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Pas d’ingérence internationale, réclament des Haïtiens

novembre 11, 2019
© Ivan Alvarado
 

Huit semaines de manifestations parfois violentes, une population affamée luttant pour sa survie chaque jour, la corruption qui gangrène l’État. Haïti vit une profonde crise politique et humanitaire.

Au milieu de cet écoeurement populaire et de ce désir de changer le système d’oppression économique des citoyens, un autre discours s’impose également en discutant avec les gens dans la rue.

Ils veulent en finir avec ce qu’ils appellent la soi-disant aide internationale ainsi que l’impérialisme. Ici, on accuse souvent les Américains de soutenir le président Jovenel Moïse.

«Cette crise est haïtienne avant tout. La solution doit être haïtienne et l’impérialisme, les Américains, ils doivent juste arrêter cette ingérence.»

-Gilbert Mirambeau, cinéaste et militant anticorruption

Les racines du sentiment antiaméricain

Le ressentiment envers les Américains ne date pas d’hier en Haïti. Les États-Unis ont occupé la Perle des Antilles de 1915 à 1934 pour protéger leurs intérêts économiques stratégiques dans ce pays instable politiquement. Un fort nombre d’Haïtiens affirment que Washington dicte encore le paysage politique du pays.

Impossible non plus d’oublier que les Américains ont longtemps soutenu la dictature sanglante de François et Jean-Claude Duvalier (Papa et Bébé Doc), de 1964 à 1986.

Les Américains ont fermé les yeux sur la dictature des Duvalier, soutient Gilbert Mirambeau. C’était un appui sous le couvert de l’anticommunisme et de leurs politiques à travers le monde. Ils ont dit « ok » puisque les Duvalier étaient anticommuniste, soi-disant. On a subi cette dictature qui nous a fait très mal.

Gilbert Mirambeau cinéaste et militant anticorruption

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Gilbert Mirambeau cinéaste et militant anticorruption

Dépendance forcée aux produits américains

Le tiers des Haïtiens vivent en situation d’insécurité alimentaire grave, selon le Programme alimentaire mondial (PAM). Pourtant, Haïti produisait suffisamment de riz pour nourrir sa population jusque dans les années 80.

Aujourd’hui, en vertu d’accords commerciaux, c’est le drapeau américain qu’on voit sur les poches de riz des marchés d’Haïti. Le riz américain, subventionné par Washington, est vendu à bas prix et a détruit la production agricole locale. Les Américains contrôlent essentiellement le marché du riz et d’autres produits comme les haricots.

«Pourquoi les Américains appuient le président Jovenel Moïse? Ils gèrent leurs affaires, c’est sûr. On n’oublie pas qu’on représente un grand marché pour le pétrole américain et pour le riz aussi. Géopolitiquement, on est aussi bien placés.»

-Gilbert Mirambeau

Où est passée l’aide humanitaire?

Les milliards d’aide humanitaire amassés après le tremblement de terre dévastateur de 2010 en Haïti devaient servir à la reconstruction du pays. Près de 10 ans plus tard, beaucoup d’Haïtiens vous diront qu’ils n’ont vu qu’une infime fraction de cette aide.

On ne cesse de nous répéter ici que les conditions de vie se sont dégradées pendant que les étrangers et les élites d’Haïti empochaient la quasi-totalité de cet argent.

En 2014, un chercheur de l’Université de Montréal déplorait le manque de transparence dans la gestion de l’aide humanitaire canadienne, affirmant qu’il était impossible de savoir à qui les deux tiers des sommes canadiennes avaient été attribuées.

Vous pensez que les étrangers sont impliqués dans les problèmes de corruption du pays? C’est pas une pensée, c’est un constat, laisse tomber un jeune rencontré au Champ-de-Mars, à Port-au-Prince.

Que pense le Canada de la crise politique haïtienne?

Lors d’une discussion à bâtons rompus avant une conférence de presse jeudi dernier, le sénateur Sorel Jacinthe discutait de la motion de solidarité envers le peuple haïtien adoptée à l’unanimité par les députés de l’Assemblée nationale du Québec le 1er novembre.

Ce parlementaire qui réclame la démission du président Jovenel Moïse cherchait à savoir si le Canada allait se prononcer sur cette motion. Le silence du gouvernement du Canada face à la crise haïtienne en inquiète plusieurs. D’autres disent par contre comprendre ce mutisme.

«Je ne pense pas que le Canada ou la France appuient ce qui se passe ici. On les a rencontrés plusieurs fois de manière officieuse. Ils étaient très directs et très carrés. Ils disaient qu’ils n’appuient pas ce qui se passe (dans le gouvernement haïtien). C’est vraiment l’Oncle Sam qui décide de tout ce qui se passe. Les Américains supportent Jovenel.»

-Gilbert Mirambeau

Un nouvel interlocuteur à l’international

Les différents groupes d’opposition réclamant la démission du président haïtien se sont entendus samedi soir sur un éventuel plan de transition advenant le départ de Jovenel Moïse.

Edgard Leblanc fils coordonnateur-général d'un des partis politiques membres de Mache Kontre

© Fournis par Canadian Broadcasting Corporation Edgard Leblanc fils coordonnateur-général d’un des partis politiques membres de Mache Kontre
On a compris que la seule façon de faire bouger les choses est de se mettre ensemble, dit Edgard Leblanc fils, dont le parti politique est membre du groupe d’opposants Mache Kontre.

Il s’agit non seulement de forcer le départ du président, mais aussi d’être un interlocuteur à l’international. Je pense aux Américains, mais aussi au gouvernement canadien, qui appuient quand même le président en fonction, selon moi. On sera un interlocuteur dans lequel il y aura un regroupement de partis opposés et qui représente l’ensemble des secteurs de la population haïtienne, ajoute-t-il.

 

Par Philippe Leblanc, envoyé spécial en  Haïti

L’Italie plonge dans la crise politique

août 9, 2019

FILE PHOTO: Italy's Minister of Labor and Industry Luigi Di Maio, Prime Minister Giuseppe Conte and Interior Minister Matteo Salvini leave at the end of a news conference after a cabinet meeting at Chigi Palace in Rome

Luigi Di Maio, Giuseppe Conte et Matteo Salvini, en 2018, à Rome. Remo Casilli/REUTERS

 

Le ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a pris ses adversaires de court en réclamant des élections anticipées. Crédité d’une large avance dans les sondages, il espère pouvoir gouverner seul à l’issue du scrutin.

