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Ukraine: Attaque au drone contre le QG de la flotte russe à Sébastopol, la ville en état d’alerte

juillet 31, 2022
Ukraine: Attaque au drone contre le QG de la flotte russe a Sebastopol, la ville en etat d'alerte
Ukraine: Attaque au drone contre le QG de la flotte russe à Sébastopol, la ville en état d’alerte© AFP/STRINGER

Un drone explosif a blessé six personnes dimanche au quartier général de la flotte russe de la mer Noire à Sébastopol, en Crimée, une attaque inédite qui a mis en état d’alerte ce bastion russe dans la péninsule ukrainienne annexée par Moscou.

Les frappes russes se poursuivent sur les villes ukrainiennes, notamment Mykolaïv, dans le sud, où le bombardement le plus violent depuis le début de la guerre a tué au moins deux habitants, selon les autorités locales

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé samedi les forces russes de pratiquer une tactique de « terreur » par leurs bombardements sur les villes ukrainiennes, annonçant l’évacuation générale de la population de la région de Donetsk (est).

A Sebastopol, ville portuaire qui avait continué d’abriter la flotte russe de la mer Noire après la fin de l’Union soviétique aux termes d’un accord avec Kiev, mais qui a été formellement annexée par Moscou avec le reste de la Crimée en 2014, c’est un drone qui a explosé dans la cour de l’état-major de la Flotte russe, faisant six blessés, a indiqué sur Telegram le gouverneur Mikhaïl Razvojaïev.

Les autorités ont décrété le niveau « jaune » (intermédiaire) d’alerte antiterroriste après cette attaque assez mineure au vu des images mises en ligne par le gouverneur de Sebastopol, qui montrent des bris de vitres sur le sol.

« Les ukro-nazis ont décidé de nous gâcher la Journée de la Flotte militaire russe », a écrit le gouverneur, reprenant une expression couramment utilisée par les autorités et la propagande russe pour désigner les forces de Kiev. Il a précisé que les festivités étaient annulées et a demandé aux habitants de la ville de ne pas quitter leur domicile « si possible ».

La Marine ukrainienne a émis l’hypothèse d’un prétexte pour annuler les festivités prévues à Sebastopol par peur d’une véritable attaque.

« En réalité, (…) pour ne pas être humiliés aux yeux du monde par leur peur de l’armée ukrainienne, les Russes ont +inventé+ une excuse pour annuler les célébrations », a-t-elle écrit sur Facebook.

L’Ukraine, quoique envahie partiellement depuis le 24 février, et sous le feu de l’artillerie et des missiles de croisière russes, a infligé plusieurs humiliations à la flotte russe, coulant d’abord son navire amiral, le croiseur Moskva, puis reprenant le contrôle de l’Ile des serpents, un îlot stratégique face à l’embouchure du Danube.

« La libération de la Crimée ukrainienne occupée se fera d’une autre manière, beaucoup plus efficace », a de son côté déclaré Serguiï Bratchouk, porte-parole de l’administration régionale d’Odessa (sud), dans une vidéo sur Telegram.

Le président russe, Vladimir Poutine, a célébré la journée de la Flotte russe loin de Sébastopol, à Saint-Pétersbourg (nord-ouest), avec un discours promettant l’arrivée « dans les prochains mois » d’un nouveau missile de croisière hypersonique qui « ne connaît aucun obstacle ».

« Plus de 50 frappes »

Dans le Sud de l’Ukraine, les autorités de Mykolaïv ont assuré dimanche que la ville avait été la cible de bombardements russes massifs, probablement « les plus forts » depuis le début de la guerre en février, qui ont fait au moins deux morts, selon le maire de la ville, Oleksandre Senkevytch.

Ces frappes ont causé la mort d’Oleksiï Vadatoursky, propriétaire de la principale société ukrainienne de logistique céréalière et de son épouse. « C’était l’un des plus importants entrepreneurs agricoles du pays, une personnalité clef de la région et un important employeur », a souligné sur Telegram Mikhailo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne, disant croire dans ce cas à une frappe ciblée.

D’autres frappes ont touché les régions de Kharkiv (est) et Soumy (nord-est).

Quelques bâtiments ont été endommagés dans « une série d’explosions » à Kharkiv, a annoncé le maire de la deuxième ville ukrainienne, Igor Terekhov.

Une personne a été tuée et deux blessées dans la région de Soumy qui a été la cible de « plus de 50 frappes » au cours des dernières 24 heures, selon le gouverneur Dmytro Jyvytsky.

Pavlo Kyrylenko, gouverneur de la région de Donetsk, où Moscou concentre le gros de ses attaques, a déclaré que trois civils avaient été tués et huit blessés dans des bombardements samedi.

Samedi soir, M. Zelensky a appelé les habitants de la région de Donetsk à se conformer à l’ordre d’évacuation, pour échapper à la « terreur russe » et aux bombardements sur ce territoire de l’est du pays, largement sous contrôle de Moscou.

Dimanche à Bakhmout, une mère de famille, Kateryna, se résignait à monter dans un bus d’évacuation avec ses trois enfants, âgés de huit, six et deux ans.

