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Nord du Mali: deux morts et un blessé dans l’attaque d’un convoi de la Minusma

avril 18, 2015

Bamako – Deux personnes ont été tuées et une autre a été blessée par balle près de Gao, dans le nord du Mali, dans l’attaque d’un convoi de fournisseurs civils de la Mission de l’ONU au Mali, a annoncé samedi la Minusma.

Deux assaillants ont stoppé le convoi à 15 km de Gao, la plus grande ville du nord du Mali, ont froidement abattu deux des chauffeurs et fait un blessé par balle vendredi vers 19H00 (GMT et locales), a affirmé la force des Nations unies dans un communiqué.

Les assaillants ont ensuite mis le feu aux camions tandis que les autres membres du convoi réussissaient à prendre la fuite, a ajouté le communiqué.

La force de l’ONU condamne fermement cette nouvelle attaque touchant des civils innocents et met tout en oeuvre pour que les responsables soient appréhendés, traduits en justice et qu’ils répondent de leurs actes.

Cette attaque survient quelques jours après un attentat-suicide qui a visé mercredi une base de l’ONU également près de Gao, tuant deux civils et blessant neuf soldats nigériens.

L’attentat a été revendiqué par le groupe jihadiste de l’Algérien Mokhtar Belmokhtar, dans un enregistrement audio diffusé vendredi par l’agence privée mauritanienne Al-Akhbar.

La Minusma est déployée depuis juillet 2013 à la suite de l’opération française Serval lancée en janvier 2013 pour chasser les jihadistes du nord du Mali qui était tombé en 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle du pouvoir central malien où ces groupes continuent de mener des attaques, notamment des attentats suicides, de poser des engins explosifs et de perpétrer des enlèvements.

Romandie.com avec(©AFP / 18 avril 2015 14h39)

Nord du Mali: des jihadistes revendiquent l’attaque d’un convoi humanitaire du CICR

mars 30, 2015

Bamako – Un porte-parole jihadiste a revendiqué lundi auprès de l’AFP une attaque d’un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) près de Gao, dans le nord du Mali, qui a fait un mort.

Dans un bref entretien téléphonique avec un journaliste de l’AFP à Bamako, Abou Walid Sahraoui, du Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (Mujao): Avec l’aide de la main d’Allah, nous avons tué à côté de Gao, en terre musulmane, un chauffeur qui travaillait pour l’ennemi.

A la question de savoir s’il s’agissait du chauffeur du CICR dont la mort avait été annoncée peu auparavant par l’organisation internationale à Genève dans un communiqué, il a répondu: Oui, c’est bien ça. Nous avons eu ce qu’on voulait avec l’attaque.

Dans un communiqué publié lundi après-midi, le CICR annoncé qu’un de ses collaborateurs au Mali a été tué dans l’attaque d’un camion d’aide de l’ONG près de Gao, la plus grande ville du nord de ce pays, et qu’un membre de la Croix-Rouge malienne a été blessé.

L’employé décédé était parti de Gao au volant du camion qu’il conduisait jusqu’à Niamey, au Niger voisin, d’où il devrait rapporter du matériel médical pour l’hôpital de Gao, qui en manque cruellement, a expliqué Yasmine Praz Dessimoz, chef des opérations du CICR en Afrique du Nord et de l’Ouest.

L’employé de la Croix-Rouge malienne qui l’accompagnait a été blessé mais ses jours ne sont pas en danger. Les circonstances exactes de l’attaque ne sont pas clairement connues au stade actuel, mais le camion était clairement marqué de l’emblème du CICR, a précisé la même source.

Une source militaire africaine au sein de la Mission de l’ONU au Mali (Minusma) et un humanitaire joint à Gao ont confirmé l’attaque qui, selon eux, s’est déroulée entre Gao et Ansongo (à moins de 100 km au sud-est Gao).

Le camion allait effectivement de Gao à Niamey pour s’approvisionner en médicaments pour l’hôpital de Gao. Le principe est que chaque heure, le camion donne des nouvelles par radio, et à 45 km de Gao, l’attaque s’est déroulé, a affirmé l’humanitaire, sans plus de détails.

