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Burundi: référendum pour permettre à Nkurunziza de se maintenir au pouvoir

mai 15, 2018

Le président burundais Pierre Nkurunziza lors du lancement de la campagne pour le référendum constitutionnel, à Gitega le 2 mai 2018 / © AFP/Archives / STR

Les Burundais se prononcent jeudi par référendum sur une réforme de la Constitution qui pourrait permettre au président Pierre Nkurunziza de rester en place jusqu’en 2034, confortant ainsi un pouvoir de plus en plus autocratique.

Avec des opposants impuissants, en exil pour la plupart, sous la coupe d’un régime brutal pour les autres, il ne fait guère de doute que le texte qui permettrait à M. Nkurunziza, 54 ans et au pouvoir depuis 2005, de briguer deux mandats de sept ans à partir de 2020, sera adopté.

Quelque 4,8 millions d’électeurs, soit environ 40% de la population, voteront pour le « oui » ou le « non » (« Ego » et « Oya », en kirundi). Peu de voix devraient manquer à l’appel, car une peine d' »un à trois ans de prison » est prévue pour quiconque appellerait à l’abstention.

Comme depuis la candidature controversée en avril 2015 de M. Nkurunziza à un troisième mandat, qui a plongé le pays dans une crise politique ayant fait au moins 1.200 morts et plus de 400.000 réfugiés, la campagne pour le référendum a été marquée par les intimidations et la répression.

Le pouvoir a prévu un fort déploiement sécuritaire, par crainte que des groupes rebelles n’essaient de perturber la consultation. Des hommes armés non identifiés et aux motivations inconnues ont ainsi tué 26 personnes samedi dans le nord-ouest du pays.

Au total, 26 partis, pour beaucoup proches du parti au pouvoir CNDD-FDD, et la coalition d’indépendants Amizero y’Abarundi (« Espoir des Burundais ») ont été autorisés à faire campagne.

Le CNDD-FDD a défendu le « oui » pour soutenir « l’indépendance et la souveraineté du Burundi », et en expliquant que « le projet de Constitution est une émanation de la volonté populaire ».

– « Arrêt de mort » –

Le Cnared, la principale plateforme de l’opposition en exil, a appelé au boycott. A ses yeux, le texte, qui introduit des modifications d’ampleur, bouleverse l’architecture institutionnelle du pays, en signant « l’arrêt de mort » de l’Accord de paix d’Arusha.

Signé en 2000, il avait ouvert la voie à la fin de la guerre civile (plus de 300.000 morts entre 1993 et 2006), en instaurant un système de partage du pouvoir entre les deux principales ethnies, Hutu et Tutsi. Il spécifie qu’aucun président ne peut diriger le Burundi plus de 10 ans.

Les partis d’opposition intérieurs et Amizero y’Abarundi, conduite par le leader des ex-rebelles hutu des FNL, Agathon Rwasa, et représentée par cinq membres au gouvernement, sont aussi opposés à cette réforme.

Mais ils appellent à voter « non » plutôt qu’au boycott, par crainte de possibles représailles. Tous ont regretté de n’avoir reçu que très tardivement le texte définitif, officiellement publié le 8 mai seulement.

Populaire, M. Rwasa a réussi à mobiliser du monde, malgré l’arrestation de 30 de ses militants pendant la campagne. Lundi, « une véritable marée humaine » selon des journalistes sur place, a déferlé dans les rues de Gitega (centre), la deuxième ville du pays, pour son dernier meeting.

Le projet de révision a été critiqué par la communauté internationale, notamment l’Union africaine qui n’a pas envoyé d’observateurs. Les organisations de défense des droits de l’Homme ont également dénoncé la répression qui accompagne ce référendum et l’absence de réel débat démocratique.

– « Campagne de terreur » –

Le pouvoir « mène depuis fin 2017 une campagne de terreur pour contraindre les Burundais(es) à voter +oui+ », constate, dans un rapport publié mardi, la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), qui dénonce les enlèvements, meurtres, passages à tabac ou arrestations arbitraires d’opposants présumés.

Ceux-ci ont été décrits, au plus haut sommet même de l’État, comme des ennemis de la Nation. Cela a amené les évêques de l’influente Église catholique à dénoncer un climat de « peur » et à juger que « le moment n’est pas opportun » pour une telle modification de la Constitution.

Pour accentuer son contrôle, le régime a aussi multiplié les mesures de rétorsion à l’égard des médias. Les radios britannique BBC et américaine VOA ont ainsi été interdites de diffusion pendant six mois.

