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Maduro renforce encore son pouvoir: la Constituante limoge une des principales opposantes

août 5, 2017

La présidente de la nouvelle Assemblée constituante Delcy Rodriguez (C), son premier vice-président Aristobulo Isturiz (G) et le secon VP Isaias Rodriguez lors de la session inaugurale de cette chambre controversée, le 5 août 2017 à Caracas / © AFP / Juan BARRETO

Le président socialiste vénézuélien Nicolas Maduro a porté samedi un grand coup à ses opposants: à peine installée, la Constituante qu’il a voulue et dotée de pouvoirs illimités a limogé l’une de ses adversaires les plus pugnaces, la procureure générale Luisa Ortega, au risque d’aggraver encore les tensions avec la communauté internationale.

Mme Ortega, une chaviste historique qui a pris ses distances depuis plusieurs mois avec M. Maduro, a répliqué quelques heures plus tard qu’elle ne reconnaissait pas cette décision. Elle avait indiqué dans la matinée à la presse que des unités de la Garde nationale bolivarienne (GNB) l’avaient empêchée d’accéder aux bureaux du Parquet général dans le centre de Caracas .

« C’est une dictature! » avait-elle dénoncé, tout en promettant de continuer « à lutter pour la liberté et la démocratie au Venezuela ». « Non seulement ils arrêtent les gens arbitrairement, mais ils les font juger par la justice militaire, et maintenant ils ne laissent pas entrer la procureure générale dans son bureau ».

Le Parquet général, qu’elle dirige, avait ouvert mercredi une enquête pour fraude électorale présumée lors du scrutin de l’Assemblée constituante le 30 juillet, réclamant en outre l’annulation de l’installation de cette toute-puissante institution.

Nommée en 2007 par le président Hugo Chavez (1999-2013), Mme Ortega était la principale figure institutionnelle à oser défier publiquement son successeur.

– Le Venezuela suspendu du Mercosur –

Ce limogeage risque d’empirer les relations déjà tendues du Venezuela avec la communauté internationale, inquiète de la dérive autoritaire du régime.

Dernier exemple de cette tension: réunis samedi à Sao Paulo, les ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l’Argentine, de l’Uruguay et du Paraguay ont décidé de suspendre le Venezuela du Mercosur, le marché commun sud-américain, « pour rupture de l’ordre démocratique ».

« La suspension ne sera levée (…) qu’une fois que les autres membres du groupe auront considéré que l’ordre démocratique a été pleinement rétabli », a expliqué le Mercosur, posant comme conditions « la libération des prisonniers politiques, la restauration des compétences de pouvoir législatif, la reprise du calendrier électoral et l’annulation de l’Assemblée constituante ».

Nicolas Maduro a aussitôt répliqué que son pays ne serait « jamais » exclu du Mercosur et dénoncé une tentative de « blocus économique, financier, commercial et politique comme celui imposé à Cuba dans les années 60 ».

Il a également défendu la Constituante, qualifiée de « baume pour la vie sociale et politique du Venezuela ». Pour le chef de l’Etat, son pays subit « l’une des attaques les plus féroces que nous ayons connues en 18 années de révolution bolivarienne ».

Présidée par l’ex-ministre des Affaires étrangères Delcy Rodriguez, la Constituante a pour mission de réécrire la Constitution de 1999 promulguée par Chavez. M. Maduro lui a notamment fixé pour mission d’apporter la « paix » et de redresser l’économie en lambeaux de cette nation pétrolière, naguère immensément riche.

L’opposition accuse en revanche le dirigeant socialiste de vouloir accroître ses pouvoirs et prolonger son mandat qui s’achève normalement en 2019.

Installée officiellement vendredi, la Constituante a fait savoir samedi qu’elle siégerait pour une durée maximale de deux ans.

Les constituants siègent dans le « salon elliptique », à quelques dizaines de mètres seulement de l’hémicycle dans lequel se réunissent les députés du parlement élu fin 2015, où l’opposition est majoritaire. Ce qu’ils entendent continuer à faire, ont-ils annoncé, faisant craindre des tensions au sein du bâtiment.

– ‘Coexistence’ –

« Ce qui est envisagé, c’est la coexistence (…) Ce qui ne peut pas arriver, c’est que les pouvoirs constitués méconnaissent les décisions de l’Assemblée constituante », avait expliqué Delcy Rodriguez à l’AFP quelques jours avant son élection à la tête de la Constituante… qui a la faculté de dissoudre le Parlement.

« Nous n’allons pas céder », a assuré de son côté la coalition de l’opposition (MUD) sur Twitter.

L’élection de la Constituante, entachée par des violences qui ont fait dix morts, a suscité un tollé international, dont une condamnation inhabituellement ferme du Vatican, alors que déjà plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le gouvernement.

