Posts Tagged ‘couvre feu’

Coronavirus: 74 jeunes arrêtés à Dakar pour violation du couvre-feu

avril 21, 2020

La police sénégalaise a annoncé mardi 21 avril l’interpellation dans la nuit de lundi à mardi de 74 jeunes d’un quartier populaire de Dakar pour violation du couvre-feu instauré contre le Covid-19.

«Ils sont 74 jeunes de la Médina à avoir été interpellés entre 20H00 et 06H00 pour non respect du couvre-feu. Ils traînaient dans la rue», a déclaré à l’AFP un responsable de la police. Des jeunes de la Médina, quartier jouxtant le centre de Dakar, bravent depuis plusieurs jours le couvre-feu annoncé le 23 mars par le président Macky Sall pour tout le pays. Des images circulant sur les réseaux sociaux les montrent défiant la police ou jubilant en groupe au retour de proches sortis de quarantaine.

Inquiétude autour d’une transmission «communautaire»

Le ministre sénégalais de l’Intérieur Aly Ngouille Ndiaye avait prévenu que ces actes allaient cesser. Le Sénégal a déclaré officiellement 412 cas de contamination par le Covid-19, et cinq décès. Plusieurs cas ont été rapportés à la Médina. La pandémie est restée jusqu’alors relativement contenue au Sénégal, mais les autorités observent avec préoccupation la progression des transmissions dites «communautaires», c’est-à-dire que l’on ne peut relier à des cas connus.

Les autorités sénégalaises ont fermé les frontières et les écoles et interdit les rassemblements et les prières collectives ainsi que la circulation entre les villes. Elles ont imposé dimanche le port obligatoire du masque dans les services publics et privés, les commerces et les transports. Elles se sont gardées jusqu’alors d’imposer le confinement. Il représenterait un défi considérable dans ce pays pauvre dont une bonne partie de la population vit au jour le jour.

Par Le Figaro avec AFP

Colombie: couvre-feu à Bogota après violences et pillages

novembre 22, 2019

 

Les Colombiens se sont à nouveau mobilisés vendredi en tapant sur des casseroles et un couvre-feu a été décrété à Bogota après de nouvelles violences, au lendemain de manifestations massives contre le président de droite Ivan Duque, marquées par trois morts.

Le couvre-feu, d’abord décrété dans trois quartiers populaires du sud de Bogota, a été étendu à toute la capitale de sept millions d’habitants, en réponse à des troubles et pillages dans la journée. «A partir de huit heures du soir, couvre-feu dans les quartiers de Bosa, Ciudad Bolivar et Kennedy. A partir de neuf heures du soir, dans toute la ville. Les deux couvre-feu vont jusqu’à 06 heures» samedi, a annoncé le maire Enrique Peñalosa dans un message communiqué aux médias.

En milieu d’après-midi, quelques centaines de personnes s’étaient rassemblées pour des «cacerolazos» (concerts de casseroles) notamment place Bolivar, coeur historique de Bogota, proche de la présidence. Mais les rassemblements dans la capitale se sont ensuite dispersés, la police anti-émeute faisant usage de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogènes. Dans le nord de Bogota, des habitants restaient sur les trottoirs de certains quartiers, pour faire résonner marmites et poêles.

En début de journée, les autorités avaient fait état d’un retour à la tranquillité sur l’ensemble du territoire. Mais peu après, de nouveaux incidents opposaient des habitants du sud de Bogota aux forces de l’ordre, près de stations de transport urbain, fermées en raison des dégâts la veille. Des supermarchés ont été pillés et des autobus attaqués dans ce même secteur, au lendemain de la plus importante mobilisation sociale de ces dernières années contre le gouvernement national.

Dès vendredi matin, Enrique Peñalosa avait annoncé l’instauration de la «loi sèche» (interdiction de vente d’alcool) jusqu’à samedi à la mi-journée, invoquant la crainte de «vandales» pouvant générer d’autres violences. Plus tard, devant la presse, il a précisé que «près de 20.000» policiers et militaires étaient déployés dans la capitale, et avaient procédé à environ 230 arrestations. «En aucune manière, nous n’allons permettre qu’une infime minorité de délinquants détruise notre ville», a-t-il affirmé. Le président Duque a indiqué sur Twitter avoir pris contact avec le maire pour une «évaluation et un suivi des récentes altérations à l’ordre public».

