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Vatican: le pape tacle les « traîtres » à sa réforme de la Curie

décembre 21, 2017

Le pape François adresse ses voeux au personnel du Vatican, le 21 décembre / © AFP / Andreas SOLARO

Le pape François a profité des voeux de Noël à la Curie pour tacler sans les nommer les « traîtres » qui freinent sa réforme des institutions, tout en prônant une Eglise ouverte sur le monde extérieur.

Le souverain pontife, qui a lancé une ambitieuse réforme de la Curie (gouvernement du Vatican), non sans de féroces résistances en presque cinq ans de pontificat, adressait jeudi ses traditionnels voeux aux cardinaux et évêques, qu’il égratigne chaque année.

Visage sérieux enfoui dans son discours, le pape a reconnu que la réforme de la Curie nécessite « patience, attention et délicatesse » car il s’agit d’une « ancienne, complexe et vénérable » institution. Réformer revient à « nettoyer le sphinx d’Egypte avec une brosse à dents », a comparé le pape, en citant un prélat du XIXe siècle.

Pour le très attendu cru 2017 des voeux, le pape argentin a fustigé le comportement de ceux nommés pour faire avancer sa réforme, qui se transforment en « traîtres de la confiance ».

« Ils se laissent corrompre par l’ambition et une gloire vaine et quand ils sont délicatement éloignés s’auto-proclament à tort martyrs du système, disent +le pape ne m’a pas informé+, parlent de +la vieille garde+… au lieu de faire un mea culpa », a-t-il critiqué.

François a souligné également l’importance de « dépasser cette logique déséquilibrée et indigne des complots ou des petits cercles », un « cancer qui conduit à l’autoréférentialité ».

Le pape a rappelé que tous les membres de la curie doivent « transmettre fidèlement la volonté du pape », en rendant néanmoins un hommage appuyé à l’immense majorité qui travaille avec « fidélité » et « compétence ».

– Uppercut à un cardinal –

L’année 2017 a connu son lot de départs retentissants de la Curie. A commencer par le puissant chef d’orchestre de la réforme financière du Vatican, le cardinal australien George Pell, rentré au pays en juin où il est inculpé d’agressions sexuelles.

Fin novembre, Giulio Mattietti, le directeur adjoint de la banque du Vatican (l’IOR au passé sulfureux) a été limogé, sans explications.

Avant lui, l’ancien contrôleur des finances, Libero Milone, est parti discrètement en juin, avant d’accuser en septembre la vieille garde de la Curie opposée à la modernisation de l’avoir poussé dehors. Le Vatican a toutefois rétorqué qu’il avait espionné la vie privée de hauts responsables du Saint-Siège…

Les allusions du pape semblent viser cet expert-comptable laïc italien. Mais surtout le cardinal Gerhard Müller, qui n’a pas été renouvelé l’été dernier à la tête de la Congrégation pour la doctrine de la foi, l’historique organe héritier de l’Inquisition et chargé de veiller au dogme.

Jeudi, à l’issue des voeux, le cardinal a donné une poignée de main plutôt froide à François.

Le cardinal affichait ses désaccords avec le pape sur sa ligne plus souple envers les croyants divorcés et remariés, qui continue à provoquer le courroux des traditionalistes défendant le mariage indissoluble.

Son « ministère » avait aussi été directement critiqué par une laïque irlandaise, Marie Collins, qui avait claqué la porte de la commission papale de lutte contre la pédophilie, évoquant un manque « honteux » de coopération.

Le cardinal Müller, qui multiplie les déclarations aux journaux, s’est plaint d’un traitement autoritaire: « le pape m’a informé en une minute de sa décision de ne pas prolonger mon mandat ». Il a prévenu récemment du risque « d’un schisme d’une partie du monde catholique, désorienté et déçu » si le pape n’écoute pas ceux qui ont des doutes sur ses décisions.

A l’automne, un groupe d’une soixantaine de laïcs, prêtres et théologiens du monde entier, proches des milieux ultra-conservateurs, avaient rendu publique une « correction filiale » dénonçant des « hérésies » dans les ouvertures du pape sur la famille. Ils reprenaient ainsi les griefs d’une lettre publiée l’année précédente par quatre cardinaux (deux sont morts depuis), qui a fait couler beaucoup d’encre.