Les larmes aux yeux, ils disaient adieu au père de famille, Artem, qui restera à Bakhmout « parce que quelqu’un doit le faire ».

Un pansement couvrait une partie de la joue de Kateryna, tandis que son dos était parsemé d’ecchymoses et d’égratignures, causées par des éclats d’obus.

Au moins 200.000 civils vivent encore dans les territoires de la région de Donetsk qui ne sont pas sous occupation russe, selon une estimation des autorités ukrainiennes.

« Explosion thermobarique »

Vendredi, l’explosion d’un hangar abritant des soldats ukrainiens prisonniers à Olenivka, en territoire occupé par les Russes dans la région de Donetsk, a fait 50 morts et 73 blessés graves. Un « crime de guerre russe délibéré », selon M. Zelensky.

Mykhailo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne, a mis en doute dimanche la version d’une « frappe » avancée par les Russes, qui en accusent l’armée ukrainienne.

« Une frappe ? Non, une attaque terroriste », a-t-il écrit sur Twitter. « 1. Les images satellites montrent que seul un bâtiment a été endommagé. 2. Les prisonniers avaient été amenés là juste avant l’attaque. 3. L’analyse des photos montre une explosion thermobarique depuis l’intérieur. », a-t-il affirmé.

Le Comité international de Croix-Rouge a déclaré dimanche n’avoir toujours pas reçu d’autorisation officielle de Moscou de se rendre sur les lieux, et souligné qu’il était « impératif que le CICR ait accès immédiatement » au site et aux victimes.

Samedi soir, le ministère russe de la défense avait affirmé avoir « officiellement invité » des experts de l’ONU et du CICR à se rendre sur place « dans l’intérêt d’une enquête objective ».

L’Ukraine avait dès vendredi demandé au CICR et à la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies, qui avaient supervisé en mai la reddition négociée avec les Russes des défenseurs de l’usine d’Azovstal à Marioupol (sud-est), de se rendre à Olenivka. Le président Zelensky avait souligné que l’ONU et le CICR s’étaient portés « garants » de la vie des soldats ukrainiens et devaient « réagir ».

Après de longues semaines de siège et de résistance sur le site sidérurgique d’Azovstal, environ 2.500 combattants ukrainiens s’étaient rendus et Moscou avait fait savoir qu’ils seraient incarcérés à Olenivka.

Accusé vendredi par le Comité d’enquête russe d’avoir bombardé le centre de détention de ses propres soldats avec des missiles « américains », l’armée ukrainienne a balayé ces affirmations, estimant qu’il s’agissait pour les forces russes ou séparatistes de « camoufler les tortures de prisonniers et les exécutions » commises.

Selon le renseignement ukrainien, l’attaque « a été réalisée par des mercenaires de la division Wagner », compagnie russe de mercenaires dont les hommes ont été accusés de crimes en Syrie et en Afrique notamment.

Avec Radio-Canada

De la Crimée à la Transnistrie : jusqu’où ira Vladimir Poutine?

mai 15, 2022

La petite enclave séparatiste de Transnistrie, en Moldavie, pourrait être entraînée dans la guerre entre l’Ukraine et la Russie.

Un point de contrôle sur une route.

Les points de contrôle se sont multipliés sur la route menant à Tiraspol, la capitale de la Transnistrie. Photo : Radio-Canada/Alexey Sergeyev

C’est plutôt tendu au poste de contrôle que nous avons choisi pour traverser de la Moldavie vers le territoire de la Transnistrie, tout près de l’Ukraine en guerre.

Il y a des sacs de sable, des blocs de béton pour ralentir les automobiles et beaucoup plus de soldats que d’habitude, nous dit-on.

La petite enclave séparatiste prorusse de la Moldavie est en état d’alerte depuis la fin du mois d’avril. La sécurité a été renforcée à tous les points d’entrée après une série d’explosions mystérieuses, dont deux survenues pas plus tard que samedi de la semaine dernière, près de la capitale Tiraspol.

Personne n’a été blessé, bien que deux tours de transmission radio aient été endommagées, ainsi qu’un immeuble du ministère de la Sécurité.

Qui se cache derrière ces attaques, qui ont toutes les allures d’une provocation et d’un coup monté?

Moscou crie au terrorisme et blâme l’Ukraine voisine. Kiev, de son côté, blâme le Kremlin et l’accuse de vouloir déstabiliser la région.

Nous avons finalement réussi à négocier la permission d’entrer à titre de touristes, libres de nous promener et d’explorer.

Au-delà des barrages, c’est le calme plat. Le premier village que nous croisons respire la tranquillité.

Dima, un père de famille, racle la terre de son jardin avec ses deux petits. C’est calme, en effet, dit-il, mais on a peur, ajoute-t-il en pointant vers la gauche.

L’Ukraine est à deux kilomètres et ils sont nazis. Ils peuvent nous attaquer à tout moment; ils l’ont déjà fait il y a quelques semaines.

Sa source? La télévision russe et le bouche-à-oreille.

