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Zimbabwe: l’auteur du coup de force nommé vice-président du parti au pouvoir

décembre 23, 2017

L’ancien chef de l’armée zimbabwéenne Constantino Chiwenga, lors d’une cérémonie officielle à Harare, le 24 novembre 2017 / © AFP/Archives / Zinyange AUNTONY

L’ancien chef de l’armée zimbabwéenne qui a dirigé le coup de force ayant mis fin en novembre au long règne de Robert Mugabe a été nommé à la vice-présidence du parti au pouvoir, a annoncé samedi la présidence.

Le général à la retraite Constantino Chiwenga a été nommé « avec effet immédiat » pour seconder le nouveau président du pays Emmerson Mnangagwa à la direction de la ZANU-PF, a déclaré dans un communiqué le secrétaire à la presse de la présidence, George Charamba. L’ex- ministre de la Sécurité intérieure longtemps en poste sous Mugabe, Kembo Mohadi, a également été nommé vice-président du parti.

Romandie.com avec(©AFP / 23 décembre 2017 14h01)                

Zimbabwe: Mugabe et le vice-président limogé en contact

novembre 20, 2017

Capture d’image de la télévision zimbabwéenne diffusant l’allocution du président Robert Mugabe, le 19 novembre 2017 à Harare / © ZBC/AFP /

Les deux acteurs politiques principaux de la crise au Zimbabwe, le président Robert Mugabe et son vice-président déchu Emmerson Mnangagwa, sont en contact, a annoncé l’armée lundi, à la veille d’une procédure de destitution contre l’homme fort du pays depuis 1980.

Le chef d’état-major, le général Constantino Chiwenga, auteur d’un coup de force militaire dans la nuit du 14 au 15 novembre, a également appelé la population au « calme » et à « la patience », à l’avant-veille de nouvelles manifestations anti-Mugabe.

Samedi, des dizaines de milliers de personnes étaient descendues dans la rue pour demander la démission du plus vieux chef d’Etat en exercice de la planète, âgé de 93 ans.

L’armée a pris le contrôle du pays après la destitution, le 6 novembre, d’Emmerson Mnangagwa. Avec son départ forcé, la voie semblait dégagée pour la première dame, Grace Mugabe, afin que, le moment venu, elle succède à son mari. Un scénario inacceptable pour l’armée.

Depuis ce coup de force, le chef d’Etat a perdu un à un ses soutiens, y compris celui de son parti, la Zanu-PF, qui doit engager mardi une procédure de destitution contre lui.

En trente-sept ans au pouvoir, le très fin tacticien Robert Mugabe n’a jamais été aussi affaibli politiquement, mais il refuse toujours de céder le pouvoir.

Alors que les négociations semblaient au point mort, le général Constantino Chiwenga a annoncé lundi soir des « contacts entre le président et l’ancien vice-président ». Des « développements encourageants », selon lui.

Emmerson Mnangagwa, parti en exil dans la foulée de son éviction, est « attendu prochainement dans le pays », a-t-il précisé.

Dans le cadre d’entretiens entre l’armée et le président, « plusieurs garanties ont été données » et le président Mugabe « a accepté une feuille de route » pour une sortie de crise, a assuré le général Chiwenga sans donner plus de précisions.

Selon plusieurs analystes, le vieux dirigeant, accusé de violations ds droits de l’Homme et de corruption, joue la montre afin d’obtenir des garanties sur son immunité.

Trop c’est trop

Le temps presse pour Robert Mugabe car la Zanu-PF, qui l’a évincé ce week-end de la présidence du parti, a décidé lundi d’entamer une procédure de destitution.

Elle espère ainsi lui donner le coup de grâce, ce que ni l’armée ni la population descendue en masse dans la rue n’ont encore réussi.

« Trop, c’est trop. Mugabe doit partir », a déclaré à l’AFP un parlementaire de la Zanu-PF, Pesai Munanzvi. « Nous voulons nous débarrasser de cet animal », a renchéri son collègue, Vongai Mupereri, avant que le parti ne se prononce pour le lancement, dès mardi, de la procédure de destitution.

Devant la tour du siège de la Zanu-PF, une immense affiche représentant le « camarade Bob » a été vandalisée. Tout un symbole.

La Zanu-PF a mis ses menaces à exécution après le bras d’honneur que lui a adressé le président: il a superbement ignoré l’ultimatum de son parti qui lui enjoignait de démissionner d’ici à lundi midi (10H00 GMT).

