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Francophonie: le français ne pétille plus autant dans la « Bulle » européenne

mars 18, 2018

Le siège de la Commission européenne à Bruxelles, le 14 mars 2018 / © AFP / EMMANUEL DUNAND

« Posez-moi si possible une question en français, sinon je cours le risque d’être critiqué », réclamait récemment Bruno Le Maire, dans un anglais impeccable, lors d’une conférence de presse aux côtés d’industriels de l’acier européens à Bruxelles.

Une seule main s’est alors levée, et le journaliste a interrogé le ministre français de l’Économie en… anglais.

Car si la perspective du Brexit a pu faire croire à un affaiblissement de la langue de Shakespeare, ou plutôt du « globish » qui tient lieu désormais de lingua franca, au sein des institutions de l’UE, force est de déchanter.

« Ces 20 dernières années, l’anglais est devenu complètement dominant. De toute façon, le français ne va pas remplacer l’anglais », assure Nicolas Veyron, un économiste de la place de Bruxelles qui, bien que Français, passe le plus clair de son temps à parler anglais.

Le temps paraît loin, en effet, quand la « Bulle » européenne – le milieu des eurocrates et les médias internationaux qui couvrent l’actualité de l’UE – résonnait français dans les couloirs.

« Le recul du français est une Bérézina », estime Jean Quatremer, le correspondant de Libération, vétéran de toutes les batailles bruxelloises depuis 1990.

« Si le français a reculé aussi rapidement, c’est parce que dans les institutions, le fonctionnaire européen français est tellement fier de montrer qu’il parle anglais qu’il en oublie de défendre sa langue », accuse ce militant assidu de la francophonie.

Rêve utopique

« Il y a eu une époque où tout le monde, commissaires, porte-paroles, journalistes, parlait le français à Bruxelles. Même Boris Johnson », l’actuel chef de la diplomatie britannique, alors correspondant du Daily Telegraph, témoigne son collègue Christian Spillmann, de l’AFP, dont le premier séjour bruxellois remonte à 1991.

« Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le français n’est plus une obligation pour les nominations. Plusieurs commissaires ne le parlent pas et les correspondants de nombreux grands médias ne le comprennent pas », observe-t-il.

Le grand chamboulement est survenu à partir de 2004 lorsque l’Union européenne s’est élargie aux nations de l’ancien Pacte de Varsovie.

« On a vu arriver tous ces nouveaux visages. Personne ne parlait français », se souvient Karen Massin, une lobbyiste française, qui a débuté sa carrière dans la fonction publique européenne à ce moment là. « Ce fut le véritable virage et le monde professionnel de l’UE a totalement basculé dans l’anglais », raconte-t-elle.

« Pour moi, militer pour la francophonie revient à revivre un beau rêve du passé. Tout comme le Commonwealth, c’est une belle idée mais utopique », opine la lobbyiste.

Mardi, le président Emmanuel Macron doit pourtant annoncer un « plan d’ensemble pour le français et le plurilinguisme » à l’occasion de la Journée annuelle de la Francophonie.

Anglais abâtardi

La langue française n’a pas disparu du quartier Schuman, siège de la Commission, du Conseil et du Parlement européens, au coeur de la capitale (très majoritairement francophone) de la Belgique.

Au moins 80% des quelques 30.000 fonctionnaires européens parlent le français comme leur première, deuxième ou troisième langue, souligne-t-on à la Commission.

C’est la deuxième langue la plus usitée au Berlaymont, le bâtiment de l’exécutif européen, alors que l’UE compte 24 langues officielles.

Et le patron de la Commission, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker, de double culture franco-allemande, se plaît à discourir dans la langue de Molière en public.

« J’ai toujours été surpris par une chose. Lorsque je reçois quelqu’un qui vient d’un pays francophone, on me parle toujours anglais. C’est la mode d’aujourd’hui. Moi, personnellement, j’aime le français », avouait-il devant le Parlement de Roumanie (pays membre de la francophonie) en mai 2017.