Comme beaucoup d’autres russophones en Transnistrie, Dima est fidèle aux nouvelles de Moscou. La propagande russe fait partie du quotidien en Transnistrie, et ce, en dépit des sources d’information disponibles, telles que les chaînes ukrainiennes et françaises.Une femme devant un poste de télévision.

Maria est convaincue que c’est l’Ukraine qui prépare une attaque contre la Transnistrie. Photo : Radio-Canada/Alexey Sergeyev

La voisine de Dima, Maria, est une femme à la retraite dotée d’un franc-parler certain et qui nous ouvre la porte sans aucune hésitation.

Ce sont eux qui s’entretuent, dit-elle des Ukrainiens en regardant la télévision. Elle ne jure que par les nouvelles de la Russie.

« Évidemment, la Russie nous nourrit, la Russie nous traite bien; nous sommes des amis depuis l’ère soviétique. »— Une citation de  Maria

Voisine de l’Ukraine, la Moldavie craint d’être entraînée dans la guerre

Le reportage de Tamara Alteresco

Sécession de la Transnistrie et influence russe

La Transnistrie a fait sécession de la Moldavie en 1992, lors d’une guerre de quatre jours qui a fait 1000 morts. Depuis ce conflit, cependant, Moldaves et habitants de la Transnistrie cohabitent en paix.

L’autonomie de la Transnistrie n’a jamais été reconnue, pas plus par la communauté internationale que par la Russie.

Mais c’est en bonne partie grâce à l’aide de Moscou que le petit territoire de 500 000 habitants survit depuis 30 ans. Plus de 1500 soldats y sont en poste à longueur d’année, sous l’égide d’une mission de paix.Statue de Lénine à Tiraspol.

La statue de Lénine veille sur Tiraspol, ville aux accents soviétiques immanquables. Photo : Radio-Canada/Tamara Alteresco

La capitale, Tiraspol, est à l’image des vieilles villes soviétiques, avec sa statue de Lénine figée dans le temps.

Nous y étions à la veille des célébrations du jour de la Victoire du 9 mai, le week-end dernier. Il faisait beau et chaud; les familles se baladaient sur la grande place centrale de la ville.

Difficile d’imaginer la guerre s’étendre jusqu’ici, et encore moins de voir ces hommes, crème glacée à la main ou bébé dans les bras, prendre les armes pour se joindre à la guerre de Vladimir Poutine.

Il n’y a pas de « Z » ici – ce symbole de soutien à l’intervention militaire russe en Ukraine –, comme c’est le cas dans l’espace public en Russie. Cependant, on trouve beaucoup de couronnes de fleurs au pied des statues des soldats.Un parc de Tiraspol.

Des familles se promènent au centre-ville de Tiraspol. Photo : Radio-Canada/Tamara Alteresco

Souhaiter la paix

La majorité des gens qui ont accepté de nous parler nous ont dit qu’ils veulent la paix, chez eux comme en Ukraine.

On est bien ici , on ne veut pas s’impliquer, dit Galina, une femme de 60 ans qui fait sa balade quotidienne dans un parc de Tiraspol.

L’idée d’être entraînée dans le conflit l’effraie, mais elle est consciente du risque, puisqu’Odessa n’est qu’à 100 kilomètres et est l’une des cibles de l’armée russe.

La possibilité que Vladimir Poutine se serve de la Transnistrie pour déstabiliser la Moldavie et y ouvrir un nouveau front inquiète de plus en plus Washington, l’Europe et l’ONUOrganisation des Nations unies.

Ces craintes ont été amplifiées il y a quelques semaines lorsque le général Roustam Minnikhanov, un haut gradé de l’armée russe, a déclaré qu’une des motivations de « l’opération spéciale » dans le sud de l’Ukraine était d’ouvrir un corridor vers la Transnistrie.

« Le contrôle du sud de l’Ukraine permettrait d’établir un couloir vers la Transnistrie, où on observe également des cas d’oppression de la population russophone. »— Une citation de  Le général Roustam Minnikhanov

Pour Galina, cependant, il n’est pas question d’oppression. La sexagénaire estime par contre que l’Ukraine est une menace. Elle est convaincue que c’est l’Ukraine qui a perpétré les attaques survenues depuis le 25 avril, même si elle n’en a pas la preuve.

Distraction, ou prétexte pour envahir la Moldavie?

Parmi les scénarios évoqués par des observateurs, il y a la possibilité que le Kremlin reconnaisse enfin l’autonomie de la Transnistrie, comme il l’a fait pour les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk quelques jours avant d’envahir l’Ukraine.

Un tel geste donnerait à la Russie la légitimité d’y envoyer des troupes supplémentaires et de l’artillerie afin d’attaquer Odessa depuis l’ouest.

Mais comment? se demande l’analyste politique moldave Victor Ciobanu.

C’est quasi impossible, puisque Moscou aurait besoin de parachuter des milliers de soldats en Transnistrie, en traversant une partie de l’espace aérien de l’Ukraine depuis la Crimée, affirme M. Ciobanu.

Victor Ciobanu est d’autant plus convaincu que la population russophone de Transnistrie n’a aucun appétit pour s’engager dans le conflit, affirme-t-il.

