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Canada: Forte hausse des hospitalisations au Québec en lien avec la COVID-19

avril 12, 2022

Les hospitalisations liées à la COVID-19 ont bondi de 40 % en deux semaines au Québec. Photo : Getty Images/Patrick T. Fallon

Le Québec a enregistré mardi 145 hospitalisations de plus en lien avec la COVID-19, ainsi que 35 décès supplémentaires.

Les hospitalisations ont bondi de 20 % à travers la province depuis une semaine et de 40 % depuis deux semaines.

On dénombre maintenant 1938 patients hospitalisés en raison du virus. Parmi ces patients, 67 se trouvent aux soins intensifs, soit deux de moins que lundi.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec (MSSS) rapporte 294 admissions et 149 sorties dans les 24 dernières heures. Selon l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), la durée moyenne d’un séjour à l’hôpital pour les gens infectés par le variant Omicron est de six jours.

Les 35 nouveaux décès enregistrés portent à 14 579 le total de gens qui sont morts des suites de la COVID-19 au Québec. Depuis le 5 décembre et le début de la cinquième vague, pas moins de 2929 Québécois ont succombé au coronavirus.

Par ailleurs, 2596 nouveaux cas ont été décelés, pour un total de 1 003 491 depuis le début de la pandémie.

Le nombre de cas recensés n’est toutefois pas représentatif de la situation puisque l’accès aux centres de dépistage est réservé aux groupes jugés prioritaires.

Jusqu’à aujourd’hui, 170 230 tests rapides autodéclarés ont été effectués, et 138 069 se sont avérés positifs. Parmi les 1347 tests déclarés lundi, 1129 étaient positifs.

Concernant la vaccination, 26 567 nouvelles doses ont été administrées, pour porter le grand total à 18 923 834 au Québec.

Par ailleurs, 317 172 Québécois qui sont présentement à l’extérieur de la province ont reçu une dose de vaccin depuis la dernière mise à jour du ministère.

Avec Radio-Canada

Canada-Québec/Vers une 6e vague de COVID-19 : ce qu’il faut savoir

mars 26, 2022

Le Québec a renoncé à devancer la fin du port obligatoire du masque dans les lieux publics, prévue pour la mi-avril, et propose d’attendre quelques semaines de plus pour lever cette mesure dans les transports collectifs. Photo: La Presse Canadienne/Graham Hughes

Les signes sont de plus en plus clairs : le Canada est sur le point de connaître une sixième vague de COVID-19, comme c’est le cas dans plusieurs pays européens.

Jeudi, le directeur national de santé publique du Québec par intérim, le Dr Luc Boileau, a déclaré qu’il était trop tôt pour dire si le Québec vivra une sixième vague.

Cependant, selon Benoit Barbeau, le Québec et le Canada en vivront sans contredit une. On voit ce qui se passe en Europe. Nous aussi, on va la vivre, dit le professeur du Département des sciences biologiques de l’Université du Québec à MontréalUQAM et spécialiste en virologie.

Au Royaume-Uni, les cas ont recommencé à augmenter il y a près d’un mois. Depuis une semaine, les hospitalisations ont crû de plus de 20 %. Le nombre d’hospitalisations est presque au même niveau qu’au sommet de la vague de janvier. Le taux de positivité est d’environ 15 % et est en hausse. Rappelons qu’un taux de plus de 5 % est le signe d’une épidémie non contrôlée.

En France(Nouvelle fenêtre), depuis le début du mois de mars, le nombre de cas est à la hausse et le taux de positivité est désormais de près de 30 %. Les hospitalisations commencent à s’intensifier légèrement.

Au cours des deux dernières semaines, les cas ont augmenté de 69 % au Royaume-Uni, de 67 % en Italie, de 60 % en Finlande, de 41 % en Grèce et de 9 % en Allemagne.

Au Québec, le nombre de nouveaux cas et d’hospitalisations a recommencé à croître cette semaine. D’ailleurs, les chercheurs du groupe CIRANO(Nouvelle fenêtre) confirment qu’une hausse de l’incidence des cas semble se dessiner. Selon leurs calculs, il y a eu entre 13 500 et 19 500 nouveaux cas par jour du 17 au 22 mars. De plus, le taux de positivité, qui était tombé sous la barre de 10 % en février, dépasse maintenant 15 %.

En Ontario, les cas et les hospitalisations ont également recommencé à augmenter; le taux de positivité y dépasse 13 %. De plus, de récentes analyses des eaux usées indiquent que les infections se multiplient, soit quelques jours après le retrait par la province de l’obligation du port du masque dans les lieux publics.

Des chercheurs de l’Université de la Saskatchewan ont eux aussi observé une hausse de la concentration de COVID-19 dans les eaux usées, de l’ordre de 66 % à Saskatoon et à Prince Albert.

En Alberta, le taux de positivité oscille entre 20 et 27 %; la concentration de COVID-19 dans les eaux usées est aussi en augmentation.

La question qui demeure : quelle sera l’intensité de cette vague? Pour l’instant, M. Barbeau ne pense pas qu’elle aura la même envergure que celle de décembre et de janvier derniers. Il faudra toutefois surveiller la situation en Europe dans les prochaines semaines pour avoir une meilleure idée de l’ampleur de la prochaine vague.

Chose certaine, la situation reste fragile pour les systèmes de santé. Si le nombre d’hospitalisations au pays a baissé depuis janvier, ce chiffre est plus élevé que lors de toutes les vagues précédentes de la pandémie. Près de 4000 Canadiens sont toujours hospitalisés en raison de la COVID-19.

Même si nous sommes dans une bien meilleure situation maintenant qu’il y a un ou deux mois, il y a encore beaucoup de COVID-19 et de personnes hospitalisées atteintes de la COVID-19, a déclaré à CBC le Dr Isaac Bogoch, spécialiste des maladies infectieuses, médecin à l’Hôpital général de Toronto et membre du groupe de travail ontarien sur le vaccin contre la COVID-19. Malheureusement, ce n’est pas encore fini.

Qu’est-ce qui propulse cette nouvelle hausse des infections?

Cette semaine, un responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en Europe a déclaré que les cas augmentent parce que les autorités ont trop rapidement assoupli les restrictions.

Plutôt que d’adopter une approche graduelle et mesurée, les pays lèvent brutalement ces restrictions, de trop à trop peu, a déclaré en point de presse le Dr Hans Kluge, directeur régional de l’organisation pour l’Europe.

Il y a une semaine, l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) avertissait pour sa part qu’avec l’allègement des mesures de santé publique, il ne serait pas surprenant que les niveaux de transmission augmentent, puisque le virus SRAS-CoV-2 circule encore à grande échelle.

De plus, cette nouvelle vague sera exacerbée par le sous-variant d’Omicron, BA.2.

Rappelons qu’il existe actuellement plusieurs sous-lignées du variant Omicron, dont BA.1, qui est responsable de la vague de contagion de décembre et de janvier derniers.

Le sous-variant BA.2 est d’environ 30 % plus contagieux que BA.1.

Selon l’OMS, BA.2 est désormais le variant dominant dans le monde. L’agence indique que BA.2 représentait environ 86 % des cas signalés à l’OMS entre le 16 février et le 17 mars. Deux semaines auparavant, il représentait 34 % des nouveaux cas.

