Posts Tagged ‘Crimée’

Ukraine: le Parlement démet le ministre de la Défense après la perte de la Crimée

mars 25, 2014

KIEV – Le Parlement ukrainien a approuvé mardi la démission du ministre de la Défense Igor Tenioukh, critiqué pour sa gestion de l’humiliante perte de la Crimée, et nommé à sa place Mikhaïlo Koval.

D’abord rejeté faute du nombre de voix suffisant, le départ de M. Tenioukh a finalement été approuvé par 228 députés et la nomination de son remplaçant par 251 voix au cours d’une séance agitée.

Le général Koval, né en 1956, était posté en Crimée et avait été brièvement détenu début mars par les forces pro-russes qui ont pris le contrôle de la péninsule rattachée la semaine dernière à la Russie.

La gestion de la crise par Kiev, accusé d’impuissance et d’improvisation, s’attirait des critiques de plus en plus vives, y compris au sein du pouvoir de transition en place depuis la chute de Viktor Ianoukovitch.

M. Tenioukh avait lui-même proposé sa démission devant les députés.

Nous avons besoin que ceux qui travaillent et prennent les décisions soient des spécialistes, des gens capables de prendre les bonnes décisions et en répondre dans des conditions extrêmes, des conditions de danger, des conditions de confrontation militaire, a déclaré le président du Parlement et président du pays par intérim Olexandre Tourtchinov.

L’autorité de ce dernier dans ce dossier avait été mise en cause par l’ex-champion Vitali Klitschko, qui avait menacé de demander son départ faute de changement à la tête du ministère de la Défense.

Après la nomination de M. Koval, M. Tourtchinov a mis au vote sa propre démission, qui a été largement rejetée, seuls deux députés l’approuvant.

Les forces russes et pro-russes qui ont le contrôle de la Crimée depuis trois semaines ont pris possession ces derniers jours, le plus souvent sans combat, de la plupart des bases et navires ukrainiens sur la péninsule rattachée à la Russie depuis la semaine dernière.

M. Tourtchinov a annoncé lundi le retrait des troupes de Crimée et leur redéploiement dans le reste du pays.

Romandie.com avec(©AFP / 25 mars 2014 12h06)

Le ministre russe de la Défense inspecte la Crimée

mars 24, 2014

MOSCOU – Le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, est en Crimée lundi pour y inspecter notamment les installations militaires, ont indiqué les médias.

Le ministre est le premier haut responsable du pouvoir russe à se rendre dans la péninsule ukrainienne depuis son rattachement à la Russie.

Ces derniers jours, les forces russes ont pris sans combat le contrôle de pratiquement toutes les bases ukrainiennes de la péninsule.

M. Choïgou a rencontré des officiers ukrainiens ralliés à la Russie, et leur a garanti qu’ils pourraient bénéficier de tous les avantages sociaux des militaires russes et servir dans toute région du pays, selon l’agence Ria Novosti.

Il a également demandé aux responsables militaires russes sur place de prendre soin de récupérer et de de faire l’inventaire de toutes les armes disponibles dans les unités ukrainiennes, selon un reportage télévisé.

Le ministre, qui a déjà rencontré les responsables des autorités locales pro-russes, doit encore inspecter dans la journée les installations de la Flotte russe de la mer Noire, basée à Sébastopol, selon la chaîne la chaîne publique Pervy Kanal.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mars 2014 12h27)

Crimée : des blindés attaquent une base ukrainienne, Russes et Américains vont discuter

mars 22, 2014

KIEV – Des véhicules blindés ont pénétré samedi dans une base ukrainienne en Crimée, au milieu de rafales d’armes automatiques tirées en l’air, ont constaté des reporters de l’AFP, tandis que Russes et Américains vont évoquer la semaine prochaine la situation en Ukraine.

Un véhicule armé a forcé l’entrée de la base de Belbek, près de Sébastopol, où un homme a pointé son arme sur les soldats ukrainiens.

Une ambulance a également été vue sur place.

