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Bruxelles juge la situation italienne «très inquiétante»

novembre 9, 2011

L’économie italienne doit désormais emprunter à 6,75 % sur dix ans. Au-delà de Silvio Berlusconi, les interrogations portent sur la solidité de la croissance à long terme.

L’Italie approche-t-elle du point de non-retour ? Certains ministres des Finances n’ont pu s’empêcher de lever les yeux au ciel, mardi, au bout d’un nouveau huis clos à Bruxelles, alors que deux indicateurs inquiétants pour l’avenir de la monnaie unique viraient au rouge : le niveau des interventions de la BCE pour calmer les marchés et le coût auquel emprunte le Fonds européen de stabilité financière (FESF), qui constitue pourtant la première ligne de défense si l’Italie venait à basculer après la Grèce, le Portugal et l’Irlande.

Les ministres de l’euro n’ont semble-t-il rien appris de leur collègue italien Giulio Tremonti, venu plaider à Bruxelles la cause d’un gouvernement Berlusconi désormais condamné . «Les marchés boivent la tasse depuis une semaine, mais de Rome on entend toujours la même chanson», regrette un porte-parole. L’Italie, à son tour, «entre dans le cercle vicieux», enchaîne un haut fonctionnaire. Ce cercle vicieux s’exprime directement en termes de taux d’intérêt. Rome emprunte désormais à un niveau record de 6,75 % à dix ans, soit 500 points de base (5 %) de plus que l’Allemagne. «Entre 6 % et 7 % de taux d’intérêt, le pays n’arrivera pas à stabiliser sa dette, qui deviendra incontrôlable», ont prévenu mardi les gérants américains de Pimco, le plus gros gérant obligataire au monde. Signe de la gravité de la situation : à cinq ans, l’Italie emprunte encore plus cher (6,85 %), alors que l’Allemagne emprunte à… moins de 0,90 % ! Cela prouve le manque de confiance des investisseurs dans les capacités de refinancement à court terme de la péninsule, puisqu’ils exigent des taux plus élevés. Ces inquiétudes se traduisent sur le front politique. À visage découvert, le premier ministre finlandais, Jyrki Katainen, dénonce «des promesses vides» et le commissaire Olli Rehn juge «la situation très inquiétante».

La question est centrée sur la personnalité de Silvio Berlusconi, qui a fini par être poussé à la démission, mardi soir tard. Au-delà de cette décision qui devrait intervenir d’ici une semaine, la troisième économie de l’euro donnera des sueurs froides aussi longtemps qu’elle n’aura pas repris le contrôle de son endettement. «Vu la taille de l’Italie, elle ne peut pas compter sur une aide extérieure», concédait mardi la ministre autrichienne Maria Fekter. Les comptes sont faits : le fardeau de la dette, 1900 milliards d’euros, pèse cinq fois plus lourd que des emprunts grecs déjà difficiles à gérer pour la zone euro. À une attaque des marchés, le FESF ne pourrait opposer que 250 milliards de ressources aujourd’hui disponibles.

Les signaux d’alerte se multiplient. Pour enrayer l’envolée des taux d’intérêt exigés de l’Italie, la BCE a dû doubler à 9,5 milliards d’euros ses rachats d’obligations d’État la semaine dernière. Sur un autre front de défense de l’euro, le FESF a dû relever de 104 points de base le taux servi sur ses propres emprunts (3,59 %) pour placer ses 3 milliards d’euros d’obligations. Le fonds de sauvetage garde son AAA, mais il semble déjà plombé par le boulet italien. «Le cordon sanitaire dressé autour de la Grèce donne des signes d’affaissement», lâche un haut responsable.

Spectre d’une débâcle

La mise en place du fameux «pare-feu», arrêtée le 26 octobre par le sommet de l’euro, était précisément l’enjeu du rendez-vous de l’Eurogroupe à Bruxelles. Après la décision politique, il reste à remplir les caisses du FESF nouvelle manière : les budgets européens sont déjà dans l’étau et les grands investisseurs étrangers renâclent à acheter ses obligations dans une atmosphère empoisonnée par le spectre d’une débâcle italienne. Les dix-sept membres de l’euro, s’ils sont d’accord pour précipiter le calendrier, n’ont toujours pas fixé les paramètres décisifs : le niveau précis des garanties offertes par le FESF aux investisseurs extérieurs ou encore le rôle que devra jouer le FMI pour rendre la construction crédible. «Les délais sont frustrants, reconnaît un responsable. Mais l’Europe se doit avant tout d’offrir les conditions les plus attrayantes.» L’une de ces conditions pourrait être le départ du Cavaliere. Ultime signal du blocage provoqué par la situation en Italie et en Grèce : lors de l’Ecofin, mardi, les Vingt-Sept ont recommencé à s’opposer sur l’un des sujets qu’ils avaient conclus lors du sommet du 26 octobre : le montant de la recapitalisation des banques, 106 milliards d’euros. Les modalités précises de cette recapitalisation recommencent à faire débat.