Ceux qui espéraient encore éviter une crise politique en Italie ont dû se rendre à l’évidence. La langueur estivale est finie et la politique a repris ses droits. Le réveil a été sonné par Matteo Salvini, chef de La Ligue et vice-premier ministre, jeudi soir, dans un communiqué où il annonçait son envie de «rapidement redonner le choix aux électeurs». Vendredi, son parti s’est exécuté en déposant une motion de censure devant le Sénat, ce qui signe presque de facto la chute de gouvernement et de l’improbable coalition à la tête de l’Italie depuis mars 2018.

Les tensions entre les partenaires gouvernementaux, la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, antisystème) étaient certes connues, mais la brutalité de la décision des leghisti a pris tout le monde de court, à commencer par ses ex-alliés. Luigi Di Maio, le chef de M5S et lui aussi vice-premier ministre, a accusé Salvini de vouloir capitaliser sur ses bons sondages, sans se soucier de l’intérêt des Italiens. Plus étonnant, l’habituellement très silencieux premier ministre, Giuseppe Conte, a lui aussi fait montre de son agacement, rappelant que ce «n’est pas au ministre de l’Intérieur de déclencher une crise».«Le gouvernement travaille. Il n’est pas à la plage», a-t-il expliqué, dans une critique à peine voilée de Matteo Salvini dont les photos, dansant torse nu sur le sable, s’étalent sur les réseaux sociaux. Ce dernier justifie sa colère par des «blocages» au sein du gouvernement, notamment ceux entourant la construction de la ligne TGV Lyon-Turin, que la Ligue soutient, mais dont le M5S ne veut pas entendre parler.

Le choix est entre les mains du président de la République, Sergio Mattarella, qui décidera avec qui et quand auront lieu ces législatives.

Ces récriminations n’enfoncent qu’un peu plus l’Italie dans l’incertitude. Si l’hypothèse d’une élection anticipée apparaît quasi certaine, le chemin qui mène aux urnes, lui, ne l’est pas. Le choix est entre les mains du président de la République, Sergio Mattarella, qui décidera avec qui et quand auront lieu ces législatives. Les complexes lois italiennes lui offrent plusieurs possibilités, notamment maintenir l’actuel exécutif pour expédier les affaires courantes ou nommer un gouvernement technique. Il peut aussi tenter de gagner du temps, ou accélérer le calendrier. Matteo Salvini penche clairement pour cette dernière option. Il a déjà réclamé une convocation extraordinaire du Parlement, pour l’instant en vacances, sommant, avec son habituel langage fleuri, les élus «de se bouger le cul».

La présidente du Sénat a convoqué les chefs des groupes parlementaires de la Chambre haute lundi pour établir avec eux la date à laquelle sera discutée la mention de censure contre le gouvernement. À la Chambre des députés, cette réunion est prévue mardi midi. Selon les médias italiens, la Ligue voudrait que les élections législatives se déroulent dans la seconde moitié d’octobre.

L’extraordinaire poussée de son parti

En précipitant le retour aux urnes, Matteo Salvini, en position de force, fait en réalité un pari. Celui de pouvoir gouverner seul avec La Ligue ou, au pire, avec les nationalistes de Fratelli d’Italia, dont les voix lui sont déjà acquises. L’extraordinaire poussée de son parti a, en 14 mois de pouvoir, inversé le rapport de force au sein de l’ex-coalition. La Ligue est aujourd’hui créditée de 36, voire 38 % des intentions de vote (contre 17 % en 2018), tandis que le M5S ne cesse de s’effondrer, avec des sondages autour de 17 %, la moitié de son score de 2018.

À Bruxelles, cette crise est suivie avec effroi.

À Bruxelles, cette crise est suivie avec effroi. Elle peut certes faciliter la formation de la prochaine Commission européenne. Les capitales ayant jusqu’au 26 août pour nommer leur commissaire, la confusion actuelle obligerait le premier ministre Giuseppe Conte à désigner un technocrate. «Cela serait beaucoup plus facile à gérer qu’un candidat issu de la Ligue», confie un diplomate. Mais il s’agit de l’unique point positif. L’hypothèse d’un raz-de-marée d’extrême droite provoque des sueurs froides. Ayant toujours fustigé les «diktats» de Bruxelles, le patron de la Ligue pourrait prendre une série de décisions jugées dangereuses pour l’Italie et l’Union européenne. Le gouvernement de Giuseppe Conte avait accepté de diminuer le déficit public du pays. «Avec Salvini au pouvoir, ces engagements s’évaporeront», pronostique un fonctionnaire européen.

Le Figaro.fr par Tanguy Berthemet

Environ quatre millions de Vénézuéliens ont fui leur pays, indique l’ONU

juin 7, 2019

 

Quelque quatre millions de Vénézuéliens ont fui leur pays en proie à une crise économique et humanitaire qui ne cesse de s’aggraver depuis la décision des Etats-Unis en janvier d’imposer des sanctions dans l’espoir de provoquer la chute du président Nicolas Maduro. La grande majorité des candidats au départ ont fui le Venezuela depuis la fin de 2015 et la crise institutionnelle provoquée par la victoire de l’opposition lors des élections législatives; seuls 700.000 étaient partis avant cette date.

«Le rythme des départs du Venezuela est vertigineux», estiment le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) dans un communiqué commun diffusé à Genève. Le précédent décompte effectué par l’ONU s’établissait à 3,7 millions de personnes et la nouvelle estimation vient confirmer l’urgence d’un soutien aux pays voisins du Venezuela.

La Colombie a accueilli environ 1,3 million de Vénézuéliens parmi lesquels des familles fuyant la pénurie alimentaire et sanitaire qui touche leur pays. Le Pérou, le Chili, l’Equateur, le Brésil et l’Argentine sont également concernés par cet exode, précisent les deux organisations humanitaires. Le président péruvien, Martin Vizcarra, a répété ce jeudi que son pays continuerait aussi longtemps que cela serait nécessaire à renvoyer chez eux les Vénézuéliens ayant été condamnés par la justice de leur pays pour des infractions pénales.

Environ 3,2 millions d’enfants vénézuéliens, soit un sur trois, ont besoin d’une assistance humanitaire, a par ailleurs fait savoir l’Unicef dans un communiqué vendredi. Le taux de mortalité chez les enfants de moins de cinq ans a doublé, passant de 14 pour 1000 en 2010/2011 à 31 pour 1000 en 2017, a précisé Christophe Boulierac, porte-parole de l’Unicef, citant des estimations de l’ONU.

