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Cameroun, Nigeria… Glencore plaide définitivement coupable de corruption

juin 21, 2022

Une filiale britannique du géant du négoce a officiellement plaidé coupable de sept chefs d’accusation de corruption dans le cadre d’opérations pétrolières au Cameroun, en Guinée équatoriale, en Côte d’Ivoire, au Nigeria et au Soudan du Sud.

Le siège du géant suisse Glencore à Baar, en Suisse, en 2020. © Fabrice COFFRINI / AFP

Le géant suisse avait jusqu’à ce mardi 21 juin pour confirmer sa décision, intervenue fin mai. C’est désormais chose faite.

Et la déclaration est intervenue devant la Southwark Crown Court à Londres : plus de 28 millions de dollars de pots-de-vin auraient été versés par Glencore Energy pour obtenir un accès préférentiel au pétrole et générer des profits illicites entre 2011 et 2016. Selon le Serious Fraud Office (SFO) britannique, l’entreprise sera condamnée le  2 et 3 novembre prochains.

Nombreuses accusations

Depuis ce début d’année, le groupe a déjà été condamné trois fois. En effet, cette nouvelle procédure de « plaider coupable » fait suite à des accusations portées par les autorités américaines, brésiliennes et britanniques. Pour faire face à ces actions en justice, le géant minier a approvisionné quelque 1,5 milliard de dollars.

Le procureur américain du district sud de New York, Damian Williams, a présenté quelques-unes des conclusions de l’enquête américaine : « Glencore a versé plus de 100 millions de dollars en pots-de-vin à des fonctionnaires au Brésil, au Nigeria, en République démocratique du Congo et au Venezuela. Son système de pots-de-vin s’étendait dans le monde entier. Glencore a agi de la sorte afin d’obtenir des contrats pétroliers, pour éviter les audits gouvernementaux, et afin de faire disparaître des procès. Avec cette stratégie la compagnie a gagné des centaines de millions de dollars. Et ils l’ont fait avec l’approbation et même l’encouragement de cadres supérieurs. »

📢YESTERDAY GLENCORE FACED A $1.2 BILLION FINE FOR GLOBAL BRIBERY AND MARKET MANIPULATION. A THREAD 1/12HTTPS://T.CO/970IQJ65EG— SPOTLIGHT ON CORRUPTION (@ENDCORRUPTIONUK) MAY 25, 2022

Fonctionnement illicite en Afrique

Le SFO indique que les dernières accusations comprennent des allégations selon lesquelles Glencore aurait versé plus de 4,9 millions de dollars de pots-de-vin à des fonctionnaires de la Nigerian National Petroleum Corporation, une entreprise publique nigériane, entre mars 2012 et avril 2014, afin d’obtenir des contrats pétroliers.

Selon la même source, le leader de l’extraction avait versé sous la table plus de 10 millions de dollars à des fonctionnaires de la société pétrolière publique camerounaise, la Société nationale des hydrocarbures et la Société nationale de raffinage, afin d’obtenir l’exclusivité sur des contrats. Plus tôt dans l’année, ce sont des pots-de-vin de 7,4 millions d’euros en Côte d’Ivoire qui ont été pointés du doigt.

« Cette importante enquête, que le Serious Fraud Office a porté devant les tribunaux en moins de trois ans, est le résultat de notre expertise, de notre ténacité et de la force de notre partenariat avec les États-Unis et d’autres juridictions », a déclaré Lisa Osofsky, directrice du SFO à l’issue de l’enquête qui a débuté en 2019.

Le président de Glencore, Kalidas Madhavpeddi, a pour sa part déclaré dans un communiqué que Glencore s’engageait à « agir de manière éthique et responsable dans tous les aspects de son activité ».

Avec Jeune Afrique

Algérie: le frère de l’ex-président Bouteflika condamné à huit ans de prison

juin 7, 2022

Saïd Bouteflika, frère cadet du défunt ex-président Abdelaziz Bouteflika, déjà en détention pour d’autres affaires, a été condamné lundi à huit ans de prison ferme pour des faits de corruption, selon les médias.

Saïd Bouteflika, frère de l’ex-chef de l’État algérien et ancien conseiller à la présidence. © FAROUK BATICHE/AFP

Saïd Bouteflika, le frère cadet de l’ex-président Abdelaziz Bouteflika a été condamné ce lundi 6 juin à huit ans de prison ferme. Son co-accusé, l’ancien patron des patrons Ali Haddad, également condamné dans plusieurs affaires, a écopé de quatre ans de prison ferme. Les deux hommes doivent aussi verser des amendes au Trésor public. Le parquet avait requis dix ans ferme contre Saïd Bouteflika, 64 ans, et Ali Haddad, 57 ans, qui ont comparu devant le tribunal de Sidi M’hamed à Alger pour « trafic d’influence », « abus de fonction », « blanchiment d’argent » et « non déclaration de biens ».

Précédentes condamnations

Fin mai, Saïd Bouteflika avait été acquitté après avoir été condamné en octobre à deux ans de prison ferme pour « entrave à la justice ». Ali Haddad a, lui, été condamné dans d’autres affaires de corruption avec une sanction de quatre ans de prison en janvier 2021.