Pourquoi l’Italie est-elle la cible des marchés ?

L’attaque des marchés est disproportionnée lorsque l’on compare le niveau d’endettement des différents pays de la zone euro. En effet, les fondamentaux économiques de l’Italie sont loin d’être les pires, en particulier s’agissant des déficits. La péninsule a même dégagé un excédent primaire (hors charges d’intérêt de la dette) cette année. En 2010, elle a enregistré un déficit public de 4,6 % du PIB, contre 6,2 % pour la moyenne de la zone euro, 4,3 % pour l’Allemagne et 7,1 % pour la France ! Lorsque l’on pariait sur les risques de contagion après la Grèce, l’Irlande et le Portugal, l’Espagne a longtemps figuré en première ligne, étant donné la fragilité de ses caisses d’épargne, les «cajas». Rien de comparable avec les banques italiennes. Idem sur le front de la croissance où l’Italie affiche de meilleures performances, grâce au dynamisme de ses exportations : 1,5 % de hausse en 2010 contre une baisse de 0,1 % pour l’Espagne. Et la récession cette année sera également plus forte du côté de la péninsule Ibérique. La sanction des Bourses vise surtout l’instabilité politique, qui mettait en péril la mise en œuvre des 60 milliards d’euros d’économie du programme d’assainissement budgétaire. Car le point noir de l’économie italienne, c’est son immense dette publique, 1 900 milliards d’euros, soit 120 % du PIB, la plus forte de la zone euro. Mais c’est aussi sur le sort de Silvio Berlusconi que les marchés se sont focalisés ces dernières semaines. ANNE CHEYVIALLE

Quels sont les risques de la crise italienne ?

Les dirigeants européens l’ont dit et redit. Le choc d’une faillite de la Grèce est absorbable. La petite économie hellénique ne pèse que 2,3 % du PIB de la zone euro. Rien à voir avec le poids lourd italien, troisième économie européenne, qui représente plus de 16 %. Autrement dit, si la péninsule vacille, on change de dimension. Les besoins de financement en attestent : Rome devra débourser de l’ordre de 240 milliards d’euros l’année prochaine pour financer sa dette colossale. Un financement qui deviendra vite prohibitif si les taux à long terme continuent sur leur lancée. Les rendements à dix ans ont franchi le seuil d’alerte des 6 % depuis le 26 octobre. La charge de la dette représente 5 % du PIB, contre 2,8 % pour la moyenne de la zone euro. L’Italie n’a pas d’autre choix que de dégager un excédent primaire (hors charge d’intérêt) plus important dans un contexte économique récessif. Le gouvernement table sur un excédent primaire de 3,5 % en 2012 et 5,5 % en 2013. Il lui faudra pour cela mettre en musique les plans d’économie promis et lancer les réformes structurelles indispensables pour soutenir la croissance sur le long terme. Au-delà, c’est toute la zone euro qui est en péril. Si l’Italie ne parvenait plus à se financer sur les marchés et devait recourir à l’aide internationale, quid des financements ? L’envoi en urgence, certes à la demande de Rome, d’émissaires du FMI, de l’Union européenne et de la BCE, témoigne de la gravité de la situation. A. C.

Les banques françaises en première ligne

L’Italie, c’est le pays européen sur lequel les banques françaises se révèlent les plus engagées, que ce soit à travers des portefeuilles de dette souveraine ou des crédits à l’économie italienne. Un symbole : en juin dernier encore, BNP Paribas détenait plus de dette publique italienne que d’emprunts d’État français. Une exposition massive de 20,5 milliards d’euros dont la première banque française s’est activement délestée ces derniers mois pour le ramener à 12,2 milliards comme elle l’a révélé la semaine dernière. Le Crédit agricole, qui chiffrait à 8,7 milliards d’euros au 30 juin son portefeuille de dette publique italienne, pourrait avoir également allégé sa position, comme l’a d’ailleurs fait la Société générale (lire page 25). Dexia, la banque franco-belge, affichait elle un total de 13,3 milliards prêtés à l’État italien.

BNP Paribas et le Crédit agricole ont massivement investi pour développer leurs métiers bancaires dans la péninsule, quand la Société générale et BPCE sont beaucoup plus en retrait. BNP Paribas se félicite ainsi d’avoir trouvé, avec le rachat de Banca Nationale di Lavoro, un troisième marché domestique en Europe (avec la France et la Belgique, via Fortis). Avec 82 milliards d’euros de crédits consentis à la clientèle, BNL représente la moitié du poids du réseau français. De son côté, Cariparma, la filiale du Crédit agricole, a consenti 33 milliards d’euros de prêts à ses clients. Des engagements balancés par une base de dépôts quasi équivalente. I. C.

Comment éviter un défaut ?

