Posts Tagged ‘Croissance’

Coronavirus: la Banque de France s’apprête à réviser à la baisse sa prévision de croissance pour 2020

février 25, 2020

La Banque de France prévoyait jusqu’à présent une croissance de 1,1% du PIB en 2020.

La Banque de France prévoyait une croissance de 1,1% du PIB en 2020.
La Banque de France prévoyait une croissance de 1,1% du PIB en 2020. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

La Banque de France s’apprête à réviser «légèrement» à la baisse sa prévision de croissance pour 2020 en raison du coronavirus. Elle attendait jusqu’ici à 1,1%. Cette révision est la cause des conséquences de l’épidémie liée au nouveau coronavirus, a indiqué mardi son gouverneur François Villeroy de Galhau.

«Nous allons très certainement la réviser légèrement à la baisse» lors de la prochaine actualisation des prévisions de la banque centrale le 23 mars prochain, a déclaré son gouverneur lors d’une intervention au ministère des Affaires étrangères.

Par Le Figaro avec AFP

Le ralentissement économique se confirme dans la zone euro

octobre 31, 2019

 

La croissance de la zone euro stagne mais reste faible avec une augmentation de 0,2% au troisième trimestre annoncée ce jeudi.

Le ralentissement économique mondial se ressent de plus en plus à travers le continent européen. Au lendemain de la publication des chiffres de la croissance du troisième trimestre, en France, Eurostat vient de dévoiler trois séries d’indicateurs : le taux d’inflation, le taux de chômage et l’évolution du PIB dans la zone euro. La croissance dans la zone euro atteint 0,2%, et 0,3% dans l’Union européenne, selon une première estimation d’Eurostat ce jeudi, signe d’une stagnation de l’activité en Europe.

Ces derniers trimestres, la croissance a fléchi, passant de 0,4 point au début de l’année à 0,2 point sur les deux dernières périodes. Dans l’Union, le ralentissement est encore plus sensible : le PIB a augmenté de son côté de 0,4% et 0,5% fin 2018 et début 2019, puis 0,2% et 0,3% sur les deuxième et troisième trimestre de cette année. L’estimation de la croissance au troisième trimestre reste toutefois supérieure au consensus de Factset, qui anticipait une hausse de 0,1% pour la zone euro.

L’inflation et le chômage en baisse

Autre motif d’inquiétude, le taux d’inflation, également annoncé jeudi par Eurostat, a ralenti en octobre à 0,7%, bien en deçà de l’objectif de la Banque centrale européenne (BCE), qui vise un niveau légèrement inférieur à 2%. En septembre, le taux annuel était estimé à 0,8%. Ce chiffre est conforme aux attentes des analystes interrogés par le fournisseur de services financiers Factset, mais il s’agit cependant du taux d’inflation le plus bas depuis novembre 2016 (0,6%).

Plus positif, le taux de chômage de la zone euro a poursuivi sa décrue, atteignant 7,5% en septembre, stable par rapport à août, mais en baisse par rapport aux 8% de septembre 2018. Dans l’ensemble des pays membres de l’Union, il s’est fixé à 6,3% à la même date, contre 6,7% un an plus tôt. Ces taux de chômage sont les plus bas depuis respectivement juillet 2008 et janvier 2000. Au total, 15,63 millions de personnes étaient au chômage dans l’Union, estiment les statisticiens.

Dans le détail, les taux les plus faibles sont enregistrés en République tchèque (2,1%), en Allemagne (3,1%) et en Pologne (3,3%), bien en deçà des chiffres français (8,4%), italien (9,9%), espagnol (14,2%) et grec (16,9%). Sur un an, le chômage a baissé dans 22 États sur 28 : la Belgique, le Portugal et la Roumanie ont connu une stagnation, quand la Lituanie, la Suède et le Danemark l’ont vu augmenter.

