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Canada: Une publicité de Québec sur les salaires dans les CPE suscite la grogne

décembre 5, 2021
Une salle de jeu dans un centre de la petite enfance.

La CSQ, la CSN et la FTQ doivent présenter une déclaration commune dimanche matin (archives). Photo : Radio-Canada/ Gilles Munger

De nombreuses éducatrices en centres de la petite enfance (CPE) s’expliquent mal une publicité de Québec qui leur demande de régler le conflit de travail en cours.

La publicité, diffusée dans certains quotidiens, met en valeur l’expression 30 $/h, soit le salaire que le gouvernement Legault dit avoir offert aux éducatrices.

On s’occupe de gens qui s’occupent de nos enfants, peut-on lire dans la publicité. C’est pourquoi un salaire pouvant dépasser 30 $ de l’heure pour les éducatrices qualifiées leur a été offert, ce qui représente un salaire annuel pouvait dépasser 64 000 $. 

Ce sont les Québécoises et les Québécois qui paient leurs augmentations de salaire avec leurs taxes et leurs impôts, peut-on aussi lire.La publicité, diffusée dans certains quotidiens, met en valeur le terme 30$/h, soit le salaire que le gouvernement du Québec dit avoir offert aux éducatrices.

La publicité, diffusée dans certains quotidiens, met en valeur le terme 30$/h, soit le salaire que le gouvernement du Québec dit avoir offert aux éducatrices. Photo: Crédit : Ma Place au Travail

Grogne

Ces déclarations n’ont pas tardé à susciter la grogne chez des centaines d’éducatrices.

Une publication du groupe Facebook Ma place au travail, qui rassemble des milliers d’éducatrices, a provoqué de nombreux commentaires et plus de 2000 partages.

Non seulement on est en colère, mais on trouve ça complètement dégueulasse, écrit le groupe.

Est-ce que c’est comme ça qu’ils pensent valoriser les métiers de la petite enfance? En les humiliant sur la place publique comme si elles étaient ridicules de demander des conditions à la hauteur de leurs professions?

Contrairement à ce que le gouvernement indique dans la publicité, le groupe estime que pour obtenir ce fameux 30 $ de l’heure [dans quelques années], les éducatrices doivent être au douzième et dernier échelon.

La publicité a également été partagée par la députée solidaire de Taschereau Catherine Dorion. Manipulation du monde avec l’argent de nos taxes, écrit-elle.

De son côté, la présidente du Syndicat québécois des employés de service (SQEES), affilié à la FTQ, critique le gouvernement pour ce message qui ne dit pas tout.

On voudrait qu’il investisse dans les CPE plutôt que dans les publicités qui ne donnent pas toute l’information, a affirmé Sylvie Nelson.

Le premier ministre doit agir

La CSQCentrale des syndicats du Québec, la CSNCSN et la FTQFédération des travailleurs et travailleuses du Québec ont présenté une déclaration commune dimanche matin. Les trois organisations demandent au premier ministre François Legault d’intervenir.

Jusqu’à 11 000 employés de la CSNConfédération des syndicats nationaux sont en grève générale depuis mercredi matin. Les CPECentre de la petite enfance affiliés à la CSQCentrale des syndicats du Québec doivent être en grève illimitée à partir du 9 décembre.

Le gouvernement demande depuis plusieurs jours aux syndicats de régler le conflit de travail.

Vendredi, la ministre Sonia LeBel a affirmé avoir répondu aux objectifs et aux priorités des syndicats en ayant bonifié son offre.

Sonia LeBel a indiqué qu’il n’y avait aucune raison valable  pour que le gouvernement et les syndicats de travailleuses de CPECentre de la petite enfance ne puissent arriver à s’entendre.

Pour ce qui est de l’éventualité d’une loi spéciale pour mettre fin à la grève, la ministre LeBel l’a encore une fois écartée, car elle préfère en venir à une entente avec les organisations syndicales.