Lors de son discours d’investiture, Delcy Rodriguez, une fidèle de M. Maduro qui la surnomme »la tigresse », a fermement rejeté ces critiques: « pour la communauté internationale (…) le message est clair, très clair: nous, les Vénézuéliens, résoudrons notre conflit, notre crise, sans aucune sorte d’interférence étrangère ».

Romandie.com avec(©AFP / 05 août 2017 21h42)

Venezuela: le parquet demande l’annulation de l’installation de la Constituante

août 3, 2017

La procureure générale du Venezuela Luisa Ortega, le 31 juillet 2017 à Caracas / © AFP / JUAN BARRETO

Le Parquet général du Venezuela, dirigé par la procureure dissidente Luisa Ortega, tentait jeudi de freiner la mise en place de l’Assemblée constituante portée par le président Nicolas Maduro à la veille de son installation, durant laquelle une confrontation entre le pouvoir et l’opposition est redoutée.

Le ministère public a demandé à la justice d’annuler l’installation de la Constituante contestée par l’opposition qui l’accuse d’être « illégitime ».

Les deux camps se préparaient à un nouveau bras de fer vendredi avec de nouvelles manifestations lors des débuts de cette assemblée.

Les services de la Procureur générale, ancienne proche du pouvoir devenue une de ses principales adversaires, ont annoncé sur Twitter que cette demande, faite par les deux procureurs chargés de l’enquête, « se base sur la commission présumée de délits durant le processus électoral » dimanche.

L’ouverture de cette enquête, annoncée mercredi soir, intervient après les révélations de l’entreprise britannique chargée des opérations de vote qui estime que la différence entre la participation réelle et celle annoncée par les autorités est « d’au moins un million de votes ».

« Nous savons, sans le moindre doute, que (les chiffres de) la participation à l’élection d’une Assemblée constituante nationale ont été manipulés », a déclaré Antonio Mugicala, le PDG de SmartMatic.

Mais l’initiative du parquet a peu de chances d’aboutir, ses précédentes initiatives ayant toutes été neutralisées par la Cour suprême (TSJ), accusé par l’opposition d’être inféodé au pouvoir.

– ‘Plomb dans l’aile’ –

Cette assemblée « naît avec du plomb dans l’aile. Mais peu importe pour Maduro, il veut seulement une Constituante à sa mesure », juge l’analyste Luis Salamanca.

L’Assemblée constituante se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du chef de l’Etat, et elle est installée pour un temps indéfini. Elle aura pour mission de réécrire la Constitution du Venezuela.

Son élection dimanche, entachée par des violences qui ont fait dix morts, a suscité un tollé international. Plus de 120 personnes ont été tuées en quatre mois de manifestations contre le président.

L’opposition continue à contester le principe même de ce « super pouvoir », les leaders antichavistes (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013) évoquant son « illégitimité ».

« Pour défendre la Constitution contre la fraude, la mobilisation d’aujourd’hui (jeudi) aura lieu demain, 4 août », a écrit sur Twitter la coalition de l’opposition Table de l’unité démocratique (MUD), qui veut faire coïncider sa marche en direction du siège du Parlement avec le début des travaux de la Constituante.

« La lutte continue. La fraude que représente cette Constituante met le pays sur la voie d’une explosion sociale. Ce processus est nul. C’est le début de la fin » a déclaré Henrique Capriles, l’un des chefs de l’opposition.

Mercredi soir, Nicolas Maduro avait annoncé le report de 24 heures de la séance inaugurale de l’Assemblée, initialement prévue jeudi.

Cette séance sera « organisée dans la paix, dans la tranquillité et avec tout le protocole nécessaire vendredi prochain à 11 heures du matin » (15h00 GMT), a déclaré le dirigeant.

– ‘Ennemi international’ –

Selon les autorités, plus de 8 millions d’électeurs, soit 41,5% du corps électoral, ont participé à l’élection des membres de la Constituante. Soit un chiffre supérieur aux 7,6 millions de voix réunies par l’opposition le 16 juillet, lors d’un référendum contre le projet de Constituante.

Chaque camp conteste les chiffres de l’autre et les accusations de « manipulation » lancées par la société chargée des opérations de vote ont fait bondir les autorités.

« C’est une affirmation irresponsable basée sur des estimations sans fondement », s’est défendue la présidente de l’autorité électorale (CNE) Tibisay Lucena. Il s’agit d’une « réaction de l’ennemi international », le scrutin a été « transparent », a abondé M. Maduro.

L’opposition entend par ailleurs continuer de siéger au Parlement où elle est majoritaire. Concrètement, les deux assemblées doivent se réunir dans deux hémicycles distincts au sein du même bâtiment, séparés par une simple cour, faisant craindre de nouvelles tensions.

La Constituante, qui doit apporter la « paix » et permettre au Venezuela de se redresser économiquement, selon le chef de l’Etat, est rejetée par 72% des Vénézuéliens, d’après l’institut de sondages Datanalisis.

