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Côte d’Ivoire : pour son retour, Charles Blé Goudé fera une « fête » mais pas un « meeting politique »

novembre 24, 2022

Son comité d’accueil a annoncé que l’ancien ministre de Laurent Gbagbo rentrerait « sobrement » à Abidjan et a demandé à ses partisans de ne pas se rendre à l’aéroport. Acquitté en 2021 par la CPI, il n’était pas revenu en Côte d’Ivoire depuis son transfert à La Haye, il y a huit ans.

L’ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo, Charles Blé Goudé, le 31 mars 2021 lors de son acquittement par la Cour pénale internationale. © Peter Dejong/AP/SIPA.

Charles Blé Goudé fera le 26 novembre au matin un retour « sobre » dans son pays natal, neuf ans après avoir été arrêté au Ghana puis transféré à la Cour pénale internationale, a assuré ce 24 novembre Gervais Boga Sako, le président de son comité d’accueil. « Le comité d’accueil invite les amis, les parents, les militants, les admirateurs ou les sympathisants à respecter scrupuleusement les consignes sécuritaires et la volonté de Charles Blé Goudé afin de faciliter ce retour qui s’inscrit dans le cadre de la réconciliation et de la cohésion nationale. Ça ne sert à rien d’aller à l’aéroport ! » a-t-il poursuivi.

Simone Gbagbo pour l’accueillir

L’ancien ministre de la Jeunesse de Laurent Gbagbo est attendu à l’aéroport d’Abidjan par un vol commercial qui doit atterrir à 11 h 25 heure locale. « Il ne passera pas par un pavillon ministériel ou présidentiel. Il vient par le hall ordinaire de l’aéroport », a précisé Boga Sako. Une dizaine de personnalités doivent l’y accueillir, parmi lesquelles l’ancienne Première dame Simone Gbagbo, devenue rivale politique de son mari. Il doit ensuite se rendre à Yopougon, une commune populaire d’Abidjan pour « une fête, pas un meeting », a insisté Boga Sako qui ne veut pas faire de cet évènement une question « politique ».

Ce retour se fait avec l’aval des autorités ivoiriennes qui ont remis en mai un passeport à Charles Blé Goudé, âgé de 50 ans. Au côté de Laurent Gbagbo, il avait été définitivement acquitté au mois de mars 2021 par la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye de crimes présumés pendant la crise post-électorale de 2010-2011. Mais alors que Laurent Gbagbo a pu rentrer au mois de juin 2021, Blé Goudé n’avait pas pu retourner à Abidjan, faute de passeport. Il reste sous le coup d’une condamnation à 20 ans de prison en Côte d’Ivoire pour des faits liés à la crise post-électorale.

Par Jeune Afrique (avec AFP)

Côte d’Ivoire – soldats détenus au Mali : Laurent Gbagbo en appelle à Assimi Goïta

octobre 18, 2022

L’ancien président ivoirien, chef du PPA-CI qui fête son premier anniversaire, demande aussi au Togolais Faure Essozimna Gnassingbé de « redoubler d’efforts » pour obtenir la libération des 46 soldats encore détenus à Bamako. Et estime qu’Alassane Ouattara porte « la plus grande responsabilité ».

L’ancien président ivoirien et chef du PPA-CI, Laurent Gbagbo, lors du premier anniversaire de son parti, à Abidjan, le 17 octobre 2022. © Issouf Sanogo / AFP

L’ancien président ivoirien, Laurent Gbagbo, a demandé lundi au chef de la junte au pouvoir au Mali, le colonel Assimi Goïta, de faire la preuve de « sa fraternité d’armes » envers les 46 soldats ivoiriens détenus à Bamako depuis le 10 juillet dernier.

« Il faut demander au président Assimi Goïta de penser à sa fraternité d’armes avec ceux qui sont en prison là-bas, que certains appellent des soldats et d’autres des mercenaires », a-t-il déclaré en marge d’une cérémonie célébrant le premier anniversaire de sa formation politique, le Parti des peuples Africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI).

Pique adressée à Ouattara

Il a également lancé un appel « au président togolais Faure [Essozimna] Gnassingbé », qui joue le rôle de médiateur entre la Côte d’Ivoire et le Mali, le priant de « redoubler d’efforts ». Il a annoncé que son parti allait bientôt envoyer des délégations en Guinée, au Burkina et au Mali, trois pays où des militaires ont pris le pouvoir après avoir perpétrés des coups d’État.

Laurent Gbagbo a cependant rappelé que les soldats avaient été envoyés au Mali par la Côte d’Ivoire et, selon lui, « c’est celui qui envoie qui a la plus grande responsabilité […] si cela tourne au vinaigre ».