« Ils ont fait la queue pour se procurer des passeports moldaves et roumains; c’est phénoménal et cela en dit long; cette population ne veut pas s’impliquer. »— Une citation de  Victor Ciobanu, analyste politique

S’il existe un danger, selon lui, c’est que Vladimir Poutine se serve de la Transnistrie pour envahir la Moldavie. C’est possible, mais certainement pas imminent, dit-il.

Victor Ciobanu et plusieurs observateurs que nous avons consultés ne jugent un tel scénario plausible que si Vladimir Poutine opte pour la mobilisation générale des Russes afin d’avancer vers Odessa.

Si le dirigeant russe réussit à mobiliser de 200 000 à 500 000 soldats, on peut appréhender ce genre d’escalade et une menace sérieuse, mais pour l’instant, ce corridor terrestre ne lui est pas acquis, loin de là, affirme encore l’analyste.

Craintes onusiennes

De passage lundi à Chișinău, la capitale moldave, le secrétaire général des Nations unies n’a pas caché son inquiétude.

La Moldavie est le voisin le plus fragile de l’Ukraine et les conséquences de l’invasion russe sont trop effrayantes à envisager, a déclaré Antonio Guterres lors d’un point de presse conjoint avec la première ministre moldave.

La Moldavie n’est pas membre de l’OTANOrganisation du traité de l’Atlantique nord et, contrairement à l’Ukraine, elle n’a qu’une toute petite armée d’environ 7800 soldats pour se défendre en cas d’agression.

L’Union européenne, auprès de laquelle la Moldavie a présenté une demande d’adhésion, s’est engagée le 4 mai à lui fournir davantage de soutien militaire, dans les circonstances. Mais la présidente de la Moldavie, Maia Sandu, opte pour la prudence et a lancé un appel au calme.

Depuis qu’elle a été élue avec un programme pro-européen en décembre 2020, Mme Sandu a réussi à maintenir une certaine neutralité face à la Russie, dont la Moldavie dépend pour son approvisionnement en gaz.

La guerre en Ukraine ne cesse cependant de tester les limites de cette neutralité.

Ce que le gouvernement redoute pour le moment, c’est la montée des tensions causées par divers groupes en Transnistrie qui ont intérêt à déstabiliser le gouvernement, a déclaré la présidente Sandu.

Mais au dire de Washington, l’enjeu serait plus vaste­. Nous évaluons que le président Poutine se prépare à un conflit prolongé en Ukraine au cours duquel il a toujours l’intention d’atteindre des objectifs au-delà du Donbass, en évoquant son désir d’établir un pont terrestre de la Crimée à la Transnistrie, a fait savoir l’administration Biden.

Se préparer à l’exil

En sortant de la Transnistrie, côté moldave, nous parlons avec Nikolai, un homme de 18 ans.

Il est venu de Tiraspol déposer de l’argent à la banque, car il songe à partir le plus loin possible, comme l’ont fait des centaines de son âge depuis le début du printemps.

Selon Nikolai, les forces séparatistes prorusses ont déjà commencé à recruter des hommes en Transnistrie, bien que nous n’ayons pas pu confirmer le tout auprès de dirigeants du territoire séparatiste.

C’est très stressant, dit-il. Je ne veux pas me battre. Ni contre les Ukrainiens ni contre les Moldaves, avec qui il cohabite en paix depuis sa naissance.

Au garage à côté de la banque, lluri nous accoste, souriant et curieux de voir des Canadiens. La priorité, pour l’instant, c’est de continuer d’armer l’Ukraine, comme le font les Canadiens et les pays civilisés, dit-il.

Si l’armée ukrainienne résiste et gagne la guerre, les Moldaves seront protégés, c’est garanti.

Et sinon?

La femme d’Iluri, Ludmila, fond en larmes. Elle est ukrainienne et inconsolable. Elle refuse d’envisager une défaite de son pays. C’est hors de question, vous comprenez, hors de question.Ludmila.

Ludmila est inconsolable depuis que la guerre a éclaté dans son Ukraine natale. Photo : Radio-Canada/Tamara Alteresco

Je vis ici, mais mon cœur est là-bas, dit-elle en pointant vers l’Ukraine.

Odessa est si proche que le 24 février au matin, ils ont tous les deux entendu les premiers bombardements de l’armée russe. Et avec chaque bombe qui tombe dans le sud de l’Ukraine, la guerre se rapproche d’eux.

Ludmila sort son bandera, un instrument à cordes de l’Ukraine, et nous offre un spectacle improvisé. C’est avec la musique qu’elle se calme, ces jours-ci.

Avant que la guerre éclate, elle travaillait pour une chorale en Transnistrie, mais elle refuse d’y remettre les pieds depuis que son patron lui a dit que l’Ukraine méritait ce qui lui arrive.

Ludmila affirme que sa fille de 12 ans lui demande souvent, depuis que la guerre a commencé : Pourquoi, maman, un pays grand comme la Russie aurait besoin de l’Ukraine et de la petite Moldavie?

Les semaines passent, la guerre continue et Ludmila ne sait toujours pas quoi lui répondre.