Les antichavistes ont boycotté le scrutin de dimanche en dénonçant sans relâche une « fraude » visant à prolonger le pouvoir de M. Maduro, dont le mandat s’achève en 2019.

Le Venezuela est au bord de l’effondrement économique et 80% des Vénézuéliens désapprouvent la gestion du président, selon Datanalisis.

Enfin, la Constituante doit lancer ses travaux dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis, renforcé par les nombreuses condamnations internationales après l’arrestation dans la nuit de lundi à mardi de deux des figures de l’opposition, Leopoldo Lopez et le maire de Caracas Antonio Ledezma.

Le président américain Donald Trump a tenu « personnellement responsable » son homologue vénézuélien du traitement des deux opposants, condamnant « les actions de la dictature Maduro ».

(©AFP / 03 août 2017 22h57)

Venezuela: l’opposition se mobilise contre la Constituante

août 2, 2017

Manifestation contre le président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas, le 31 juillet 2017 / © AFP / RONALDO SCHEMIDT

L’opposition vénézuélienne se prépare à manifester contre l’installation prévue sous peu de l’Assemblée constituante, voulue par le président socialiste Nicolas Maduro mais considérée par ses adversaires et de nombreuses capitales étrangères comme une menace pour la démocratie.

La coalition de l’opposition a appelé à des rassemblements à Caracas jeudi, au lieu de mercredi comme annoncé initialement, estimant que l’entrée en fonction de cette institution se ferait ce jour-là.

Le pouvoir a assuré que l’Assemblée constituante élue dimanche débuterait ses travaux de manière imminente, sans toutefois confirmer de date précise.

Une marche « se déroulera jeudi, jour où la dictature a l’intention d’+installer+ la fraude », a annoncé mardi soir le député d’opposition, Freddy Guevara sur Twitter.

Les leaders antichavistes (du nom de Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013) dénoncent le caractère « illégitime » à leurs yeux de ce « super pouvoir » qui pilotera le Venezuela pour une durée indéterminée.

Laissant présager une situation particulièrement tendue lors des débuts de la Constituante, Julio Borges, le président du Parlement, où l’opposition est majoritaire, a annoncé que le pouvoir législatif continuerait de siéger malgré tout. Une séance était d’ailleurs prévue mercredi matin.

Les 545 membres de la Constituante élus lors d’un scrutin marqué par des affrontements meurtriers doivent débuter leurs travaux dans un contexte de tensions avec les Etats-Unis, renforcé par les nombreuses condamnations internationales après l’arrestation dans la nuit de lundi à mardi de deux des figures de l’opposition.

Leopoldo Lopez, 46 ans, fondateur du parti Voluntad Popular (Volonté populaire, droite), et le maire de Caracas Antonio Ledezma, 62 ans, ont été arrêtés en pleine nuit chez eux, selon des vidéos relayées sur internet. Tous deux avaient déjà été emprisonnés et avaient récemment été assignés à résidence.

Le président américain Donald Trump a tenu « personnellement responsable » son homologue vénézuélien du traitement des deux opposants, condamnant « les actions de la dictature Maduro ».

– ‘Pouvoir absolu’ –

« Je l’avais dit: qu’il pleuve ou qu’il vente, le projet d’Assemblée constituante continue. Dans les prochaines heures, elle commencera à exercer son pouvoir absolu », a déclaré le président Maduro, qui s’est vu imposer des sanctions financières par Washington. Il s’agit notamment du « gel » de « tous les avoirs » que possèderait le dirigeant vénézuélien aux Etats-Unis.

La Constituante se situe au-dessus de tous les pouvoirs, y compris du chef de l’Etat, et doit rédiger une nouvelle Constitution. Elle doit apporter la « paix » et permettre au pays de se redresser économiquement, selon le chef de l’Etat.

L’opposition, qui contrôle le Parlement depuis 2016, a boycotté le scrutin en dénonçant une « fraude » visant à prolonger le pouvoir de M. Maduro, dont le mandat s’achève en 2019.

Outre les Etats-Unis, de nombreuses voix se sont élevées contre l’interpellation des deux chefs de l’opposition, dont celle de l’UE qui étudie la possibilité de sanctions – par un gel de leurs avoirs et une interdiction de voyager dans l’UE – à l’encontre « des membres du gouvernement vénézuélien », y compris M. Maduro « et son entourage », selon le président du Parlement européen, Antonio Tajani.

De son côté, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a appelé les autorités « à faire tous les efforts possibles pour réduire les tensions » dans ce pays pétrolier au bord de l’abîme.

Dimanche, opposants et forces de l’ordre s’étaient affrontés à Caracas et dans d’autres villes lors de batailles rangées. Plus de 120 personnes au total ont été tuées en quatre mois de manifestations anti-Maduro. Selon l’ONG Foro Penal, le Venezuela compte quelque 490 « prisonniers politiques ».