Des appels à de nouveaux «cacerolazos» avaient été lancés dès jeudi via les réseaux sociaux. Cette forme de protestation, qui consiste à taper sur des marmites chez soi ou dans la rue, était inusitée en Colombie jusqu’à la veille au soir, où certains ont alors résonné pendant environ de trois heures. Dénonçant des mesures économiques, sociales et sécuritaires du gouvernement, des centaines de milliers de personnes avaient manifesté jeudi dans tout le pays.

A la grève et aux marches, convoquées par des syndicats de travailleurs, s’étaient joints étudiants, indigènes, organisations de défense de l’environnement et d’opposition. Mais vendredi, les organisateurs du mouvement se sont désolidarisés des nouvelles mobilisations. «La grève est terminée (…) il faut revenir à la normalité», a déclaré Julio Roberto Gomez, président de la Confédération générale du travail.

Le ministre de la Défense, Carlos Holmes Trujillo, avait assuré vendredi matin que le pays était à nouveau «tranquille» après des incidents violents ayant suivi la veille la protestation majoritairement «pacifique». Trois civils sont morts, et 122 autres, ainsi que 151 membres des forces de l’ordre, ont été blessés, tandis que 98 personnes ont été arrêtées, cela dans diverses villes du pays, selon un bilan officiel.

Onze enquêtes préliminaires ont été ouvertes sur de «possibles agissements irréguliers» des forces de l’ordre envers des manifestants à Bogota, Cali (ouest), Manizales (centre) et Carthagène des Indes (nord), selon le ministre. L’ONG de défense des droits humains Amnesty International a indiqué sur Twitter avoir reçu des «témoignages, photos et vidéos extrêmement préoccupants» montrant un «usage excessif de la force» de la part de policiers anti-émeute.

Jeudi soir, le chef de l’Etat avait affirmé avoir entendu les manifestants, mais sans répondre à la demande de réunion, estimant que «le dialogue social» doit se tenir «avec tous les secteurs de cette société». Ivan Duque, au pouvoir depuis août 2018, pâtit d’un taux d’impopularité de 69% selon les sondages.

Outre une politique de sécurité focalisée sur le narcotrafic, les manifestants dénonçaient des velléités de flexibiliser le marché du travail, d’affaiblir le fonds public des retraites en faveur d’entités privées, et de reculer l’âge de la retraite. Certains réclamaient aussi des moyens pour l’enseignement public, la protection des indigènes et défenseurs des droits, victimes de menaces et d’assassinats, ainsi que le respect de l’accord de paix signé en 2016 avec l’ex-guérilla Farc, que Ivan Duque juge trop laxiste.

La mobilisation des Colombiens intervient dans un climat agité en Amérique latine, avec des crises socio-politiques, sans dénominateur commun, en Equateur, puis au Chili et en Bolivie.

Par Le Figaro.fr avec AFP

L’armée décrète un couvre-feu à Bagdad de minuit à six heures du matin

octobre 28, 2019

 

L’armée irakienne a décrété lundi 28 octobre un couvre-feu de minuit à six heures du matin à Bagdad, où des milliers de manifestants occupent depuis jeudi soir la place Tahrir pour réclamer «la chute du régime».

Ce couvre-feu est instauré «jusqu’à nouvel ordre», précise l’armée dans un communiqué alors que depuis dimanche, étudiants et écoliers sont venus grossir les rangs de la contestation, lancée le 1er octobre et qui a été marquée par plus de 200 morts.

Le Figaro.fr avec AFP

Syrie: couvre-feu à Raqa contre l’EI et le mécontentement populaire

juin 24, 2018

Les forces de sécurité à Raqa annoncent un couvre-feu de deux jours à partir de dimanche pour prévenir d’éventuelles attaques du groupe Etat islamique (EI) dans cette ville du nord de la Syrie / © AFP/Archives / DELIL SOULEIMAN

Les forces de sécurité à Raqa ont annoncé un couvre-feu de deux jours à partir de dimanche pour prévenir d’éventuelles attaques du groupe Etat islamique (EI) dans cette ville du nord de la Syrie.

L’EI a été chassé en octobre dernier de son bastion de Raqa par les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde soutenue par les Etats-Unis, qui ont ensuite formé des unités de police pour y maintenir la sécurité.

