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Mgr Jean Lézoutié (évêque de Yopougon): « Pourquoi j’ai demandé à Gbagbo de quitter le pouvoir »

septembre 3, 2012
Mgr
© Nord-Sud par DR
Mgr Jean Salomon Lézoutié (évêque de Yopougon)

Invité de la télévision burkinabé, Rtb, le 3 août, Mgr Jean Salomon Lézoutié, évêque de Yopougon a dit pourquoi il a demandé par écrit à l’ex-président Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir.

Pourquoi avoir notifié de votre nom la déclaration que vous avez écrite à Laurent Gbagbo au plus fort de la crise postélectorale pour dire que c’est Alassane Ouattara qui avait gagné l’élection présidentielle ?
Je l’ai d’abord fait pour assumer. Tout d’abord parce que la situation était tellement floue qu’on ne pouvait pas imaginer une sortie rapide de la crise. Je me suis moralement préparé à tout cela car je savais que je prenais des risques. Et sachez que nous étions dans un moment où il fallait prendre son courage pour dire les choses telles qu’elles étaient. Parce que beaucoup de personnes attendaient. Et les réactions m’ont d’ailleurs surpris car j’ai écrit l’article le lundi. Et le mardi quand je suis allé dans mon bureau, j’ai reçu des appels de nombreuses personnes pour me féliciter. Certaines pleuraient même au téléphone pour me dire qu’elles étouffaient. Elles se disaient : «Il y a personne dans ce pays pour dire la vérité ?» Au vu de tout ceci, honnêtement, je n’avais pas donc regretté ce que j’avais fait. Sachez qu’avant toute chose, j’ai écrit cet article par conviction et non par orgueil. C’est pour cela que j’ai donné mon e-mail et mon numéro de téléphone parce que si vous aimez la vérité, il faut aimer aussi assumer tout ce que cela comporte. Je ne voulais surtout pas que cette note soit vue comme une lettre anonyme. Et tenez-vous bien, les minutes qui ont suivi la rédaction de la fameuse lettre, j’ai reçu des coups de fil et plus de 500 e-mails. Les quelques jours qui ont suivi, ma boîte électronique a failli exploser et c’est normal que je n’ai pu lire toutes les lettres. Mais, le plus important, c’était l’attente des gens qui étouffaient dans leur silence.

Vous aviez l’impression que vous avez débouché quelque chose ?
Absolument. Je vous assure que de tout le monde entier, de tous les milieux, j’ai reçu des appels de félicitation. Cela a été même un grand soulagement pour l’ensemble des assoiffés de justice.

M. Laurent Gbagbo et sa femme sont des chrétiens évangéliques. Finalement tout ce beau monde n’a pas réussi à les persuader de partir. Comment pouvez-vous nous l’expliquer. Car dans la prière, Simone Gbagbo a maintes fois fait référence à la bible. Idem pour son mari. Mais au niveau du comportement, on avait l’impression qu’il y avait un paradoxe.
Pour ce qui concerne leurs comportements, je me garderais de les juger. Je sais au moins que certains pasteurs évangéliques sont passés à la télévision pour s’excuser après le départ de l’ex-président.

Mais, c’était un peu tard. N’est-ce pas le médecin après la mort ?
Il faut tout de même admirer l’humilité, cette franchise dont ils ont fait preuve.

On a eu quand même 3.000 morts durant la même crise…
Je suis d’accord. Mais, le fait de dire qu’à un moment donné, nous n’avons pas joué notre rôle, nous avons fauté et nous nous excusons, c’est déjà un grand pas. Je pense qu’une faute avouée est à moitié pardonnée. Ce simple fait rétablit le fils de Dieu parce qu’on peut se tromper. Et le reconnaître, c’est encore mieux.

Laurent Gbagbo est à la Cpi aujourd’hui. Certains parlent de justice de vainqueurs. Votre analyse.
L’Eglise en Côte d’Ivoire s’est battue pour arriver à une solution qui permette qu’il soit jugé en Côte d’Ivoire. Vous savez, ce sont des choses qui nous dépassent. Et donc nous ne maîtrisons pas tous les contours de ces faits politiques qui dépassent notre cadre de relations. Effectivement au niveau sentimental, au niveau affectif, le président Laurent Gbagbo a un impact sur le pays. C’est presque la moitié de la population, si on regarde les résultats des votes, qui se réclame de lui. Le fait donc qu’il soit à la Cpi est un paramètre qui joue forcément sur le processus de la réconciliation nationale. On n’a pas besoin d’être politicien pour remarquer cela.

