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Canada/Reprise de la consigne : les détaillants d’alimentation furieux

mai 29, 2020
Le retour de contenants consignés doit reprendre le 8 juin au Québec, au grand dam de plusieurs détaillants en alimentation.

© Nicole Germain/Radio-Canada Le retour de contenants consignés doit reprendre le 8 juin au Québec, au grand dam de plusieurs détaillants en alimentation.
Des détaillants en alimentation fustigent le gouvernement Legault pour sa décision de reprendre la récupération des contenants consignés à partir du 8 juin.

L’échange de contenants consignés était impossible depuis le début de la pandémie de COVID-19.

«Tout d’un coup, le gouvernement de façon cavalière décide de déchirer une entente qu’il avait lui-même signée. C’est un peu particulier», déplore Stéphane Lacasse, directeur des affaires publiques et gouvernementales chez Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA).

Stéphane Lacasse, directeur des affaires publiques et gouvernementales chez Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA)

© Nicole Germain/Radio-Canada Stéphane Lacasse, directeur des affaires publiques et gouvernementales chez Association des détaillants en alimentation du Québec (ADA) Selon lui, les commerçants ont appris jeudi que l’échange des contenants reprendrait de façon régulière à partir du 8 juin.

Des détaillants avaient toutefois organisé des collectes ponctuelles. Certains ont également procédé à des aménagements temporaires à l’extérieur. Le tout avec l’aval du gouvernement.

Selon M. Lacasse, la distanciation sociale imposée par la pandémie ne permettra tout simplement de reprendre la collecte des contenants dans tous les magasins.

Choisir entre deux contraventions

À L’Intermarché Saint-Joseph dans le quartier Saint-Roch à Québec, la gobeuse est inactive depuis plusieurs semaines.

«Pour y accéder, les clients devront se laver les mains, reprendre leur sac de contenants vides, puis traverser le magasin et les caisses pour se retrouver dans le chemin de la sortie des clients», énumère le propriétaire Éric Courtemanche-Baril.

« Je risque d’avoir une amende si je ne ramasse pas les bouteilles et les canettes, mais je risque aussi une amende si je ne respecte pas les normes de distanciation sociale demandée par la CNESST », illustre-t-il, ajoutant qu’il croit que la mesure mettra ses employés à risque.

Les Travailleurs et travailleuses unis de l’alimentation et du commerce (TUAC) dénoncent également la reprise de la récupération des contenus consignés.

Le syndicat affilié à la FTQ déplore ce qu’il juge être un double discours quant à la distanciation sociale.

« Si c’est bon pour les campings à l’extérieur, pourquoi ça ne serait pas bon à l’intérieur pour les travailleurs des épiceries? » s’interroge la porte-parole, Roxane Larouche.

Avec CBC/Radio-Canada

Canada: Québec élargira la consigne sur le verre et le plastique

janvier 30, 2020
Plus de 70 % du verre qui se retrouve dans le « bac vert » (110 000 tonnes par année) est actuellement envoyé au dépotoir.
© James Cridland CC Plus de 70 % du verre qui se retrouve dans le « bac vert » (110 000 tonnes par année) est actuellement envoyé au dépotoir.
Le gouvernement Legault annoncera officiellement jeudi matin qu’il mettra en place un système de consigne sur tous les « contenants de boisson », a appris Le Devoir. Les mesures prévues viseront plus d’un milliard de bouteilles vendues chaque année au Québec, dont celles de la SAQ et les bouteilles de plastique qui aboutissent encore très souvent à la poubelle. Mais le système ne sera pas en place avant la fin de 2022, dans le meilleur des cas.

Selon les informations obtenues auprès de sources bien au fait du dossier, la consigne devrait à terme être grandement élargie, afin d’inclure tous les types de contenants de boisson, par exemple les bouteilles d’eau et les bouteilles de vin, mais aussi d’autres types de bouteilles.

Cette mesure, attendue depuis plusieurs années par les groupes environnementaux, devrait permettre de récupérer une bonne partie du milliard de bouteilles d’eau en plastique vendues chaque année au Québec. Actuellement, moins de 40 % de ces bouteilles sont recyclées. La nouvelle consigne sur les 250 millions de bouteilles vendues chaque année par la Société des alcools du Québec (SAQ) devrait aussi améliorer significativement leur taux de recyclage.