Selon les autorités, plus de huit millions d’électeurs, soit 41,5% du corps électoral, ont participé à l’élection de dimanche. Plus que les 7,6 millions de voix réunies par l’opposition le 16 juillet, lors d’un référendum contre le projet de Constituante. Chaque camp conteste les chiffres de l’autre.

Le Venezuela est au bord de l’effondrement économique et 80% des Vénézuéliens désapprouvent la gestion du président, selon l’institut de sondages Datanalisis.

Romandie.com avec(©AFP / 02 août 2017 13h23)

Venezuela: vives condamnations dans le monde après l’élection de la Constituante

juillet 31, 2017

Des manifestants anti-gouvernement le 30 juillet 2017 à Caracas / © AFP / RONALDO SCHEMIDT

Des Etats-Unis à l’Union européenne, de nombreux gouvernements dans le monde ont fermement condamné lundi l’élection dans la violence d’une Assemblée constituante au Venezuela, certains annonçant qu’ils refuseraient de reconnaître les futures décisions de cette institution.

« Nous continuerons à prendre des mesures fortes et rapides contre les architectes de l’autoritarisme au Venezuela, y compris contre ceux qui font partie de l’Assemblée constituante en vertu de cette élection irrégulière », a affirmé dans un communiqué la porte-parole du Département d’Etat américain Heather Nauert.

Une dizaine de pays ont annoncé leur refus de reconnaître la Constituante, notamment l’Espagne, où vit une importante communauté d’exilés vénézuéliens.

La Constituante « ne représente pas la volonté de la majorité des Vénézuéliens » et « n’est pas la solution aux graves problèmes d’affrontements politiques et de crise humanitaire qui frappent le pays », déclare le ministère espagnol des Affaires étrangères dans un communiqué.

C’est pourquoi Madrid « ne pourra pas reconnaître ni accorder de validité aux actes juridiques émanant de cette Assemblée constituante ».

Plusieurs pays sud-américains, du Mexique à l’Argentine en passant par le Panama, le Costa Rica, le Paraguay et la Colombie, ont également condamné les violences pendant l’élection. Le Pérou a invité les ministres des Affaires étrangères d’Amérique latine à une réunion sur le Venezuela le 8 août à Lima.

La Commission européenne, pour sa part, a exprimé « de sérieux doutes quant à savoir si le résultat de l’élection (de la Constituante) peut être reconnu », a souligné une porte-parole de l’exécutif européen.

« Une Assemblée constituante, élue dans des circonstances douteuses et souvent violentes, ne saurait faire partie de la solution », a poursuivi Mina Andreeva lors d’un point presse à Bruxelles, en s’inquiétant du « sort de la démocratie » au Venezuela.

Le président du Parlement européen Antonio Tajani a quant à lui affirmé dans un communiqué que l’institution « ne reconnaîtra pas cette élection » de la Constituante, en fustigeant la nature « antidémocratique » du gouvernement de Caracas.

La France a exigé du gouvernement vénézuélien « qu’il garantisse ses engagements internationaux en matière de respect des libertés publiques ».

Paris « demande aux autorités vénézuéliennes de consentir, dans un esprit de réconciliation nationale, aux compromis nécessaires au dénouement de la crise, dont le prolongement ne peut qu’accroître le désarroi du peuple vénézuélien et déstabiliser toute la région », a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le scrutin de dimanche, boycotté par l’opposition, a été marqué par des violences qui ont fait dix morts. La Constituante de 545 membres, qui doit diriger le pays pour une durée indéterminée, doit s’installer mercredi au siège du Parlement dominé depuis 2016 par l’opposition.

Romandie.com avec(©AFP / 31 juillet 2017 15h31)

Scènes de « guerre » au Venezuela, qui a voté la Constituante

juillet 30, 2017

Des policiers vénézuéliens après l’explosion d’un engin au passage de leurs motos lors des manifestations à Caracas contre le président Nicolas Maduro, le 30 juillet 2017 / © AFP / Juan BARRETO

La violence meurtrière a fait irruption dimanche au Venezuela, jour de l’élection de l’Assemblée constituante rejetée par les adversaires du président Nicolas Maduro : un candidat et un dirigeant de l’opposition ont été tués, alors que des scènes de « guerre » secouaient Caracas.

« Je ne sais pas d’où vient leur haine, des Vénézuéliens contre des Vénézuéliens… Ca, c’est une guerre ! », a déclaré Conchita Ramirez, une habitante d’un quartier de la capitale après l’intervention musclée des forces de l’ordre équipées de véhicules anti-émeute.

Sous une pluie de gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, des manifestant bloquant une autoroute de Caracas ont par ailleurs été délogés sans ménagement.

Un peu plus loin, au passage d’un groupe de motards de la police une forte détonation retentit, montre une vidéo de l’AFP. Au moins, quatre policiers sont blessés dans l’explosion, l’un d’eux a la jambe en flammes, alors que plusieurs de leurs deux-roues brûlent à terre. Des scènes similaires ont eu lieu à Maracaibo (ouest), la deuxième ville du pays.

