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Pandémie: les taxis londoniens broient du noir

juin 6, 2021

« La pandémie a fait des ravages », confesse Barry Ivens, qui comme ses collègues chauffeurs des emblématiques taxis noirs londoniens a beaucoup souffert financièrement et psychologiques de l’année écoulée.

Le chauffeur Barry Ivens devant son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

© Niklas HALLE’N Le chauffeur Barry Ivens devant son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

Le chauffeur de 53 ans, qui parcourt les rues londoniennes depuis un quart de siècle, explique n’avoir jamais rien vécu de comparable. Avec les trois confinements qui ont frappé le Royaume-Uni, pays le plus endeuillé d’Europe par la pandémie avec près de 128.000 morts, les clients se sont faits extrêmement rares, explique-t-il en recherchant une course.

Le chauffeur Barry Ivens dans son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

© Niklas HALLE’N Le chauffeur Barry Ivens dans son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

L’homme a puisé dans tous les moyens possibles – demandant les aides du gouvernement, mettant sur pause les remboursements de ses prêts – pour s’en sortir financièrement. Mais la crise sanitaire a aussi durement affecté son moral. 

Lui qui fait partie d’un collectif de taxis proposant des visites de la capitale souffre du manque de contact social qu’il aimait tant dans son travail. « J’étais presque comme un guide de Londres, ça me manque tout le temps », soupire Barry Ivens.

 Le chauffeur Barry Ivens dans son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

© Niklas HALLE’N Le chauffeur Barry Ivens dans son taxi, le 27 mai 2021 à Londres

« J’essaye de me concentrer sur le fait que je suis toujours là, que ma famille va bien et que je peux conduire mon taxi », essaye-t-il de relativiser, dressant un parallèle avec « l’attitude de (sa) grand-mère pendant la guerre ». 

– « Plein d’espoir » –

Alors que le Royaume-Uni sort progressivement de son dernier confinement, les clients reviennent peu à peu, donnant à des milliers de « cabs » londoniens l’espoir que le pire est derrière eux. 

Barry Ivens estime avoir récupéré deux tiers de ses courses, mais c’est à peine suffisant pour survivre. Le tiers restant constituait en effet sa « marge de profit », explique-t-il: « C’est ce tiers-là qui payait pour ma vie ». 

Le secteur est « plein d’espoir » et commence à voir « les premiers signes de relance », nuance Steve McNamara, de l’Association des Conducteurs de Taxis (LTDA). 

Mais il souligne que les chauffeurs ont malheureusement dû consommer toute leur épargne pour survivre à l’année écoulée.  « Toute marge de manœuvre a disparu », soupire-t-il.

Les dernières statistiques officielles montrent le lourd tribut que le secteur a payé à la pandémie: le nombre de licences officielles a diminué de 5.000 en un an, pour tomber à environ 13.700. 

« De nombreux chauffeurs ont mis leur véhicule à la casse, d’autres l’ont vendu ou ont rendu leur licence », explique M. McNamara, évoquant de « terribles histoires » de « véhicules saisis et d’huissiers qui frappent aux portes ».

C’est pourquoi M. McNamara craint une « pénurie massive de taxis, quand les choses commenceront véritablement à reprendre ». D’autres, au contraire, s’inquiètent que le télétravail se pérennise, leur confisquant une partie de leur clientèle. 

Les travailleurs « reviennent au compte-gouttes », observe Paul, 59 ans et 20 ans de métier. « Mais ce qui nous inquiète, c’est que les gens ne reviendront travailler que deux ou trois jours » par semaine.

– « Londres à cœur » –

Autre manque à gagner pour les taxis: les touristes étrangers, actuellement peu nombreux à se rendre au Royaume-Uni en raison de la quarantaine obligatoire en arrivant depuis la plupart des pays. 

Pour M. McNamara, le retour des touristes fera en effet « une énorme différence », même si en attendant « les choses continuent de s’améliorer ». 

Mais après des années difficiles face à la concurrence d’applications de chauffeurs moins chers, certains craignent que le futur des taxis londoniens ait été définitivement compromis par la pandémie malgré les efforts nécessaires. 