Aux États-Unis, environ le tiers des nouveaux cas de coronavirus sont causés par BA.2; au Royaume-Uni, c’est 69 %, et en France, près de 60 %.

Le 18 mars dernier, l’Agence de la santé publique du CanadaASPC disait que la sous-lignée BA.2 du variant Omicron augmente au Canada, mais à un faible rythme. Depuis, la proportion de cas liés à ce sous-variant croît cependant de plus en plus rapidement. Au début de février, moins de 10 % des cas de COVID-19 au Canada étaient causés par BA.2. En date du 6 mars, c’est plus de 36 %.

Au Québec, le Dr Boileau a indiqué mercredi que 50 % des infections dans la province sont désormais causées par BA.2. C’est le cas aussi en Ontario.

Au Manitoba(Nouvelle fenêtre), on estime que 12 % des cas sont maintenant attribuables à BA.2. En Saskatchewan(Nouvelle fenêtre), on considère que plus de 30 % des infections sont causées par BA.2, et en Alberta, ce serait environ 60 %.

Sommes-nous assez immunisés pour éviter une vague trop importante?

La Dre Maria Van Kerkhove, responsable technique de la lutte contre la COVID-19 à l’OMS, a rappelé en point de presse jeudi que la vaccination demeure le meilleur moyen de se prémunir des conséquences graves de la maladie.

« Les décès surviennent principalement chez des personnes qui ne sont pas vaccinées ou qui n’ont reçu qu’une dose. Il est donc absolument essentiel que les gens partout dans le monde reçoivent leurs vaccins et, en particulier, les personnes qui risquent de développer une maladie grave. »— Une citation de  La Dre Maria Van Kerkhove, de l’Organisation mondiale de la santé

Au Canada, environ 20 % des gens ne sont pas adéquatement vaccinés, y compris les jeunes enfants, non encore admissibles. Ainsi, plus de 7,2 millions de personnes seront à risque au cours de cette nouvelle vague. De plus, moins de 50 % de la population canadienne a reçu une dose de rappel.

Pourtant, la dose de rappel est l’un des moyens de réduire la gravité de cette sixième vague, d’après M. Barbeau. Ça va contribuer à diminuer la possibilité d’avoir une infection. Plus on vaccine avec la dose de rappel, plus on donne un sérieux coup de pouce.

Au Québec, 49 % de la population a reçu trois doses, et en Ontario, 48 %. C’est en Alberta que le taux est le plus bas, avec 36 %. C’est encore plus bas chez les Canadiens de 18 à 29 ans : seulement 34 % d’entre eux ont reçu trois doses. Chez les 12 à 17 ans, le taux n’est que de 12 %.

Si l’immunité conférée par la vaccination diminue avec le temps, rappelle M. Barbeau, il est encore difficile de dire quel sera l’impact d’une réduction de l’efficacité vaccinale sur cette nouvelle vague.

Il semble que l’efficacité de la dose de rappel dure au moins quatre mois, selon de nouvelles données du Royaume-Uni(Nouvelle fenêtre). L’efficacité du vaccin pour prévenir les hospitalisations chez les personnes de plus de 65 ans qui ont reçu trois doses est de 85 % 15 semaines après leur dose de rappel, comparativement à 91 % deux semaines après sa réception.

Par contre, chez les personnes de 18 à 64 ans, l’efficacité du vaccin pour prévenir les hospitalisations tombe à 76 % 15 semaines après avoir reçu une dose de rappel, par rapport à une efficacité de 88 % après deux semaines.

Ce rapport précise que la protection contre une infection chute beaucoup plus rapidement dans tous les groupes d’âge. L’efficacité contre une infection passe de 60 à 75 % deux à quatre semaines après une dose de rappel à entre 25 et 40 % après 15 semaines.

Une récente étude du Qatar(Nouvelle fenêtre) — non révisée par les pairs — montre que, sept mois après une vaccination, l’efficacité contre les symptômes graves se maintient autour de 70 % chez les personnes qui ont obtenu deux doses et de 80 % chez les personnes qui ont reçu une dose de rappel.

Quels sont les risques de réinfection?

En février, le gouvernement du Québec disait qu’en raison du nombre élevé de personnes infectées en décembre, janvier et février, une sixième vague causée par BA.2 pourrait être moins intense.

M. Barbeau est d’accord pour dire que les personnes infectées ont généralement une protection assez élevée pendant environ 90 jours. Il rappelle toutefois qu’il s’agit d’une moyenne et que l’immunité conférée par une infection diminue de mois en mois. Ainsi, une personne infectée par BA.1 au début de décembre pourrait être infectée par BA.2 au cours de cette nouvelle vague.

Le message est que vous pouvez être réinfecté. Par contre, une infection à BA.1 semble avoir la capacité de protéger contre BA.2. Les cas de réinfection s’observent souvent chez les personnes non vaccinées, précise-t-il.

M. Barbeau ajoute qu’une personne devrait privilégier une immunité conférée par la vaccination à une immunité obtenue par une infection.

Les vaccins semblent offrir un meilleur degré de protection qu’une infection. L’étude du Qatar(Nouvelle fenêtre) montre que l’immunité conférée par une infection tombe à 10 % au bout de quatre à six mois.

Il faut aussi rappeler que la plupart des gens ne savent pas quel variant ils ont contracté. Ainsi, une personne infectée lors d’une vague précédente ne peut pas présumer qu’elle ne sera pas de nouveau infectée au cours de cette sixième vague, cette fois par BA.2. La vaccination offre une protection contre les divers variants en circulation, indique M. Barbeau.

« Le vaccin continue d’avoir une efficacité assez large contre les symptômes graves et les hospitalisations, malgré le fait que ce soit un vaccin créé avec le variant d’origine. Ça montre que le vaccin a été capable d’instaurer une réponse immunitaire mémoire qui protège. »— Une citation de  Benoit Barbeau, spécialiste en virologie de l’Université du Québec à Montréal

Comment se protéger?

Quel que soit le variant présent, les mêmes mesures de précaution — comme la vaccination, l’isolement en cas d’infection, les masques et les tests – sont efficaces pour empêcher la propagation du virus.

Le port du masque, particulièrement dans les endroits clos, mal ventilés et là où il y a de nombreuses personnes, est toujours recommandé, ajoute M. Barbeau. Les gouvernements devront peut-être revoir leur position sur le port du masque.

Rappelons par ailleurs que, si le gouvernement du Québec restreint encore l’accès aux tests de dépistage PCR, il est possible de se procurer gratuitement des autotests rapides dans la majorité des pharmacies. Le gouvernement fournit une boîte de cinq tests par adulte par mois.

Enfin, M. Barbeau soutient que ce ne sera certainement pas la dernière vague. Cette tendance vers l’atténuation du virus, ce n’est pas gagné pour autant. Ce n’est pas nécessairement la trajectoire que le virus va prendre. Nous aurons peut-être un autre variant plus dangereux.

On dit tous qu’on veut vivre avec le virus et on est surpris chaque fois qu’on parle d’un nouveau variant, de nouvelles hausses de cas, mais ça va être un continuum. Il faut accepter que le virus va se propager. On ne doit pas être sur le mode panique, mais il faut continuer d’agir pour contrer les cas graves.