Blocage sur le lieu où seront remis les soldats

Abidjan et l’ONU affirment que les soldats ivoiriens arrêtés devaient participer à la sécurité du contingent allemand des Casques bleus au Mali, mais les autorités maliennes les a présentés comme des « mercenaires » venus attenter à la sûreté de l’État. Au début d’octobre, le président ivoirien, Alassane Ouattara, s’était montré optimiste quant à l’issue de ce conflit diplomatique.

« Les choses évoluent bien […]. Nous pensons que, très rapidement, nous aurons sans doute un heureux aboutissement », avait dit le chef de l’État ivoirien à l’issue d’une rencontre avec son homologue bissau-guinéen, Umaro Sissoco Embalò, qui préside actuellement la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Il avait rencontré la veille à Abidjan le président togolais mais, selon nos informations, un point de blocage restait à résoudre : le lieu où seront remis les soldats.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Côte d’Ivoire-France : Gérald Darmanin en visite à Abidjan, avec la sécurité au programme

septembre 27, 2022

Le ministre français doit notamment rencontrer son homologue ivoirien, Vagondo Diomandé. Et rendra une « visite de courtoisie » à Alassane Ouattara.

Gérald Darmanin, ministre français de l’Intérieur, et Vagondo Diomandé, ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité. © Stephane de Sakutin/AP/SIPA ; Issam Zeljy pour JA

Le ministre français de l’Intérieur, Gérald Darmanin, est en déplacement ce 27 septembre à Abidjan pour discuter avec le gouvernement ivoirien de sujets liés à la coopération sécuritaire entre les deux pays. Il visitera notamment l’Académie internationale de lutte contre le terrorisme (AILCT).

Arrivé la veille dans la capitale économique, le Français doit notamment s’entretenir avec les ministres ivoiriens de l’Intérieur et de la Sécurité, Vagondo Diomandé, et de la Défense, Téné Birahima Ouattara, sur les thématiques sécuritaires, selon son entourage. Lors de sa venue, le ministre rencontrera également Alassane Ouattara pour une « visite de courtoisie », a ajouté la présidence ivoirienne.

CAN 2023, terrorisme et migration

Ce déplacement vise, a-t-on ajouté, à apporter le soutien de la France à la Côte d’Ivoire dans tout ce qui a trait à la sécurité et à la coopération entre les deux pays dans ce domaine. Il en va ainsi de la sécurisation de la Coupe d’Afrique des Nations 2023, dont la phase finale se déroulera en janvier 2024 en Côte d’Ivoire, et du plan français alerte enlèvement, dont la Côte d’Ivoire souhaite s’inspirer.

La lutte contre le terrorisme sera également abordée, Gérald Darmanin ayant prévu de se rendre dans la matinée à Jacqueville (Sud) où est basée l’AILCT. Au cours des discussions, le ministre évoquera aussi la question migratoire dans tous ses aspects, selon son entourage.

Il rencontrera enfin, comme il est de coutume, la communauté française à Abidjan. Et avant son retour en France, Gérald Darmanin se fera présenter, à l’aéroport d’Abidjan, le système de lutte contre la fraude documentaire, fruit d’un travail de coopération entre les deux pays.

Par Jeune Afrique (Avec AFP)

Soldats ivoiriens détenus : Bamako réclame Karim Keïta et Tiéman Hubert Coulibaly

septembre 10, 2022

Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, a ouvertement lié la remise en liberté des 46 soldats ivoiriens interpellés le 10 juillet à Bamako à l’extradition de personnalités maliennes vivant en Côte d’Ivoire, dont le fils de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta.

Le colonel Assimi Goïta, le 19 janvier 2022. © Présidence Mali

Alors que les autorités insistaient jusqu’alors publiquement sur un traitement « judiciaire » du dossier par la justice malienne, le chef de la junte, le colonel Assimi Goïta, a parlé, le vendredi 9 septembre, de nécessaire « contrepartie », confirmant des informations selon lesquelles l’extradition de personnalités maliennes faisait partie de la discussion sur le sort des soldats ivoiriens.

Au « moment où la Côte d’Ivoire demande la libération de ses soldats, [elle] continue de servir d’asile politique pour certaines personnalités maliennes faisant l’objet de mandats d’arrêt internationaux émis par la justice », a souligné Assimi Goïta lors d’une rencontre avec le ministre nigérian des Affaires étrangères, Geoffrey Onyeama, le vendredi 9 septembre, selon un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Accusations de mercenariat

« Ces mêmes personnalités bénéficient de la protection de la Côte d’Ivoire pour déstabiliser le Mali. D’où la nécessité d’une solution durable à l’opposé d’une solution à sens unique qui consisterait à accéder à la demande ivoirienne sans contrepartie pour le Mali », a-t-il déclaré. Il s’agit notamment de Karim Keïta, le fils de l’ancien président Ibrahim Boubacar Keïta renversé par les colonels en 2020, et de Tiéman Hubert Coulibaly, ministre de la Défense et des Affaires étrangères sous Keïta.

