Posts Tagged ‘Crimes contre l’humanité’

Mali : l’armée accusée de crimes de guerre, des groupes armés de crimes contre l’humanité

décembre 22, 2020

L’armée malienne a commis des «crimes de guerre» et plusieurs groupes armés des «crimes contre l’humanité», indique la Commission internationale sur le Mali établie par l’ONU dans un rapport transmis aux membres du Conseil de sécurité mardi 22 décembre.

Sans être la seule, l’armée malienne figure au premier rang des accusés de cette commission, qui estime avoir recueilli «des motifs raisonnables de croire» qu’elle a «commis des crimes de guerre», selon ce rapport de près de 350 pages, qui prône la création d’une Cour spécialisée dans les crimes internationaux.

Établie en janvier 2018, cette commission, composée de la Suédoise Lena Sundh, du Camerounais Simon Munzu et du Mauricien Vinod Boolell, a enquêté sur la période 2012-2018. Elle a remis mi-2020 son rapport au Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, qui l’a transmis la semaine dernière aux 15 membres du Conseil de sécurité.

Interrogé par l’AFP, le service de communication de l’ONU n’a pas fait de commentaire sur le texte, qui n’a pas encore été rendu public.

En 2012, les militaires maliens s’étaient emparés du pouvoir par un coup d’État censé enrayer la déroute de l’armée face aux rebelles indépendantistes et djihadistes dans le Nord, mais qui l’a en fait précipitée, plongeant le pays dans une crise qui se poursuit. En 2012-2013, les forces de sécurité et de défense se sont rendues coupables d’«assassinats» visant «particulièrement les membres des communautés touareg et arabe», les associant aux rebelles indépendantistes et aux groupes djihadistes.

Après l’apparition en 2015 d’un groupe djihadiste emmené par le prédicateur peul Amadou Koufa, les Peuls du centre du Mali ont été victimes d’amalgames: «les assassinats commis par les forces armées maliennes ont de plus en plus visé les membres de (cette) communauté», dit le texte. Plusieurs signataires de l’accord de paix, dont les ex-rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le groupe pro-gouvernemental «Gatia», sont également responsables de «crimes de guerre», selon la Commission.

Elle a en outre accusé de «crimes contre l’humanité» d’autres acteurs du conflit, notamment des groupes armés djihadistes dont l’influence et la violence ne cessent de s’étendre dans la sous-région, mais aussi de la milice Dan Nan Ambassagou, qui s’est érigée en défenseure des dogons dans le centre du Mali et est accusée de massacres de villageois peuls.

À la différence d’autres rapports, les conclusions de cette commission peuvent constituer une base légale pour de futurs procès.

Par Le Figaro avec AFP

Enquête en France pour «crimes contre l’humanité» contre un ex-haut responsable rwandais

juillet 25, 2020

 

Une enquête préliminaire a été ouverte vendredi 24 juillet pour «crimes contre l’humanité» contre Aloys Ntiwiragabo, chef des renseignements militaires pendant le génocide rwandais de 1994 qui vivrait en France, a indiqué samedi 25 juillet à l’AFP le Parquet national antiterroriste..

Des procureurs du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) ont accusé par le passé cet homme d’avoir été l’un des architectes du génocide de 1994 au Rwanda qui fit, selon l’ONU, au moins 800.000 morts essentiellement dans la minorité tutsi. Toutefois, ni le TPIR, ni la justice française ou rwandaise ne le recherchaient aujourd’hui, a précisé une source judiciaire.

Par Le Figaro avec AFP

Crimes de guerre et possibles crimes contre l’humanité à Idlib, selon l’ONU

juillet 7, 2020

De nombreux crimes de guerre, voire des crimes contre l’humanité, ont été commis dans la province d’Idlib, dernier bastion insurgé dans le nord-ouest de la Syrie soumis à une offensive du régime fin 2019 et début 2020, selon un rapport publié mardi par l’ONU.