En novembre 2020, Ali Haddad avait été condamné en appel à douze ans de prison ferme et, dans un autre procès en appel fin mars 2020, à quatre ans de prison ferme. Ex-dirigeant de la principale organisation patronale algérienne, le Forum des chefs d’entreprises (FCE), de 2014 à mars 2019, Ali Haddad avait été arrêté à un poste-frontière entre l’Algérie et la Tunisie en possession de deux passeports et condamné en juin 2019 à six mois de prison pour détention illégale de deux documents de voyage. Les deux hommes sont aussi poursuivis dans d’autres affaires. En Algérie, les peines de prison ne sont pas cumulables. C’est la peine la plus lourde qui est imposée.

Enquêtes sur l’entourage de l’ex-président

Après la chute d’Abdelaziz Bouteflika, le 2 avril 2019, sous la pression du mouvement de protestation du Hirak et de l’armée, la justice a lancé une série d’enquêtes sur des affaires impliquant des membres de son entourage. Par ailleurs, le parquet a requis lundi une peine de dix ans de prison à l’encontre de l’ex-PDG d’Ennahar, le premier groupe de médias privé algérien, Anis Rahmani, poursuivi dans une affaire de corruption, selon le site Ennaharonline.

La même peine a été requise contre l’homme d’affaires Mahieddine Tahkout, poursuivi dans cette même affaire pour blanchiment d’argent. De son vrai nom Mohamed Mokadem, Anis Rahmani, proche de Saïd Bouteflika, a déjà été condamné en appel en mars 2021 à trois ans de prison ferme. Il était accusé d’avoir illégalement enregistré et diffusé, en octobre 2018, une communication téléphonique qu’il avait eue avec un colonel du renseignement.

Par Jeune Afrique avec AFP

France-Gabon : l’ex-Miss Sonia Rolland mise en examen dans l’affaire des « biens mal acquis »

juin 1, 2022

L’actrice franco-rwandaise est poursuivie à Paris pour recel de détournement de fonds publics, de corruption et d’abus de bien sociaux. En cause, un appartement dans le XVIe arrondissement de Paris offert en 2003 par l’ancien président gabonais Omar Bongo Ondimba.

L’ex-Miss et actrice franco-rwandaise, Sonia Rolland, en octobre 2021. © JOEL SAGET/AFP

Sonia Rolland, l’ancienne Miss France 2000 devenue actrice, a été mise en examen le 30 mai dans l’affaire des « biens mal acquis », selon une information du quotidien français Le Parisien, confirmée par son avocat à Jeune Afrique. Les enquêteurs se penchent sur les conditions dans lesquelles l‘ancien chef de l’État gabonais Omar Bongo Ondimba lui a offert un appartement en 2003.

Dans ce dossier judiciaire ouvert il y a plus de dix ans, la Franco-Rwandaise avait été entendue le 6 janvier 2021 sous le régime du suspect libre à l’Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), sur des faits de recel de blanchiment de détournement de fonds publics, ont indiqué une source judiciaire et une source proche du dossier.

Cadeau à 800 000 euros

Sonia Rolland s’est expliquée sur un cadeau qu’elle avait reçu des époux Bongo Ondimba, un appartement dans le 16e arrondissement de Paris d’une valeur de 800 000 euros, sous le régime d’une société civile immobilière (SCI). Selon le journal français Libération, elle a raconté avoir rencontré en 2001 Edith Bongo Ondimba, l’épouse de l’ancien président gabonais, alors que celle-ci parrainait des concours de Miss en Afrique. En 2002, l’ex-Première dame lui aurait dit qu’elle lui ferait un cadeau afin de la remercier pour l’image qu’elle véhiculait de l’Afrique.

L’acquéreur de l’appartement serait une société de décoration française, qui avait une filiale au Gabon « détenant un compte dans une banque locale, sur lequel ont été déposées pendant des années des valises de cash, livrées par des collaborateurs de Bongo Ondimba », écrit le quotidien.

Sonia Rolland a plaidé la naïveté. Elle a toujours assuré ne rien savoir du montage financier et des malversations qui se cachaient derrière l’achat de cet appartement et a souligné son jeune âge à l’époque – l’ancienne Miss avait alors 22 ans.

Condamnation

Depuis 2010, la justice française enquête sur le patrimoine considérable amassé en France par Omar Bongo Ondimba et d’autres chefs d’État africains. En avril 2016, des biens immobiliers à Paris et à Nice, sur la Riviera française, appartenant à la famille du président gabonais Ali Bongo Ondimba – le fils d’Omar Bongo Ondimba, qui a succédé à son père à la tête du pays en 2009 – ont été saisis. Puis en 2017, le juge d’instruction a annoncé son intention de clore le volet gabonais de l’enquête, sans n’avoir prononcé aucune mise en examen, prélude donc à un non-lieu. Mais quelques mois plus tard, un nouveau juge a relancé les investigations.

Dans le dossier équato-guinéen, Teodoro Nguema Obiang Mangue, le fils du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a été condamné. Il a écopé en 2017 de trois ans de prison et de 30 millions d’euros d’amende avec sursis pour « blanchiment d’abus de biens sociaux ».

Par Jeune Afrique avec AFP

Chine-Angola : la fin d’un modèle

mai 28, 2022

Le fameux « modèle Angola » a vécu, épuisé par la corruption et fragilisé par les coûts du pétrole. Même si le président João Lourenço continue de courtiser les dollars chinois, la relation n’est plus ce qu’elle était.