Pour nombre d’observateurs, cette réforme risque surtout de radicaliser les positions des uns et des autres et de rendre encore plus difficile un retour au dialogue que la Communauté des États d’Afrique de l’Est (EAC) tente péniblement de favoriser depuis des mois.

Remanier la Constitution pour se maintenir au pouvoir est une pratique populaire parmi les dirigeants africains et ceux de la région des Grands lacs en particulier.

Au Rwanda, Paul Kagame, homme fort du pays depuis 1994, a été réélu président en 2017 grâce à une semblable réforme. En Ouganda, la limite d’âge pour devenir président a été changée en 2017, pour permettre à Yoweri Museveni, au pouvoir depuis 1986, de se représenter en 2021.

Romandie.com avec (©AFP / 15 mai 2018 16h17)                

Poutine assure qu’il ne changera pas la constitution pour s’accrocher au pouvoir

mars 10, 2018

Russian President Vladimir Putin, set to be reelected for a fourth term on March 18, said he would not change the constitution to remain in power beyond 2024 / © SPUTNIK/AFP / Alexey NIKOLSKY

Le président russe Vladimir Poutine, quasiment assuré d’être réélu à la présidentielle du 18 mars pour un quatrième mandat, a déclaré samedi qu’il n’avait aucune intention de changer la Constitution pour rester au Kremlin au-delà de 2024.

« Je n’ai jamais changé la Constitution, je ne l’ai pas fait pour que cela m’arrange et je n’ai pas de telles intentions aujourd’hui », a-t-il déclaré dans une interview à la télévision américaine NBC.

Le président russe était interrogé pour savoir s’il souhaitait suivre l’exemple du président chinois qui aspire à un mandat illimité.

Des critiques accusent Vladimir Poutine, élu pour la première fois président en 2000 et qui sollicite un quatrième mandat, de vouloir rester au pouvoir indéfiniment.

Le président russe s’est toujours targué d’avoir respecté la Constitution qui interdit d’effectuer plus de deux mandats présidentiels d’affilée.

En 2008, Vladimir Poutine était devenu Premier ministre tout en maintenant son emprise sur le pouvoir, avec son protégé, Dmitri Medvedev, à la présidence. Il avait regagné le Kremlin en 2012, en dépit des manifestations organisées dans le pays par l’opposition.

Le président russe a balayé les hypothèses selon lesquelles il ne pouvait pas quitter le pouvoir car cela le mettrait en danger, déclarant avoir entendu « bien des délires à ce sujet ».

« Pourquoi voulez-vous qu’après moi, le pouvoir en Russie soit assuré nécessairement par des personnes prêtes à détruire tout ce que j’ai fait ces dernières années? », a-t-il demandé.

Vladimir Poutine a assuré que dès 2000 il avait pensé à un potentiel successeur. « Cela ne fait pas de mal d’y penser mais en fin de compte, c’est le peuple russe qui décidera ».

Interrogé sur son principal opposant Alexei Navalny, qui ne peut concourir à la présidentielle en raison d’une condamnation judiciaire qu’il estime orchestrée par le Kremlin, Vladimir Poutine a refusé de citer son nom, comme il l’a toujours fait en public. Il a préféré parler de « certaines forces politiques ».

« Ce que j’apprécie en principe? C’est qu’elles exposent les problèmes et c’est une bonne chose, c’est vraiment juste. Mais ce n’est pas suffisant pour le développement positif du pays. Absolument insuffisant. Car attirer l’attention sur les problèmes, c’est non seulement insuffisant, mais même dangereux car cela peut conduire à une certaine destruction. Et nous avons besoin de création », a-t-il conclu.

Romandie.com avec(©AFP / 10 mars 2018 12h03)                

Mali: des milliers de manifestants pour la révision de la Constitution

juin 28, 2017

Plusieurs milliers de Maliens ont manifesté aujour’hui à Bamako pour le projet de révision de la Constitution proposé par le président Ibrahim Boubacar Keïta, qui a reporté sine die il y a une semaine un référendum prévu le 9 juillet sur ce texte.

Quelque 6.000 partisans du « Oui » au référendum se sont rassemblés, à l’appel d’une vingtaine d’associations de jeunes, au Palais des sports de Bamako. Plusieurs centaines de personnes sont restées debout ou autour de l’enceinte de 5.000 places.