«Des enfants ont été bombardés à l’école, des parents ont été bombardés au marché, des patients ont été bombardés à l’hôpital, et des familles entières ont été bombardées alors qu’elles fuyaient», a résumé Paulo Pinheiro, le président de la Commission d’enquête de l’ONU sur la Syrie. Son rapport porte sur la période du 1er novembre au 30 avril, et documente 52 attaques en se basant sur près de 300 entretiens et du matériel photographique et vidéo.

Le régime syrien de Bachar al-Assad, appuyé par son allié russe, a relancé en décembre 2019 son offensive contre Idlib, dernier bastion aux mains de groupes rebelles et djihadistes, avant qu’une trêve précaire parrainée par la Russie et la Turquie entre en vigueur début mars. L’offensive a fait un million de déplacés et plus de 500 morts civils, selon l’ONU.

14 écoles bombardées

«Lors de cette campagne militaire, les forces pro-gouvernementales et les groupes désignés par l’ONU comme terroristes ont violé de façon flagrante les lois de la guerre et les droits des civils syriens», selon Paulo Pinheiro, cité dans le rapport. Selon la Commission Pinheiro, entre le 1er novembre et le 30 avril, 17 installations médicales, 14 écoles, 9 marchés et 12 maisons ont été bombardés, dans l’écrasante majorité des cas par les forces pro-gouvernementales et leur allié russe.

Certains de ces «bombardements indiscriminés», notamment sur Maaret al-Noomane dans la province d’Idleb et à Atarib (ouest d’Alep) en décembre et février «pourrait être constitutifs de crime contre l’humanité» selon le rapport. La Commission Pinheiro se penche aussi sur les exactions du principal groupe djihadiste dans la région, Hayat Tahrir al-Sham (HTS), accusé de «pillages, détention, torture et exécution de civils, y compris des journalistes».

HTS a également «bombardé de façon indiscriminée des zones densément peuplées, semant la terreur parmi les civils vivant dans les zones sous contrôle gouvernemental», selon le rapport. «Les femmes, hommes et enfants que nous avons interviewés avaient le choix entre être bombardés ou fuir plus avant dans les zones contrôlées par HTS où les droits de l’homme sont violés et où l’assistance humanitaire est très limitée», selon l’enquêtrice Karen Koning AbuZayd.

Par Le Figaro avec AF

RDC: les violences en Ituri, possibles «crimes contre l’humanité» voire un «génocide» selon l’ONU

janvier 10, 2020

Ces violences sont perpétrées dans le nord-est du pays depuis fin 2017, principalement contre la communauté Hema.

Les violences en Ituri dans le nord-est de la République démocratique du Congo depuis décembre 2017, «pourraient présenter des éléments constitutifs de crimes contre l’humanité» voire de «crime de génocide», selon un rapport des Nations unies.

«Au moins 701 personnes ont été tuées», selon ce rapport du bureau conjoint des Nations unies et des droits de l’homme (BCNUDH). «La grande majorité des victimes des attaques semble avoir été visée en raison de leur appartenance à la communauté Hema (au moins 402 membres de cette communauté tués entre décembre 2017 et septembre 2019)».

«L’un des enjeux majeurs du conflit est en effet le contrôle des terres par les Lendu», ajoute ce rapport conjoint de la Mission des Nations unies au Congo (Monusco) et du bureau des droits de l’homme. Les violences entre lendu, majoritairement agriculteurs, et hema, éleveurs et commerçants, ont repris fin 2017 dans cette province frontalière de l’Ouganda par ailleurs convoitée pour son or et son pétrole sur les bords du lac Albert. Un précédent conflit entre 1999 et 2003 avait fait des dizaines de milliers de morts jusqu’à l’intervention d’une force européenne, Artémis, sous commandement français.

Ces nouvelles violences dans le territoire de Djugu au nord du chef-lieu Bunia, «ont causé le déplacement massif des habitants»: «près de 57.000 personnes se seraient réfugiées en Ouganda et plus de 556.356 autres se seraient déplacées vers les territoires voisins et à proximité de la ville de Bunia depuis février 2018». «La première vague de violence, de décembre 2017 à mai 2018, s’est manifestée par des affrontements intercommunautaires entre des membres des communautés Hema et Lendu», détaille le rapport.