Les chauffeurs de ces emblématiques taxis bombés – conçus à l’origine pour accueillir des passagers dotés de chapeaux haut-de-forme – ont en effet dû passer un examen diaboliquement difficile. Testant leur mémoire des rues et itinéraires, il dote la capitale de conducteurs particulièrement qualifiés, mais nécessite des années d’études et pas mal d’argent. 

« Il faut faire perdurer ces professions -c’est là-dessus que Londres s’est construite », plaide M. Ivens.

Avec FAP par jj-cdu/gmo/uh

Dans les profondeurs des entrailles

mai 12, 2021

Depuis les entrailles fermées de ma tombe

Ma musique résonne encore en trombe

Et fait danser les humains à la ronde

Dans un concert à la joie gourmande

Aujourd’hui dans les villes du monde

À Las Vegas, à Rio de Janeiro et Mexico

Malgré la pandémie qui vous inonde

Le déconfinement est un chant de coquerico

Chacun de vous a perdu un être cher

Durant cette crise cruciale et sanitaire

Dur moment de grisaille qui nécessite espoir

Car dans la marche de la vie il faut sourire

Bernard NKOUNKOU

Crise au Mali: sommet extraordinaire de l’Afrique de l’Ouest lundi 27 juillet

juillet 23, 2020

 

Un sommet extraordinaire de l’Afrique de l’Ouest se tiendra lundi 27 juillet, a annoncé jeudi soir le chef de l’Etat nigérien et président en exercice de la Cédéao, Mahamadou Issoufou, à l’issue d’une journée de pourparlers à Bamako qui n’ont pas résolu la crise que traverse le Mali depuis juin.

«Nous avons décidé de faire un compte-rendu à l’ensemble des chefs d’Etat de la Cédéao dans le cadre d’un sommet extraordinaire qui est convoqué pour le lundi» 27 juillet, a déclaré à la presse Mahamadou Issoufou, ajoutant que des «mesures fortes pour accompagner le Mali» seront prises à lors de ce sommet qui se déroulera par visio-conférence.

Par Le Figaro avec AFP

Coronavirus: record d’hospitalisations à Los Angeles, la crise s’aggrave en Floride

juillet 20, 2020

Le nombre de malades du Covid-19 hospitalisés à Los Angeles a atteint un nouveau record ce week-end, les autorités sanitaires de la mégalopole s’inquiétant particulièrement du taux d’infection élevé des jeunes adultes.

En Floride, autre foyer de l’épidémie sur le sol américain, la crise sanitaire a continué de s’aggraver et il ne restait plus lundi que 18% des lits disponibles dans les services de soins intensifs. Le comté de Los Angeles, qui représente dix millions d’habitants à lui seul, a recensé dimanche 2.216 malades hospitalisés après avoir contracté le nouveau coronavirus, contre 2.193 le 15 juillet, date du précédent record. Parmi les patients actuellement hospitalisés, 26% se trouvent dans une unité de soins intensifs et 19% ont été placés sous respirateur, soulignent les autorités sanitaires.

«Nous continuons à atteindre des niveaux préoccupants», a déclaré la directrice de la santé publique du comté, Barbara Ferrer. «En ce moment, les jeunes adultes sont hospitalisés à un rythme encore jamais vu», a-t-elle relevé, avant de mettre en garde cette catégorie de population. «Aussi jeunes que vous soyez, vous êtes vulnérables à ce virus». D’après les chiffres officiels, plus de la moitié de 2.848 nouveaux cas de Covid-19 recensés dimanche concernaient des malades de 40 ans ou moins.

Le record d’hospitalisations s’est accompagné en Floride d’une série de cas de syndrome inflammatoire sévère touchant des enfants. Quinze d’entre eux ont été diagnostiqués la semaine dernière après avoir développé ce syndrome inflammatoire multisystémique, lié à l’infection par le nouveau coronavirus. Au niveau national, ce syndrome a déjà provoqué la mort de six enfants.

Des réouvertures trop rapides

Le maire de Los Angeles Eric Garcetti a renouvelé dimanche ses avertissements face à la pandémie, répétant une fois de plus que la ville était «au bord» d’un nouveau confinement en raison de la flambée de cas de Covid-19 ces dernières semaines. Le maire a également estimé que la Californie avait levé trop tôt les restrictions sanitaires qu’elle avait pourtant été le premier Etat à imposer dès la fin du mois de mars. «Les maires n’ont souvent aucun contrôle sur ce qui rouvre ou pas, ça se joue au niveau de l’Etat ou du comté, et je reconnais que ces réouvertures sont arrivées trop rapidement», a dit Eric Garcetti sur la chaîne CNN.