Les conflits commerciaux, ainsi que l’incertitude liée au Brexit, se répercutent depuis plusieurs mois sur l’activité, en particulier chez les puissances exportatrices comme l’Allemagne, dont l’industrie manufacturière entre dans une phase de récession. La France est moins frappée par ce ralentissement, son activité étant encore soutenue par une consommation accrue des ménages grâce aux gains de pouvoir d’achat décidés fin 2018 par l’exécutif.

Mercredi, la future patronne de la Banque centrale européenne, Christine Lagarde, s’est prononcée en faveur d’investissements renforcés de la part des pays disposant d’un excédent budgétaire, afin de relancer la croissance. Les politiques de relance étaient «bien coordonnées dans l’immédiate après-crise» mais «depuis, les pays et en particulier ceux qui ont de l’espace budgétaire n’ont pas vraiment fait les efforts nécessaires, on pense évidemment à des pays qui sont de manière chronique en excédent budgétaire comme les Pays-Bas, l’Allemagne, un certain nombre d’autres dans le monde», a notamment déclaré la nouvelle patronne de la BCE.

Le Figaro.fr par Vladimir Garin-Berson

Côte d’Ivoire: la BAD met le cap sur l’agriculture

octobre 2, 2018

 

Un paysan sénoufo part vendre ses poulets au marché de la sous-préfecture de Karakoro. Côte d’Ivoire, 2015. © Philippe Guionie/Myop pour J.A 

Dans le rapport qu’elle a publié le 27 septembre sur sa stratégie pour la Côte d’Ivoire (2018-2022), la Banque africaine de développement (BAD) semble décidée à renforcer son soutien à l’agriculture, jusque-là loin derrière les infrastructures et l’énergie, qui restent ses secteurs de prédilection.

Le constat que fait la Banque est le même que celui formulé dans toutes les analyses de ce pays : la croissance y est forte – soit de 8 % à 9 % l’an depuis 2012 – et robuste – puisqu’elle ne faiblit pas malgré les tensions politiques ou sécuritaires et les fluctuations des cours des matières premières.

Malheureusement le taux de pauvreté n’y baisse guère, puisqu’il a reculé seulement de 48,5 % en 2008 à 46,3 % en 2015. La croissance n’y est pas assez « inclusive » c’est-à-dire partagée. Bien que le rapport continue de privilégier les infrastructures (56,3 % des engagements de la BAD) et l’énergie (28,8 %) que la Banque soutient majoritairement dans ses 23 projets en cours, il souhaite que le monde rural en général et l’agriculture en particulier soit plus présents dans ses actions.

Effet catalyseur

Alors que l’agriculture et la pisciculture pèsent 23,7 % dans le produit intérieur brut ivoirien (2016), ce secteur ne reçoit que 11,8 % des financements de la BAD. Certes, les nouvelles routes et les grands progrès dans l’électrification profitent aussi au monde rural dont les productions sont mieux acheminées et dont le niveau de vie est amélioré.

Mais la diversification de l’économie ivoirienne et sa résilience aux chocs venus de l’extérieur (moindre demande de produits d’exportation et/ou chute de leurs prix) supposent de mieux épauler le secteur agricole qui « est le principal employeur du pays, mais [qui] compte le plus grand nombre de pauvres », écrivent les auteurs. Ils poursuivent : « Priorité doit être donné aux infrastructures rurales qui peuvent avoir un effet catalyseur sur le développement des chaînes de valeur agro-industrielles et qui peuvent ainsi attirer le secteur privé vers la transformation des produits agricoles ».

32,4 % des financements en suspens

Les obstacles que la Banque souhaite contribuer à supprimer pour libérer « l’immense potentiel agricole » de la Côte d’Ivoire sont nombreux : problèmes fonciers, absence de mécanisation, financements peu performants, relations médiocres entre les différents acteurs de la chaîne agricole, pertes de récolte en raison de l’isolement des zones de production, vieillissement des exploitants. Ces problèmes demandent à être traités en cohérence avec le Plan national de développement (PND 2016-2020) gouvernemental.