« Nous sommes venus ici pour montrer que nous aimons notre pays le Mali », a déclaré à la presse, Issoumaila Diallo, président de la plateforme pour le « Oui » au référendum . Selon un autre membre de cette plateforme , Moussa Goro, « la réforme constitutionnelle est nécessaire pour permettre l’application de l’accord de paix » signé en mai-juin 2015.

« La Constitution de 1992 mérite un toilettage, parce que le Mali évolue. Les partisans du non doivent revoir leur position », a ajouté M. Goro.

La révision de la Constitution, la première depuis 25 ans, vise notamment à mettre en oeuvre certains engagements de l’accord de paix signé entre le gouvernement, les groupes armés pro-Bamako et l’ex-rébellion à dominante touareg du nord du pays, et prévoit la création d’un Sénat et d’une Cour des comptes.

Venezuela: Maduro fait avancer son projet de Constituante malgré l’opposition

mai 31, 2017

La police anti-émeute utilise un canon à eau face aux manifestants à Caracas, le 31 mai 2017 / © AFP / FEDERICO PARRA

L’inscription des candidats à la Constituante voulue par le président Nicolas Maduro pour modifier la Constitution du Venezuela a commencé mercredi, en dépit de l’opposition virulente de ses adversaires, qui y voient une manœuvre dilatoire pour rester au pouvoir.

Alors que la vague de manifestations contre son gouvernement entrera jeudi dans son troisième mois, Nicolas Maduro est resté droit dans ses bottes: « Le pays est en train d’emprunter le chemin de la Constituante, c’est un grand jour (…) Allez vous inscrire, candidats et candidates à l’Assemblée nationale constituante! » a-t-il lancé mardi soir à la télévision d’Etat VTV.

Le président socialiste voit dans ce processus une manière d’affronter la grave crise politique, économique et sociale qui affecte le pays pétrolier, dont l’économie a été laminée par la chute des cours du brut. Dernière mauvaise nouvelle en date: le bolivar a dévissé mercredi de 64,13% face au dollar.

De son côté, l’opposition a annoncé qu’elle ne participerait pas à la Constituante, qui comptera 545 membres, car elle considèrent comme « frauduleux » le système électoral prévu pour désigner les membres de cette assemblée, accusant le président de vouloir y faire élire ses partisans lors du scrutin de fin juillet.

Henrique Capriles, l’un des principaux dirigeants de la coalition d’opposition (MUD), a prévenu que toute inscription d’un antichaviste (du nom du défunt ex-président Hugo Chavez, 1999-2013) serait considérée comme une « trahison ».

A Bruxelles, Julio Borges, le président du Parlement vénézuélien, seul pouvoir public contrôlé par l’opposition, a demandé mercredi à son homologue du Parlement européen, l’Italien Antonio Tajani, la mise en place de sanctions contre le régime de M. Maduro. Pour lui, « l’idée d’une assemblée constituante n’est rien d’autre qu’une façon de prolonger le coup d’Etat au Venezuela ».

L’opposition manifeste de manière quasi quotidienne depuis le 1er avril pour exiger le départ du président, de nouvelles élections ainsi que le retrait de ce projet d’assemblée constituante. Au cours de ces défilés, une soixante de personnes sont mortes et un millier d’autres blessées, les deux camps s’accusant mutuellement d’avoir recours à des groupes armés pour semer la violence.

– Inflation de 720% –

Après une nouvelle manifestation mardi, les opposants tentaient mercredi de marcher vers le siège du ministère des Affaires étrangères, dans le centre de Caracas. Mais comme à chaque fois ou presque, des camions anti-émeutes, des jets d’eau et des gaz lacrymogènes les empêchaient de progresser. Des groupes de jeunes répliquaient avec des projectiles et des cocktails Molotov.

Parallèlement, au coeur de la capitale, une zone considérée comme le bastion du pouvoir, les partisans de Nicolas Maduro se mobilisaient en soutien à la Constituante.

Sur la scène internationale, un mini-sommet des ministres des Affaires étrangères sur la crise vénézuélienne se tenait mercredi à Washington au siège de l’Organisation des Etats américains (OEA), instance dont le Venezuela a récemment annoncé son départ.

M. Maduro est tenu responsable par ses opposants de la crise économique et de la pénurie de nourriture et de médicaments. En face, le président socialiste estime que la crise est le fruit d’une conspiration soutenue par les Etats-Unis.

Mercredi, le cours du bolivar vénézuélien s’est établi à 2.010 pour un dollar contre 721 auparavant, soit une dévaluation de 64,13%, lors d’une vente aux enchères de monnaie américaine initiée par le gouvernement pour contrer le marché noir de devises.