La source militaire à la Minusma a estimé que l’assaut avait été bien préparé.

L’attaque s’est déroulée entre Gao et Ansongo. Elle a été menée par aux moins six terroristes. Des coups de feu ont été tirés, a-t-elle dit, confirmant le décès du chauffeur du camion.

Romandie.com avec(©AFP / 31 mars 2015 00h47)

Yémen: deux soldats tués dans une attaque contre le convoi d’un général

décembre 29, 2014

Aden – Deux soldats yéménites ont été tués et onze autres blessés lundi dans une attaque attribuée à Al-Qaïda contre le convoi d’un général, a rapporté une source militaire.

Des membres d’Al-Qaïda ont tendu une embuscade au convoi du général Abdel Rahmane al-Houlaili, commandant de la région militaire dont dépend la province du Hadramout (sud-est).

Les assaillants ont fait exploser un engin placé sur la route puis ont ouvert le feu sur le convoi du général. Ce dernier est sorti indemne tandis que deux soldats ont péri et onze autres ont été blessés, a indiqué cette source à l’AFP.

Dans la ville de Baïda (centre), deux hommes armés sur une moto ont abattu un officier des renseignements, Nasser al-Wahishi, a annoncé un responsable officiel local, qui a imputé l’attaque à des membres du réseau extrémiste.

Dimanche, un haut gradé de l’armée avait échappé à un attentat à l’explosif qui a coûté la vie à son chauffeur à Aden (sud), selon un de ses gardes du corps.

Les forces de sécurité yéménites sont fréquemment la cible d’attaques meurtrières, généralement imputées au réseau extrémiste.

Dans deux messages sur Twitter, Ansar Al-Charia, groupe lié à Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), a revendiqué l’attaque manquée contre le général à Hadramout et l’assassinat de l’officier des renseignements à al-Baïda, a rapporté le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

L’Aqpa a profité de l’affaiblissement du pouvoir central au Yémen en 2011, à la faveur de l’insurrection populaire contre l’ex-président Ali Abdallah Saleh, pour renforcer sa présence, notamment dans le sud et le sud-est du pays.

Dans d’autres violences, une bombe placée dans la voiture d’Ali al-Sharif, un influent chef chiite à Marib, à l’est de Sanaa, a explosé, tuant son fils et son garde du corps, a indiqué un responsable local.

Partie de son fief de Saada, dans le nord du Yémen, la milice chiite d’Ansaruallah a lancé cette année une offensive fulgurante qui lui a permis de prendre le contrôle de la capitale le 21 septembre, puis d’élargir son influence dans le centre et l’ouest du pays, malgré la résistance des tribus sunnites et du réseau Al-Qaïda, en l’absence de toute intervention du pouvoir.

Romandie.com avec(©AFP / 29 décembre 2014 21h15)

Ukraine: Kiev dénonce une invasion après l’entrée du convoi russe sans autorisation

août 22, 2014

Izvaryne (Ukraine) – Les autorités ukrainiennes ont accusé vendredi la Russie d’invasion directe après la décision de Moscou de faire entrer son convoi humanitaire en Ukraine sans attendre son inspection complète.

Après une semaine d’attente, la Russie a fait entrer en Ukraine vendredi matin ses camions chargés selon Moscou de 1.800 tonnes d’aide humanitaire, estimant que tous les prétextes avancés par Kiev pour retarder la livraison de son aide humanitaire aux populations de l’est de l’Ukraine avaient été épuisés.

Il s’agit d’une invasion directe, a lancé le chef des services de sécurité ukrainiens Valentin Nalivaïtchenko.

Kiev a également affirmé que l’entière responsabilité de la sécurité du convoi incombait à la Russie. Les autorités ukrainiennes craignent que le convoi russe ne fasse l’objet d’une provocation de la part des insurgés et ne serve de prétexte à une intervention russe.