Selon l’OMS, pour maîtriser le virus, les pays doivent : protéger les personnes vulnérables au virus; renforcer leurs systèmes de surveillance, de dépistage et de criblage; avoir recours aux médicaments antiviraux; et prendre en charge les patients atteints du syndrome post-COVID-19 (communément appelé COVID longue).

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Covid-19 à La Réunion : contaminations records et tension sur la réanimation

janvier 26, 2022

Si, selon Gabriel Attal, la pression hospitalière diminue en métropole, ce n’est pas du tout le cas de La Réunion, où la situation est très compliquée.

Le service de reanimation du CHU de Saint-Pierre, sur l'ile de La Reunion.
Le service de réanimation du CHU de Saint-Pierre, sur l’île de La Réunion.© Richard BOUHET / AFP

Si la pression hospitalière baisse lentement en métropole, la situation n’est clairement pas la même à La Réunion, où les services hospitaliers subissent toujours une forte tension à cause de la déferlante Omicron, avec le taux d’incidence le plus élevé de France. Avec 5 480 contaminations pour 100 000 habitants au 21 janvier, La Réunion affiche le taux d’incidence le plus élevé de France, selon le site Santé publique France. Alors que l’île est placée sous couvre-feu de 21 heures à 5 heures depuis le 1er janvier, elle a totalisé près de 47 000 cas de contamination et 38 décès entre le 15 et le 21 janvier, selon les chiffres de la préfecture.

Mardi, sur 111 lits disponibles, « 65 lits de réanimation (étaient) occupés par des patients positifs au Covid-19 et 36 par des patients présentant d’autres pathologies », soit un taux d’occupation de 91 %, a indiqué la préfecture mardi soir. « En réanimation, nous arrivons quasiment au bout », a pour sa part affirmé mercredi matin Peter Von Theobald, président de la Commission médicale d’établissement du CHU de La Réunion. « La vague monte encore et on n’est pas loin de faire un tri des patients en réanimation », a-t-il ajouté.

Le Delta représente l’essentiel des hospitalisations en réanimation

Le variant Omicron est désormais majoritaire, mais, si le variant Delta ne représente plus que 7 % des contaminations, « près de 80 % des patients en réanimation relèvent encore du variant Delta au cours des derniers jours », selon un communiqué de la préfecture.

Malgré l’activation d’un plan blanc le 12 janvier et l’arrivée, le 20 janvier, de renforts en provenance de métropole, deux médecins et six infirmiers, les hospitaliers n’envisagent pas d’amélioration rapide de la situation. Hors des hôpitaux, de longues files d’attente se forment tous les jours devant les cabinets des médecins de ville, les pharmacies et les centres de dépistage. « 152 000 tests sont désormais réalisés chaque semaine » et « le taux de positivité est passé (en une semaine) de 30 à 36,6 % », a indiqué mardi l’agence régionale de santé. Plus de 180 000 personnes ont été contaminées par le virus depuis le début de l’épidémie, en mars 2020, à La Réunion et 500 patients sont décédés.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec: Si Omicron est moins sévère avec les individus, il n’épargne pas les systèmes de santé

janvier 16, 2022
Une ambulancière parle à un patient sur une civière dans le corridor de l'urgence.

L’urgence de l’Hôpital Humber River, à Toronto, est débordée. Photo: CBC/Evan Mitsui

« Omicron est moins grave sur la santé des gens. Cela a moins d’impact et c’est une bonne nouvelle », a lancé le premier ministre québécois François Legault cette semaine lors d’un point de presse. Et pourtant, Omicron a réussi à remplir à des niveaux records les hôpitaux, qui croulent déjà sous le poids des effets cumulatifs des autres vagues. Pour un variant « moins sévère », il aura réussi à écraser bien des systèmes de santé.

La vague Omicron est une vague destructrice sur les systèmes de santé. C’est un coup de grâce pour plusieurs systèmes, dit Simon Décary, chercheur au Laboratoire de recherche sur la réadaptation axée sur le patient de l’Université de Sherbrooke, qui étudie le phénomène de la COVID longue.

Le système de santé n’a jamais été aussi près de ne pas pouvoir remplir ses devoirs, ajoute le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, en entrevue à ICI RDI.

Plusieurs experts répètent qu’il ne faut pas penser que « moins sévère » équivaut à « meilleure situation ». Le fait qu’un variant présente généralement moins de danger pour une personne a été souvent mal interprété, comme si le variant ne représente pas du tout un danger.

Omicron affecte tout le monde. Il est tellement contagieux que même avec une sévérité réduite, ça compense par sa contagiosité. On n’est pas en train d’aplatir la courbe; c’est l’inverse, dit Benoît Mâsse, professeur de médecine sociale et préventive à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.Benoît Masse, professeur de médecine sociale et préventive à l'École de Santé publique de l'Université de Montréal

Benoît Masse, professeur de médecine sociale et préventive à l’École de Santé publique de l’Université de Montréal Photo: Capture D’Écran/Skype

Ainsi, Omicron a bel et bien causé une vague qui est sévère. Sévère sur les hôpitaux, sévère sur les travailleurs de la santé, sévère sur la société.

Selon Benoît Mâsse, les systèmes de santé, au Québec comme à plusieurs autres endroits dans le monde, vivront encore de nombreux jours, voire des semaines difficiles. Et l’incidence de tout ça s’en ressentira pendant de nombreuses années, craint-il.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a d’ailleurs elle aussi lancé un avertissement, cette semaine, alors que la situation est critique dans plusieurs pays.

Soyons clairs : si Omicron provoque une maladie moins grave que Delta, il demeure un virus dangereux, en particulier pour ceux qui ne sont pas vaccinés. Près de 50 000 décès par semaine [dans le monde], c’est trop. Apprendre à vivre avec ce virus ne signifie pas qu’il faille accepter ce nombre de morts, a écrit cette semaine sur Twitter Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’Organisation mondiale de la santéOMS.

De plus, l’idée selon laquelle Omicron n’est pas sévère risque plutôt d’aggraver la pandémie, comme le répètent les épidémiologistes. Plus il y a de virus qui circulent, plus on risque de voir l‘émergence d’un nouveau variant – encore plus contagieux et encore plus sévère – apparaître. Rappelons que quelques semaines avant Noël, bien des gens croyaient qu’on avait réussi à contrôler le virus. Or Omicron est rapidement venu changer la donne.Tedros Adhanom Ghebreyesus se frotte le visage lors d'un point de presse.

Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse sur la COVID-19 (archives). Photo: Getty Images/Fabrice Coffrini

Coup dur pour un système fragile

Les systèmes de santé se sont tant bien que mal adaptés au chaos de la pandémie. Néanmoins, l’afflux de patients infectés, combiné à un manque de personnel sans précédent, rend la situation de plus en plus intenable.

Intensiviste à l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval, le Dr Joseph Dahine est on ne peut plus clair : C’est un raz-de-marée qui nous éclabousse, a-t-il dit en entrevue à l’émission Le 15-18.

Selon le Dr Gilbert Boucher, président de l’Association des spécialistes en médecine d’urgence du Québec et urgentologue à l’Institut de cardiologie de Montréal, la plus grande différence avec les autres vagues, c’est que le personnel était plein d’énergie; on avait des équipes complètes. On est rentrés dans cette cinquième vague, mais on ne s’est jamais remis des autres vagues…Des infirmières au travail.