On notera que le rapport de la BAD reconnaît qu’en mai 2018, 32,4 % de ses financements étaient en suspens pour des raisons variées. Car l’argent ne suffit pas : encore faut-il remédier au manque d’équipes d’accompagnement du projet, aux modifications intempestives de celui-ci, à la faible capacité des entreprises locales et des consultants à le mener à bien, à l’incompréhension des règles de la Banque, au phasage approximatif des opérations, au retard des autorités compétentes à communiquer leur approbation, au retard dans le déblocage des fonds par les autres bailleurs, à une coordination insuffisante…

Jeuneafrique.com  par

L’Inde supplante la France comme sixième économie mondiale

juillet 10, 2018

Le Produit intérieur brut (PIB) de l’Inde a dépassé pour la première fois celui de la France en 2017, reléguant la France au septième rang des économies mondiales, selon le site de la Banque mondiale.

L’an dernier, le PIB de la sixième économie mondiale a ainsi atteint 2.597 milliards de dollars contre 2.582 milliards pour la France, selon des chiffres actualisés fin juin.

Ce chiffre confirme le rebond de l’économie indienne entamé à partir de juillet 2017, après plusieurs trimestres de ralentissement imputé à des mesures choc du gouvernement Modi.

Mais la population de l’Inde, qui talonne celle de la Chine et devrait devenir d’ici à quelques années la plus nombreuse de la planète, s’élève à 1,34 milliard d’habitants, contre 67 millions seulement pour la France.

Par habitant, le PIB en Inde reste par conséquent près de 20 fois inférieur à celui de la France, à 1.940 dollars contre 38.477 dollars, toujours selon la Banque mondiale.

La reprise de l’économie indienne ces derniers mois a été portée par l’industrie manufacturière et la demande des consommateurs, après un ralentissement imputé à la démonétisation de billets de 500 et 1.000 roupies (6,3-12,6 euros) fin 2016, suivie de la mise en œuvre chaotique d’une nouvelle TVA harmonisée.

Selon les prévisions annuelles du Fonds monétaire international (FMI), les économies émergentes et en développement d’Asie devraient connaître une croissance de 6,5% en 2018, la Chine et l’Inde tout comme les pays d’Asie du Sud-Est progressant bien au-delà de la moyenne mondiale attendue à 3,9%.

La croissance économique du géant indien est attendue à 7,4% en 2018 et 7,8% en 2019, selon le FMI. Une économie qui sera soutenue à court terme, comme pour la Chine, par une forte consommation intérieure, ainsi que par une réforme fiscale, selon le Fonds.

En l’espace de dix ans, l’Inde a doublé son PIB. A l’inverse d’une Chine dont le rythme de croissance ralentit, l’Inde devrait faire figure de nouveau moteur de la région.

Une étude du Centre for Economics and Business Research, un cabinet de consultants basé à Londres a prédit en décembre 2017 que l’Inde supplanterait le Royaume-Uni et la France pour devenir la cinquième économie mondiale dès 2018, et briguer la troisième place en 2032.

En 2017, le PIB du Royaume-Uni s’est élevé à 2.622 milliards de dollars, derrière l’Allemagne (4e), le Japon, la Chine et les Etats-Unis.

Romandie.com avec (©AFP / 10 juillet 2018 15h50)                                                        

Espagne: Madrie que la crise en Catalogne menace la croissance

octobre 13, 2017

Un couple se promène dans le port de Barcelone le 13 octobre 2017 / © AFP / JORGE GUERRERO

Le gouvernement espagnol a averti vendredi que la crise en Catalogne pourrait l’amener à revoir à la baisse sa prévision de croissance pour 2018, renforçant encore la pression sur le leader séparatiste, Carles Puigdemont, déjà aux prises avec la faction la plus dure de son propre camp.

« Les événements en Catalogne mettent en péril la reprise économique », a déclaré la vice-présidente du gouvernement conservateur, Mme Soraya Saenz de Santamaria, à la sortie d’un conseil des ministres.

Madrid tablait jusqu’à présent sur une croissance de 2,6% en 2018. « S’il n’y avait pas une solution rapide à cette affaire, nous serions obligés de revoir à la baisse » ce chiffre, a averti Mme Santamaria.