Les forces de défense et de sécurité congolaise également touchées

«En septembre 2018, les violences ont repris sous la forme d’une série d’attaques contre les forces de défense et de sécurité congolaises par des assaillants Lendu, suivies d’opérations de riposte par les FARDC», les Forces armées de la RDC, ajoute-t-on. «A partir de juin 2019, une troisième phase de violence a été observée avec des attaques contre la communauté Hema commises également par des assaillants Lendu – sans générer de riposte de la part de la communauté Hema, et des opérations menées par les FARDC contre ces assaillants».

Ces violences ont fait «168 autres blessées et 142 personnes ont été victimes de violences sexuelles», là aussi majoritairement chez les Hema («79 blessés entre décembre 2017 et septembre 2019»).

Par Le Figaro avec AFP

Crimes contre l’humanité au Tchad et au Soudan: trois arrestations en France

juin 17, 2019

 

Le chef rebelle tchadien, le général Mahamat Nouri, et deux autres suspects ont été interpellés lundi en France dans une enquête ouverte depuis 2017 sur des soupçons de crimes contre l’humanité commis au Tchad et au Soudan entre 2005 et 2010, a appris lundi l’AFP de sources concordantes.

Ils ont été arrêtés dans le Val-de-Marne, en Mayenne et en Indre-et-Loire puis placés en garde à vue par les enquêteurs de l’office central de lutte contre les crimes contre l’humanité, les génocides et les crimes de guerre (OCLCH), a indiqué le parquet de Paris. Le général Mahamat Nouri, l’un des plus influents chefs rebelles tchadiens opposé au régime d’Idriss Déby Itno, figure parmi ces personnes, selon une source proche de l’enquête.

L’opération a notamment visé le général Mahamat Nouri, arrêté lundi matin à son domicile dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris le 10 mai 2017 pour des chefs de crimes contre l’humanité, complicité de ces crimes et association de malfaiteurs en vue de la commission de ces crimes.

Considéré comme l’un des plus influents chefs rebelles tchadiens opposés au régime d’Idriss Déby Itno, le général Nouri est le président fondateur de l’Union des forces pour la démocratie et le développement (UFDD). Il avait pris la tête d’autres rébellions au sein de l’Alliance nationale (AN) qui avait mené en février 2008 une offensive sur N’Djamena et avait été tout près de renverser le régime du président Déby, retranché dans son palais. Les rebelles avaient été finalement repoussés par les militaires tchadiens après de violents combats.

Paris avait à l’époque apporté un soutien décisif à l’armée, tout en démentant toute participation directe aux combats. Des divergences au sein des rebelles ont été une des causes de l’échec de l’offensive, la plus importante contre le régime du président Déby depuis 1990. L’est du Tchad et la région voisine soudanaise du Darfour nord étaient à l’époque des faits le théâtre de violences intercommunautaires et d’attaques de milices.

Par Le Figaro.fr avec AFP

Crimes contre l’humanité au Guatemala: 33 à 58 ans de prison pour quatre militaires

mai 23, 2018

Un tribunal guatémaltèque a condamné mercredi 23 mai à des peines de 33 à 58 ans de prison quatre militaires retraités pour la disparition d’un adolescent, ainsi que le viol et la torture de sa sœur, considérés comme des crimes contre l’humanité. / © AFP / JOHAN ORDONEZ

Un tribunal guatémaltèque a condamné mercredi à des peines de 33 à 58 ans de prison quatre militaires retraités pour la disparition d’un adolescent, ainsi que le viol et la torture de sa sœur, considérés comme des crimes contre l’humanité.

Marco Antonio Theissen, 14 ans, avait été enlevé le 6 octobre 1981 par des militaires venus à la résidence de ses parents, dans la capitale Guatemala. Son corps n’a jamais été retrouvé.

L’enlèvement était survenu un jour après que sa sœur Emma Guadalupe, 21 ans, se fut échappée d’une caserne militaire dans l’ouest du pays où elle avait subi des tortures et plusieurs viols par des soldats.

