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L’Arabie Saoudite perd ce qui lui reste de crédibilité

septembre 2, 2018

La décision saoudienne de remettre sine die la vente annoncée en grande fanfare des 5% de la compagnie pétrolière nationale Aramco remet directement en question la crédibilité du Prince héritier Mohammed bin Salman. L’introduction en bourse de ce géant constituait en effet la pierre angulaire de la politique du Prince qui espérait diversifier l’économie de son Royaume à l’aide des 100 milliards de dollars censés être le fruit de cette IPO, même si des analystes sérieux et crédibles avaient nuancé cet optimisme en misant plutôt sur des revenus avoisinant 75 voire 50 milliards… Cette introduction d’Aramco sur une bourse internationale majeure devait sonner la fin de l’opacité d’un Royaume ayant jusque-là découragé nombre d’investisseurs interprétant cette IPO comme une ouverture et un passage bienvenus vers une culture de la transparence n’ayant absolument pas été l’apanage du régime. Enfin, cette somme levée sur les marchés financiers auraient pu soulager le taux de chômage d’environ 13% en vigueur dans ce pays et acheter du même coup un sursis à un Royaume assis sur une bombe à retardement sociale.

Mais voilà : la remise aux calendes saoudiennes de cette IPO suscite des questionnements existentiels à l’encontre de la gestion de l’ensemble du processus par l’équipe de MBS. Elle remet même en question sa matrice – à savoir le fameux «Vision 2030» – qui en sort extrêmement compromise et qui ne ressemble plus désormais qu’à un mauvais Plan Com destiné à propulser la popularité d’un Prince tout aussi ambitieux qu’ombrageux. Vision 2030 et son fer de lance- l’introduction en bourse d’Aramco – n’avaient-ils pas propulsé MBS sur le devant de la scène internationale et aiguisé les appétits des investisseurs mondiaux ? Corollaire : l’incertitude voire le cafouillage autour de l’IPO d’Aramco ne démontrent-ils pas en creux l’impulsivité voire l’incompétence de leaders de tout premier plan de ce pays qui ne semblent efficaces que dès lors qu’il s’agit d’enfermer des opposants dans un hôtel de luxe ?

Naguère qualifié de visionnaire, le Prince passe désormais pour un simple calculateur politique ayant tenté d’anesthésier la vigilance des investisseurs globaux à l’aide d’une introduction en bourse censée insuffler au Royaume une transparence jusque-là inédite. Au final, les retombées économiques seront sévères pour ce pays qui subit depuis quelques années une saignée de capitaux en bonne et due forme. Le climat de confiance y est en effet si dégradé que c’est 65 milliards de dollars qui devraient (selon JP Morgan) sortir du Royaume en 2018, soit 8.4% du P.I.B. après les 80 milliards ayant déjà fui le Royaume en 2017. Cette saignée déclenchée par la société civile saoudienne elle-même contribuera immanquablement à dégrader davantage le contexte économique car c’est effectivement pas moins de 14 milliards de dollars sur le seul premier trimestre 2018 qui se sont investis depuis l’Arabie Saoudite en direction des bourses mondiales, selon Standard Chartered.

La situation semble inextricable pour ce Royaume où le contrôle des changes n’existe formellement pas. La stratégie employée par les autorités depuis quelques mois étant de contacter – voire de rendre des «visites de courtoisie» – à toutes personnes et institutions souhaitant effectuer des transferts substantiels vers l’étranger afin d’en connaître les motivations, et si possible de les en dissuader. Cet exode massif des capitaux est d’autant plus problématique qu’il intervient en une période de reprise spectaculaire des tarifs pétroliers n’ayant en réalité aucun impact sur la balance des paiements saoudienne qui reste déficitaire. Les autorités saoudiennes ne parviennent, il est vrai, pas à se départir de leur politique traditionnelle de dépenses publiques pharaoniques dans le but de contrebalancer une croissance qui reste mièvre et des investissements privés inexistants.

C’est toujours la même histoire qui tourne en boucle dans ce pays : à savoir que le «deficit spending» du Royaume vient combler une productivité anecdotique et tente de ressusciter un marché de l’emploi exsangue et d’autant plus moribond que les nationaux se doivent d’être grassement payés quand les travailleurs étrangers sont de plus en plus nombreux à quitter le pays. En résumé, l’économie saoudienne ne peut plus dépendre du seul Etat et de sa capacité à poursuivre ses endettements, comme ses cycles économiques ne doivent plus fluctuer au seul gré des revenus pétroliers. Les pouvoirs publics brouillons et peu imaginatifs doivent donc céder la place aux initiatives privées qui ne seront cependant encouragées que par des réformes économiques bien préparées, et non par des coups d’éclat (Vision 2030 ou Aramco) sous-tendus la plupart du temps par des arrières pensées politiques.

L’article L’Arabie Saoudite perd ce qui lui reste de crédibilité est apparu en premier sur. (http://www.michelsanti.fr) rédigé par Michel Santi, économiste.                                                 

Kenya: les analystes saluent une décision historique

septembre 1, 2017

Des soutiens du candidat de l’opposition, Raila Odinga, se réjouissent de l’annulation del’élection présidentielle par la Cour Suprême, à Nairobi le 1er septembre 2017 / © AFP / TONY KARUMBA

La décision de la Cour suprême du Kenya d’annuler l’élection présidentielle du 8 août a été saluée pour son « courage » et le précédent qu’elle établit pour l’Afrique, mais sa portée, estiment les analystes, dépendra beaucoup de l’attitude des dirigeants kényans et de la crédibilité du nouveau scrutin.

– Une décision « historique » –

La proclamation de la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta par la Commission électorale (IEBC) a été déclarée « invalide et nulle » vendredi par la Cour suprême, qui a évoqué des « irrégularités » dans la transmission des résultats après avoir été saisie par le candidat d’opposition Raila Odinga.

