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Ukraine: Les bombardements s’intensifient sur Kiev, où un couvre-feu est décrété

mars 15, 2022

Un pompier réconforte une femme près d’un immeuble résidentiel visé par une frappe russe, peu avant l’aube mardi, à Kiev. Photo : AFP via Getty Images Aris Messinis

Au 20e jour de la guerre, les sirènes d’alerte ont encore une fois retenti à travers toute l’Ukraine. À Kiev, les bombardements se sont intensifiés et ont atteint plusieurs immeubles résidentiels du centre de la capitale, sur laquelle les troupes de Vladimir Poutine continuent de resserrer leur étau.

Des immeubles résidentiels de plusieurs étages se trouvant dans les quartiers de Sviatochine, Podil et Lukyanivska, tous situés dans le nord-ouest de la capitale, non loin du centre, ont été bombardés mardi juste avant l’aube.

Le bilan de ces frappes est de quatre morts, pour l’heure, dont deux dans l’attaque à Sviatochine. Le bâtiment visé par le bombardement s’est embrasé, mais les secours ont pu sortir 27 personnes saines et sauves.

À Lukyanivska, c’est une station de métro qui a été touchée. Elle a dû être fermée de manière temporaire.

Une femme étendue sur une civière est transportée par plusieurs pompiers.

Les pompiers sortent le corps d’une femme d’un immeuble visé par une frappe russe à Kiev, le 15 mars 2022. Photo: AFP via Getty Images Aris Messinis

Lundi, le Kremlin avait affirmé que l’armée russe n’excluait pas la possibilité de prendre le contrôle total des grandes villes qui sont déjà encerclées, ce qui fait craindre qu’un assaut soit lancé de manière imminente sur la capitale.

Oleksiy Arestovych, un conseiller du président Volodymyr Zelensky qui participe aux négociations avec Moscou, a prévenu que la guerre entre l’Ukraine et la Russie est à la croisée des chemins. Soit nous nous mettons d’accord lors des discussions actuelles, soit les Russes tenteront une nouvelle offensive et il y aura des discussions ensuite, a-t-il dit.

Kiev, que les forces russes tentent d’encercler, s’est vidée d’au moins la moitié de ses quelque trois millions d’habitants depuis le début du conflit, le 24 février.

Affirmant qu’il s’agit d’un moment dangereux et difficile pour Kiev, le maire Vitalii Klitschko a décrété un couvre-feu de 36 heures qui doit entrer en vigueur mardi dès 20 h, soit 14 h (HAE), et ce, jusqu’à jeudi matin 7 h, soit 1 h (HAE).

Il est interdit de circuler en ville sans autorisation spéciale, sauf pour se rendre dans des abris, a-t-il expliqué.

« La capitale est le cœur de l’Ukraine et elle sera défendue. Kiev, qui est actuellement l’avant-garde de liberté et de la sécurité de l’Europe, ne sera pas abandonnée. »— Une citation de  Vitalii Klitschko, maire de Kiev

Le maire Klitschko a aussi appelé les hommes du pays à affluer vers la capitale pour la défendre.

En entrevue à la British Broadcasting CorporationBBC, les deux généraux ukrainiens responsables de la défense de la capitale ont expliqué comment leurs forces combattent pour maintenir l’artillerie russe hors de portée et pourquoi ils estiment avoir des atouts qui changeront la donne.

La topographie et le terrain de la ville sont du côté de l’Ukraine, a indiqué le général Andreï Krischenko, précisant que Kiev est grande et tentaculaire : Elle est traversée par des rivières; non seulement le puissant fleuve Dniepr, qui divise Kiev en deux, mais aussi ses affluents.Une femme a les mains et le visage noirs.

Une résidente évacuée d’un immeuble frappé à l’aube par l’armée russe, à Kiev, le 15 mars 2022. Photo : Getty Images/Chris McGrath

Le contrôle de la région de Kherson revendiqué

Le ministère russe de la Défense a annoncé mardi que son armée avait pris le contrôle total de la région de Kherson, dans le sud de l’Ukraine. Cette information est invérifiable de source indépendante pour le moment.

Les troupes russes avaient déjà annoncé avoir pris le contrôle de la ville de Kherson (250 000 habitants), au début mars. La région compte quant à elle 1 million d’habitants en temps de paix.

Selon des responsables américains de la Défense, à partir de la région de Kherson, les troupes russes pourraient ensuite se diriger vers la ville Mykolaïv (1,12 million d’habitants), située à environ 70 kilomètres au nord-ouest, avant de viser Odessa (990 000 habitants), principal port ukrainien sur la mer Noire.

Les habitants d’Odessa se préparent à une offensive russe depuis des jours déjà, tandis qu’à Mykolaïv, déjà pilonnée par l’armée russe, les services d’urgence ont confirmé la mort d’au moins sept personnes dans une frappe survenue dimanche contre une école.

2000 voitures quittent Marioupol

Plus à l’est, les Russes tentent toujours de prendre Marioupol, ville portuaire stratégique sur la mer d’Azov, assiégée depuis des jours.

Mardi, la mairie a annoncé que 2000 voitures privées avaient réussi à quitter la vielle assiégée, et que 2000 autres attendaient de pouvoir faire de même. La veille, c’est 160 voitures qui avaient réussi à quitter la ville. Il s’agissait de la première évacuation de civils depuis que la ville est entièrement encerclée.

Le couloir humanitaire emprunté par les colonnes de véhicules relie Marioupol à Zaporijia, via Berdiansk, sur environ 270 km de route. On ne sait toutefois pas combien de personnes sont arrivées à fuir dans ces évacuations, mais près de 400 000 personnes, sur une population d’environ 450 000, seraient toujours prises au piège.