Lors de ses voeux, le pape François a appelé à une Eglise ouverte sur le monde, sur les autres religions, mais aussi sur les « Eglises particulières ». La Curie ne doit « jamais » regarder certains diocèses du monde avec « supériorité », a-t-il prévenu, dans un nouveau tacle à un cardinal opposé à la décentralisation.

En octobre le pape avait recadré un opposant conservateur chargé de la liturgie, le cardinal guinéen Robert Sarah, en soulignant que les traductions liturgiques pouvaient subir des adaptations pour mieux parler aux croyants dans leur propre langue.

Romandie.com avec(©AFP / 21 décembre 2017 15h29)                

Le pape à la Curie: la réforme ira de l’avant avec détermination et résolution

décembre 21, 2015

Cité du Vatican – Le pape François a assuré lundi que la réforme de la Curie (gouvernement de l’Eglise) ira de l’avant avec détermination, lucidité et résolution, lors de ses vœux annuels aux cardinaux et évêques qui travaillent au Vatican.

Ces vœux interviennent un an après un discours très sévère, en décembre 2014, dans lequel le pape avait dénoncé les quinze maladies de la Curie, parmi lesquels l’Alzheimer spirituel, la mondanité et la corruption.

Dans son discours lundi, le pape a voulu proposer des antibiotiques à ces maladies, et a énuméré un catalogue des vertus nécessaires et non exhaustif pour bien travailler au sein de la Curie, en mentionnant les nouveaux scandales apparus pendant l’année.

Accueilli dans une atmosphère tendue, le pape a expliqué aux membres de la Curie qu’il devait prononcer son discours assis car il était fatigué depuis plusieurs jours en raison d’une grippe persistante.

Le pape François avait suscité beaucoup d’hostilité au Vatican avec son discours de vœux de l’an dernier, beaucoup de cardinaux l’estimant injuste et excessif. Mais, depuis, d’autres scandales ont été dénoncés au sein du Vatican, notamment par l’affaire des fuites de documents Vatileaks.

Cette année encore, Jorge Bergoglio est revenu sur les mêmes thèmes, touchant à l’attitude et au travail quotidien des cardinaux, mais en choisissant cette fois d’exalter les qualités nécessaires pour surmonter les maladies.

Ce serait une grande injustice, a-t-il souligné, de ne pas exprimer une vive gratitude et un vif encouragement à toutes les personnes saines et honnêtes qui travaillent avec dévouement, dévotion, fidélité et professionnalisme. Les maladies et les scandales ne pourront pas cacher l’efficacité des services que la Curie rend avec effort (…) et cela est une vraie consolation, a dit le pape.

Romandie.com avec(©AFP / 21 décembre 2015 11h19)

Le pape durcit les sanctions pénales contre la pédophilie au Vatican

juillet 11, 2013

CITE DU VATICAN – Le pape a signé un décret jeudi qui durcit les sanctions pénales contre tout abus contre des mineurs au Saint-Siège et dans la Curie (le gouvernement du Vatican), dont les crimes pédophiles et la prostitution de mineurs, selon un communiqué du Vatican.

Dans ce texte qui introduit aussi dans les lois vaticanes le délit de torture, le pape inclut l’ensemble de la catégorie des délits contre les mineurs: la vente, la prostitution, l’enrôlement et les violences sexuelles à leur encontre, la pédopornographie, la détention de matériel pédopornographique et les actes sexuels avec des mineurs.

En avril dernier, le pape François avait demandé d’agir avec détermination contre les sévices sexuels commis par des membres du clergé. C’était la première fois que le pape argentin s’exprimait publiquement et directement sur ces sévices subis pendant des décennies par des dizaines de milliers d’enfants.

Par ailleurs, la nouvelle législation vaticane prévoit la possibilité pour les tribunaux du Saint-Siège de juger des délits commis contre la sécurité, les intérêts fondamentaux et le patrimoine du Saint-Siège.

Sont introduits en outre dans la législation vaticane les quatre conventions de Genève contre les crimes de guerre, la convention internationale sur l’élimination de toute forme de discrimination raciale, la convention contre la torture et les traitements inhumains et dégradants et la convention de 1989 sur les droits de l’enfant.