Des cas présumés de diphtérie et de rougeole ont été recensés cette années au Venezuela, a ajouté Christophe Boulierac, rappelant que la rougeole se traduisait par un affaiblissement du système immunitaire. L’Unicef a fourni cette année 55 tonnes d’aide médicale, dont des kits d’obstétrique, des antibiotiques et des traitements contre la malaria, à 25 hôpitaux de Caracas et d’autres Etats du pays cette année.

Par Le Figaro.fr avec Reuters

Congo: Entre vendredi et ce samedi 113 corps sortis de la morgue de Pointe-Noire

juin 1, 2019

Les congolais meurent comme des insectes, ce n’est plus un secret dans un pays où l’État est démissionnaire. Si hier vendredi, 30 cadavres ont été enterrés à Pointe-Noire, ce samedi, 83 sont programmés. L’émergence 2025 est devenu plutôt la bête noire des populations qui ne savent plus comment éviter la mort.

Écrire des articles chaque jour sur le nombre des cadavres qui sortent de la morgue de Pointe-Noire, serait une pénitence pour les propres auteurs. Le Congo est sans doute l’unique pays au monde qui aspire à l’émergence, mais qui s’en fou de la santé de ses populations. On va profiter de l’émergence avec des santés fragiles.

La corruption orchestrée depuis le sommet a galvanisé le morale des médecins, devenus de véritables prédateurs des vies humaines. Formés pourtant pour sauver des vies, ils luttent chaque jour pour compter le nombre de décès.

Des scènes des malades négligés aux urgences par manque d’argent n’émeuvent plus personne et moins encore les autorités. La mort est devenue la solution idéale. Pointe-Noire ne fait que compter des morts.

Rien qu’en deux jours, ce sont 113 cadavres des congolais qui seront inhumés à Vindoulou, Nanga ou encore dans les villages environnants. Pour rentrer dans ses frais, la morgue municipale de Pointe-Noire impose un séjour minimum d’une semaine pour tout cadavre.

Dans les pays émergents comme l’aspire à le devenir le Congo, des personnes sont inhumées le plus vite que possible. A Pointe-Noire, la mafia de la morgue n’accepte en aucun cas qu’un cadavre ne fasse que deux jours. Un manque à gagner parait-il.

Allons seulement vers l’émergence…. !

Sacer-infos.com par Pascal Nguie

Wall Street rattrapée par la crise turque

août 13, 2018

La Bourse de New York a terminé dans le rouge lundi / © GETTY IMAGES NORTH AMERICA/AFP/Archives / Drew Angerer

La Bourse de New York a terminé dans le rouge lundi, rattrapée en cours de séance par les inquiétudes liées à l’effondrement de la livre turque et à un éventuel effet de contagion sur d’autres économies.

Son indice vedette, le Dow Jones Industrial Average, a perdu 0,50% à 25.187,70 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a cédé 0,25% à 7.819,71 points.

L’indice élargi S&P 500 a reculé de 0,40% à 2.821,93 points.

Les trois indices avaient débuté la journée dans le vert avant d’hésiter sur la direction à suivre.

« Le marché a été sans aucun doute guidé par la situation en Turquie et toutes les craintes sur les conséquences qu’elle pourrait déclencher, même si au final la réaction est plutôt contenue », a remarqué Karl Haeling de LBBW en mettant en avant les faibles volumes d’échanges.

Sur fond de tensions diplomatiques entre Ankara et Washington, la livre turque a de nouveau chuté lundi à son plus bas niveau historique.

Dans l’espoir de rassurer les marchés, la Banque centrale de Turquie a bien assuré qu’elle prendrait les « mesures nécessaires » pour assurer la stabilité financière mais cela n’a pas suffi à enrayer l’effondrement de la devise, jetant un froid sur les marchés mondiaux.

Certains observateurs craignent en particulier l’exposition de quelques grandes banques européennes à ces risques.

A Wall Street les valeurs financières ont été particulièrement affectées, à l’instar de JPMorgan Chase (-1,59%), Citigroup (-1,57%) ou Bank of America (-2,28%).

Le repli de la place new-yorkaise dans ce contexte « correspond peut-être juste à un nouvel accès de nervosité du marché, qui va se stabiliser et rapidement remonter à des niveaux record. Mais on ne peut pas non plus écarter tout risque et les comparaisons avec la crise asiatique de 1997, déclenchée par la chute de la monnaie thaïlandaise, ne doivent pas être complètement négligées », a relevé M. Haeling.

« De nombreux pays ont emprunté beaucoup d’argent en dollar, qui grimpe fortement, ce qui va rendre les remboursements plus chers », a-t-il souligné. Dans le même temps, « la liste des pays confrontés à des problèmes économiques ne s’amoindrit pas, qu’il s’agisse de la Chine, de la Russie, de l’Argentine, de la Turquie ou de l’Italie », a-t-il ajouté.

Le marché obligataire se tendait un peu: le rendement sur la dette américaine à dix ans montait vers 20H15 GMT à 2,875% contre 2,873% à la clôture vendredi, et celui à 30 ans à 3,044% contre 3,030% en fin de semaine dernière.

– Trump s’en prend à Harley –

Tesla a pris 0,26% alors que son PDG Elon Musk a indiqué être en discussion avec le fonds souverain saoudien (PIF) et d’autres investisseurs dont il ne dévoile pas l’identité pour financer le possible retrait de la Bourse du constructeur de véhicules électriques haut de gamme.

Harley-Davidson a lâché 4,32% alors que le président américain s’en est de nouveau pris dimanche au groupe, qu’il a conseillé de boycotter si le constructeur de motos déplaçait une partie de sa production en Europe comme il l’a annoncé.

Nielsen, le groupe spécialisé dans la mesure d’audience, a bondi de 12,06% alors que la société d’investissement Elliott Management a pris une participation de 8% et souhaite, selon le Wall Street Journal, pousser la société à se vendre.

Netflix a reculé de 1,32% après l’annonce du départ de son directeur financier, à ce poste depuis huit ans.

Le géant des semi-conducteurs Qualcomm, qui a accepté vendredi de payer à Taïwan une amende largement revue à la baisse pour abus de position dominante, s’est apprécié de 0,03%.