Ces faits sont survenus durant la guerre civile qui a déchiré le Guatemala de 1960 à 1996.

Le juge Pablo Xitumul a condamné à 33 ans de prison pour crimes contre l’humanité et viol aggravé d’Emma Guadalupe l’ancien chef de l’Etat major, Benedicto Lucas, ainsi que l’ex-colonel Hugo Zaldaña, l’ancien colonel Francisco Gordillo et le général en retraite Manuel Callejas.

Il a rajouté 25 ans de réclusion, pour la disparition de son frère, aux quatre hommes sauf à M. Gordillo.

Le tribunal a considéré que les militaires avaient « outrepassé » les limites de la lutte contre les groupes insurgents, durant le conflit armé, en s’en prenant à des civils.

Des dizaines de militants, qui ont attendu près de 14 heures avant d’entendre le jugement, ont crié de joie à l’annonce du verdict, tandis que des proches des militaires condamnés se sont mis à chanter l’hymne de l’armée guatémaltèque.

« Je veux dire à messieurs les accusés, que je vous rend la honte, que je vous rend la terreur », a témoigné lundi, dans la phase finale du procès, Emma Guadalupe.

« Pourvu qu’ils aient un peu de dignité et nous disent où est Marco Antonio », a-t-elle ajouté.

Benedicto Lucas, frère du défunt ex-président Romeo Lucas (1978-1982), et les autres accusés avaient été arrêtés en janvier 2016 et un juge avait ordonné leur procès un an plus tard.

Sur ordre de la Cour interaméricaine des droits de l’homme, l’Etat guatémaltèque a demandé pardon, en novembre 2006, pour la disparition de Marco Antonio Theissen.

Le conflit armé au Guatemala a fait environ 200.000 morts et disparus, selon un rapport des Nations unies, qui a rendu responsable les forces de sécurité de l’Etat de 93% des violations des droits de l’homme survenus pendant cette période.

Romandie.com avec (©AFP / 23 mai 2018 18h10)                

Burundi : les présidents ougandais et tanzanien s’opposent à l’enquête de la CPI

novembre 12, 2017

 

John Magufuli, alors candidat à la présidentielle, s’exprime à un meeting à Dar es-Salaam le 23 octobre 2015 © Khalfan Said/AP/SIPA

Les présidents tanzanien John Magufuli et ougandais Yoweri Museveni ont vivement critiqué la décision des juges de la Cour pénale internationale (CPI) qui autorise l’ouverture d’une enquête sur des crimes contre l’humanité présumés au Burundi.

« Le président Magufuli a déclaré que cette décision compromet les efforts déployés par la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), qui a mis en place un comité chargé d’aider à la résolution du conflit burundais, sous la direction du président Yoweri Museveni et de l’ancien président tanzanien Benjamin Mkapa », indique samedi un communiqué de la présidence tanzanienne, au terme d’une rencontre dans l’ouest de l’Ouganda entre les deux chefs d’Etat.

Yoweri Museveni, désigné par ses pairs comme facilitateur des difficiles négociations entre les parties burundaises, est actuellement président en exercice de l’EAC, qui regroupe la Tanzanie, l’Ouganda, le Kenya, le Rwanda, le Burundi et le Soudan du Sud.

Selon le président tanzanien, « la situation au Burundi n’est pas aussi mauvaise qu’elle a été décrite par la CPI car des nombreux réfugiés burundais en Tanzanie sont déjà rentrés chez eux tandis que d’autres continuent de rentrer ».

Toujours selon ce texte, le président Museveni a également condamné « la décision de la CPI qui se mêle des affaires de la Communauté d’Afrique de l’Est sans associer ses dirigeants, ce qui compromet les efforts visant à restaurer la paix au Burundi ».

Compétence de la CPI

Dans une décision rendue le 25 octobre, la CPI « a autorisé le procureur à ouvrir une enquête sur des crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l’extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu’au 26 octobre 2017 ».

L’autorisation concerne « notamment : le meurtre et la tentative de meurtre, l’emprisonnement ou la privation grave de liberté, la torture, le viol, la disparition forcée et la persécution ».