Le motu proprio (décret) du pape prévoit aussi l’adoption de mesures de coopération adaptées aux plus récentes conventions internationales en matière de coopération judiciaire entre le Vatican et les autres Etats.

A notre époque, le bien commun est de plus en plus menacé par la criminalité transnationale et organisée, l’utilisation inappropriée du marché et de l’économie et du terrorisme, souligne le pape en préambule de son décret.

Par ailleurs, le pape abolit la peine de prison à perpétuité qui sera remplacée par la réclusion à 30 voire 35 ans.

Toutes ces normes entreront en vigueur à partir du 1er septembre.

Romandie.com avec (©AFP / 11 juillet 2013 12h59)

Le pape reconnait la corruption et l’existence d’un lobby gay dans la Curie

juin 11, 2013

CITE DU VATICAN – Le pape a reconnu la difficulté de réformer la Curie romaine, en évoquant un courant de corruption et l’existence d’un lobby gay, selon des religieux latino-américains qui ont rendu compte de leur rencontre récente avec François.

Interrogé, le porte-parole du Saint-Siège, le père Federico Lombardi a souligné qu’il s’agissait d’un entretien privé, auquel il n’était pas présent, et sur lequel il n’avait aucun commentaire à faire et ne pouvait porter de jugement.

La réforme de la Curie (gouvernement de l’Eglise), voulue par presque tous les cardinaux lors des réunions préparatoires du dernier conclave, est une entreprise difficile, a reconnu le pape lors d’une audience accordée le 6 juin aux responsables de la Confédération latino-américaine et des Caraïbes des religieux et religieuses (CLAR).

Selon une synthèse de cet échange de près d’une heure, rapportée le 11 juin par le site catholique progressiste Reflexión y Liberación et dévoilé mardi par des médias à Rome, le pape a ajouté : Dans la Curie, il y a des gens saints, vraiment, mais il y a aussi un courant de corruption. On parle de ‘lobby gay’, et c’est vrai, il existe. Il faut voir ce que nous pouvons faire, a-t-il encore affirmé selon ce compte-rendu.

Je ne peux pas mener moi la réforme, poursuivait-il, reconnaissant être très désorganisé. Ce sera le travail du groupe de huit cardinaux qu’il a nommés et qui doit se réunir pour la première fois de façon officielle à Rome au mois d’octobre.

Si ces propos sont authentiques, ce serait la première fois qu’un pape aura parlé aussi directement d’un problème si sensible à des hôtes extérieurs.

Avant l’élection du pape François, plusieurs journaux italiens avaient évoqué l’existence d’un lobby gay qui serait à la fois groupe de pression et victime de chantage de prélats au Vatican.

L’existence de ce réseau aurait bouleversé Benoît XVI et contribué à sa décision de démissionner. Mais le Saint-Siège avait démenti avec fermeté ces médisances, désinformation et calomnies.

Mais, depuis très longtemps, des informations courent sur l’homosexualité de certains religieux, qui auraient des relations dans la plus grande discrétion à l’extérieur du petit Etat.

Romandie.com avec (©AFP / 11 juin 2013 15h44)

Benoît XVI promet sa « soumission » au futur pape

février 28, 2013
Encore pape pour quelques heures -sa renonciation prendra effet à 20h-, Benoît XVI a fait jeudi des adieux empreints d'émotion aux cardinaux qui éliront bientôt son successeur, auquel il a promis sa soumission inconditionnelle. /Photo prise le 28 février 2013/REUTERS/Osservatore Romano

Reuters/Reuters – Encore pape pour quelques heures -sa renonciation prendra effet à 20h-, Benoît XVI a fait jeudi des adieux empreints d’émotion aux cardinaux qui éliront bientôt son successeur, auquel il a …plus  promis sa soumission inconditionnelle. /Photo prise le 28 février 2013/REUTERS/Osservatore Romano  moins 

CITE DU VATICAN (Reuters) – Encore pape pour quelques heures, Benoît XVI a fait jeudi des adieux empreints d’émotion aux cardinaux qui éliront bientôt son successeur, auquel il a promis sa « soumission inconditionnelle. »

« Je continuerai à être proche de vous par la prière, en particulier ces prochains jours afin que vous acceptiez pleinement l’action du Saint Esprit lors de l’élection du nouveau pape », a-t-il déclaré devant les prélats qui, pour la plupart, entreront bientôt en conclave.