Les autorités locales estiment désormais que plus de 2300 civils ont perdu la vie depuis le début du siège russe, qui a plongé la ville dans une situation humanitaire critique. Les habitants y vivent terrés dans des caves, privés d’eau, d’électricité, de chauffage et de nourriture.

Un convoi d’aide humanitaire, qui cherche depuis des jours à atteindre la ville, a de nouveau été bloqué lundi par des soldats russes, selon les autorités.

En entrevue à la British Broadcasting CorporationBBC, le maire Sergei Orlov a fait savoir que la situation se dégrade d’heure en heure.

« On reçoit beaucoup d’appels. Par exemple, une mère qui dit : « J’ai un enfant entre les mains en train de mourir de faim ». Et malheureusement, on ne peut rien faire. »— Une citation de  Sergei Orlov, maire de Marioupol

Située à environ 55 kilomètres de la frontière russe et à 85 kilomètres du fief séparatiste de Donetsk, Marioupol est la plus grande ville encore aux mains de Kiev dans le bassin du Donbass, qui comprend les régions de Donetsk et de Lougansk.

La prise par Moscou de cette ville portuaire serait un important tournant dans l’invasion de l’Ukraine. Elle permettrait de faire la jonction entre les forces russes venues de la Crimée annexée, qui ont déjà pris les ports de Berdiansk et Kherson, et les troupes séparatistes et russes dans le Donbass.

L’aéroport de Dnipro détruit

Dans le centre-est du pays, la ville de Dnipro, jusqu’à récemment épargnée, a été de nouveau la cible de frappes russes. L’aéroport a été bombardé mardi, ce qui a causé des destructions massives, selon le maire, qui n’a pas évoqué de victimes dans l’immédiat.

Dans la nuit, l’ennemi a attaqué l’aéroport de Dnipro. Deux frappes. La piste de décollage et d’atterrissage a été détruite. Le terminal est endommagé. Destructions massives, écrit Valentin Reznitchenko, gouverneur de la région sur Telegram.

Un peu plus au nord, les villes de Kharkiv et Chernihiv continuent d’être pilonnées par l’armée russe, selon les autorités locales.Une grue retire des débris d'un toit effondré.

Des équipes de secours retirent des débris d’un immeuble effondré après une frappe russe, le 15 mars 2022, à Kharkiv. Photo : Reuters

Avec Radio-Canada

Canada: La santé publique de Montréal était opposée au couvre-feu de Québec

janvier 21, 2022

La directrice de la santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin, s’était opposée, en coulisses, à l’imposition du couvre-feu, mais son avis n’a pas été suivi. Radio-Canada a obtenu les recommandations qu’elle avait fait parvenir à la direction nationale de la santé publique du Québec, au sujet de cette mesure controversée.La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada La directrice régionale de santé publique de Montréal, la Dre Mylène Drouin.

Dans le cadre des discussions sur le couvre-feu en décembre dernier, la Direction régionale de santé publique de Montréal (DRSP) avait émis l’avis suivant :

Malgré l’opposition de la santé publique de la métropole, le couvre-feu a tout de même été décrété dans la hâte, la veille du jour de l’An, le 30 décembre et a duré deux semaines, jusqu’au 17 janvier. Il était interdit de sortir entre 22 h et 5 h sous peine de recevoir une amende de 1000 à 6000 $.

Des craintes pour les plus vulnérables

Selon la directrice de la santé publique de Montréal, des décisions alternatives au couvre-feu auraient pu avoir plus d’efficacité à contrôler la transmission» et un potentiel moindre à engendrer des impacts collatéraux affectant disproportionnellement les populations les plus vulnérables».

La DRSP précise que ces recommandations s’appuyaient sur la situation et la réalité dans la région de Montréal, où nous considérions que les impacts collatéraux d’une telle mesure étaient considérables auprès des populations vulnérables de la métropole». On peut penser aux itinérants.

Les directions régionales de santé publique participent régulièrement à une table de discussion avec la direction nationale, au cours desquelles des avis divergents peuvent s’exprimer, mais au final, c’est le national qui tranche.

Lors de la discussion sur le couvre-feu, au moins une autre direction régionale s’est déclarée en faveur de la mesure.

La santé publique du Québec avait-elle obtenu un avis éthique?

Dans sa recommandation, Dre Mylène Drouin ajoutait que si le recours à l’imposition d’un couvre-feu provincial devait être envisagé, elle préconisait que le Comité d’éthique en santé publique ou tout autre service éthique indépendant soit mandaté pour fournir un avis».

Au moment d’écrire ces lignes, il n’avait pas été possible de savoir si la santé publique nationale avait obtenu un tel avis.

Dans les dernières heures, le ministère de la Santé a rendu publics plusieurs avis signés par le Dr Horacio Arruda avant sa démission. Celui du 29 décembre concernant le couvre-feu n’est justifié par aucune considération, contrairement aux autres avis.

Un couvre-feu impopulaire et unique au pays

Le gouvernement Legault a annoncé le 13 janvier qu’il levait le couvre-feu. Le jour même, un sondage commandé par L’Actualité rapportait qu’une majorité de Québécois désapprouvait cette mesure et que le Coalition avenir Québec (CAQ) était en baisse dans les intentions de vote.

Le premier ministre a assuré avoir pris cette décision le 12 janvier, avant de connaître les résultats de ce sondage.

Le Québec est la seule province à avoir imposé le couvre-feu durant la pandémie, mais le gouvernement n’a jamais mené d’étude approfondie sur les répercussions de cette mesure.

Le ministère de la Santé avait cité des études menées en Ontario, en France et en Jordanie pour justifier la pertinence du couvre-feu, mais la méthodologie de ces études a été critiquée.