Pour le moment, c’est la Banque centrale européenne (BCE) qui tient seule la ligne de front pour protéger l’Italie. Depuis le 8 août, la BCE achète directement sur les marchés des obligations d’État italiennes, ce qui permet d’en réduire les taux d’intérêt. La banque centrale avait déjà acheté pour 74 milliards d’euros d’obligations grecques, irlandaises et portugaises en début d’année. Mais au cours des trois derniers mois, elle a racheté 80 milliards de nouvelle dette, essentiellement italienne, même si la BCE ne détaille pas ses achats pays par pays. Bien que très efficace, cette défense ne durera pas longtemps. La BCE a accepté d’acheter des obligations italiennes à condition de les transférer ensuite au Fonds européen de stabilité financière (FESF). Mais ce dernier dispose de moyens limités, 440 milliards au total pour acheter non seulement la dette italienne, mais également prêter à la Grèce, à l’Irlande ou au Portugal. Pour que la bataille cesse rapidement, la BCE a entrepris une stratégie d’aller-retour sur les marchés très claire : elle ne défendra l’Italie que si celle-ci met en œuvre les réformes promises… avec ou sans Berlusconi. Dans ce contexte, à chaque fois que le président du Conseil a annoncé son intention de rester au pouvoir, les traders indiquent que la BCE a cessé ses achats de titres, ce qui fait monter les taux. À l’inverse, ces achats reprennent lorsque les rumeurs de démission resurgissent… À long terme, l’objectif consiste à faire du FESF un assureur : il pourrait garantir autour de 20 % de la dette italienne émise, de sorte à assurer aux acheteurs qu’ils ne perdront pas tout en cas de défaut de Rome. Un filet de sécurité bien mince. CY. L.

Lefigaro.fr par Jean-Jacques Mevel

Grèce : une sortie de l’euro est désormais envisagée

novembre 3, 2011

Derrière la question du référendum, «il s’agit de savoir si les Grecs veulent ou non rester dans la zone euro », affirme le premier ministre grec.

« La seule question qui se pose désormais pour les Grecs c’est de savoir s’ils veulent rester membres de la zone euro ». Cette phrase prononcée deux fois avec gravité à minuit dans l’auditorium du Palais des festivals de Cannes, par Angela Merkel et Nicolas Sarkozy fera date dans l’histoire de l’Europe. Elle résonnera avec acuité tout au long des deux jours du sommet du G20 qui débute aujourd’hui à midi et se terminera demain après midi. Les 20 dirigeants des pays les plus riches de la planète doivent discuter aujourd’hui lors de leur premier déjeuner ensemble de la manière de relancer la croissance mondiale et de réformer le système monétaire international avant de s’attaquer dans l’après midi à la question du financement de l’aide au développement. Autant de sujets majeurs et graves qui ne pèseront pas lourd, pourtant, face à celui qui est dans tous les esprits ce matin à Cannes : la Grèce va-t-elle ou non sortir de la zone euro ?

Après le séisme provoqué lundi soir par l’annonce du premier ministre grec Georges Papandreou d’organiser un referendum pour consulter ses concitoyens sur le plan d’aide européen adopté dans la nuit du 26 au 27 octobre dernier, à Bruxelles, on en sait enfin davantage. Une réunion de trois heures, hier soir à Cannes entre les dirigeants allemands, français, de l’union européenne et du FMI, en présence du premier ministre grec, ont éclairci les choses. La Grèce devrait organiser un referendum le 4 décembre prochain. Le conditionnel reste de mise, car rien ne dit que le gouvernement Papandreou sera encore en place à cette date. Il subira demain un vote de confiance au sein de son parlement qui s’annonce très serré, comme il l’a lui-même reconnu hier soir à Cannes. La question précise qui sera posée dans ce referendum n’est pas encore déterminée mais dans la lignée de Nicolas Sarkozy et Angela Merkel, le premier ministre grec a été très clair : « au fond, il s’agit de savoir si les grecs veulent ou non rester dans la zone euro ».

Sarkozy et Merkel lancent un «appel solennel au peuple grec»
Côté européen, après les premières heures de stupeur, la réunion d’hier soir a permis d’établir une ligne claire : d’abord, accélerer la mise en œuvre des décisions prises la semaine dernière à Bruxelles. Il s’agit notamment de mettre en place le Fonds européen de stabilité financière nouvelle formule rapidement, pour qu’il fasse office de pare-feux en cas de « non » grec. Deuxième réponse : « nous sommes prêts à aider les grecs au nom de la solidarité européenne mais cette solidarité exige que la Grèce respecte ses engagements », a martelé Nicolas Sarkozy. En clair, s’ils disent oui le 4 décembre, les grecs ne doivent pas croire qu’ils échapperont à la rigueur, ni à l’austérité. Enfin, la sixième tranche d’aide à Athènes ne sera pas débloquée tant que la situation politique du pays n’aura pas été clarifiée, car a précisé le président français « nous ne pouvons pas engager l’argent des contribuables européens si les règles ne sont pas respectées ». Pour mieux dramatiser l’évènement, hier soir, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont lancé un « appel solennel au peuple grec souverain pour qu’un compromis politique soit rapidement trouvé dans le pays », autour d’un oui à l’euro.

