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Des régions entières deviendront invivables au cours des prochaines décennies

octobre 10, 2022

Si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas réduites de manière radicale, le monde fera face à des niveaux de chaleur extrême inimaginables, indique un rapport.

Un oiseau vole dans le ciel au moment où le soleil se couche.

L’ONU et la Croix-Rouge soulignent qu’il existe des limites au-delà desquelles les personnes exposées à une chaleur et à une humidité extrêmes ne peuvent survivre. Photo : Getty Images/AFP/Patrick T. Fallon

Des régions entières du globe vont devenir invivables au cours des prochaines décennies en raison des vagues de chaleur qui seront plus fréquentes et plus intenses sous l’effet du changement climatique, ont averti l’ONU et la Croix-Rouge lundi.

À moins d’un mois de la COP27, qui doit se dérouler en novembre en Égypte, l’ONU et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR) appellent dans un rapport conjoint à se préparer aux vagues de chaleur à venir pour éviter un nombre important de morts.

Ces organisations soulignent qu’il existe des limites au-delà desquelles les personnes exposées à une chaleur et à une humidité extrêmes ne peuvent survivre et qu’il y a par ailleurs des limites au-delà desquelles les sociétés ne peuvent plus s’adapter.

« Selon les trajectoires actuelles, les vagues de chaleur pourraient atteindre et dépasser ces limites physiologiques et sociales au cours des prochaines décennies, notamment dans des régions telles que le Sahel, l’Asie du Sud et l’Asie du Sud-Ouest. »— Une citation de  Extrait du rapport de l’ONU et de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge

Une telle situation va se traduire par des souffrances et des pertes de vies humaines à grande échelle, des mouvements de population et une aggravation des inégalités, avertissent les deux organisations.

Un garçon prend un bain pendant une vague de chaleur.

Un garçon prend un bain pendant une vague de chaleur au Pakistan. Photo : Getty Images/AFP /Aamir Qureshi

Phénomène météorologique le plus meurtrier

Selon le rapport, presque partout où on a accès à des statistiques fiables, les canicules constituent le danger météorologique le plus meurtrier.

Elles tuent déjà des milliers de personnes chaque année et vont devenir de plus en plus mortelles à mesure que le changement climatique s’accentuera, indiquent dans le document Martin Griffiths, chef de l’agence humanitaire de l’ONU, et Jagan Chapagain, secrétaire général de la FICR.

Les vagues de chaleur sont à l’origine de certaines des catastrophes les plus meurtrières jamais enregistrées. Le rapport rappelle le lourd bilan de la canicule de 2003 en Europe, qui avait fait plus de 70 000 morts, et d’une vague de chaleur en Russie en 2010 qui avait tué plus de 55 000 personnes.

Selon le document, les experts prévoient des taux de mortalité très élevés en lien avec la chaleur extrême, comparables en magnitude, d’ici la fin du siècle, à tous les cancers.

Cette année, des régions ou des pays entiers d’Afrique du Nord, d’Australie, d’Europe, d’Asie du Sud et du Moyen-Orient ont suffoqué sous des températures records, mais aussi la Chine et l’ouest des États-Unis.

Un médecin transporte des glaçons afin de soulager des patients.

En 2003, les hôpitaux de toute la France ont été envahis par des patients âgés cherchant un traitement pour des plaintes liées à la chaleur. Photo : Getty Images/AFP/Thomas Coex

Appel à des investissements importants

Le rapport rappelle que la chaleur extrême est un tueur silencieux dont les effets vont s’amplifier, posant d’énormes défis au développement durable tout en créant de nouveaux besoins humanitaires.

« Le système humanitaire n’a pas les moyens de résoudre seul une crise d’une telle ampleur. Nous manquons déjà de fonds et de ressources pour répondre à certaines des pires crises humanitaires en cours cette année. »— Une citation de  Martin Griffiths, chef de l’agence humanitaire de l’ONU

Les organisations appellent à réaliser de façon urgente des investissements importants et durables pour atténuer l’impact du changement climatique et soutenir l’adaptation à long terme des populations les plus vulnérables.