« Quand l’incertitude s’installe, la facture est toujours payée par les citoyens de Catalogne, les entreprises et les travailleurs », a-t-elle insisté, appelant les séparatistes à opérer un retour à la « normalité institutionnelle ».

Le leader séparatiste Carles Puigdemont a déclaré unilatéralement l’indépendance de la Catalogne mardi, avant de la suspendre aussitôt pour laisser une chance au « dialogue » avec Madrid.

Rejetant toute médiation, le gouvernement espagnol lui a donné jusqu’à jeudi prochain pour faire machine arrière. Dans le cas contraire, Madrid annoncera les mesures nécessaires pour suspendre l’autonomie de la Catalogne, un acte inédit depuis le rétablissement de la démocratie en Espagne et susceptible de mettre le feu aux poudres.

Depuis cet ultimatum, le leader séparatiste est pris entre deux feux. Avec d’un côté les milieux d’affaires qui prédisent une « catastrophe » en cas de divorce d’avec Madrid. Et, de l’autre, la frange la plus dure des indépendantistes qui réclame un passage en force.

– Mouvement irréversible –

« Nous ne serons capables de respecter ce que la majorité a exprimé dans les urnes qu’à travers une proclamation de la République », a averti vendredi dans une lettre ouverte la CUP, allié d’extrême gauche de l’exécutif catalan, dont certains membres s’étaient sentis « trahis » par le discours ambigu de M. Puigdemont mardi.

Les séparatistes affirment avoir gagné le référendum d’autodétermination interdit du 1er octobre avec 90% des voix et 43% de participation.

L’influente association indépendantiste Assemblée nationale catalane (ANC) a également pressé M. Puigdemont d’aller de l’avant « face au rejet par l’Etat espagnol de toute proposition de dialogue ».

Carles Puigdemont, qui hormis quelques tweets s’est fait discret depuis mardi, n’a pas réagi à ces injonctions. Concernant la situation économique, il avait déclaré mardi que la décision de dizaines d’entreprises de transférer leur siège social hors de Catalogne n’avait « pas un véritable impact sur notre économie ».

Mais du côté des milieux d’affaires, le ton est tout autre. Ils sont nombreux à craindre un mouvement irréversible et une répétition du scénario au Québec lorsque, après l’arrivée au pouvoir des indépendantistes en 1976, plus de 200 entreprises avaient déménagé leurs sièges sociaux en quelques mois, pour ne jamais revenir.

– Le tourisme touché –

« C’est une catastrophe pour la Catalogne et son économie. Je doute fortement qu’une seule entreprise revienne avant au moins trois à cinq ans de stabilité absolue », s’alarme Juan Ignacio Sanz, spécialiste des questions bancaires à l’Ecole de Commerce de Barcelone ESADE.

Jeudi, l’agence de notation Standard and Poors (SP) a même pointé le risque d’une récession en cas de crise prolongée dans cette région qui est, avec 19% du PIB espagnol en 2016, l’une des plus riches d’Espagne mais aussi l’une des plus endettées, à hauteur de 35,4% de son PIB.

L’impact sur le tourisme commence à se faire sentir en Catalogne, qui accueille un visiteur sur quatre en Espagne. Dans certains hôtels de Barcelone, les prix des chambres ont chuté de moitié. La vice-présidente du gouvernement a fait état vendredi d’une « chute spectaculaire » de « 20 à 30% sur les réservations à Barcelone ».

Selon le journal économique en ligne El Confidencial, l’ouverture fin février dans cette ville du Congrès mondial de la téléphonie mobile (MWC), le plus grand salon du genre dans le monde et source majeure de revenus pour Barcelone, est susceptible d’être retardée.

« Nous continuons à surveiller les événements en Espagne et en Catalogne et à évaluer tout impact potentiel », a réagi une porte-parole du Congrès, interrogée par l’AFP, sans démentir l’information.