Radio-Canada par Tamara Alteresco

États-Unis: Washington « ne reconnaît pas » l’annexion de la Crimée par la Russie

juillet 2, 2018

La porte-parole de l’exécutif américain Sarah Sanders à la Maison Blanche à Washington, le 2 juillet 2018 / © AFP / Brendan Smialowski

La Maison Blanche a martelé lundi que les États-Unis ne reconnaissaient pas l’annexion de la Crimée par la Russie, quelques jours après les propos ambigus de Donald Trump sur ce thème.

« Nous ne reconnaissons pas la tentative de la Russie d’annexer la Crimée. Les sanctions contre la Russie resteront en place jusqu’à ce que la Russie rende la péninsule à l’Ukraine », a affirmé Sarah Sanders, porte-parole de l’exécutif.

Interrogé vendredi à ce sujet à bord d’Air Force One, M. Trump, qui doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine le 16 juillet à Helsinki, était resté volontairement évasif. « Nous verrons », avait-il simplement répondu.

Le Kremlin a réaffirmé de son côté que la Crimée était « une partie inaliénable » de la Russie et affirmé que la question ne serait pas à l’ordre du jour des discussions.

Le rattachement en mars 2014 de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou, à l’issue d’un référendum jugé illégal par Kiev et les Occidentaux, avait été dénoncé en particulier par les États-Unis qui avaient adopté plusieurs trains de sanctions contre la Russie.

Romandie.com avec(©AFP / 02 juillet 2018 23h32)

Poutine en Crimée après le regain de tension en Crimée

août 19, 2016

Vladimir Poutine est arrivé vendredi en Crimée, ont annoncé les agences de presse russes. Le président russe doit réunir le Conseil de sécurité russe après le regain de tension entre Moscou et Kiev autour de la péninsule ukrainienne annexée.

La durée de la visite du président russe en Crimée, sa cinquième depuis l’annexion jugée illégale par les Occidentaux de la péninsule en mars 2014, n’a pas été précisée.

Vladimir Poutine dirigera en Crimée une réunion du Conseil de sécurité et visitera un forum dédié à la jeunesse russe, ont précisé les agences alors que la Russie accuse l’Ukraine de vouloir déstabiliser la Crimée et d’y avoir préparé des « actes terroristes ». Depuis la semaine dernière, la Crimée est au cœur d’un brusque regain de tension entre l’Ukraine et la Russie.

Les services secrets russes (FSB) ont affirmé avoir déjoué des attentats et arrêté des « saboteurs-terroristes » ukrainiens à l’issue d’affrontements. Les heurts ont fait deux morts, un agent du FSB et un militaire russe.

Alerte rouge
En réponse, l’Ukraine a placé ses troupes en état d’alerte rouge le long de la ligne de démarcation avec la Crimée ainsi que dans l’Est du pays. Kiev rejette les accusations de Moscou et dénonce un « prétexte à de nouvelles menaces militaires » russes.

Lors de la précédente réunion du Conseil de sécurité, le 11 août, des « mesures supplémentaires » visant à « assurer la sécurité des citoyens et des infrastructures vitales de la Crimée » avaient été discutées, selon le Kremlin.

Moscou a aussi annoncé avoir déployé son système de défense antiaérienne dernier cri S-400 en Crimée, qui abrite déjà plusieurs bases militaires russes.

Romandie.com avec(ats / 19.08.2016 13h47)

L’Ukraine asphyxie la Crimée pour faire pression sur la Russie

décembre 28, 2014

Simféropol – Coupures d’électricité, suppressions de trajets en train et en car: l’Ukraine multiplie les mesures asphyxiant la Crimée rattachée en mars à la Russie mais très dépendante de Kiev au moment de négociations difficiles sur l’avenir de l’Est séparatiste prorusse.

Sous le choc, les habitants de la Crimée ont qualifié de vendredi noir le 26 décembre, jour où ils se sont retrouvés pour la deuxième fois en une semaine sans électricité et Kiev a suspendu toutes les liaisons ferroviaires et en car avec la péninsule.

La majorité des 2,3 millions d’habitants de cette presqu’île de la mer Noire ne pourront ainsi rejoindre l’Ukraine qu’en voiture et la Russie via un ferry car Moscou a aussi auparavant arrêté son service ferroviaire en raison d’une faible demande.

Les compagnies aériennes russes qui maintiennent des vols réguliers vers la capitale de la Crimée, Simferopol, sont frappées de sanctions décrétées par l’Union européenne.

– ‘un cauchemar’ –

Interrogée par l’AFP, l’entreprise Krymenergo chargée de la distribution de l’électricité a annoncé samedi que les coupures allaient survenir régulièrement entre 08H00 et 17H00 à partir du 12 janvier.

L’Ukraine fournit 400 megawatt par jour contre 1.000 nécessaires, a souligné un responsable du groupe.

Pour ne rien arranger, les entreprises américaines de systèmes de paiement Visa et Mastercard ont annoncé vendredi qu’elles arrêtaient l’émission et le service de leurs cartes en Crimée à la suite des sanctions américaines décrétées contre la péninsule rattachée à la Russie

C’est un cauchemar, je suis restée citoyenne ukrainienne et je me retrouve sans chauffage, ni électricité. Pourquoi Kiev le n’a pas fait en mars avant le référendum (d’indépendance, ndlr) pour que tous ces idiots qui ont voté +pour+ sachent ce qu’ils choisissent’!, s’insurge Arzy KaïboullaÏeva, 49 ans.