Avec Radio-Canada par Félix Morrissette-Beaulieu

Canada: Sérieuse éclosion dans un CPE de Montréal

septembre 4, 2021

Une éclosion de COVID-19 a forcé la fermeture temporaire de presque tous les groupes d’un centre de la petite enfance (CPE) de Montréal qui accueille 42 enfants. Les enfants de tous les groupes, sauf 10 poupons, ont été en contact avec les tout-petits infectés dans un local au moment de l’accueil le matin, indique la directrice de l’établissement.

Six enfants ont été infectés; 26 autres, ainsi que deux éducatrices, ont été mis en isolement après la découverte de l’éclosion, vendredi.

© iStock Six enfants ont été infectés; 26 autres, ainsi que deux éducatrices, ont été mis en isolement après la découverte de l’éclosion, vendredi.

« Ce qui nous arrive va certainement arriver à d’autres endroits avec la montée du variant Delta, plus contagieux », explique Monique Desmarais, directrice du CPE du Passe-temps, situé avenue Émile-Journault, dans le quartier Ahuntsic à Montréal. C’est la toute première éclosion dans ce service de garde, après une année et demie de pandémie.

Six enfants ont été infectés ; 26 autres, ainsi que deux éducatrices, ont été mis en isolement après la découverte de l’éclosion, vendredi. Les six enfants malades avaient des vomissements, une perte d’appétit et de la fatigue, selon la directrice. Ils n’avaient ni fièvre ni le nez qui coule, précise-t-elle.

Au moment où ces lignes étaient écrites, aucun autre enfant ou membre du personnel n’avait été incommodé par la maladie. Selon la directrice, 95 % du personnel du CPE est vacciné. Les tout-petits ne sont toutefois pas immunisés. À leur âge, ils ne portent pas non plus de masque.

Infections « inévitables »

« Avec le variant Delta, je ne suis pas surpris qu’une éclosion survienne dans un endroit où des gens non vaccinés se regroupent sans masque », explique le Dr Olivier Drouin, pédiatre au CHU Sainte-Justine et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

« En raison de leur âge, ces enfants sont aussi en contact étroit et long avec les éducatrices des services de garde », ce qui favorise la transmission du virus, précise Eric Forest, conseiller aux relations médias au CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal.

« Les infections sont inévitables en CPE. On vit avec le virus », dit la mère d’un enfant renvoyé à la maison pour subir un test de dépistage. Elle est inquiète, mais garde confiance dans les mesures sanitaires en place.

La bonne nouvelle, c’est que la vaste majorité des enfants d’âge préscolaire qui contractent la COVID-19 s’en tirent sans séquelles, souligne le Dr Drouin. À peine 300 jeunes de moins de 18 ans ont été hospitalisés en lien avec la maladie au Canada entre les mois de mars 2020 et de décembre 2020, explique le pédiatre, auteur principal d’une étude sur le sujet qui sera publiée prochainement

Avec Le Devoir par Marco Fortier 

Canada-Québec: Plus de 300 nouvelles places subventionnées en garderie en Mauricie

octobre 5, 2020
Trois-Rivières — La Mauricie bénéficiera prochainement de 313 supplémentaires subventionnées en CPE et en garderies. C’est ce que doit annoncer lundi le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, selon ce qu’a appris Le Nouvelliste.
Le ministère de la Famille doit annoncer lundi la création de 313 nouvelles places subventionnées en garderie ou en CPE en Mauricie.
© ÉTIENNE RANGER, LE DROIT Le ministère de la Famille doit annoncer lundi la création de 313 nouvelles places subventionnées en garderie ou en CPE en Mauricie. À Trois-Rivières, 151 places subventionnées seront créées, soit 106 sur le territoire du CLSC Trois-Rivières, excluant la municipalité de Saint-Étienne-des-Grès, et 45 sur le territoire du CLSC Cap-de-la-Madeleine.

Dans le reste de la région, notons que 72 places seront créées dans la MRC des Chenaux, 58 à Shawinigan et 32 dans la MRC de Maskinongé.