Ce pays de la région des Grands Lacs est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en 2015 sa candidature à un troisième mandat, obtenu après une élection boycottée par l’opposition.

Les violences qui ont accompagné cette crise auraient engendré au moins 1 200 morts, la détention illégale de milliers de personnes et la torture de milliers d’autres, des centaines de disparitions ainsi que le déplacement de plus de 400 000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d’après les estimations de la Cour basée à La Haye.

Jeuneafrique.com avec AFP

Burundi: le gouvernement ne collaborera pas « jamais » avec la CPI (ministre)

novembre 10, 2017

Nairobi – Le gouvernement du Burundi a rejeté « catégoriquement » vendredi la décision de la Cour pénale internationale (CPI) d’autoriser l’ouverture d’une enquête sur des crimes contre l’humanité présumés entre 2015 et 2017 au Burundi, la ministre de la justice assurant que Bujumbura ne collaborera « jamais » avec cette cour.

« D’emblée, le Burundi rejette cette décision rendue publique jeudi car le Burundi rappelle qu’il s’est retiré du Statut de Rome depuis le 27 octobre 2017. Le gouvernement n’ayant pas été notifié de la décision de la CPI d’enquêter sur le Burundi avant son retrait effectif, (…), il n’est pas lié par cette décision », a déclaré Aimée Laurentine Kanyana, dans une déclaration lue à la presse à Bujumbura.

Dans une décision rendue sous scellés le 25 octobre, la CPI « a autorisé le procureur de la CPI à ouvrir une enquête sur des crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l’extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu’au 26 octobre 2017 ».

Le fait d’avoir appris cette information « par les médias 14 jours » après la décision de la cour, « vient confirmer encore une fois la politisation des droits de l’homme et de la justice internationale, ainsi que la tentative de déstabilisation des pays africains (…) par les forces néo-colonialistes », a ajouté la ministre.

« En tout état de cause, le Burundi n’ouvrira jamais la coopération avec la CPI dans la mise en oeuvre d’une décision qui a été prise en violation du Statut de Rome et des principes du droit international », a martelé la ministre de la Justice.

Le pouvoir a appelé à des manifestations dans toutes les provinces du pays samedi pour dénoncer la décision de la CPI.

Le Burundi est devenu fin octobre le premier pays à quitter la CPI, créée il y a quinze ans à La Haye pour poursuivre les auteurs des pires atrocités dans le monde.

Le pays est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en 2015 sa candidature à un troisième mandat, obtenu après une élection boycottée par l’opposition.

Les violences qui ont accompagné cette crise ont depuis fait de 500 à 2.000 morts, selon les sources (ONU et ONG), des centaines de cas de disparition forcée et de torture, et ont poussé à l’exil plus de 400.000 Burundais.

« Le gouvernement du Burundi croyait qu’il avait échappé à la justice internationale en se retirant de la CPI. Cette décision est une grande victoire pour le peuple burundais », a réagi auprès de l’AFP Me Armel Niyongere, membre d’un collectif international d’avocats pour les victimes des crimes commis au Burundi.

« Pour la première fois dans l’histoire du Burundi, il y a un espoir d’avoir un jugement des violations graves et massives de droits humains, mais ce n’est qu’une étape, car la souffrance du peuple se poursuit par une répression sanguinaire », a renchéri Pacifique Nininahazwe, une autre figure de la société civile en exil, à la tête de l’Initiative NDONDEZA, (« Aidez-moi à retrouver mon proche ») qui enquête sur les cas de disparitions forcées.

Romandie.com avec(©AFP / 10 novembre 2017 15h29)

Crimes contre l’humanité: la CPI autorise une enquête au Burundi

novembre 9, 2017

Des manifestants célèbrent la sortie du Burundi de la Cour pénale internationale, à Bujumbura, le 28 octobre 2017 / © AFP/Archives / STR

Les juges de la Cour pénale internationale ont autorisé l’ouverture d’une enquête sur des crimes contre l’humanité présumés qui auraient fait au moins 1.200 morts au Burundi, devenu fin octobre le premier pays à quitter la CPI.