Le personnel de la santé est épuisé et de nombreux travailleurs sont absents en raison du virus, ce qui amplifie les effets dévastateurs de la cinquième vague sur le réseau (archives). Photo: Cole Burston/AFP/Getty Images

Tout le monde, incluant le public, est épuisé par deux ans de pandémie. Toutefois, si la population a pu connaître certaines périodes d’accalmie entre les vagues, la pression ne s’est jamais relâchée dans le système de santé.

On a dû rattraper le retard sur les autres patients qu’on a mis sur pause pour déployer des ressources pour traiter les vagues de COVID. Cette vague est dure sur le moral, affirme le Dr Joseph Dahine, qui ajoute que les travailleurs de la santé ont fait énormément de sacrifices personnels pour répondre au besoin de la société en temps de crise.

C’est sans compter le stress d’être infecté, de ramener le virus à la maison ou d’infecter un patient ou un collègue; sans compter la culpabilité que certains ressentent lorsqu’ils doivent s’isoler et laisser leurs collègues avec encore moins de ressources; sans compter le sentiment d’impuissance de ne pas pouvoir offrir les soins nécessaires à plusieurs patients.

« Nos bras sont meurtris. C’est nous qui traitons la COVID depuis le début […] Il y a un sentiment de résignation. Si on n’a pas lâché, c’est qu’on est solidaires et dévoués aux patients. »— Une citation de  Le Dr Joseph Dahine, de l’Hôpital de la Cité-de-la-Santé, à Laval

De son côté, la Dre Caroline Quach-Thanh se dit néanmoins impressionnée par la résilience des travailleurs de la santé. Par contre, chaque nouvel assaut causé par une nouvelle vague devient un fardeau de plus en plus lourd à porter, comme l’explique celle qui est microbiologiste-infectiologue, épidémiologiste et responsable de la prévention et du contrôle des infections au Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine, à Montréal.

Benoit Mâsse s’inquiète particulièrement de l’incidence à long terme de toute cette pression sur les travailleurs de la santé. Quand on travaille avec autant de stress, quand ça lâche, ça crée un vide. Les gens ont de la misère à reprendre et à fonctionner. Ça risque d’arriver pour ces travailleurs. […] Il n’y a pas juste le Dr Arruda qui a besoin de prendre des vacances…

« On s’est endurci avec cette pandémie. Si on avait connu une vague comme Omicron il y a trois ans, on [ne serait] jamais passé au travers. »— Une citation de  Le Dr Mathieu Simon, chef des soins intensifs à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec

Des années à s’en remettre

Par ailleurs, même si le flot de patients COVID-19 ralentit dans les prochaines semaines, les travailleurs de la santé devront ensuite faire face aux retombées de la pandémie. Aux yeux de Simon Décary, il sera impossible de retourner aux anciennes façons de faire, parce le système aura été profondément ébranlé.Des chirurgiens opèrent un patient dans une salle d'opération.

Il n’est impossible qu’après la pandémie, les travailleurs de la santé quittent leur emploi, ce qui aura des effets durables (archives). Photo: Getty Images/Morsa Images

Selon lui, la vague Omicron aura causé des dommages qui nécessiteront une intervention majeure du gouvernement. Si on a 200 000 patients sur des listes d’attente, comment on va faire? C’est complètement démesuré.

« C’est une catastrophe. Ça ne se récupérera pas facilement une fois la vague passée. »— Une citation de  Simon Décary, chercheur à l’Université de Sherbrooke

De plus, combien d’autres travailleurs de la santé choisiront de quitter ce domaine une fois la pandémie terminée? Les experts craignent que le chiffre soit important. Comment pourra-t-on alors offrir des soins à tous s’il manque trop de travailleurs?

Bien sûr, comme l’explique Simon Décary, le système de santé était à sa limite avant la pandémie, mais le chercheur croit que le système est désormais à ce point meurtri qu’il sera impossible d’ignorer le problème.

Pas juste un problème pour le gouvernement

Si c’est là un problème systémique, pourquoi le public doit-il s’en soucier?

Selon le Dr Gilbert Boucher, la réalité est que le système de santé n’est plus en mesure d’offrir des diagnostics et des traitements dans le délai voulu, et ça, le public – qu’il soit infecté ou non par la COVID-19 – continuera de le ressentir pendant un long moment.

On est en train de couper avec le délestage dans des affaires qui sont beaucoup moins électives qu’une chirurgie pour une prothèse de genou pour pouvoir aller jouer au golf. On est dans des pontages qui attendent quelques semaines et qui ont un risque de se transformer en maladie active si ce n’est pas correctement adressé, illustre le Dr Simon.

C’est pourquoi Benoît Mâsse rappelle que le public a sa part de responsabilité. Si le fait de réduire ses contacts pour éviter la transmission peut sembler superflu, chaque geste compte pourtant. Plus il y a de personnes hospitalisées, moins il y a de ressources pour aider celles qui sont malades avec autre chose que la COVID-19.

La population doit comprendre : nous sommes tous reliés, et nos actions peuvent causer des torts aux gens qu’on ne connaît pas, conclut-il.

Avec Radio-Canada par Mélanie Meloche-Holubowski

Covid-19: «On court derrière un train qui va plus vite que nous»

janvier 14, 2022
Le Dr Kobinger (sur la photo) juge que le projet du gouvernement Legault d’imposer une taxe santé aux personnes non vaccinées est guidé davantage «par la panique».
Photo: Christopher Black / Who / Agence France-Presse Le Dr Kobinger (sur la photo) juge que le projet du gouvernement Legault d’imposer une taxe santé aux personnes non vaccinées est guidé davantage «par la panique».

« Courir derrière un train en marche », c’est la stratégie peu efficace par laquelle l’humanité s’efforce, dose après dose, à lutter contre la COVID-19 après 22 mois de pandémie, plutôt que d’investir dans la mise au point de vaccins universels.

C’est l’image choisie par le Dr Gary Kobinger, expert mondial des vaccins contre les agents pathogènes infectieux émergents et nouveau directeur du laboratoire national de biodéfense (niveau de sécurité 4) de Galveston, au Texas, pour décrire l’assaut plus ou moins efficace mené actuellement contre le variant Omicron par les différents États.

« Là, on court après un train en marche qui va plus vite que nous, qu’on ne peut ni rattraper ni arrêter. Après plus de deux ans, il est temps de s’asseoir et de dire : “OK, en même temps qu’on court derrière ce train, ajoutons d’autres stratégies pour l’arrêter.” On ignore si le virus va évoluer vers une forme plus sévère ou plus contagieuse. C’est pour ça qu’on doit se préparer au pire et modifier nos stratégies vaccinales », souligne-t-il.

Le co-inventeur du vaccin contre l’Ebola et conseiller de l’Organisation mondiale de la santé sur les agents pathogènes prioritaires estime que la communauté scientifique doit, plutôt que bonifier sans arrêt les vaccins ciblés actuels, poursuivre la recherche fondamentale et collaborer pour créer des plateformes vaccinales universelles contre le SRAS-CoV-2 qui protégeraient l’humanité contre plusieurs coronavirus et divers variants.