A 10H00 GMT, environ 70 des quelque 300 camions avaient franchi la frontière, selon un photographe de l’AFP sur place. Du côté ukrainien, des combattants rebelles dans des mini-fourgonnettes se sont joints au convoi.

Selon un observateur de l’OSCE sur place, Paul Picard, seuls 34 camions ont été inspectés par les gardes-frontières et les douaniers ukrainiens, les autres passant sans aucun contrôle de leur cargaison.

Ni la partie ukrainienne, ni la Croix-Rouge ne savent ce qui se trouve dans ces camions, ce qui nous inquiète particulièrement, a indiqué le ministère ukrainien des Affaires étrangères.

Nous ne savons pas non plus quels sont les accords entre la partie russe et les combattants et ne n’excluons pas de provocations, ajoute le ministère.

Moscou a pour sa part estimé que toutes les garanties indispensables avaient été données et que l’itinéraire prévu pour le convoi avait été vérifié par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Ce dernier a indiqué qu’il n’escortait pas le convoi, faute de garantie de sécurité suffisante.

La responsabilité de possibles conséquences de provocations dirigées contre le convoi revient totalement à Kiev, a ajouté la diplomatie russe.

Le convoi se dirige selon Moscou vers Lougansk, l’un des bastions des insurgés prorusses encerclé et assiégé par l’armée ukrainienne traversant une zone où d’intenses combats ont été signalés ces derniers jours.

Les autorités locales de la ville ont à plusieurs reprises dénoncé une situation humanitaire critique alors que les habitants vivent sans eau courante, sans électricité et sans réseau téléphonique depuis bientôt trois semaines.

– Nombreux combats près de Lougansk –

Pour parcourir les 63 kilomètres qui séparent la frontière de Lougansk, où une grande bataille est en cours selon Kiev entre insurgés prorusses et forces régulières — et où une petite équipe du CIRCR a également rapporté d’intenses bombardements dans la nuit –, le convoi russe doit passer par des zones contrôlées par les rebelles.

Sur le terrain, l’offensive des forces ukrainiennes se poursuivait vendredi dans plusieurs localités autour des fiefs insurgés de Donetsk et Lougansk.

A Donetsk même, d’intenses bombardements ont de nouveau touché les faubourgs de la ville dans la nuit, endommageant plusieurs maisons et le réseau électrique, selon la mairie.

L’eau courante, dont l’approvisionnement a été compromis par de précédents pilonnages, a été rétablie dans de larges secteurs de la ville et un camion de la municipalité a même été vu arrosant les espaces verts du centre-ville, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Dans le quartier d’Abakoumova, dans le sud-ouest de Donetsk, un barrage des rebelles a été bombardé au petit matin par l’armée ukrainienne, positionnée à quelques centaines de mètres de là.

Nous nous sommes cachés dans la cave, c’était vraiment effrayant. Ceux qui font ça seront jugés par Dieu, raconte Valentina en montrant les traces de shrapnel et les vitres brisées de sa petite maison.

Où puis-je aller ? Si seulement je savais où mettre mes enfants et mes petits-enfants à l’abri…, regrette-t-elle.

– ‘Parler de paix’ –

Sur le front diplomatique, le président ukrainien Petro Porochenko a promis de parler de paix avec son homologue russe Vladimir Poutine lors d’un sommet régional mardi à Minsk au Bélarus en présence des dirigeants de l’Union européenne.

M. Porochenko veut notamment convaincre M. Poutine de retirer les combattants rebelles de l’est du pays, alors que les forces ukrainiennes ne parviennent pas à sceller hermétiquement la frontière russe, par où transite, selon Kiev et certains pays occidentaux, armes et mercenaires qui viennent renforcer les rangs des insurgés.

Avant il recevra samedi à Kiev la chancelière allemande Angela Merkel pour une visite hautement symbolique à la veille de la fête de l’indépendance de l’Ukraine qui doit être célébrée avec un défilé militaire à Kiev.

