Posts Tagged ‘Corruption’

Pouvoir en déluge

décembre 18, 2019

 

Dans l’inondation sale du pouvoir

Aucun ministre n’émerge du perchoir

Chacun sonne et prépare son départ furtif

Empochant avidement l’argent frais sur le vif

 

Spectateurs avertis de la contestation universelle

Ils surveillent le ras-le-bol de la jeunesse mondiale

Comme une puce affamée qui leur pince les oreilles

Au point de mettre déjà à l’abri leurs victuailles

 

Ayant émergé dans la mauvaise gestion et la corruption

Le cœur battant la chamade d’une éventuelle punition

Ils sont devenus des amis des féticheurs aigris des gris-gris

Leur permettant à temps de s’enfuir à l’assaut du moindre cri

 

Bernard NKOUNKOU

Le ventru trouillard

décembre 17, 2019

 

 

Il a avalé beaucoup de milliards

Dans son ventre dodu de trouillard

Le regard aux accents de vantards

Ne tient plus que sur le tard

 

Dans la gestion de surfacturation

Où galope et galvaude la corruption

La justification est l’amère conviction

Éloignant la confiance de toute administration

 

À la croisée des chemins du haut de sa stature

Où il admire toute honte bue sa mésaventure

Il ne lui reste plus qu’à boire une bonne ciguë

Pour sombrer comme un personnage ambigu

 

Bernard NKOUNKOU

 

Zimbabwe : l’épouse du vice-président Constantino Chiwenga arrêtée pour corruption

décembre 15, 2019

Le général Constantino Chiwenga, qui a mené le coup contre Mugabe, arrive à l'investiture de Emmerson Mnangagwa, le 24 novembre 2017.

Le général Constantino Chiwenga, qui a mené le coup contre Mugabe, arrive à l’investiture de Emmerson Mnangagwa, le 24 novembre 2017. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

 

Marry Mubaiwa, l’épouse du vice-président du Zimbabwe, Constantino Chiwenga, a été arrêtée samedi dans le cadre d’une enquête pour fraude et blanchiment d’argent d’un montant estimé à un million de dollars.

Marry Mubaiwa, 38 ans, a été interpellée samedi par la police, selon la la Commission zimbabwéenne anticorruption, et devait être présentée à un juge en début de semaine prochaine.

Achat d’une propriété à Pretoria

Selon un document de la Commission anticorruption obtenu par l’Agence France-Presse, Marry Mubaiwa est accusée d’avoir transféré en 2018 et 2019 de l’argent de ses comptes du Zimbabwe vers des banques sud-africaines « en cachant ou en maquillant leur véritable utilisation », en violation du contrôle des changes.

Ces fonds auraient été utilisés pour l’achat en Afrique du Sud, avec des complices, d’une propriété dans la capitale Pretoria et de deux véhicules tout-terrain de luxe.

L’épouse du général Chiwenga, une ancienne mannequin, est par ailleurs accusée d’avoir menti à un juge sur la nature de son contrat de mariage.

Chiwenga, architecte de la chute de Mugabe

Ancien chef d’état-major de l’armée zimbabwéenne, Constantino Chiwenga est considéré comme l’architecte du coup de force qui a précipité la démission du président Robert Mugabe fin 2017, après trente-sept ans de règne sur le pays.

Il est considéré comme un proche du nouveau président Emmerson Mnangagwa, qui s’est fait fort de relancer l’économie en pleine déconfiture du pays, en luttant notamment contre la fuite des capitaux et l’évasion fiscale.

Agé de 63 ans, Constantino  Chiwenga est rentré le mois dernier dans son pays après un séjour médical de quatre mois en Chine. Son épouse était absente de la cérémonie organisée quelques jours plus tard dans son village natal.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le pape admet un scandale de corruption dévoilé en interne

novembre 26, 2019

Le pape François a reconnu mardi l’existence d’un scandale de corruption au sein du Vatican, tout se félicitant du bon fonctionnement des mécanismes d’alertes internes nés de réformes.