Quelque deux cents hommes sans armes ont par ailleurs envahi la base aérienne de Novofedorivka, dans l’ouest de la péninsule, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Criant Russie ! Russie !, les assaillants sont entrés dans la base et ont commencé à casser les fenêtres. Des militaires ukrainiens se sont barricadés à l’intérieur des bâtiments et ont lancé des fumigènes sur les intrus à partir des toits.

Des officiers russes regardaient de l’extérieur les militants amener le drapeau ukrainien et hisser celui, blanc et bleu, de la marine russe.

Pourquoi ne dites-vous rien ? a hurlé un soldat ukrainien posté sur le toit. C’est mon unité et je dois la défendre.

Un officier de l’armée russe est ensuite entré dans le bâtiment pour négocier avec les Ukrainiens, tandis que la foule des manifestants a été invitée à s’en aller.

La veille, des marins russes ont pris le contrôle du seul sous-marin ukrainien en Crimée, le Zaporijia, et l’ont remorqué vers la base russe de Sébastopol.

Ces derniers jours, plusieurs autres bases et navires ukrainiens ont subi le même sort, les militaires ukrainiens cédant sans combattre devant les forces russes et pro-russes.

Le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, discutera à cet égard au début de la semaine prochaine de la situation en Ukraine avec son homologue américain John Kerry, selon une source au ministère russe des Affaires étrangères.

Une rencontre entre Lavrov et Kerry est prévue en marge du sommet de La Haye, qui se déroulera lundi et mardi, a indiqué cette source, citée par l’agence de presse Interfax, précisant qu’ils discuteraient de la crise de politique intérieure en Ukraine.

Ce sommet des chefs d’Etat des grandes puissances du G7 a été convoqué à l’initiative du président américain Barack Obama pour parler de l’Ukraine.

Membre du G7, l’Allemagne a accusé Moscou de tentative de scinder l’Europe par son action en Crimée et le Canada, qui sera également représenté à La Haye, a reproché à la Russie d’encourager la course aux armements.

Le gouvernement de Kiev a obtenu le soutien de deux grands pays occidentaux, recevant le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier et le Premier ministre canadien Stephen Harper.

Le ministre allemand a décrit le rattachement de la Crimée à la Russie comme une tentative de scinder l’Europe, inacceptable, s’adressant à la presse à l’issue d’un entretien avec le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

Les deux hommes ont discuté d’une éventuelle aide technique que l’Allemagne pourrait apporter aux forces armées ukrainiennes, a indiqué de son côté M. Iatseniouk.

Il a ajouté avoir abordé avec son interlocuteur de possibles livraisons de gaz par l’Europe de l’Ouest à l’Ukraine, pour garantir la sécurité énergétique de ce pays.

– Guerre de propagande –

Une telle opération consisterait à inverser le flux dans les gazoducs à l’intérieur desquels transite actuellement le gaz russe destiné à l’Europe de l’Ouest, un procédé que Gazprom a toujours dénoncé comme étant illégal.

Le Premier ministre canadien, dont le pays abrite un million de personnes d’origine ukrainienne, la troisième communauté de la diaspora, a mis en garde contre l’impact que l’affaire de la Crimée risquait d’avoir sur la course aux armements.

Rappelant, à l’issue de sa rencontre avec M. Iatseniouk, que la Russie était censée garantir l’intégrité territoriale de son voisin en vertu d’un accord sur le désarmement nucléaire de l’Ukraine, M. Harper a dit qu’en le violant le président (russe Vladimir) Poutine a fourni une justification logique à ceux qui, ailleurs, n’avaient besoin que d’un petit encouragement, s’ajoutant à leur orgueil ou leurs griefs, pour s’armer jusqu’aux dents.

L’Ukraine cherche en outre à résister dans la guerre de propagande qui l’oppose à la Russie.

Ainsi, le ministère ukrainien de la Défense a affirmé samedi que les soldats rentrant de Crimée seraient bien accueillis et ne seraient pas traités comme des déserteurs mais comme des anciens combattants et de véritables héros.