« Que le Seigneur vous montre ce qu’il veut. Parmi vous se trouve le futur pape, à qui je déclare aujourd’hui ma soumission et mon respect inconditionnels », a-t-il ajouté.

« Pendant ces huit dernières années, nous avons vécu dans la foi de beaux moments de lumière radieuse sur la voie de l’Eglise, ainsi que des moments où les nuages ont assombri le ciel », a dit encore Benoît XVI.

Le pape faisait allusion aux scandales sexuels, à la publication non autorisée de ses documents privés et aux luttes intestines de la Curie, des crises qui ont émaillé ses huit années de pontificat et contribué à sa démission, la première d’un pape depuis six siècles.

« Restons unis, mes chers frères », s’est-il exclamé, se faisant l’écho des craintes exprimées par certains catholiques, pour qui le risque existe de voir le prochain pape revenir sur certaines décisions de son prédécesseur alors que ce dernier est encore en vie.

La dernière apparition publique de Benoît XVI sera réservée aux habitants de Castel Gandolfo, au sud de Rome, où se trouve la résidence d’été des papes, qu’il devait gagner en hélicoptère en fin d’après-midi.

A 20h00, lorsque sa renonciation prendra effet, les gardes suisses postés à l’entrée principale de ce palais du XVIIe siècle pour signifier sa présence quitteront simplement les lieux pour regagner le Vatican dans l’attente de la désignation de son successeur.

RAPPORT SECRET

Le pape, qui est âgé de 85 ans, s’estime trop âgé et trop faible pour continuer à diriger une Eglise fragilisée par les scandales et les rivalités.

Il laisse à son successeur un rapport secret sur ces scandales commandé après les fuites de l’affaire VatiLeaks qui a entraîné la condamnation de son majordome Paolo Gabriele, gracié depuis.

En avril, Benoît XVI se retirera au couvent Mater Ecclesiae, situé dans l’enclave vaticane, une fois achevés les travaux de restauration du bâtiment.

Vendredi, les cardinaux présents à Rome entameront leurs réunions connues sous le nom de « congrégations générales » afin de préparer le conclave des 115 prélats de moins de 80 ans qui élira dans le huis clos de la chapelle Sixtine le nouveau chef des catholiques.

« Lors des deux derniers conclaves, les cardinaux ont élu l’homme le plus intelligent de la salle. Il est peut-être temps aujourd’hui de choisir un homme qui écoutera tous les autres membres intelligents de l’Eglise », estime le père Tom Resse, historien et professeur du Centre théologique Woodstock à l’université de Georgetown.

Les cardinaux les plus fréquemment cités pour occuper le siège papal sont le Ghanéen Peter Turkson, le Philippin Antonio Tagle, le Brésilien Odilo Scherer, le Canadien Marc Ouellet, l’Italien Angelo Scola et l’Américain Timothy Dolan.

Benoît XVI a modifié la constitution apostolique pour avancer la date du conclave avant le 15 mars. Selon la constitution apostolique adoptée en 1996, le conclave était censé débuter dans les 15 à 20 jours qui suivent la vacance du Saint-Siège.

Le Vatican souhaite apparemment que le nouveau pape soit élu d’ici la mi-mars et intronisé avant le dimanche des Rameaux, le 24 mars, de manière à présider aux cérémonies de la Semaine sainte. Pâques tombe cette année le dimanche 31 mars.

Reuters par Philip Pullella

Qui pour succéder à Benoît XVI ?

février 12, 2013
Benoît XVI lors d'une rencontre avec de jeunes catholiques, place Saint-Pierre, à Rome, le 6 avril 2006.
Benoît XVI lors d’une rencontre avec de jeunes catholiques, place Saint-Pierre, à Rome, le 6 avril 2006. Crédits photo : ALBERTO PIZZOLI/AFP 
 
 

INFOGRAPHIES – Un Canadien, deux Italiens, un Autrichien et un Guinéen sont les cinq «papabili» le plus souvent cités.