Romandie.com avec(©AFP / 13 octobre 2017 16h06)                

« L’Afrique est l’avenir de la France »

mai 1, 2017

 

Le banquier d’affaires Ibrahim Magassa invite les candidats à la présidentielle française à enrayer le déclin du pays en faisant le pari de l’émergence du continent.

Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, en 2017. Crédits : Luc Gnago/REUTERS

Pour retrouver le prestige qu’elle mérite, la France, notre pays, aspire à une véritable révolution dans les cœurs et les esprits. A condition que les programmes proposés par les candidats à l’élection présidentielle redoublent, au second tour plus encore qu’au premier, d’audace et d’imagination.

Avec une population de 67 millions d’habitants, un taux de chômage de près de 10 % de la population active, un PIB de 2 806 milliards d’euros, une croissance non dynamique de 1,2 %, un endettement record de 2 200 milliards d’euros (et 50 milliards d’euros annuels d’intérêts), un taux de prélèvements obligatoires de 47,7 % et une durée du travail limitée à 35 heures, la France peut et doit retrouver son lustre d’antan en ouvrant quatre grandes portes : un engagement fort dans l’écologie et les services numériques ; un accroissement du temps de travail (pas la durée légale) et un renforcement de l’entreprenariat ; une forte promotion de l’innovation et des start-up, un équivalent français de la Silicon Valley ; et enfin un vaste plan de croissance basé sur les débouchés de marché en Afrique.

Réussir ensemble ou échouer séparément

Pourquoi l’Afrique ? Tout simplement parce que la relance économique de la France et l’émergence de l’Afrique constituent un seul et même problème : nous réussirons ensemble ou nous échouerons séparément. La population de l’Afrique francophone – 402 millions de personnes soit un tiers de la population du continent – est jeune et dynamique et, surtout, peut représenter un marché tout aussi important que celui de l’Union européenne dont la population était de 510 millions d’habitants en 2016.

Avec l’ambition de devenir émergente à l’horizon 2020, la Côte d’Ivoire, sous la présidence d’Alassane Ouattara, en offre une belle illustration : une croissance moyenne de 9 % par an avec un plan d’investissements de 60 milliards de dollars (55 milliards d’euros) sur cinq ans. Les besoins en énergie de la Côte d’Ivoire s’élèvent à 20 milliards d’euros. Les besoins en eau, en infrastructures, dans l’agriculture, les télécommunications, la santé, l’éducation, sont tout aussi importants. Au total, le besoin en investissements des 26 pays francophones du continent porte sur 1 500 milliards d’euros sur les cinq prochaines années. Pour la France, c’est une aubaine à saisir.

Une croissance supplémentaire de 5 % de son PIB représenterait annuellement 140,3 milliards d’euros supplémentaires, soit plus de 700 milliards durant le prochain quinquennat ! Comment la France pourrait-elle financer un tel programme avec de 2 200 milliards d’euros de dette et un PIB de 2 806 milliards d’euros, s’interrogeront les moins audacieux ?

En mettant en œuvre un nouveau plan Marshall, un montage financier global portant sur un portefeuille de programme sécurisé et économiquement viable dans le cadre d’un vaste fonds de développement durable en Afrique francophone, conduit et piloté par la France, au profit de l’Etat et des entreprises françaises – et non par l’Europe qui ne partage quasiment rien avec l’Afrique francophone. Comme en 1947 entre les Etats-Unis et l’Europe, il s’agirait d’un vaste partenariat public-public, soutenu par la Banque de France et le Fonds monétaire international (FMI), dans des secteurs porteurs, profitables et en adéquation avec les Objectifs du millénaire (ODM). La dernière étude annuelle de la Banque de France sur la composition et l’évolution des placements des ménages (4 300 milliards d’euros en 2016) confirme la réputation de champions de l’épargne des Français, qui pourraient trouver là une bien meilleure rémunération en participant à la relance de l’économie française et à l’émergence de l’Afrique.