Ces places peuvent venir de nouvelles installations ou de l’agrandissement de CPE ou de garderies déjà existants.

Les promoteurs auront jusqu’au 15 janvier prochain pour faire parvenir leur projet au ministère de la Famille. Les projets seront évalués et une sélection se fera ensuite. Le choix des projets et l’octroi du financement devraient avoir lieu l’été prochain.

Ces places subventionnées devraient être rendues disponibles en 2023.

L’appel de projets qui sera lancé par le ministère cible les régions qui ont un déficit particulièrement élevé de nombre de places, au lieu de l’ouvrir à l’ensemble du Québec. La région de Québec recevra de son côté 1132 places, l’Outaouis, 496, et l’Estrie, 350.

Au total, 4359 nouvelles places seront mises en chantier dans les garderies subventionnées et les centres de la petite enfance (CPE) de 13 régions, d’après TVA. Pour la première fois, le ministère de la Famille adopte une approche ciblée pour attribuer les places où les besoins se font le plus sentir. Par exemple, aucune place de plus cette fois-ci à Montréal, où l’on ne dénote pas de manque.

En date du 31 mars 2019, la province comptait 305 083 places existantes dans tous types de services de garde éducatifs à l’enfance reconnus. Autour de 46 000 petits Québécois attendent une place en ce moment.

429 places en chantier

On compte par ailleurs 429 places subventionnées en installation en Mauricie en chantier en ce moment dans la région. Ces places résultent pour la plupart d’anciens appels de projets remontant à 2011, 2013 et 2018. L’ancien gouvernement libéral avait été accusé par la Coalition avenir Québec d’avoir coupé le financement pour l’attribution de ces places.

Le ministre Lacombe avait annoncé leur mise en chantier par le biais de son Plan d’accélération et d’accessibilité des places, en février 2019. Les promoteurs bénéficiaient d’un délai de 24 mois, après l’obtention du financement, pour que leurs projets voient le jour.

Plus récemment, en février 2020, le ministre Lacombe avait également annoncé la création de 2500 places au Québec, principalement destinées aux parents étudiants. La Mauricie devait récolter 239 places et le Centre-du-Québec, 93. Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale et député de Trois-Rivières, Jean Boulet, avait alors confirmé que la Mauricie était l’une des régions de la province où le déficit de places était le plus élevé.

Par Matthieu Max-Gessler – Le Nouvelliste avec Le Soleil, Le Droit et La Tribune

Canada-Québec/Un enfant autiste expulsé de son CPE : « Votre fils coûte trop cher »

septembre 17, 2019

L'enfant est assis dans le sable, entouré de ses jouets.

Le petit Mickael Photo : Radio-Canada

Malgré une subvention de 35 000 $, un CPE de la Montérégie expulse un de ses tout-petits, nous révèle La facture.

 

Mickael a la chance d’avoir une place dans un Centre de la petite enfance (CPE), dès l’âge de 18 mois.

Il est autiste, il ne parle pas et il a du mal à entrer en contact avec les autres. Le CPE Le petit pain d’épice l’accueille en toute connaissance de cause.

La dame a dit : “Inquiétez-vous pas on en a déjà eu d’autres. On va vous le garder jusqu’à temps qu’il rentre à l’école”.

Martine Quevillon, mère de Mickael

Mickael a droit à une éducatrice pour lui tout seul. Il fait des bonds de géant.

Il s’est mis à faire du progrès en voyant les autres enfants (…)  il y a eu plein d’évolution sur le plan social , soutient Martine Quevillon, la mère de Mickael.

Tout va bien jusqu’à l’automne dernier. Peu après un changement à la direction du CPE.

Le premier bonjour a été : “Votre fils coûte trop cher. Il prend le budget des autres”.

Martine Quevillon, mère de Mickael

Le CPE fait alors une demande auprès du ministère de la Famille pour obtenir la Mesure exceptionnelle de soutien à l’intégration dans les services de garde pour les enfants handicapés ayant d’importants besoins (MES).