Les journalistes présents dans la salle ont eu l’étrange sentiment de vivre un moment fort de l’avenir de la monnaie unique. Le verdict des marchés financiers, aujourd’hui, alors que pour la première fois l’hypothèse d’une sortie d’un pays hors de l’euro a été évoquée, s’annonce serré.

Lefigaro.fr par Cyrille Lachèvre

Sarkozy et Merkel préparent une réponse globale à la crise

octobre 24, 2011

Le plan sera décidé mercredi soir. La France se résigne à ne pas adosser le fonds de stabilité à la BCE, comme l’exige depuis le début l’Allemagne.

L’euro attendra encore 72 heures pour être fixé sur son sort. Lors d’un sommet européen qui tenait du tour de chauffe, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont rapproché dimanche leurs positions sur la question fatidique du fonds de sauvetage européen et de sa force de frappe sur les marchés. Mais, à la demande répétée de l’Allemagne, la décision finale ne sera prise que dans la nuit de mercredi à jeudi, à l’issue d’un autre conclave de crise convoqué à Bruxelles.

Le président a évoqué dimanche soir «un assez large accord», à la tribune d’une conférence de presse partagée avec Angela Merkel. Il a surtout fait un pas décisif en direction de la chancelière, elle-même arc-boutée dans son refus de voir la Banque centrale européenne refinancer durablement la dette de pays comme l’Espagne ou l’Italie. «La BCE est indépendante et nous y tenons autant que l’Allemagne, a assuré Nicolas Sarkozy. Aucune solution n’est viable qui ne garantirait pas cette indépendance.»

Crédibilité de l’euro

Satisfaite, Angela Merkel en a pris acte en affirmant clairement que le fonds de sauvetage démultipliera ses ressources sans nouvelle contribution des États de l’euro, ni recours aux moyens en principe illimités de la BCE. Grâce à un effet de levier, le FESF – aujourd’hui doté de 440 milliards d’euros – pourrait voir sa force de frappe relevée à 1000, voire 1500 milliards d’euros.

Pour y parvenir, Paris et Berlin sont proches de s’entendre sur un dispositif à double détente, expliquent des sources bien placées. D’abord une garantie directe du FESF, qui assurerait l’investisseur lors de l’émission de nouveaux emprunts par les États financièrement fragiles. Ensuite un fonds de soutien ou de régulation, qui interviendrait sur le marché secondaire des titres de dette. Ce fonds, qui bénéficierait lui aussi d’une caution du FESF, devrait attirer des investisseurs privés, voire souverains liés par exemple à la Chine, au Brésil et aux nations pétrolières.

Sur des marchés dubitatifs, la crédibilité de l’euro et du «pare-feu» envisagé à Paris et Berlin dépend aussi d’une discipline économique et budgétaire renforcée. Le spectre d’un dérapage italien a hanté les sommets à géométrie variable et les rendez-vous ministériels du week-end a Bruxelles. Dimanche matin, Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont fait passer le message à huis clos à Silvio Berlusconi, avec l’espoir d’éviter que la crise ne se propage à la Botte avant que l’euro ait érigé ses nouvelles défenses.

Des signes d’impatience

Publiquement, Angela Merkel a demandé au chef du gouvernement italien de réduire sa dette «de manière crédible». La confiance, dit-elle, «ne se gagne pas uniquement par des remparts financiers (…) L’Italie doit se montrer à la hauteur de ses responsabilités.» Nicolas Sarkozy a renchéri: «Il n’est pas question de faire appel à la solidarité des partenaires si ceux que nous aidons ne font pas eux-mêmes des efforts considérables.»

Les Européens doivent dévoiler au milieu de la semaine leur réponse «globale» à la crise de l’euro et à la contagion de la dette. Le plus urgent est de stabiliser la situation de la Grèce, surendettée et en pleine récession. S’ils sont d’accord pour continuer d’aider financièrement le gouvernement Papandréou, les chefs d’État et de gouvernement doivent encore faire accepter aux banques créancières une décote d’au moins 50% sur les emprunts grecs. L’Allemagne et surtout la France donnent sur ce front des signes d’impatience. S’adressant aux banques, Nicolas Sarkozy a lancé: il revient «à chacun de prendre ses responsabilités pour éviter la catastrophe

Lefigaro.fr par Jean-Jacques Mevel

Paris et Berlin réaffirment la place de la Grèce dans l’euro

septembre 15, 2011

Georges Papandréou a redit sa détermination absolue à mettre en œuvre tous les engagements qu’il a souscrits.