Dans une décision rendue sous scellés le 25 octobre, la CPI « a autorisé le procureur (…) à ouvrir une enquête sur des crimes relevant de la compétence de la Cour qui auraient été commis au Burundi ou par des ressortissants burundais à l’extérieur de leur pays depuis le 26 avril 2015 et jusqu’au 26 octobre 2017 », a-t-elle annoncé jeudi dans un communiqué.

L’autorisation concerne « notamment: le meurtre et la tentative de meurtre, l’emprisonnement ou la privation grave de liberté, la torture, le viol, la disparition forcée et la persécution ».

Ce pays de la région des Grands Lacs est plongé dans une grave crise depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé en 2015 sa candidature à un troisième mandat, qu’il a obtenu après une élection boycottée par l’opposition.

Les violences qui ont accompagné cette crise auraient engendré au moins 1.200 morts, la détention illégale de milliers de personnes et la torture de milliers d’autres, des centaines de disparitions ainsi que le déplacement de plus de 400.000 personnes entre avril 2015 et mai 2017, d’après les estimations de la Cour basée à La Haye.

Ces crimes auraient été commis par des membres des forces de sécurité burundaises opérant « conjointement avec des membres des Imbonerakure, la ligue des jeunes du parti au pouvoir », a affirmé la Cour pénale internationale.

Evoquant une attaque « systématique et généralisée », la procureure Fatou Bensouda a fait état jeudi dans une déclaration « d’une campagne menée contre des civils qui s’opposaient au parti au pouvoir ou qui étaient perçus comme des opposants », manifestants réels ou présumés, membres de la société civile ou journalistes.

Le retrait du Burundi de la CPI a pris effet le 27 octobre, mais celle-ci reste « compétente à l’égard de crimes qui auraient été commis pendant que le Burundi était un Etat partie au Statut de Rome », traité fondateur de la Cour, période durant laquelle Bujumbura reconnaissait sa juridiction, a-t-elle souligné.

– « Tricherie » de la CPI –

« Le Burundi est tenu de coopérer avec la Cour dans le cadre de cette enquête car celle-ci a été autorisée le 25 octobre 2017 », soit avant son retrait effectif, ont insisté les juges.

Le gouvernement burundais a de son côté immédiatement dénoncé l’ouverture de cette enquête.

« La CPI, corrompue, vient de se tirer encore une balle dans le pied », a réagi le responsable de la communication présidentielle Willy Nyamitwe sur Twitter. « La tricherie saute aux yeux. Sans doute que le Burundi sortira vainqueur de cette bataille, c’est la dernière carte de l’Occident ».

Alors que Bujumbura dénonce une autorisation « antidatée », la Cour explique avoir voulu permettre à la procureure de « mettre en oeuvre des mesures de protection » envers « les victimes et les témoins potentiels ».

L’autorisation de la CPI fait suite à l’examen préliminaire lancé en avril 2016 par Mme Bensouda et offrant « une base raisonnable pour mener une enquête », selon les juges.

La procureure pourra étendre son enquête avant ou après les dates annoncées « si certaines conditions juridiques sont remplies » et l’élargir à d’autres crimes tels que les crimes de guerre et/ou le génocide.

Si elle recueille suffisamment de preuves, Mme Bensouda demandera aux juges « de délivrer soit des citations à comparaître soit des mandats d’arrêt ».

« Nous entamons un processus qui prendra le temps qu’il faudra pour rassembler les éléments de preuve requis », a déclaré la procureure dans un communiqué. « Nous entendons mener au plus vite une enquête rigoureuse ».

La Fédération internationale des ligues des Droits de l’Homme (FIDH) a salué une « décision courageuse »: « l’enquête annoncée sera semée d’embûches, en raison de l’opposition violente d’un régime en pleine dérive autoritaire ».

Juridiction unique établie en 2002 pour juger les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide, la CPI estime qu' »il y a pas de conflit de compétence entre la Cour et le Burundi », affirmant que « les autorités du Burundi étaient demeurées inactives » face à la situation de crise.