Une grande part des fonds qui avaient été alloués à la recherche vaccinale sur la COVID-19 par les États est maintenant massivement détournée vers l’achat de milliards de millions de doses, déplore-t-il.

« Les gouvernements se disent : “À quoi bon financer d’autres avenues, puisqu’on a déjà des vaccins ?” » dit-il. Il existe des vaccins universels et polyvalents notamment contre l’influenza, qui protègent contre les souches les plus courantes des 20 dernières années.

« Développer un vaccin plus universel et plus efficace contre le coronavirus, ça veut dire retourner à la table à dessin et s’éloigner de l’approche actuelle. Ça veut dire rajouter du temps, facilement une année de travail, pour y arriver. Mais en ce moment, les décisions des gouvernements sont plus souvent basées sur la peur que sur la science. »

Une réaction de panique

Le Dr Kobinger juge que le projet du gouvernement Legault d’imposer une taxe santé aux personnes non vaccinées est guidé davantage « par la panique ». « Je ne fais pas de politique, mais je trouve que c’est une réaction précipitée à un processus tout à fait naturel qui va continuer de se produire, soit l’émergence d’un agent pathogène qui s’étend à l’échelle de la planète », affirme-t-il.

Somme toute, il est trop tard pour empêcher la réplication du SRAS-CoV-2 avec les armes actuelles. « C’est une illusion de penser que la vaccination va nous sortir de la pandémie. Elle réussit à diminuer la maladie et à sauver des vies, c’est le but. Mais cet agent pathogène s’est établi dans la population humaine et va désormais faire partie de notre environnement de maladies infectieuses », explique le Dr Kobinger.

 En ce moment, les décisions des gouvernements sont plus souvent basées sur la peur que sur la science— Le Dr Gary Kobinger

L’objectif ne doit pas être de faire disparaître le virus — un but inaccessible, selon lui —, mais plutôt de s’adapter à sa présence et de limiter sa réplication d’ampleur « nucléaire », qui, elle, permet l’émergence de souches encore plus néfastes pour l’humanité.

« On a été trop optimistes dès le départ. Il faut toujours se préparer au pire. Le virus se réplique maintenant à des niveaux stratosphériques dans des communautés où il y a de 20 à 25 % de gens immunosupprimés en raison d’une infection au VIH non traitée, où les gens vivent les uns par-dessus les autres, ou parmi des groupes de personnes déplacées à cause de conflits politiques et des changements climatiques. Voir que les doses de vaccin ne sont pas attribuées en priorité à ces sous-groupes et penser qu’on va sortir de la pandémie, ça ne tient pas sur le plan scientifique », déplore-t-il.

Cela dit, l’ex-directeur du Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval croit que l’humanité doit apprendre de l’histoire des coronavirus. Ceux-ci ont toujours côtoyé l’humain, et la plupart demeurent assez inoffensifs. Mais c’est la première fois, dans l’histoire connue, qu’un coronavirus se propage aussi rapidement à travers le globe, convient-il.

 C’est une illusion de penser que la vaccination va nous sortir de la pandémie— Le Dr Gary Kobinger

« Ça fait partie de l’apprentissage qu’il reste à faire, de comprendre que les maladies infectieuses ne disparaissent pas. Elles peuvent disparaître quand l’épidémie est freinée très tôt, comme ça a été le cas pour le SRAS, mais elles peuvent réémerger. On doit continuer de se préoccuper d’autres virus émergents qui continuent d’être présents, notamment du coronavirus causant le SRMO [syndrome respiratoire du Moyen-Orient], qui possède un potentiel de mortalité beaucoup plus élevé que le SRAS-CoV-2. Ça reste important d’endiguer cet autre agent pathogène, pendant qu’on a encore le temps, avant qu’il évolue vers une capacité de transmission aussi grande que le SRAS-CoV-2. »

L’infectiologue demeure relativement confiant face aux prochains mois et croit une éclaircie possible. « Le virus continuera-t-il à causer des perturbations sociales aussi grandes ? Personne ne peut l’assurer. Il évolue vers les voies respiratoires supérieures, où il cause moins de dommages, et non vers les poumons. C’est ce qui caractérise les coronavirus qui causent le rhume. Donc la propagation est accrue, mais la maladie est moins grave. Je pense qu’à l’été, on va se sortir la tête de l’eau, et que c’est probablement une des plus importantes vagues [la cinquième] qu’on aura. Mais personne ne peut l’affirmer [avec certitude]. »

Avec Le Devoir par Isabelle Paré

Le Nouveau-Brunswick se confine de nouveau

janvier 13, 2022
Blaine Higgs.

Le premier ministre Blaine Higgs annoncera que la province passe en phase trois d’ici la fin de semaine. Photo: CBC/ED Hunter

Alors que le nombre d’hospitalisations continue de monter au Nouveau-Brunswick, le gouvernement passera à la phase 3 de son plan hivernal d’ici la fin de semaine. Ces mesures incluent une interdiction des rassemblements, la fermeture des commerces non essentiels et le report de la rentrée scolaire en présentiel jusqu’au 31 janvier minimalement.

Selon des sources de Radio-Canada, le premier ministre Blaine Higgs en fera l’annonce lors d’une conférence de presse à 14 h 30. Il sera accompagné de la médecin hygiéniste en chef, la Dre Jennifer Russell, mais pas de sa ministre de la Santé, Dorothy Shephard.

Ces nouvelles mesures entreraient en vigueur vendredi à 23 h 59.

Le 3 décembre dernier, la province a présenté un nouveau plan de gestion de la pandémie en trois phases. La phase trois est la plus restrictive et prévoit les mesures suivantes :

Phase 3, selon le plan hivernal du Nouveau-Brunswick

  • Bulle d’un seul ménage
  • Rassemblements publics interdits
  • Fermeture des salles à manger des restaurants
  • Seuls les commerces essentiels peuvent ouvrir
  • Gyms, spas et salons sont fermés
  • Centres de divertissements fermés
  • Services religieux seulement permis en plein air ou de façon virtuelle
  • Les sports, loisirs et activités organisées ne sont pas permis
  • L’école se poursuit en mode virtuel

Les garderies seraient ouvertes selon nos informations.

En ce qui a trait aux déplacements, la phase trois telle que décrite dans le plan hivernal les permet encore, pourvu que les voyageurs qui viennent au Nouveau-Brunswick s’enregistrent, comme c’est le cas actuellement.

Selon la santé publique, les facteurs qui dictent le passage à une phase plus sévère comprennent :

  • l’augmentation de la moyenne sur 7 jours du nombre de nouveaux cas;
  • un taux de positivité de 15 % dans la province ou dans une seule zone;
  • 100 hospitalisations actives ou 50 hospitalisations actives aux soins intensifs;
  • une augmentation de la moyenne sur 7 jours du nombre de nouvelles admissions;
  • l’incapacité pour les ressources de santé publique de maintenir et de gérer la recherche des contacts.

Un système de santé surchargé

La province a présenté mardi ses projections quant à la propagation du virus. Selon les estimations des experts, il pourrait y avoir jusqu’à 5500 nouveaux cas de la maladie et jusqu’à 220 hospitalisations d’ici la fin du mois de janvier si le niveau de contacts de la population reste le même.