Le président chinois Xi Jinping rencontre le président angolais Joao Lourenco au Grand Hall du Peuple à Pékin, le 9 octobre 2018. © Daisuke Suzuki/Pool via Reuters

En 2002, alors que l’Angola était en ruines après une guerre civile de 27 ans, son gouvernement a désespérément cherché une aide occidentale pour reconstruire le pays. En vain… Les institutions financières internationales comme le Club de Paris se méfiaient de la collaboration avec un pays dont la propension à la corruption est bien connue et le manque de transparence flagrant. Le Fonds monétaire international (FMI) venait de découvrir un trou de 4,2 milliards de dollars dans les coffres du pays que les autorités ne pouvaient pas expliquer facilement.

Alors que les appels à la réforme démocratique, à la responsabilité et au respect de l’État de droit se multipliaient, l’Angola a décidé de se tourner vers l’Est. C’est ainsi qu’est né son accord très pragmatique – et initialement lucratif – avec la Chine.

Absence de responsabilité

Car l’Angola et la Chine n’ont pas toujours été sur la même longueur d’onde. Pendant la guerre d’indépendance angolaise, les Chinois ont soutenu les trois mouvements de libération, avec une préférence pour l’UNITA, le rival acharné du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) au pouvoir depuis 1975. Leurs relations diplomatiques ont beau dater de 1983, ce n’est que 20 ans plus tard que les deux pays ont commencé à collaborer. La fin de la guerre civile en Angola avait coïncidé avec une augmentation rapide de la production et de la hausse du prix du pétrole, et la Chine avait un besoin urgent de ressources et de matières premières pour soutenir sa croissance économique galopante.

Le mariage de raison débute officiellement en 2004, lorsque le ministère chinois du Commerce et le ministère angolais des Finances signent un accord pour que la banque chinoise Eximbank accorde au gouvernement angolais un prêt de 2 milliards de dollars. L’Angola a joué et gagné : il a évité les exigences de bonne gouvernance et de transparence posées par le FMI et d’autres organismes similaires, tout en obtenant un financement dont il avait grand besoin de la part d’un gouvernement autocratique qui affirmait fièrement qu’il n’avait pas à « s’immiscer » dans les affaires intérieures d’autres pays.

Non seulement le MPLA pouvait apaiser les citoyens locaux en se lançant dans des projets de reconstruction massifs, mais il pouvait le faire à ses propres conditions. Ce niveau de contrôle et cette absence de responsabilité sont extrêmement importants pour le MPLA, un régime qui n’a pas l’habitude de se faire dicter quoique ce soit, même par ses propres citoyens.

En 2021, les sociétés d’État chinoises avaient financé l’Angola à hauteur de 60 milliards de dollars. La grande majorité de ces prêts étaient garantis par le pétrole, à tel point que pendant une période, l’Angola est devenu le principal fournisseur de pétrole de la Chine dans le monde (dépassant même l’Arabie saoudite).

Une aubaine pour Pékin : non seulement les projets d’infrastructure étaient financés par des crédits bon marché garantis par le pétrole, mais le gouvernement angolais a aussi été obligé d’attribuer 70 % de ses projets de construction à des entreprises chinoises.

PENDANT UNE PÉRIODE, L’ANGOLA EST DEVENU LE PRINCIPAL FOURNISSEUR DE PÉTROLE DE LA CHINE DANS LE MONDE

Ce modèle commercial – financer des projets d’infrastructure locaux construits par des entreprises chinoises utilisant de la main-d’œuvre chinoise, le tout en échange de matières premières – a connu un tel succès qu’il est désigné sous le nom de « modèle Angola ». Lequel a permis à la Chine de devenir le premier partenaire commercial de l’Afrique.

Ruines et controverse

L’influence de la Chine en Angola est visible où que l’on regarde : les kilomètres de route, la remise sur rail du système ferroviaire, la construction de quatre stades flambant neufs pour la Coupe d’Afrique des Nations de 2010. Mais aussi le complexe de logements sociaux de Kilamba (l’un des plus grands projets de ce type en Afrique), la construction du nouvel aéroport international de Luanda capable d’accueillir l’Airbus A-380 et 15 millions de passagers par an, l’exploitation de blocs pétroliers en partenariat avec certaines des plus grandes compagnies pétrolières internationales par l’intermédiaire d’une entité opaque appelée China Sonangol, une co-entreprise entre la chinoise Sinopec et l’angolaise Sonangol, toutes deux compagnies pétrolières nationales.

LES INVESTISSEMENTS CHINOIS SE SONT ÉVANOUIS APRÈS UNE PÉRIODE INITIALE RENTABLE

Pourtant, ce partenariat aux œufs d’or a tourné court. Les routes sont rapidement tombées en ruine, obligeant le gouvernement angolais à débourser des millions de dollars pour les remettre en état. Les stades n’ont pas pu accueillir de matchs de football pendant des années, et celui de Luanda n’a jamais été achevé. Le projet Kilamba s’est embourbé dans la controverse, avec des acheteurs potentiels dormant dans les rues en attendant d’avoir une chance de signer pour une maison. Le nouvel aéroport international de Luanda n’est toujours pas terminé.