Pour la retraitée Elvira Filipova, 70 ans, Kiev a montré son visage fasciste en cherchant à intimider ainsi les habitants de la Crimée.

Elle assure que ces mesures sont sans effet pour elle: Je n’ai pas l’intention d’aller en Ukraine et je ne me sert pas de cartes bancaires.

– atout dans les négociations avec Moscou –

Pour le dirigeant de la Crimée, Sergueï Axionov, l’explication de ce blocus est simple dans la mesure où la péninsule est très dépendante de l’Ukraine pour son approvisionnement en eau, électricité et produits alimentaires.

Les Ukrainiens veulent utiliser cet atout dans les négociations avec la Russie pour obtenir des concessions politiques et économiques, a-t-il déclaré à la presse samedi.

L’expert ukrainien Olexandre Souchko de l’Institut pour la coopération euratlantique est du même avis.

L’Ukraine a ainsi harmonisé ses sanctions (avec les sanctions occidentales), mais c’est aussi sans aucun doute une mesure politique visant à souligner la dépendance de la Crimée de l’Ukraine continentale, dit-il, interrogé par l’AFP.

Kiev fait ainsi pression sur les autorités autoproclamées de la Crimée et sur Moscou, ajoute-t-il.

Le premier résultat ne s’est pas fait attendre: Moscou a annoncé samedi sa décision de reprendre les livraisons de charbon à des prix préférentiels à l’Ukraine qui en manque cruellement, car il est produit dans le bassin minier du Donbass dans l’Est en proie à une rébellion séparatiste armée prorusse.

Pour Velentin Zelmianski, directeur des programmes énergétiques au sein de l’Académie ukrainienne des sciences, les livraisons de charbon russe ne sont qu’une solution à court terme.

L’Ukraine doit régler le conflit dans l’Est, sinon le prix de l’électricité produite avec le charbon importé sera exorbitant, souligne-t-il.

Le blocus de la Crimée intervient aussi au moment où les pourparlers de Minsk entre Kiev et les rebelles de l’Est, qui avaient repris mercredi, sont de nouveau dans l’impasse.

L’une des principales demandes des rebelles est la reprise du financement des zones sous contrôle rebelle stoppé par Kiev à la mi-novembre en représailles à l’organisation d’élections séparatistes dont l’Ukraine demande l’annulation.

Romandie.com avec(©AFP / 28 décembre 2014 17h19)

Personne n’intimidera jamais la Russie, prévient Vladimir Poutine

décembre 20, 2014

Moscou a accusé samedi les États-Unis et le Canada d’entretenir le conflit dans l’Est séparatiste de l’Ukraine par leurs nouvelles sanctions. Vladimir Poutine a averti qu’elles ne permettraient ni d’intimider ni d’isoler la Russie.

« Personne ne parviendra à nous intimider, à contenir ou à isoler la Russie », a lancé le président russe dans un discours à l’occasion de la Journée des travailleurs des organes de sécurité. « Personne n’y est jamais parvenu et personne n’y parviendra jamais », a-t-il dit.

Ces déclarations interviennent alors que les pourparlers entre Kiev et les séparatistes prorusses, après huit mois de guerre qui ont fait plus de 4700 morts, peinent à reprendre.

Affaiblie depuis l’annexion de la péninsule de Crimée par de lourdes sanctions occidentales qui ont concouru à une grave crise monétaire, la Russie a été frappée vendredi par de nouvelles mesures américaines et canadiennes.

« La Russie paye cher »
Les États-Unis ont interdit tous les échanges commerciaux avec la Crimée, et le Canada a imposé des restrictions à l’exportation de technologies liées à l’exploration et l’extraction du pétrole. Ottawa a aussi interdit d’entrée sur son territoire une vingtaine de responsables politiques russes et séparatistes ukrainiens.

« La Russie paye cher sa position indépendante et son soutien à ses compatriotes, à la Crimée (…) et il semble parfois pour le simple fait que nous existons », a réagi Vladimir Poutine.

Les pourparlers entre Kiev et les séparatistes à Minsk, avec la participation de la Russie et de l’OSCE, ont été à maintes reprises reportés. Le principal point d’achoppement est la demande des séparatistes que Kiev reprenne le financement des zones rebelles coupé à la mi-novembre.

Le gouvernement ukrainien exige de son côté que soient annulés les résultats du vote séparatiste dans les républiques autoproclamées de Donetsk et de Lougansk.

Kiev investit dans la défense
Le président ukrainien Petro Porochenko. a déclaré samedi devant le Conseil de sécurité nationale et de défense que l’Ukraine n’économiserait pas sur sa sécurité, alors que le conflit dans l’Est lui coûte 100 millions de hryvnias par jour (6,2 millions de francs).