Le ministère précise qu’il cherche à combattre la désinformation à ce sujet diffusée activement par les services de sécurité russes. Selon lui, ces derniers cherchent à répandre la conviction que les unités rentrant de Crimée seraient dissoutes et les soldats poursuivis individuellement pour haute trahison.

Cette campagne semble remporter quelque succès : un marin interrogé par l’AFP vendredi en Crimée a déclaré craindre des poursuites s’il rentrait en Ukraine.

Kiev doit aussi faire face à l’agitation séparatiste pro-russe dans l’Est de l’Ukraine, où quelque 4.000 personnes ont manifesté samedi à Donetsk, brandissant des drapeaux russes et demandant le retour du président déchu Viktor Ianoukovitch, l’enfant du pays.

Russie, aide-nous !, Ianoukovitch, aide-nous !, ont scandé les manifestants, évoquant pour la première fois le retour de Viktor Ianoukovitch, destitué fin février par le Parlement à la suite au bain de sang à Kiev (plus de 100 morts) et qui a fui en Russie.

Le chef de la diplomatie allemande, dont le pays s’est placé en première ligne en Europe face à la poussée de la Russie, devait précisément se rendre samedi après-midi à Donetsk.

Romandie.com avec(©AFP / 22 mars 2014 16h54)

L’Ukraine a donné trois heures pour libérer les otages

mars 19, 2014

Kiev a donné mercredi trois heures aux autorités pro-russes de Crimée « pour libérer tous les otages », dont le chef de sa marine. L’ultimatum a été prononcé par le président ukrainien Olexandre Tourtchinov, selon un communiqué.

M. Tourtchinov a menacé « le pouvoir autoproclamé de la Crimée » de prendre des « mesures adéquates » de représailles. Les otages sont « militaires et civils », indique-t-il, sans préciser leur nombre ou leur identité.

Peu après, Washington a appelé Moscou à parler à Kiev concernant les bases en Crimée où les otages sont détenus.

L’officier Serguiï Gaïdouk a été capturé dans la matinée par les forces pro-russes lors de l’occupation du quartier général des forces navales à Sébastopol. Les bases militaires ukrainiennes en Crimée sont encerclées depuis plusieurs semaines par les forces russes et pro-russes.

Romandie.com

L’Ukraine décide d’introduire les visas pour les Russes et de quitter la CEI

mars 19, 2014

KIEV – L’Ukraine a décidé d’introduire les visas pour les Russes et de sortir de la Communauté des Etats indépendants (CEI) regroupant onze ex-républiques soviétiques, a annoncé mercredi le secrétaire du Conseil de sécurité nationale et de défense, Andriï Paroubiï.

Nous avons chargé le ministère des Affaires étrangères d’introduire un régime de visas avec la Russie, a déclaré M. Paroubiï à l’issue d’une réunion du conseil.

Il a été décidé d’entamer le processus de sortie de la CEI dominée par la Russie, a-t-il ajouté.

Ces mesures sont annoncées à la suite du rattachement à la Russie de la péninsule ukrainienne de Crimée occupée depuis près de trois semaines par des troupes russes.

M. Paroubiï a également indiqué que Kiev préparait un plan d’évacuation de la Crimée des militaires et des membres de leurs familles, les bases ukrainiennes étant encerclées ou occupées par les forces russes.

Un soldat ukrainien a été tué mardi dans une tentative de prise d’assaut de son unité à Simféropol.

Nous préparons des mesures pour que les militaires et les membres de leurs familles qui se trouvent en Crimée puissent rapidement rejoindre l’Ukraine continentale, a dit M. Paroubiï.

Le responsable a par ailleurs indiqué que l’Ukraine voulait organiser des manoeuvres militaires communes avec ses alliés garants de son indépendance, c’est-à-dire les Etats-Unis et la Grande-Bretagne qui ont garanti la souveraineté territoriale à l’Ukraine lorsque cette ex-république soviétique a renoncé en 1994 à son arsenal nucléaire.