Mercredi, le Nouveau-Brunswick a annoncé que 94 personnes atteintes de la COVID-19 se trouvaient à l’hôpital.Début du widget . Passer le widget?https://datawrapper.dwcdn.net/iYSZk/1/Fin du widget . Retour au début du widget?

De ce nombre, 34 personnes avaient été admises pour d’autres raisons que la COVID-19. Dix personnes étaient aux soins intensifs et on a signalé un décès.

Il y avait 369 travailleurs de la santé en isolement.

Accompagner la phase 3 d’autres mesures

La député du Parti vert Megan Mitton apprécie que le gouvernement agisse pour contenir la propagation du variant Omicron, mais espère que le passage à la phase 3 sera accompagné d’autres mesures.

Il ne faut pas seulement passer à la phase 3. Il faut améliorer [la distribution] des vaccins, il faut aller plus vite, pense-t-elle.Megan Mitton interviewée.

La députée de Memramcook-Tantramar du Parti Vert, Megan Mitton, espère que des mesures seront prises pour accélérer la campagne de vaccination. (archives) Photo: Radio-Canada

Elle se dit d’accord avec l’opinion de certains experts qui recommandent de raccourcir l’intervalle entre les doses du vaccin pour les enfants de 5 à 11 ans.

Elle pense aussi que dans le contexte où l’école se fera de façon virtuelle pour encore un moment, il serait préférable de revoir le concept de bulle familiale pour permettre aux parents et aux personnes vulnérables de pouvoir compter sur un réseau de soutien. 

Le propriétaire du restaurant Chez Ange Bistro à Shediac, Ange Ogieda-Diaz, est très inquiet de devoir fermer encore une fois son établissement.

J’ai ouvert en juillet 2020 et depuis juillet 2020 j’essaie de survivre, se désole-t-il.

Il espère que cette nouvelle étape sera accompagnée d’un soutien pour les petites entreprises touchées comme la sienne.

J’ai trois salariés et je ne sais pas ce qu’ils vont devenir […] financièrement je ne sais pas si je vais pouvoir tenir longtemps, parce que j’ai quand même un loyer à payer, s’inquiète le propriétaire.

La province devrait préciser à 14 h 30 si une aide sera offerte aux entreprises. En Nouvelle-Écosse a annoncé en décembre un programme d’aide aux entreprises qui sont touchées par les mesures sanitaires et permet à celles-ci d’obtenir une subvention entre 2500 et 7500 $.

Par Radio-Canada avec les informations de Nicolas Steinbach, Pascal Raiche-Nogue et Héloïse Rodriguez-Qizilbash

Canada: Le Québec passe le cap des 2400 hospitalisations pour soigner la COVID-19

janvier 9, 2022
Une femme tient une boîte de masques près d'une voiture.

Une employée distribue des masques aux visiteurs du Centre hospitalier régional de Lanaudière, à Joliette, le 2 janvier. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec recense dans son bilan quotidien de samedi 140 hospitalisations en plus et déplore 23 nouveaux décès en lien avec la COVID-19.

Il y a donc désormais 2436 personnes qui se trouvent à l’hôpital pour y être soignées des suites de la maladie. Vendredi, 332 personnes ont été admises dans un centre hospitalier dans ce but, et 210 ont reçu leur congé.

Aux soins intensifs, 12 personnes supplémentaires ont été admises, pour un total de 257 personnes qui connaissent de graves problèmes en raison de la COVID-19. Le record à ce titre avait été atteint le 10 janvier 2021, avec 293 personnes aux soins intensifs.

Au total, 11 940 personnes sont mortes de la maladie depuis le début de la pandémie au Québec.

Québec signale aussi que 11 007 nouveaux cas ont été déclarés par tests test d’amplification en chaîne par polymérase PCR. Depuis cette semaine, les tests test d’amplification en chaîne par polymérase PCR sont réservés uniquement pour le personnel soignant et la population à risque.

Même si les tests ne sont plus disponibles pour l’ensemble de la population, 51 374 prélèvements ont été réalisés le 8 janvier, présentant un taux de positivité de 19,7 %.

Officiellement, ce sont 739 293 Québécois qui ont été infectés par le coronavirus. Le nombre réel est vraisemblablement beaucoup plus élevé, compte tenu de l’accès limité aux tests.

Quelque 82 % des Québécois âgés de 5 ans et plus ont reçu deux doses de vaccin, et 23 % ont reçu leur troisième dose. Plus de 70 000 doses de vaccin contre la COVID-19 ont été administrées samedi, la vaste majorité étant des troisièmes doses.

Avec Radio-Canada

Québec-Niveau d’alerte rehaussé : des hôpitaux au bord de la rupture de services

janvier 6, 2022

Capacités dépassées, éclosions généralisées : les centres hospitaliers de plusieurs régions ont la tête sous l’eau.

Extérieur de l'hôpital de Saint-Eustache.

L’hôpital de Saint-Eustache compte 9 unités en éclosion sur 15, en plus du manque de personnel criant et du délestage qui doit s’accélérer pour libérer des lits. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Environ 13 000 travailleurs de la santé sont absents au Québec en raison de la COVID-19. Le record de la première vague de la pandémie a été dépassé mercredi alors que 925 personnes infectées se sont ajoutées, a appris Radio-Canada.

C’est dans ce contexte que des centres hospitaliers ont enclenché le niveau d’alerte maximal et sont passés au palier 4 du délestage, ce qui signifie de reporter encore plus de chirurgies pour libérer du personnel.

Selon nos sources, c’est le cas des Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux CIUSSS de l’Estrie et de la Mauricie–Centre-du-Québec. Le Centre intégré de santé et de services sociaux CISSS des Laurentides a aussi dépassé la cible du niveau 3 et demandé à Québec de passer au 4e, mais ça n’a pas encore été accepté.

Si le variant Omicron occupe peu les soins intensifs, il fait déborder les étages d’hospitalisations, et pas nécessairement à cause de sa sévérité.

Les absences des travailleurs de la santé en isolement ont triplé depuis le 19 décembre, réduisant ainsi considérablement la capacité d’accueil des établissements.

Dans le même temps, les Québécois qui se rendent à l’hôpital pour des fractures, des accouchements ou encore des crises d’appendicite sont de plus en plus nombreux à découvrir sur place qu’ils sont infectés.

Au moins 30 à 40 % des hospitalisations sont des diagnostics secondaires, a révélé, mercredi, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda. Ces patients sont tout de même placés dans des unités COVID et nécessitent des ressources supplémentaires pour éviter des éclosions.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, tiendra un point de presse à 11 h, en compagnie de la sous-ministre adjointe Lucie Opatrny, qui est responsable, entre autres, du dossier du délestage.

Les Laurentides en état « critique »

Le quart des travailleurs sont absents aux urgences des hôpitaux de Saint-Jérôme et Saint-Eustache, selon nos sources. À Saint-Eustache, 6 des 12 lits de soins intensifs sont fermés à cause du manque de personnel.

La situation est critique dans plusieurs services, a écrit la président-directeur généralPDG du Centre intégré de santé et de services sociauxCISSS des Laurentides, Rosemonde Landry, dans une note interne, vendredi. Le délestage est incontournable.

La situation se détériore, constate le chef du département de chirurgie du Centre intégré de santé et de services sociauxCISSS, Pierre-André Clermont, en entrevue avec Radio-Canada. On a déjà diminué les activités chirurgicales de 50 % depuis plus d’une semaine, comme requis par le niveau d’alerte 3.