En Floride, plus de 9.500 personnes souffrant du Covid-19 étaient à l’hôpital lundi, avec plus de 10.300 nouveaux cas recensés en 24 heures, et plus de 5.000 décès au total depuis le début de la pandémie. Critiqué pour sa gestion de la crise sanitaire et notamment son refus d’ordonner le port du masque généralisé, le gouverneur de Floride Ron DeSantis a appelé ses administrés à faire un test sérologique et à donner leur plasma s’ils possédaient des anticorps. Selon certains experts, cette transfusion de plasma pourrait aider les patients atteints par les formes les plus graves du Covid-19 à lutter contre l’infection.

Par Le Figaro avec AFP

Crise au sein du FCC-Cach en RDC : Félix Tshisekedi appelle au calme

juillet 17, 2020

Félix Tshisekedi, lors d'une visite officielle à Brazzaville, le 16 juillet 2020.

Félix Tshisekedi, lors d’une visite officielle à Brazzaville, le 16 juillet 2020. © DR / Présidence congolaise

 

Alors que les dissensions au sein de l’alliance politique entre ses partisans et ceux de Joseph Kabila ne cessent de s’accentuer, Félix Tshisekedi a lancé jeudi un appel « au calme et au rassemblement ».

« La démarche du président que je suis est celle d’appeler toujours au calme et au rassemblement (…). Nous n’allons pas vers une rupture de la coalition », a déclaré jeudi le président Tshisekedi, lors d’une conférence de presse à Brazzaville où il a effectué une brève visite.

« Nous allons trouver une solution »

Interrogé sur les tensions qui agitent la coalition au pouvoir à Kinshasa, entre le Cap pour le changement (Cach, pro-Tshisekedi) et le Front commun pour le Congo (FCC, fidèle à l’ancien président Joseph Kabila), il a assuré qu’il y a en ce moment « des délégués des deux camps qui se voient et qui discutent. (…) Donc nous allons trouver une solution ».

Les partisans de Tshisekedi et Kabila s’affrontent notamment sur une réforme de la magistrature, et sur la désignation de Ronsard Malonda comme nouveau président de la Commission électorale.

Conflit avec la Zambie

Lors de cette conférence de presse, Félix Tshisekedi a également évoqué le conflit frontalier entre son pays et la Zambie. « Nous n’avons jamais compris l’attitude de la Zambie avec qui nous avons eu d’ailleurs plusieurs explications », a affirmé le président Tshisekedi.

Denis Sassou Nguesso accompagne les deux pays « par ses conseils » et « ses appels à la retenue »

Au Tanganyika, à l’extrême sud-est de la RDC, l’armée congolaise a été placée en « état d’alerte » face aux forces zambiennes accusées d’occuper quelques villages. « On va dire que la situation est calme en attendant que la SADC (Communauté des États de l’Afrique australe) nous aide à retracer les frontières qui datent de l’époque coloniale et à nous débarrasser définitivement de ce problème », a-t-il ajouté.

Médiateur régional, le président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou Nguesso accompagne les deux pays « par ses conseils » et « ses appels à la retenue », a ajouté Félix Tshisekedi après sa rencontre avec son homologue.

Les deux Chefs d’Etat ont en outre abordé la pandémie du Covid-19, appelant « au renforcement de la solidarité internationale » et insistant sur la nécessité « qu’un futur vaccin contre le nouveau coronavirus soit un bien public mondial », selon le communiqué final de leur rencontre.

Avec Jeune Afrique avec AFP

Liban: «la situation devient rapidement incontrôlable», alerte l’ONU

juillet 10, 2020

 

La situation au Liban, en proie à la pire crise économique de son histoire, «devient rapidement hors de contrôle», a alerté vendredi la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU.

Certains des Libanais les plus vulnérables «risquent de mourir de faim en raison de cette crise», a déclaré Michelle Bachelet dans un communiqué, ajoutant: «nous devons agir immédiatement avant qu’il ne soit trop tard».