Selon la Constitution zimbabwéenne, l’Assemblée nationale et le Sénat peuvent engager à la majorité simple, une procédure de révocation du président. Une commission d’enquête est alors formée pour formuler une résolution de destitution, qui doit ensuite être approuvée à la majorité des deux tiers.

La Zanu-PF veut accuser Robert Mugabe « d’avoir autorisé sa femme à usurper des pouvoirs » et de « ne plus être en capacité physique d’assurer son rôle compte tenu de son grand âge », a précisé le député Paul Mangwana.

Grand-père

Dans une déclaration surréaliste à la télévision dimanche soir, Robert Mugabe avait ignoré les appels à la démission, provoquant un coup de tonnerre dans le pays.

Très influents, les anciens combattants de la guerre d’indépendance lui ont à nouveau ordonné lundi de partir.

« Epargne d’autres troubles au pays. Sinon, nous allons ramener le peuple du Zimbabwe dans les rues », lui a lancé leur chef, Chris Mutsvangwa, qui a confirmé une nouvelle manifestation anti-Mugabe mercredi dans la capitale.

Sous l’oeil bienveillant de l’armée, plusieurs dizaines de milliers de personnes avaient déjà envahi samedi les rues d’Harare et de Bulawayo (sud-ouest) aux cris de « Bye bye Robert » ou « Adieu grand-père ».

Dans la foule des manifestants, figuraient plusieurs ministres.

Ils sont convoqués, avec leurs collègues du gouvernement, pour un conseil des ministres mardi à 09H00 (07H00 GMT). « Tous les ministres doivent être présents », a prévenu la présidence.

Des centaines d’étudiants ont également manifesté lundi sur le campus de l’université d’Harare pour exiger le départ du chef de l’Etat. « Nous sommes en colère et déçus par le discours de Mugabe », a déclaré un de leurs meneurs, Shepherd Raradza.

Dans la soirée, l’université a annoncé qu’elle fermerait dès mardi pour les vacances de fin d’année et que les examens auraient finalement lieu en janvier.

Romandie.com avec(©AFP / 20 novembre 2017 21h47)                

Zimbabwe : une médiation en cours pour décider du sort de Robert Mugabe

novembre 16, 2017

Un véhicule blindé posté à un carrefour de Harare, le 15 novembre 2017. © Jekesai NJIKIZANA / AFP

Le président Robert Mugabe est toujours placé en résidence surveillée par l’armée. Une médiation est actuellement en cours au palais présidentiel, en sa présence. Le général Constantino Chiwenga et des envoyés sud-africains sont présents pour ces négociations.

Toujours sonnés par les événements, de nombreux Zimbabwéens semblent prêts à tourner la page Mugabe, et espèrent désormais que l’intervention de l’armée contre le président mettra un terme aux 37 années de pouvoir du héros de l’indépendance. « Nous sommes contents de ce qui se passe », exulte ainsi Keresenzia Moyo. « On a besoin de changement dans ce pays, notre situation est pathétique, notre économie en plein marasme », a poursuivi cet habitant d’Harare, interrogé au lendemain du coup de force de l’armée.

Médiation en cours, le calme règne à Harare

Reste que, selon plusieurs sources politiques, Robert Mugabe ne semble pas encore décidé à quitter le pouvoir de son propre chef. « Camarade Bob » estimait dans la matinée de ce jeudi qu’il ne pouvait être démis de ses fonctions que par un vote de la direction de la Zanu-PF, le parti au pouvoir, rapporte Reuters.

De mêmes sources, un prêtre catholique, Fidelis Mukonori, jouerait actuellement les médiateurs pour organiser la mise à l’écart du président, a appris l’agence de presse. Jeudi à la mi-journée, ces négociations n’avaient pas abouti et Robert Mugabe, 93 ans, insisterait toujours pour rester la seule autorité légitime du pays.

Robert Mugabe aurait refusé de démissionner, selon une source proche de l’armée citée par l’AFP en milieu de journée. « Ils se sont rencontrés aujourd’hui. Il a refusé de démissionner, je pense qu’il essaie de gagner du temps », a déclaré cette source sous couvert d’anonymat.

En fin de journée, ce jeudi, le journal gouvernemental The Herald, a publié une série de photographies présentées comme ayant été prises lors de la rencontre, au palais présidentiel, entre Robert Mugabe, le général Constantino Chiwenga et d’autres membres du haut commandement militaire. Sur ces clichés apparaissent également le père Fidelis Mukonori ainsi que deux envoyés spéciaux de Jacob Zuma, le président sud-africain.