Si le français n’est plus indispensable, admet Nicolas Veyron, s’en servir « enrichit la conversation et apporte du sens supplémentaire, de la nuance à la discussion ».

Certes, relève une ex-fonctionnaire européenne, redevenue diplomate pour son pays, mais « la vraie différence est que les textes juridiques sont maintenant presque tous en anglais ». Et de s’en féliciter.

Attention aux « catastrophes », réplique Jean Quatremer qui fustige « l’anglais abâtardi » prévalant dans les salles de presse et au sein des institutions.

« Il suffit d’une personne qui ne parle pas francais pour que tout le monde par courtoisie passe à l’anglais », constate-t-il. « Mais quand on rédige un texte juridique entre des gens dont aucun ne parle l’anglais à la maison, comment croyez-vous que ces gens vont négocier avec la précision nécessaire des mots ? »

Romandie.com avec(©AFP / 18 mars 2018 17h29)                

Obama parle d’une excellente conversation avec Trump

novembre 10, 2016

Assis côte à côte dans le Bureau ovale –image longtemps inimaginable– Barack Obama et son successeur Donald Trump se sont efforcés jeudi de mettre de côté des mois de campagne acrimonieuse, insistant sur leur volonté de travailler pour le bien de la démocratie américaine.

«Monsieur le président, c’était un grand honneur d’être avec vous», a déclaré le milliardaire populiste, élu mardi à la surprise générale, se disant impatient de recevoir les conseils de celui qu’il avait qualifié de «président le plus ignorant de l’histoire».

M. Obama a évoqué de son côté «une excellente conversation» avec celui dont il a dit, durant la campagne, qu’il représentait une menace pour la démocratie américaine.

«Nous voulons faire tout ce que nous pouvons pour vous aider à réussir», a-t-il ajouté à l’issue de ce tête-à-tête de 90 minutes. L’extravagant républicain, qui prendra ses fonctions le 20 janvier et qui a largement mené sa campagne sur une rhétorique incendiaire, est apparu crispé presque intimidé, au côté de son hôte.

Poignée de mains

Les deux hommes, qui se sont serré la main après s’être exprimés devant les journalistes, n’ont répondu à aucune question. Mais ils ont plaisanté au moment où la presse quittait la pièce: «Une bonne règle: ne répondez pas aux questions quand ils commencent à crier», a dit en souriant M. Obama, se penchant pour donner une petite tape sur le bras de l’homme d’affaires new-yorkais.

Interrogé sur l’atmosphère dans le Bureau ovale, Josh Earnest, porte-parole de M. Obama, a affirmé que la rencontre avait semble-t-il été «un peu moins étrange que ce à quoi certains s’attendaient».

«Nous ne pouvons pas nous permettre d’élire ce type! Ce n’est pas possible! Ce n’est pas possible!», avait déclaré M. Obama à Las Vegas, quelques jours avant le scrutin.

 

Bilan d’Obama menacé

L’élection surprise de Donald Trump, portée par la colère d’un électorat se sentant ignoré des élites et menacé par la mondialisation, a brisé les rêves de la démocrate Hillary Clinton, que tous les sondages donnaient gagnante, de devenir la première femme à accéder à la présidence.

Mais elle menace aussi le bilan de Barack Obama (climat, assurance-santé, libre-échange…) dont la cote de popularité est, cruel paradoxe pour lui, au plus haut.

Le tribun populiste de 70 ans, qui sera le plus vieux président à entrer à la Maison Blanche, n’a jamais occupé de fonction élective.

Insistant sur l’importance «du respect des institutions, de la loi» et «du respect les uns pour les autres», il a dit espérer que le milliardaire populiste soit fidèle à l’esprit de ses premiers mots –rassembleurs et apaisés– après la victoire.