Pour le moment, ces bouteilles, principalement des bouteilles de vin déposées par les citoyens dans leur bac de récupération résidentiel, se brisent dans le processus de la collecte, ce qui peut contaminer d’autres matières recyclables. Globalement, plus de 70 % du verre qui se retrouve dans le « bac vert » (110 000 tonnes par année) est actuellement envoyé au dépotoir, où il sert notamment de matériau de recouvrement. Et selon les plus récentes données de Recyc-Québec, les centres de tri doivent aujourd’hui payer de 20 $ à 30 $ la tonne pour se départir du verre qui se retrouve dans leurs installations.

Centres de dépôt

 
Le gouvernement du Québec, qui compte lancer dans un premier temps un projet-pilote avant une mise en oeuvre complète après les prochaines élections, prévues à l’automne 2022, a par ailleurs pris acte des réticences des détaillants et de la SAQ au sujet de la collecte des bouteilles qui seront désormais consignées.Selon ce qui est prévu, un réseau de 400 points de dépôt serait déployé au Québec, en incluant différents types d’infrastructures, et les écocentres seraient aussi mis à profit. Dans certains cas, les épiceries pourront accepter de devenir des points de collecte, par exemple en accueillant des « gobeuses » de contenants.

Malgré les critiques entendues de la part des brasseurs, des détaillants en alimentation et des restaurateurs lors des consultations sur « les enjeux de recyclage et de valorisation locale du verre » tenues en août dernier, le gouvernement estime que cet élargissement de la consigne pourrait générer des bénéfices économiques. Non seulement cela permettra de recycler le verre et de lui donner une valeur sur le marché, mais le système de collecte permettra de créer des emplois.

Il n’a toutefois pas été possible, mercredi, d’obtenir des détails sur le prix de la consigne qui sera fixé sur les différents types de contenants. En Ontario, par exemple, la consigne sur les bouteilles de vin est fixée à 20 ¢. Une source bien au fait du dossier a indiqué qu’il serait surprenant que le gouvernement fixe la barre plus bas pour le Québec.

Ce système élargi, nouveau au Québec mais déjà implanté ailleurs au pays, pourrait s’autofinancer, selon le gouvernement, en s’appuyant sur les revenus de la consigne, mais aussi sur la vente de la matière recyclable. À titre d’exemple, une source a indiqué mercredi que le verre de bonne qualité, prêt pour la fonte, peut se vendre près de 100 $ la tonne.

Preuve du sérieux que le gouvernement accorde à cette annonce, le premier ministre, François Legault, accompagnera le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, pour cette annonce, prévue à 8 h au Manoir Saint-Sauveur.

En allant de l’avant avec cet engagement déjà exprimé au cours des derniers mois, le gouvernement caquiste prend acte des grandes « recommandations » du rapport produit par la Commission des transports et de l’environnement à la suite des consultations menées en août 2019. Celui-ci entérinait notamment l’idée d’« élargir » la consigne, mais aussi de « renforcer la responsabilité élargie des producteurs » et d’« encourager le développement de débouchés locaux du verre ».

Bonne décision 
Contactée mercredi, la Société des alcools du Québec a refusé de répondre aux questions du Devoir, indiquant simplement que les réponses aux questions portant sur la consigne seraient fournies « à la suite de l’annonce de M. Legault ».La directrice générale d’Équiterre, Colleen Thorpe, a pour sa part salué cette bonification du système de consigne. « C’est très possible de le faire et c’est une idée qui passera très bien le test de l’acceptabilité sociale, puisque les citoyens réclament de telles mesures. »

Dans une réponse écrite, Recyc-Québec a souligné mercredi que les données sur le recyclage du verre « confirment la nécessité de travailler à améliorer le recyclage du verre au Québec. En 2018, 72 % du verre de la collecte sélective était envoyé dans les lieux d’élimination ». La société d’État estime également qu’il sera important de développer « la diversification des débouchés pour le verre » qui sera consigné.

Avec lke Devoir.com par Alexandre Shields