Le couvre-feu permet également aux FDS de museler un groupe de combattants rivaux à Raqa, ont estimé la faction concernée et l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

Dimanche, les FDS ont indiqué avoir reçu « des informations selon lesquelles des groupes terroristes travaillant pour le compte de Daech (…) sont entrés dans la ville de Raqa pour mener des attaques ».

Elles ont donc décidé de mettre en place « l’état d’urgence et un couvre-feu dans la ville de Raqa à partir de 05H00 (02H00 GMT) dimanche jusqu’à 05H00 mardi ».

Quelque 5.000 combattants des FDS se sont déployés à Raqa et dans certains secteurs de sa province pour une vaste opération de sécurité, selon l’OSDH.

L’EI a perdu son fief syrien de Raqa après quatre mois de violents combats et de bombardements par les FDS et la coalition sous commandement américain, qui ont laissé la ville en ruines.

Les FDS ont depuis fait reculer l’EI ailleurs dans le nord et l’est de la Syrie, réduisant les territoires contrôlés par les jihadistes à quelques poches isolées. Mais, parallèlement, les incidents liés à la sécurité à Raqa se sont multipliés ces dernières semaines.

Vendredi, l’EI a revendiqué son premier attentat dans la province de Raqa depuis qu’il en a été chassé, annonçant via ses organes de propagande avoir fait exploser une bombe au nord-est de la cité.

Le 15 juin, un combattant des FDS a été tué à un barrage au nord de Raqa, une attaque de l’EI selon l’OSDH. Le groupe jihadiste n’a toutefois pas revendiqué cette attaque.

Outre les attaques jihadistes, la ville de Raqa, dévastée par des mois de combats, est aussi en proie à l’agitation en raison de manifestations des habitants réclamant un retour des institutions du régime de Bachar al-Assad.

Dans un communiqué, les FDS ont d’ailleurs précisé que le couvre-feu était mis en place en raisons des « opérations terroristes » mais aussi de ces manifestations « appuyées par le régime syrien ».

Des raids des forces de sécurité ont également « ciblé des cellules terroristes et des groupes qui ont pour but d’ébranler la sécurité et la stabilité » de Raqa, selon le texte qui rapporte des arrestations et la saisie d’armes et de munitions.

Parmi les cibles de ces raids, « la Brigade des révolutionnaires de Raqa », un groupe de combattants arabes originaires de la ville, qui ont autrefois combattu au côté des FDS.

Le couvre-feu a été imposé en raison des « tensions entre les FDS et la Brigade, plus que les attaques de l’EI », a estimé le directeur de l’Observatoire, Rami Abdel Rahmane.

La faction a indiqué sur sa page Facebook que ses hommes à Raqa étaient encerclés par les FDS.

Plus de 150 combattants de la Brigade et son chef ont été interpellés lors de cette opération, durant laquelle quatre combattants des FDS ont été tués, selon l’OSDH.

Romandie.com avec(©AFP / 24 juin 2018 18h57)

Tunisie: levée du couvre-feu instauré durant la contestation sociale de janvier

février 4, 2016

Tunis – Les autorités tunisiennes ont annoncé jeudi la levée du couvre-feu nocturne qui avait été instauré le 22 janvier sur l’ensemble du territoire face à une vague de contestation sociale inédite depuis la révolution de 2011.

Vu l’amélioration de la situation sécuritaire, il a été décidé à partir de jeudi (…) de lever le couvre-feu sur tout le territoire, a indiqué le ministère de l’Intérieur dans un communiqué.

La mesure, initialement valable de 20H00 (19H00 GMT) à 05H00 (04H00 GMT), avait été allégée à deux reprises et était en vigueur à partir de minuit depuis le 29 janvier.

La Tunisie, à la fois pionnière et unique rescapée du printemps arabe, a été le théâtre le mois dernier d’une contestation sociale inédite depuis sa révolution de 2011, partie de Kasserine, dans le centre défavorisé du pays.

Ce mouvement avait été déclenché par le décès le 16 janvier d’un jeune chômeur, Ridha Yahyaoui, électrocuté alors qu’il protestait notamment contre le retrait de son nom d’une liste d’embauche dans la fonction publique.