En tout, sept personnes sont décédées depuis samedi, selon le Parquet.

Un candidat à la constituante a été abattu chez lui dans la nuit de samedi à dimanche à Ciudad Bolivar (sud-est), José Felix Pineda, un avocat de 39 ans. Et un dirigeant de l’opposition, Ricardo Campos, 30 ans, a été tué par balle durant une manifestation dans l’Etat de Sucre (nord-est).

Un militaire, Ronald Ramirez, « a été atteint par une balle au niveau de la pommette gauche pendant une manifestation » dans l’Etat de Tachira (ouest) frontalier avec la Colombie.

En outre, trois manifestants de 28, 39 et 43 ans sont morts dans les Etats de Mérida (ouest) et Barquisimeto (ouest), et un autre était décédé samedi au cours d’une protestation dans l’Etat de Merida (ouest).

– Plus de 110 morts –

Rassemblements, barricades, homicides : ce vote se déroule alors que le pays est au bord de l’effondrement économique. Depuis le mois d’avril des manifestations antigouvernementales ont fait plus de 110 morts ainsi que des milliers de blessés.

Le scrutin pour désigner les 545 membres de l’Assemblée constituante a débuté dimanche à 06H00 locales (10H00 GMT) et le président socialiste Nicolas Maduro a été le premier à voter dans l’ouest de Caracas.

« Je suis le premier à voter dans le pays. Je demande aujourd’hui la bénédiction de Dieu pour que le peuple puisse exercer librement son droit de vote démocratique », a déclaré le chef de l’Etat. Selon lui, « l’empereur Donald Trump a voulu empêcher le peuple d’exercer le droit de vote ».

L’opposition, qui boycotte tout le processus et n’a donc présenté aucun candidat, a appelé à dresser des barricades dans tout le pays bien que le gouvernement ait menacé de cinq à dix ans de prison ceux qui feraient obstacle au scrutin.

Les antichavistes détiennent la majorité au Parlement et voient dans cette Constituante un moyen pour le président Maduro de se cramponner au pouvoir, contourner l’Assemblée nationale élue et éviter la présidentielle prévue fin 2018. Ils dénoncent une dérive vers un « régime à la cubaine ».

Le gouvernement assure de son côté que cette future assemblée, dont la durée du mandat n’est pas définie, sera un « super pouvoir » qui aura la capacité de dissoudre le Parlement, qu’elle apportera la paix et permettra au pays de se redresser économiquement.

– ‘Fraude constitutionnelle’ –

« Cette fraude constitutionnelle et électorale est la plus grave erreur historique qu’ait pu commettre Maduro », a affirmé le député Freddy Guevara, au nom de la coalition de l’opposition Table de l’unité démocratique (MUD).

Nicolas Maduro a le soutien des pouvoirs judiciaire et militaire. Mais plus de 80% des Vénézuéliens désapprouvent sa gestion du pays et 72% son projet de Constituante, selon l’institut de sondages Datanalisis.

La participation à l’élection de dimanche sera une donnée-clef. Selon l’analyste Benigno Alarcon, le gouvernement cherche à éviter une forte abstention, sachant que 7,6 millions de personnes ont voté lors d’un référendum symbolique organisé par l’opposition il y a deux semaines contre le projet, selon la MUD.

Mais grâce au mode de scrutin, combinant vote territorial et par secteurs socio-professionnels, 62% des 19,8 millions d’électeurs pourront se prononcer deux fois, ce qui soulève des interrogations sur la validité du résultat alors qu’aucun observateur étranger ne sera présent, souligne un analyste, Eugenio Martinez.

Avec sa Constituante, Nicolas Maduro s’est mis à dos les Etats-Unis, qui importent 800.000 barils de brut sur les 1,9 million produits chaque jour le Venezuela, ainsi que plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe.

Washington a imposé des sanctions à 13 fonctionnaires et militaires proches du chef de l’Etat accusés d’atteinte à la démocratie, de violations des droits de l’homme ou de corruption.

« La dictature s’auto-isole », a affirmé le député Guevara. La Colombie, le Panama et le Pérou ont annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas la Constituante, les Etats-Unis ont menacé d’autres sanctions.

A Madrid, plusieurs centaines de Vénézuéliens ont manifesté dimanche pour demander à l’Espagne qu’elle ne reconnaisse pas la Constituante. « Pays du monde entier, aidez-nous », pouvait-on lire sur des pancartes brandies par les manifestants, qui agitaient des drapeaux jaune, rouge, bleu du Venezuela.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2017 23h09)                

Venezuela: vote sous tension, un candidat à la Constituante tué

juillet 30, 2017

Des électeurs appelés à désigner leurs délégués à une assemblée constituante, le 30 juillet 2017 à Caracas / © AFP / JUAN BARRETO

Un candidat à l’Assemblée constituante a été tué par balle, signe de la tension qui régnait dimanche au Venezuela où les électeurs sont appelés à désigner leurs délégués à cette assemblée que le président Maduro veut doter d’un « super pouvoir », mais que l’opposition rejette.