La société VF Corp, propriétaire des marques de jeans emblématiques Wrangler et Lee, a perdu 3,60% après avoir confirmé qu’elle avait l’intention de scinder ses activités en deux sociétés indépendantes, avec d’un côté les vêtements et chaussures et de l’autre les jeans et les magasins d’usines.

Romandie.com avec(©AFP / (13 août 2018 22h49)

Crise diplomatique entre Ottawa et Ryad, le Canada « inquiet »

août 6, 2018

Le prince Mohamed ben Salmane salue des femmes avant une rencontre avec le prince d’Abou Dhabi, le 6 juin 2018 à Jeddah sur les rives de la mer Rouge. / © Saudi Royal Palace/AFP / BANDAR AL-JALOUD

Le Canada s’est dit inquiet lundi et a demandé des explications après l’annonce de l’expulsion de son ambassadeur à Ryad, en riposte aux critiques d’Ottawa sur la répression des opposants au régime.

« Nous sommes sérieusement inquiets » et « nous cherchons à en savoir plus sur la récente déclaration du royaume d’Arabie saoudite », a affirmé dans un communiqué Marie-Pier Baril, porte-parole du ministère canadien des Affaires étrangères.

« Le Canada défendra toujours la protection des droits humains, notamment des droits des femmes et de la liberté d’expression partout dans le monde », a-t-elle ajouté. « Notre gouvernement n’hésitera jamais à promouvoir ces valeurs et nous croyons que ce dialogue est crucial pour la diplomatie internationale ».

Cette brusque tension des relations entre les deux pays intervient après l’annonce par le ministère saoudien des Affaires étrangères, sur Twitter, de l’expulsion imminente de Dennis Horak, l’ambassadeur du Canada à Ryad, sommé de quitter le royaume dans les 24 heures.

L’Arabie saoudite a par ailleurs rappelé son ambassadeur au Canada « pour consultations » et décidé de « geler toutes nouvelles transactions concernant le commerce et les investissements » avec le Canada.

Le royaume « refuse toute ingérence dans ses affaires intérieures et traitera toute ingérence de façon déterminée », a réaffirmé lundi le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel al-Jubeir, dans un communiqué lu à la télévision d’Etat.

L’Arabie a aussi suspendu ses programmes de bourses universitaires pour ses ressortissants au Canada et annoncé son intention de les transférer vers d’autres pays, y compris les Etats-Unis.

L’ambassade canadienne s’était dite « gravement préoccupée » par une nouvelle vague d’arrestations de militants des droits de l’homme dans le royaume.

« Nous appelons les autorités saoudiennes à les libérer immédiatement ainsi que tous les autres activistes pacifiques des #droitsdel’homme », avait déclaré la mission vendredi dans un communiqué publié sur Twitter.

Le ministère saoudien des Affaires étrangères a exprimé sa réprobation concernant la formulation du communiqué de l’ambassade.

« Il est très regrettable que les mots ‘libération immédiate’ figurent dans le communiqué canadien », a déclaré le ministère. « C’est inacceptable dans les relations entre deux pays ».

Le 2 août, la cheffe de la diplomatie canadienne, Chrystia Freeland, s’était déjà dite « très alarmée d’apprendre l’emprisonnement de Samar Badaoui », une militante de l’égalité entre hommes et femmes, arrêtée la semaine dernière avec sa collègue Nassima al-Sadah.

– « Insulte à l’islam » –

Samar Badaoui a fait campagne pour la libération de son frère, Raef al-Badaoui, un blogueur dissident, et de Walid Abou al-Khair, son ex-mari.

Citoyen saoudien, Raef al-Badaoui est emprisonné depuis 2012 en raison de propos tenus sur son blog. Il a été condamné en novembre 2014 à dix ans de prison et à 1.000 coups de fouet pour « insulte à l’islam ».

L’épouse de Raef al-Badaoui, Ensaf Haidar, est installée au Québec depuis l’automne 2013 avec ses trois enfants.

Les arrestations de Samar Badaoui et de sa collègue sont intervenues quelques semaines après celles d’une dizaine de militantes des droits des femmes, accusées de porter atteinte à la sécurité nationale et de collaborer avec les ennemis de l’Etat.

Certaines ont été relâchées depuis.

« Le reste du monde ne peut pas se voiler la face alors que la lutte acharnée contre les défenseurs des droits de l’homme se poursuit en Arabie saoudite », a déclaré l’ONG Amnesty International, appelant d’autres gouvernements à se joindre au Canada pour obtenir « la libération inconditionnelle et immédiate de tous les prisonniers de conscience ».

Le jeune prince héritier saoudien a récemment introduit une série de réformes, comme l’autorisation de conduire pour les femmes, visant à redorer l’image souvent austère du royaume au moment où ce dernier prépare sa reconversion après des décennies de « tout-pétrole ».

Parallèlement, le dirigeant de 32 ans mène une politique étrangère agressive, par exemple en appelant au blocage de son voisin du Qatar ou en participant aux bombardements contre les rebelles Houthis soutenus au Yémen par son ennemi et rival l’Iran. Tout en verrouillant toute forme d’opposition dans son propre royaume afin d’asseoir son pouvoir.

Les échanges commerciaux entre les deux pays, à l’avantage de l’Arabie saoudite, se sont élevés à un peu plus de 4 milliards de dollars canadiens (2,7 milliards d’euros) en 2017, selon l’institut officiel Statistique Canada.

« C’est assez marginal », dit à l’AFP Thomas Juneau, expert sur le Moyen-Orient à l’université d’Ottawa et ancien analyste sur la région pour le ministère canadien de la Défense.

Le Canada pourrait cependant subir « un impact économique non négligeable », selon M. Juneau, si l’Arabie saoudite décidait d’annuler un contrat d’achat de véhicules blindés légers d’un montant de 15 milliards de dollars, conclu en 2014. « Je ne serais pas étonné que l’entente soit éventuellement annulée ».

Romandie.com avec(©AFP / (06 août 2018 19h41)

Guerre commerciale: la Californie va souffrir si la crise dure

juillet 11, 2018

Des conteneurs sont chargés dans le port de Long Beach en Californie (ouest) le 6 juillet 2018 / © AFP / Frederic J. BROWN

Des automobiles aux puces électroniques, en passant pas les noisettes et le vin, l’économie de la Californie va beaucoup souffrir si la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine s’aggrave.

Des milliards de dollars et des centaines de milliers d’emplois sont en jeu dans l’Etat américain le plus riche et le plus peuplé, principal bastion de l’opposition à Donald Trump.