Au total, ce sont 24 millions de dollars qui ont été mis en vente, essentiellement à des entreprises, pour l’importation de produits, selon cette même source.

Ce système de vente aux enchères de dollars, annoncé en avril par le chef de l’Etat vise à contrer le marché noir, où le billet vert s’écoule actuellement à 6.000 bolivars l’unité, ce que M. Maduro attribue à la « guerre économique » du secteur privé pour précipiter sa chute.

Le Venezuela vit l’une des pires crises économiques de son histoire, asphyxié par la chute des cours du brut, source de 96% de ses devises. Son inflation, stimulée par les pénuries, est devenue totalement incontrôlable, à 720% cette année selon le FMI.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mai 2017 23h32)                

États-Unis/Limogeage du patron du FBI : le président Trump risque-t-il d’être destitué?

mai 11, 2017

Donald Trump a passé la journée de mercredi à défendre l'éviction soudaine du directeur du FBI James Comey.

Donald Trump a passé la journée de mercredi à défendre l’éviction soudaine du directeur du FBI James Comey. Crédits photo : Evan Vucci/AP

Le président américain est pris dans une tempête politique depuis qu’il a limogé le directeur du FBI James Comey, une décision selon lui sans lien avec l’enquête de la police fédérale sur une éventuelle collusion avec la Russie.

Va-t-il regretter sa décision? En limogeant le directeur du FBI James Comey, le président américain Donald Trump a déclenché une tempête dont il est difficile de prévoir l’issue. Car si, comme il l’affirme, cette décision n’a rien à voir avec l’enquête de la police fédérale sur d’éventuels liens de son équipe avec la Russie, les critiques fusent. Certains élus démocrates comme républicains soupçonnent le chef de l’État de vouloir entraver l’enquête, et les appels se multiplient pour la nomination d’un procureur spécial chargé de faire toute la lumière sur cette affaire, comme lors des scandales du Watergate ou des frasques de Bill Clinton. Mercredi, la Maison-Blanche a rejeté cette demande.

• Des paris, des manifestations, une pétition

Richard Nixon, le 17 février 1
Richard Nixon, le 17 février 1 Crédits photo : Henry Burroughs/AP

Les appels à une destitution de Donald Trump courent depuis qu’il a prêté serment, notamment en raison de multiples conflits potentiels entre ses affaires privées et les intérêts de la nation qu’il dirige. Sa décision de limoger James Comey a toutefois provoqué une flambée des paris sur son éventuelle éviction, selon les bookmakers. Cette probabilité a quasiment doublé mercredi, passant de 33% à 60%, a en effet affirmé Lewis Davey, porte-parole de la société irlandaise de paris en ligne Paddy Power. Car même si les circonstances sont différentes, ce limogeage a réveillé le souvenir de la décision prise en 1973 par le président Richard Nixon de révoquer le procureur spécial en charge de l’enquête sur le scandale du Watergate. Un an plus tard, Nixon démissionnait, certain d’être destitué par le Congrès.

Sur Twitter, le hashtag #impeachTrumpnow fleurit. Une pétition réclamant l’éviction de Donald Trump a récolté plus de 850.000 signatures. Et mercredi, plusieurs manifestations ont eu lieu à Washington, Chicago et d’autres grandes villes américaines pour appeler à son départ.

• L’«impeachment», une procédure encadrée par la Constitution

Aux États-Unis, la destitution d’un président a un nom: «impeachment». «Le président, le vice-président et tous les fonctionnaires civils des États-Unis seront destitués de leurs charges sur mise en accusation et condamnation pour trahison, corruption ou autres crimes et délits majeurs», stipule la Constitution. Un énoncé qui peut-être sujet à interprétations. Selon le processus édicté par la Constitution la Chambre des représentants accuse et le Sénat juge: un comité de la Chambre donne son approbation, et cette dernière peut alors enclencher la procédure par un simple vote à la majorité. C’est ensuite au Sénat de reconnaître le président coupable ou non (et précipiter son départ), l’«impeachment» devant recevoir la majorité des deux tiers.

» La Russie joue l’indifférence face à «l’affaire Comey»

• Au Congrès, un rempart républicain fragilisé

Aujourd’hui, le camp de Donald Trump – les républicains – est aux manettes des deux chambres du Congrès. Difficile donc d’imaginer le déclenchement d’une procédure de destitution dans les mois à venir. Mais les élections à mi-mandat (au cours desquelles l’ensemble des 435 sièges de la Chambre des représentants est renouvelé, ainsi qu’un tiers des 100 sièges du Sénat) ont lieu en 2018. Même si les républicains semblent confiants, ces «midterms» pourraient changer la donne, si l’impopularité du président républicain continue de croître. «Si les démocrates reprennent la main sur la Chambre, le comité Judiciaire pourrait créer un sous-comité chargé d’enquêter sur les abus potentiels et identifier des motifs précis de mise en accusation», estime ainsi The New Yorker.