Wall Street à la hausse

Wall Street était orienté à la hausse jeudi, s’attachant aux aspects positifs du programme d’un candidat dont elle redoutait pourtant la victoire depuis plusieurs mois. Les Bourses européennes ont terminé en légère baisse.

L’agence SP Global Ratings a confirmé jeudi la note «AA+» accordée à la dette américaine, estimant que les institutions du pays étaient suffisamment solides pour compenser «le manque d’expérience» et les «incertitudes» sur le programme du 45e président des Etats-Unis.

Rencontre entre Michelle et Mélania

Michelle Obama s’est de son côté entretenue, à huis clos, avec la très discrète Melania Trump. Les deux femmes ont eu une «excellente conversation», selon Barack Obama.

Première First Lady noire de l’histoire américaine, Michelle Obama, 52 ans, ancienne avocate diplômée de Harvard, quittera la Maison Blanche avec une cote de popularité au zénith.

Ancienne mannequin d’origine slovène, Melania Trump, 46 ans, est restée discrète durant la campagne, préférant rester chez elle dans son triplex en haut de la tour Trump à New York, pour s’occuper de Barron, 10 ans, le fils qu’elle a eu avec Donald Trump.

Le vice-président Joe Biden devait recevoir en début d’après-midi son successeur, Mike Pence, qui se décrit comme «chrétien, conservateur et républicain… dans cet ordre».

Organiser ses équipes

Après avoir quitté la Maison Blanche, Donald Trump, qui travaille à la mise en place de ses équipes, a rencontré l’homme fort du Congrès, Paul Ryan, président de la majorité républicaine de la Chambre des représentants.

Les deux hommes entretiennent des relations difficiles: M. Ryan avait annoncé en pleine campagne qu’il ne défendrait plus le candidat républicain puis a finalement voté pour lui.

M. Trump aura pour gouverner l’appui du Congrès, le Sénat et la Chambre des représentants ayant conservé leur majorité républicaine.

Le magnat de l’immobilier, qui s’est appuyé durant la campagne sur une équipe très réduite dans laquelle ses enfants jouaient un rôle central, doit mettre les bouchées doubles pour être opérationnel le 20 janvier.

Manifestations d’Américains

Sous le choc, des milliers d’Américains se sont rassemblés mercredi soir dans une dizaine de villes, de New York à Los Angeles en passant par Washington, pour dénoncer les vues racistes, sexistes et xénophobes, selon eux, de Donald Trump.

A Los Angeles, des milliers de Californiens inquiets et rageurs ont envahi un important axe routier et une effigie du nouveau président a été brûlée devant l’hôtel de ville. Des médias ont fait état de plusieurs interpellations.

A New York, une foule s’est rassemblée au pied de la Trump Tower, domicile du président élu, scandant «Trump à la poubelle!».

Nouvelle étape

Quel est l’état d’esprit de Barack Obama, qui a plusieurs fois affirmé durant la campagne que Donald Trump était une menace pour la démocratie américaine, au moment de lui remettre les clés de la Maison Blanche? Bombardé de questions sur ce thème mercredi, son porte-parole Josh Earnest était à la peine.

«L’élection est terminée, les Américains ont tranché. Ils ont choisi quelqu’un avec lequel le président Obama a des désaccords profonds. Mais cela ne le détournera pas de sa détermination à assurer une transition en douceur. Notre démocratie l’exige».

Lematin.ch

 

 

Un coeur de fraise

juin 16, 2011

Je veux ton coeur de fraise
Arraché sur la braise
Pour un grand rendez-vous
Dans un coin debout

Refrain:
Un petit verre à table
Une pomme dans la bouche
Ton regard en plein feu
Tu me diras si je te plais

A l’été dans la nuit
Je te parle sans bruit
Tu me caresses bien
Comme sur un lien

Dans la conversation
Sous le bois sans avion
Je fumais un baiser
Bien dosé et braisé

Au contact de ton corps
A la limite de mon bord
Ta bouche entre ma langue
Etait une part de mangue.

Bernard NKOUNKOU