Contre toute attente, le pape est entré dans le vif d’un «scandale» qui a conduit début octobre à des perquisitions et à la suspension provisoire de cinq suspects, dont le numéro deux de l’autorité anti-blanchiment (AIF) et un prélat de la Secrétairerie d’Etat, le gouvernement du Vatican. L’enquête menée par la justice vaticane étudie le circuit opaque d’acquisition d’un immeuble de prestige en plein coeur de Londres grâce aux dons faits à l’Eglise, pour traquer de possibles actions de «corruption». «On a fait des choses qui n’étaient pas propres» et «ce n’est pas bien que cela arrive au Vatican», a admis le souverain pontife, au cours d’une conférence de presse dans l’avion le ramenant du Japon. «C’est la première fois qu’au Vatican, une chose est découverte de l’intérieur et non de l’extérieur. C’est arrivé si souvent de l’extérieur, avec beaucoup de honte», a-t-il noté.

«Cela a été mis au jour grâce aux mécanismes internes qui ont commencé à fonctionner et que le pape Benoît XVI avait commencé à mettre en place», s’est félicité le cardinal argentin Jorge Bergoglio, choisi en 2013 pour poursuivre des réformes de transparence des finances vaticanes. «Je rends grâce à Dieu parce que le système de contrôle du Vatican fonctionne bien», a-t-il insisté. Et pour appuyer son propos, le pape a décrit la genèse de la dénonciation. L’affaire, dévoilée par la presse italienne, avait jusqu’alors été commentée à minima par le Vatican. «C’est le réviseur des comptes internes qui a dit: +ici, il y a quelque chose de mauvais+», a raconté le souverain pontife. A ce contrôleur qui lui a livré des noms de suspects, le pape a recommandé de saisir le procureur.

«De cela j’ai été content, parce qu’on voit que l’administration vaticane a maintenant les ressources pour éclaircir les mauvaises choses», a-t-il confié. Le procureur du Vatican tombé sur des éléments «obscurs» lui a ensuite demandé l’autorisation de procéder à des perquisitions dans cinq bureaux. «A ce jour, même si la présomption d’innocence demeure, les capitaux ne sont plus administrés par eux», a stipulé François. Quant aux cinq personnes soupçonnées de corruption, elles seront entendues d’ici un mois. Le pape a laissé entendre que l’acquisition de l’immeuble londonien, en cours d’étude, n’était pas forcément irrégulière.

Investissements moraux

Et il a expliqué qu’il n’y avait rien de répréhensible à faire fructifier les dons des fidèles à travers de bons investissements immobiliers. Les dons abondent le «Denier de Saint-Pierre» qui alimente ensuite des œuvres de charité et le fonctionnement du Saint-Siège. «Les sommes du Denier de Saint-Pierre: qu’en faire? Je les mets au coffre ? Non, ce serait une mauvaise administration. Je cherche à faire un investissement» pour maintenir ou accroître la collecte annuelle, a décrit celui qui pourfend régulièrement la spéculation financière.

Il a noté que les investissements devaient bien sûr être moraux: «investir le Denier de Saint-Pierre sur une usine d’armement, ça ne va pas!». Mais aussi prudents et diversifiés, ce qu’on appelle en Argentine des investissements «de veuve», a-t-il dit. Le scandale a notamment conduit au départ du président de l’autorité anti-blanchiment du Vatican, le Suisse René Brülhart, juste avant le voyage du pape en Asie. Le responsable avait défendu son numéro deux, inscrit dans la liste des suspects. Il semblerait que l’AIF «n’ait pas contrôlé les délits des autres», a glissé le pape, qui va annoncer le nom du nouveau président dans les prochaines jours, «un magistrat de très haut niveau juridique et économique

Par Le Figaro.fr avec AFP

Affaire Eni/Shell : un ancien ministre nigérian de la Justice arrêté pour corruption à Dubaï

novembre 22, 2019

Mohammed Adoke, alors ministre de la Justice du Nigeria, en 2015.

Mohammed Adoke, alors ministre de la Justice du Nigeria, en 2015. © AP/SIPA 

Un ancien ministre nigérian de la Justice, impliqué dans l’un des plus gros scandales de corruption de l’histoire de son pays, a été arrêté à Dubaï, a annoncé jeudi 21 novembre son avocat.