La succession d’un pape est vraiment une affaire d’hommes. Une culture existe, elle est tissée de discrétion – ne jamais aborder ce sujet publiquement -, mais aussi de prévision, car cette institution bimillénaire n’aime pas l’imprévu. Ces hommes que sont les cardinaux pensent donc depuis longtemps à celui qui, parmi eux, pourrait remplacer Benoît XVI – ils entreront en conclave avant le 31 mars, date de Pâques -. Mais l’œuvre de prévision est périlleuse en cette matière. Certes, des noms circulent depuis longtemps, mais ces listes de papabili sont en réalité établies par les journalistes spécialisés. Elles reflètent l’état de ceux dont on parle le plus à Rome. Elles sont donc aléatoires, fluctuantes… et consultées avec curiosité par les intéressés.

 

Le plus en vue aujourd’hui est le cardinal Marc Ouellet (68 ans, le 21 octobre 2012). Ce Canadien est un «Américain» au sens large, puisqu’il connaît autant l’Amérique du Nord que l’Amérique du Sud, où il a été missionnaire pendant une dizaine d’années, en Colombie. Né au Québec, il est francophone, mais aussi anglophone, hispanophone et italophone, et parle également l’allemand et le portugais. Il a une expérience pastorale d’évêque à Acropolis, puis à Québec. Mais il a aussi une double expérience de la curie. Jean-Paul II lui avait confié la responsabilité du secrétariat pour la promotion de l’unité des chrétiens, où Mgr Ouellet a été en charge du dialogue, pour le compte du Vatican, avec les protestants et les orthodoxes, mais aussi avec les juifs. Et, seconde expérience en curie, voulue par Benoît XVI, qui l’a rappelé à Rome en 2010 pour lui confier la troisième plus importante responsabilité du Vatican après la secrétairerie d’État et la congrégation pour la Doctrine de la foi: celle de la congrégation pour les Évêques. Le pape démissionnaire lui avait également confié la présidence de la puissante commission pour l’Amérique latine.

Recteur de l’université pontificale du Latran

Presque aussi en vue, le cardinal Angelo Scola (71 ans, le 7 novembre 2012), nommé archevêque de Milan en 2012 par Benoît XVI, ce qui fut interprété comme une grande marque de confiance, alors que le cardinal Scola était déjà patriarche de Venise. En général, on ne quitte pas ce poste vénitien, à moins de devenir pape, comme le fit Jean XXIII. Angelo Scola n’a pas une aussi riche expérience que Marc Ouellet, mais c’est un patron, grand organisateur, doublé d’un intellectuel qui fut recteur de l’université pontificale du Latran, l’une des plus prestigieuses de l’Église. Il s’est notamment fait remarquer en renouant à Venise avec la grande tradition de cette ville tournée vers l’Orient et le monde arabe, en créant une fondation internationale de recherche, Oasis. C’est le candidat italien, même s’il ne fait pas l’unanimité chez les cardinaux de son pays en raison de sa filiation spirituelle avec le mouvement Communion et Libération.

Sur ce même plan, italien, on parle également du cardinal Mauro Piacenza (68 ans, le 15 septembre prochain), un Génois qui a un profil plutôt conservateur et qui connaît très bien la curie de l’intérieur pour avoir été – ce qui n’arrive jamais ou presque, mais ce fut la volonté de Benoît XVI, dont il est proche – secrétaire, puis préfet de la congrégation pour le Clergé, qui gère dans l’Église, la question des prêtres (formation, discipline). C’est, pour le coup, un profil de grand serviteur de l’État finalement peu connu mais d’une grande orthodoxie sur le rôle central du prêtre dans l’Église catholique. Et dans la filiation du cardinal Siri, qui l’ordonna prêtre, l’ancienne tête de file des «conservateurs» lors du conclave de 1978.