La France et l’Allemagne ne laisseront pas tomber la Grèce. Cette promesse, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel l’ont réaffirmée avec force mercredi soir dans un communiqué on ne peut plus officiel à l’issue d’une conférence téléphonique – très attendue toute la journée par les marchés – avec Georges Papandréou, le premier ministre grec. Pour être tout à fait clair, le couple franco-allemand s’est même dit convaincu «que la place de la Grèce est dans la zone euro». Mais à une condition, elle aussi, très explicite: «La mise en œuvre stricte et effective du programme de redressement de l’économie grecque soutenu par les pays de la zone euro et le FMI et qui conditionne le déboursement des futures tranches du programme.»

Barroso pour «un nouvel élan fédérateur»

De son côté, le premier ministre grec a donné toutes les assurances nécessaires. Georges Papandréou a confirmé «la détermination absolution de son gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre en œuvre l’ensemble des engagements souscrits». Une obligation pour qu’Athènes retrouve «les voies d’une croissance durable et équilibrée» et ainsi conforter «la stabilité de la zone euro». Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont par ailleurs confirmé qu’il était «plus que jamais indispensable de mettre pleinement en œuvre les décisions adoptées le 21 juillet par les chefs d’État et de gouvernement de la zone euro».

Les marchés avaient entretenu depuis le matin l’espoir d’une telle prise de position du couple franco-allemand. Si bien que, malgré une succession de mauvaises nouvelles sur le front bancaire, les places boursières du Vieux Continent ont fini en forte hausse, à l’image du CAC 40, à Paris, qui a regagné 1,87%.

Cette conférence téléphonique s’est tenue à l’avant-veille d’un rendez-vous européen crucial demain à Wroclaw (Pologne), où les ministres des Finances des Vingt-Sept doivent se retrouver. Car si le couple franco-allemand s’efforce de donner une image d’unité, la périphérie continue, elle, à se déchirer. Plusieurs responsables politiques sont montés au créneau pour dire leur impatience, voire leur agacement face à l’inertie des capitales de l’euro dans la tourmente.

«Un nouvel élan fédérateur»

Le ministre polonais des Finances, Jacek Rostowski, qui hésite désormais à faire entrer son pays dans la monnaie commune, a été le plus véhément. «Si la zone euro se fissure, l’Union européenne ne sera sans doute pas en mesure de survivre, avec toutes les conséquences dramatiques que l’on peut imaginer», a-t-il dit dans une claire référence aux guerres du XXe siècle.

De son côté, le chef de l’exécutif européen, José Manuel Barroso, s’en est pris à mot couvert au «gouvernement économique», qui a les faveurs de Nicolas Sarkozy et d’Angela Merkel. «Le système fondé sur des accords entre gouvernements nationaux n’a pas marché dans le passé, il ne marchera pas à l’avenir, a-t-il lancé à la tribune du Parlement à Strasbourg. La seule façon de briser le cercle vicieux est un nouvel élan fédérateur.» Le président de la Commission exhorte les dix-sept de l’euro à concrétiser sans délai le second plan de sauvetage de la Grèce, alors que l’Autriche, la Finlande, la Slovaquie et les Pays-Bas traînent les pieds.

Le plaidoyer pour plus d’Europe s’adressait à un hémicycle acquis d’avance. Pour le chef de file conservateur, le Français Joseph Daul, l’UE «doit se frotter à une nouvelle réalité: elle n’a plus le choix qu’entre intégration et fédération». L’Allemand Martin Schulz, socialiste qui s’apprête à prendre le perchoir, a visé la chancelière, dénonçant les dirigeants nationaux qui tiennent deux discours, l’un pour se faire aimer de l’Europe, l’autre pour plaire à leur électorat. «Ce sont ces gens-là qui tuent l’euro, a-t-il lancé. Ils feraient mieux d’entendre les ­appels à l’unité qui viennent des États-Unis, de Chine ou du Japon.» Le centriste Guy Verhofstadt, apôtre des euro-obligations, a regretté que «Sarkozy et Merkel ne soient pas à la hauteur de leur mission».

Lefigaro.fr par Jean-Jacques Mevel, Marc Landré P

Crise : le front commun Sarkozy-Merkel

août 16, 2011

Paris et Berlin évoquent mardi les problèmes de gouvernance dans la zone euro. Les euro-obligations, auxquelles les deux partenaires s’opposent, ne seront pas évoquées.

Une journée de rentrée au milieu du mois d’août. Nicolas Sarkozy sera aujourd’hui à Paris pour déjeuner avec François Fillon, puis pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel, elle-même de retour des vacances.

À l’heure où la zone euro est attaquée, la France et l’Allemagne s’efforcent d’afficher un front commun et de montrer leur détermination à sortir de la crise. Ce mini­sommet sera donc consacré à imaginer des solutions pour améliorer la gouvernance de la zone euro, dont les défaillances inquiètent les marchés financiers. Bien qu’a priori non conclusive – «il ne faut rien attendre de spectaculaire», déclarait hier le porte-parole du gouvernement allemand -, cette réunion devrait permettre aux deux dirigeants de poser des jalons pour la suite.