Mohammed Adoke, qui avait également occupé le poste de procureur général, a été « brusquement arrêté par Interpol » le 11 novembre après s’être rendu aux Emirats arabes unis pour suivre un traitement médical, a déclaré l’avocat Mike Ozekhome.

En avril, un tribunal nigérian avait délivré des mandats d’arrêt contre Adoke et l’ancien ministre du pétrole Dan Etete, en relation avec un scandale de corruption, dit de « Malubu », concernant un accord pétrolier de 1,3 milliard de dollars impliquant les compagnies Eni et Shell.

L’avocat d’Adoke a cependant affirmé que les mandats avaient été annulés ensuite par un tribunal nigérian et que l’ancien ministre était « illégalement » maintenu en détention. « J’appelle donc les autorités de Dubaï et Interpol à libérer M. Adoke, pour lui permettre de suivre son traitement », a-t-il déclaré.

Eni et Shell poursuivies pour de supposés pots-de-vin

Le procureur général du Nigeria a déclaré que son bureau n’avait pas encore reçu de communication officielle au sujet de la détention d’Adoke. Les autorités de Dubaï n’ont fait aucun commentaire à ce sujet. Adoke et Etetete sont en cavale depuis des années, hors du Nigeria.

Les compagnies Eni et Shell sont accusées d’avoir distribué des pots-de-vin pour l’achat en 2011 du bloc pétrolier offshore OPL245, pour 1,3 milliard de dollars. Elles ont depuis nié tout acte répréhensible.

L’actuel président, Muhammadu Buhari, réélu pour un second mandat en février dernier, a promis de mener un combat sans répit contre le « cancer de la corruption » qui gangrène le principal producteur de pétrole africain.

Par Jeuneafrique.com avec AFP

Israël: Benyamin Nétanyahou mis en examen pour corruption, fraude et abus de confiance

novembre 21, 2019

 

Le premier ministre est notamment soupçonné d’avoir offert des avantages divers en échange d’une couverture plus favorable dans un journal et un site d’information israéliens. Il a dénoncé un «coup d’État» contre lui.

Israël se dirige vers de nouvelles élections législatives en mars, les troisièmes en moins d’un an, alors que le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a été inculpé jeudi soir par le procureur général d’Israël, Avichaï Mandelblit, dans plusieurs ­affaires judiciaires qui pourraient sonner le glas de son parcours politique. Le leader de centre gauche, Benny Gantz, avait auparavant annoncé, mercredi soir, qu’il avait échoué à former un gouvernement. Une situation inédite depuis la création de l’État hébreu en 1948.

Les 21 prochains jours détermineront si les Israéliens vont retourner aux urnes. Durant cette période, les députés vont chercher parmi les membres de la Knesset un candidat miracle susceptible de trouver une majorité au parlement. Ce dernier devra bénéficier d’une pétition signée par 61 élus sur 120. Il aura alors quatorze jours pour former une coalition. Mais après des semaines de pourparlers infructueux, les chances que l’un d’eux y parvienne apparaissent faibles. L’impasse institutionnelle atteint son paroxysme avec un système dans l’incapacité de dégager des véritables mécanismes de sortie de crise.

L’équation à résoudre est compliquée par le rôle central qu’entend continuer à tenir Benyamin Nétanyahou, malgré l’effritement de sa marge de manœuvre, et son obligation de rendre des comptes à la justice. Le premier ministre, qui clame son innocence, est sur la sellette dans trois dossiers. Il n’a pas pour autant l’obligation légale de démissionner, mais il pourrait y être contraint par une décision de la Cour suprême. Les querelles sur sa personne clivent les positions. Ses adversaires lui reprochent de ne pas vouloir passer la main à une personnalité de consensus issue de son parti pour diriger en alternance un gouvernement d’unité nationale. Sur le fond, les divergences idéologiques entre les uns et les autres sont minimes. La droite, le centre gauche et les ultranationalistes paraissent convaincus que l’Iran représente une menace existentielle pour Israël, qu’un véritable retrait des colonies de Cisjordanie est inenvisageable, et qu’il faut répondre en priorité par la force aux islamo-nationalistes, qui tiennent l’enclave palestinienne de Gaza et tirent des roquettes sur le sud du pays.