Michèle Bachelet a lancé un appel au gouvernement et aux partis politiques libanais pour qu’ils mettent en oeuvre des «réformes urgentes» et répondent «aux besoins essentiels de la population tels que la nourriture, l’électricité, la santé et l’éducation». «La crise économique, couplée à l’épidémie de Covid-19, a touché toute la société. Beaucoup ont perdu leur travail, ont vu leur épargne disparaître sous leurs yeux, et ont perdu leurs maisons», a-t-elle rappelé. «Et comme souvent dans ce genre de situation, ce sont les plus pauvres et les plus vulnérables qui souffrent le plus», a-t-elle souligné.

Pire crise économique de son histoire

Le petit pays du Proche-Orient vit la pire crise économique de son histoire, aggravée par la pandémie mondiale de Covid-19 et un contexte politique délicat exacerbé par les tensions entre le Hezbollah, un allié de l’Iran qui domine la vie politique libanaise, et les Etats-Unis.

Ces derniers mois, des dizaines de milliers de Libanais ont été licenciés ou ont subi des coupes salariales. La monnaie nationale est en chute libre, de même que le pouvoir d’achat. Et les épargnants n’ont pas libre accès à leur argent, les banques ayant imposé des restrictions draconiennes sur les retraits et les transferts à l’étranger à cause de la pénurie du dollar.

Les dirigeants libanais eux-mêmes sont accusés de profiter d’un système gangréné par le clientélisme et la corruption. Parmi les plus fragiles se trouvent quelque 1,7 million de réfugiés, en majorité syriens, et 250.000 travailleurs immigrés, qui ont perdu leur emploi et se retrouvent sans abri, a rappelé Mme Bachelet. «Il est important en cette période difficile de réévaluer la façon dont nous traitons les migrants», a-t-elle déclaré, appelant à la protection de tous «quelle que soit leur origine ou leur statut».

Par Le Figaro avec AFP

Canada: Francine Ruel donne des nouvelles de son fils itinérant en ces temps de crise

mai 19, 2020

 

© Karine Dufour / ICI Télé
Ce lundi soir, Jean-Philippe Wauthier s’est entretenu avec l’autrice et actrice Francine Ruel.

Cette dernière a donné des nouvelles de son fils, qui vie dans la rue.

« Il a un téléphone, alors on se parle aux deux-trois jours », indique-t-elle d’abord.

« Mon propre fils me dit qu’il ne peut pas manger. Il n’y a personne dans les rues. Quand il a un peu de sous, ils ne veulent pas les prendre [l’argent comptant est refusé dans la plupart des établissements en ces temps de COVID]. Lui, il ne lit pas les journaux, il n’écoute pas la télé. Il ne sait pas les chiffres. Il est comme dans une ville abandonnée. J’espère qu’il va trouver ce qu’il cherche parce que c’est ça qu’il fait. »

Rappelons que Francine Ruel a écrit un texte dans La Presse afin de lancer un appel à l’aide.

« Le gouvernement en a plein les bras, je sais. Il fait un travail formidable. Mais ne peuvent-ils rien faire pour eux? Et les gens qui ont le droit de sortir, ne pourraient-ils pas leur apporter à manger? Et tous ceux qui se plaignent et trouvent terrible ce confinement, pensez à ceux qui ne peuvent même pas rentrer chez eux, parce qu’ils n’en ont pas, de domicile fixe ! », écrivait-elle.

Rappelons que Francine Ruel avait été très touchante lors de son plus récent passage à Tout le monde en parle.

Avec Showbizz

Pas d’ingérence internationale, réclament des Haïtiens

novembre 11, 2019
© Ivan Alvarado
 

Huit semaines de manifestations parfois violentes, une population affamée luttant pour sa survie chaque jour, la corruption qui gangrène l’État. Haïti vit une profonde crise politique et humanitaire.

Au milieu de cet écoeurement populaire et de ce désir de changer le système d’oppression économique des citoyens, un autre discours s’impose également en discutant avec les gens dans la rue.

Ils veulent en finir avec ce qu’ils appellent la soi-disant aide internationale ainsi que l’impérialisme. Ici, on accuse souvent les Américains de soutenir le président Jovenel Moïse.

