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De Dakar à Lagos, les créateurs africains s’engagent dans la fabrication de masques

avril 21, 2020

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, qui propose d’offrir des masques en tissus aux personnes vulnérables, le 20 avril 2020.

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, qui propose d’offrir des masques en tissus aux personnes vulnérables, le 20 avril 2020. © Sylvain Cherkaoui pour JA

À Dakar, le collectif de créateurs de mode l’Atelier 221 collabore avec l’association Les Racines de l’espoir pour la confection et la distribution de masques en tissu. Et les initiatives se multiplient sur le continent.

« 1 Sénégalais, 1 Masque ». C’est le nom de la campagne citoyenne de distribution de masques en tissu lancée à Dakar, le 4 avril, par l’Atelier 221, collectif de créateurs fondé en mai 2019 par la styliste Touty Sy. Et ce, en collaboration avec l’association sénégalaise Les Racines de l’espoir, présidée par Sophie Gueye.

« L’idée est d’apporter une réponse sociale et économique dans la lutte contre la pandémie de Covid-19. Non seulement l’association s’occupe de distribuer gracieusement « les masques-barrières » lavables et réutilisables en sensibilisant les populations les plus exposées et vulnérables comme les talibés, mais nous, créateurs, avons la possibilité de redonner du travail aux tailleurs avec lesquels nous collaborons en temps normal », explique Touty Sy. Les différents ateliers des stylistes du collectif Atelier 221, dont font notamment partie By Pathé, Sophie Zinga ou Awa Seck (Les Moussors de Awa), sont mis à contribution.

Mille tailleurs volontaires

La créatrice de mode sénégalaise Touty Sy, en avril 2020.
La créatrice de mode sénégalaise Touty Sy, en avril 2020. © © Sylvain Cherkaoui pour JA

Depuis le début de la campagne, 2 500 masques ont ainsi été distribués dans la capitale. « Pour le moment, cela n’est pas encore possible dans les autres régions, pour des raisons sanitaires. Mais, à terme, c’est notre objectif. Ce sont mille tailleurs, dans tout le pays, qui se sont portés volontaires pour nous rejoindre », s’enthousiasme Touty Sy, qui évoque déjà l’exportation du concept au Tchad ou au Niger et espère le voir se propager ailleurs sur le continent. « Tous les pays africains sont appelés à rejoindre le mouvement !

 

L’initiative est soutenue par des ONG telles qu’ONU-Femmes – qui a déjà commandé 10 000 masques (pour une subvention d’une valeur de 10 millions de F CFA, soit 15 000 euros environ, un masque équivalant à 1 000 F CFA) –, des entreprises du secteur privé, des personnalités comme Mohamed Kagnassy, homme d’affaires malien et, accessoirement, conseiller en agrobusiness du président guinéen Alpha Condé, ainsi que par des artistes.

Elle s’ouvrira également à la fabrication de blouses afin de venir en aide au personnel de santé – à l’image de griffes de mode internationales comme Louis Vuitton.

Dans l’atelier de Touty Sy, à Dakar, le 20 avril 2020.
Dans l’Atelier 221 de Touty Sy, à Dakar, le 20 avril 2020. © Sylvain Cherkaoui pour JA

Mais les créateurs de l’Atelier 221 ne sont pas les seuls à se mobiliser dans la fabrication et la distribution de masques au Sénégal. La styliste Adama Paris a, elle aussi, lancé semblable initiative. Ses masques en coton sont fabriqués dans ses ateliers dakarois puis gracieusement distribués à la population de divers quartiers.

Ailleurs, sur le continent, on peut également évoquer les créateurs ivoiriens Ibrahim Fernandez et Loza Maléombho, qui, respectivement, confectionnent masques en coton et visières de protection.

Au Mali, la designeuse malienne Awa Meite fait fabriquer, quotidiennement, 50 à 80 masques à partir de chutes de tissu. « Nous avons commencé à recycler les chutes de tissus de mon atelier, à les laver et à en faire des cache-nez. Puis, j’ai acheté du coton en gros, afin que l’on puisse en confectionner davantage », a-t-elle expliqué à la plateforme Africa Women Experts.