Benny Gantz n’est pas parvenu à s’entendre avec son rival pour mettre en place une rotation pour le poste de chef de gouvernement. Il n’a pas réussi non plus à dégager une solution de substitution. Il pouvait espérer diriger une coalition minoritaire, avec le soutien sans participation des députés arabes, mais il n’a pas réussi à convaincre Avigdor Lieberman, le chef russophone du parti ultranationaliste Israel Beytenou, de le rejoindre. Déterminé à ne pas gouverner avec les ultraorthodoxes, ni avec l’appui des partis arabes, Avigdor Lieberman, qui a précipité cette longue période électorale il y a plus d’un an en démissionnant de son poste de ministre de la Défense, est devenu le défaiseur de rois.

Scène politique fragmentée

Le verdict des urnes de septembre, qui faisait suite à celui d’avril, n’a pas permis de départager clairement le Likoud du parti Bleu et Blanc. Tous deux n’ont pas obtenu les appuis nécessaires pour revendiquer la victoire dans un jeu réglé par une proportionnelle qui gonfle le poids des petits partis. Il est peu probable, d’après les sondages, qu’un nouveau scrutin change fondamentalement la donne. Aucun parti, qu’il s’agisse de celui de la droite traditionnelle ou de celui créé ex nihilo par Benny Gantz, ne domine une scène politique fragmentée. Les sociaux-démocrates du Parti travailliste ont perdu leur influence, les ultraorthodoxes sont divisés en chapelles, tout comme les ultranationalistes religieux ou ceux se réclamant de la laïcité.

L’ex-chef d’état-major de l’armée, Benny Gantz, a, dans un discours télévisé, rejeté sur Benyamin Nétanyahou la responsabilité de l’impasse politique. « J’ai soulevé chaque pierre pour tenter de former un gouvernement d’union nationale », a-t-il déclaré. Il a affirmé que le bloc de droite du Likoud, rassemblant 55 députés, « ne travaillait que pour un seul homme », en faisant référence sans le citer au premier ministre, au pouvoir depuis dix ans.

Dans un éditorial grinçant, dénonçant la paralysie, depuis un an, de la Knesset et l’« hypocrisie » de la classe politique, le quotidien de gauche Haaretz en arrive à citer Michel Houellebecq. « Tout peut arriver dans la vie, surtout rien », écrit-il. « Pendant les trois semaines qui précèdent la dissolution de l’éphémère 22e Knesset, tout peut arriver, mais surtout rien. »

Une affaire de corruption et deux affaires de fraude et d’abus de confiance

Benyamin Nétanyahou est le premier chef de gouvernement israélien à être inculpé de corruption durant l’exercice de son mandat. Il risque à l’issue d’un long processus judiciaire jusqu’à dix ans de prison pour le chef d’accusation de corruption, et trois ans pour chacun des deux chefs d’inculpation de fraude et d’abus de confiance. Il est mis en cause pour corruption dans l’affaire Bezeq, la plus sensible, appelée aussi dossier 4000. La justice le soupçonne d’avoir accordé des faveurs gouvernementales qui auraient rapporté des millions de dollars – des « sommes énormes », selon le procureur général d’Israël, Avichaï Mandelblit, qui qualifie les faits d’«extrêmement grave » – au patron du géant de la télécommunication et de l’internet, en échange d’une couverture médiatique favorable d’un des médias du groupe, le site Walla!.

Dans le dossier 1000, il est accusé de fraude et d’abus de confiance pour avoir accepté de façon illicite quelque 250.000 euros de cadeaux sous forme notamment de bijoux, de cigares et de champagne, remis par des milliardaires en échange de service. Dans le dossier 2000, il lui est reproché d’avoir proposé des avantages divers à un patron de presse contre une couverture plus favorable de son journal. Benyamin Nétanyahou nie avoir commis la moindre infraction et dénonce de «fausses accusations motivées politiquement» et un «coup d’État» contre lui.

Son rival politique, Benny Gantz, a quant à lui jugé que l’inculpation de Benyamin Netanyahou constituait «un jour très triste pour l’État d’Israël».