Ce niveau de délestage prévoit une cible de 48 lits COVID pour le Centre intégré de santé et de services sociauxCISSS des Laurentides. Or, il y avait 111 patients infectés dans les hôpitaux de la région, mercredi, soit plus du double.

On n’aura pas le choix d’aller vers plus de délestage, dit la présidente du Syndicat des professionnelles en soin des Laurentides (Fédération interprofessionnelle de la santé du QuébecFIQ), Julie Daigneault.

« Il y a une fatigue extrême du personnel […]. La situation ne fait que s’empirer, présentement. »— Une citation de  Julie Daigneault, présidente du Syndicat des professionnelles en soins des Laurentides

C’est du jamais-vu, nos membres sont épuisés, ajoute pour sa part la responsable des communications du Syndicat des travailleuses et travailleurs des Laurentides en santé et services sociaux (FSSS-CSN), Valérie Lapensée.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux CISSS des Laurentides n’a pas voulu confirmer sa demande de passer au niveau 4 du délestage. En collaboration avec le ministère, nous suivons la situation de près, comme celle-ci peut évoluer très rapidement, dit la porte-parole Véronique Bernier. Notre souhait est évidemment de maintenir le plus possible les activités régulières pour répondre aux besoins de la population.

Que signifie le palier 4 du délestage?

Le palier 4 implique que les chirurgies non urgentes seront reportées progressivement au-delà de la barre des 50 %, jusqu’à atteindre, à terme, 100 % de report de ces activités non essentielles, par exemple des chirurgies du genou ou de la cataracte.

Le niveau 4 implique aussi la fermeture de petites urgences pour réorienter les ressources vers de plus grandes. Par exemple, le CISSS des Laurentides a sur sa liste la fermeture des urgences de Lachute et de Rivière-Rouge, mais la situation ne l’impose pas encore.

Le plan du Centre intégré de santé et de services sociauxCISSS, dont nous avons pris connaissance, prévoit de reporter encore plus de chirurgies, même si 10 000 personnes sont déjà en attente d’une opération dans la région.

Il est aussi prévu, lorsque ce sera nécessaire, de fermer l’urgence et le bloc opératoire d’Argenteuil afin de rapatrier les ressources à Saint-Jérôme pour éviter une éventuelle rupture de services.

Mercredi, l’urgence d’Argenteuil affichait un taux d’occupation des civières de 225 % et, pour ne rien arranger, une éclosion de COVID-19 y a été signalée dans la journée.

Des éclosions généralisées

À l’hôpital de Saint-Eustache, 9 unités sont en éclosion sur un total de 15 et on dénombrait, mercredi, 7 éclosions au centre hospitalier de Saint-Jérôme. Les urgences des deux établissements sont en éclosion, ainsi que le centre de cancérologie de Saint-Eustache.

Même le laboratoire de Saint-Jérôme qui reçoit les tests de COVID-19 a été touché par une éclosion à la fin décembre, indique une note de service.

Des médecins et des infirmières en poste à Saint-Eustache nous ont raconté comment les éclosions ralentissent toutes les opérations. Le personnel redouble de précautions et une salle doit être laissée vide durant 20 minutes après le passage d’un patient opéré, de façon à éliminer les aérosols.

Certaines opérations sont rallongées de 40 minutes à cause des précautions qu’on doit prendre, explique le chirurgien orthopédiste Pierre-André Clermont.Des travailleurs de la santé, portant un masque, vus à travers une fenêtre de l'urgence du CHAUR de Trois-Rivières.

Le Centre hospitalier affilié universitaire régional (CHAUR) de Trois-Rivières. Photo: Radio-Canada/Josée Ducharme

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociauxCIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec, dont le PDG a appelé l’armée à l’aide, est déjà passé au niveau 4 du palier d’alerte, selon nos sources.

Mardi, 102 patients étaient hospitalisés avec la COVID-19 sur le territoire, alors que la capacité de lits prévue est de 57.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociauxCIUSSS dénombre par ailleurs près d’une cinquantaine d’éclosions dans des milieux de soins et de vie.

À Shawinigan, le 1er janvier, l’unité médico-légale de psychiatrie comptait 18 de ses 22 employés en isolement à cause de la COVID-19, dont les deux psychiatres, a appris Radio-Canada.

Cet établissement, comparable à l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel, à Montréal, accueille des patients au lourd passé (meurtres, infanticide, pédophilie). Les absences ont été comblées, mais par du personnel qui n’a pas l’habitude de cette clientèle.

L’offre de service est maintenue et il n’y a pas de bris de service, assure la porte-parole du Centre intégré universitaire de santé et de services sociauxCIUSSS, Evelyne Matteau. Du personnel, tant clinique que médical, est disponible pour offrir les services appropriés aux usagers.

Niveau 4 de délestage en Estrie

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociauxCIUSSS de l’Estrie-CHU de Sherbrooke est passé au palier 4 du délestage, selon nos sources, alors qu’il déplore l’absence de 1300 travailleurs de la santé à cause de la COVID-19. C’est d’ailleurs la première région à s’être prévalue du droit de rappeler au travail des infirmières en isolement.

Plusieurs établissements de santé ont réactivé les dispositions spéciales de l’urgence sanitaire qui leur permettent d’annuler des vacances, d’obliger les employés à faire du temps plein ou de déplacer des travailleurs.

Des hôpitaux de Montréal sur la corde raide

À l’Hôpital Sacré-Cœur de Montréal, une source médicale indique qu’une trentaine de lits de chirurgie sont fermés en raison des éclosions, qui touchent presque toutes les unités de l’établissement.

Ici encore, c’est l’explosion du nombre d’employés infectés qui est en cause. Au total, 760 salariés et médecins du CIUSSS sont sur la touche en raison de la COVID-19. Le nombre de patients infectés dans les unités de soins est déjà dépassé. Il resterait une petite marge aux soins intensifs.Des préposés dans un couloir d'un hôpital.

Plus de 52 patients sont infectés à la COVID-19 à l’Hôpital Sacré-Cœur, à Montréal.

PHOTO : RADIO-CANADA / IVANOH DEMERS

Pour l’instant, aucun établissement de la métropole n’est au niveau d’alerte 4, mais plusieurs devraient l’atteindre prochainement.

Le Centre intégré universitaire de santé et de services sociauxCIUSSS du Nord-de-l’île-de-Montréal, par exemple, a décidé mercredi de prolonger le délestage jusqu’au 17 janvier.

Les chirurgies électives (chirurgie non urgente pouvant être reportée sans danger pour le patient) ont été reportées, et les activités ambulatoires (cliniques externes) ont été réduites, précise l’établissement par courriel.

Ailleurs sur l’île de Montréal les médecins s’attendent à un délestage massif au cours des prochains jours. On sait qu’on s’en va dans le mur. Reste juste à savoir à quel moment on va le frapper, indique une chirurgienne qui travaille dans la métropole.