Les concessions pétrolières de Sinopec n’ont pas fait mieux. Rapidement surclassés par leurs homologues occidentaux beaucoup plus expérimentés, les investissements chinois se sont évanouis après une période initiale rentable. En effet, les investissements chinois en Angola avaient un défaut fatal : ils s’appuyaient exclusivement sur José Eduardo dos Santos, président de l’Angola pendant 38 ans, ainsi que sur sa clique bien connectée.

Pyramide écroulée

Les milliards de dollars n’ont rien pu faire contre une stratégie qui reposait sur des individus, au premier rang desquels le puissant triumvirat présidentiel (le président Dos Santos, le président de Sonangol devenu vice-président, Manuel Vicente, et Kopelipa, chef du cabinet de reconstruction nationale), qui exerçaient le pouvoir dans un pays miné par une corruption endémique. Cela a rendu les investissements chinois en Angola incroyablement précaires parce que conclus avec des responsables qui dépendaient eux-mêmes de pouvoirs temporaires.

L’exemple du 88 Queensway Group, conglomérat opaque mais influent, est le symptôme de ce système : opérant sous plusieurs sociétés, dont la plus connue était le China International Fund, il était dirigé par Sam Pa, un homme aux multiples pseudonymes devenu catalyseur d’investissements privés notamment en Angola, en Guinée, au Zimbabwe, soutenu et associé à de nombreuses sociétés d’État chinoises. Après la dénonciation de nombreux contrats et l’absence de résultats, l’État chinois a rapidement cherché à s’en distancer. Mais le mal était fait. À cette époque, les projets inachevés et mal exécutés étaient leur carte de visite sur tout le continent.

Après l’arrivée au pouvoir du président João Lourenço en Angola, et conformément à son programme supposé de lutte contre la corruption, nombre de ces projets ont fait l’objet d’une enquête et ont été saisis par l’État. À ce moment-là, les investissements chinois en Angola étaient devenus inexorablement et inextricablement liés à la corruption de Dos Santos que Lourenço essayait si avidement d’éradiquer. La pyramide s’écroulait.

À CETTE ÉPOQUE, LES PROJETS INACHEVÉS ET MAL EXÉCUTÉS ÉTAIENT LEUR CARTE DE VISITE SUR TOUT LE CONTINENT

L’investissement chinois en Angola a été incroyablement populaire pendant un certain temps parce qu’il était lié de manière ombilicale au régime de Dos Santos et à ses acolytes. Après son éviction, l’opinion publique et politique a commencé à se retourner contre elle. L’Angola est incroyablement fier de sa souveraineté et répugne à dépendre d’un seul partenaire international, une attitude qui se traduit par la nouvelle appréciation de Lourenço pour les investissements directs étrangers provenant de la multitude de partenaires internationaux du pays. L’influence chinoise a considérablement diminué depuis son arrivée au pouvoir.

Néanmoins, il continue de courtiser les Chinois afin de maintenir intacts ses objectifs de diversification. Pas plus tard qu’en 2018, il s’est rendu en Chine afin d’obtenir un prêt de 2 milliards de dollars pour aider à la réalisation de nouveaux projets d’infrastructure. Mais il est clair que la relation n’est plus ce qu’elle était : la population chinoise en Angola a diminué, passant de 300 000 à son apogée à seulement 50 000 aujourd’hui. Les Chinois se sont également lassés de la corruption rampante en Angola et n’ont pas tardé à faire disparaître Sam Pa lorsqu’il est devenu évident qu’il sabotait leur stratégie en Angola ; on ignore actuellement où il se trouve.

LES CHINOIS ONT PERDU UN ALLIÉ POLITIQUE CLÉ EN DOS SANTOS ET DOIVENT SE CONTENTER DE LOURENÇO

Pour compliquer encore les choses, l’Angola doit actuellement à la Chine plus de 23 milliards de dollars, dont la grande majorité sont des prêts garantis par le pétrole. Cela signifie qu’avec le déclin de la production, la majorité de la production pétrolière de l’Angola est donnée à la Chine, empêchant l’Angola de vendre sa principale source de revenus sur le marché libre. Un tel scénario est tout simplement intenable pour le régime de Lourenço, et son gouvernement ne s’en cache pas.

Si Luanda se rapproche des partenaires internationaux, comme la Banque mondiale, l’UE et le FMI, les investissements de la Chine en Angola se limitent désormais aux entreprises d’État qui remportent les appels d’offres occasionnels pour des projets d’infrastructure. La période de lune de miel est terminée et les deux pays en sont parfaitement conscients. Les Chinois ont perdu un allié politique clé en Dos Santos et doivent se contenter de Lourenço, qui est beaucoup moins enclin aux pratiques de corruption avec eux. Néanmoins, il est encore trop tôt pour faire une croix sur les Chinois, car leur modèle économique séduit toujours un régime qui considère la responsabilité publique comme un obstacle à son objectif de maintien au pouvoir.

Avec Jeune Afrique par Claudio Silva

Angola : Isabel dos Santos, Dino et Kopelipa dans le viseur des États-Unis

décembre 11, 2021
Isabel dos Santos fait l’objet de restrictions et sanctions de la part des États-Unis pour corruption. © MIGUEL RIOPA/AFP

Trois anciens pontes du régime dos Santos, dont la fille aînée de l’ancien président José Eduardo dos Santos, sont sous le coup de sanctions des États-Unis pour corruption.