Protestations, blocages, violences: ce scrutin se déroule dans un climat de forte tensions dans un pays au bord de l’effondrement économique. Depuis le mois d’avril des manifestations anti-gouvernementales ont fait plus d’une centaine de morts ainsi que des milliers de blessés.

Dans la nuit de samedi à dimanche, « un groupe a fait irruption » chez José Felix Pineda, un avocat de 39 ans, à Ciudad Bolivar (sud-est), « et lui a tiré dessus à plusieurs reprises », a indiqué le Parquet sur Twitter, sans évoquer d’éventuels motifs.

Il s’agit du deuxième candidat assassiné. Le 10 juillet, José Luis Rivas a été abattu en pleine campagne électorale dans la ville de Maracay (centre-nord).

Le scrutin pour désigner les 545 membres de l’Assemblée constituante a débuté dimanche à 06H00 locales (10H00 GMT) et le président socialiste Nicolas Maduro a été le premier à voter dans l’ouest de Caracas.

« Je suis le premier à voter dans le pays. Je demande aujourd’hui sa bénédiction à Dieu pour que le peuple puisse exercer librement son droit de vote démocratique », a déclaré le chef de l’Etat. Selon lui, « l’empereur Donald Trump a voulu empêcher le peuple d’exercer le droit de vote ».

Au petit matin, les forces de l’ordre, qui surveillent les centre électoraux, ont violemment délogés des opposants qui bloquaient des rues à El Paraiso, dans l’ouest de Capitale.

– Participation, donnée-clef –

L’opposition, qui boycotte tout le processus et n’a donc présenté aucun candidat, a appelé à un rassemblement massif à Caracas, ainsi qu’à dresser des barricades dans tout le pays bien que le gouvernement ait menacé de jusqu’à dix ans de prison ceux qui feraient obstacle au scrutin.

Les antichavistes détiennent la majorité au Parlement et voient dans cette Constituante un moyen pour le président Maduro de se cramponner au pouvoir, de contourner l’Assemblée nationale élue et d’éviter la présidentielle prévue fin 2018. Ils dénoncent une dérive vers un « régime à la cubaine ».

Le gouvernement assure de son côté que cette future assemblée, dont la durée du mandat n’est pas définie, sera un « super pouvoir » qui aura la capacité de dissoudre le Parlement, qu’elle apportera la paix et permettra au pays de se redresser économiquement.

« Cette fraude constitutionnelle et électorale est la plus grave erreur historique qu’ait pu commettre Maduro », a affirmé le député Freddy Guevara, au nom de la coalition de l’opposition Table de l’unité démocratique (MUD).

Nicolas Maduro et sa Constituante ont le soutien des pouvoirs judiciaire et militaire. Mais plus de 80% des Vénézuéliens désapprouvent sa gestion du pays et 72% son projet, selon l’institut de sondages Datanalisis.

Le Conseil national électoral (CNE) a assuré samedi que les militaires garantissaient le déroulement du scrutin et permis aux électeurs de voter dans n’importe quel bureau de leur commune, arguant de « menaces de l’opposition ».

La participation sera une donnée-clef. Selon l’analyste Benigno Alarcon, le gouvernement cherche à éviter une forte abstention, après les 7,6 millions de votes que la MUD assure avoir réunis lors d’un référendum symbolique organisé il y a deux semaines contre le projet.

– ‘La dictature s’auto-isole’ –

Mais grâce au mode de scrutin, combinant vote territorial et par secteurs socio-professionnels, 62% des 19,8 millions d’électeurs pourront se prononcer deux fois. Ce qui va compliquer le calcul des résultats, selon l’expert électoral Eugenio Martinez.

Bien qu’elles disent vouloir la paix, des personnalités qui siègeront dans cette assemblée, comme le puissant Diosdado Cabello, ont menacé de s’en servir pour envoyer des gens en prison, dissoudre le Parlement ou démanteler le Parquet.

Chaviste de longue date –du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à son décès en 2013 et dont M. Maduro est l’héritier–, la Procureure générale Luisa Ortega a pourtant dénoncé une rupture de l’ordre constitutionnel et appelé à rejeter la Constituante.

Avec ce projet, Nicolas Maduro s’est mis à dos les Etats-Unis, importateurs de 800.000 du 1,9 million de barils de brut que produit par jour le Venezuela, ainsi que plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe.

Washington a imposé des sanctions à 13 fonctionnaires et militaires proches du chef de l’Etat accusés d’attenter à la démocratie, de violations des droits humains ou de corruption.

La Colombie et le Panama ont annoncé qu’ils ne reconnaîtraient pas la Constituante, les Etats-Unis ont menacé d’autres sanctions. « La dictature s’auto-isole », a affirmé le député Guevara.

