douter d’une conclusion consensuelle » de cette question « pour l’heure ».

« Un CNT qui n’est pas délibératif est une coquille vide. Le chef d’Etat va gouverner par décret », a renchéri un délégué de la société civile, qui a requis l’anonymat.

Mardi, peu après avoir rencontré les présidents sénégalais et togolais, Macky Sall et Faure Gnassingbé, envoyés à Ouagadougou par l’organisation régionale de la Cédéao, Zéphirin Diabré, le chef de file de l’opposition, avait pourtant qualifié les « observations » des militaires de « recevables ».

Des « différences de vue » subsistent sur « les organes de transition », avait pointé le chef d’Etat sénégalais, pour qui tout devait « rentrer dans l’ordre » d’ici mercredi. « Nous arriverons à un consensus », avait-il lancé, optimiste.

– ‘Réconciliation’ –

Mais si les civils prévoient une Assemblée de 90 députés, dont 10 seulement sont des militaires et 10 autres sont issus de l’ancien camp au pouvoir, l’armée veut aussi un CNT de 60 membres, répartis équitablement entre opposition, société civile, militaires et ex-majorité (15 sièges chacun).

L’armée refuse également la création d’une Commission dite « de réconciliation et des réformes », plus politique, voulue par la société civile.

« Ils ne veulent pas qu’on fasse la lumière sur les crimes économiques et de sang » commis par l’ancien régime, a estimé Hippolite Domboué, un cadre d’ONG.

Lundi, le président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz, président en exercice de l’Union africaine, était venu rassurer les protagonistes. L’UA avait posé le 3 novembre un ultimatum à l’armée burkinabè pour qu’elle cède sous quinzaine le pouvoir aux civils.

« L’UA n’est pas venue (. . . ) pour vous menacer de quoi que ce soit », avait déclaré M. Aziz, multipliant les messages rassurants devant la presse. Loin des micros, il avait toutefois maintenu le délai de l’UA, qui expire dans six jours, selon une source diplomatique.

Les médiateurs africains « veulent aller directement aux élections, même dans six mois. Mais pour nous, il ne s’agit pas seulement de cela. Blaise Compaoré aussi organisait des élections », remarque un délégué de la société civile.

Hervé Ouattara, un autre délégué, appelle civils et militaires à « accorder leurs violons entre eux ». « Les propositions de l’armée ne sont pas alarmantes. On doit pouvoir s’entendre », estime-t-il.

Les deux camps ne se sont toujours pas rencontrés au sujet de la charte. Une fois un accord trouvé sur ce document se posera le choix, autrement délicat, du président de la transition.

Jeuneafrique.com

Centrafrique : manifestations et violences, Bangui sous tension

octobre 8, 2014

Des soldats français patrouillent près d'une mosquée à Bangui, le 24 avril 2014.
Des soldats français patrouillent près d’une mosquée à Bangui, le 24 avril 2014. © AFP

De violentes manifestations et des pillages ont eu lieu mercredi matin à Bangui alors qu’une partie des anti-balaka demande la démission de la présidente de la transition, Catherine Samba-Panza.

Détonations, manifestations et pillages… Bangui sent le soufre ce mercredi 8 octobre. En début de matinée, des détonations d’armes lourdes ont été signalées dans plusieurs quartiers de la capitale centrafricaine, PK4 et PK5.

Dans le même temps, une manifestation hostile était organisée devant le siège de la Minusca (Mission intégrée multidimensionnelle de stabilisation des Nations unies en République centrafricaine). Des jeunes musulmans, certains armés, souhaitant dénoncer le lynchage de l’un des leurs mardi dans le quartier de Gobongo (4e arrondissement) ont pillé et détruit les commerces avoisinants. La Minusca est intervenue, dispersant la foule à coup de gaz lacrymogènes.

Bangui semble paralysée, situation aggravée par la grève menée par les conducteurs de taxis à la suite de l’assassinat de l’un d’entre eux.

Contexte politique tendu

Ces tensions interviennent dans un contexte politique particulièrement brûlant. Lundi, le leader d’une des deux franges des anti-balaka, Pierre-Éduard Ngaissona, a publié un communiqué appelant à la démission de Catherine Samba-Panza et donnant 48 heures aux ministres affiliés à sa milice pour quitter le gouvernement. Ces derniers devraient déposer leur démission aujourd’hui.