Les relations entre le Mali et son voisin ivoirien se sont dégradées depuis que la junte a pris, en août 2020, la tête du pays. Elles se sont encore détériorées avec l’interpellation de 49 soldats ivoiriens à leur arrivée à Bamako le 10 juillet. Trois soldates ont récemment été libérées. Les 49 soldats devaient, selon Abidjan et l’ONU, participer à la sécurité du contingent allemand des Casques Bleus au Mali. Bamako a présenté les Ivoiriens comme des mercenaires. La junte est elle-même accusée par un certain nombre de pays occidentaux de s’être assuré les services de mercenaires russes.

« Trouver une solution définitive »

Le nouveau Premier ministre malien par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, a assuré vendredi soir sur la télévision d’État que le dossier était « éminemment judiciaire ». Mais il a lui aussi évoqué dans le même propos la situation de compatriotes visés par des mandats d’arrêts et vivant en Côte d’Ivoire, qui utilisent cette dernière « comme terrain en vue d’attaquer ou de perturber la transition », la période censée précéder et préparer le retour des civils au pouvoir à Bamako.

L’affaire fait l’objet d’une médiation togolaise. La présidence malienne écrit dans son communiqué que « le Nigeria souhaite jouer sa partition dans la libération du reste [des] soldats », et « estime qu’il est temps de trouver une solution définitive à cette crise ».

Par Jeune Afrique avec AFP

De Lomé à Bamako, dans le secret des négociations pour la libération des soldats ivoiriens

août 8, 2022

Détenus depuis le 10 juillet au Mali, 49 soldats ivoiriens sont toujours au centre des négociations entre Bamako et Abidjan. Plusieurs chefs d’État et acteurs diplomatiques ont fait leur apparition dans le dossier. Coulisses.

Le Malien Assimi Goïta (à g.) et l’Ivoirien Alassane Ouattara. © Montage JA : Habib Kouyate/Xinhua/MaxPPP ; ISA HARSIN/SIPA

Le sort des soldats ivoiriens interpellés voici près d’un mois à l’aéroport de Bamako – et un temps accusés d’être des mercenaires chargés de déstabiliser le Mali – reste au cœur des discussions diplomatiques ouest-africaines.

Selon nos sources, le Togolais Faure Essozimna Gnassingbé et Robert Dussey, son ministre des Affaires étrangères, s’efforcent d’ouvrir un deuxième round de négociations à Lomé entre Ivoiriens et Maliens.

La première session s’étant soldée par un échec, les médiateurs tentent de déminer la situation. Selon nos sources, les Maliens, dont la délégation était dirigée par le chef de la diplomatie, Abdoulaye Diop, n’ont guère apprécié l’attitude des Ivoiriens. Ceux-ci avaient amené à Lomé nombre de documents émanant de leur ministère de la Défense, qui prouvaient, selon eux, que Bamako était parfaitement au courant, avant le 10 juillet, que des soldats seraient envoyés au Mali.

L’UA et la Cedeao à la rescousse

Les Ivoiriens avaient quant à eux trouvé leurs interlocuteurs par trop agressifs et avaient refusé de présenter des excuses. Alassane Ouattara espérait obtenir la libération des 49 soldats avant le 7 août, date de la célébration de l’indépendance de son pays. Devant les signaux négatifs envoyés depuis Bamako au début d’août, il s’est résigné à voir le dossier traîner en longueur.

Outre la médiation togolaise, le chef de l’État ivoirien compte sur deux de ses pairs pour trouver une issue favorable à ce dossier et le tenir informé de ses avancées : Macky Sall, au nom de l’Union africaine, et Umaro Sissoco Embaló, au nom de la Cedeao. Selon nos informations, le Sénégalais et le Bissau-Guinéen ont tous deux évoqué ce sujet avec Assimi Goïta, le président de la transition malienne. Ce dernier est par ailleurs en contact régulier avec Robert Dussey.

Aminata Mohamed au nom de l’ONU

Un autre diplomate suit également le dossier de près : le Portugais António Guterres. Le secrétaire général des Nations unies avait déjà demandé au Français Jean-Pierre Lacroix, son adjoint chargé des opérations de paix, en visite à Bamako le 24 juillet, de plaider auprès du pouvoir malien pour une sortie de crise rapide.

Selon nos sources, c’est désormais la Nigériane Aminata Mohamed, vice-secrétaire générale de l’ONU, qui est en contact régulier avec les autorités maliennes. Au Mali, l’affaire est gérée par un trio composé d’Assimi Goïta, d’Abdoulaye Maïga, ministre de l’Administration territoriale, et du colonel Modibo Koné, le directeur général de la Sûreté nationale. Dès les premières heures de la crise, ce dernier avait été en contact direct avec Vassiriki Traoré, patron des renseignements ivoiriens.