Les militaires essaient difficilement de faire croire que ce qui se passe n’est pas un coup d’État

En attendant un dénouement, les Zimbabwéens vaquaient dans le calme à leurs occupations à Harare, malgré les barrages déployés par l’armée. Dans les rues, bon nombre d’entre eux ont confié leur surprise face aux événements. « Nous ne savons pas du tout ce que cela signifie », a ainsi témoigné Karen Mvelani, un étudiant de 21 ans. Il faut dire que jeudi matin, la plus grande confusion continuait de régner quant à la nature du coup de force de l’armée.

Alpha Condé dénonce un « coup d’État »

Par la voix de son président, le Guinéen Alpha Condé, l’Union africaine a dénoncé « un coup d’État ». « Nous exigeons le respect de la Constitution, le retour à l’ordre constitutionnel, et nous n’accepterons jamais le coup d’État militaire », a déclaré Alpha Condé depuis Paris, affirmant qu’il tentait d’entrer en contact avec Robert Mugabe par l’intermédiaire de Jacob Zuma. Ce dernier, fidèle soutien de Robert Mugabe, s’est pour sa part dit « très préoccupé » par la situation. L’organisation régionale d’Afrique australe (SADC) a de son côté annoncé qu’elle tiendrait jeudi une réunion d’urgence au Botswana.

« Les militaires essaient difficilement de faire croire que ce qui se passe n’est pas un coup d’État pour ne pas subir les foudres de la SADC et de l’UA », avance l’analyste Derek Matyszak, de l’Institut pour les études de sécurité de Pretoria.

Selon lui, Robert Mugabe, qui jouit toujours d’une certaine popularité, pourrait rester dans le pays au terme des négociations, si l’armée obtenait son départ du pouvoir. « La difficulté, c’est de garantir la sécurité de Grace en échange du départ de Robert », a poursuivi Derek Matyszak.


Robert Mugabe et son épouse, le 18 avril, à Harare. © Jekesai NJIKIZANA/AFP

 

Le sort de la première dame, dont les ambitions présidentielles ont certainement précipité le coup de force de l’armée, est au centre des discussions. Grace Mugabe, 52 ans, avait en effet cristallisé les tensions en s’imposant comme une éphémère favorite dans la course à la succession de son époux. Le 6 novembre, son principal rival, le vice-président Emmerson Mnangagwa, avait de fait été limogé par le chef de l’État au terme d’un bras de fer avec Grace Mugabe et ses soutiens du « G40 » (« génération 40), faction au sein du parti présidentiel.

Soldats déployés dans la capitale

C’était sans compter les liens étroits que Emmerson Mnangagwa entretient avec de hauts gradés militaires, comme lui issus de la lutte pour l’indépendance du pays. Mardi, le chef de l’armée zimbabwéenne était ainsi sorti de sa traditionnelle réserve pour exiger que « la purge actuelle » cesse « immédiatement ». « L’armée n’hésitera pas  à intervenir », a martelé le général Constantino Chiwenga.

Mardi soir, des militaires sont passés à l’action, prenant le contrôle de plusieurs points névralgiques de la capitale. Des soldats et des blindés encerclent depuis le parlement, le siège de la Zanu-PF, ainsi que la Cour suprême ou encore les locaux de la ZBC, la télévision d’État.

Quel sort pour Mugabe ?

« Nous ne faisons que viser les criminels qui entourent » le chef de l’État, a déclaré le général Sibusiyo Moyo dans la nuit de mardi à mercredi à la télévision nationale, visant sans les nommer les soutiens de Grace Mugabe. « Dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale ». « Nous assurons à la nation que Son Excellence le président (…) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie », a-t-il ajouté.

Mais de son côté, le président Mugabe a fait savoir à Jacob Zuma qu’il était retenu à son domicile par les militaires, a rapporté Pretoria, précisant qu’il allait bien. Le sort qui lui sera réservé sera crucial dans le dénouement de la crise.

Jeuneafrique.com

Zimbabwe: des chars vus près d’Harare après des menaces du chef de l’armée

novembre 14, 2017

Le chef de l’armée zimbabwéenne, le général Constantino Chiwenga, le 13 novembre 2017 à Harare / © AFP / Jekesai NJIKIZANA

Un convoi militaire en mouvement a été vu mardi près de la capitale zimbabwéenne, Harare, ajoutant au climat de tension au lendemain d’une mise en garde sans précédent du chef de l’armée à l’encontre du président Robert Mugabe.