Selon plusieurs sources impliquées dans les discussions qui ont précédé l’imposition du couvre-feu, la mesure n’était pas considérée comme efficace en tant que telle, mais plutôt comme un message à envoyer à la population pour qu’elle prenne au sérieux la situation sanitaire.

Dans un document juridique signé par le conseiller médical stratégique adjoint à la Direction générale de santé publique du Québec, Éric Litvak, en février 2021, on peut lire que si toutes les mesures en vigueur avaient été respectées à la lettre, le couvre-feu aurait eu une valeur ajoutée limitée».

Pas la première divergence de Mylène Drouin

La directrice régionale de la santé publique, qui n‘a pas fermé la porte à l’idée d’être candidate au poste de directrice nationale, n’en est pas à sa première opposition aux décisions de Québec.

Début janvier, la DRSP avait mis sur pause une directive émise pour les services de garde qui mettait fin au complet à l’isolement des enfants en cas de symptômes. Québec avait fini par reculer.

D’autres divergences étaient survenues, comme celles concernant l’isolement rétroactif des voyageurs au début de la première vague ou encore la critique du fait que les décisions aient été prises depuis Québec, au printemps 2020, alors que la crise était dans la région métropolitaine.

Avec Radio-Canada par  Thomas Gerbet 

Canada/Couvre-feu, fermetures et rentrée repoussée : Québec donne un coup de barre

décembre 30, 2021
François Legault prend la parole durant une conférence de presse.

« C’est un geste qui est extrême parce que la situation est extrême », a déclaré le premier ministre François Legault lors d’une conférence de presse jeudi. Photo: La Presse Canadienne /Graham Hughes

« La tempête est à son maximum. »

C’est ce qu’a laissé tomber le premier ministre du Québec, François Legault, après avoir annoncé une série de nouvelles mesures, les plus sévères en Amérique du Nord, pour tenter de juguler la montée en force des cas d’infection, et surtout des hospitalisations, dans la province.

Toutes les mesures entreront en vigueur le vendredi 31 décembre, dès 17 h.

Le couvre-feu sera de nouveau en vigueur au Québec. Une mesure nécessaire, selon François Legault. On le sait que c’est une minorité qui ne respecte pas les consignes, a-t-il dit. Mais ils se retrouvent plus nombreux à l’hôpital. C’est important de pouvoir s’assurer que tout le monde respecte les consignes.

« C’est un geste extrême, parce que la situation est extrême. »— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

Les Québécois ne pourront plus se trouver à l’extérieur de leurs résidences entre 22 h et 5 h, sous peine d’une amende allant de 1000 $ à 6000 $.

Comme lors du précédent couvre-feu, des exceptions sont prévues. Il sera ainsi possible de se trouver à l’extérieur en dehors des heures permises pour se rendre au travail, suivre un cours, recevoir des médicaments ou des soins de santé, faire un don de sang, reconduire un enfant chez l’autre parent qui en a la garde, ou sortir son chien pour qu’il fasse ses besoins, notamment.

Et cette fois, les personnes sans-abris sont aussi exemptées de l’application du couvre-feu. En janvier dernier, la Cour supérieure en avait suspendu l’application à ces derniers après que Québec eut refusé de le faire. La liste complète des exceptions au couvre-feu(Nouvelle fenêtre) est disponible sur le site web du gouvernement.

Le premier ministre n’a pas donné de date de péremption pour le couvre-feu, mais a promis qu’il s’agira de la première mesure levée lorsque la situation dans les hôpitaux s’améliorera.

Les rassemblements privés sont désormais interdits. Seuls les occupants d’une même résidence pourront se retrouver sous un même toit. Une personne seule peut cependant se joindre à une bulle familiale.

Québec ferme également les salles à manger des restaurants. Les commandes pour emporter ainsi que les livraisons seront cependant toujours en vigueur.

Mesures en vigueur dès le 31 décembre

  • Couvre-feu de 22 h à 5 h;
  • Rassemblements privés interdits hors de la bulle familiale (sauf pour les personnes seules);
  • Rentrée scolaire repoussée au 17 janvier;
  • Restaurants fermés (sauf pour la livraison et les commandes pour emporter);
  • Lieux de culte fermés (à l’exception des funérailles);
  • Fermeture des commerces le dimanche (sauf les dépanneurs, les pharmacies et les stations-service);
  • Sports intérieurs interdits.

La rentrée scolaire repoussée

Les écoles resteront fermées au moins jusqu’au 17 janvier dans l’ensemble des régions de la province. Le gouvernement invite les établissements qui le peuvent à poursuivre les apprentissages en ligne avant le retour en présence.

« Ce sont les premiers établissements qu’on va rouvrir. C’est la priorité. »— Une citation de  François Legault, premier ministre du Québec

En ce qui concerne les cégeps et les universités, la santé publique n’a pas fixé de date de retour en classe pour le moment.

Les services de garde restent cependant ouverts. Ceux en milieu scolaire le seront uniquement pour les enfants des travailleurs essentiels.

Tous les lieux de culte seront également fermés, à l’exception des funérailles, qui devront toutefois se limiter à 25 personnes.

Pour donner un répit aux propriétaires pris avec un problème de manque de personnel, les commerces de la province seront fermés le dimanche, à l’exception de certains établissements comme les dépanneurs, les stations d’essence et les pharmacies.

Québec suspend par ailleurs la pratique des sports intérieurs, à moins que l’activité soit pratiquée seul, à deux ou par les membres d’une même famille.

On va vivre des jours très durs

La santé publique craint que la capacité hospitalière du Québec soit dépassée dans les prochaines semaines. Déjà, la province prévoit une hausse de 16 000 nouvelles infections vendredi. Un chiffre sous-estimé, a prévenu François Legault, en raison des ratés dans le dépistage.