« S’il y a une région aux États-Unis qui sera la plus atteinte par la guerre commerciale, ce sera Los Angeles », explique Stephen Cheung, ancien directeur du commerce international au port de la mégapole californienne.

« La Chine est notre premier partenaire économique », dit-il à l’AFP, soulignant qu’en 2017, les transactions entre l’empire du Milieu et les ports de la région ont dépassé 170 milliards de dollars.

Mais il craint aussi que le cycle de représailles engagé depuis la mise en place de mesures protectionnistes américaines sur les produits chinois la semaine dernière menace toute l’économie internationale.

« Nous craignons que ce cycle continue au point de provoquer une dépression », dit M. Cheung, désormais patron de l’ONG World Trade Center Los Angeles.

– « Très inquiets » –

Avec 40 millions d’habitants, la Californie accueille les géants technologiques de la Silicon Valley, les industries du cinéma et de la télévision.

L’Etat exporte des voitures électriques, des moteurs, des pièces automobiles et de l’aluminium, en plus d’être le verger de l’Amérique.

Justement, les représailles chinoises visent les pistaches, les amandes, les noix, les oranges, les citrons et les fraises du « Golden State ».

Des ouvriers agricoles mexicains récoltent des salades dans un champ de Brawley, en Californie (ouest), le 31 janvier 2017 / © AFP/Archives / Sandy Huffaker

« Même si nous ne connaissons pas les ramifications exactes que ces taxes auront sur nos productions, nous pressentons que la perte du marché chinois va bénéficier à d’autres exportateurs étrangers, provoquant la perte d’opportunités de vente à long terme pour nos agriculteurs », commente Sara Neagu-Reed, de la Fédération des agriculteurs de Californie.

La Chine était en 2016 le troisième marché pour les produits agricoles californiens, derrière le Canada et l’Union européenne, avec 2 milliards de dollars d’exportations.

« Nous sommes très inquiets », dit plus prosaïquement Holly King, patronne des producteurs d’amandes de l’Etat. Le secteur, qui a exporté pour 518 millions de dollars en 2016, est désormais frappé de droits de douane de 50%.

Pour les pistaches, qui pesaient 530 millions de dollars cette même année, les taxes sont de 45%.

Casey Creamer, vice-président de la Mutuelle des producteurs d’agrumes de Californie qui représente 2.500 professionnels, assure toutefois que l’organisation soutient l’administration face aux pratiques commerciales chinoises qui « ont fait beaucoup de mal à notre industrie ».

Depuis le début de l’année, Donald Trump a multiplié les mesures protectionnistes à l’encontre de ses partenaires commerciaux, accusés de profiter des largesses des Etats-Unis.

De nombreux professionnels reconnaissent que la Chine use de pratiques commerciales déloyales, mais « au lieu d’utiliser des tarifs douaniers comme une tactique », estime M. Cheung, l’administration Trump devrait négocier un accord bénéficiaire aux deux parties.

– « Frustrant » –

Le vin, autre produit phare de la Californie, a été frappé de tarifs douaniers de 35%.

Un ouvrier agricole participe aux vendanges à Kenwood, en Californie (ouest), le 25 octobre 2017 / © GETTY IMAGES/AFP / JUSTIN SULLIVAN

« On a commencé à exporter en Chine il y a dix ans, on a construit un bon réseau, mais tout s’est brusquement arrêté », déplore à l’AFP Michael Honig, un viticulteur de la Napa Valley au nord de San Francisco.

Son partenaire asiatique a suspendu toutes ses commandes en attendant de voir comment évolue la situation.

« C’est frustrant », commente le vigneron.

Mario Cordero, responsable du port de Long Beach, qui avec Los Angeles a vu passer 7,5 millions de conteneurs en 2017, dit ne pas avoir jusqu’ici entendu parler de cargaisons bloquées. Il faudra selon lui six mois pour avoir un meilleur aperçu des effets des taxes.

Côté emplois, l’ONG California Budget and Policy Center estime que 285.000 salariés sont affectés par cette guerre commerciale.

Pour Stephen Cheung, les consommateurs verront une hausse des prix d’ici quelques semaines, ce qui devrait rendre les importateurs plus réticents à passer commande.

La Californie pourrait aussi perdre les investisseurs chinois, ajoute-t-il.

« L’économie subit déjà » les conséquences de la guerre commerciale et si elle dure, « il faudra du temps pour revenir à un fonctionnement normal », prédit M. Cheung.

Romandie.com avec(©AFP / 11 juillet 2018 18h00)

Crises au Congo: le bilan sévère et les propositions des évêques

mai 11, 2018

Des femmes congolaises déplacées, entourées de leurs enfants, travaillent sur un domaine agricole soutenu par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à Tshikapa (province de Kasai, centre), le 27 juillet 2017 / © AFP/Archives / Junior D. KANNAH

Dette publique, « corruption », conflit civil: les évêques du Congo-Brazzaville ont dressé un bilan sévère des maux qui frappent le pays, sans ménager le pouvoir, auquel ils demandent « un dialogue politique » et un « audit de la dette », ni ses partenaires extérieurs.

Petit pays pétrolier de cinq millions d’habitants, proche de la France et sous vigilance étroite du Fonds monétaire international (FMI), le Congo-Brazzaville porte le poids d’une dette supérieure à son PIB qui appauvrit sa population et tente de sortir d’un conflit civil dans la région du Pool, au sud de Brazzaville, qui a fait 138.000 déplacés.

« Toutes ces difficultés » viennent du changement contesté de Constitution par référendum en octobre 2015, qui a permis la réélection tout aussi contestée du président Sassou Nguesso en mars 2016, affirment les évêques après une réunion à Brazzaville les 8 et 9 mai.

« Comment comprendre qu’après des années fastes de boom pétrolier, le Congo soit en récession économique? Cette situation n’est-elle pas trop vite attribuée à la chute des prix du baril sur le marché international? », s’interrogent-ils dans un long message publié jeudi sur leur site.

Ils dénoncent la dette du Congo-Brazzaville à l’égard de la Chine -40% du total- et « l’éternelle pratique des préfinancements pétroliers avec les traders, qui a également contribué à alourdir le niveau d’endettement ».

Ils demandent aux gouvernements étrangers – la France est l’autre grand partenaire du Congo- « de surveiller les pratiques de corruption de leurs ressortissants qui ruinent tant » le pays.