La colère s’était propagée au cours des jours suivants dans de nombreuses régions, les forces de l’ordre répondant dans certains cas aux jets de pierre de manifestants par des tirs de gaz lacrymogènes.

Dans la nuit du 21 au 22 janvier, des saccages de commerces avaient été enregistrés dans un quartier populaire de la banlieue de Tunis (Ettadhamen).

Le couvre-feu avait été instauré le lendemain par les autorités, au vu des atteintes contre les propriétés publiques et privées, et du danger pour la sécurité de la patrie et des citoyens.

La contestation sociale s’est par la suite essoufflée, même si des manifestations, le plus souvent pacifiques, se sont un temps poursuivies à Kasserine mais aussi à Sidi Bouzid, où l’immolation du vendeur ambulant Mohamed Bouazizi avait donné le départ de la révolte contre le régime du président Ben Ali fin 2010.

Les autorités tunisiennes avaient déjà instauré un couvre-feu, dans le Grand Tunis, le 24 novembre 2015 après un attentat suicide contre la sécurité présidentielle en pleine capitale. Douze agents avaient été tués dans cette attaque revendiquée par le groupe Etat islamique (EI).

Depuis cette date, l’état d’urgence est en vigueur en Tunisie, frappée l’an dernier par deux autres attentats revendiqués par l’EI, l’un en mars au musée du Bardo à Tunis et l’autre en juin contre un hôtel de Sousse, dans l’est (60 morts dont 59 touristes).

Romandie.com avec(©AFP / 04 février 2016 14h39)

  

Attentat en Tunisie: état d’urgence dans tout le pays, couvre-feu dans le Grand Tunis

novembre 24, 2015

Tunis – Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a proclamé mardi soir l’état d’urgence en Tunisie et un couvre-feu dans le Grand Tunis après l’attentat qui a fait au moins 12 morts contre un bus de la sécurité présidentielle.

Au vu de cet évènement douloureux, de cette grande tragédie (…) je proclame l’état d’urgence pour 30 jours aux termes de la loi et un couvre-feu dans le Grand Tunis à partir de 21H00 jusqu’à 05h00 du matin (20H00 GMT jusqu’à 04H00 GMT), a déclaré le chef de l’Etat dans une brève allocution télévisée.

Le porte-parole de la présidence, Moez Sinaoui, a précisé à l’AFP que le couvre-feu serait en vigueur jusqu’à nouvel ordre.

Au moins 12 agents de la sécurité présidentielle ont été tués et 20 blessés -un bilan officiel provisoire- dans une explosion qui a visé leur bus en plein centre de la capitale, un attentat terroriste selon les autorités.

La Tunisie avait levé début octobre l’état d’urgence imposé quelques jours après l’attentat qui avait fait 38 morts, tous des touristes étrangers, le 26 juin dans un hôtel en bord de mer près de Sousse.

Les Tunisiens avaient déjà vécu plus de trois ans sous état d’urgence, du 14 janvier 2011, quelques heures avant la fuite du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, à mars 2014.

Cette mesure d’exception permet notamment aux autorités d’interdire les grèves et les réunions de nature à provoquer ou entretenir le désordre, de fermer provisoirement salles de spectacle et débits de boissons ainsi que de prendre toute mesure pour assurer le contrôle de la presse et des publications de toute nature.

Romandie.com avec(©AFP / 24 novembre 2015 21h08)

L’assaut contre les pro-Morsi a fait plus de 525 morts en Egypte

août 15, 2013

Les violences qui ont éclaté pendant et après l’assaut contre les manifestants pro-Morsi mercredi au Caire ont fait plus de 525 morts, dont 482 civils. Les Egyptiens commençaient néanmoins jeudi à revenir timidement dans les rues malgré la situation.

Après que les violences ont rapidement gagné l’ensemble du pays, un couvre-feu nocturne a été décrété dans la moitié du pays et l’état d’urgence, dont la levée avait été un des acquis de la révolte populaire de 2011, a été déclaré pour un mois.

Détaillant le bilan de 525 morts, le chef des services d’urgence égyptiens a précisé que 202 personnes avaient péri sur la seule place Rabaa al-Adawiya, principal point de rassemblement occupé depuis près d’un mois et demi par les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi. Les Frères musulmans, eux, évoquent 2200 morts et plus de 10’000 blessés.