Détenus à l’École de gendarmerie de Bamako dans des conditions qu’Abidjan juge acceptables, les soldats ont reçu, au début du mois d’août, la visite de deux diplomates ivoiriens basés à Bamako : Kouadio Konan, premier conseiller à l’ambassade, et le colonel Brahima Doumbia, l’attaché de défense.

Ils ont également reçu le soutien du cardinal Jean Zerbo, l’archevêque de Bamako, et de Seïd Cherif Ousmane Madani Haïdara, le président du Haut conseil islamique du Mali. Les deux autorités religieuses ont elles aussi intercédé auprès de la présidence et du gouvernement maliens en faveur de la libération de ces hommes.

Par Jeune Afrique

Lutter contre le financement du terrorisme : plus que jamais !

juillet 18, 2022

Le 15 juillet 2022, une nouvelle fois, les groupes terroristes sahéliens ont frappé le Mali et le Burkina Faso. Pour lutter contre l’extension de ces mouvements au Bénin, au Sénégal, au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire ou encore au Togo, il faut d’abord comprendre comment ils sont financés.

Un soldat malien prend la pose, à Konna le 20 mars 2021. © Michele Cattani/AFP

Il existe plusieurs types de groupuscules terroristes en Afrique de l’Ouest. D’abord, des franchises d’organisations internationales, comme l’État islamique ou Al-Qaïda, qui sont financées, d’un point de vue « monétaire », mais aussi en termes de capacités, de compétences, de logistique par la « maison mère ». On trouve également des groupes qui se financent de toutes sortes de trafics. Il faut savoir que la zone sahélienne est très vaste, avec une faible empreinte étatique. Les grands couloirs de trafics (drogues, armes, contrebande de marchandises, trafic illicite de migrants, traite de personnes, fraude aux nouveaux moyens de paiement et cybercriminalité) se sont développés il y a une dizaine d’années.

En outre, quelques zones minières existent au Mali, au Burkina Faso ou au Sénégal, dans lesquelles les groupes terroristes étendent leur contrôle et prélèvent des ressources sur ces activités, qu’il s’agisse du rançonnement des entreprises, de prélèvements sur les gains des extracteurs ou du responsable du site en échange de sécurité, voire d’une implication dans la commercialisation du minerai. Pour finir, certains groupes terroristes prélèvent de l’argent sur les populations. Plusieurs témoignages évoquent également des taxes imposées aux éleveurs du centre du Mali sur la frontière entre le Mali et le Niger ou encore dans la région du lac Tchad.

Addition terrorisme et corruption

Il est à préciser également que l’addition terrorisme et corruption est possible. Il est impossible de comprendre le financement des mouvements terroristes d’Afrique de l’Ouest sans montrer du doigt la corruption de certains États et de leurs armées. À titre d’exemple, de nombreux rapports font état des financements de Boko Haram par le gouverneur de l’État de Borno de 2003 à 2011, qui souhaitait gagner les élections régionales de 2013 avec le soutien du groupuscule de Muhamed Yusuf, à qui il avait faussement promis de renforcer le domaine d’application de la charia.

Des solutions doivent donc être trouvées par les gouvernements pour lutter efficacement contre le terrorisme.

Il semble primordial de demander davantage de contrôles sur les financements du terrorisme, notamment sur l’utilisation des cartes prépayées. Il est impératif de former les salariés sur ces sujets, et notamment la fraude documentaire. Par ailleurs, l’absence de traçabilité des ressources qui financent l’activité aurifère et de celles qui découlent de la commercialisation de l’or alimente les risques de financement du terrorisme. Un assujettissement des sociétés aurifères à la LCB-FT (Lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme) semble indispensable pour vaincre le terrorisme.

Il semble également indispensable d’amplifier la coopération internationale avec des pays comme Israël, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Turquie ou l’Arabie saoudite dans l’échange d’informations et le partage des meilleures pratiques. Cela peut passer par des séminaires, des symposiums ou des formations entre les différents partenaires. Il faut également mettre l’accent sur les capacités intrinsèques des États, à travers une plus grande mobilisation des citoyens, une gouvernance plus responsable, plus honnête et plus visionnaire, un fonctionnement politique qui puisse davantage satisfaire les populations.

Pour finir, il serait utopique de penser que la fin du terrorisme est pour bientôt. Cependant, les actes terroristes pourront diminuer si les autorités s’attaquent aux sources de la propagande des mouvements extrémistes et au financement du terrorisme. Ce qui impose la surveillance des signaux faibles, sans intrusion exagérée pour respecter la réglementation de la protection des données, d’autant plus que certains moyens de transfert d’argent sont totalement légitimes. L’utilisation de l’intelligence artificielle pourrait permettre de repérer certaines opérations bancaires atypiques servant pour financer le terrorisme.