Le sujet ultrasensible des euro-obligations ne sera en revanche pas abordé, contrairement à ce qu’espéraient les marchés. L’opposition de Berlin à la création d’obligations communes aux pays de la zone euro est connue de longue date. Le gouvernement Merkel a une bonne raison d’être contre: émises au nom de tous les pays, les euro-obligations auraient un taux d’intérêt égal à la moyenne des taux en vigueur dans tous les pays. Il serait donc plus élevé que celui auquel Berlin emprunte actuellement. Jusqu’à présent, la France se contentait de montrer peu d’enthousiasme pour ces euro-obligations.

Hier, Paris est sorti du bois pour montrer son unité avec son partenaire. «Les euro-obligations ne sont pas une réponse adéquate aujourd’hui. Émettre des obligations communes nécessite un degré d’intégration économique et budgétaire entre les pays que nous n’avons pas atteint», explique-t-on à l’Élysée. Paris rejoint Berlin sur un autre «niet»: celui d’accroître la capacité du Fonds européen de stabilité financière (FESF), aujourd’hui doté de 440 milliards d’euros. «Le niveau du fonds est approprié», dit-on à l’Élysée.

Quelques heures avant sa réunion avec Angela Merkel, Nicolas Sarkozy aura discuté avec François Fillon des finances publiques françaises. La croissance s’avérant décevante, le gouvernement n’a pas le choix : même à quelques mois des élections, il doit prendre des mesures de rigueur supplémentaires. La France, qui est suivie de près par les marchés, doit absolument ramener son déficit public à 4,6 % du PIB en 2012.

Des niches en ligne de mire

Pour y parvenir, en tenant compte d’une conjoncture atone, le chiffre de 10 milliards d’euros d’économies est souvent évoqué. Mais Bercy ne le confirme pas. Dans l’entourage de Valérie ­Pécresse, la ministre du Budget, on précise seulement que «ces économies seront le fruit d’efforts sur les dépenses et de coupes dans les niches ­fiscales». La méthode de 2010 – rabot général de 10 % ou 15 %, couplé avec la suppression de ­certains dispositifs – devrait être réitérée. Les niches favorables aux grandes entreprises, comme le ­report illimité dans le temps des pertes, sont dans la ligne de mire. Et les idées ne manquent pas pour imposer davantage les plus-values mobilières et immobilières ou taxer au fil de l’eau l’assurance-vie.

Selon certaines sources, Bercy souhaiterait ramener la réduction Scellier à 15 % (au lieu de 18 %) en 2012. François Baroin, le ministre de l’Économie, et Valérie Pécresse, qui ont travaillé samedi ensemble dans la Creuse, ont transmis hier à l’Élysée et à Matignon une liste de propositions. Nicolas Sarkozy arbitrera d’ici au 24 août.

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Les turbulences de la monnaie unique inquiètent Londres

Le ministre britannique des Finances George Osborne demande à la zone euro d’aller vers une plus grande intégration budgétaire pour ramener l’économie mondiale sur la voie de la confiance. La zone euro «doit désormais faire la preuve de son engagement pour plus d’intégration budgétaire et pour des dispositifs de gouvernance qui préviennent l’aléa moral et confortent la responsabilité budgétaire», souligne le ministre dans une tribune publiée hier lundi dans le Financial Times . La semaine dernière, il avait déjà exhorté ses homologues de la zone euro à prendre rapidement toutes les mesures nécessaires, comme la création d’euro-obligations, pour éviter une désintégration de la monnaie unique «qui constituerait une catastrophe économique y compris pour le Royaume-Uni».

Lefigar.fr Par Cécile Crouzel

Les sept clés de la crise

août 9, 2011

Placements, croissance, impôts… les secousses financières mettent en œuvre des mécanismes complexes et ont des répercussions très larges.

1. Avec quel argent la BCE rachète-t-elle la dette des États ?

Lorsqu’elle était intervenue pour financer la Grèce, le Portugal et l’Irlande, la BCE avait acheté environ 12% de leur dette, soit 74 milliards d’euros. La dette espagnole et italienne dépassant les 2300 milliards d’euros, en racheter 12% signifie mettre plus de 240 milliards d’euros sur la table. En théorie, ce n’est pas un problème : la BCE ayant le pouvoir de battre monnaie, elle crée autant d’argent qu’elle le veut et ses moyens sont illimités. Mais créer de la monnaie – même virtuelle – aboutit à accroître les liquidités sur le marché et provoque, à terme, de l’inflation. Or, le mandat de la BCE est exclusivement de lutter contre l’inflation. Pour ne pas en générer, la banque centrale de Francfort «stérilise» ses achats de dette. Concrètement, si elle donne de l’argent à un investisseur pour lui racheter une obligation d’État, elle propose ensuite à ce même investisseur, ou à sa banque, de placer cet argent qu’il a perçu en dépôt chez elle, en échange d’une rémunération attractive. Cela aboutit au final à ne pas augmenter la masse monétaire en circulation. Le danger, toutefois, est qu’en achetant de la dette d’États en difficulté à un prix élevé, la BCE ne fasse une mauvaise affaire, lorsqu’elle la revendra, ce qui l’amènera à enregistrer des pertes financières. Mais ces pertes, elles aussi, seront «virtuelles».