En outre, si les républicains ont la main sur le Congrès, ont-ils intérêt à défendre coûte que coûte un président critiqué jusque dans leurs rangs? La journaliste Jennifer Rubin suggère dans le Washington Post qu’au vu de la gravité des faits, «le Congrès n’a pas d’alternative: il se doit de déterminer pourquoi [Donald Trump) a agi de la sorte, et pourquoi à ce moment-là». Ne pas réclamer une enquête indépendante pourrait rendre chaque élu républicain coupable au final d’avoir couvert une affaire potentiellement très dommageable pour la démocratie américaine.

• Deux présidents ont connu l’«impeachment»… mais sont restés au pouvoir

Si une procédure de destitution finit par être mise en place, elle entachera sans nul doute la présidence de Trump, mais rien ne dit qu’il sera effectivement évincé du pouvoir Dans une récente interview au Figaro, Allan Lichtman, historien et politologue à l’American University (Ohio), rappelait que la procédure d’«impeachment», «dernière sauvegarde de la démocratie américaine» avait été effectivement déclenchée à l’encontre de deux présidents, même si aucun n’a finalement été condamné par le Sénat: «Le premier, Andrew Johnson, en 1868, fut acquitté à un vote près. Le second, Bill Clinton, s’en est sorti en 1999 devant le Sénat, faute de majorité des deux tiers contre lui. Nixon, lui, aurait dû être destitué et condamné pour l’affaire du Watergate, le bombardement à outrance du Cambodge (1970) et le déraillement récemment avéré du processus de paix au Vietnam (1968). Mais il a démissionné juste à temps, en 1974.»

Lefigaro.fr par Anne-Laure Frémont

France: L’élection présidentielle ne peut être reportée pour cause d’attentat

avril 21, 2017

Malgré l'attaque terroriste jeudi soir à Paris, le premier tour de l'élection présidentielle aura bien lieu dimanche.

Malgré l’attaque terroriste jeudi soir à Paris, le premier tour de l’élection présidentielle aura bien lieu dimanche. Crédits photo : Christophe Ena/AP

La Constitution indique que seul un décès ou un empêchement d’un candidat peut reporter l’élection.

Continuer malgré tout. L’attaque terroriste qui a coûté la vie à un policier jeudi soir sur l’avenue des Champs-Elysées à Paris est venue troubler la campagne présidentielle. Pour autant, hors de question de renoncer à l’élection. Au terme d’un Conseil de sécurité convoqué par François Hollande ce vendredi matin, le premier ministre, Bernard Cazeneuve, a estimé que «rien ne devait entraver ce moment démocratique fondamental pour notre pays.» Le premier ministre a rappelé qu’au «cours des prochains jours, plus de 50.000 policiers et gendarmes seront mobilisés». A ceux-ci s’ajouteront les 7000 militaires déployés dans le cadre de l’opération Sentinelle.

Une règle définie par la Constitution

Seul l’article 7 de la Constitution, relative à l’organisation de l’élection présidentielle, développe deux critères pour que celle-ci soit reportée. «Si, avant le premier tour, un des candidats décède ou se trouve empêché, le Conseil constitutionnel prononce le report de l’élection», explique l’article.

Bien que le terme «empêché» est et reste encore aujourd’hui relativement flou pour les constitutionnalistes, une attaque terroriste ne suffirait pas pour permettre au Conseil Constitutionnel de provoquer un report, dans la mesure où celle-ci ne concerne aucun des onze candidats.

Depuis 1958, jamais une élection présidentielle n’a été reportée. En mars dernier, face aux ennuis judicaires de François Fillon, certains proches du candidat avaient fait savoir qu’il comptait démarcher le Conseil constitutionnel pour décaler les dates de l’élection. Une démarche qui n’aura jamais abouti.