Pas de figure cardinalice pour l’Asie et l’Amérique latine

Toujours très en vue également, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne (68 ans, le 22 janvier 2013), est un disciple direct de Jean-Paul II, qui le nomma à ce poste et qui confia aussi à ce dominicain, la coordination de la rédaction du catéchisme de l’Église catholique. Il est aussi un très proche de Benoît XVI, dont il fut l’étudiant, mais aussi l’un des fils spirituels. Très charismatique, il est aussi très controversé dans la curie romaine, parce qu’il a été le seul cardinal à avoir osé contester la politique du silence sur les affaires de pédophilie. Ce qui lui a valu beaucoup d’ennemis à Rome, mais beaucoup de reconnaissance à l’extérieur. Sans être un progressiste – il est d’une théologie très classique -, il est aussi celui qui, pour des raisons pastorales, a poussé le plus loin le débat sur la question des divorcés remariés.

L’Asie n’a pas à l’heure actuelle de figure cardinalice qui serait susceptible d’être un jour élue pape. De même l’Amérique latine, où aucun cardinal ne ferait l’unanimité. Pour l’Afrique, on parle en revanche du cardinal Robert Sarah (67 ans, le 15 juin 2012), ancien archevêque de Conakry en Guinée, où Jean-Paul II le remarqua. Il fut nommé en 2001 secrétaire, donc numéro deux, de la congrégation pour l’Évangélisation des peuples. À Rome, c’est un État dans l’État, puisque cet organisme gère toutes les Églises encore en mission (quasi la moitié du globe). Pasteur dans l’âme, très orthodoxe, il a été choisi par Benoît XVI en 2010 pour présider le conseil pontifical Cor unum, chargé de coordonner toute l’action humanitaire de l’Église.

pape cardinaux électeurs

Lefigaro.fr par Jean-Marie Guénois,

Benoît XVI, un pape de transition ébranlé par les scandales

février 11, 2013

PORTRAIT – Benoît XVI est le premier pape à démissionner depuis le Moyen-Age. Sa décision surprise, annoncée lundi, vient clore huit années d’un pontificat rythmé par les scandales…

Il devait être un «pape de transition» après Jean Paul II. Elu au Vatican en 2005, Benoît XVI avait été choisi pour son âge déjà avancé –78 ans à l’époque– et son côté conservateur. Son pontificat a été plus mouvementé que prévu. En huit ans, Benoît XVI a été confronté à plusieurs scandales qui ont ébranlé l’Eglise. L’affaire des prêtres accusés d’abus sexuels sur des mineurs au cours des dernières décennies a été la plus grave, d’autant qu’il avait longtemps été chargé au Vatican de la discipline du clergé avant de devenir pape. «Il avait participé à l’étouffement de ces affaires», relève Frédéric Lenoir, sociologue et historien des religions. Benoît XVI a toutefois fait preuve d’une grande fermeté une fois pape. Dans un climat de honte et d’humiliation, il a condamné durement ces «péchés», accepté des démissions d’évêques, demandé pardon aux victimes et reconnu qu’une «purification» s’imposait au sein de l’Eglise.

>> Suivez les réactions à la démission du pape en direct par ici

«Vatileaks, la cause principale de sa démission»

En 2012, il est cette fois confronté au scandale de fuites de documents confidentiels au sein du Vatican. Surnommée «Vatileaks», cette affaire, qui révèle les profondes rivalités au sein de la Curie romaine (le gouvernement du Saint-Siège), conduit à l’arrestation de son propre majordome, Paolo Gabriele, qu’il a gracié en décembre. Selon Mgr Michel Dubost, évêque d’Évry-Corbeil-Essonnes, Benoît XVI a été très affecté par cette affaire. «Cela l’a éprouvé et fatigué. Il a été “trahi” par un proche. La dernière fois que je l’ai vu, son esprit était bien là, mais c’est comme si son corps se diluait, comme une bougie qui s’éteint. Je me suis dit que ça ne pouvait pas durer encore très longtemps», raconte-t-il à 20 Minutes. Frédéric Lenoir est encore plus direct. Pour lui, «le scandale Vatileaks est la cause principale de la démission de Benoît XVI. Il n’est plus en état de gérer ces querelles violentes, même si l’affaire est juridiquement terminée».