Romandie.com avec(©AFP / 30 juillet 2017 17h33)                

Venezuela: l’opposition aux urnes contre la Constituante de Maduro

juillet 16, 2017

Les Vénézuéliens ont commencé à voter lors d’une consultation populaire organisée par l’opposition contre le gouvernement du président Nicolas Maduro. / © AFP / FEDERICO PARRA

Les Vénézuéliens votaient dimanche dans le calme lors d’une consultation populaire symbolique organisée par l’opposition sur le projet de Constituante du président Nicolas Maduro, après plus de trois mois de manifestations violentes, ont annoncé les organisateurs.

Les électeurs, beaucoup vêtus de blanc ou avec aux couleurs du drapeau jaune, bleu, rouge du Venezuela, sont venus nombreux glisser leur bulletin dès l’ouverture, dans des boîtes en carton installées dans des bureaux de vote par la coalition d’opposition appelée Table de l’unité démocratique (MUD).

« Liberté ! », lancent certains électeurs.

« Je manifeste mon mécontentement contre le gouvernement. Nous ne trouvons pas de médicaments, nous avons chaque fois moins d’argent pour acheter de la nourriture. Et eux, ils veulent juste rester au pouvoir, nous votons pour qu’ils le quittent », déclare Tibisay Méndez, 49 ans, dans un bureau de vote due sud-est de Caracas.

Présenté comme un acte de « désobéissance civile », ce vote, qui se déroule sans l’aval des autorités, a pour but de manifester le rejet par la population de la future Assemblée constituante, selon la coalition des antichavistes – du nom d’Hugo Chavez, président de 1999 à sa mort en 2013 – réunis au sein de la MUD.

Selon l’institut de sondages Datanalisis, près de 70% des Vénézuéliens sont opposés à la Constituante et 80% dénoncent la gestion par M. Maduro d’un pays en partie paralysé et traumatisé par des manifestations au cours desquelles 95 personnes ont été tuées depuis le 1er avril.

Cette crise politique survient par ailleurs sur fond de chute depuis 2014 des cours du pétrole qui frappe de plein fouet l’économie, dont 95% des devises proviennent de l’exportation de l’or noir.

La Constituante voulue par M. Maduro, et dont les 545 membres seront élus le 30 juillet, aura pour mission de modifier la Constitution en vigueur pour assurer, selon lui, la « paix et la stabilité économique » du Venezuela.

Le projet est fermement rejeté par les antichavistes qui y voient un moyen pour le gouvernement de rester au pouvoir, en contournant l’Assemblée nationale où l’opposition est majoritaire depuis 2016.

« Le pays va non seulement rejeter la Constituante mais aussi donner un mandat pour exiger un changement de régime, la sortie de la dictature et l’ouverture d’une transition avec un gouvernement d’union nationale », a déclaré samedi à l’AFP une responsable de l’opposition, Maria Corina Machado.

– ‘Show international’ –

D’après les projections de l’institut de sondages Datanalisis, quelque 10,5 millions de personnes, sur 19 millions d’électeurs, seraient prêts à voter lors de la consultation qui a reçu le soutien de l’Eglise catholique, des Nations unies, de plusieurs pays d’Amérique latine et d’Europe ainsi que des Etats-Unis.

« Cela va marquer un avant et un après. Aujourd’hui comme jamais nous allons montrer au monde entier et à ceux qui ont le pouvoir que le peuple vénézuélien est maître de son destin », a déclaré Julio Borges, le président du Parlement (opposition), au cours d’une conférence de presse.

Le chef de l’Etat a appelé ses adversaires à réaliser leur consultation dans un climat de « paix ». Ce « show international (…) faites-le, mais en paix », a déclaré le M. Maduro, qui jouit du soutien de l’armée, acteur incontournable du jeu politique.

Dimanche également, le gouvernement a invité les citoyens à venir tester les machines de vote qui seront mises en place pour élire les membres de la Constituante le 30 juillet. Objectif: ne pas laisser le champ libre à l’opposition ce jour

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait exprimé vendredi son inquiétude. « Il y a un besoin urgent d’un dialogue national au Venezuela entre le gouvernement et l’opposition ».

Au même moment, le Haut Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) avait publié des chiffres de demandes d’asile déposées par des Vénézuéliens: 52.000 demandes depuis janvier, soit plus du double de celles recensées l’an dernier.

– ‘Observateurs internationaux

Samedi, cinq anciens présidents latino-américains sont arrivés à Caracas pour assister à la consultation de l’opposition en tant qu' »observateurs internationaux ».

A son arrivée, le Mexicain Vicente Fox a jugé que la consultation de l’opposition marquait le début « du chemin vers la fin » du gouvernement Maduro, qui « doit comprendre que personne n’en veut et qu’il ne peut pas continuer à détruire l’économie » du Venezuela.

M. Fox est accompagné des anciens présidents colombien Andres Pastrana, costariciens Laura Chinchilla et Miguel Angel Rodriguez et bolivien Jorge Quiroga.