Rentrée la semaine dernière des États-Unis, la présidente de la transition se trouve placée dans une situation délicate. Elle s’est exprimée mardi devant les membres du Conseil national de transition, revenant notamment sur la gestion des fonds donnés par l’Angola.

« Cet argent a été utilisé pour assurer la sécurité du pays et la défense de la politique du chef de l’État, comme dans tous les pays du monde, a-t-elle déclaré. Le moment venu, je donnerai les éléments de réponse. Beaucoup seront surpris de la longue liste des bénéficiaires, dont ceux qui crient aujourd’hui au voleur, a assuré mardi la présidente, qui a déjà nié toute malversation dans cette affaire. »

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Jeuneafrique.com par Vincent DUHEM

Centrafrique : Catherine Samba Panza élue présidente de la transition

janvier 20, 2014

Le Parlement centrafricain a élu lundi Catherine Samba Panza au poste de présidente de la transition. La maire de Bangui succède à Michel Djotodia, contraint à la démission le 10 janvier.

Il aura fallu deux tours pour départager Désiré Kolingba et Catherine Samba Panza. C’est finalement l’actuelle maire de Bangui qui est sortie victorieuse du vote à bulletin secret. Lundi 20 janvier, elle a été élue présidente de la transition par le Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire) avec 75 voix, contre 53 pour Désiré Kolingba, sur 128 parlementaires participants.

Catherine Samba Panza a failli être élue dès le 1er tour. Elle avait recueilli 64 voix, soit une voix de moins que la majorité absolue fixée par le CNT à 65 voix. Désiré Kolingba avait quant à lui obtenu 58 suffrages.

« Profession de foi »

La séance extraordinaire du Parlement avait débuté vers 10h00 (9h00 GMT) par le grand oral des huit candidats sélectionnés dimanche par le CNT. Un par un, ces derniers ont présenté pendant 10 minutes leur « profession de foi » aux parlementaires.

Outre Désiré Kolingba et Catherine Samba Panza, Sylvain Patassé, le fils des présidents Ange-Felix Patassé (au pouvoir de 1993 à 2003), et Emile Gros Raymond Nakombo, banquier proche de l’ex-président Kolingba, déjà candidat à la présidentielle de 2011, s’étaient notamment présentés.

Jeuneafrique.com par Vincent Duhem

Centrafrique: 8 candidats participeront à l’élection du président de transition

janvier 19, 2014

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Centrafrique: 8 candidats participeront à l’élection du président de transition Centrafrique: 8 candidats participeront à l’élection du président de transition © AFP

Les parlementaires centrafricains ont retenu huit candidatures parmi les 24 dossiers déposés pour participer à l’élection du nouveau président de transition censé pacifier un pays ravagé par des mois de violences, a-t-on appris de source officielle dimanche.

« Des 24 dossiers de candidatures enregistrés, 8 ont été retenus pour le concours à la magistrature suprême de l’Etat (. . . ) tous les dossiers ont été examinés », a déclaré devant la presse le président de la Commission électorale spéciale chargée de sélectionner les candidats, Blaise Fleury Otto.

Parmi les candidats retenus figurent notamment l’actuelle maire de Bangui, Catherine Samba Panza, ainsi que Sylvain Patassé et Désiré Kolingba, respectivement fils des présidents Ange-Felix Patassé, au pouvoir de 1993 à 2003, et André Kolingba, de 1985 à 1993.

Autre candidat retenu, Emile Gros Raymond Nakombo, un banquier proche de l’ex-président Kolingba, qui avait reçu le soutien de plusieurs centaines de manifestants rassemblés à Bangui vendredi.

Après cette annonce, chaque entité des forces vives de la nation (partis politiques, associations. . . ), présentes au Parlement, ont été invitées à désigner un représentant pour émettre un avis sur les huit candidats, avant l’élection du nouveau président lundi par les membre du Conseil national de transition (CNT, parlement provisoire).