«Cette crise est haïtienne avant tout. La solution doit être haïtienne et l’impérialisme, les Américains, ils doivent juste arrêter cette ingérence.»

-Gilbert Mirambeau, cinéaste et militant anticorruption

Les racines du sentiment antiaméricain

Le ressentiment envers les Américains ne date pas d’hier en Haïti. Les États-Unis ont occupé la Perle des Antilles de 1915 à 1934 pour protéger leurs intérêts économiques stratégiques dans ce pays instable politiquement. Un fort nombre d’Haïtiens affirment que Washington dicte encore le paysage politique du pays.

Impossible non plus d’oublier que les Américains ont longtemps soutenu la dictature sanglante de François et Jean-Claude Duvalier (Papa et Bébé Doc), de 1964 à 1986.

Les Américains ont fermé les yeux sur la dictature des Duvalier, soutient Gilbert Mirambeau. C’était un appui sous le couvert de l’anticommunisme et de leurs politiques à travers le monde. Ils ont dit « ok » puisque les Duvalier étaient anticommuniste, soi-disant. On a subi cette dictature qui nous a fait très mal.

Gilbert Mirambeau cinéaste et militant anticorruption

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Gilbert Mirambeau cinéaste et militant anticorruption

Dépendance forcée aux produits américains

Le tiers des Haïtiens vivent en situation d’insécurité alimentaire grave, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Pourtant, Haïti produisait suffisamment de riz pour nourrir sa population jusque dans les années 80.

Aujourd’hui, en vertu d’accords commerciaux, c’est le drapeau américain qu’on voit sur les poches de riz des marchés d’Haïti. Le riz américain, subventionné par Washington, est vendu à bas prix et a détruit la production agricole locale. Les Américains contrôlent essentiellement le marché du riz et d’autres produits comme les haricots.

«Pourquoi les Américains appuient le président Jovenel Moïse? Ils gèrent leurs affaires, c’est sûr. On n’oublie pas qu’on représente un grand marché pour le pétrole américain et pour le riz aussi. Géopolitiquement, on est aussi bien placés.»

-Gilbert Mirambeau

Où est passée l’aide humanitaire?

Les milliards d’aide humanitaire amassés après le tremblement de terre dévastateur de 2010 en Haïti devaient servir à la reconstruction du pays. Près de 10 ans plus tard, beaucoup d’Haïtiens vous diront qu’ils n’ont vu qu’une infime fraction de cette aide.

On ne cesse de nous répéter ici que les conditions de vie se sont dégradées pendant que les étrangers et les élites d’Haïti empochaient la quasi-totalité de cet argent.

En 2014, un chercheur de l’Université de Montréal déplorait le manque de transparence dans la gestion de l’aide humanitaire canadienne, affirmant qu’il était impossible de savoir à qui les deux tiers des sommes canadiennes avaient été attribuées.

Vous pensez que les étrangers sont impliqués dans les problèmes de corruption du pays? C’est pas une pensée, c’est un constat, laisse tomber un jeune rencontré au Champ-de-Mars, à Port-au-Prince.

Que pense le Canada de la crise politique haïtienne?

Lors d’une discussion à bâtons rompus avant une conférence de presse jeudi dernier, le sénateur Sorel Jacinthe discutait de la motion de solidarité envers le peuple haïtien adoptée à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale du Québec le 1er novembre.

Ce parlementaire qui réclame la démission du président Jovenel Moïse cherchait à savoir si le Canada allait se prononcer sur cette motion. Le silence du gouvernement du Canada face à la crise haïtienne en inquiète plusieurs. D’autres disent par contre comprendre ce mutisme.

«Je ne pense pas que le Canada ou la France appuient ce qui se passe ici. On les a rencontrés plusieurs fois de manière officieuse. Ils étaient très directs et très carrés. Ils disaient qu’ils n’appuient pas ce qui se passe (dans le gouvernement haïtien). C’est vraiment l’Oncle Sam qui décide de tout ce qui se passe. Les Américains supportent Jovenel.»

-Gilbert Mirambeau

Un nouvel interlocuteur à l’international

Les différents groupes d’opposition réclamant la démission du président haïtien se sont entendus samedi soir sur un éventuel plan de transition advenant le départ de Jovenel Moïse.