» La BCE essaie en vain d’être le pompier de la zone euro

2. Combien l’aide aux États en difficulté va-t-elle coûter aux Français ?

Rien ! À condition que les États à qui l’on prête de l’argent ne fassent pas faillite et remboursent leurs dettes… Les aides sont de plusieurs natures. Dans le cadre d’une première tranche de soutien à la Grèce, la France s’est engagée à prêter directement 16,8 milliards sur trois ans. En pratique, cela creuse les déficits, mais lorsque Athènes nous remboursera, le déficit en sera réduit à due proportion. D’autant que la France devrait empocher les intérêts correspondant à la différence entre le taux auquel elle prête à la Grèce (4,2 %) et celui auquel elle emprunte (aux alentours de 3,30 % en ce moment). L’aide à l’Irlande et au Portugal tout comme le deuxième plan d’aide à la Grèce décidé le 21 juillet sont d’une nature différente. Ces pays seront financés par le Fonds européen de stabilité financière (FESF) auquel la France apporte sa garantie : elle garantit 20 % des 440 milliards dont est doté le fonds, ce qui représente 89,6 milliards. C’est un risque potentiel, si jamais le FESF est obligé de tout prêter et n’est pas remboursé. Chaque fois que le FESF prête à un État la garantie est activée et la dette de la France augmente donc à hauteur de 20 % de la somme prêtée. Pour le moment, la France n’inscrira comptablement que 15 milliards de dette supplémentaire pour la Grèce.

» INFOGRAPHIE – Qui détient les dettes d’État ?

3. Faut-il s’attendre à des hausses d’impôts ?

«L’objectif intangible, c’est de ramener le déficit public à 4,6 % du PIB fin 2012, quel que soit le niveau de croissance !» Dans l’entourage de la ministre du Budget, Valérie Pécresse, on affiche une claire fermeté. Selon le scénario officiel, atteindre cet objectif en fin d’année suppose de réduire de 3 milliards d’euros supplémentaires les niches fiscales, tout en maintenant la politique de gel des dépenses de l’État. Mais s’il faut faire plus pour atteindre les 4,6 % de déficit, Bercy est prêt à aller plus loin. Les Français doivent s’y préparer : les pertes enregistrées par les banques sur la Grèce – qui va réduire leur impôt sur les sociétés – et le coût supplémentaire de la condamnation de la France dans l’affaire des frégates de Taïwan vont créer un manque à gagner qui pourrait avoisiner 1 milliard d’euros. La charge de la dette a elle aussi augmenté de 1 milliard d’euros à cause des hausses d’intérêt. Bref, selon Gilles Carrez, rapporteur général du budget, ce n’est pas 3 mais 5 milliards d’économies supplémentaires qu’il faudra trouver. Le gouvernement, qui présentera son budget 2012 fin septembre, l’assure : «Pas question d’augmenter les impôts.» François Baroin, ministre de l’Économie, l’a encore répété lundi matin. La voie privilégiée pour accroître les recettes fiscales consistera à raboter davantage encore les niches fiscales. Ce qui revient tout de même à augmenter les impôts pour certaines catégories de contribuables, ceux qui utilisent ces niches.

4. Quelles seront les conséquences pour l’économie ?

En onze séances, le CAC 40 a dévissé de plus de 18 %. Ce recul s’explique par les statistiques pessimistes sur l’évolution de l’économie américaine et les craintes concernant l’endettement étatique des deux côtés de l’Atlantique. Surtout, les investisseurs anticipent que le poids de cette dette va obliger les États à couper dans les dépenses publiques et augmenter les impôts. Autant d’éléments qui vont encore peser sur la croissance économique. Une récession est même évoquée par certains aux États-Unis pour la fin de l’année. «Avec la baisse récente des marchés des actions, la probabilité de récession telle qu’elle est estimée par les places boursières est désormais de 30 % à 40 %», estime un observateur.

» Pourquoi la menace de la récession refait surface

5. L’essence va-t-elle baisser ?

C’est la bonne nouvelle de ces perturbations économiques. La perspective d’un ralentissement économique pèse depuis quelques jours sur l’évolution des matières premières en général et du pétrole en particulier. Le baril d’or noir à New York a perdu près de 16% depuis le début de la baisse des Bourses mondiales le 25 juillet. Par rapport au plus haut de l’année, le 29 avril, la chute atteint 26,2 %. Et les distributeurs d’essence, Total en tête, se sont engagés à répercuter les évolutions du pétrole aussi bien à la hausse qu’à la baisse.