Avec Jeune Afrique

Julien Briot-Hadar

Par Julien Briot-Hadar

Économiste français, expert en conformité aux normes des entreprises et spécialiste des questions de fraude fiscale

Côte d’Ivoire : Ouattara, Bédié et Gbagbo réunis pour une rencontre historique

juillet 14, 2022

Le président Alassane Ouattara a reçu ses deux prédécesseurs ce jeudi 14 juillet. Un rendez-vous de « réconciliation » et « d’apaisement » destiné à devenir le premier d’une série.

Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, le 14 juillet 2022. © DR / Aïssatou Diallo

Accolades, sourires et complicité… C’est dans une atmosphère détendue qu’Alassane Ouattara a accueilli Laurent Gbagbo à presque 17 heures locales puis, quelques minutes plus tard, Henri Konan Bédié, sur le perron du petit palais de la présidence. Un moment historique : les trois hommes qui ne s’étaient pas revus depuis l’élection présidentielle de 2010 et la crise qui s’en est suivie.

Ils ont échangé en tête-à-tête pendant plus d’une heure. « Nous avons eu une très bonne séance de travail », a déclaré Alassane Ouattara au sortir des discussions, avant de laisser la parole au benjamin des trois, Laurent Gbagbo, qui s’est exprimé en leur nom à tous.

Décrispations

« La rencontre de ce jour a été une rencontre de retrouvailles pour renouer le contact et échanger dans la vérité sur toutes les grandes questions. Le président de la République et ses deux prédécesseurs ont exprimé leur volonté de faire de cette première rencontre un levier de la décrispation du climat politique et social en Côte d’Ivoire », a dit l’ancien président (2000-2011).

« Les uns et les autres considèrent que c’est une réunion extraordinaire. Mais on doit considérer qu’elle est ordinaire et qu’elle sera régulière. Chaque fois que mes prédécesseurs auront le temps de reprendre ces échanges, je leur ferai appel pour recueillir leur avis et recommandations. Je trouve que ce sera une bonne chose pour la nation d’entendre et d’écouter mes prédécesseurs, leur connaissance du pays, leur expérience et le poids politique qu’ils représentent. Nous auront l’occasion de nous revoir régulièrement », a pour sa part ajouté Alassane Ouattara.

Fraternelle

Cette rencontre des trois piliers de la scène politique, prévue de longue date, avait été reportée pour des questions de calendrier. Elle était l’une des propositions issues du dialogue politique, dans la perspective des élections locales qui se tiendront en 2023 et de la présidentielle de 2025.

Ces derniers mois, Gbagbo et Bédié se sont vus à plusieurs reprises depuis le retour du premier en Côte d’Ivoire le 17 juin 2021 après son acquittement définitif par la Cour pénale internationale. Plusieurs coups de fils entre Ouattara et Bédié ont également permis d’apaiser les tensions entre les deux hommes depuis la crise électorale de 2020.

Un an plus tôt, le 27 juillet 2021, Ouattara avait rencontré Gbagbo lors d’une rencontre « fraternelle ». Ils s’étaient alors engagés à œuvrer pour la réconciliation.

Avec Jeune Afrique

Côte d’Ivoire : la CAN débutera finalement en 2024

juillet 4, 2022

La Coupe d’Afrique des nations de football 2023, qui devait se dérouler en juin et juillet de l’année prochaine, se tiendra six mois plus tard, a annoncé la CAF. Officiellement, pour des raisons météorologiques.

Un homme souffle dans un vuvuzuela lors de l’inauguration, le 3 octobre 2020, du stade olympique d’Ebimpé, non loin d’Abidjan, construit en vue de la Coupe d’Afrique des nations de 2023, en Côte d’Ivoire. A man blows a vuvuzela during the inauguration ceremony of Ivory Coast’s new 60,000-seat Olympic stadium, built with the help of China, in Ebimpe, outside Abidjan, on October 3, 2020 ahead of 2023 Africa Cup of Nations. © ISSOUF SANOGO/AFP

Six mois de répit pour éviter les pluies. La Coupe d’Afrique des nations de football (CAN), initialement programmée en juin et juillet 2023 en Côte d’Ivoire, a été déplacée à janvier-février 2024 pour des raisons climatiques, a annoncé le 4 juillet le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, lors d’une conférence de presse à Rabat, à l’issue d’une réunion du comité exécutif de la CAF. « On ne veut pas prendre le risque d’avoir une compétition sous le déluge. Ça ne serait pas bon pour le football africain et son image », a-t-il expliqué. La compétition devait initialement se tenir du 23 juin au 23 juillet 2023 dans cinq villes ivoiriennes : Abidjan, Bouaké, Yamoussoukro, Korhogo et San-Pedro.