Lefigaro.fr Par Pierre Lepelletier

Bénin : Patrice Talon renonce à la réforme de la Constitution

avril 10, 2017

Le président béninois Patrice Talon reçu à l’Elysée le 26 avril 2016. © Michel Euler/AP/SIPA

Dans un entretien retransmis à la télévision, le président béninois a déclaré samedi qu’il abandonnait son projet de révision de la Constitution après le refus du Parlement d’examiner le projet en question. C’était pourtant l’un des engagements phares de sa campagne,

« Ce projet de révision que j’ai porté avec tant de ferveur, tant de foi […] c’est terminé, c’est derrière moi », a déclaré le président béninois Patrice Talon, dans un entretien accordé dans le cadre de l’émission À bâtons rompus, et diffusé notamment sur la chaîne de télévision nationale ORTB, samedi 8 avril.

Le chef de l’État a exclu l’option de soumettre le projet de réforme constitutionnelle au référendum, après le refus du Parlement d’examiner le texte, émis quatre jours plus tôt. Ledit projet devait recueillir les trois quarts des voix de l’Assemblée nationale pour être débattu. « Il faut en prendre acte avec sérénité », a affirmé Patrice Talon, déplorant qu’une minorité de députés − 23 élus − ait rejeté le débat parlementaire.

« Bien que j’éprouve une certaine tristesse [du] fait que le projet n’ait pu être apprécié, analysé, débattu, je n’éprouve aucune amertume. Je m’incline. C’est cela mon rôle car je suis un démocrate. J’appartiens à la Nation, la Nation ne m’appartient pas », a ajouté le chef de l’État, douze mois après son investiture à la plus haute fonction du pays.

Un mandat présidentiel unique

Promesse phare de sa campagne et considérée comme « un préalable pour la bonne gouvernance », la révision de la Constitution prévoyait notamment l’instauration d’un mandat présidentiel unique, d’une durée de six ans.

Cette question « aurait pu être réglée maintenant, par la révision de la Constitution, une fois pour de bon », « cela n’est pas passé », a regretté Patrice Talon qui, par conséquent, compte bien entretenir le suspense. Interrogé sur son éventuelle candidature à un second mandat, le président béninois rétorque : « En 2021,j j’aviserai ».

Déjà fragilisé par plusieurs contestations sociales, le gouvernement béninois était apparu désuni après la démission du ministre de la Défense, Candide Azannaï, le 27 mars. Soutien de la première heure du Patrice Talon, ce proche du chef de l’État avait justifié sa décision par le contexte économique et social tendu.

Jeuneafrique.com par

Brésil : le président Temer joue la montre face à la Justice

avril 4, 2017

 

Le président du Brésil Michel Temer, le 4 avril 2017 à Sao Paulo / © AFP / Miguel SCHINCARIOL

Le Tribunal Supérieur Électoral du Brésil (TSE) a reporté mardi l’examen de la validité de la dernière élection présidentielle, un procès pour financement illégal de campagne que le président Michel Temer compte faire durer dans l’espoir de finir son mandat.

Le report, décidé dès l’ouverture du procès, permettra au tribunal d’entendre de nouveaux témoins à la demande de la défense, qui disposera d’un délai supplémentaire pour présenter ses arguments.

Cette décision est a priori favorable au chef d’État, dont le temps est le principal allié.

Une source au sein du TSE a indiqué à l’AFP qu’il était « impossible de prévoir une date pour la reprise du procès ». Mais même en cas de décision favorable à l’annulation du scrutin, la défense de M. Temer a déjà annoncé son intention d’épuiser tous les recours possibles, ce qui devrait lui permettre d’aller au terme de son mandat, fin 2018.

« La sérénité est de mise. Le temps joue en faveur du président et de nombreux recours sont possibles », a assuré à l’AFP une source gouvernementale, qui prévoit un appel devant la Cour Suprême en cas de décision défavorable au chef d’État.

Vice-président de Dilma Rousseff, Michel Temer lui a succédé en 2016 après que la première femme à la tête du Brésil a été destituée pour maquillage des comptes publics.

Le procès du TSE porte sur le scrutin qui a permis leur réélection en 2014, après un premier mandat de quatre ans.

Le tribunal doit décider si leur réélection est nulle en raison du versement de pots-de-vin qui auraient alimenté les caisses noires des partis des candidats. En ligne de mire, des versements effectués par le géant du BTP Odebrecht, accusé de truquer les marchés publics de la compagnie pétrolière d’État Petrobras.

« L’élection de 2014 sera connue à l’avenir comme la plus longue de l’histoire du Brésil », a résumé mardi Herman Benjamin, un des principaux juges en charge du dossier, à l’ouverture du procès.

Adam, Ève et le serpent

Si le TSE décide d’annuler le mandat du ticket Rousseff-Temer, ce dernier devra quitter le pouvoir.