Une subvention de 35 000 $ visant à soutenir l’intégration d’enfants lourdement handicapés, comme Mickael.

Expulsé, sans préavis

Le 10 janvier, sans préavis, les parents de Mickael apprennent que leur fils ne peut plus fréquenter le CPE, alors qu’il avait sa place depuis deux ans.

Martine Quevillon.

Martine Quevillon, la mère de Mickael Photo : Radio-Canada

 

J’étais triste de voir la manière que le renvoi a été fait. (….) On s’est sentis comme de la marde, pas écoutés, pas respectés. Il a le droit lui aussi d’avoir sa place dans la société. C’est pas parce qu’il est handicapé qu’il n’a pas le droit là, précise Martine Quevillon, mère de Mickael.

Pourtant, le lendemain de l’expulsion, l’aide exceptionnelle de 35 000 $ est finalement accordée au CPE.

Malgré cela, la direction maintient sa décision. Mickael n’a plus sa place au Petit pain d’épice.

Le paradoxe, c’est que cette subvention de dernier recours existe justement pour éviter l’expulsion.

La mère de Mickael n’y comprend rien.

J’étais déçue. Ils me parlaient tout le temps d’argent, argent, argent, mais là ils l’ont, mais ils ne veulent plus donner le service, se rappelle Martine Quevillon.

Pénurie de personnel

La directrice du Petit pain d’épice a refusé notre demande d’entrevue, mais elle affirme, par téléphone, qu’elle n’avait pas le choix.

Ce n’était vraiment pas un enjeu d’argent puisque justement c’était prévu financièrement. C’est tout simplement parce que j’ai perdu mon personnel qui avait les compétences et les habiletés à accompagner un enfant. C’est vraiment par des contraintes excessives qui nous ont amenés à prendre cette décision-là qui a été très difficile pour nous, dit Guylaine Fortin, directrice générale du CPE Le Petit pain d’épice.

Une situation inacceptable

La directrice de la Fédération québécoise de l’autisme estime que la pénurie de personnel ne justifie pas un renvoi.Je trouve ça totalement inacceptable. Je pense qu’il faut dénoncer ces situations-là. Parce qu’on manque de personnel on renvoie l’enfant à la maison, ça n’a juste pas de bon sens. Est-ce qu’on va se mettre à fermer tous les endroits où il manque de personnel? Il (Mikael) a droit à des services, trouvons une solution, explique Jo-Ann Lauzon, de la Fédération québécoise de l’autisme.

Jo-Ann Lauzon précise qu’il existe de courtes formations destinées aux éducatrices qui veulent travailler auprès des enfants autistes.

À mon avis dans le cas de Mickael, on aurait pu réorganiser les ressources humaines, prendre une [éducatrice] pour travailler avec Mickael et lui donner une formation pour répondre aux besoins de l’enfant. Il y a des formations offertes un peu partout au Québec, des formations de deux jours, trois jours, cinq jours , souligne Jo-Ann Lauzon.

Le ministre de la famille se dit préoccupé

L’histoire de Mickael préoccupe le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe.

Mathieu Lacombe.

Mathieu Lacombe, ministre québécois de la Famille Photo : Radio-Canada

 

Si c’est une question de pénurie, de rareté de main-d’œuvre, là évidemment le défi il est très exceptionnel, parce qu’on vit une situation qui est exceptionnelle. Est-ce que ça justifie d’expulser un enfant, je vous dirais que non. Mais est-ce que ça représente un défi particulier? C’est clair que oui […]. On va s’attaquer à la valorisation de la profession pour dire « vous savez quoi, il y a de l’avenir dans le réseau, on n’est pas en mode compressions, on est en mode développement » assure Mathieu Lacombe, ministre de la Famille.

Les parents de Mickael ont porté plainte auprès du Protecteur du citoyen et de la Commission des droits de la personne.

Radio-Canada.ca par Annie Hudon-Friceau