En disgrâce en Angola, les voici maintenant persona non grata outre-Atlantique. Isabel dos Santos, la fille aînée de l’ancien président angolais José Eduardo dos Santos, et deux généraux très proches de l’ex-homme fort de l’Angola, Leopoldo Fragoso do Nascimento « Dino » et Manuel Hélder Vieira Dias « Kopelipa », font l’objet de restrictions et sanctions de la part des États-Unis pour corruption.

Intervenue le 9 décembre, date de la journée internationale de lutte contre le phénomène, l’annonce, qui concerne une série de personnalités en Amérique latine, en Afrique et en Europe, émane du département américain du Trésor, dirigé par Antony Blinken.

Détournements

La femme d’affaires angolaise Isabel dos Santos, un temps à la tête de la compagnie nationale de pétrole Sonangol, est interdite de visa américain « en raison de son implication dans de la corruption via l’appropriation pour son bénéfice personnel de fonds publics », a indiqué le département américain. Une décision prise dans le cadre d’un programme de sanctions appelé « Global Magnitsky ».

Les deux généraux angolais, leur épouse et leurs enfants vont visés par la même mesure. Concernant Dino et Kopelipa, le Trésor américain pointe « leur implication dans le détournement et l’appropriation de milliards de dollars de fonds publics pour leur intérêt personnel ».

À la tête de plusieurs groupes, dont Cochan, Geni et Baia, les généraux sont accusés de détournements dans le cadre de contrats d’infrastructures et de fournitures d’équipements militaires ainsi que d’actes de corruption dans le cadre de marchés publics.

Gel des avoirs

Pour les deux généraux, anciens hommes de confiance du président dos Santos (à la tête de l’Angola de 1979 à 2017), la sanction se double d’une mesure plus sévère, définie par l’OFAC (Office of Foreign Assets Control), un organisme de contrôle financier du Trésor : le placement sur la liste SDN (Specially Designated Nationals) des États-Unis, ce qui se solde par le gel de l’ensemble de leurs actifs, possessions et intérêts sur le sol américain.

Les trois personnalités angolaises visées, qui n’ont pas officiellement réagi, constituaient la garde rapprochée de l’ancien président dos Santos. Autrefois très puissants en Angola, ils sont en situation difficile depuis l’arrivée au pouvoir du successeur de dos Santos, João Lourenço.

Ce dernier, pourtant issu du même parti que dos Santos, le MPLA, a engagé une série de réformes et déclaré la guerre à la corruption dans une croisade soutenue par la communauté internationale et les bailleurs de fonds mais qui divise son camp.

Avec Jeune Afrique par Estelle Maussion

Afrique du Sud : Ace Magashule, l’âme damnée de Jacob Zuma

octobre 22, 2021
Ace Magashule au sein de la Cour des magistrats de Bloemfontein, le 13 novembre 2020 © REUTERS/Siphiwe Sibeko

Poursuivi pour corruption, le secrétaire général de l’ANC sera devant la justice à partir du 3 novembre. Comme l’ancien président Jacob Zuma, il dénonce une conspiration ourdie par le chef de l’État.

Ils s’y mettent à plusieurs pour mettre le feu au t-shirt. On craque des allumettes, on tend des briquets. Le maillot aux couleurs du Congrès national africain (ANC) s’embrase difficilement. Sur fond jaune, le portrait de Cyril Ramaphosa sourit encore quelques instants avant de fondre sous l’ajout de combustibles. Il est incendié par des sympathisants de l’ANC devant la Cour des magistrats de Bloemfontein, capitale du Free State (centre). Nous sommes le 13 novembre 2020 et Ace Magashule, secrétaire général de l’ANC et Premier ministre de la province entre 2009 et 2018, vient de se rendre à la justice. Ses soutiens accusent le président Ramaphosa d’être responsable de sa chute.

L’homme fort du Free State est poursuivi par la justice pour des soupçons de corruption autour d’un contrat irrégulier d’audit de désamiantage en 2014. S’il partage le banc des accusés avec quinze autres personnes (dix individus et cinq entreprises) visées par 70 chefs d’accusations, il conteste toutes les charges qui pèsent sur lui. Mais il fêtera bien ses 62 ans au tribunal, le 3 novembre, pour l’avant-procès de cette affaire.

Monsieur Dix pour cent

Elias Sekgobelo Magashule voit le jour en 1959 dans le township de Tumahole, à Parys, dans le Free State. S’il est à l’origine surnommé « l’As » pour ses qualités de joueur de foot, l’appellation collera davantage à ses futurs coups politiques. Sous le régime de l’apartheid, il mène une vie de combattant de la liberté aux contours flous. Son passé de militant serait largement exagéré, selon une enquête de Pieter-Louis Myburgh. Ses petits arrangements avec la réalité lui garantissent une belle carrière après la fin de l’apartheid, en 1994, « compte tenu de la propension de l’ANC à récompenser politiquement ses membres en fonction de leur contribution au mouvement de libération », écrit le journaliste dans son livre Gangster State, paru en 2019.