L’élection du président de transition doit permettre de combler le vide institutionnel laissé par la démission du président Michel Djotodia le 11 janvier, accusé par la communauté internationale de n’avoir rien fait pour arrêter les tueries interreligieuses.

Le nouvel élu aura la lourde tâche de pacifier le pays, de remettre une administration totalement paralysée en état de marche et de permettre aux centaines de milliers de déplacés de rentrer chez eux.

Jeuneafrique.com avec AFP

Qui se cache derrière la rébellion libyenne ?

août 22, 2011

Le Conseil national de transition libyen comprend une quarantaine de membres, dont 13 sont connus. Sur le papier, ses intentions sont impeccables, mais certains lui reprochent ses accointances avec Kadhafi.

La Tunisie a reconnu dimanche le Conseil national de transition (CNT). Après la France le 10 mars le premier pays à avoir reconnu l’instance dirigeante de la rébellion libyenne le Royaume-Uni, l’Allemagne ou les Etats-Unis, la Tunisie emboîte le pas à 28 autres pays. Mais pourquoi ces pays font-ils confiance au CNT et qui est—il vraiment ?

Le CNT a été crée le 27 février à Benghazi, dans les jours qui ont suivi la révolte populaire contre le régime du colonel Kadhafi. Depuis début mars, il se veut un «comité de gestion des crises» et est actuellement présidé par Moustapha Abdeljalil, un ancien ministre de la Justice du Guide libyen. On sait encore peu de choses sur ses membres, une quarantaine au total, désignés en théorie pour leur expérience et sur la base de la répartition géographique. Seuls les noms de treize d’entre eux -essentiellement des juristes, avocats et professeurs d’université- ont été rendus publics à ce jour pour des raisons de sécurité.

Le CNT a un représentant en France : Mansour Saïf al-Nasr, nommé le 28 juillet dernier, est un membre de la ligue libyenne des droits de l’homme et il faisait partie jusque là du Front national pour le salut de la Libye, un mouvement d’opposition en exil. Il était lui-même exilé depuis 1969.

On sait aussi que le CNT abrite plusieurs anciens proches de Kadhafi, les rangs de la rébellion étant régulièrement alimentés par des défections. Les plus récentes sont celles d’Omran Aboukraa, le ministre libyen du Pétrole, apparemment resté en Tunisie samedi au terme d’une mission en Italie ; de Nasser al Mabrouk Abdoullah, un haut responsable de la sécurité libyenne, mais surtout d’ Abdessalem Jalloud, ancien compagnon du colonel Mouammar Kadhafi et ex-numéro deux du régime libyen il était premier ministre de 1972 à 1977. Après des différends avec le Guide libyen, Abdessalem Jalloud avait été écarté des affaires et s’était retiré de la vie politique. Il a été maintenu en résidence surveillée pendant plusieurs années. Il était une personnalité populaire en Libye.

Des divisions internes

Si l’on ne connaît pas tous les membres du CNT, on connaît au moins leurs intentions sur le papier, qui sont d’instaurer une démocratie et un Etat laïque en Libye. Une feuille de route éditée le 16 août dernier promet en 37 articles et sur une dizaine de pages des élections «transparentes et démocratiques», un référendum autour d’un projet de constitution, la supervision de l’ONU… Et pour répondre aux craintes de la communauté internationale de voir un nouveau tyran s’accaparer le pouvoir, le CNT affirme notamment qu’il se dissoudra 8 mois après la chute de Kadhafi. «Il n’est pas envisageable de suggérer que le CNT restera en place et continuera à gérer le pays alors qu’il n’a pas été élu», avait alors insisté le président du CNT.
Mais le CNT est contesté, y compris à l’intérieur de ses rangs, pour la proximité passée de certains de ses membres avec le colonel Kadhafi. Ces dissensions internes ont été révélées à la suite de l’assassinat le 27 juillet dernier de l’ancien chef militaire de la rébellion , le général Younès. Rappelé de la région de Brega, cet ancien ministre de l’Intérieur de Kadhafi avait été convoqué et avait comparu devant une commission politique quelques heures avant son assassinat. Il lui aurait été reproché d’entretenir encore des liens avec le guide libyen.

Lefigaro.fr par Aude Lorriaux