Les évêques demandent au FMI, sur le point de conclure un accord de relance avec Brazzaville, de tout faire « pour que la lutte contre la corruption, la concussion et la promotion de la bonne gouvernance demeurent des critères intangibles pour la signature d’un programme éventuel ».

Ils réclament aussi un « corps indépendant » pour « réprimer la corruption » et demandent aux partenaires étrangers d’aider « les Congolais à recouvrer l’argent gardé impunément chez vous ».

Ils suggèrent de « faire un audit de la dette du Congo, de tous les projets réalisés particulièrement dans le cadre de l’accord de coopération avec la Chine et autres pays concernés ».

En conclusion de leur lettre, les évêques proposent au gouvernement d' »ouvrir un dialogue politique le plus large possible ».

Sans faire allusion à l’actuel procès de l’ex-chef d’état-major et candidat à l’élection présidentielle Jean-Marie Michel Mokoko, les évêques soulignent le besoin d' »une justice équitable et indépendante » et demandent de « libérer toutes les personnes en prison à la suite des contentieux politiques ».

Concernant l’accord de paix annoncé fin décembre dans la région du Pool, après 18 mois de conflit à huis clos entre l’armée et des rebelles, les évêques affirment: « Il faudra aller plus loin »: « Les morts et les destructions dans ce département appellent justice et réparation ».

Romandie.com avec (©AFP / 11 mai 2018 12h48)                

Rapport spécial: L’IRIN documente le bilan humanitaire d’un conflit de 20 mois méconnu

janvier 19, 2018

 

Les carcasses des véhicules calcinés rouillent sous la pluie et les maisons en ruines poussent à travers les broussailles envahies par la végétation. Le village de Soumouna dans la région du Pool au sud du Congo-Brazzaville est vide et gardé par des soldats, mais il y a des preuves indéniables de ce qui s’est passé ici il y a 20 mois.

Isma Nkodia, 25 ans, a déclaré qu’elle traversait le village à quatre heures de l’après-midi lorsque les hélicoptères du gouvernement l’ont mise à terre.

Au début, elle pensait que l’attaque serait vite terminée : dès que les pilotes avaient trouvé et détruit la résidence du chef rebelle qu’ils étaient en train de chasser.

Mais une heure plus tard, Nkodia était encore accroupie dans la forêt, craignant la mort alors que les bombes continuaient à tomber et que le village qu’elle connaissait depuis son enfance s’était transformé en poussière et en décombres.

« Ils voulaient tout détruire », a-t-elle dit.

C’est une scène de dévastation que l’on peut rencontrer village après village dans la région du Pool, où un conflit caché entre le gouvernement et une milice précédemment inactive appelée les Ninjas a laissé des dizaines de milliers de personnes déplacées et des districts entiers déserts.

Une crise négligée

IRIN a obtenu un accès rare à la région et a pu documenter le bilan du conflit de 20 mois. La violence ici a eu peu d’attention internationale, contrairement à la « méga-crise » humanitaire dans la République démocratique du Congo voisine.

Le conflit remonte aux élections présidentielles de mars 2016 remportées par Denis Sassou Nguesso, qui a gouverné le Congo-Brazzaville pendant presque toutes les cinq années depuis 1979.

Sa victoire, qui a été entachée d’allégations de fraude, a fait suite à un référendum constitutionnel fortement contesté un an plus tôt qui a éliminé les contraintes de durée et d’âge qui auraient empêché l’homme de 74 ans de se présenter aux élections.

Le matin des résultats des élections de 2016, avec des tensions élevées, une série d’attaques ont été menées dans la capitale, Brazzaville. Le gouvernement, la police et les bâtiments militaires ont été incendiés dans les bastions de l’opposition et 17 personnes ont été tuées, dont trois policiers.

Le gouvernement a blâmé les attaques contre un ancien groupe de miliciens appelé les Ninjas, qui avaient combattu Sassou Nguesso pendant les guerres civiles dans les années 1990 et 2000, mais qui avaient été largement démobilisés.

Le chef du groupe, Frédéric Bintsamou, plus connu sous le nom de pasteur Ntumi, a nié toute responsabilité. Mais le lendemain, le gouvernement commença des opérations militaires majeures contre Ntumi et les restes du groupe, dont les combattants avaient été basés dans les forêts de Pool, à l’ouest de Brazzaville.

Dissimulée par la presse et les organisations de défense des droits de l’homme, l’opération du Pool a été peu médiatisée. Mais en prévision d’un accord de cessez -le -feu entre Ntumi et le gouvernement – signé en décembre – IRIN a passé trois semaines dans le pays.

Les tactiques de la terre brûlée

La conséquence la plus visible de la crise du Pool est l’absence totale de personnes, dans une région considérée comme la corbeille à pain du Congo. Sur l’autoroute de 60 kilomètres reliant Brazzaville à Kinkala, la capitale régionale, IRIN n’a croisé que 10 véhicules civils. Village après village, vide, entravé par des checkpoints militaires.

Alors que les autorités affirment avoir mené une offensive « ciblée » contre les Ninjas, IRIN a trouvé des preuves claires de la tactique de la terre brûlée.

À Soumouna, le premier village à être bombardé, en avril 2016, des témoins ont déclaré que des hélicoptères du gouvernement ciblaient sans discernement la population civile.

Jidele Lounguissa, 25 ans, a déclaré que les hélicoptères avaient fait exploser le grand complexe de Ntumi avant de « bombarder tout le village ». Elle a dit qu’elle connaissait cinq civils tués lors de l’attaque, dont elle s’est échappée en se cachant dans la forêt avec son fils, né la veille.

« J’avais peur qu’il soit tué », a-t-elle dit.

Isma Nkodia a déclaré que son amie de 50 ans, Adele, avait été frappée par une bombe près de la maison de Ntumi, où elle était allée acheter des médicaments traditionnels.

« Beaucoup de gens sont morts dans leurs maisons« , a déclaré Nkodia. « Quand ce fut fini, j’ai vu des maisons et des voitures gravement brûlées, des écoles complètement détruites et des arbres qui s’étaient effondrés.

Tandis que les anciens combattants Ninja vivaient à Soumouna depuis de nombreuses années, Nkodia et Lounguissa ont tous deux déclaré que personne n’était présent lors du raid.

« Il n’y avait pas de Ninjas », a déclaré Nkodia. « Juste des civils ».

« Les gens mangent ce qu’ils peuvent trouver dans la forêt »

Plusieurs résidents ont dit à IRIN que les villages voisins qui avaient été épargnés par l’assaut aérien ont été pillés par les troupes au sol.