Romandie.com avec(©AFP / 22 août 2014 13h34)

Libye: le convoi du chef d’état-major de la marine attaqué

mai 21, 2014

Tripoli – Le convoi du chef d’état-major de la marine libyenne a été attaqué mercredi à Tripoli, et ce dernier a été légèrement blessé, a déclaré à l’AFP le porte-parole de la marine, précisant qu’un chauffeur et deux gardes avaient également été blessés.

Des hommes armés à bord d’une voiture ont bloqué la route au convoi du Contre-Amiral Hassan Abou Chnak, et ont tiré des rafales de balles vers son véhicule, a déclaré le colonel Ayoub Kassem.

Il a été légèrement blessé à la tête. Un chauffeur et deux gardes ont été blessés par balles, mais leurs jours ne sont pas en danger, a-t-il dit.

Selon M. Kassem, les gardes ont riposté et ont contraint les assaillants à la fuite.

L’attaque a eu lieu dans la banlieue-ouest de la capitale, alors que M. Abou Chnak était en route vers son travail, a ajouté M. Kassem.

Elle intervient sur fonds de tensions politiques et de violences en Libye, après qu’un ex-général à la retraite, Khalifa Haftar a lancé une opération contre les groupes terroristes, selon lui.

Plusieurs officiers de l’armée ont annoncé leur ralliement à la force paralimitaire conduite par M. Haftar, accusé par les autorités de mener une tentative de coup d’État.

Dernier ralliement en date, dans la nuit de mardi: le chef d’état-major de la Défense aérienne. Le chef d’état-major de la marine ne s’est pas encore prononcé sur le sujet.

Si l’armée et les forces de l’ordre sont régulièrement prises pour cible dans la ville de Benghazi, il est rare qu’elles soient attaquées à Tripoli.

Romandie.com avec(©AFP / 21 mai 2014 15h19)

Mouammar Kadhafi aurait été repéré dans le Sud libyen

septembre 7, 2011

TRIPOLI (Reuters) – Mouammar Kadhafi a probablement quitté la ville de Bani Walid et se dirige plus au sud, vers le Tchad ou le Niger, avec l’aide de tribus loyalistes, a déclaré mardi soir un haut responsable militaire des nouvelles autorités libyennes.

Hicham Bouhagiar, qui coordonne la traque de l’ancien dirigeant libyen, a déclaré que selon certaines informations, Mouammar Kadhafi aurait pu se trouver il y a trois jours dans la localité de Ghouat, à 950 km au sud de Tripoli et à 300 km au nord de la frontière avec le Niger.

Bani Walid, assiégée par les forces du Conseil national de transition depuis plusieurs jours, est située à 150 km au sud-est de Tripoli.

« Il n’est plus à Bani Walid je pense. Ses dernières traces, il se trouvait dans la région de Ghouat. Des gens ont vu des voitures aller dans cette direction (…). Nous savons d’après de nombreuses sources qu’il cherche à aller plus au sud, vers le Tchad ou le Niger », a déclaré Bouhagiar dans une interview.

Mouammar Kadhafi, chassé de Tripoli à la fin août, six mois après le début du soulèvement contre son régime, voyagerait à bord d’un convoi d’une dizaine de véhicules et pourrait utiliser une tente comme abri, a ajouté Hicham Bouhagiar.

« Nous savons qu’il ne veut pas résider dans une maison, alors il reste sous une tente. Des gens disent que des voitures sont arrivées et qu’ils ont monté une tente », a-t-il dit, précisant cependant que ses sources n’avaient pas vu le « guide » en personne.

Lorsqu’il était au pouvoir, Mouammar Kadhafi faisait valoir ses racines tribales et recevait régulièrement des dignitaires étrangers sous une tente.

INTRUS

Lundi soir, de sources militaires française et nigérienne, on indiquait que de nombreux véhicules militaires libyens avaient franchi la frontière avec le Niger, ajoutant qu’il pourrait s’agir d’une tentative de départ en exil de Kadhafi vers un pays africain ami.

Mais le Burkina Faso, cité par ces sources, a démenti la présence de Mouammar Kadhafi sur son territoire. « Le Burkina n’a pas été informé d’une arrivée de Kadhafi. Nous ne l’attendons pas », a déclaré mardi soir le ministre burkinabé des Communications, Alain Edouard Traoré.