Ace Magashule devient un apparatchik. À partir des années 1990, il prend la tête de la division provinciale de l’ANC et enchaîne les portefeuilles ministériels au sein du gouvernement du Free State. Affaires économiques, Transports, Agriculture, Culture… Ace Magashule obtient des maroquins grâce à son influence dans une province historiquement divisée. Ses diverses nominations comme membre du conseil exécutif (MEC) visent à pacifier ce territoire qui a vu naître l’ANC en 1912. Magashule saisit l’occasion pour mettre la main sur des ressources qu’il détourne à son profit.

IL NE RESTE PLUS GRAND CHOSE DE FONCTIONNEL DANS LE FREE STATE AUJOURD’HUI. IL L’A MIS À TERRE

Devenu Premier ministre en 2009, il étend son contrôle sur les affaires financières de la province. Pieter-Louis Myburgh lui attribue « un sens tyrannique de la centralisation » et le qualifie même de « State Captor » , comme s’il avait kidnappé la province toute entière. Un autre sobriquet apparaît : « Monsieur Dix pour cent », soit la part qu’aurait l’habitude d’empocher Ace Magashule sur chaque contrat public. « Je n’ai jamais pris un centime du gouvernement », se défend-il aujourd’hui.

Ces fuites dans les finances publiques fragilisent la province. « Il l’a mise à terre, fulmine le politologue André Duvenhage, qui en est originaire. Il est responsable de la corruption endémique et de la destruction des structures gouvernementales locales. Il ne reste plus grand chose de fonctionnel dans le Free State aujourd’hui », déplore ce professeur. Un bilan contesté par Ace Magashule. « Avez-vous déjà entendu les communautés se plaindre durant nos mandats ? » répond-t-il aux journalistes qui le cuisinent.

Un populiste de terrain

L’enfant de Tumahole renvoie toujours au peuple quand il est malmené. « Vous les médias, vous ne me connaissez pas. Allez voir sur le terrain, allez voir les masses, allez dans les églises », intime-t-il aux journalistes, à qui il aime faire la leçon. L’homme est quelque peu impressionnant. Le crâne rasé, l’allure stricte avec des lunettes aux montures rectangulaires et les sourcils qui froncent comme s’il vous grondait. Rien ne brille dans sa garde robe. « Je ne suis qu’un simple et modeste leader », assure-t-il.

Populiste, Ace Magashule sait mieux que personne se servir de la base. Son pouvoir vient des branches de l’ANC, les déclinaisons locales du parti présidentiel. « Si vous contrôlez suffisamment de branches, vous contrôlez une région. Si vous contrôlez assez de régions, vous contrôlez une province. Et si vous contrôlez une province, vous pouvez vous asseoir à la table des grands », relate Pieter-Louis Myburgh. Cette stratégie inspire une comparaison à André Duvenhage. « C’est un homme de terrain comme Zuma et contrairement à Cyril Ramaphosa ou à l’ancien président Thabo Mbeki, qui sont des politiciens de l’élite », analyse-t-il.

ACE MAGASHULE ET JACOB ZUMA SE SONT FAIT LA COURTE-ÉCHELLE POUR ATTEINDRE LE SOMMET DU POUVOIR

Alignés stratégiquement, Ace Magashule et Jacob Zuma et se font la courte-échelle pour atteindre le sommet du pouvoir à la fin des années 2000. Sous l’influence du premier, le Free State soutient la candidature du second pour la présidentielle. Après son élection, Zuma renvoie l’ascenseur à Magashule et lui offre la direction du Free State. Ace intègre alors la « Premier league », une alliance de premiers ministres soutenant le président.

Théorie du complot

La chute de Zuma en 2018, plombé par les affaires de corruption, fait office de paratonnerre. Épargné par la foudre du scandale, Magashule parvient à se hisser au poste de secrétaire général de l’ANC lors du congrès qui voit Cyril Ramaphosa devenir président du parti. D’un côté, Ramaphosa est élu sur la promesse d’une aube nouvelle débarrassée de la corruption. De l’autre, Magashule, un Zuma boy controversé, représente une faction rivale. La cohabitation fera long feu.À LIREAfrique du Sud : entre Zuma et Ramaphosa, le duel qui fragilise l’ANC

La mise en examen de ce dernier, le 10 novembre 2020, pour corruption, offre un angle d’attaque à ses opposants. En fouillant dans les textes du parti, les caciques de l’ANC déterrent une résolution qui sommeillait en bas de page. « Dirigeants et membres de l’ANC soupçonnés de corruption doivent se mettre en retrait du parti jusqu’à ce que leur nom soit lavé », dit le texte. Magashule tente une diversion. « Pourquoi êtes-vous si pressés de faire appliquer cette résolution alors qu’il y en a tant d’autres qui le sont pas ? »,  improvise-t-il lors d’une interview télévisée. Des atermoiements qui se concluent par son exclusion temporaire prononcée par courrier le 3 mai 2021.

En guise de baroud d’honneur, Ace Magashule contre-attaque avec du papier à lettre et suspend à son tour Cyril Ramaphosa en qualité de président de l’ANC. Un coup d’épée dans l’eau qui illustre la détermination du secrétaire général à défendre son siège et à défier le chef de l’État. Ace engage Dali Mpofu, l’avocat de… Jacob Zuma. En vain. L’affaire échoue devant les tribunaux.