Nous appelons à l’organisation en Ukraine d’exercices communs de l’armée ukrainienne et nos alliés garants de la sécurité de l’Ukraine, a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 19 mars 2014 19h27)

Crimée: Berne ne suivra pas les sanctions de l’UE et des Etats-Unis

mars 18, 2014

La présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) oblige la Suisse à être « doublement impartiale » dans la crise en Ukraine, affirme Didier Burkhalter dans une interview publiée mardi. Berne ne s’alignera ainsi pas automatiquement sur les sanctions décrétées par l’UE et les Etats-Unis.

« La Suisse analyse la situation et ce que font ses principaux partenaires », a déclaré le président de la Confédération dans une interview parue mardi sur le site internet de la « NZZ ». « Nous nous laissons un peu de temps et ne faisons pas simplement ce que fait l’alliance X ou Y », a-t-il ajouté.
« Rien à voir avec la démocratie »

A Moscou, le président Vladimir Poutine a paraphé mardi le traité intégrant la Crimée à la Russie, au surlendemain du référendum par lequel les électeurs de la presqu’île ont voté à près de 97% en faveur du rattachement.

Le ministère ukrainien des affaires étrangères a réagi en déclarant que l’Ukraine « ne reconnaîtra jamais » le rattachement de la Crimée à la Russie: l’accord signé à Moscou n’a « rien à voir avec la démocratie, le droit et le bon sens ».
Comportement occidental « irresponsable »

Vladimir Poutine a par ailleurs fustigé l’Union européenne et les Etats-Unis. Dans la crise ukrainienne, « les Occidentaux ont franchi la ligne rouge et se sont comportés de manière irresponsable », a affirmé le président russe, estimant qu’ils font preuve de « cynisme », agissent selon « le droit du plus fort » et ignorent « le droit international ».

La Russie incontournable

Des « Occidentaux » qui vont devoir maintenir des liens avec la Russie même s’ils n’acceptent pas la sécession de la Crimée et son intégration probable dans la Fédération russe selon le professeur André Liebich, professeur honoraire à l’Institut de hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève, dans un entretien avec l’ats.

Les sanctions ne sont jamais « unilatéralement nocives », souligne le spécialiste, notant que l’Union européenne et les Etats-Unis ont besoin de la Russie, sur des dossiers comme la Syrie ou l’Iran, mais aussi pour des questions énergétiques.

Romandie.com

Merkel: le rattachement de la Crimée à la Russie est contre le droit international

mars 18, 2014

BERLIN – La chancelière allemande Angela Merkel a assuré mardi que le rattachement de la Crimée à la Russie, scellé par un accord historique mardi, était contre le droit international.

L’intégration (de la Crimée) dans la Fédération de Russie est, nous en sommes absolument convaincus, contre le droit international, a souligné Mme Merkel lors d’une conférence de presse avec son homologue portugais Pedro Passos Coelho, juste après que le président russe Vladimir Poutine eut signé un traité sur le rattachement de cette péninsule du sud de l’Ukraine à la Russie.

Le soi-disant référendum (de dimanche sur le rattachement de la Crimée) était contre le droit international, la déclaration d’indépendance qui a été acceptée hier (lundi, ndlr) par le président russe était contre le droit international, a-t-elle expliqué.

Elle a souligné que les organisations internationales comme le Conseil de sécurité de l’ONU, l’OSCE, et le Conseil européen partageaient ce point de vue.

La chancelière a néanmoins assuré que le dialogue avec la Russie devait se poursuivre. Parallèlement aux sanctions prises, nous allons privilégier le dialogue, nous allons privilégier la discussion, a-t-elle martelé.

Tout en insistant sur les divergences de point de vue sur la Crimée avec la Russie, Angela Merkel a souhaité une évolution positive en Ukraine en particulier pour la préparation de l’élection présidentielle anticipée du 25 mai.

Le président russe Vladimir Poutine a signé mardi un traité historique rattachant la Crimée à la Russie, avec effet immédiat, faisant fi des sanctions occidentales décrétées la veille contre Moscou.