Inverser la courbe de l’immigration

Je comprends fort bien qu’une nation qui se morfond devant le spectacle de son propre affaiblissement, qu’un pays en équilibre instable sur le fil de sa propre histoire éprouve quelques hésitations à se projeter vers de nouveaux horizons et préfère la nostalgie paresseuse à une aventure exaltante mais pleine d’imprévus. Pourtant, il faudra bien un jour que notre grande nation renonce à se satisfaire de ce qu’elle a été et se décide enfin à construire la grande nation qu’elle peut être à nouveau demain.

Les combattants de la République refusent dans leur immense majorité d’avoir à choisir entre le redressement de la France et sa vocation à s’ouvrir au monde et à parler en son nom. Seule une stratégie radicalement innovante nous permettra de tourner résolument la page du pessimisme et du déclin.

Cette stratégie consiste à s’ouvrir au monde et à considérer que le problème français et la question de l’Afrique doivent s’exprimer et se résoudre en une seule et même équation : il n’est pas possible de susciter un immense mouvement de renaissance de la France sans l’associer étroitement à la montée en puissance de l’émergence de l’Afrique. Allons plus loin : si l’on veut éviter que de plus en plus de jeunes Africains rêvent de s’exiler en France, il faut tout autant que des jeunes Français caressent l’idée de s’expatrier durablement en Afrique ! Je n’hésite pas à exprimer ici ce conseil dérangeant : jeunes Français, allez en Afrique pour aider les Africains à y rester ! Le temps est venu d’inverser la courbe de l’immigration, en encourageant nos compatriotes à investir massivement et à travailler durablement en Afrique. Le temps est venu de stopper le mouvement de fuite des cerveaux et d’inciter les jeunes Français à s’expatrier : que les tablettes remplacent les roquettes, le développement, la croissance et la paix ne pourront qu’y gagner.

Le monde.fr par Ibrahim Magassa, citoyen français, est banquier d’affaires et cofondateur de l’Afrique Business Club.

Les pieds de l’arbre

août 24, 2012

 

Les pieds de l’arbre

ne quittent jamais la route

attendant leur mort dans sa chute

mais ils traversent la route

en écartant la terre secrète

avec la racine de leur pointe

simulant de dormir en douce

sous la couverture de l’écorce.

Quand arrivent les inondations

ils sauvent l’arbre de l’immersion

dans la hauteur de sa croissance.

Ne pouvant plus fuir l’incendie

ils se résignent sous le lit

de la terre sacrifiant le végétal

sous la virulence du feu brutal.

Les pieds de l’arbre

portent la pointure de son existence

à la base élégante de sa robustesse

sans jamais se tordre.

 

Bernard NKOUNKOU

La Terre comptera 7 milliards d’humains avant novembre

août 18, 2011

INFOGRAPHIE – Selon une étude de l’INED, la population mondiale, qui a septuplé depuis 1800, pourrait se stabiliser entre 9 et 10 milliards d’ici un siècle.

Le cap des 7 milliards d’hommes sera franchi entre fin octobre et début novembre. L’institut national des études démographiques (INED) confirme dans une étude publiée jeudi les estimations de l’ONU. Le précédent pallier, 6 milliards, avait été franchi il y a 12 ans, en 1999. Les spécialistes attendent maintenant un ralentissement de la croissance démographique et tablent sur le franchissement de la barre symbolique des 8 milliards en 2025. L’INED prévoit à plus long terme une stabilisation de la population mondiale entre 9 et 10 milliards à horizon 2100. Un chiffre légèrement plus bas que les prévisions de l’ONU.

Pour comprendre les raisons de ce ralentissement, il faut commencer par se plonger dans le passé. Du premier siècle jusqu’au XVIe siècle, la Terre a compté un nombre globalement stable d’êtres humains, compris entre 200 et 500 millions. Les progrès de la médecine et l’amélioration des conditions d’hygiène ont alors permis de réduire de façon drastique la mortalité infantile. En Europe et en Amérique du Nord, le nombre d’enfants vivant jusqu’à l’âge adulte a commencé à dépasser très largement le nombre de morts. Il en a résulté une explosion démographique. Au début du XIXe, les spécialistes estiment qu’il vivait environ un milliard d’hommes sur Terre.