Les hospitalisations ont quant à elles doublé en une semaine, et il y a de moins en moins de personnel pour soigner les malades. L’absentéisme atteint des records dans les hôpitaux. Pas moins de 12 500 employés manquent à l’appel dans les établissements de soins de la province.

Le premier ministre a d’ailleurs envoyé un message à ces travailleurs, les appelant à venir prêter main-forte si leur état de santé le leur permet. Une question de vie ou de mort, selon lui. Je ne peux pas croire que, dans les prochaines semaines, on va laisser des Québécois sans soins. On a besoin de vous autres, a-t-il dit.

Québec a déjà autorisé le rappel en poste d’employés déclarés positifs à la COVID-19, mais asymptomatiques. La mesure a été appliquée jeudi, en Estrie.

Des mesures à venir pour les non-vaccinés

François Legault a également demandé à la santé publique la possibilité d’élargir l’utilisation du passeport vaccinal, et donc de l’exiger dans davantage de lieux publics et de commerces.

L’objectif, selon le premier ministre : protéger les non-vaccinés contre eux-mêmes, eux qui comptent pour 10 % de la population, mais pour 50 % des hospitalisations.

Je comprends qu’il y a une certaine colère dans la population à l’égard des non-vaccinés, a dit M. Legault. Mais pas question de cesser de les soigner. Ce n’est pas le genre de société qu’on veut au Québec. On n’ira pas dans cette direction-là.

Avec Radio-Canada par Jean-François Thériault

Covid-19 : au Portugal, 45 communes soumises à un nouveau couvre-feu

juillet 1, 2021

Le variant Delta du coronavirus a provoqué un rebond épidémique dans le pays. La nouvelle mesure entrera en vigueur à partir de vendredi

Le Portugal contraint de resserrer la vis. Confronté à une recrudescence de l’épidémie de coronavirus due au variant Delta, le pays a décidé de rétablir un couvre-feu nocturne à partir du vendredi 2 juillet 2021 dans 45 communes. Lisbonne, la capitale, en fait partie, a annoncé, ce jeudi, le gouvernement. « Nous constatons que la semaine dernière, la situation s’est à nouveau détériorée », a déclaré la ministre de la Présidence, Mariana Vieira da Silva, lors d’une conférence de presse, ajoutant que « les conditions ne sont pas remplies pour dire que la pandémie est sous contrôle ».

Cette « interdiction de circuler sur la voie publique » s’appliquera aux municipalités les plus touchées en taux d’incidence au Covid-19, parmi lesquelles la capitale portugaise et Porto, tous les jours de 23 heures à 5 heures du matin. La réduction des horaires des cafés et des restaurants, déjà en place à Lisbonne et dans deux autres communes, va également être élargie à 16 nouvelles villes. Ces établissements devront fermer leurs portes à 22 h 30 en semaine et 15 h 30 le week-end.

Le variant Delta prédominant sur le territoire

Le Portugal a franchi mercredi la barre des 2 000 nouveaux cas en 24 heures, selon le bilan des autorités sanitaires. Il s’agit du plus haut niveau enregistré depuis la mi-février, quand le pays de 10 millions d’habitants se trouvait soumis à un confinement général. Le variant Delta du coronavirus, qui a provoqué un rebond des contagions au Portugal ces dernières semaines, est devenu prédominant dans le pays, selon les données rendues publiques par la Direction générale de santé (DGS). Au Portugal, plus de 50 % de la population a déjà reçu une première injection et 32 % est complètement vaccinée, d’après les dernières données de la DGS. Depuis le début de la pandémie, le Portugal a enregistré 17 101 morts et 882 002 cas d’après les autorités sanitaires.

Par Le Point avec AFP

Canada-Québec/Fin du couvre-feu: un grand pas vers le retour à la normale

mai 28, 2021

C’est ce vendredi qu’entrent en vigueur plusieurs assouplissements des mesures sanitaires visant à lutter contre la pandémie, partout au Québec. Parmi ces assouplissements, la levée du couvre-feu est assurément un gros morceau qui représente un pas majeur en vue de retrouver un semblant de normalité.

La levée du couvre-feu permettra aux gens de combiner restaurant et spectacle ou cinéma, au lieu de devoir choisir entre les deux.

© SYLVAIN MAYER, LE NOUVELLISTE La levée du couvre-feu permettra aux gens de combiner restaurant et spectacle ou cinéma, au lieu de devoir choisir entre les deux.

Dans le domaine du divertissement, ce moment est attendu avec impatience. Au cinéma Le Tapis Rouge, à Trois-Rivières, la fin du couvre-feu signifie le retour des séances en soirée.

«On est bien contents, on revient à la vie normale», se réjouit Joël Côté, copropriétaire du cinéma.

Celui-ci explique que pour bien des travailleurs, aller au cinéma était soit impossible, soit devenu une source de stress, en raison de la crainte d’arriver trop tard à la maison. Le retour des séances du soir s’annonce d’autant plus intéressant avec l’arrivée de l’été.

«L’été, quand il fait beau, surtout la fin de semaine, les gens soupent dehors et vont dans la piscine. Sept heures moins le quart, c’est trop tôt pour le cinéma. Mais vers 20h, 20h15, c’est parfait, parce qu’on se couche plus tard. Pour nous, ça fait partie de l’expérience du cinéma», souligne M. Côté.

Joël Côté se réjouit de la levée du couvre-feu, qui permettra le retour des séances du soir au cinéma Le Tapis Rouge.

© FRANÇOIS GERVAIS, LE NOUVELLISTE Joël Côté se réjouit de la levée du couvre-feu, qui permettra le retour des séances du soir au cinéma Le Tapis Rouge.