Romandie.com avec(©AFP / 09 novembre 2017 17h59

Venezuela: l’ONU souhaite une enquête sur de possibles crimes contre l’humanité

septembre 11, 2017

Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, le 30 août 2017 à Genève / © AFP/Archives / Fabrice COFFRINI

Le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme a demandé lundi une enquête internationale sur l’usage excessif de la force par les autorités au Venezuela, estimant qu’il pourrait s’agir de crimes contre l’humanité.

« Mon enquête suggère la possibilité que des crimes contre l’humanité aient été commis (…). J’exhorte le Conseil (des droits de l’Homme de l’ONU, ndlr) à lancer une enquête internationale sur les violations des droits de l’homme au Venezuela », a affirmé Zeid Ra’ad Al Hussein, à l’ouverture, à Genève, de la 36e session de cette institution.

Peu après, le chef de la diplomatie du Venezuela, Jorge Arreaza Montserrat, présent dans la salle du Conseil, a balayé ces critiques, accusant le Haut Commissaire de présenter des rapports « sans fondement », qui « visent à perturber la souveraineté, la paix et la stabilité de notre peuple ».

M. Zeid a dénoncé de son côté les procédures pénales engagées contre des dirigeants de l’opposition au Venezuela, les détentions arbitraires, l’usage excessif de la force et le mauvais traitement des détenus. « Il y a un risque réel que les tensions augmentent encore, le gouvernement écrasant les institutions démocratiques et les voix critiques », a-t-il asséné.

Il a souligné que le Venezuela est actuellement l’un des 47 Etats membres du Conseil des droits de l’Homme et, à ce titre, a le devoir de défendre et promouvoir les droits de l’homme.

Ce n’est pas la première fois que le Haut Commissaire s’en prend au Venezuela. Fin août, il avait jugé, à l’occasion de la publication à Genève d’un rapport accablant sur la situation des droits de l’homme, que la démocratie était en danger de mort dans ce pays.

Il avait alors reconnu qu’il y avait eu au Venezuela « une érosion de la vie démocratique » qui « doit être à peine vivante, si elle est encore en vie ».

Dans le rapport, les experts de l’ONU ont dénoncé « une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations ».

– Dictature, un mot trop ‘doux

Présente à l’ONU, Julieta Lopez, tante de l’opposant vénézuélien Leopoldo Lopez, qui est en résidence surveillée, a déclaré aux médias que son pays « ne pourra pas s’en sortir sans une aide extérieure, internationale ». « La dictature est un mot trop doux » pour décrire le Venezuela, a-t-elle dit, assurant que le Venezuela est « dirigée par des bandes criminelles organisées ».

Les autorités vénézuéliennes ayant refusé l’accès au pays aux enquêteurs de l’ONU, M. Zeid avait chargé une équipe de spécialistes des droits de l’homme d’interviewer à distance quelque 135 victimes et leurs familles, ainsi que des témoins, des journalistes, des avocats, des médecins, et des membres du Bureau de la procureure générale.

Le Venezuela, pays producteur de pétrole, en proie à une grave crise économique marquée par des pénuries de produits de première nécessité, est le théâtre de manifestations depuis avril contre le président Maduro qui ont fait près de 130 morts.

Dans un communiqué diffusé par l’ONG Human Rights Watch au nom de 116 organisations, en majorité latino-américaines, les défenseurs des droits de l’homme expliquent que la « crise au Venezuela devrait être une priorité du Conseil ». De son côté, l’ONG UN Watch a demandé que le Venezuela soit suspendu du Conseil, une décision que seule l’Assemblée générale de l’ONU peut prendre.

La Commission internationale de juristes, une organisation basée à Genève, a quant à elle indiqué que le Tribunal suprême de justice (TSJ), la Cour suprême du Venezuela, « a cessé d’agir en tant que tribunal indépendant » et « est devenu le bras d’un dirigeant autoritaire ».

Romandie.com avec(©AFP / 11 septembre 2017 18h44)