Ces dernières semaines, le camp gouvernemental a laissé entrevoir des fêlures, avec les prises de position critiques de la procureure générale Luisa Ortega, une chaviste entrée en dissidence et menacée d’un procès qui pourrait conduire à sa destitution.

Romandie.com avec(©AFP / 16 juillet 2017 16h06)                

Venezuela: la Cour suprême rejette le recours contre la Constituante

juin 12, 2017

Manifestation d’opposants au président du Venezuela Nicolas Maduro devant le siège de la Cour suprême de Justice (TSJ), le 10 juin 2017 à Caracas / © AFP/Archives / LUIS ROBAYO

La Cour suprême (TSJ) du Venezuela a rejeté lundi le recours déposé par la procureure de la Nation, Luisa Ortega, contre le projet d’Assemblée constituante du président Nicolas Maduro, confronté à une vague de manifestations ayant fait 66 morts depuis début avril.

« La salle électorale du TSJ déclare inadmissible le recours », a annoncé la Cour sur son compte Twitter, critiquant le fait que ce recours rassemble « des demandes de nullité émanant de plusieurs organes publics, correspondant à des juridictions différentes ».

Le TSJ est régulièrement accusé par l’opposition de servir les intérêts de M. Maduro.

Mme Ortega, unique voix discordante au sein du camp présidentiel, avait déposé ce recours jeudi, estimant que le projet du chef de l’Etat de convoquer une assemblée chargée de réformer la Constitution représentait un danger pour les droits de l’Homme et la démocratie.

Elle avait appelé les Vénézuéliens à signer eux aussi son recours pour exprimer leur rejet de la Constituante, mais dès vendredi les accès à la Cour suprême avaient été bouclés par les militaires, empêchant ainsi les citoyens de se joindre à cet appel.

M. Maduro, confronté depuis des semaines à des manifestations exigeant son départ, veut faire élire les 545 membres de la Constituante le 30 juillet prochain. Mais l’opposition y voit une manoeuvre pour s’accrocher au pouvoir en intégrant une majorité de ses soutiens au sein de cette Constituante.

Le chef de l’Etat socialiste, dont le mandat court jusqu’à fin 2018, accuse lui les Etats-Unis de soutenir et financer les manifestations de l’opposition, quasi-quotidiennes depuis le 1er avril, en vue de fomenter un coup d’Etat.

Ce mouvement de colère populaire survient dans un contexte d’effondrement économique du pays pétrolier, ruiné par la chute des cours du brut, ce qui se traduit par de graves pénuries et une inflation galopante.

Romandie.com avec(©AFP / 12 juin 2017 18h31)                

Tunisie: des milliers de manifestants réclament la démission du gouvernement

août 24, 2013

TUNIS – Des milliers de manifestants se sont rassemblés samedi à Tunis, au premier jour d’une campagne d’une semaine organisée par l’opposition pour faire chuter le gouvernement après un mois de crise politique, a constaté un journaliste de l’AFP.

Les organisateurs ont revendiqué 60.000 manifestants tandis qu’un responsable policier interrogé par l’AFP a estimé la foule à 10.000 personnes.

Selon les journalistes de l’AFP sur place, la mobilisation était moindre que lors des deux grands rassemblements d’opposition des 6 et 13 août lorsque les détracteurs du pouvoir revendiquaient plus de 150.000 manifestants.

Le rassemblement avait lieu face à l’Assemblée nationale constituante où depuis l’assassinat du député d’opposition Mohamed Brahmi il y a un mois, des élus et des manifestants observent un sit-in pour obtenir la démission du gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda.

Il faut faire chuter ce gouvernement de la honte, a déclaré devant la foule le député Mongi Rahoui, en dénonçant les assassinats politiques, le terrorisme, le harcèlement des militants politiques et l’appauvrissement du peuple ayant cours sous son autorité.

Bientôt nous irons à la Kasbah (où se trouve le siège du gouvernement) et l’encercleront, a-t-il proclamé.

Le peuple veut la chute du régime, Dégage ou encore Ghannouchi (le chef d’Ennahda, ndlr) assassin, scandaient pour leur part les protestataires.

Avec ce rassemblement, l’opposition entend lancer une semaine du départ dont le but est d’obtenir, par des manifestations pacifiques à travers le pays, la démission du gouvernement et la formation d’un cabinet apolitique.

Il intervient après que la médiation entamée début août par le puissant syndicat UGTT n’a pas permis, une nouvelle fois, de rapprocher les positions d’Ennahda et celles des opposants vendredi.

La crise politique a été déclenchée le 25 juillet par l’assassinat, attribué à la mouvance jihadiste, du député Brahmi, le deuxième du genre en six mois. Le précédent gouvernement dirigé par Ennahda était tombé après le meurtre de l’opposant Chokri Belaïd en février.

Romandie.com avec (©AFP / 24 août 2013 22h09)