Ce dernier ajoute se réjouir pour les restaurateurs du centre-ville, puisque leurs clients n’auront plus à choisir entre une sortie au cinéma ou au restaurant: ils pourront combiner les deux.

«C’est l’économie circulaire locale qui reprend», mentionne-t-il.

Le copropriétaire du Tapis Rouge attend cependant avec impatience la mi-juin, alors que le passage de la région en zone jaune – si tout se passe comme prévu – lui permettra d’augmenter la capacité de ses salles, qui ne peuvent accueillir pour l’instant que 20 à 25 % de l’auditoire normal.

Une expérience rehaussée

Pour Steve Dubé, directeur général de la Corporation des événements de Trois-Rivières, la fin du couvre-feu signifie que les spectateurs qui iront à l’Amphithéâtre Cogeco vivront eux aussi une expérience plus près de celle que l’on pouvait vivre avant la pandémie.

«Quand les gens arrivent et que le spectacle commence à la noirceur, l’éclairage a un impact beaucoup plus grand. Ce n’est pas du tout la même ambiance et le même déploiement que les gens vivent. Donc c’est certain que l’expérience avant, pendant et après le spectacle va être rehaussée de beaucoup avec la fin du couvre-feu», illustre-t-il.

Comme M. Côté, il dit lui aussi se réjouir du fait que les spectateurs pourront aller souper au restaurant ou prendre un verre sur une terrasse avant de se rendre à leur spectacle. Un autre élément qui rendra leur expérience d’autant plus agréable, croit-il.

L’Amphithéâtre Cogeco pourra accueillir entre 1000 et 1500 personnes avec l’assouplissement des mesures sanitaires, estime Steve Dubé.

© OLIVIER CROTEAU, LE NOUVELLISTE L’Amphithéâtre Cogeco pourra accueillir entre 1000 et 1500 personnes avec l’assouplissement des mesures sanitaires, estime Steve Dubé.

La fin du couvre-feu et l’augmentation de la capacité maximale de l’amphithéâtre contribuent également à améliorer le moral de son équipe, durement éprouvée par cette pandémie à force de voir des spectacles reportés ou annulés. Enfin, les allégements annoncés par Québec la semaine dernière donnent plus de latitude dans l’élaboration de la programmation de l’Amphithéâtre.

«Le fait de pouvoir opérer avec plus de personnes, ça a fait en sorte que le téléphone a beaucoup plus sonné ces derniers jours. On reçoit beaucoup de téléphones de gens qui veulent se produire ici, ça redevient intéressant pour eux. On va avoir des annonces intéressantes concernant la programmation dans les prochaines semaines», promet M. Dubé.

Un couvre-feu coûteux

En plus de limiter les déplacements de la population entre 20h et 5h depuis le 9 janvier, puis entre 21h30 et 5h depuis le 8 mars, le couvre-feu aura coûté cher à de nombreuses personnes dans la région. À elle seule, la Direction de la police de Trois-Rivières (DPTR) a remis 506 constats d’infraction et deux rapports d’infraction générale à des personnes qui ne respectaient pas le couvre-feu sans raison jugée valable, entre le 9 janvier et le 26 mai. Pour le reste de la Mauricie, entre le 11 janvier et le 23 mai, la Sûreté du Québec a pour sa part remis 314 constats d’infraction en lien avec le couvre-feu. Au Centre-du-Québec, ce corps policier en a remis presque le double, soit 586 constats.

En ce qui concerne les rassemblements et les manifestations, la DPTR a émis à ce jour 106 constats d’infraction et 113 rapports d’infraction générale. Pour la Mauricie, la SQ a remis 217 constats pour des infractions à la Loi sur la santé publique, en excluant le couvre-feu. Au Centre-du-Québec, ce sont 327 constats qui ont été émis pour les mêmes raisons.

En comparant les données publiées sur une base hebdomadaire sur Twitter par la SQ, il est par ailleurs possible de constater que la semaine lors de laquelle le plus grand nombre de constats ont été émis est celle du 29 mars au 5 avril, soit la semaine du congé de Pâques. En Mauricie, 77 constats ont été remis au cours de ces sept jours, dont 30 pour le couvre-feu. Au Centre-du-Québec, 102 constats ont été remis, dont 56 pour le non respect du couvre-feu.

Les deux dernières semaines, soit celles du 10 au 16 mai et du 17 au 23 mai ont toutefois été plus calmes, du moins en Mauricie. La DPTR confirme aussi que moins de constats ont été remis en lien avec le couvre-feu au cours des dernières semaines, mais n’est pas en mesure d’expliquer cette accalmie. On assure toutefois qu’il ne s’agit pas d’une commande transmise à ses patrouilleurs pour que ceux-ci favorisent les avertissements au détriment des amendes.

Plus de la moitié des amendes contestées ou impayées

De son côté, le Bureau des infractions et amendes du Québec rapporte qu’entre le 1er avril 2020 et le 15 mai 2021, 605 constats d’infraction à la Loi sur la santé publique ont été émis dans le district judiciaire de Trois-Rivières. De ce nombre, 326 ont été contestés ou n’ont pas été payés dans le délai légal de 30 jours, soit plus de la moitié (53 %). Le Bureau a reçu un plaidoyer de culpabilité ou le paiement sans plaidoyer pour 111 constats et attendait toujours un plaidoyer pour les 168 constats restants. Le montant total des amendes remises s’élève à 901 021 $.

Pour le district judiciaire de Saint-Maurice, sur 174 constats émis, 115 sont contestés ou impayés, soit 66 %. Vingt constats ont été payés et un plaidoyer est toujours attendu pour les 39 restants. Le montant des amendes remises dans ce district totalise 265 677 $.