« Nous prenons la décision mais c’est une question de respect. On a pris de nombreux avis et certaines personnes nous ont dit “il y a le changement climatique, peut-être que la pluie ne sera pas un problème”. Mais les conseils que l’on reçoit, c’est qu’on ne peut pas prendre ce risque », a détaillé le président de la confédération africaine. Quelques jours plus tôt, Veron Mosengo-Omba, le secrétaire général de la CAF avait indiqué dans une interview que la piste du report était à l’étude.

Janvier, un mois « pas idéal »

Le mois dernier, de graves inondations provoquées par des pluies diluviennes ont fait au moins cinq morts à Abidjan. Le mois de juin est traditionnellement le plus pluvieux de l’année, avec en moyenne autour de 300 mm d’eau. « Je suis très fier des infrastructures de classe mondiale, du soutien du président Alassane Ouattara, du Premier ministre, du gouvernement et de tous les gens du football en Côte d’Ivoire. Cette compétition sera très spéciale », a assuré Patrice Motsepe. « On sait bien que le mois de janvier n’est pas idéal. Les clubs européens ne sont alors pas toujours enclins à libérer leurs meilleurs joueurs« , a-t-il cependant reconnu.

Le 2e vice-président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), Koné Mamadou, a déclaré que « si la CAF l’a décidé ainsi, c’est qu’elle a ses raisons » et « nous n’avons pas le choix, nous ne pouvons que nous aligner ». Selon lui, « la dernière décision revient aux autorités ivoiriennes qui ont mis les moyens pour les infrastructures », dont la construction et la rénovation de stades. L’ancien international ivoirien Cyril Domoraud a jugé que la décision de la CAF était « sage ». « On ne peut pas déployer de grands moyens pour une CAN et la jouer en saison pluvieuse », a-t-il dit. Il estime qu’il s’agit d’une « une décision salutaire, même si jouer en janvier-février va embêter des clubs européens ».

Jusqu’en 2017, la CAN s’est déroulée en début d’année civile. Le comité exécutif de la CAF a ensuite décidé de déplacer l’épreuve en été. L’édition 2019 s’est ainsi tenue en juin et juillet en Égypte. L’édition suivante, au Cameroun, a été déplacée à plusieurs reprises, d’abord à la demande du pays-hôte puis du fait de la pandémie de Covid-19. Elle s’est finalement tenue en janvier et février 2022.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : « Le jour où j’ai rencontré Laurent Gbagbo », par Guy Labertit

juin 26, 2022

Militant anti-impérialiste, longtemps “Monsieur Afrique” du Parti socialiste français avant d’entamer une carrière de chanteur, Guy Labertit est l’un des plus proches amis de Laurent Gbagbo.

Guy Labertit, à un meeting du FPI de Laurent Gbagbo à Abidjan, le 21 octobre 2000. © Jean-Philippe Ksiazek/AFP

C’était il y a tout juste quarante ans, mais je m’en souviens encore parfaitement. C’était le dernier lundi de juin 1982. Comme tous les lundis, à 19 heures, j’avais rendez-vous au 14 rue de Nanteuil, dans le 15e arrondissement de Paris, pour assister au comité de rédaction de la revue Libération Afrique que je dirigeais.

À l’époque, je n’étais pas au Parti socialiste – que je n’intègrerai que neuf ans plus tard. J’étais professeur d’espagnol et militant anti-impérialiste, et je m’intéressais déjà beaucoup à l’Afrique : j’avais rencontré le Burkinabè Thomas Sankara et le Tchadien Ibni Oumar Mahamat Saleh.

Ce jour-là, nous avions décidé d’organiser un échange autour de la littérature contemporaine africaine. Nous avions invité les Camerounais Paul Dakeyo et Mongo Beti. Ce dernier était de loin le plus célèbre d’entre nous depuis la publication, en 1954, de son roman Ville cruelle. On cherchait un interlocuteur supplémentaire et nous avons pensé à Laurent Gbagbo. Il avait 37 ans, n’était pas vraiment connu, mais venait de publier Économie et société en Côte d’Ivoire avant 1960, qui n’est pas un roman mais un résumé de sa thèse.

Persona non grata

Il s’est assis de l’autre côté de la table, juste en face de moi. Je le revois encore, il portait des lunettes à grosse monture en écaille noire, ses cheveux drus et rebelles dépassaient d’une sorte de casquette beige.