Avec un décalage temporel de plusieurs décennies, les familles se sont adaptées et ont limité le nombre de naissances pour parvenir à un nouvel équilibre bouclant ainsi un processus baptisé «transition démographique». Dans des pays comme la France, les Etats-Unis ou le Japon, elle est achevée et les femmes ont désormais, en moyenne, moins de deux enfants chacune. La majeure partie des pays d’Asie, d’Océanie et d’Amérique latine, avec en moyenne près de 2,5 enfants par femme, sont en train d’achever leur propre transition. Si les femmes asiatiques ont aujourd’hui moins d’enfants, le continent représente encore 60 % de la population mondiale, ce qui le rend mécaniquement responsable de la majeure partie de la hausse globale du nombre d’êtres humains.

3,6 milliards d’Africains en 2100 ?

Mais d’ici la fin du siècle, le moteur de la croissance démographique sera localisé dans une autre partie du monde. L’Afrique subsaharienne et une bande allant de l’Afghanistan au nord de l’Inde en passant par le Pakistan sont encore dans leur phase «explosive» avec plus de 4 enfants par femme : ils seront le cœur de la machine démographique. Le continent africain devrait compter près de 3,6 milliards d’habitants en 2100, contre un milliard actuellement. Comme les Européens et les Nord-Américains avant eux, les Africains devraient toutefois peu à peu effectuer leur propre basculement vers une baisse du nombre de naissances. La stabilisation annoncée par les démographes se base très largement sur cette hypothèse. Le vieillissment global de la population et son accroissement explique lui pourquoi le nombre de morts par seconde aura presque doublé en 2100 (cf infographie).

Le nombre d’êtres humains n’est pas un problème en lui-même, mais il nécessite de trouver de nouveaux équilibres. Si 10 milliards d’êtres humains peuvent vivre ensemble sur Terre, la situation nécessite un partage plus équitable des richesses. Dans le cas contraire, les inégalités actuelles – accès à l’eau potable, répartition des denrées alimentaires, utilisation des ressources fossiles, etc – ne feront que s’accentuer.

Lefigaro.fr par Tristan Vey

Alassane Ouattara veut hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays émergents

août 10, 2011

ABIDJAN – Le président ivoirien Alassane Ouattara a exprimé mardi à Abidjan sa volonté de hisser la Côte d’Ivoire au rang des pays émergents.

A l’occasion d’un séminaire gouvernemental sur l’adoption d’une charte d’éthique, le chef de l’Etat ivoirien a affiché sa détermination à relancer l’économie ivoirienne.

« Il nous faut profiter au maximum du crédit dont jouit la Côte d’Ivoire nouvelle auprès de la communauté financière internationale pour mobiliser les capitaux, facteurs de production de richesses et améliorer les conditions de vie de nos populations », a-t-il recommandé.
Pour Alassane Ouattara, la relance économique et la croissance à deux chiffres que le pays appelle de tous ses vœux passent nécessairement par des exigences de bonne gouvernance et le respect de principes éthiques.

« Notre pays n’a que trop souffert des pratiques peu recommandables qui ont gravement entaché la crédibilité de notre administration publique. La corruption, la course effrénée à l’enrichissement illicite, le trafic d’influence, les abus de biens sociaux, le népotisme, le clientélisme, les détournements de tous genres ont été érigés en mode de gestion », a-t-il déploré, insistant sur la nécessité d’une rupture avec ces « travers ».

Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro et les ministres du gouvernement Ouattara ont ainsi signé de manière individuelle une charte d’éthique devant le chef de l’Etat.

A en croire M. Soro, il s’agit d’un « acte fort » qui vise la moralisation de la vie publique, la familiarisation avec la culture de la compétitivité et de l’excellence, et qui constitue une base solide devant permettre au gouvernement ivoirien d’aller de l’avant.

Xinhua