Dans le district de Drummond, 63 % des 530 constats remis sont soit contestés, pour un montant total de 784 325 $. Le Bureau des infractions et amendes indique par ailleurs que deux constats ont été signifiés à des personnes morales, soit des organismes ou des entreprises. Ces deux amendes totalisent 4 546 $.

Enfin, dans le district d’Arthabaska, 69 % des 172 constats émis sont contestés ou demeurent impayés. Le montant total des amendes dans ce district judiciaire est de 260 507 $.

Pour l’ensemble du Québec, des constats d’infraction à la Loi sur la santé publique ont été remis à 17 700 personnes et 82 personnes morales. Le montant total des amendes s’élève à 26,6 millions $.

District de Trois-Rivières

Plaidoyer non coupable: 139

Plaidoyer coupable : 49 

Sans plaidoyer avec paiement complet : 62 

Défaut de plaider dans le délai légal : 187 

En attente du plaidoyer : 168 

Total : 605 

Montant total des amendes : 901 021 $

District de Saint-Maurice

Plaidoyer non coupable: 39

Plaidoyer coupable : 15

Sans plaidoyer avec paiement complet : 5

Défaut de plaider dans le délai légal : 76

En attente du plaidoyer : 39

Total : 174

Montant total des amendes : 265 677 $

District de Drummond

Plaidoyer non coupable : 151

Plaidoyer coupable : 40

Sans plaidoyer avec paiement complet : 29

Défaut de plaider dans le délai légal : 185

En attente du plaidoyer : 125

Total : 530

Montant total des amendes : 784 325 $

District d’Arthabaska

Plaidoyer non coupable: 74

Plaidoyer coupable : 7

Sans plaidoyer avec paiement complet : 8

Défaut de plaider dans le délai légal : 45

En attente du plaidoyer : 38

Total : 172

Montant total des amendes : 260 507 $

Ensemble du Québec

Constats remis à des personnes physiques : 17 700

Constats remis à des personnes morales : 82

Montant total des amendes : 26 670 575 $

Avec Matthieu Max-Gessler – Le Nouvelliste 

Canada: Québec met en place un couvre-feu pour casser la deuxième vague

janvier 6, 2021

EN DIRECT – Le gouvernement Legault adopte une série de nouvelles mesures qui entreront en vigueur en fin de semaine sur presque tout le territoire québécois afin de freiner la progression de la pandémie de COVID-19.

François Legault

© Ivanoh Demers/Radio-Canada François Legault

Comme Radio-Canada l’avait annoncé mardi, ces restrictions supplémentaires seront applicables du 9 janvier au 8 février dans toutes les régions du Québec, à l’exception du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James.

Pour la première fois, un couvre-feu sera imposé de 20 h à 5 h du matin, un peu à l’image de celui en vigueur dans l’Hexagone. Durant cette période, seuls les déplacements essentiels seront autorisés, et des amendes variant de 1000 $ à 6000 $ pourront être données à ceux qui ne respectent pas les consignes.

«Le couvre-feu, il passe un signal, mais, aussi, il permet de diminuer les activités et les possibilités de contacts à partir d’une certaine heure», explique pour sa part le directeur national de santé publique Horacio Arruda. «Il y en a eu des rassemblements, il y a eu des contacts», dit-il, à la lumière des chiffres des derniers jours.

Horacio Arruda, directeur national de santé publique

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Horacio Arruda, directeur national de santé publique

La fermeture des commerces non essentiels sera également maintenue pour quatre semaines, et ceux qui demeureront ouverts, comme les supermarchés et les dépanneurs, devront fermer leurs portes dès 19 h 30 pour s’arrimer avec le couvre-feu. Seuls les restaurants offrant un service de livraison, les pharmacies et les stations-service pourront continuer d’opérer en soirée.

La cueillette à la porte sera toutefois permise dans les commerces non essentiels, précise le gouvernement. Il sera donc possible d’acheter un produit en ligne et de se le faire livrer ou d’aller le chercher sur place, mais sans entrer dans le commerce.

Par ailleurs, les activités extérieures permises pendant les Fêtes seront désormais limitées aux bulles familiales; le ski de soirée sera interdit; et les cérémonies funéraires seront limitées à un maximum de 10 personnes.

En ce qui concerne la réouverture des écoles, le retour en classe au primaire aura lieu comme prévu lundi, tandis que le secondaire reprendra une semaine plus tard, le 18 janvier.

Québec entend toutefois resserrer les mesures sanitaires dans les établissements d’enseignement. Au primaire, par exemple, tous les enfants devront mettre un masque dans les corridors et les aires communes. De plus, les élèves de 5e et 6e année devront porter le couvre-visage en tout temps, y compris dans les salles de classe.

Des masques de procédure, plus sécuritaires que les masques artisanaux, seront également distribués dans les écoles secondaires. Québec promet la livraison de deux couvre-visages par jour par élève et par enseignant.

À partir du 11 janvier, les enfants pourront aussi aller étudier dans les bibliothèques municipales. Le gouvernement souhaite ainsi que ceux qui n’ont pas Internet à la maison puissent y avoir accès.

À noter que les services de garde demeureront ouverts, et les places en services de garde en milieu scolaire continueront d’être réservées pour les enfants des travailleurs essentiels.

Avec ces nouvelles mesures, le gouvernement Legault veut frapper un grand coup pour faire reculer la pandémie, qui a repris de la vigueur depuis l’automne.

Le Québec recensait mercredi 2641 nouveaux cas de COVID-19 (pour un total de 217 999 cas depuis le début de la pandémie); 47 décès supplémentaires (pour un total de 8488 morts depuis mars); 1393 hospitalisations (soit 76 de plus que mardi), dont 202 aux soins intensifs (en hausse de 8 par rapport à la veille).