JE PEUX VOUS ASSURER QU’IL VA REPARTIR AU COMBAT, IL N’A PAS PERDU TOUT ESPOIR DE CONTRÔLER L’ANC

Les deux vétérans de la politique sud-africaine – 79 ans pour Zuma, bientôt 62 pour Magashule – ont prospéré ensemble avant de tomber en disgrâce sous la présidence de Cyril Ramaphosa. Aujourd’hui ils se serrent les coudes et propagent la même théorie d’une conspiration. « Il est évident que l’objectif est de nous affaiblir, nous, la base de l’ANC. On connaît leur agenda : ils veulent nous éliminer. On a peur de boire un verre d’eau ou un thé de nos jours », affirmait Magashule le soir du 13 novembre 2020.

Malgré sa mise à l’écart du parti, Ace Magashule continue d’appeler à voter ANC pour les élections locales du 1er novembre. Ne surtout pas insulter l’avenir. « Je peux vous assurer qu’il va repartir au combat, il n’a pas perdu tout espoir de contrôler l’ANC », anticipe André Duvenhage. Apparaît déjà sur les affiches de ses sympathisants la date du prochain congrès de l’ANC en décembre 2022. « Je n’ai aucun doute qu’il va mobiliser. Il aura des branches derrière lui, des gens qui vont essayer d’avoir un impact sur la prochaine conférence de l’ANC. Ace applique les mêmes règles que Jacob Zuma : occuper le terrain. »

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson

Corruption au Mozambique : Crédit Suisse devra payer 475 millions de dollars aux États-Unis et au Royaume-Uni

octobre 20, 2021
Entre 2013 et 2016, l’établissement helvétique a organisé une série de transactions, dont une partie a été déboursée sous forme de pots-de-vin. © Plaza Financiera/CC-BY-SA 2.0

Dans le cadre des poursuites liées aux crédits consentis à des entreprises publiques mozambicaines accusées de corruption, l’établissement helvétique et les autorités américaines, britanniques et suisses ont conclu un accord.

Dans le cadre des négociations liées aux poursuites diligentées à son encontre, Crédit Suisse va devoir effectuer un versement de 475 millions de dollars aux Etats-Unis et au Royaume-Uni.

Entre 2013 et 2016, l’établissement helvétique a organisé une série de transactions, dont une partie a été déboursée sous forme de pots-de-vin, alors que celles-ci étaient présentées aux investisseurs par les autorités comme un moyen de financer des projets de surveillance maritime, de pêche et de chantiers navals.

En outre, la firme suisse est accusée de ne pas avoir révélé in extenso l’étendue de l’endettement du Mozambique. Ainsi, les informations relatives aux risques de non-remboursement manquaient de transparence. Ce que les autorités considèrent comme des lacunes importantes au niveau des contrôles internes de l’établissement.

Plus grave crise financière de l’histoire du pays

Cette affaire fait partie d’un vaste scandale de crédits accordés à trois entreprises publiques mozambicaines  ProIndicus, Ematum et MAM  par le Crédit Suisse et la banque russe VTB.

MAPUTO A DÛ INTERROMPRE LE REMBOURSEMENT DE SA DETTE

L’affaire avait éclaté en 2016, lorsque le gouvernement du Mozambique avait reconnu « avoir contracté ces prêts sans prévenir le Parlement ni ses bailleurs de fonds ». À la suite de ces révélations, le FMI et la majorité des bailleurs du pays, avaient suspendu leur aide.

En raison de ce désordre dans les comptes publics, Maputo a dû interrompre le remboursement de sa dette. Sa monnaie (le metical) s’est effondrée, et le pays est entré dans la plus grave crise financière depuis son indépendance en 1975.

Succession de scandales

Ce nouveau scandale lié à l’institution helvétique succède à ceux de Greensill et Archegos, pour lesquels l’établissement financier a dû dédommager les États-Unis et le Royaume-Uni à hauteur de 547 millions de dollars d’amendes et de restitution, d’après le ministère américain de la Justice.

Pour cette affaire, Crédit Suisse devra débourser 475 millions de dollars : 200 millions à l’Autorité des services financiers britannique (Financial Conduct Authority : FCA), près de 100 millions au gendarme américain des marchés, la SEC, et 175,5 millions au ministère américain de la Justice. La banque et les autorités britanniques sont également convenues d’annuler 200 millions de dollars dus par le Mozambique.

L’établissement bancaire a parallèlement conclu un accord avec l’Autorité de surveillance du marché financier suisse (Finma), prévoyant la vérification par un tiers des mesures destinées à améliorer ses systèmes de contrôle interne et de gestion des risques à l’échelle du groupe.

Avec Jeune Afrique par Yara Rizk

Teodoro Nguema Obiang Mangue sous le coup de sanctions britanniques pour corruption

juillet 22, 2021
Teodorín Obiang, le 30 septembre 2015 au siège des Nations Unies (image d’illustration).

Le fils du président équato-guinéen, et vice-président du pays, est sous l’objet de sanctions édictées jeudi par le gouvernement britannique.

Ces sanctions, qui prévoient un gel des avoirs et des interdictions d’entrée au Royaume-Uni, ont été prises dans le cadre d’un régime de sanctions anticorruption qui avait déjà permis de punir en avril 22 individus de six pays différents, dont la Russie. « Les mesures que nous avons prises aujourd’hui ciblent des individus qui se sont enrichis aux dépens de leurs citoyens », a déclaré le ministre britannique des Affaires étrangères, Dominic Raab, dans un communiqué.

