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Brésil: un ministre démissionne pour avoir gonflé son CV

juin 30, 2020

 

Le tout nouveau ministre brésilien de l’Education a présenté mardi sa démission au président Jair Bolsonaro, avant même sa prise de fonctions, pour avoir menti sur ses titres universitaires. Cinq jours après avoir été nommé, Carlos Alberto Decotelli a présenté sa démission au chef de l’Etat à Brasilia, a annoncé à la presse l’un de ses conseillers, Paulo Roberto. Il avait été choisi pour être la première personne noire à intégrer le gouvernement Bolsonaro, remplaçant au portefeuille de l’Education le sulfureux Abraham Weintraub, qui avait démissionné le 18 juin après une série de polémiques.

L’«ex-futur ministre», comme l’appelaient de nombreux médias ces derniers jours, avait revendiqué sur son curriculum vitae «un Master à la Fondation Getulio Vargas, un doctorat à l’Université de Rosario, en Argentine, et un post-doctorat à l’Université de Wuppertal, en Allemagne». Ces titres universitaires, cités par Jair Bolsonaro sur Twitter lors de la nomination du ministre, un officier de réserve de la Marine, ont tous été remis en cause les jours suivants.

Dès vendredi, le recteur de l’Université de Rosario avait assuré sur Twitter que Carlos Alberto Decotelli n’avait «pas obtenu le titre de docteur cité» dans le tweet de Jair Bolsonaro, n’ayant pas soutenu sa thèse. Lundi, le ministre s’est défendu en expliquant que le jury lui avait demandé d’apporter des «adaptations» à la thèse, mais qu’il avait dû se rendre au Brésil en raison de «difficultés financières» sans pouvoir retourner en Argentine pour la soutenir. Auparavant, lundi, l’université allemande de Wuppertal avait jeté un autre pavé dans la mare, en affirmant dans un communiqué que Carlos Alberto Decotelli n’avait «obtenu aucun titre» en son sein.

Un autre soupçon sur le cursus universitaire du ministre est venu du Brésil, avec des accusations de plagiat sur des extraits de son mémoire de Master à la Fondation Getulio Vargas (FGV), à Rio de Janeiro. Mais le coup de grâce semble avoir été donné mardi, avec un autre démenti de la FGV: il n’aurait jamais été professeur de cette fondation de 2016 à 2018, comme l’affirmait pourtant son CV.

Lundi, le président Bolsonaro avait déclaré sur Facebook que Carlos Alberto Decotelli était «conscient de son erreur», tout en vantant ses qualités pour ce portefeuille. Il devait être le troisième titulaire en un an et demi d’un ministère secoué par les crises. Le gouvernement Bolsonaro a connu depuis qu’il a pris ses fonctions en janvier 2019 une dizaine de démissions ou de limogeages de ministres, en raison de polémiques ou pour incompatibilité avec le président. Ce fut le cas récemment des deux derniers titulaires de la Santé, en pleine pandémie de Covid-19. Fervent bolsonariste, Abraham Weintraub, prédécesseur de Carlos Alberto Decotelli, avait notamment fait sur Twitter des déclarations racistes antichinoises et qualifié de «connards» les juges de la Cour suprême, estimant qu’ils devraient être «jetés en prison».

Par Le Figaro avec AFP

Brésil: le CV du nouveau ministre de l’Education contesté

juin 29, 2020

Le nouveau ministre de l’Education du Brésil n’a pas encore pris ses fonctions, mais il fait déjà l’objet de nombreuses polémiques, avec la contestation de plusieurs des titres universitaires affichés sur son curriculum vitae. Économiste et professeur d’université, Carlo Alberto Decotelli est devenu jeudi dernier la première personne noire nommée au gouvernement du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, remplaçant Abraham Weintraub, qui avait démissionné le 18 juin après une série de polémiques.

Au moment d’annoncer cette nomination, le chef de l’Etat a cité sur Twitter les principaux titres universitaires du nouveau ministre, dont «un Master à la Fondation Getulio Vargas, un doctorat à l’Université de Rosario, en Argentine, et un post-doctorat à l’Université de Wuppertal, en Allemagne». Tous remis en cause les jours suivants. Le président brésilien a déclaré sur Facebook qu’Alberto Decotelli était «conscient de son erreur» et a vanté «sa capacité à construire une éducation inclusive». Selon la presse, Bolsonaro étudierait la possibilité de remplacer Decotelli. Ce dernier a confirmé à des journalistes, après un entretien avec le chef de l’Etat, qu’il «était ministre» et qu’il prendrait ses fonctions, même si aucune date n’a encore été fixée.

Dès vendredi, le recteur de l’Université de Rosario avait assuré sur Twitter qu’Alberto Decotelli n’avait «pas obtenu le titre de docteur cité» dans le tweet de Jair Bolsonaro. Le ministère de l’Éducation avait réagi dans la foulée, reproduisant un document de l’université argentine attestant que l’ensemble du cursus du doctorat avait été suivi. Mais le nouveau ministre a ensuite rectifié son CV sur la base de références nommée Lattes, en précisant qu’il avait suivi le cursus mais «sans soutenance de thèse», ce qui l’empêche de revendiquer le titre de docteur. Lundi, le ministre s’est défendu en expliquant que le jury lui avait demandé d’apporter des «adaptations» à la thèse, mais qu’il avait dû se rendre au Brésil en raison de «difficultés financières» sans pouvoir retourner en Argentine pour la soutenir.

Auparavant, lundi, l’université allemande de Wuppertal avait jeté un autre pavé dans la mare, en affirmant dans un communiqué que M. Decotelli n’avait «obtenu aucun titre» au sein de cette institution. D’après ce communiqué, le ministre y a «mené une recherche de trois mois en janvier 2016», qui n’est pas suffisante pour être reconnue comme un post-doctorat, lequel prend normalement plusieurs années. Il n’aurait de toute façon pas pu prétendre à un tel titre sans que son doctorat soit reconnu.

Un autre soupçon sur le cursus universitaire du ministre est venu du Brésil, avec des accusations de plagiat sur des extraits de son mémoire de Master à la Fondation Getulio Vargas, à Rio de Janeiro. Sur ce point, Alberto Decotelli a admis qu’il aurait pu commettre une «étourderie» (en détaillant ses sources) mais pas un plagiat. «Un plagiat, c’est quand on fait Control C, Control V, et ce n’était pas le cas», a-t-il affirmé.

Le gouvernement de Jair Bolsonaro a connu depuis qu’il a pris ses fonctions en janvier 2019 une dizaine de démissions ou de limogeages de ministres, en raison de polémiques ou pour incompatibilité avec le président. Ce fut le cas récemment des deux derniers titulaires de la Santé, en pleine pandémie de Covid-19. Fervent bolsonariste, Abraham Weintraub, prédécesseur d’Alberto Decotelli, avait notamment fait sur Twitter des déclarations racistes antichinoises et qualifié de «connards» les juges de la Cour suprême, estimant qu’ils devraient être «jetés en prison».

Par Le Figaro avec AFP