Aucun incident n’a été signalé dans la nuit et le trafic reprenait doucement dans la matinée. Les Frères musulmans, l’influente confrérie dont est issu le président islamiste déchu Mohamed Morsi, ont toutefois appelé à maintenir la mobilisation, faisant craindre une nouvelle flambée de violences.

Campement en feu

Les autorités intérimaires, installées par les militaires après la destitution et l’arrestation de l’ex-chef de l’Etat islamiste le 3 juillet, ont prévenu qu’elles ne toléreraient aucun nouveau sit-in ou nouvelles violences, après avoir salué « la très grande retenue » de la police.

Preuve de leur détermination, des images aériennes ont montré le village de tentes des pro-Morsi sur la place Rabaa al-Adawiya en feu, une scène impressionnante et totalement inédite dans la capitale égyptienne.

Ambassadeurs convoqués

Par ailleurs, après la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne ont convoqué les ambassadeurs d’Egypte dans leurs capitales respectives. Londres a notamment demandé aux autorités égyptiennes d’agir « avec la plus grande retenue ».

Romandie.com

Une période de transition de trois ans en Centrafrique

mars 25, 2013

 

Le nouvel homme fort de Centrafrique, le chef de la rébellion Michel Djotodia, veut suspendre la Constitution et légiférer par ordonnances pendant une période de transition de trois ans. Il s’est exprimé lundi, au lendemain d’un coup de force qui a entraîné le départ du président Bozizé et une condamnation internationale.

« Pendant cette période de transition qui nous conduira à des élections libres, crédibles et transparentes, je vais légiférer par ordonnances », a déclaré M. Djotodia face à la presse.

Si M. Djotodia ne s’est pas explicitement autoproclamé président de la République, il se pose clairement en nouveau maître du pays. « En respectant l’esprit des accords de Libreville, je vais reconduire le Premier ministre (Nicolas Tiangaye), chef du gouvernement d’union nationale dans ses fonctions », a-t-il déclaré.

L’accord de paix signé le 11 janvier à Libreville mettait en place un gouvernement d’unité nationale composé du clan au pouvoir, des rebelles et de l’opposition. Mais les rebelles affirment qu’il n’a pas été respecté par le régime Bozizé.

« Nous nous engageons à conduire désormais les destinées du peuple centrafricain pendant cette période de transition consensuelle de trois ans conformément aux accords politiques de Libreville », a-t-il ajouté. Il a ensuite énuméré les principaux objectifs du prochain gouvernement, notamment « restaurer la paix ».

Couvre-feu instauré

Michel Djotodia a annoncé l’instauration d’un couvre-feu de 19h00 à 06h00 et des patrouilles pour sécuriser la capitale, toujours en proie à la violence et aux pillages.

Témoignant de la confusion qui règne dans la ville, deux Indiens ont été tués lundi par erreur par des soldats français chargés de la protection de l’aéroport de Bangui, a annoncé lundi soir le ministère français de la Défense, qui a déploré « un drame ».

Président déchu

Le président déchu François Bozizé a fui Bangui pour se réfugier au Cameroun. Le coup de force a été condamné notamment par les Etats-Unis et l’Union européenne.

Romandie.com

Centrafrique : Bangui a peur, surtout la nuit

décembre 30, 2012

Bangui, où un couvre-feu a été instauré de 19H à 5H, vit désormais dans la peur, surtout à la tombée de la nuit, avec des rues désertes et silencieuses où évoluent des hommes armés de machettes et de flèches, alors que les rebelles se rapprochent de la capitale.

Bangui, où un couvre-feu a été instauré de 19H à 5H, vit désormais dans la peur, surtout à la tombée de la nuit, avec des rues désertes et silencieuses où évoluent des hommes armés de machettes et de flèches, alors que les rebelles se rapprochent de la capitale.

Avec la prise de la ville symbolique de Sibut, à 160 km au nord par l’alliance Séléka qui veut renverser le président François Bozizé, la situation s’est brusquement tendue dans la capitale de près d’un million d’habitants dont la majorité vit dans la pauvreté, sous un océan de toits de tôles au bord de routes de terre poussiéreuses en cette saison sèche.
Si la journée, Bangui « la coquette » comme elle est surnommée, paraît calme, la nuit elle se transfigure.