6. Votre épargne est-elle menacée ?

En France, le cadre légal est très protecteur pour le client particulier. Tout établissement de crédit agréé par le Comité des établissements de crédit et des entreprises d’investissement (Cecei) est obligatoirement adhérent au Fonds de garantie des dépôts. En cas de défaillance d’un établissement, ce fonds assure la restitution des sommes déposées. Le montant de l’indemnisation est plafonné à 100 000 euros pour les espèces et à 70 000 euros pour les titres. Au-delà, il existe un risque théorique en cas de faillite de l’établissement bancaire. La situation des banques françaises est cependant très solide, même si leurs engagements en Italie et en Espagne peuvent peser. Surtout, l’État les soutiendra en cas de diffi­culté sérieuse.

7. Existe-t-il des valeurs refuges ?

L’effondrement des Bourses mondiales et les incertitudes sur les obligations d’État ont conduit les investisseurs à se ruer sur l’or et le franc suisse, qui font plus que jamais office de dernières valeurs refuges. L’once d’or a cassé lundi la barre des 1700 dollars, un plus haut historique. Depuis le début de l’année, l’or a gagné plus de 20 %. Et en deux ans, il a progressé de 79 %. Le paroxysme de la crise passée, rien ne garantit cependant qu’il se maintiendra à des niveaux aussi élevés.

Lefigaro.fr par Cyrille Lachèvre et Emmanuel Egloff

Un sommet crucial pour l’avenir de l’euro

juillet 19, 2011

Jeudi, les dirigeants de la zone euro examineront un second sauvetage de la Grèce. Une date clé face à des marchés extrêmement nerveux.

Avec la crise de la dette souveraine, les marchés n’en finissent pas de tester la force de caractère des dirigeants de la zone euro. Depuis quinze mois, chaque rendez-vous européen a réussi un replâtrage, sans prévenir le coup suivant. La Grèce. L’Irlande. Le Portugal. Sauver l’euro ? Il en sera à nouveau question cette semaine pour un sommet d’urgence. Avec cette fois une différence de taille : tout le monde, ou presque, peut se sentir visé.

Lorsque les dix-sept chefs d’État et de gouvernement se retrouveront jeudi à midi, ce ne sont pas les options techniques qui manqueront à l’appel. Renflouement accru, baisse des taux d’intérêt, allongement des échéances, appel au secteur privé, voire restructuration en bonne et due forme, toutes les solutions sont sur la table depuis que la Grèce a frôlé la faillite pour la première fois, au printemps 2010.

Ce qui a toujours fait défaut, en revanche, c’est la volonté politique et la responsabilité dans une Europe que les capitales perçoivent non plus comme un projet commun, mais comme une variable de politique intérieure. À l’inverse, l’effet de contagion peut conduire au sursaut collectif. Avec l’Italie la semaine dernière, le péril s’est retrouvé d’un seul coup au cœur de l’euro.

C’est de Rome aussi que sont tombées les deux mises en garde les plus percutantes. «La solvabilité des États souverains n’est plus un fait acquis», dit Mario Draghi, futur président de la BCE, à l’adresse des dix-sept capitales. Et «comme sur le Titanic, les passagers de première classe eux-mêmes ne pourront pas s’en sortir», a prédit le ministre des Finances, Giulio Tremonti.

Rachat de dette grecque

L’avertissement transalpin a porté. Pour la première fois, les ministres des Finances de l’euro viennent d’admettre ce que les marchés et les experts financiers clament depuis des mois. Oui, la Grèce, plongée dans l’austérité et la récession, peut se retrouver incapable de régler une échéance sur sa dette ou sur les intérêts. Et non, un défaut de paiement n’est plus à exclure dans la zone euro. Seule la BCE refuse encore d’en convenir.

C’est sous cette contrainte, reconnue mais encore virtuelle, que le sommet de jeudi devra ficeler un second renflouement de la Grèce. «La clé, c’est d’améliorer la capacité de la Grèce à soutenir et à rembourser sa dette» , insiste le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Dans tous les cas de figure, les créanciers privés – banques et fonds d’investissement – devront faire la part du feu, ou participer à l’effort.

La solution la plus en vue est d’aider la Grèce à racheter une partie de sa dette publique grâce à des prêts consentis par le FESF, le fonds de renflouement de la zone euro. L’Allemagne s’y est longtemps opposée, au nom de l’orthodoxie financière. Mais la ­dépréciation accélérée des titres grecs sur le marché secondaire permet à Athènes de se désendetter à bon compte, ce qui répond à l’objectif affiché à Berlin. L’autre option serait d’échanger les titres pour des échéances plus lointaines.

Le plan doit couvrir les besoins de financement public d’Athènes jusqu’en 2014, soit quelque 100 milliards d’euros. Il fait peut de doute que Dublin, Lisbonne et tout autre capitale assistée voudront bénéficier des mêmes assouplissements le moment venu.

Lefigaro.fr par Jean Jacques Mével