Parmi les personnes ciblées figure Teodorin Obiang Mangue, vice-président de Guinée équatoriale et fils du président, notamment pour le « détournement de fonds publics » et des pots-de-vin lui ayant permis de financer un train de vie somptueux. Il aurait consacré plus de 500 millions de dollars à l’acquisition de résidences de luxe à travers le monde, d’un jet privé, de voitures et d’objets de collection liés au chanteur Michael Jackson.

Système indépendant de sanctions

En février 2020, il avait été condamné en appel en France à trois ans de prison avec sursis, 30 millions d’euros d’amendes et des confiscations. Nawfal Hammadi al-Sultan, l’ancien gouverneur de la province irakienne de Ninive, dont le chef-lieu est Mossoul, est lui visé pour avoir détourné des fonds publics destinés à la reconstruction.

Avec eux l’homme d’affaires zimbabwéen Kudakwashe Regimond Tagwirei, dont les agissements de sa société Sakunda Holdings ont contribué à la dévaluation de la monnaie et la hausse des prix de biens essentiels au Zimbabwe. Les hommes d’affaires colombiens Alex Nain Saab Moran et Alvaro Enrique Pulido Vargas se voient eux reprocher d’avoir détourné à leur profit des programmes publics au Venezuela en matière de logement et d’aide alimentaire.

Après être sorti de l’Union européenne, le Royaume-Uni, important centre financier international, avait adopté en 2020 un nouveau système indépendant de sanctions visant les auteurs de violations des droits humains, complété ultérieurement par un volet s’attaquant à la corruption

 Par Jeune Afrique avec AFP

Mauritanie: l’ex-président Mohamed Ould Abdel Aziz écroué

juin 22, 2021
L’ancien président mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz.

L’ex-président mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz a été écroué mardi 22 juin au soir sur décision du juge chargé d’une enquête pour corruption présumée, dans laquelle l’ancien chef de l’État, au pouvoir jusqu’en 2019, a été inculpé en mars, a-t-on appris auprès du parquet et de son parti.

Un magistrat du parquet, s’exprimant sous couvert de l’anonymat, ainsi que le porte-parole de son parti, l’ancien ministre Djibril Ould Bilal, ont confirmé son placement sous mandat de dépôt sans en préciser la cause. Mais cette mesure intervient quelques jours après le refus de l’ancien dirigeant de continuer à se présenter à la police, comme le lui imposaient les conditions de son placement en résidence surveillée.

Par Le Figaro avec AFP

RDC : Félix Tshisekedi dénonce la « mafia » dans l’armée et les institutions

juin 20, 2021
Félix Tshisekedi le jour de sa prestation de serment, le 24 janvier 2019, à Kinshasa

Le président Félix Tshisekedi a dénoncé samedi des pratiques mafieuses et de « magouille » au sein des forces armées et des institutions de la RDC lors d’une visite dans le Nord-Est du pays en proie aux violences.

« Il y a beaucoup de magouilles qui minent nos forces de sécurité. Il y a la mafia, cette loi de l’omerta, cette loi du silence, c’est à ça qu’il faut s’attaquer », a déclaré le président Tshisekedi à Bunia, capitale de l’Ituri, lors d’un échange avec les représentants de la population de la province.

« Il s’est développé la mafia dans l’armée, dans nos institutions, on l’a vu récemment au Sénat (…) Il faut détricoter cela, patiemment », a insisté le chef de l’État, en visite depuis une semaine dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.

À la frontière de l’Ouganda, les deux provinces ont été placées en état de siège depuis le 6 mai par Félix Tshisekedi qui y a aussi remplacé les autorités civiles par des officiers de l’armée et de la police.

« L’état de siège c’est pour votre intérêt »

En évoquant le Sénat, il faisait notamment allusion aux sénateurs ayant refusé de statuer sur l’immunité parlementaire de leur collègue, l’ancien Premier ministre Augustin Matata Ponyo (2012-2016), mis en cause dans une affaire de détournements de fonds publics.

JE NE SERAI PAS FIER DE MON MANDAT SI JE NE RÈGLE PAS DÉFINITIVEMENT LE PROBLÈME D’INSÉCURITÉ »

Lors de cet échange, les participants ont demandé au chef de l’État de doter l’armée de moyens conséquents pour accomplir sa mission dans la traque des groupes armés. « L’état de siège c’est pour votre intérêt (…) je l’espère d’ailleurs le plus court possible, soyez indulgents, soyez patients », leur a-t-il dit. « Je ne serai pas fier de mon mandat, si je ne règle pas définitivement le problème d’insécurité » dans l’Est du pays, a conclu Félix Tshisekedi.

Quelque 120 groupes armés de taille diverse ont été répertoriés dans l’Est de la RDC, d’après le Baromètre sécuritaire du Kivu (KST). Depuis fin 2017, la province de l’Ituri a replongé dans les violences qui ont fait plusieurs centaines de morts. Ces violences sont majoritairement imputées aux miliciens de la Coopérative pour le développement du Congo (Codeco) qui prétendent défendre la communauté Lendu, face aux autres communautés (Hema, Alur).

Par Jeune Afrique avec AFP