Il a annoncé que le pays, en profonde crise économique, consacrerait 5% de son PIB à la défense en 2015, contre moins de 1% cette année. M. Porochenko a récemment soumis au Parlement un projet de loi ouvrant la voie à une adhésion à l’OTAN. « Je n’ai aucun doute concernant une décision positive sur cette question au Parlement », a-t-il assuré.

Romandie.com

Les missiles russes en Crimée, une menace pour toute la mer Noire

novembre 26, 2014

Kiev – Le commandant en chef de l’Otan, le général américain Philip Breedlove, s’est dit mercredi très inquiet du déploiement de missiles russes en Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars par Moscou, qui représente une menace pour la totalité de la mer Noire.

Nous sommes très inquiets de la militarisation de la Crimée, a déclaré le général Breedlove au cours d’une conférence de presse à Kiev.

Les équipement qui sont en train d’être installés en Crimée (…), les missiles de croisière et les missiles anti-aériens sont capables d’avoir à leur portée la totalité de (la région) de la mer Noire, a-t-il poursuivi.

Il a dit par ailleurs craindre le déploiement dans la péninsule d’armes nucléaires et surveiller les développements à ce sujet.

Ces dernières semaines, la Russie a renforcé sa présence militaire en Crimée. Elle a notamment décidé d’y rouvrir une station d’alerte antimissile et de consacrer plus de 1,75 milliard d’euros d’ici 2020 au développement de sa flotte de la mer Noire.

L’aviation militaire russe a déployé quatorze avions de chasse en Crimée où elle dispose d’une base militaire aérienne rénovée, a rapporté mercredi l’agence de presse publique russe TASS. Dix avions de chasse Su-27 et quatre Su-30 M2 ont été détachés de la région de Krasnodar (sud) pour la Crimée, dans une escadrille qui en comptera au total trente, selon la même source.

La Russie a rattaché la Crimée en mars après trois semaines d’occupation de la péninsule par les forces russes et suite à un référendum jugé illégal par la communauté internationale.

Romandie.com avec(©AFP / 26 novembre 2014 14h31)

Kiev affirme que 4.000 soldats russes en Crimée sont massés à la frontière avec l’Ukraine

septembre 18, 2014

Simféropol – L’armée ukrainienne a affirmé jeudi que la Russie avait massé quelque 4.000 soldats stationnés en Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars par la Russie, le long des 100 kilomètres de frontière administrative avec l’Ukraine.

Selon nos informations, presque toutes les unités militaires russes stationnées dans la partie nord de la Crimée occupée, environ 4.000 soldats, ont été massées à la frontière administrative avec l’Ukraine, avec tous leurs équipements et munitions, a déclaré le porte-parole militaire Andrii Lyssenko.

Ces unités sont organisées en petits groupes tactiques le long de cette frontière administrative d’une centaine de kilomètres, a-t-il ajouté.

Sur place en Crimée, des habitants ont expliqué à l’AFP sous couvert d’anonymat avoir aperçu des mouvements de troupes russes en direction de la frontière ukrainienne la semaine dernière.

Des chars et des pièces d’artillerie ont clairement été vus transportés par rail à travers la station de Krasnoperekopsk vers l’Ukraine. Je les ai vus de mes yeux, a raconté Sani, une habitante de cette ville proche de la frontière.

Elle a affirmé que ses amis dans le village d’Ichoun, près de l’autoroute qui traverse la frontière, l’ont également appelé la semaine dernière pour signaler que du matériel militaire passait sans arrêt à proximité… environ 20 pièces à la fois.

Il y avait plusieurs de ces convois. Les véhicules étaient couverts et on ne pouvait pas voir ce qu’ils renfermaient, ajoute Sani.

Mouzafer, un habitant de la ville de Djankoï, au sud-est de la frontière, a confirmé avoir vu des mouvements de troupes il y a environ une semaine.

Des véhicules militaires se dirigeaient vers la frontière, puis (d’autres) avec des soldats, explique-t-il à l’AFP.

Cependant, nuance-t-il, ces derniers jours, il n’y a eu aucun mouvement de troupes. S’il y en avait eu, les gens en auraient parlé.

Une journaliste de l’AFP a vu jeudi trois véhicules militaires transportant des lance-roquettes multiples Grad sur la route circulaire de Simféropol, la capitale de la Crimée. Ils se dirigeaient vers une autoroute en direction du nord-ouest.

Ces déclarations de Kiev interviennent deux jours après l’annonce par le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou d’un redéploiement du dispositif militaire de la Russie en Crimée justifié en grande partie (par) l’élargissement du district militaire (du sud de la Russie) après l’intégration de la Crimée.

Le ministre avait également évoqué l’aggravation de la crise en Ukraine et l’augmentation des forces étrangères près de la frontière russe, en référence aux exercices militaires impliquant 15 pays, dont les États-Unis, à l’oeuvre depuis lundi dans l’ouest de l’Ukraine.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait exprimé sa vive préoccupation suite à cette déclaration, en accusant la Russie de tenter de déstabiliser la situation dans toute la région.

Selon l’Otan, un millier de soldats russes se trouvent toujours dans l’est de l’Ukraine tandis que 20.000 autres restaient massés le long de la frontière russo-ukrainienne.