Il y a quelques jours, dans le village de Simone Gbagbo, à Moossou, on aurait vu une statue de la Vierge avec des larmes. Comment vous réagissez à cela ?
J’ai été inquiet tout simplement. Avec la réserve qu’on n’a pas encore authentifié les faits dont on parle. Parce qu’il faudrait que les autorités compétentes, je veux parler de l’évêque du diocèse, du curé de la paroisse avec une équipe de médecins, de spécialistes, des techniciens au niveau doctrinal qui savent juger ce genre de chose afin de voir si un tel événement s’est déjà produit par le passé, s’il n’ y a pas de trucage, d’affabulation. N’empêche ce que nous avons remarqué à Kibého, au Rwanda, il y a eu l’apparition de la Vierge. C’est pareil dans l’Est de la Yougoslavie. Malheureusement, ce sont des avertissements que la Vierge donne quand elle fait ce genre d’apparitions. J’espère que c’est simplement un avertissement pour notre pays qui est en train de sortir d’une crise. Ce, afin que nous nous ressaisissions parce que vous savez, ces derniers temps, il y a eu quand même des événements malheureux.

Concernant les attaques, des voix s’élèvent pour dire qu’elles pourraient être le fait des miliciens ou d’ex-combattants non intégrés dans l’armée. Votre avis.
C’est un état de fait qu’on ne peut pas négliger. Parlant d’ex-combattants, on ne peut pas les intégrer tous dans l’armée. En ce sens que grand nombre d’entre eux ne savent ni lire ni écrire et encore moins bien manipuler les armes. En conséquence, se sentant découragés et même délaissés, ces derniers pourraient se rendre coupables de ce genre d’actions. Il y a eu aussi des miliciens et des mercenaires anciennement à la solde de l’ex-président toujours en place aujourd’hui qu’on pourrait indexer et même accuser éventuellement sur ce à quoi vous faites allusion. Je parle avec prudence parce que ce sont des éventualités, des hypothèses pour lesquelles on n’a pas encore d’assurance puisque les enquêtes sont en cours. Et personne ne pourra montrer du doigt quelqu’un avant que les enquêtes n’aboutissent.

Est-ce que vous pensez que votre pays pourra retrouver le calme qui l’a toujours caractérisé parce qu’on note une fracture entre le Nord musulman et le Sud chrétien ?
J’en suis convaincu. Pour la recette du Nord et le Sud, c’est en fait des complexes que nous vivons en Côte d’Ivoire.

Peut-on dire qu’il y a un clivage entre le Nord et le Sud ivoirien ?
Absolument. Mais je dis que c’est basé sur des complexes. Complexes malheureusement basés aussi sur des réalités économiques et naturelles. Vous prenez par exemple le Nord que je connais bien pour y avoir passé quelques années comme évêque, il est carrément défavorisé par rapport au Sud d’où je suis moi-même originaire. Là-bas, on a toutes les plantations de café, de cacao, de palmier à huile, d’hévéa, d’ananas, la forêt, la mer… Mieux, tout ce qui apporte de la joie au pays. Et la colonisation, les écoles, l’évangélisation ayant commencé par le Sud a provoqué une émulation de cadres dans cette région. Ces derniers eux-aussi ont scolarisé les enfants qui sont devenus des personnes représentatives dans la société ivoirienne. Tout ceci a fait qu’il y a des clivages qui existent mais qui ne sauraient être mis au compte d’un individu.

Mais plutôt de l’histoire et même de la nature, n’est-ce pas ?
Bien sûr. Car figurez-vous qu’au Nord, pendant l’exercice de mes fonctions, j’ai remarqué des problèmes d’eau dans certaines localités. Il est même arrivé qu’on prie pour que tombe la pluie. Parlant de l’école, la réalité est encore amère. Il y a des villages qui n’ont même pas de salles de classe quand ceux qui en ont, sont quasi vides d’élèves. A cela s’ajoute le faible taux de scolarisation des filles comparativement au Sud. Voilà entre autres éléments qui ne sont pas le fait des politiques.

Mais ne pensez-vous pas que le pouvoir politique aurait dû rééquilibrer les choses en construisant des écoles au Nord, y faire venir de l’eau potable car c’est le même pays ? C’est ce que dénonçait le Rassemblement des républicains (Rdr) à l’époque.
Evidemment quand on parle de volonté politique, nous autres nous sommes déphasés. On ne peut que constater. Je suis un homme de terrain. Je vais dans les villages et je vois le décalage criant. Et je n’y peux rien.

Nord Sud propos retranscrits par KM (stagiaire)

Nord Mali: l’otage suisse libérée goûte au « chocolat de la liberté »

avril 24, 2012

« Je vous offre le chocolat de la liberté! »: la Suissesse Béatrice Stockly vient de monter dans l’hélicoptère dépêché mardi par le Burkina Faso près de Tombouctou, en plein désert du nord du Mali. Otage depuis le 15 avril, elle est désormais libre.

Deux pick-up viennent de se garer tout près de l’appareil, à bord duquel se trouvent le chef d’état-major particulier du président burkinabè Blaise Compaoré, le général Gilbert Djindjéré, et ses collaborateurs, et deux réprésentants du ministère suisse des Affaires étrangères, raconte un journaliste de l’AFP qui était à bord.

Côté passager, à bord d’un des deux pick-up qui transportent des hommes enturbannés et lourdement armés, elle descend, foulard noir encadrant son visage, robe noire, et monte dans l’hélicoptère.