L’évolution de la COVID-19 au Québec

Les Québécois ont vécu un premier confinement particulièrement sévère le printemps dernier, quand le gouvernement Legault a ordonné la fermeture des écoles, des cégeps et des universités.

En outre, de larges pans de l’économie avaient été mis sur pause, des barrages routiers avaient été mis en place à l’entrée de certaines régions, et les établissements pour aînés avaient reçu la directive de ne plus laisser personne entrer ou sortir.

Ces mesures avaient été progressivement abandonnées ou allégées avec l’arrivée de la saison estivale, mais le retour en force de la COVID-19 a forcé le gouvernement de François Legault à ajuster le tir au cours des derniers mois, notamment en annulant les célébrations de Noël et du jour de l’An.

Avec Radio-Canada par Jérôme Labbé 

Canada/Reconfinement total : comment imposer un couvre-feu aux Québécois?

janvier 5, 2021

Tout indique que le Québec se dirige de nouveau vers un confinement « total » pour quelques semaines, un peu comme au printemps dernier. À la différence que la santé publique recommanderait cette fois l’imposition d’un couvre-feu. Or, comment appliquer cette mesure stricte?

Un policier français vérifie si un conducteur a une permission de déplacement le 15 décembre 2020, alors que le couvre-feu de 20h à 6h était nouvellement en vigueur.

© Alain Jocard/Getty Images Un policier français vérifie si un conducteur a une permission de déplacement le 15 décembre 2020, alors que le couvre-feu de 20h à 6h était nouvellement en vigueur.

D’abord, prenons l’exemple des autres pays qui ont emprunté cette voie. En France, un couvre-feu peut être imposé dès 18 h dans les départements les plus affectés par la pandémie.

Le scénario envisagé au Québec est plutôt une obligation de rester à domicile de 20 h ou 21 h jusqu’à 5 h ou 6 h le lendemain matin. Les modalités seraient définies aujourd’hui, selon nos informations.

Dès samedi, seuls les commerces essentiels, tels que les épiceries et les pharmacies, resteraient ouverts en dehors des heures d’un potentiel couvre-feu. Les écoles primaires et secondaires demeureraient quant à elle fermées quelques semaines de plus.

Un horaire est affiché dans la vitrine d'une boutique, alors que 15 départements français doivent respecter le couvre-feu.

© Sebastien Bozon/Getty Images Un horaire est affiché dans la vitrine d’une boutique, alors que 15 départements français doivent respecter le couvre-feu.

L’exemple de la France

Comme en France, quiconque n’a pas l’autorisation de se trouver sur la route une fois le couvre-feu en vigueur pourrait donc recevoir une amende salée, selon un expert.

«Les policiers auront le mandat d’intercepter des véhicules en fonction de : est-ce que cette personne-là est justifiée de circuler?», explique Daniel Dancause, spécialiste en mesure d’urgence et conseiller principal chez Prudent groupe conseil, à l’émission matinale Première heure.

«En France, on a déployé le couvre-feu avant les Fêtes, puis on a resserré les mesures», ajoute-t-il. «Ce sont les gendarmes, les policiers municipaux, les militaires qui font des contrôles de la population. Le citoyen doit s’inscrire un site internet pour avoir une autorisation de circulation.»

Daniel Dancause, conseiller spécialisé en mesure d'urgence

© /Radio-Canada Daniel Dancause, conseiller spécialisé en mesure d’urgence

Une première depuis la crise d’Octobre?

Contrairement à d’autres régions du globe, le Québec a bien peu d’expérience en matière de couvre-feu. Il faut remonter en fait à la crise d’Octobre 1970.

«C’était le contrôle de la circulation pour s’assurer que les gens qui circulent sur la route ont l’autorisation de le faire et qu’ils sont rattachés uniquement aux services essentiels», rappelle M. Dancause.

Selon lui, l’expérience du confinement de mars dernier contribuera à une mise en application rapide d’un couvre-feu version 2021, si celui-ci est décrété dès samedi.

«Quand on a fermé le Québec en mars dernier, les entreprises ont émis des attestations aux travailleurs [pour leur libre circulation]. Il y a quand même déjà des mesures existantes. Est-ce qu’on ira comme en France où il faut s’inscrire en ligne? Je ne suis pas certain. Je pense que ce sont les mesures de mars qui s’appliqueraient d’abord,» pense l’expert.

Daniel Dancause doute cependant de la capacité des forces policières actuelles à tenir plusieurs points de contrôle simultanément.

«Il faut s’attendre plutôt à ce que les policiers vont continuer de patrouiller comme ils le font présentement, mais qu’ils auront la capacité d’intercepter des véhicules pour vérifier si la personne est autorisée à circuler.»

L'île de Montréal compte de nombreux accès.

© Sébastien St-Jean/Getty Images L’île de Montréal compte de nombreux accès.

Couvre-feu ou pas?

Quoiqu’il en soit, Daniel Dancause n’est pas convaincu que la rumeur du couvre-feu va réellement se concrétiser lors de l’annonce de demain.

«La construction va probablement arrêter. Je pense qu’on va malheureusement mettre encore le Québec sur pause. Mais est-ce que le gouvernement va seulement brandir cette possibilité-là [du couvre-feu] demain? »

Chose certaine, la pandémie gagne constamment du terrain dans la plupart des régions urbaines du Québec, observe l’expert.

«L’objectif est de protéger notre système de santé qui est actuellement à sa limite. Ce n’est pas juste une question d’occupation des lits. Des fois, on a l’espace, mais on n’a pas le personnel. »

Daniel Dancause rappelle que le système de santé québécois mène une lutte acharnée depuis plusieurs mois déjà. «C’est l’usure du temps, le surménage qui fait que nos ressources tombent au combat».

Dans son plus récent bilan, la santé publique a recensé 2546 nouveaux cas, 32 décès et 69 hospitalisations de plus au Québec.