Le Figaro.fr par Thierry Oberlé Correspondant à Jérusalem

RDC: des catholiques se mobilisent contre la corruption sous Tshisekedi

octobre 7, 2019

 

Un collectif catholique, à l’origine début 2018 de marches étouffées dans le sang pour obtenir le départ de l’ex-président Joseph Kabila, a lancé vendredi 4 octobre une croisade anti-corruption, sa première tentative de mobilisation sous le mandat du nouveau chef de l’Etat Félix Tshisekedi.

«Nous marcherons ce samedi 19 octobre pour exiger la fin de l’impunité», écrit dans un communiqué le Comité laïc de coordination (CLC). L’appel intervient après l’affaire dite des 15 millions, le premier grand dossier de corruption présumée depuis l’investiture le 24 janvier du président Tshisekedi. Quinze millions de dollars d’argent public n’ont pas été versés au Trésor public, mais sur un autre compte, a révélé une enquête de l’Inspection générale des Finances (IGF) en juillet, qui parle d’«irrégularité». Ces 15 millions correspondent à une retenue de 15% prélevée sur une somme de 100 millions versée par l’Etat à sept compagnies pétrolières (dont Total) pour compenser le gel des prix à la pompe. «Ce n’est pas une affaire de détournement de l’argent qui devait aller dans les caisses du Trésor», a assuré le président Tshisekedi. «C’est une affaire de rétrocommission». Dans son appel, le CLC demande «la suspension des personnes impliquées dans le détournement des 15 millions de dollars de la République». L’IGF avait notamment cité sans le nommer le directeur de cabinet du président de la République.

Ces intellectuels catholiques proches du clergé demandent aussi «la démission sans délai des juges corrompus et indignes de la Cour constitutionnelle». Leur appel est soutenu par le lanceur d’alerte congolais réfugié en France Jean-Jacques Lumumba, qui annonce le lancement samedi d’une plate-forme anti-corruption à Kinshasa. Le CLC avait organisé fin 2017 et début 2018 trois marches pour demander le départ du président Kabila. Des marches interdites par les autorités. Bilan de la répression: une quinzaine de morts. Le président congolais Félix Tshisekedi a récemment affirmé qu’il voulait changer «les mentalités» contre la corruption en RDC, sans «règlement de comptes» et sans «fouiner» dans le passé des responsables encore aux commandes. Félix Tshisekedi a été proclamé vainqueur de l’élection présidentielle du 30 décembre. Il gouverne la RDC en coalition avec l’ancien président Kabila, qui a gardé une vaste majorité au Parlement.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Corruption en Libye : Justin Trudeau affaibli par l’affaire SNC Lavalin

août 16, 2019

Les bureaux de SNC-Lavalin à Montréal en 2012. © Ryan Remiorz/AP/SIPA

Selon un rapport parlementaire canadien, Justin Trudeau aurait fait pression sur la justice de son pays pour éviter le procès de la multinationale québécoise SNC Lavalin, accusée de fraude et de corruption en Libye.

C’est un nouvel épisode dans l’affaire SNC Lavalin, ce géant du BTP basé à Montréal accusé d’avoir versé des pots-de-vin à des proches de Mouammar Kadhafi. Mercredi 14 août, un rapport remis par le commissaire aux conflits d’intérêts et à l’éthique – relevant du parlement canadien – accuse le Premier ministre canadien Justin Trudeau d’avoir enfreint la loi en tentant de faire pression sur son ex-ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould, dans une procédure judiciaire visant la société québécoise. En d’autres termes : Trudeau aurait tenté de convaincre sa ministre de « préserver » la multinationale, en faisant suspendre le procès.

Selon le rapport, « l’entourage de Justin Trudeau a demandé de façon irrégulière à la procureure générale de tenir compte d’intérêts politiques partisans dans cette affaire, ce qui va à l’encontre des principes constitutionnels ».

Les premiers contacts « ont eu lieu au début de février 2016, lorsque SNC-Lavalin a entamé des activités de lobbying auprès de plusieurs haut responsables, y compris du personnel ministériel du cabinet du Premier ministre », explique le document, en détaillant les réunions ministérielles sur un éventuel régime d’accords de réparation.

Comme l’annonçait Radio Canada en mai, la direction de SNC-Lavalin a effectivement « tenté d’obtenir un accord de poursuite suspendue, ce qui lui aurait permis de payer une amende plutôt que d’être traduite en procès ». Mais la procureure générale Jody Wilson-Raybould s’était alors opposé à cette solution.