GBAGBO VOULAIT MONTRER QUE LE RÉGIME D’HOUPHOUËT-BOIGNY PERSÉCUTAIT LES OPPOSANTS

Laurent Gbagbo venait d’arriver en France. Quand était-ce exactement ? Lui-même a toujours été incapable de me dire quel jour il avait quitté Abidjan, mais c’était à la fin de mars 1982. Aussitôt à Paris, il avait demandé le statut de réfugié. Le lendemain de notre rencontre, il apprendrait d’ailleurs le refus de l’administration française de le lui octroyer. Il ne l’obtiendrait que trois ans plus tard, en 1985. Il n’en avait pas vraiment besoin pour rester en France mais il y tenait. C’était politique : il voulait montrer que le régime d’Houphouët-Boigny persécutait ses opposants.

Il avait fui la Côte d’Ivoire car il était considéré comme le principal responsable d’un prétendu complot des enseignants. Pour le pouvoir, c’était surtout un moyen de « casser » les manifestations universitaires. À l’époque, Gbagbo venait de se lancer en politique. Depuis une dizaine d’années, il était surtout connu en tant que leader syndicaliste. Deux ans auparavant, il avait été nommé à la tête de l’Institut d’histoire d’art et d’archéologie africains. Ce n’était pas rien pour lui de quitter la Côte d’Ivoire.

C’était, bien sûr, renoncer temporairement à sa vie dans son pays mais aussi à son statut dans le monde intellectuel abidjanais. Car Laurent Gbagbo est un vrai intellectuel, un homme qui peut encore vous parler en latin. Il s’était enfui par le train Abidjan-Ouagadougou puis avait pris un vol jusqu’à Paris où il était logé chez une amie, avenue du Maine, dans le 14e. Plus tard, il s’installera dans le quartier de Saint-Paul, de l’autre côté de la Seine.

« Une extraordinaire aventure humaine »

Ce lundi de juin, donc, le courant est passé immédiatement entre nous. Laurent et moi, ce n’était pas juste une histoire politique, on était aussi des fous de musique, on en parlait beaucoup. Plus tard, je lui ai d’ailleurs offert une guitare. Ça a été le début d’un long compagnonnage, d’une extraordinaire aventure humaine.

Je me souviens de ce jour comme d’un formidable moment. D’ailleurs, Laurent Gbagbo est resté également ami avec Mongo Beti. En sortant de notre réunion, vers 21 heures, il faisait encore jour et doux – ce sont les plus longues journées de l’année en France. Nous n’avons pas bu un verre mais je lui ai donné mon numéro et, quinze jours plus tard, nous nous sommes revus. Puis encore une fois en septembre.

L’année suivante, il est venu vivre chez moi. Il y est resté pendant cinq ans. Il a fondé le Front populaire ivoirien (FPI), puis a été candidat à la présidentielle et, des années plus tard, est devenu président, avant d’être envoyé  devant la Cour pénale internationale… puis libéré. Nous ne nous sommes jamais quittés.

Avec Jeune Afrique par Anna Sylvestre-Treiner

Côte d’Ivoire : Abobo à l’heure de l’art pour tous

juin 25, 2022

Unique en son genre dans le pays, le Musée des cultures contemporaines Adama Toungara, MuCAT, met en lumière les artistes ivoiriens. Et réussit son pari : les habitants de la commune abidjanaise se le sont approprié.

« Cercles de vies », de l’artiste Jems Robert Koko Bi, est la première acquisition du musée. © Issam Zejly pour JA

La cohue du rond-point de la Mairie-d’Abobo, l’une des communes les plus peuplées du district d’Abidjan, a fait place depuis la mi-janvier à un énorme chantier. Des ouvriers s’activent à construire un échangeur, qui fait partie du Plan d’urgence pour la commune d’Abobo (Puca), engagé en 2017 par l’ancien Premier ministre Amadou Gon Coulibaly. Depuis, plusieurs projets d’infrastructures, d’aménagement et de sécurisation ont été programmés pour redynamiser la commune et redorer son image.

Autour du même rond-point, en face de la mairie, un bâtiment gris foncé tranche avec les lieux. Sur sa façade, une inscription en lettres blanches : Musée des cultures contemporaines Adama-Toungara (MuCAT). Bâti sur une superficie de 3 500 met imaginé par l’architecte ivoirien Issa Diabaté, le MuCAT porte bien la marque de fabrique de son concepteur : un intérieur épuré, une lumière et une aération naturelles – grâce à des ouvertures et de grandes surfaces vitrées –, et de la verdure.