« J’ai vu un long convoi de véhicules militaires, dont des chars, il y a environ une heure. Je ne sais pas dans quelle direction ils allaient », a déclaré à l’AFP sous couvert de l’anonymat une vendeuse près du centre commercial Westgate, à environ 10 km du centre de la capitale.

Une deuxième témoin a confirmé à l’AFP avoir vu le convoi. La raison de la présence de ce convoi n’était pas claire dans l’immédiat.

Le porte-parole de l’armée n’était pas joignable pour le moment.

Ces événements ajoutent à l’incertitude régnant dans le pays depuis la décision la semaine dernière du président Mugabe, 93 ans, de révoquer le vice-président Emmerson Mnangagwa, pourtant longtemps pressenti comme dauphin du président.

M. Mnangagwa, 75 ans, a été humilié et démis de ses fonctions la semaine dernière et a fui le pays, après un bras de fer avec la première dame, Grace Mugabe, 52 ans. Figure controversée au tempérament de feu, Mme Mugabe compte de nombreux opposants au sein du parti et du gouvernement.

Dans une mise en garde sans précédent, le chef de l’armée, le général Constantino Chiwenga, a dénoncé lundi l’éviction la semaine dernière du vice-président du pays et prévenu que l’armée pourrait « intervenir » si cette « purge » ne cessait pas au sein du parti présidentiel, la Zanu-PF, au pouvoir depuis l’indépendance en 1980.

« La purge actuelle qui vise clairement les membres du parti qui ont été engagés dans la guerre d’indépendance doit cesser (…) Nous devons rappeler à ceux qui sont derrière ces dangereuses manigances que lorsqu’il s’agit de protéger notre révolution, l’armée n’hésitera pas à intervenir », a martelé lundi le général Chiwenga.

Ses déclarations semblent viser les efforts de plus en plus offensifs de Grace Mugabe pour se rapprocher du pouvoir et critiquer publiquement ses opposants, dont M. Mnangagwa. Avec l’éviction de ce dernier, elle se retrouve en position idéale pour succéder à son époux.

– « Tournant majeur » –

A la tête depuis 37 ans d’un régime autoritaire et répressif, Mugabe a été investi par la Zanu-PF pour la présidentielle de 2018, malgré son grand âge et sa santé fragile.

Réagissant à la menace du chef de l’armée, le principal parti d’opposition zimbabwéen, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC), s’est clairement positionné contre une prise du pouvoir des militaires.

« Personne ne veut voir de coup d’Etat – et je ne dis pas qu’il va y en avoir un. Il n’est pas souhaitable que l’armée prenne le pouvoir. Cela donnera un coup d’arrêt à la démocratie, et ce n’est pas sain pour le pays », a déclaré à l’AFP un haut responsable du parti, Gift Chimanikire.

La branche jeunesse de la Zanu-PF a également fait savoir dans un communiqué qu’elle s’opposait vivement à une prise de pouvoir de l’armée.

Mardi à Harare, les rumeurs allaient bon train sur une possible révocation par Mugabe du chef de l’armée, qui est considéré comme un allié de M. Mnangagwa. Le général Chiwenga, 61 ans, et M. Mnangagwa ont tous deux été des figures majeures – tout comme Mugabe – de la lutte pour l’indépendance du Zimbabwe.

M. Mnangagwa était vu comme l’un des lieutenants les plus fidèles de Mugabe, ayant travaillé à ses côtés depuis plus de 40 ans, et l’ex vice-président entretient des liens étroits avec les militaires.

Cette crise « marque une nouvelle étape alarmante dans la course à la succession » de Mugabe, a relevé l’analyste politique Alex Magaisa. « (Mugabe) a déjà par le passé demandé à l’armée de rester à l’écart de la course pour prendre la tête de la Zanu-PF. Son autorité sur l’armée n’a jamais été testée à ce point. S’il ne fait rien, cela pourra être interprété comme un signe de faiblesse. S’il intervient, cela pourrait déclencher une confrontation ouverte », souligne l’expert.

Pour Shadrack Gutto, directeur du Centre African Renaissance Studies à l’Université d’Afrique du Sud, l’armée « n’acceptera pas Grace Mugabe comme présidente du Zimbabwe (…) Nous sommes à un tournant majeur du Zimbabwe parce que Robert Mugabe est à moitié sénile », a jugé l’expert.

Romandie.com avec(©AFP / 14 novembre 2017 18h00)