Awa Meite est par ailleurs à l’initiative d’une campagne de sensibilisation citoyenne baptisée So Kadi. « Nous donnons, en plus des masques, du savon et une bouilloire pour permettre de se laver régulièrement les mains. Nous précisons aussi que l’on doit souvent laver son masque à l’eau chaude avant de le réutiliser. »

Masques ultra-branchés

Au Nigeria, la prévention est au cœur des préoccupations de nombreux créateurs de mode. Cela dit, le style également. Dès la fin du mois de mars, la créatrice Tiannah Toyin Lawani a carrément lancé toute une ligne de masques en tissu ultra-branchés (à paillettes, par exemple), non seulement pour lutter contre la maladie mais aussi parce que porter un masque assorti à ses vêtements, voire à son bikini, c’est mieux… Plus sérieusement, « plusieurs maisons de mode nigérianes consultent d’ores et déjà des médecins et se procurent du matériel pour la fabrication de masques (…), souligne-t-elle. La mode peut sauver des vies ».

C’est ce qu’a assuré Omoyemi Akerele, fondatrice de la Lagos Fashion Week, au Washington Post. Pour prévenir la contamination par le coronavirus, l’efficacité du masque fait maison est loin d’être prouvée. Mais nombreux sont ceux à le voir comme un vecteur de distanciation sociale à l’heure où le masque chirurgical est réservé au personnel soignant, ou est, purement et simplement, devenu une « denrée rare ».

Avec Jeune Afrique par Katia Dansoko Touré

Les youtubeurs vont pouvoir bénéficier des aides du CNC

octobre 3, 2017

Paris – Les créateurs de vidéos sur internet, tels les youtubeurs, vont pouvoir bénéficier de financements du CNC grâce à un nouveau fonds d’aide doté de 2 millions d’euros par an, a annoncé mardi le Centre national du Cinéma et de l’image animée.

« L’idée c’est d’aller chercher les nouveaux créateurs là où ils se trouvent. Il est essentiel pour nous de soutenir ces nouvelles écritures qui utilisent de nouveaux formats, de nouveaux codes de réalisation… », a indiqué la présidente du CNC Frédérique Bredin lors d’une présentation.

Le CNC, qui souhaite soutenir une centaine de projets par an, a dû imaginer un nouveau mécanisme de soutien pour répondre aux spécificités de cette production vidéo, « spontanée et sans diffuseur », mis au point au terme d’une consultation avec une centaine de youtubeurs lancée il y a un an.

« On accompagne un écosystème qu’on est en train d’intégrer à notre exception culturelle », a souligné Julien Neutres, responsable du projet au CNC.

Deux types d’aides seront possibles : une aide à la création d’oeuvres qui pourra aller jusqu’à 30.000 euros et une aide à la structuration, réservée aux chaînes internet, qui pourra aller jusqu’à 50.000 euros renouvelable une fois.

Le formulaire pour l’aide à la création sera mis en ligne le 20 octobre. Pour postuler, il faut avoir au moins 10.000 abonnés ou avoir été sélectionné en festival. Tous les types de projets vidéos sont acceptés, à l’exception du contenu pour les marques (brand content).

C’est une commission composée de 10 membres (qui n’ont pas encore été nommés) qui donnera son feu vert au financement ou non des projets et décidera du montant. La première décision est attendue pour la fin de l’année et cette commission se réunira 5 fois par an.

L’aide « à la structuration » est ouverte aux créateurs qui ont une chaîne suivie par au moins 50.000 abonnés avec l’ambition côté CNC d’être un incubateur, a détaillé Julien Neutres.

« Etre créateur sur le net, c’est un équilibre économique qui n’est pas évident. Avoir un soutien c’est très important. Sur Youtube, beaucoup de contenus se ressemblent, pour faire du clic. Ce fonds c’est une opportunité pour les créateurs de faire quelque chose de différent, c’est une vraie aubaine », a jugé le youtubeur Cyprien, qui a activement participé à la consultation.

« Au-delà du dynamisme que ça va apporter à toute la filière, le CNC montre qu’il sait s’adapter avec un dispositif rapide et simple », a salué de son côté Lorenzo Benedetti, président du réseau de chaînes en ligne (MCN) Studio Bagel.

Romandie.com avec(©AFP / 03 octobre 2017 16h04)