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Un cousin du président argentin admet avoir corrompu l’administration précédente

août 6, 2018

Cahier rempli par le chauffeur de ministère argentin Oscar Centeno, à l’origine d’un important scandale de corruption. / © LA NACION/AFP / HO

Plusieurs chefs d’entreprise, dont un cousin du président argentin Mauricio Macri, ont avoué lundi avoir versé des pots-de-vin à l’administration de l’ex-présidente Cristina Kirchner, après avoir été cités dans un scandale de corruption.

Le cousin du président, Angelo Calcaterra, 60 ans, s’est présenté spontanément lundi matin au tribunal de Comodoro Py à Buenos Aires, où il a été entendu par le juge Claudio Bonadio, qui a interpellé huit haut fonctionnaires et huit chefs d’entreprises dans le cadre du scandale des « Cahiers de la corruption », et convoqué l’ex-présidente Cristina Kirchner.

Le 3 août, la publication des cahiers du chauffeur du ministère de la Planification a mis à nu un système de remise de sacs d’argent à des fonctionnaires de l’administration précédente, allant jusqu’au domicile du couple Kirchner.

Le procureur estime que les pots-de-vin pourraient atteindre 160 millions de dollars.

– « Repenti » –

Calcaterra est passé aux aveux pour obtenir le statut de « collaborateur repenti », qui lui permet de conserver la liberté.

Selon le site d’information Infobae, le cousin du président a confirmé au juge ce que le chauffeur Oscar Centeno avait écrit dans ses cahiers. Il a dit avoir été victime d’une « extorsion » et de « pressions » de fonctionnaires qui exigeaient de l’argent pour les campagnes électorales de 2013 et 2015.

Angelo Calcaterra avait racheté en 2007 l’entreprise IECSA, fondée par son oncle et père du président, Franco Macri, spécialisée dans la construction d’équipements et d’infrastructures tesl que des ponts, autoroutes, gazoducs, barrages.

Le directeur général de la société IECSA, Javier Sanchez Caballero, interpellé mercredi dernier, a suivi le même chemin et a pu resortir libre.

« C’est un changement énorme en Argentine, des chefs d’entrepises proches du président se présentent devant la justice, il n’y a d’impunité pour personne », a commenté Elisa Carrio, influente parlementaire membre de la coalition gouvernementale de centre-droit Cambiemos (Changeons).

Vendredi, Juan Carlos de Goycochea, patron en Argentine de la multinationale espagnole Isolux Corsan, avait été le premier à collaborer à l’enquête. Il a affirmé que son entreprise avait été la cible de « pressions pour contribuer au financement de campagnes électorales » de la coalition kirchnériste.

– Ministère de la corruption –

Parmi les huit patrons de grandes entreprises du secteur du BTP arrêtés la semaine dernière, quatre devaient être entendus lundi. S’ils fournissent des informations utiles à l’enquête, le juge peut leur octroyer le statut de repenti, avec une remise en liberté.

Le chauffeur à l’origine des révélations, Oscar Centeno, un ancien militaire qui notait minutieusement les détails de chaque remise d’argent entre 2005 et 2015, a également offert sa collaboration et obtenu liberté et protection.

Il était le chauffeur de Roberto Baratta, vice-ministre de la Planification, arrêté lui aussi le 3 août, en même temps que plusieurs autres hauts fonctionnaires du ministère qui gérait les travaux publics, réputé pour être un centre névralgique de la corruption pendant la présidence de Nestor (2003-2007), puis Cristina Kirchner (2007-2015).

Baratta devrait rejoindre en prison le ministre de la Planification de 2003 à 2015, Julio De Vido, qui fut déjà secrétaire aux Travaux publics de Nestor Kirchner en Patagonie, quand ce dernier était maire de Rio Gallegos, puis gouverneur de la province de Santa Cruz. M. De Vido est en détention préventive dans le cadre d’une autre affaire de corruption.

En juin 2016, lors d’une rocambolesque opération, un autre vice-ministre de la Planification, Julio Lopez, a été arrêté alors qu’il tentait de dissimuler 9 millions de dollars dans un couvent.

Lundi prochain, Cristina Kirchner est convoquée par le juge Bonadio dans le cadre de l’affaire des Cahiers de la corruption. Habituée aux convocations judiciaires depuis qu’elle a quitté la présidence, Mme Kirchner peut être inculpée, voire jugée, mais son immunité parlementaire de sénatrice la met à l’abri d’une arrestation.

Avant cela, le juge Bonadio a demandé au Sénat l’autorisation de mener une perquisition dans son appartement à Buenos Aires.

Romandie.com avec(©AFP / (06 août 2018 19h23)

Argentine: Kirchner poursuivie pour une opération polémique de la Banque centrale

mai 14, 2016

Buenos Aires – Un juge argentin a inculpé vendredi l’ex-présidente Cristina Kirchner (2007-2015) pour préjudice à l’Etat après une opération de spéculation sur les taux de change menée par la Banque centrale dans les derniers mois de son mandat.

Le juge fédéral Claudio Bonadio a considéré évident que la présidente de l’époque avait donné des instructions – sans doute élaborées de façon conjointe – à son ministre de l’Economie pour que cette opération financière soit menée, dans une décision publiée sur le site internet de la Cour suprême.

Le magistrat a aussi ordonné le gel d’actifs de Mme Kirchner pour une valeur de 15 millions de pesos (un million de dollars).