Les Etats-Unis ont estimé de leur côté que le convoi qui a franchi la frontière du Niger transportait des membres de l’entourage du colonel mais pas Kadhafi lui-même.

Selon Bouhagiar, les nouvelles autorités libyennes ont peu d’emprise sur le sud du pays en raison de la fidélité des tribus de la région à Mouammar Kadhafi, mais les nouveaux dirigeants ont des contacts avec certains membres de chacune de ses tribus, dont les Oulad Souleiman, les Ahdayrat et les Touaregs.

« Je dirais que dans certaines tribus, nous sommes en majorité, dans d’autres en minorité », a ajouté Bouhagiar, selon qui les combattants anti-Kadhafi ne pourraient tout simplement pas progresser vers le Sud pour traquer l’ancien dirigeant sans l’aval des tribus locales.

« Nous devons nous organiser avec nos partisans au sein de ces tribus. Autrement, nous serons des intrus », a-t-il expliqué.

Ces tribus sont disséminées à travers le Sahara et certains de ses membres sont fidèles à Kadhafi parce qu’il les a invités à vivre en Libye.

« La plupart des loyalistes pro-Kadhafi dans cette guerre sont dans ce cas de figure, il leur a donné des terres pour rester. Ces tribus sont convaincues que si le système change, nous les chasserons. C’est pour cette raison qu’elles restent plus longtemps à ses côtés. »

Reuters par Mohammed Abbas

Où le colonel Kadhafi pourrait-il s’exiler?

septembre 6, 2011

On le dit à bord du convoi libyen qui traverse actuellement le Niger, avec pour destination finale le Burkina Faso. Le dictateur déchu tenterait-il de quitter discrètement le sol libyen? Pour aller où?

Le cas du Burkina Faso

Un convoi venant de Libye traverse actuellement le Niger. « Des rumeurs insistantes évoquent la présence de Kadhafi ou un de ses fils au sein de ce convoi », a souligné une source militaire nigérienne, ce lundi. Destination finale: le Burkina Faso.

Un choix curieux. Il mettrait en effet le clan kadhafiste à la merci de la Cour pénale internationale, dont le procureur a lancé un mandat d’arrêt contre le colonel Kadhafi: Ouagadougou est signataire du Traité de Rome qui oblige les pays à livrer quiconque est inculpé par la CPI.

Si la volonté du guide Kadhafi est de trouver refuge au Burkina Faso (…) nous prendrons les dispositions qui s’imposent
« Nous sommes signataires du Traité de Rome sur la CPI mais si la volonté du guide Kadhafi est de trouver refuge au Burkina Faso (…) nous prendrons les dispositions qui s’imposent », a assuré le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Djibril Bassolé. Et d’ajouter: « Si tel est son désir, pourquoi pas? »

Cette offre, formulée fin août, accompagnait cependant la décision de Ouagadougou de reconnaître le Conseil national de transition (CNT, rébellion) comme « seul et unique représentant légitime du peuple libyen ». De simples « contacts » avaient été établis mi-juin. « Nous établissons donc des relations pour le futur », ajoutait alors le chef de la diplomatie du Burkina Faso.

Le gouvernement burkinabè se dit aussi « disposer à poursuivre et renforcer » avec les nouvelles autorités libyennes « les relations d’amitié, de fraternité et de coopération » qui lient les deux pays. Ces liens, très étroits depuis trois décennies, se sont distendus en 2008, en raison des divergences sur le projet de « gouvernement africain » voulu par Kadhafi, qui se voulait alors « roi des rois d’Afrique ».

Ailleurs sur le continent africain?

Vers quel autre pays africain le colonel Kadhafi pourrait-il se tourner? La Tunisie et l’Egypte voisine, qui ont déjà renversé Ben Ali et Moubarak, sont exclues. Mais les autres?