L’affaire libyenne fait trembler le gouvernement Trudeau

L’entreprise a été accusée de fraude et de corruption en février 2015 par la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Depuis, cette affaire est au cœur d’une crise politique au Canada, dont les répercussions pourraient se faire sentir lors des élections prévues en octobre.

« Là où je ne suis pas d’accord, c’est sur sa conclusion que tout contact avec la procureure générale sur cette question était nécessairement inapproprié », a réagi Justin Trudeau, affirmant par ailleurs avoir à cœur de sauvegarder des milliers d’emplois.

Une reconnaissance implicite de ses contacts sur ce dossier, que le Premier ministre canadien n’a pas toujours assumé. En mars, dernier, il assurait ainsi qu’il n’y jamais eu « de pressions inappropriées » de sa part sur l’ex-ministre de la Justice.

En janvier 2019, Jody Wilson-Raybould dénonçait pourtant le fait que « la corruption d’agents publics étrangers nuit à la bonne gouvernance et au développement économique durable ». Des propos qui lui ont valu une éviction du gouvernement. Quelques jours plus tard, c’est le principal conseiller de Trudeau, Gerald Butts, qui a lui aussi décidé de quitter son poste, tout comme la ministre du Budget, sur fond de soupçons d’ingérence de l’exécutif dans la procédure judiciaire contre ce géant de l’ingénierie.

32 millions d’euros aux proches de Kadhafi

Accusée de corruption et de fraude, SNC Lavalin aurait versé 32 millions d’euros à des responsables libyens jusqu’en 2011. Le fils de l’ancien guide libyen, Saadi Kadhafi – invité à plusieurs reprises au Canada lors de voyages somptuaires -, aurait été l’un des bénéficiaires directs de ces fonds. En échange de pots-de-vin, la multinationale aurait obtenu des nombreux contrats publics, notamment des marchés portant sur la réalisation de la « rivière artificielle » voulue par Mouammar Kadhafi.

La lenteur de la procédure a, d’ores et déjà, produit ses premiers effets. Le procès ayant démarré en octobre dernier, deux cadres bénéficient désormais d’une suspension des procédures à leur encontre, en raison du dépassement du délai maximal pour la tenue d’un procès criminel, fixé à 30 mois.

Arianna Poletti

Guinée : Beny Steinmetz sera jugé pour corruption au tribunal de Genève

août 13, 2019

Beny Steinmetz le 7 décembre 2009 à Tel Aviv. © Anonymous/AP/SIPA 

L’homme d’affaires et diamantaire franco-israélien Beny Steinmetz va être jugé devant le tribunal correctionnel de Genève pour corruption et faux dans un dossier portant sur la concession de mines de Simandou entre 2005 et 2010.

Dans cette procédure ouverte depuis 2013, le procureur suisse Claudio Mascotto a retenu contre l’homme d’affaires et deux de ses collaborateurs – le français Frédéric Cilins et la belge Sandra Merloni-Horemans – les infractions de « corruption d’agents publics étrangers » et de « faux dans les titres ». La date du procès n’a pas été précisée.

Les prévenus sont accusés d’avoir « versé ou fait verser des pots-de-vin à l’une des épouses de l’ancien président guinéen Lansana Conté en vue de faire évincer un concurrent puis de faire octroyer au Beny Steinmetz Group Resources (BSGR) des droits miniers dans la région de Simandou », dans le sud-est de la Guinée. Cette mine étant le plus important gisement de fer non-exploité au monde. Les prévenus sont en outre accusés d’avoir fabriqué des faux contrats et des fausses factures pour dissimuler ces dessous de table.

10 millions de dollars de pots-de-vin présumés

Selon le procureur, les pots-de-vin versés s’élèveraient à environ dix millions de dollars. Ces sommes, dont une partie a transité par une société off-shore établie aux îles Vierges et des comptes suisses, auraient permis d’évincer en 2008 par décret présidentiel le groupe minier britannique Rio Tinto, détenteur du permis d’exploitation du site depuis les années 1990.