Tordre le cou aux préjugés

Dès le hall d’entrée, le visiteur est accueilli par l’imposante sculpture Les Trois Âges de la Côte d’Ivoire, créée en 1972 par le plasticien Christian Lattier. C’est tout un symbole. Après avoir été retirée de l’aéroport Félix-Houphouët-Boigny en 2001, au moment de ses travaux de rénovation, cette œuvre ne sera installée au MuCAT qu’en 2021, après sa restauration, à laquelle a contribué la fondation Toungara pour l’art et la culture.À LIREEn Côte d’Ivoire, une nouvelle génération d’artistes contemporains

Ouvert en mars 2020, le Mucat est un établissement privé, membre du Conseil international des musées. C’est aussi le premier établissement entièrement consacré à l’art contemporain en Côte d’Ivoire. Son fondateur, Adama Toungara, est un collectionneur d’art et un poids lourd de la scène politique. Conseiller spécial de Félix Houphouët-Boigny entre 1981 et 1993, il a également avisé Alassane Ouattara. Premier patron de Petroci et de la Société ivoirienne de raffinage, puis ministre du Pétrole et de l’Énergie (2011-2017), il est le médiateur de la République depuis avril 2018. Surtout, il a été le maire de la commune d’Abobo pendant plus de quinze ans, de 2001 à 2017, et dit avoir créé le MuCAT pour permettre à la population de la commune d’accéder à la culture et pour tordre le cou aux préjugés. Pour donner une meilleure image d’Abobo.

« Quand les gens n’y sont pas entrés, ils s’interrogent sur l’utilité d’un musée à Abobo et se demandent s’il ne fallait pas plutôt mettre en place une activité industrielle, raconte Fodé Sylla, le directeur adjoint des services culturels et artistiques du MuCAT. Mais dès qu’ils franchissent la barrière, ils se rendent compte de l’importance d’avoir ce bâtiment dans la commune, car, en plus du musée, il y a une bibliothèque, une médiathèque et une salle de conférence, qui accueille des formations et des assemblées générales d’associations. »

La sculpture "Ethiopian", de Carine Mansan, est exposée dans le cadre de "Memoria : récits d’une autre histoire". © Issam Zejly pour JA
La sculpture « Ethiopian », de Carine Mansan, est exposée dans le cadre de « Memoria : récits d’une autre histoire ». © Issam Zejly pour JA

Depuis son ouverture, avec l’exposition itinérante panafricaine « Prête-moi ton rêve », le MuCAT a fait des Abobolais sa cible de prédilection en mettant en place des activités autour des expositions (théâtre, lectures de contes, performances d’artistes…) avec des établissements scolaires et les associations locales. « L’idée est de faciliter la compréhension de l’art contemporain par le grand public et d’essayer de lui transmettre certains codes », poursuit Fodé Sylla. Résultat : 60 % des visiteurs sont des habitants de la commune, et les riverains se sont, eux aussi, appropriés le musée – leur association a organisé une activité au cours de laquelle ils ont nettoyé le bâtiment et ses alentours.

18 000 visiteurs en 2021

S’il a dû fermer quelques jours après son inauguration à cause de la pandémie de Covid-19, depuis sa réouverture, en août 2020, le Mucat propose des expositions variées. Du 10 juillet au 5 septembre 2021, il a organisé l’exposition « Abidjan Street Act, de la rue au MuCAT », qui mettait en lumière une quinzaine de graffeurs, peintres et plasticiens abidjanais. On pouvait y voir notamment des œuvres de l’artiste Obou Gbais, dont certaines fresques ornent des façades de bâtiments d’Abobo dans le cadre de l’opération Abobo ê zo (« Abobo est beau »), lancée en juillet 2020 par Hamed Bakayoko, alors maire de la commune. En 2021, le musée a accueilli près de 18 000 visiteurs.À LIRECôte d’Ivoire : Cécile Fakhoury, l’art et la méthode

Depuis le début d’avril et jusqu’au 21 août prochain, les visiteurs peuvent voir gratuitement « Memoria : récits d’une autre Histoire » dans la grande salle d’exposition du musée. Initialement présentée à Bordeaux de février à novembre 2021, l’exposition faisait partie du « focus femmes » de la saison culturelle Africa2020. Au MuCAT, elle s’est enrichie du travail de six artistes ivoiriennes : Joana Choumali, Lafalaise Dion, Carine Mansan, Marie-Claire Messouma Manlanbien, Rachel Marsil et Valérie Oka. Elles s’expriment à travers des performances vidéo, sculptures, peintures, broderies, dessins, etc.

La médiathèque du MuCAT, en mai 2022. © Issam Zejly pour JA.
La médiathèque du MuCAT, en mai 2022. © Issam Zejly pour JA.

Pour l’heure, le musée n’a pas de collection permanente. Mais il vient de faire sa première acquisition : un ensemble de sculptures de l’artiste gouro Jems Robert Koko Bi a été installé dans l’un des jardins. Également placé dans la cour, en face de la cafétéria, un gbaka (« minibus ») sert de lieux d’expression pour les graffeurs, régulièrement invités pour des performances.

Avec jeune Afrique par Aïssatou Diallo – À Abidjan