L’Algérie a accueilli une partie de son clan, dont sa femme et trois de ses enfants: Alger le reconnaît mais écarte toute offre d’exil au colonel Kadhafi lui-même. Qu’en est-il d’un possible transit par le sol algérien? Une « solution » que la France aurait aider à dessiner. Une source française citée par Reuters estime que le convoi a pu « passer par l’Algérie avant d’entrer au Niger »: c’est à ce stade de l’avancée des véhicules civils et militaires que le colonel et son fils Seif al Islam, souvent présenté comme son héritier, auraient pu « rejoindre » le convoi. Ce dernier aurait quitté Bani Walid, ville située à 150 km au sud de Tripoli, dès samedi pour se diriger vers le désert et les frontières algérienne et nigérienne plus au sud selon des responsables du CNT.

En bref, la porosité des frontières de la région et les blocages entre les capitales, qui bénéficiaient déjà aux convois d’Al Qaïda au Maghreb islamique, pourraient cette fois faciliter une fuite discrète du colonel Kadhafi. Pourrait-il pousser jusqu’au Mali? Un pays où ses largesses financières passées ont nourri un certain soutien populaire à son égard: le Mali fait partie des pays africains où la Libye a le plus investi, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’hôtellerie et de la banque. Des Touaregs maliens étaient venus grossir les rangs de ses mercenaires face aux insurgés libyens.

Poussant plus à l’ouest encore, le colonel Kadhafi viserait-il la Mauritanie? Bien que Nouachkott ait reconnu le CNT, un membre influent de l’entourage du guide libyen a discrètement séjourné début août en Mauritanie où il a rencontré le président Mohamed Ould Abdel Aziz. Peut-être n’était-ce qu’une démarche à considérer dans le cadre de la médiation de l’Union africaine pour la Libye, présidée par la Mauritanie et réunissant les président du Congo, du Mali, d’Afrique du sud et d’Ouganda… Ou un coup de sonde pour un potentiel exil.

Revenons aux pays voisins de la Libye. Pourquoi pas le Soudan? Le colonel Kadhafi et le président soudanais ont un point commun: ils font l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI. Ce qui n’empêche pas Omar el Béchir de voyager régulièrement en narguant la justice internationale.

Et le Tchad, qui a aussi fourni des mercenaires au camp pro-Kadhafi? Cette autre piste africaine est évoquée sur le blog Lignes de défense, qui s’interroge sur la suite du voyage: « Kadhafi dispose encore de quelques amis en Afrique qui sont prêts à l’accueillir. » Le convoi de 200 à 250 véhicules ne seraient alors qu’une étape… direction le Zimbabwe ou l’Afrique du Sud.

Le colonel Kadhafi pourrait s’envoler pour rejoindre son ami Robert Mugabe, dont le pays n’a pas signé le Traité de Rome, et a récemment décidé d’expulser l’ambassadeur de Libye, rallié à la rébellion, à Harare. A moins qu’il ne se tourne vers Jacob Zuma qui s’est dit « mécontent » de l’intervention militaire de l’Otan en Libye.

Des options en Amérique latine

Quitte à prendre l’avion, le colonel Kadhafi pourrait s’éloigner du continent africain et répondre aux offres de deux pays situés de l’autre côté de l’Atlantique: le Venezuela et le Nicaragua. Ces deux pays font partie des plus farouches ennemis de la rébellion. Malgré son état de santé qui l’oblige à faire des allers et retours à Cuba, le président vénézuélien, Hugo Chavez, a témoigné son soutien au régime Kadhafi à de maintes reprises face à la « guerre impériale » menée par la coalition internationale.

Moins omniprésent dans les médias, le président nicaraguayen Daniel Ortega entretient cependant de profonds liens d’amitié avec le colonel Kadhafi. Des liens tissés dans les années 80, lorsqu’il dirigeait un gouvernement révolutionnaire (1979-1990) arrivé au pouvoir par les armes après avoir renversé le dictateur Anastasio Somoza. Le Nicaragua est le seul pays à lui avoir ouvertement offert de lui accorder l’asile.

L’Express.fr par Marie Simon