Augustin Loufoua, 51 ans, a fui le village de Vula en septembre 2016 lorsqu’il a entendu des hélicoptères tirer dans la forêt à plusieurs kilomètres de la route. Quand il est retourné au village quelques mois plus tard, il a déclaré : «Des maisons se sont effondrées, des briques ont été brisées, des portes ont été jetées, et tout a été pris dans nos maisons».

« Je ne comprends pas pourquoi les soldats ont fait ça », a-t-il dit dans un camp pour personnes déplacées situé à l’extérieur d’une église à Kinkala. « Avant nous avions des Ninjas, mais ils ont quitté le village il y a longtemps. »

Dans les quartiers nord du Pool, le long de la ligne de chemin de fer reliant Brazzaville au port de Pointe-Noire, les villes et villages ont été bouclés par des zones de tir militaire. Beaucoup de résidents n’ont pas été autorisés à quitter la zone – où les Ninjas sont soupçonnés de se cacher – depuis le début de la crise.

En septembre dernier, l’ONG Caritas a distribué de la nourriture à un village appelé Madzia par hélicoptère militaire, mais il n’y a pas eu « d’accès humanitaire» dans cette partie de la région, a déclaré Alain Moukouri, secrétaire général de Caritas en République du Congo.

« Les gens mangent ce qu’ils peuvent trouver dans la forêt », a-t-il dit.

Persécution

Pendant ce temps, dans les villages à travers Pool, de jeunes hommes ont été arrêtés et accusés d’être des Ninjas sur la base de l’apparence physique.

« Ce peut être des dreadlocks, des tatouages ​​sur les bras, une chemise déchirée, même un visage étrange », a déclaré Monica Ngalula, qui travaille pour l’Observatoire congolais des droits de l’homme.

Le fils de Thérèse Matounga, Francie Nkouka, est porté disparu depuis octobre 2016, date à laquelle il a été arrêté par des soldats dans le village de Loumou. Le chauffeur de camion âgé de 24 ans avait été visiter un ami dans un village voisin quand il est revenu pour trouver des hélicoptères militaires et des soldats au sol.

Il a couru à la maison de son frère à proximité, mais a attiré l’attention des soldats. Ils ont commencé à chercher dans la maison et ont trouvé une vieille écharpe pourpre – une couleur associée aux Ninjas.

Il appartenait à son frère, qui faisait partie du groupe mais avait été démobilisé en 1998. Nkouka a protesté de son innocence mais a été mis sur un hélicoptère militaire et n’a jamais été revu.

« Mon fils était un homme sérieux », a déclaré Matounga, âgé de 65 ans. « Il n’avait aucun lien avec les Ninjas. »

Entre avril et septembre 2017, le Fonds des Nations Unies pour la population a recensé 110 cas de viol commis par des « hommes en uniforme ». Cela pourrait être dû aux rebelles ou aux forces gouvernementales, mais IRIN comprend que la grande majorité a été perpétrée par des soldats.

« La violence contre les femmes est la partie cachée d’une crise cachée », a déclaré la représentante de l’UNFPA, Barbara Laurenceau. Le porte-parole du gouvernement, Thierry Moungalla, n’a pas répondu à plusieurs messages demandant des commentaires.

Retour des Ninjas

Les Ninjas ont émergé du bouleversement du début des années 1990 lorsque les premières élections multipartites du pays ont eu lieu après 13 ans de règne du Parti travailliste marxiste-léniniste de Sassou Nguesso. Malgré les tentatives de démobilisation, ils ne sont jamais vraiment partis, restant dans une opposition sans complexe à Sassou Nguesso.

On sait très peu de choses sur la façon dont ils sont structurés et fonctionnent, et quel contrôle réel Ntumi exerce au niveau local. Privé d’information, la communauté internationale les a appelés « éléments armés ». Pour le gouvernement, ils sont simplement des « terroristes ».

Ntumi a toujours nié toute responsabilité dans l’attentat de 2016 à Brazzaville et de nombreux diplomates congolais et étrangers le croient.

Avec les manifestations qui se sont déroulées en 2015 et 2016, de nombreux observateurs disent que le gouvernement a anticipé un soulèvement populaire et a cherché à écraser la dissidence par anticipation. Les Ninjas de Ntumi étaient le prétexte parfait ; le Pool était l’endroit parfait.

« Les gens croient que le gouvernement a perdu l’élection présidentielle et a dû créer une alerte de sécurité de masse pour empêcher la résistance », a indiqué à IRIN une source diplomatique qui a demandé à ne pas être nommée.

Que les Ninjas aient été ou non responsables de l’attaque de Brazzaville, après les premiers bombardements du Pool, une nouvelle insurrection a rapidement pris forme.

« Tout a commencé quand les soldats ont commencé à tuer une partie de la population », a déclaré un colonel Ninja du village de Yangi, qui a déclaré que son groupe de 20 Ninjas précédemment inactifs recevait les ordres de Ntumi. « C’est pourquoi nous avons commencé à nous battre. »

Les Ninjas ont depuis détruit des ponts sur la ligne de chemin de fer entre Brazzaville et Pointe-Noire, arrêtant le commerce dans la région; tué un nombre inconnu de soldats; et intensifié les attaques contre les civils en embuscade le long des routes principales menant à la capitale.

Anicet Oungoula, 29 ans, faisait partie d’un équipage d’ambulance récemment attaqué par Ninjas près de Kinkala. Le groupe tentait de sauver les passagers d’un bus qui avait été pris en embuscade par les Ninjas plus tôt dans la journée.

Quand ils sont arrivés sur les lieux, il a dit que les combattants ont commencé à tirer sur l’ambulance, blessant le conducteur et envoyant le véhicule dans un fossé. Un soldat à bord a rampé et a été exécuté sur place. Un blessé allongé sur une civière a été tué par un cocktail Molotov que les Ninjas ont jeté à l’intérieur.

« Je suis encore traumatisé », a déclaré Oungoula. « J’y pense tous les jours. »

Déplacé et oublié

Malgré d’énormes souffrances, le gouvernement a refusé pendant plus d’un an de reconnaître l’existence de la crise, laissant les organisations humanitaires isolées et incapables de faire appel publiquement à des fonds. Cela a finalement changé en juillet dernier lorsque le gouvernement a signé une lettre demandant l’aide internationale.