L’intérim serait alors assuré par un nouveau président désigné par le Congrès, selon la Constitution. Certains juristes estiment cependant que de nouvelles élections doivent être organisées si l’annulation a lieu plus de six mois avant la fin du mandat.

Une telle décision serait un véritable coup de tonnerre, mais les avocats ont remporté mardi une première victoire, en menant à bien leur stratégie de jouer la montre.

Le tribunal a décidé d’entendre quatre nouveaux témoins, parmi eux l’ancien ministre de l’Economie du gouvernement Rousseff, Guido Mantega, et Joao Santana, publicitaire responsable des campagnes présidentielles de Dilma Rousseff en 2010 et 2014, tous deux mis en cause dans le cadre du scandale Petrobras.

« Nous ne pouvons pas transformer cette procédure en un univers sans fin. Nous ne pouvons pas entendre Adam et Ève, et, probablement, le serpent », a déploré Herman Benjamin, farouchement opposé à la tenue d’un procès à rallonge.

Aucun délai n’a encore été déterminé pour le passage des témoins à la barre. Une fois cette étape franchie, la défense disposera encore de cinq jours ouvrables pour présenter sa plaidoirie.

La défense de M. Temer a aussi tenté de couper le ticket électoral en deux et affirmé que le président actuel n’a pas participé aux démarches de financement occulte de la campagne de Mme Rousseff, mais sa motion a peu de chance d’aboutir.

Selon les médias brésiliens, Herman Benjamin devrait requérir l’annulation du résultat de l’élection. Le tribunal peut aussi les déclarer tous deux inéligibles pour une durée de huit ans.

Moins d’un an après la destitution de Mme Rousseff, le Brésil, frappé de plein fouet par une grave crise économique, encaisserait mal un nouveau séisme institutionnel.

Le Parlement est largement contrôlé par la coalition autour du gouvernement Temer, qui dispose aussi du soutien des principales forces économiques du pays, peu désireuses de voir dérailler le train de réformes menées par les dirigeants actuels pour sortir le Brésil de la crise.

Romandie.com avec(©AFP / 04 avril 2017 20h14)

Réforme constitutionnelle au Bénin: le ministre de la Défense annonce sa démission

mars 27, 2017

Cotonou – Le ministre béninois de la Défense, fort soutien du président Patrice Talon au sein du gouvernement, a annoncé lundi avoir remis sa lettre de démission, créant la surprise dans un contexte politique tendu en raison de la volonté du président de réformer la Constitution.

« Face aux derniers développements de l’actualité politique dans notre pays, j’ai décidé de remettre ma démission du gouvernement », a écrit le ministre Candide Armand-Marie Azannai sur sa page Facebook. Le président Talon a convoqué l’Assemblée en session extraordinaire pour voter un projet de réforme constitutionnelle qui prévoit notamment un mandat présidentiel unique et fait polémique.

La lettre a été présentée au président de la République Patrice Talon, tôt ce lundi, explique le ministre: « J’ai prié Monsieur Patrice Talon (…) d’accepter ladite démission », écrit M. Azannai.

Ancien député, Candide Armand-Marie Azannai avait été également ministre sous l’ancien président de la République du Bénin Boni Yayi avant de se rallier à l’opposition contre celui-ci, soutenant la candidature de l’actuel chef de l’Etat, Patrice Talon au pouvoir depuis le 6 avril 2016.

Le nouveau projet de Constitution -l’un des arguments de campagne de Patrice Talon- prévoit notamment une discrimination positive en faveur des femmes dans le monde politique, un financement public des partis, mais également la mise en place d’un mandat présidentiel unique, actuellement de six ans, une mesure historique sur le continent africain et qui suscite la controverse.

En tout, sur 160 articles de la Constitution du 11 décembre 1990, 43 sont modifiés.

Le président Talon avait convoqué le Parlement dès vendredi en session extraordinaire pour voter cette nouvelle réforme, certain de pouvoir faire valoir de sa forte popularité à l’Assemblée moins d’un an après son élection.

Toute modification de la Constitution doit être approuvée soit par referendum, soit par un vote des 4/5e de l’Assemblée.

Pourtant, les 83 députés béninois – qui ont adopté le budget 2017 à l’unanimité – ont rejeté le caractère urgent du vote, lors d’une première convocation vendredi dernier. Un premier revers pour M. Talon: l’examen du texte se fera selon la procédure plénière normale.