Edgard Leblanc fils coordonnateur-général d'un des partis politiques membres de Mache Kontre

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Edgard Leblanc fils coordonnateur-général d’un des partis politiques membres de Mache Kontre
On a compris que la seule façon de faire bouger les choses est de se mettre ensemble, dit Edgard Leblanc fils, dont le parti politique est membre du groupe d’opposants Mache Kontre.

Il s’agit non seulement de forcer le départ du président, mais aussi d’être un interlocuteur à l’international. Je pense aux Américains, mais aussi au gouvernement canadien, qui appuient quand même le président en fonction, selon moi. On sera un interlocuteur dans lequel il y aura un regroupement de partis opposés et qui représente l’ensemble des secteurs de la population haïtienne, ajoute-t-il.

 

Par Philippe Leblanc, envoyé spécial en  Haïti

L’Italie plonge dans la crise politique

août 9, 2019

FILE PHOTO: Italy's Minister of Labor and Industry Luigi Di Maio, Prime Minister Giuseppe Conte and Interior Minister Matteo Salvini leave at the end of a news conference after a cabinet meeting at Chigi Palace in Rome

Luigi Di Maio, Giuseppe Conte et Matteo Salvini, en 2018, à Rome. Remo Casilli/REUTERS

 

Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a pris ses adversaires de court en réclamant des élections anticipées. Crédité d’une large avance dans les sondages, il espère pouvoir gouverner seul à l’issue du scrutin.

Ceux qui espéraient encore éviter une crise politique en Italie ont dû se rendre à l’évidence. La langueur estivale est finie et la politique a repris ses droits. Le réveil a été sonné par Matteo Salvini, chef de La Ligue et vice-premier ministre, jeudi soir, dans un communiqué où il annonçait son envie de «rapidement redonner le choix aux électeurs». Vendredi, son parti s’est exécuté en déposant une motion de censure devant le Sénat, ce qui signe presque de facto la chute de gouvernement et de l’improbable coalition à la tête de l’Italie depuis mars 2018.

Les tensions entre les partenaires gouvernementaux, la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) étaient certes connues, mais la brutalité de la décision des leghisti a pris tout le monde de court, à commencer par ses ex-alliés. Luigi Di Maio, le chef de M5S et lui aussi vice-premier ministre, a accusé Salvini de vouloir capitaliser sur ses bons sondages, sans se soucier de l’intérêt des Italiens. Plus étonnant, l’habituellement très silencieux premier ministre, Giuseppe Conte, a lui aussi fait montre de son agacement, rappelant que ce «n’est pas au ministre de l’Intérieur de déclencher une crise».«Le gouvernement travaille. Il n’est pas à la plage», a-t-il expliqué, dans une critique à peine voilée de Matteo Salvini dont les photos, dansant torse nu sur le sable, s’étalent sur les réseaux sociaux. Ce dernier justifie sa colère par des «blocages» au sein du gouvernement, notamment ceux entourant la construction de la ligne TGV Lyon-Turin, que la Ligue soutient, mais dont le M5S ne veut pas entendre parler.

Le choix est entre les mains du président de la République, Sergio Mattarella, qui décidera avec qui et quand auront lieu ces législatives.

Ces récriminations n’enfoncent qu’un peu plus l’Italie dans l’incertitude. Si l’hypothèse d’une élection anticipée apparaît quasi certaine, le chemin qui mène aux urnes, lui, ne l’est pas. Le choix est entre les mains du président de la République, Sergio Mattarella, qui décidera avec qui et quand auront lieu ces législatives. Les complexes lois italiennes lui offrent plusieurs possibilités, notamment maintenir l’actuel exécutif pour expédier les affaires courantes ou nommer un gouvernement technique. Il peut aussi tenter de gagner du temps, ou accélérer le calendrier. Matteo Salvini penche clairement pour cette dernière option. Il a déjà réclamé une convocation extraordinaire du Parlement, pour l’instant en vacances, sommant, avec son habituel langage fleuri, les élus «de se bouger le cul».