À ce stade, 80 000 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer et 138 000 personnes dans un pays de 4,5 millions seulement ont besoin d’une aide humanitaire.

Selon une évaluation du Programme alimentaire mondial, plus de 15% des enfants du Pool souffrent de malnutrition aiguë. Trente enfants au bord de la mort ont été amenés à Brazzaville pour y être soignés, mais trois d’entre eux sont décédés.

« Les gens aiment parler des millions [de personnes qui souffrent] au Kasaï [une province déchirée par les conflits en RDC], mais si vous regardez la proportion ici, nous avions beaucoup plus de gens dans le besoin », a déclaré Anthony Ohemeng-Boamah, le coordonnateur résident de l’ONU en République du Congo.

Alors que les groupes d’aide ont maintenant atteint des dizaines de milliers de personnes, les conditions demeurent difficiles pour des milliers d’autres personnes déplacées vivant avec des familles d’accueil, dans les églises et dans les bâtiments des autorités locales.

Dans une église catholique délabrée de Loutété, une ville située juste à l’extérieur de Pool, les personnes déplacées se sont plaintes de la faim et de la maladie. Mme Ermeline Kouelolo, 52 ans, assise dans une pièce sombre et qui fuit, a déclaré que sa famille n’avait pas mangé depuis deux jours et demi. D’autres ont dit qu’ils n’avaient pas mangé trois fois.

Kouelolo a fui vers Loutété, qui accueille actuellement 4 000 personnes déplacées, en novembre 2016, lorsque des soldats dans des véhicules blindés sont arrivés dans son village, Loulombo. Depuis lors, sa famille de cinq personnes a dormi dans une petite tente sans matelas, sans électricité et sans source de lumière. Chaque jour, dit-elle, son plus jeune enfant, une fille de six ans, devient de plus en plus maigre.

Les donateurs étant préoccupés par les crises en République démocratique du Congo et en République centrafricaine, la collecte de fonds pour les personnes dans le besoin au Pool s’est révélée difficile.

« Vous entrez dans certaines des ambassades à Kinshasa [la capitale de la RDC] et ils ne savent même pas ce qui se passe », a déclaré une source humanitaire de haut rang à Brazzaville qui a demandé à ne pas être nommée. « Les donateurs au réseau humanitaire d’Afrique centrale sont débordés. »

« C’est une crise nationale et non locale »

La capacité du gouvernement à aider les gens dans le Pool a également été entravée par la crise économique du pays. Le Congo-Brazzaville est l’un des plus grands producteurs de pétrole de la région, mais la baisse des prix du brut mondial a drainé les fonds publics alors que la dette publique atteignait 110% du PIB.

La fermeture de la ligne de chemin de fer de Brazzaville à Pointe-Noire a encore aggravé la situation, les marchandises étant désormais transportées dans la capitale dans de longs convois encombrants sous escorte militaire.

Alors que l’annonce du cessez-le-feu a fait espérer que la situation économique et humanitaire pourrait s’améliorer dans le Pool, les causes profondes du conflit restent largement ignorées.

« Le conflit du Pool est une conséquence de la crise post-électorale au Congo », a déclaré Clement Mierassa, un des principaux dirigeants de l’opposition.

« C’est une crise nationale et non locale ».

De retour à Loutété, une forte averse transforme les terres de l’église en boue alors que Kouelolo se prépare pour une autre nuit à dormir sous une tente. C’est la deuxième fois qu’elle a été déplacée au cours des deux dernières décennies. Pour les autres, c’est la troisième ou la quatrième. Cette fois, elle dit qu’elle ne rentrera à la maison que si deux conditions sont réunies : « Les soldats doivent partir et les Ninjas doivent partir. »

Source : http://www.irinnews.org/ special-report/2018/01/18/ exclusive-congo-brazzaville-s- hidden-warr

Venezuela: gouvernement et opposition dialoguent en République dominicaine

décembre 15, 2017

Vista general de la reunión celebrada entre representantes del gobierno de Venezuela y de la oposición, el 2 de diciembre de 2017 en Santo Domingo / © afp/AFP / Erika SANTELICES

Des représentants du gouvernement de Nicolas Maduro et de l’opposition vénézuélienne se sont réunis vendredi en République dominicaine pour dialoguer et tenter de trouver une solution à la crise politique et économique du pays.

Après de premières négociations les 1er et 2 décembre, des délégations des deux camps sont arrivées dans la matinée au ministère dominicain des Affaires étrangères, où auront lieu les discussions, ont constaté des journalistes de l’AFP.

« Nous espérons qu’aucune des deux parties ne se lèvera de la table jusqu’à ce que nous parvenions à un accord satisfaisant », a déclaré aux journalistes le chef de la délégation gouvernementale, Jorge Rodriguez.

« Nous avons bien avancé » déjà, a-t-il assuré, disant vouloir atteindre un « accord définitif » pour permettre une « cohabitation pacifique ». Les représentants de l’opposition n’ont fait aucune déclaration.

Jeudi, le négociateur de la coalition d’opposition de la Table pour l’unité démocratique (MUD) Simon Calzadilla n’a pas écarté la possibilité d’une troisième série de négociations, si aucun accord n’est trouvé vendredi.

Dans ce pays pétrolier en plein naufrage économique, le chavisme (du nom du défunt Hugo Chavez, président de 1999 à 2013) arrive renforcé à ces discussions, après avoir décroché une nouvelle victoire électorale lors du scrutin municipal de dimanche dernier, largement boycotté par l’opposition.

Ce succès conforte Nicolas Maduro dans son souhait de briguer un nouveau mandat en 2018 lors de la présidentielle prévue en décembre mais qui pourrait être avancée au premier trimestre.

Il a d’ailleurs menacé les partis d’opposition ayant refusé de participer aux municipales de les exclure de cette élection, suscitant les condamnations des Etats-Unis et du Canada notamment.

Chacun campe sur ses positions: le gouvernement exige que cesse le « sabotage » de l’économie, orchestré selon lui par l’opposition avec l’aide des Etats-Unis, tandis que la MUD demande que la présidentielle soit « transparente » après avoir dénoncé des fraudes dans plusieurs scrutins organisés ces derniers mois.

Plusieurs pays comme le Mexique, le Chili et la Bolivie accompagnent le processus de dialogue, qui survient après plusieurs tentatives ayant échoué depuis 2014 et une vague de manifestations hostiles au président Maduro qui ont fait 125 morts au printemps.

Romandie.com avec(©AFP / 15 décembre 2017 19h29)