Il a prononcé les mêmes poursuites et le même embargo à l’encontre de son ministre de l’Economie de 2013 à 2015, Axel Kicillof, de l’ex-président de la Banque centrale Alejandro Vanoli ainsi que 12 autres anciens membres du directoire de cet organisme.

La justice accuse Mme Kirchner d’avoir causé des pertes à l’autorité monétaire avec cette opération de spéculation sur les taux de change en 2015, peu de temps avant l’élection du nouveau président de centre-droit Mauricio Macri.

Mme Kirchner, M. Kicillof et le reste des accusés sont suspectés d’avoir fait partie d’un groupe de fonctionnaires qui de manière systématique, concertée et organisée, ont commis plusieurs actions (…) en violation directe de leurs compétences et attributions, a détaillé le juge Bonadio.

Selon lui, ces actions avaient pour objectif que la Banque centrale concrétise des opérations sur le marché des dollars futurs dans des conditions nuisibles pour les finances publiques.

Le dollar futur est une option prise sur la valeur du taux de change à une date future, un pari sur ce que sera le taux de change entre deux monnaies plusieurs mois plus tard.

En proposant en septembre un taux de change de 10,50 pesos pour un dollar futur au lieu de 9,60 pesos (la valeur du marché), la Banque centrale a fait perdre dans l’opération des centaines de millions de dollars au pays, soutient le gouvernement de la 3e economie d’Amérique latine.

L’ex-présidente de gauche avait comparu le 13 avril dernier devant la justice, refusant de répondre aux questions du juge et présentant à la place un écrit dans lequel elle demandait la destitution du magistrat.

Sa comparution avait tourné à la tribune politique, l’ancienne dirigeante haranguant des dizaines de milliers de partisans devant le tribunal.

Aux accusations, elle répond que l’action de la Banque centrale a été conforme à sa mission de préserver la stabilité monétaire, financière, l’emploi, le développement économique avec une équité sociale.

Mme Kirchner, 63 ans, qui dément tout délit de corruption, estime être la victime d’une persécution politique menée par ses adversaires conservateurs.

Elle ne bénéficie d’aucune immunité depuis qu’elle a quitté le pouvoir en décembre, après deux mandats consécutifs.

Elle a également été citée dans une affaire de détournements de fonds vers la Suisse en passant par des paradis fiscaux.

L’ancienne présidente et son fils, le député Maximo Kirchner, font aussi l’objet d’une procédure pour irrégularités présumées dans la gestion d’activités immobilières familiales.

Plusieurs piliers du pouvoir Kirchner sont actuellement dans le collimateur de la justice argentine, comme l’ancien ministre des Transports (2003-2009) Ricardo Jaime, soupçonné d’avoir reçu des pots-de-vin lors de l’achat de trains d’occasion venant d’Espagne et du Portugal, et qui a été emprisonné.

Romandie.com avec(©AFP / 14 mai 2016 11h26)

Le procureur argentin Nisman victime d’un homicide

mars 5, 2015

Buenos Aires – Une enquête commandée par la famille du procureur argentin Alberto Nisman, décédé mystérieusement en janvier, a conclu qu’il avait été victime d’un homicide, a déclaré jeudi son ex-femme lors d’une conférence de presse à Buenos Aires.

Alberto Nisman, retrouvé mort chez lui le 18 janvier, accusait d’entrave à la justice la présidente de centre-gauche Cristina Kirchner dans une enquête sur un attentat antisémite qui avait fait 85 mort et 300 blessés à Buenos Aires en 1994.

L’enquête officielle sur la mort suspecte du magistrat n’est pas encore terminée mais s’oriente vers un suicide.

Nous pouvons seulement conclure que Nisman a été victime d’un homicide, sans aucun doute, a affirmé l’ex-femme du procureur, la magistrate Sandra Arroyo Salgado, mère des deux filles du défunt procureur.

Nisman n’a pas eu un accident, ne s’est pas suicidé, ils l’ont tué, a insisté la magistrate qui avait commandé ses propres expertises rassemblées dans un rapport d’une centaine de pages remis au parquet.

Ce rapport affirme que le corps a été déplacé, ce qui contredit la version officielle de la procureure enquêtant sur cette mort, Vivian Fein, selon qui le corps a été trouvé derrière la porte de la salle de bain, obstruant l’entrée, et que personne n’était entré dans la pièce avant l’arrivée d’un juge et d’experts.

Selon Mme Salgado, l’autopsie a donné lieu à des conclusions partiales, précipitées et erronées, favorisant l’impunité du ou des meurtriers.

Alberto Nisman, 51 ans, a été retrouvé mort une balle dans la tête et un pistolet à son côté, alors que son appartement était fermé de l’intérieur.

Il devait le lendemain présenter devant le Parlement un rapport prouvant selon lui que la présidente Kirchner et d’autres hauts responsables avaient entravé l’enquête sur l’attentat contre la mutuelle juive de l’AMIA.

D’après M. Nisman, Mme Kirchner et des membres de son gouvernement auraient couvert de hauts dirigeants iraniens soupçonnés d’être les commanditaires de cet attentat en échange de contrats commerciaux.

Plusieurs de ses accusations ont été démontées entre temps, mais une majorité d’Argentins doutent que le procureur Nisman se soit réellement donné la mort.

Mercredi, un autre procureur enquêtant sur les accusations de M. Nisman a fait appel de la décision fin février d’un juge de ne finalement pas poursuivre la présidente, faute d’éléments probants.

Romandie.com avec(©AFP / 05 mars 2015 20h23)