Un intellectuel humble et conservateur

Benoît XVI laisse l’image d’un pape «humble, spirituel mais identitaire», poursuit Frédéric Lenoir. Conservateur, il a refusé toute évolution de l’Eglise sur les questions de société comme l’avortement, l’euthanasie, la famille et l’homosexualité. Début 2012, il a ainsi estimé que le mariage entre homosexuels était une menace pesant sur la famille traditionnelle, et qu’il était susceptible d’ébranler «l’avenir même de l’humanité». Il est toutefois le premier à tolérer l’utilisation du préservatif dans certains cas pour éviter la propagation du sida.

Théologien rigoureux, Benoît XVI a contribué aux réformes du concile Vatican II avant de porter un regard plus conservateur sur les œuvres sacrées et la liturgie. Ses détracteurs lui ont reproché de revenir en arrière et de bloquer certaines réformes, mais aussi de mettre à mal le dialogue avec l’islam, les juifs et les autres chrétiens. De son côté, Mgr Michel Dubost salue un «grand intellectuel», «un homme timide qui, en petit groupe, était capable d’entrer en dialogue avec les autres de manière impressionnante».

Brièvement enrôlé dans les jeunesses hitlériennes

Né le 16 avril 1927 à Marktl am Inn en Bavière (Allemagne), Joseph Ratzinger a grandi à Traunstein où il a étudié le latin, le grec, l’histoire et la littérature. Son père était responsable de la police, très pratiquant et hostile aux nazis. Au début des années 1940, le jeune Joseph a été brièvement enrôlé dans les Jeunesses hitlériennes, comme tant d’autres enfants de son âge, puisque l’adhésion à l’organisation était obligatoire.

Ordonné prêtre en 1951, il a été professeur à Ratisbonne, archevêque de Munich et cardinal en 1977 sous Paul VI, puis préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi en 1981 sous Jean Paul II. En 2002, il a pris la tête du Collège des cardinaux, chargé d’élire le prochain pape.

Mgr Michel Dubost est convaincu que «Benoît XVI était un homme qui ne cherchait pas à être pape, mais qui a accepté de l’être avec humilité et douceur». L’homme qui ne voulait pas être pape ne le sera plus le 28 février.

Par Faustine Vincent

Vatican: aucun cardinal suspecté

mai 28, 2012
Aucun cardinal n’est suspecté dans le cadre des fuites de documents secrets du Saint-Siège, a affirmé aujourd’hui le porte-parole du Vatican en réponse aux informations de presse affirmant qu’un cardinal figure parmi les taupes à l’origine de ces fuites. »Je démens de façon catégorique. Aucun cardinal n’est suspecté (…) ni italien ni étranger », a déclaré la père Federico Lombardi lors d’une déclaration à la presse.
Le pape est « bien évidemment informé » des développements de cette affaire qui a conduit à l’arrestation de son majordome Paolo Gabriele, et est « conscient qu’il s’agit d’une situation délicate que traverse la Curie », a encore affirmé le porte-parole. La ligne souhaitée par le pape est « la transparence », a-t-il dit.

La commission de cardinaux mise en place par le pape pour enquêter sur cette affaire « continue ses travaux, mène ses entretiens dans les temps requis par l’enquête et n’a pas l’intention de se laisser conditionner par la pression médiatique », a-t-il encore affirmé.

« Un cardinal a guidé le corbeau », a titré lundi matin le quotidien romain Il Messaggero, tandis que le grand journal milanais Corriere della Sera a fait sa manchette avec le titre: « un cardinal parmi les corbeaux ».

La gendarmerie vaticane avait arrêté M. Gabriele et trouvé des documents confidentiels à son domicile, un mois environ après la création de la commission d’enquête chargée d’élucider l’affaire des fuites qui secouent le petit État depuis le mois de janvier.

Il n’aurait pas agi seul et plusieurs médias vont jusqu’à affirmer qu’une vingtaine de personnes pourraient avoir passé des documents à l’extérieur du Vatican.
Un livre du journaliste Gianluigi Nuzzi publié il y a huit jours en Italie contient un nombre sans précédent de documents confidentiels illustrant de nombreux débats internes, par exemple sur la situation fiscale de l’Église et divers scandales.
Ces documents n’apportent pas de grandes surprises, mais révèlent les venins et les rancœurs entre divers cardinaux, chacun s’en remettant au pape et l’assurant de sa loyauté.

Lefigaro.fravec AFP