Cinq mois plus tard, l’homme d’affaires franco-israélien, qui résidait et travaillait à l’époque à Genève, avait obtenu la licence d’exploitation de la mine de Simandou, juste avant le décès du président Conté en 2008.

En 2013, Beny Steinmetz affirmait avoir investi 170 millions de dollars dans cette mine, puis d’en avoir revendu 51 % en 2010 au groupe brésilien de matières premières Vale pour 2,5 milliards de dollars, soit presque 30 fois plus cher, avant de voir sa concessions résiliée par le gouvernement en 2014, pour des soupçons de corruption. Il accusait par ailleurs l’actuel président guinéen Alpha Condé d’avoir orchestré « des machinations » contre lui avec le milliardaire américain George Soros.

Accord à l’amiable

En février dernier, le milliardaire et la présidence guinéenne ont annoncé avoir trouvé un accord à l’amiable, avec le concours de l’ancien président français Nicolas Sarkozy, débouchant sur le retrait des poursuites pour corruption contre Beny Steinmetz en échange de son renoncement à ses droits sur le gisement de Simandou. L’homme d’affaire a en revanche obtenu, avec un partenaire britannique, les droits d’exploitation de Zogota, une mine de fer guinéenne moins importante.

Mais cet arrangement n’a pas mis fin aux poursuites engagées par le ministère public genevois qui devrait requérir des peines allant de deux à dix ans d’emprisonnement. Puisque l’État guinéen s’est retiré de la procédure, il ne demeure plus aucun plaignant dans l’affaire.

La mine du Simandou, quant-à elle, est toujours en attente d’un concessionnaire qui sera choisi par l’État. Un appel d’offre pour la reprise des anciens blocs de Beny Steinmetz a été lancé le 13 juillet dernier, la procédure est ouverte jusqu’au 19 août 2019 inclus.

Par Jeune Afrique avec AFP

Afrique du Sud: l’ex-président Zuma convoqué devant une commission anticorruption

juin 20, 2019

 

L’ex-président sud-africain Jacob Zuma a été convoqué le mois prochain pour témoigner devant la commission qui enquête depuis des mois sur les scandales de corruption qui ont éclaboussé son règne (2009-2018) à la tête du pays. La commission a annoncé avoir «fixé (…) les dates du 15 au 19 juillet pour entendre l’ancien président Jacob Zuma et lui permettre de répondre aux déclarations et preuves présentées par certains témoins».

L’ancien chef de l’Etat n’a toutefois pas encore indiqué s’il répondrait à cette convocation. «La commission n’a pas reçu à ce jour cette confirmation», a-t-elle fait savoir dans un communiqué. Jacob Zuma a demandé à connaître les questions qui lui seraient posées, a poursuivi la commission, qui s’est refusée à obtempérer. Elle s’est dite prête à «envisager toute décision utile» face au refus de Jacob Zuma de confirmer sa présence.

Depuis près d’un an, la commission, présidée par le vice-président de la Cour constitutionnelle Raymond Zondo, a entendu des dizaines de ministres, élus, hommes d’affaires ou hauts fonctionnaires venus révéler au grand jour les affaires louches de la présidence Zuma. L’ancien chef de l’Etat est notamment accusé d’avoir accordé illégalement de juteux contrats publics et des avantages indus à une sulfureuse famille d’hommes d’affaires indiens, les Gupta. Jacob Zuma l’a toujours nié mais plusieurs témoins ont répété leurs allégations devant la commission Zondo.

L’an dernier, l’actuel ministre des Entreprises publiques Pravin Gordhan l’avait accusé d’avoir «autorisé un climat d’impunité permettant la corruption». Pravin Gordhan avait alors estimé à 100 milliards de rands (6 milliards d’euros) le montant des fonds publics détournés ces dernières années dans son pays. Sous la pression de son parti, le Congrès national africain (ANC), Jacob Zuma a été contraint à la démission début 2018, remplacé par Cyril Ramaphosa qui a promis d’éradiquer la corruption.

Souvent mis en cause, l’ancien chef de l’Etat n’est poursuivi pour l’heure que dans une seule affaire de pots-de-vin versés en marge d’un contrat d’armement signé il y a vingt ans.

Par Le Figaro.fr avec AFP