Romandie.com avec(©AFP / 18 septembre 2014 15h06)

Ukraine: les sanctions occidentales à l’encontre de la Russie

avril 25, 2014

Bruxelles – Face à l’évolution de la situation dans l’est de l’Ukraine, les Etats-Unis ont consulté vendredi leurs alliés européens pour s’entendre sur d’éventuelles nouvelles sanctions contre Moscou.

Voici le point sur les sanctions occidentales en cours :

– SANCTIONS MILITAIRES: Washington décide le 3 mars de suspendre sa coopération militaire avec la Russie suite à l’intervention russe en Crimée. Le 1er avril, les ministres des Affaires étrangères des 28 pays membres de l’Otan optent pour une suspension de la coopération civile et militaire avec la Russie, sans préciser quels programmes seront touchés. Ceux concernant l’Afghanistan ou la lutte contre le trafic de drogue seront toutefois exclus.

– SANCTIONS FINANCIERES ET RESTRICTIONS DE VISAS: au lendemain du référendum demandant le rattachement de la Crimée à la Russie, Européens et Américains annoncent le 17 mars des sanctions financières à l’encontre d’un nombre limité de hauts responsables russes et ukrainiens pro-russes. Côté américain, une vingtaine de personnes voient ainsi leurs éventuels avoirs gelés aux Etats-Unis. Figurent parmi elles, le vice-premier ministre, Dmitri Rogozine, la présidente du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement russe), Valentina Matvienko, ainsi que deux proches conseillers de M. Poutine (Vladislav Sourkov et Serguei Glaziev). Le Canada a également gelé les avoirs d’une trentaine de personnalités. La liste des personnalités sanctionnées par l’UE a elle été élargie à plusieurs reprises, dont le 21 mars, à 12 nouveaux responsables, parmi lesquels Dmitri Rogozine. Quatre nouvelles personnalités ont été ajoutée à cette liste noire le 15 avril, portant à 55 (bien 55) au total le nombre des personnes sanctionnées.

Début mars, les dirigeants européens avaient de plus décidé de suspendre des discussions avec leurs homologues russes sur une libéralisation de la politique des visas.

– SANCTIONS DIPLOMATIQUES: pour protester contre le rattachement de la Crimée à la Russie, les dirigeants occidentaux décident le 25 mars, lors du sommet de La Haye, d’annuler le sommet du G8 prévu en juin à Sotchi (Russie). Ce G8 sera remplacé par un G7, sans la Russie donc, les 4 et 5 juin à Bruxelles.

Le Japon a pour sa part suspendu en mars des négociations pour alléger le régime des visas, et renvoyé à plus tard un projet de pourparlers sur un nouvel accord économique d’investissement.

– SANCTIONS ECONOMIQUES: les Européens ont accepté le 20 mars le principe d’adopter des sanctions économiques contre la Russie au cas où la situation viendrait à se détériorer en Ukraine par la faute de Moscou. Mais la décision devra être prise à l’unanimité par les dirigeants des 28 Etats de l’UE lors d’un sommet européen. La Commission européenne a été chargée de préparer des options et d’étudier leur impact sur les économies de l’UE. La décision dépend maintenant de la volonté politique des Etats. Tous les secteurs économiques sont concernés et cette perspective inquiète les industriels européens.

Romandie.com avec(©AFP / 25 avril 2014 17h29)

McDonald’s ferme brusquement ses trois fast-food en Crimée

avril 4, 2014

Une petite fille blonde tire désespérément la porte, pendant que sa mère lit un écriteau à haute voix: « Pour des raisons de fabrication, le restaurant est fermé ». La population de Simféropol, en Crimée, a découvert vendredi avec stupéfaction la brusque fermeture de son McDonald’s.

L’établissement de la capitale de la Crimée est l’un des trois de la péninsule, avec ceux de Sébastopol et Yalta. Tous sont désormais fermés. Le géant américain du fast-food n’a pas donné d’explication à ces fermetures « temporaires », évoquant « des raisons opérationnelles hors de (son) contrôle ».

Le « McDo » de Simféropol, un bâtiment cubique en faux bois et fausse pierre, est l’un des points de ralliement de la jeunesse locale et surtout des voyageurs. Il est situé entre la gare ferroviaire et la gare routière.

« Vous savez ce qui se passe? », demande Mavele, une femme incrédule. Elle retient ses cheveux pour regarder à travers la baie vitrée: les tables extérieures y ont été entassées et quelques employés sont occupés à nettoyer la cuisine.
Manque d’ingrédients

Selon Lilia, une employée qui y travaillait depuis un an, ils n’ont appris la nouvelle que jeudi. « On était très surpris », confie-t-elle. « Ils nous ont expliqué qu’ils fermaient parce que (la direction de) Kiev ne voulait pas envoyer des ingrédients en Crimée ».

Puis elle confesse que l’indemnité de départ lui a redonné le sourire: « C’est assez pour tenir trois mois, jusqu’au prochain job… »

Selon son communiqué, McDonald’s espère rouvrir ses restaurants « aussi vite que possible ».

Romandie.com