Le fait de ne pas soumettre la réforme au vote par référendum, l’opacité des textes, mais aussi l’idée d’un mandat présidentiel unique font débat au sein du pays.

Si les partisans du mandat unique y voient le moyen de ne pas être soumis à la pression des électeurs pendant son mandat, et donc de ne pas recommencer une campagne dès son élection, d’autres estiment que le risque est que « le chef de l’Etat n’aura de comptes à rendre à personne », selon un député de l’opposition.

Lundi, l’Union nationale des Magistrats du Bénin (UNAMAB) a organisé une manifestation pour exiger le retrait du projet, qui « porte atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire », selon son président Michel Adjaka.

Les magistrats dénoncent notamment une clause du texte qui permet à des représentants du gouvernement de siéger au sein du Conseil supérieur de la magistrature.

Avant cette marche de protestation, d’autres organisations et mouvements, de même que des acteurs de la société civile et des universitaires avaient invité les parlementaires à rejeter ce projet du gouvernement.

Romandie.com avec(©AFP / 27 mars 2017 17h02)                   

La Réunion: Macron veut réviser la Constitution pour « plus de souplesse »

mars 26, 2017

Saint-Denis de la Réunion – Emmanuel Macron, candidat d’En Marche pour l’élection présidentielle, souhaite réviser la Constitution dans la « deuxième partie » de son quinquennat afin de donner « plus de souplesse » administrative à La Réunion, comme à La Guadeloupe par exemple, qui en a bénéficié dans le domaine de l’environnement et de l’énergie.

M. Macron cible l’article 73 de la Constitution qui permet aux régions et départements d’outre-mer de « faire l’objet d’adaptations tenant aux caractéristiques et contraintes particulières de ces collectivités ».

Ces « habilitations », dont bénéficient par exemple La Martinique ou la Guadeloupe, recouvrent de nombreux champs, hormis le domaine régalien (sécurité, justice, politique étrangère etc).

Ainsi, le Conseil Régional de Guadeloupe a demandé en mars 2009 une habilitation afin de légiférer et réglementer dans le domaine de l’environnement et de l’énergie sur son territoire.

Cette habilitation lui a été accordée au travers de l’Article 69 de la Loi n° 2009-594 du 27 mai 2009 pour le développement économique des Outre Mer.

Mais selon l’alinea 5 de l’article 73 de la Constitution, La Réunion est toutefois exclue de cette disposition. C’est la conséquence de l’amendement Virapoullé, ancien sénateur UMP de La Réunion qui, en 2003, craignait que cette flexibilité ouvre la voie à l’autonomie.

« Je veux modifier » cet amendement, a déclaré M. Macron dimanche, en visite sur un marché de Saint-Denis de la Réunion.

« Il faut plus de souplesse, il faut que l’État s’adapte aux territoires », a-t-il plaidé.

« Je suis pour un État qui déconcentre, qui redonne des responsabilités aux fonctionnaires de terrain et ça vaut pour cette île en particulier. Vous avez vu, l’agriculture ici n’a rien à voir avec celle de la Creuse ou du Cantal », a-t-il souligné, en demandant ainsi de « pouvoir transférer des compétences réglementaires aux collectivités ».

« Ça suppose une révision constitutionnelle », a donc relevé l’ancien ministre de l’Économie, qui compte la lancer « plutôt en deuxième partie de mandat et commencer par une voie parlementaire ».

L’intention de M. Macron a réjoui l’un de ses soutiens sur l’île, le maire PS de Saint-Denis, Gilbert Annette.

« À Paris, on est sourd, on ne regarde que les problèmes du continent et on n’est pas capable d’avoir de la créativité pour nous aider. Avec 30% de chômage, on ne peut pas vivre », s’est-il indigné auprès de l’AFP.

Cette plus grande « liberté réglementaire » doit toutefois s’accompagner de contreparties, selon M. Macron, qui compte engager un plan d’économies de 10 milliards d’euros au niveau des collectivités territoriales.

« Les efforts que je demande, c’est aussi la sortie d’une forme d’économie de complaisance », a-t-il déclaré.

« On attend du pragmatisme et pas d’utiliser l’argent public pour embaucher les gens. À la fin, ça devient du clientélisme et c’est bon pour personne », a prévenu M. Macron, en ciblant particulièrement les embauches dans la fonction publique territoriale.

« On va serrer les recrutements, on va gérer mieux », a rassuré M. Annette. « Cela demande de la pédagogie et surtout que les élus soient exemplaires », a-t-il conclu.

Romandie.com avec(©AFP / 26 mars 2017 16h12)