Radio-Canada par Alain Rochefort avec les informations de Sébastien Bovet et Alexandre Duval

France/Covid-19 : voici la liste des départements où le couvre-feu est avancé à 18h

janvier 1, 2021

La mesure entre en vigueur à compter du samedi 2 janvier. Par ailleurs, les établissements culturels ne rouvriront pas le 7 janvier.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a annoncé vendredi 1er janvier la liste des départements où le couvre-feu sera avancé à 18h à compter du 2 janvier pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Ces 15 départements situés depuis les Ardennes jusqu’aux Alpes-Maritimes en passant par la Bourgogne sont : Hautes-Alpes, Alpes-Maritimes, Doubs, Ardennes, Jura, Marne, Haute-Marne, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Haute-Saône, Vosges, Territoire de Belfort, Moselle, Nièvre et Saône-et-Loire.

«Dans une semaine nous ferons le point sur cette mesure», a dit le porte-parole, en soulignant que le couvre-feu avancé s’appliquerait de manière uniforme sur l’ensemble du territoire des départements concernés, sans distinction entre les villes et les zones rurales. Les personnes souhaitant sortir de chez elles en raison d’un motif valable devront utiliser, a-t-il expliqué, «la même attestation que celle que connaissent les Français actuellement pour le couvre-feu à vingt heures».

L’année 2021 commence comme 2020 a terminé, sous la menace d’une nouvelle flambée de l’épidémie que les autorités tentent d’empêcher avec cette mesure.

Lors de ses voeux aux Français jeudi, le président Emmanuel Macron s’est voulu rassurant en exprimant son «espoir» pour 2021 avec le vaccin, tout en avertissant que «les premiers mois de l’année seront difficiles», avec une épidémie qui pèsera «au moins jusqu’au printemps».

Le Conseil scientifique avait dit mardi craindre un probable rebond «incontrôlé» dans les prochaines semaines, notamment à l’occasion des fêtes. Le nombre de contaminations se situait jeudi aux alentours de 20.000 en 24 heures, selon Santé Publique France, qui craint également «une possible flambée épidémique dans les semaines à venir», notant une circulation toujours «élevée» du virus.

Face à ce risque, le gouvernement s’est dit déjà dit sceptique sur le fait que les lieux culturels puissent rouvrir le 7 janvier. Une information officiellement confirmée par Gabriel Attal. Le 7 janvier correspond selon lui à la date du prochain point sur les conditions sanitaires.

Par Le Figaro avec AFP

France/Couvre-feu à 18h : «Beaucoup de commerces sont en danger de mort»

décembre 31, 2020

Le président de la CPME du Grand Est, Stéphane Heit, explique que le couvre-feu avancé dans certains départements pour lutter contre le Covid-19 n’est «pas du tout compris» par les commerçants.

Le couvre-feu sera avancé à 18 heures dans certains départements à partir du 2 janvier. La liste sera officiellement arrêtée le 1er janvier en fonction des dernières données mais une vingtaine de départements sont potentiellement concernés.

Parmi ces départements, neuf se trouvent dans le Grand Est. Interrogé par Le Figaro, le président de la CPME Grand Est, Stéphane Heit, relaie le désarroi des commerçants de terrain. «Nous avons enregistré des réactions très vives de la part des TPE-PME. Il y a un gros ras-le-bol et cette décision n’est pas du tout comprise», explique-t-il. Avant de poursuivre : «Beaucoup de commerçants sont déjà au bord de l’épuisement et nous disent : ‘s’il y a un couvre-feu à 18h, on est mort’».

«Ce couvre-feu va tuer encore un peu plus l’économie», dénonce Stéphane Heit, évoquant également des conséquences humaines et psychologiques dramatiques. «Pour nous les mesures mises en place ne sont pas les bonnes et n’auront aucun impact sanitaire. On a l’impression qu’on assiste à la même chose qu’avec les masques. La priorité devrait être la vaccination», estime-t-il.

«Les commerçants veulent qu’on les laisse travailler»

Le président de la CPME du Grand Est explique que ce couvre-feu va concentrer l’activité sur des horaires encore plus réduits et empêcher les gens qui sortent du travail de faire des achats. Selon lui, environ 25% du chiffre d’affaires des commerçants est réalisé sur le créneau 17h-19h.

«Les gens qui sortent du travail à 17h ou 17h30 ne vont plus du tout aller dans les commerces d’habillement», illustre-t-il. La filière textile est particulièrement en danger car de nombreux commerçants ont encore des stocks d’été sur les bras. Ils redoutent une situation similaire avec leurs stocks d’hiver. Il y a aussi les salons de coiffure qui ont généralement une grosse activité à partir de 17h ou encore les restaurateurs qui avaient mis en place un système de vente à emporter pour limiter les dégâts. «Les commerçants veulent qu’on les laisse travailler», résume Stéphane Heit.

Certes, les dirigeants de petits commerces ont reçu des aides, mais «elles sont insignifiantes à côté des pertes», estime le président de la CPME du Grand Est. «De nombreux commerçants sont déjà lourdement endettés. Ils ont doublé leur endettement avec les PGE (prêts garantis par l’État, NDLR) et ils doivent toujours payer leurs loyers», poursuit-il. «Il faudrait une indemnisation de la perte d’exploitation et une indemnisation du stock à hauteur de 60 ou 65% du chiffre d’affaires (CA). En Allemagne, par exemple, l’indemnisation des restaurateurs est à 75% du CA», enchaîne Stéphane Heit. «En France, une entreprise qui fait 280.000 euros de CA en novembre, en temps normal, reçoit une aide plafonnée à 10.000 euros», déplore-t-il.

Avec Le Figaro par Guillaume Poingt