Romandie.com avec(©AFP / 18 mars 2014 15h18)

L’UE adopte des sanctions contre 21 Russes et Ukrainiens après le référendum

mars 17, 2014

BRUXELLES – L’Union européenne a adopté lundi des sanctions contre 21 personnalités ukrainiennes et russes jugées responsables de l’annexion de la Crimée par la Russie, a annoncé le ministre lituanien des Affaires étrangères.

Les ministres européens des Affaires étrangères viennent de décider des sanctions –restrictions de visas et gels d’avoirs– contre 21 responsables ukrainiens et russes, a déclaré Linas Linkevicius sur son compte twitter.

De sources diplomatiques, on a précisé que les sanctions visaient 13 responsables russes et huit Ukrainiens pro-russes.

M. Linkevicius a indiqué que l’UE prendraient des sanctions supplémentaires dans les prochains jours.

Nous essayons d’envoyer le message le plus fort possible à la Russie afin qu’elle comprenne combien la situation est grave au lendemain du soi-disant référendum en Crimée, avait déclaré la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, à son arrivée à la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE.

De telles sanctions sont inédites dans l’histoire des relations UE-Russie depuis l’effondrement de l’Union soviétique. Elles marquent l’application de la deuxième étape de la réponse graduée sur laquelle s’étaient entendus les chefs d’Etat et de gouvernement européens lors de leur réunion extraordinaire sur l’Ukraine du 6 mars.

Cette première liste limitée ne devait pas comprendre de membres du gouvernement russe, avait-on précisé auparavant de sources diplomatiques.

Romandie.com avec(©AFP / 17 mars 2014 14h15)

Peu d’options pour l’Ukraine après le référendum en Crimée

mars 17, 2014

KIEV – Le plébiscite des habitants de Crimée en faveur d’un rattachement à la Russie laisse au nouveau gouvernement ukrainien peu de marge de manoeuvre pour récupérer la région séparatiste mais devrait permettre à Kiev de consolider ses liens avec l’Occident.

La péninsule de la mer Noire, offerte à l’Ukraine par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev en 1954, est au coeur d’une des pires confrontations diplomatiques entre Moscou et les pays occidentaux depuis la fin de la Guerre froide.

Le plébiscite du rattachement de la Crimée à la Russie au référendum ne fait que conforter les séparatistes pro-Russes, qui contrôlent la majeure partie des infrastructures de la région, des bâtiments officiels au siège de la télévision, en passant par la poste.

Face à eux, l’Ukraine et ses alliés occidentaux n’ont que peu d’options pour empêcher le président russe Vladimir Poutine de placer la Crimée sous son contrôle, ce qu’ils jugent illégal.

Isoler la Russie

Après avoir hésité quant à la position à adopter face aux démonstrations de force du Kremlin, l’Occident semble avoir aujourd’hui adopté une stratégie plus déterminée, avec l’annonce probable de sanctions lundi par l’Union européenne et les États-Unis contre les plus proches alliés de Vladimir Poutine.

Au-delà de ces sanctions, la place et l’image de la Russie sur la scène internationale risquent aussi d’en pâtir sévèrement: sa place au sein du G8 est en jeu, et plusieurs sénateurs américains sont bien déterminés à la priver de son droit d’accueillir la Coupe du monde de football en 2018.

En guise de réplique, Moscou a lancé une campagne de propagande médiatique présentant la Russie seule contre les Occidentaux, ce qui a valu à Vladimir Poutine d’atteindre son plus haut taux de popularité depuis deux ans.

Intervention militaire

Bouter les soldats russes hors de Crimée n’est pas une option pour l’Ukraine, qui jouerait dans ce combat le rôle de David face à Goliath.

Son armée régulière de 130.000 soldats – pour la moitié d’entre eux, des conscrits avec un matériel vieillissant – ne ferait pas le poids face aux 845.000 soldats russes, qui peuvent aussi compter sur la puissance nucléaire de la Russie.