La présidente du Sénat a convoqué les chefs des groupes parlementaires de la Chambre haute lundi pour établir avec eux la date à laquelle sera discutée la mention de censure contre le gouvernement. À la Chambre des députés, cette réunion est prévue mardi midi. Selon les médias italiens, la Ligue voudrait que les élections législatives se déroulent dans la seconde moitié d’octobre.

L’extraordinaire poussée de son parti

En précipitant le retour aux urnes, Matteo Salvini, en position de force, fait en réalité un pari. Celui de pouvoir gouverner seul avec La Ligue ou, au pire, avec les nationalistes de Fratelli d’Italia, dont les voix lui sont déjà acquises. L’extraordinaire poussée de son parti a, en 14 mois de pouvoir, inversé le rapport de force au sein de l’ex-coalition. La Ligue est aujourd’hui créditée de 36, voire 38 % des intentions de vote (contre 17 % en 2018), tandis que le M5S ne cesse de s’effondrer, avec des sondages autour de 17 %, la moitié de son score de 2018.

À Bruxelles, cette crise est suivie avec effroi.

À Bruxelles, cette crise est suivie avec effroi. Elle peut certes faciliter la formation de la prochaine Commission européenne. Les capitales ayant jusqu’au 26 août pour nommer leur commissaire, la confusion actuelle obligerait le premier ministre Giuseppe Conte à désigner un technocrate. «Cela serait beaucoup plus facile à gérer qu’un candidat issu de la Ligue», confie un diplomate. Mais il s’agit de l’unique point positif. L’hypothèse d’un raz-de-marée d’extrême droite provoque des sueurs froides. Ayant toujours fustigé les «diktats» de Bruxelles, le patron de la Ligue pourrait prendre une série de décisions jugées dangereuses pour l’Italie et l’Union européenne. Le gouvernement de Giuseppe Conte avait accepté de diminuer le déficit public du pays. «Avec Salvini au pouvoir, ces engagements s’évaporeront», pronostique un fonctionnaire européen.

Le Figaro.fr par Tanguy Berthemet

Environ quatre millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, indique l’ONU

juin 7, 2019

 

Quelque quatre millions de Vénézuéliens ont fui leur pays en proie à une crise économique et humanitaire qui ne cesse de s’aggraver depuis la décision des Etats-Unis en janvier d’imposer des sanctions dans l’espoir de provoquer la chute du président Nicolas Maduro. La grande majorité des candidats au départ ont fui le Venezuela depuis la fin de 2015 et la crise institutionnelle provoquée par la victoire de l’opposition lors des élections législatives; seuls 700.000 étaient partis avant cette date.

«Le rythme des départs du Venezuela est vertigineux», estiment le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué commun diffusé à Genève. Le précédent décompte effectué par l’ONU s’établissait à 3,7 millions de personnes et la nouvelle estimation vient confirmer l’urgence d’un soutien aux pays voisins du Venezuela.

La Colombie a accueilli environ 1,3 million de Vénézuéliens parmi lesquels des familles fuyant la pénurie alimentaire et sanitaire qui touche leur pays. Le Pérou, le Chili, l’Equateur, le Brésil et l’Argentine sont également concernés par cet exode, précisent les deux organisations humanitaires. Le président péruvien, Martin Vizcarra, a répété ce jeudi que son pays continuerait aussi longtemps que cela serait nécessaire à renvoyer chez eux les Vénézuéliens ayant été condamnés par la justice de leur pays pour des infractions pénales.

Environ 3,2 millions d’enfants vénézuéliens, soit un sur trois, ont besoin d’une assistance humanitaire, a par ailleurs fait savoir l’Unicef dans un communiqué vendredi. Le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans a doublé, passant de 14 pour 1000 en 2010/2011 à 31 pour 1000 en 2017, a précisé Christophe Boulierac, porte-parole de l’Unicef, citant des estimations de l’ONU.

Des cas présumés de diphtérie et de rougeole ont été recensés cette années au Venezuela, a ajouté Christophe Boulierac, rappelant que la rougeole se traduisait par un affaiblissement du système immunitaire. L’Unicef a fourni cette année 55 tonnes d’aide médicale, dont des kits d’obstétrique, des antibiotiques et des traitements contre la malaria, à 25 hôpitaux de Caracas et d’autres Etats du pays cette année.

Par Le Figaro.fr avec Reuters