Capacité dépassée de deux fois en Montérégie-Est

La Montérégie-Est pourrait aussi être parmi les prochains CISSS et CIUSSS à basculer dans la palier 4. Selon nos informations, la capacité d’hospitalisation est déjà dépassée dans les trois hôpitaux (Pierre-Boucher de Longueuil, Honoré-Mercier de Saint-Hyacinthe et Hôtel-Dieu de Sorel-Tracy). Un total de 131 patients sont hospitalisés pour la COVID-19, alors que la capacité hospitalière prévue au palier 3 est de 64, en incluant les soins intensifs.

Dans un document interne du ministère de la Santé du Québec, obtenu par Radio-Canada, on décrit quelles activités seront à protéger dans les semaines à venir. Les suivis de grossesses et ceux de patients âgés ou atteints de maladie mentale doivent être maintenus. Même chose pour l’aide médicale à mourir et les soins palliatifs. Le suivi des poupons de 0 à 6 mois devra aussi être maintenu.

Delta aux soins intensifs, Omicron ailleurs à l’hôpital

Dans le document interne présenté la semaine dernière, le ministère évoque un variant Omicron de trois à cinq fois plus contagieux que le Delta, mais pour lequel le risque d’hospitalisation aux soins intensifs est la moitié moins élevé.

Selon un courriel signé le 3 janvier par la présidente du comité ministériel des soins critiques COVID-19, Diane Poirier, également directrice générale adjointe de la coordination réseau, la grande majorité des cas sévères semble encore du Delta.

En France, le ministre de la Santé Olivier Veran a expliqué cette semaine que c’est toujours le variant Delta qui prédomine dans les services de réanimation, même s’il circule beaucoup moins qu’Omicron dans la société.

Officiellement, à Québec, ni le ministère ni l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) ne sont en mesure de dire quelle proportion des quelque 200 patients aux soins intensifs en raison de la COVID-19 sont porteurs du variant Omicron.

Sur le terrain, le chef des soins intensifs de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, François Marquis, constate lui aussi qu’une grande proportion des patients dans les unités de soins intensifs sont ceux qui souffrent du variant Delta.

Si certains peuvent croire qu’il s’agit là d’une bonne nouvelle ou d’un signe que la pandémie s’estompe, le Dr Marquis craint une augmentation des éclosions à l’hôpital avec des personnes jeunes porteuses du virus qui risquent d’infecter des patients plus vulnérables.

Avec Radio-Canada par Thomas Gerbet et Davide Gentile

COVID-19 : Québec recense 203 hospitalisations et 26 décès de plus

janvier 6, 2022
Des travailleurs de la santé dans une zone rouge à l’Hôpital Jean-Talon, à Montréal

Zone rouge de l’hôpital Jean-Talon à Montréal Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Québec recense 203 hospitalisations de plus, 26 décès supplémentaires et 15 874 nouveaux cas de COVID-19 déclarés par tests PCR depuis 24 heures.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec précise que les hôpitaux ont enregistré 415 nouvelles entrées, contre 212 nouvelles sorties.

Ce sont désormais 207 personnes qui sont traitées aux soins intensifs, soit une augmentation de 16 par rapport à la veille. On fait état de 50 nouvelles entrées, contre 34 sorties.

Le dernier bilan rapporte 26 nouveaux décès, portant à 11 846 le nombre de Québécois emportés par la maladie depuis le début de la pandémie.

Le nombre total des infections au Québec est quant à lui de 696 182.

Pour ce qui est de la vaccination, les autorités indiquent 95 350 doses de vaccin ont été administrées dans les dernières 24 heures et 3866 avant le 5 janvier.

Cela porte à15 399 427 doses administrées au Québec. En additionnant les personnes vaccinées hors Québec, le total cumulé atteint 15 651 879 doses.

Le bilan de ce jeudi indique également que la province compte actuellement 1191 éclosions actives.

Radio-Canada

CAN : le Covid va-t-il gâcher la fête au Cameroun ?

janvier 6, 2022

Risques de contamination des joueurs, jauges dans les stades… La menace du coronavirus plane sur la Coupe d’Afrique des nations de football, qui doit débuter au Cameroun le 9 janvier.

L’Afrique, singulièrement le Cameroun, pousse un double « ouf ! » de soulagement. « Ouf ! », voici revenue la compétition continentale de football qui console les Africains de certaines « janvioses » et leur permet, au bureau, de tirer un peu au flanc, tout cela dans une Afrique 2022 percluse de régimes politiques déroutants, de croissance économique en berne et d’insécurité permanente. Et puis « ouf ! On avait failli ne plus y croire », à cette CAN camerounaise d’abord étiquetée « 2019 », avant d’être retirée, re-étiquetée « 2021 » puis décalée en 2022, à cause d’on ne sait quel pangolin ou quelle chauve-souris…

La certitude de la tenue de cette Coupe est d’ailleurs très récente. Des rumeurs d’impréparation – voire de chantiers « inlivrables »– ont effet circulé jusqu’en décembre. Le président de la Fifa demandait encore, le 19 du mois, le report de la compétition reine. Et les grand clubs européens menaçaient de ne pas libérer leurs joueurs par crainte de contaminations au Covid-19 et/ou de quarantaines fâcheuses.

Tests positifs et cas contacts

Que le ballon rond roule donc à pleine vitesse, que l’enjaillement soit débridé et que l’odontol de palme et de maïs coule à flot ! Mais attention à l’excès d’euphorie… Le rêve de stades bourrés à craquer lors des matchs d’équipes vedettes est déjà déçu, du fait des jauges « sanitaires » appliquées dans les stades de la CAN 2022 : 60 % de taux de remplissage sur la plupart des confrontations et 80 % pour celles du pays hôte, comme l’a annoncé, mardi, la Confédération africaine de football (CAF). « C’est mieux que rien », diront les tenants du verre à deux tiers plein.

PEU DE TEMPS APRÈS UNE CÉRÉMONIE AU PALAIS PRÉSIDENTIEL SÉNÉGALAIS, TROIS LIONS ONT ÉTÉ TESTÉS POSITIFS

Mais quelle sera la proportion des joueurs impactés, directement ou indirectement, par la circulation persistante de variants du Covid-19 ? Si chaque délégation espère bien aligner 11 joueurs sur la pelouse, le coronavirus est plus qu’une épée de Damoclès au-dessus des têtes starifiées. Des matchs de préparation ont déjà été perturbés, comme certains des Éléphants de Côte d’Ivoire, des Cœlacanthes comoriens, des Scorpions gambiens et des Fennecs algériens. À titre plus individuel, des joueurs ont subi le verdict fatal de tests positifs au Covid-19, comme quatre joueurs de la sélection camerounaise ou trois internationaux algériens. Les impératifs de quatorzaine conduisent à compter sur les doigts le nombre de jours avant tel ou tel match et à croiser ces mêmes doigts au moment des tests de contrôle…

Dans chaque délégation, l’euphorie est donc menacée de douche froide, parfois à quelques heures d’intervalle. À titre d’exemple, c’est peu de temps après une cérémonie au Palais présidentiel sénégalais, le 4 janvier, que trois Lions ont été testés positifs et que le vol pour Bafoussam a été repoussé. En leur remettant le drapeau national, l’exigeant Macky Sall – il ne réclame rien de moins que la coupe, après deux finales infructueuses – a-t-il respecté les gestes barrières ? Cas contact, il devra aussi être testé. En football, le « contact » pardonne peu…

Damien Glez

Avec Jeune Afrique par Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.