« C’est une décision historique, une première en Afrique », continent traversé de crises électorales plus ou moins violentes, estime Murithi Mutiga, du centre d’analyse International Crisis Group, rappelant que M. Odinga avait été débouté par cette même Cour suprême – alors composée d’autres juges – en 2013.

« Cela veut dire que le Kenya, une des sociétés les plus ouvertes d’Afrique, gagne en maturité démocratique. Cela veut aussi dire que, désormais, l’opposition peut se tourner vers la justice et partir du principe qu’elle sera équitable », ajoute-t-il.

Pour Nic Cheeseman, professeur de politique africaine à l’université de Birmingham, beaucoup d’observateurs s’attendaient à une décision « conservatrice » basée sur la décision de 2013, alors vilipendée pour son recours à une jurisprudence discutable et ses nombreuses arguties procédurales.

Pour Amnesty International, cette décision prise dans un pays où les accusations de fraudes électorales accompagnent chaque scrutin « démontre l’indépendance du système judiciaire kényan et montre l’exemple au reste du monde ».

Le jugement « renforce la constitution » progressiste adoptée en 2010, mais « va aussi soulever de nombreuses questions au sujet des observateurs électoraux étrangers, qui avaient massivement salué la bonne tenue du jour du scrutin », relève par ailleurs un diplomate africain, sous couvert de l’anonymat.

– Plongeon dans l’inconnu –

Quelles sont exactement les « irrégularités et illégalités » évoquées par la Cour suprême? Etaient-elles délibérées? Relèvent-elles de problèmes structurels au sein de l’IEBC? La Cour suprême ne s’est pour l’heure pas prononcée sur le sujet: elle n’a rendu vendredi qu’un très bref résumé de sa décision.

Le jugement complet, dont on ne sait même pas s’il abordera toutes ces questions, doit être publié d’ici 21 jours. « Les juges viennent de rendre une des décisions les plus importantes de l’histoire du Kenya, mais nous devrons attendre 21 jours pour connaître ses motivations », note M. Cheeseman.

Et le Kenya, face à une décision inédite, va dès lors avancer à l’aveugle au moins pendant cette période, regrettent les analystes, car les précisions de la Cour suprême influenceront inévitablement la préparation du scrutin ainsi que l’identité de ceux qui s’en chargeront.

« Une des raisons pour lesquelles l’élection du 8 août n’a pas été bien menée est que l’IEBC a eu peu de temps pour l’organiser », soutient M. Cheeseman, rappelant que les nouveaux commissaires de l’IEBC avaient été nommés sept mois avant le scrutin à la suite de manifestations de l’opposition. « Et maintenant, il y aura encore moins de temps ».

Quant au diplomate africain, il s’attend à ce que les candidats malheureux aux autres élections organisées le 8 août – gouverneurs, députés, sénateurs, etc – se tournent désormais en masse vers la justice, espérant eux aussi obtenir gain de cause.

– Ne pas tout gâcher –

« Beaucoup de gens vont être nerveux. Le Kenya sort d’une élection difficile et controversée, et cette décision plonge le pays dans une nouvelle campagne électorale qui va commencer presque immédiatement », souligne M. Cheeseman. « Mais le résultat de la prochaine élection pourrait également être controversé, et l’élection pourrait être aussi tendue que celle que nous venons de voir ».

A cet égard, « la réaction des leaders politiques sera cruciale dans les deux mois à venir », estime Murithi Mutiga. « Ils doivent montrer de la maturité, et s’assurer qu’ils ne gâchent pas ce que j’estime être une étape extrêmement importante pour la démocratie au Kenya ».

M. Muthiga soutient toutefois qu' »il va être difficile de montrer de la retenue dans cet environnement extrêmement polarisé », les profondes fractures ethniques, économiques et politiques traversant le Kenya ayant une nouvelle fois été exacerbées avant, pendant et après l’exercice démocratique.

L’ONG Amnesty International a elle appelé la police à la « retenue » face aux célébrations et protestations à la suite du jugement. Les forces de l’ordre avaient été critiquées pour la répression des manifestations ayant suivi la proclamation de la victoire de M. Kenyatta, faisant au moins 21 morts.

Romandie.com avec(©AFP / 01 septembre 2017 18h03)                

Présidentielle au Congo: le général Mokoko conteste les résultats partiels annoncés mardi

mars 23, 2016

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Recomptons les voix, pour plus de transparence et de crédibilité avec P.V à l’appui!

 
Brazzaville – Le général Jean-Marie Mokoko a indiqué mercredi à l’AFP qu’il contestait les résultats de la présidentielle annoncés mardi et donnant vainqueur le président sortant Denis Sassou NGuesso avec plus de 67% des voix.

Comment voulez-vous qu’on accepte un tel résultat’, s’est lamenté le candidat de l’opposition interrogé par l’AFP à Brazzaville, en appelant à un recompte des voix.

Je savais d’avance que les dés étaient pipés, mais nous avions accepté de jouer le jeu, a ajouté celui qui était jusqu’en février conseiller du président Sassou Nguesso pour les affaires de paix et de sécurité, et dont l’entourage dénonce un coup d’Etat électoral.

Selon les résultats annoncés mardi par le président de la Commission nationale électorale indépendante (CNEI) – portant sur 59% du corps électoral – derrière le président sortant arrivent Guy-Brice Parfait Kolélas avec 16% des voix et le général Mokoko avec 7%.

M. Sassou Nguesso, qui a passé plus de 32 ans à la tête du pays, briguait dimanche un nouveau mandat face à huit candidats.

Romandie.com avec(©AFP / 23 mars 2016 16h33)