Et les appels de certains faucons américains, tels le sénateur John McCain, à fournir à l’Ukraine une aide militaire, ne devraient pas être écoutés par les dirigeants occidentaux, qui doivent composer avec une opinion publique de plus en plus opposée aux interventions extérieures.

Toutefois, en refusant de retirer ses troupes de Crimée, l’Ukraine peut rendre les choses moins faciles pour la Russie.

S’ils commencent à utiliser des armes contre nous, nous utiliserons des armes contre eux, a prévenu le Premier vice-ministre ukrainien Vitali Iarema.

Pression économique

La Crimée a une importance stratégique pour la Russie car elle lui offre un accès maritime en mer Noire et à la mer Méditerranée toute proche.

Mais la péninsule est aussi une région à l’économie dévastée qui s’appuie sur le reste de l’Ukraine pour ses ressources en gaz, en électricité et en eau.

Certains nationalistes à Kiev ont suggéré de couper l’accès de la Crimée à ces ressources vitales pour contrecarrer les ambitions de la Russie.

L’accès de la Crimée au gaz, à l’électricité et à une alimentation de base est en danger – et la Russie ne sera pas capable de compenser, a souligné l’analyste Volodymyr Fessenko, de l’institut Penta.

Toutefois, si Kiev adopte cette stratégie, Moscou n’hésitera probablement pas à augmenter fortement ses tarifs concernant l’importation de produits industriels ukrainiens et ses prix au consommateur pour le gaz naturel russe.

Soutien occidental

L’Ukraine est un élément clé de l’ambition affichée par Vladimir Poutine de reconstruire une alliance post-soviétique capable de rivaliser à la fois avec l’Union européenne et l’Otan.

Mais le nouveau gouvernement de Kiev a très clairement dit sa volonté de sortir l’Ukraine de l’orbite du Kremlin et de rapprocher ce pays de 46 millions de personnes de l’Occident.

L’Union européenne et les dirigeants ukrainiens pourraient signer à Bruxelles ces prochains jours le volet politique de l’accord d’association UE-Ukraine, dont l’abandon en novembre a provoqué le mouvement de contestation qui a abouti à la destitution du président Viktor Ianoukovitch.

Les Occidentaux discutent aussi d’un plan d’aide pour la fragile économie ukrainienne afin de parer à la suspension d’un crédit massif promis par Moscou.

Mais un rapprochement trop rapide ou trop étroit avec l’Occident pourrait aliéner les régions russophones du sud-est de l’Ukraine, dont les liens avec la Russie voisine sont séculaires.

Des régions de l’est de l’Ukraine, comme Donetsk, veulent déjà organiser leurs propres référendums pour rejoindre la Russie. D’autres menacent d’emboîter le pas.

Romandie.com avec(©AFP / 17 mars 2014 12h21)

L’Ukraine accuse la Russie d’invasion militaire dans le sud-est du pays

mars 15, 2014

KIEV – L’Ukraine a accusé samedi la Russie d’avoir envahi militairement son territoire en déployant 80 soldats, des hélicoptères et des véhicules blindés, dans un village situé juste de l’autre côté de la frontière administrative entre la péninsule de Crimée et l’Ukraine continentale.

Ce n’est pas la première position occupée par les forces russes hors de Crimée puisque le barrage de contrôle de Tchongar, contrôlé par des forces russes et des milices pro-russes, se trouve également à environ un km au nord de la frontière administrative entre la Crimée et l’Ukraine.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères affirme que l’armée russe a procédé à une opération héliportée près du village de Strilkove, dans la région de Kherson. Selon Kiev, 80 soldats ont pris le contrôle du village avec le soutien de quatre hélicoptères et de trois véhicules blindés de combat.

Le ministère ukrainien des Affaires étrangères déclare qu’il s’agit d’une invasion militaire par la Russie et demande à la partie russe le retrait immédiat de ses forces militaires du territoire de l’Ukraine, ajoute un communiqué du ministère.

L’Ukraine se réserve le droit de recourir à tous les moyens nécessaires pour stopper l’invasion militaire russe.

Romandie.com avec(©AFP / 15 mars 2014 17h25)