« On m’a obligée à porter ça! »: cette chrétienne impliquée dans le social et vivant depuis des années à Tombouctou retire ces vêtements d’emprunt. Elle porte une robe fleurie et des sandales, ses cheveux longs sont attachés. Elle sourit mais est visiblement fatiguée.

Elle fouille dans son sac en cuir et distribue aux passagers de l’hélicoptère les « chocolats de la liberté », discute avec le général burkinabè et sort brièvement de son sac une Bible volumineuse.

Elle est libre à 13H32 (locales et GMT), on décolle une dizaine de minutes plus tard. Direction la base militaire de Ouagadougou, après une escale carburant dans le nord du Burkina.

Mais il aura fallu environ une heure et demie d’échanges, de coups de fil, de conversations au talkie-walkie et un ballet de pick-up pour arriver à cette libération.

L’hélicoptère a soulevé une vague de sable en atterrissant à quelques kilomètres de Tombouctou. Un homme, visage enturbanné et kalachnikov en bandoulière, qui se présente comme un élément du groupe islamiste armé Ansar Dine, dominant dans la région avec le soutien d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), est venu chercher le général.

Méchoui et diatribe anti-Europe et anti-USA

Le haut gradé partira avec l’un des représentants suisses. L’autre, une femme, n’est pas autorisée à les suivre.

L’essentiel se passe sous une tente. Elle est équipée de canapés et de nattes, et l’air y est frais. Arrive alors, dans un pick-up et sous bonne escorte, Sanda Boumama, « porte-parole » à Tombouctou, dit-il, du chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly.

Il mesure environ 1,60 m, porte un boubou couleur or et une longue barbe, et converse dans un bon français.

Le général Djindjéré dit « être venu chercher l’otage à la demande du gouvernement suisse, qui a demandé la contribution du Burkina Faso ».

Boumama sort, emportant son talkie-walkie et deux téléphones portables. Plusieurs coups de fil en arabe. Il revient.

« Quand on accueille quelqu’un, on lui donne à manger avant de parler », dit-il. Il va offrir à ses convives un méchoui, et est rejoint par Abou Amar Tangui, « représentant » d’Iyad Ag Ghaly dans la ville. Lui aussi a la peau claire des Touareg, tandis que les combattants dans les véhicules, avec lance-roquettes et kalachnikov, sont des Noirs. Tangui restera muet.

Boumama, lui, est prolixe. « Qui contrôle Tombouctou? », demande le général. « Ansar Dine contrôle la ville, mais le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, rébellion touareg) contrôle l’aéroport et le quartier qui y mène », répond-il.

« Nous sommes prêts à accepter » l’aide humanitaire, dit-il, alors que la situation est très difficile dans tout le Nord ayant échappé au pouvoir de Bamako depuis bientôt un mois. « On manque de tout », souligne l’islamiste. Mais il avertit: pas question que « l’aide humanitaire soit une campagne politique déguisée » des Occidentaux.

Il enchaîne. « Les Européens sont contre les musulmans »: c’est le thème du long discours qu’il tient devant ses hôtes, citant Irak et Afghanistan et accablant l’ex-président américain George W. Bush.

Mais il est temps de retourner vers l’hélicoptère. Dernier échange au talkie-walkie, dernier ballet de pick-up. « Béatrice », comme tout le monde l’appelle à Tombouctou, quitte la ville où elle avait choisi de vivre.

Jeuneafrique.com

Booby Brown: L’ex-mari de Whitney Houston arrêté par la police

mars 27, 2012

Alcool au volant, problème au tournant

Depuis la mort de Whitney Houston, tout semble partir en miettes dans son entourage. Après le tollé généré par la révélation de l’histoire entre Bobbi Kristina et son frère adoptif, c’est au tour de Bobby Brown de faire parler de lui.

Houston, nous avons un problème, tout part en vrille. Marié à Whitney Houston pendant près de quinze ans, Bobby Brown a souvent été accusé d’avoir eu une mauvaise influence sur la diva disparue, Whitney Houston. Bad guy invétéré avec un penchant certain pour les substances illicites, Bobby Brown n’a jamais pu se défaire de cette image qui lui colle aux basques. On pensait que le choc du décès de son ex-femme avec qui il a eu une fille, Bobbi Kristina, allait le calmer, mais il n’en est rien.

Hier soir alors qu’il circulait dans la vallée de San Fernando, à Tarzana, l’ex-mari de Whitney Houston s’est fait épingler lors d’un banal contrôle de police. La raison ? Il passait des coups de fil en conduisant. Repéré, il est alors arrêté et prié de se plier aux injonctions des forces de l’ordre. Et là, l’affaire s’est sérieusement compliquée pour lui. « M. Brown montrait des signes évidents d’ébriété et a été soumis à une série de tests qu’il a été incapable de réaliser », a déclaré l’officier Mike Harris. Brièvement incarcéré, il a été libéré contre une caution de 5 000 dollars, rapporte TMZ. En 1996, des faits similaires lui avaient valu huit jours de prison ferme, rappelle le site américain…

Voici.fr par A.R