Samedi soir, à l’annonce du couvre-feu, magasins, restaurants et bars ont fermé en toute hâte tandis que toute circulation de voiture cessait. « Le couvre-feu m’a presque empêchée de dormir tellement c’était silencieux », a déclaré une habitante, évoquant « un calme angoissant ». A ce silence s’ajoute l’obscurité dans une ville faiblement électrifiée et où les coupures de courant durent plusieurs heures de la nuit.

Dans le centre-ville, la nuit, les bruits des groupes électrogènes couvrent les conversations des dizaines de gardiens équipés de machettes, embauchés pour éviter les pillages. Parfois , l’un d’eux racle son couteau sur le trottoir, créant un bruit inquiétant, même si ces gardes improvisés et impassibles, prenant le thé, n’ont aucune attitude agressive.

« L’insécurité est partout »

La situation est différente dans les quartiers périphériques où, à l’appel du pouvoir, des groupes « d’autodéfense » formés de jeunes ont mis en place des barrages pour contrôler les routes et, officiellement, éviter les infiltrations de rebelles. « On a distribué des paquets de machettes à des désoeuvrés. Ils contrôlent tout le monde et demandent de l’argent pour le café. Parfois, ils prennent tout l’argent », affirme un habitant d’un quartier nord, sous le couvert de l’anonymat .

Ces quartiers, fiefs du président Bozizé, sont situés sur la route du nord qui mène vers l’insaisissable ligne de front qui ne cesse de reculer avec la retraite continuelle des Forces armées centrafricaines, sous-équipées, démotivées et mal payées. « J’ai très peur. Je suis musulman. J’hésite à sortir », affirme cet habitant. Les groupes « d’autodéfense » « ne font pas la différence entre les rebelles musulmans et les musulmans tout court. C’est du n’importe quoi », dit-il.

La situation est similaire à Kassai, un quartier de la périphérie est. « Ils m’ont contrôlé alors qu’ils me connaissent. On est inquiet. Ils sont armés de machettes et de Kokora » (flèches en sango, langue nationale), rapporte un chauffeur de taxi. « Les jeunes ont cru bon de prendre des initiatives qu’ils appellent de la +vigilance+. Si la personne paraît suspecte, ils la remettent à la police », a expliqué à l’AFP le ministre de l’Administration territoriale José Binoua, précisant que le président Bozizé a donné des instructions pour que tout racket ou agression soit « sanctionné ».

Néanmoins, des témoignages concordants parlent d’arrestations abusives et de disparitions. Selon un proche du pouvoir, « il y a une opération +Hibou+ des forces de l’ordre qui arrêtent de nombreux musulmans ». Le principal opposant, l’ancien Premier ministre Martin Ziguelé, a « dénoncé » dimanche ces pratiques et la « recherche de boucs émissaires ». « On n’a pas besoin de forces supplétives ou d’organisations spéciales pour assurer la sécurité en lieu et place de la police ou la gendarmerie », a-t-il déclaré à l’AFP.

Infiltration

Le porte-parole de la coalition Séléka, Eric Massi, qui n’a pas exclu d’attaquer la capitale, s’est dit « inquiet de la situation sécuritaire à Bangui » pour les familles et proches du Séléka « qui sont harcelés, intimidés et même enlevés ». L’éventualité d’une attaque rebelle fait trembler de nombreux habitants. « J’ai peur. Si les rebelles viennent, comment on va faire pour manger? », affirme Marie une vendeuse ambulante, enceinte, qui réside dans l’est de la ville.

Gabin, un habitant des quartiers nord, soutient le régime et l’instauration du couvre-feu: « L’insécurité est partout. Les rebelles sont à 160 km. Le gouvernement a raison. Le couvre-feu va permettre de contrôler les intrus ». Une des peurs du régime est en effet l’infiltration d’éléments de la rébellion. « Pour prendre d’autres villes, ils arrivent par groupes de trois, quatre discrètement, et après ils sont dans la place », affirme une source au ministère de l’Intérieur.

« On prie Dieu. Dieu est le seul à pouvoir nous sauver », affirmait un serveur dimanche alors que Bangui s’apprêtait à vivre sa deuxième nuit sous couvre-feu et sous la menace rebelle.

Jeuneafrique.com vec AFP