Selon une étude citée par le rapport, le nombre de pauvres vivant dans des conditions de chaleur extrême en zone urbaine va bondir de 700 % d’ici à 2050. Les augmentations les plus élevées devraient se produire en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est.

La crise climatique intensifie les urgences humanitaires dans le monde entier. Pour éviter ses effets les plus dévastateurs, nous devons investir de manière égale dans l’adaptation et l’atténuation, en particulier dans les pays les plus à risque, a déclaré M. Chapagain.

Des enfants s'amusent dans les jets d'eau d'une fontaine à Nice.

L’ONU recommande des solutions écologiques pour faire face au réchauffement climatique. Photo : Reuters/Eric Gaillard

L’ONU et la Croix-Rouge soulignent qu’il est tout aussi important de reconnaître que l’adaptation à la chaleur extrême comporte des limites.

Certaines des mesures prises, comme l’augmentation de la climatisation à forte consommation d’énergie, sont coûteuses, ne sont pas viables sur le plan écologique et contribuent elles-mêmes au changement climatique.

Si les émissions des gaz à effet de serre qui sont responsables du changement climatique ne sont pas réduites de manière radicale, le monde va faire face à des niveaux de chaleur extrême inimaginables jusqu’à présent, mettent en garde les deux organisations.

Par Radio-Canada avec Agence France-Presse

Centrafrique : un humanitaire de MSF tué, des locaux de la Croix-Rouge saccagés

décembre 30, 2020

Les ONG Médecins sans frontières, dont l’un des employés a été tué, et le Comité international de la Croix rouge (CICR), ont dénoncé mercredi «la nouvelle vague de violence» et les combats qui se poursuivent en Centrafrique après les élections présidentielle et législatives de dimanche.

Un humanitaire de MSF est mort après l’attaque lundi d’un camion de transport public à Grimari, près de Bambari, la quatrième ville du pays située à quelque 380km au nord-est de Bangui, qui avait été prise temporairement la semaine dernière par des rebelles lors d’une offensive visant à perturber le processus électoral.

«Notre collègue n’était pas en service et avait emprunté ce camion de transport public pour se rendre de Bambari à Bangui quand la fusillade a éclaté», a déclaré mercredi l’ONG dans un communiqué. «Il y a eu 19 blessés et 3 morts», a précisé à l’AFP Emmanuel Lampaert, chef de mission de MSF en Centrafrique. Dans la soirée du 27 décembre, les locaux du CICR à Bouar, dans l’ouest du pays, ont également été saccagés par des hommes armés qui ont aussi blessé trois employés de la sécurité.

«Nous sommes choqués, c’est une attaque violente avec utilisation d’armes à feu», s’est indigné auprès de l’AFP Taoffic Touré, le coordinateur communication du CICR en Centrafrique. «Ces incidents surviennent alors que les conditions de sécurité se sont fortement dégradées depuis quelques semaines à la suite d’affrontements entre groupes armés et forces étatiques», a précisé l’ONG dans un communiqué.

Les deux organisations ont tenu à rappeler que les humanitaires ne devaient pas être pris pour cible des combats entre les rebelles et les forces du gouvernement, suppléées par des renforts venus du Rwanda et de Russie.

La Centrafrique a été ravagée par la guerre civile après qu’une coalition de groupes armés à dominante musulmane, la Séléka, a renversé le régime du président François Bozizé en 2013. Depuis 2018, la guerre a évolué en un conflit de basse intensité, où les groupes armés contrôlent les deux tiers du territoire et se disputent le contrôle des ressources du pays, tout en perpétrant régulièrement des exactions contre les populations civiles.La rédaction vous conseille.

Par Le Figaro avec AFP