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Afrique du Sud : la commission Zondo aura-t-elle la tête de Jacob Zuma ?

janvier 6, 2022
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa devant la commission d’enquête Zondo sur la capture d’État à Johannesburg, le 12 août 2021. © Sumaya HISHAM / POOL / AFP

Quatre ans après sa création, la commission Zondo a remis son premier rapport au président Ramaphosa. Elle conclut à une capture d’État dont Jacob Zuma et ses proches ont été les artisans. Des révélations qui, pour l’ANC, font figure de cadeau empoisonné.

« Nous y voilà enfin. » Cyril Ramaphosa ne cache pas son soulagement. Voilà quatre ans qu’il attendait les conclusions de la Commission d’enquête sur les soupçons de capture d’État, dite commission Zondo, en référence au juge qui la préside, Raymond Zondo. Une institution judiciaire, sans pouvoir de poursuites, qui a remis son premier rapport le 4 janvier dernier lors d’une cérémonie officielle. « Un moment crucial parmi les efforts de notre pays pour mettre définitivement fin à l’ère de la capture d’État », selon le chef de l’État sud-africain.

La commission Zondo est née le 9 janvier 2018, mais elle trouve en réalité son origine dans des faits survenus en 2016. Cette année-là, le Défenseur public, Thuli Madonsela, publie un premier rapport sur « la capture de l’État ». Son enquête met en lumière les nombreux soupçons de corruption qui entachent la présidence de Jacob Zuma en lien avec la famille Gupta.

Retour de flammes

Face à la gravité des témoignages, Thuli Madonsela demande la création d’une commission d’enquête judiciaire. Jacob Zuma tente de faire écarter le rapport, échoue, puis subit un retour de flammes quand la haute cour de Pretoria le contraint à mettre en place la commission réclamée par Madonsela. Et, comme un châtiment, c’est à lui de nommer celui qui deviendra sa bête noire : Raymond Zondo.

NOMMER UN PROCHE À LA TÊTE D’UNE ENTREPRISE OU D’UNE INSTITUTION PUBLIQUE, MALGRÉ SON INCOMPÉTENCE

Dans ce premier rapport, la commission Zondo n’émet pas de recommandations à l’encontre de Jacob Zuma. En revanche, elle fait porter à l’ancien président, au pouvoir de 2009 à 2018, la responsabilité de nombreuses dérives et esquisse les grandes lignes d’un système bien rodé, qui consistait à faire à chaque fois fi des candidats potentiels et à nommer un proche à la tête d’une entreprise ou d’une institution publique, malgré son incompétence ; à lui permettre ensuite de « purger » l’institution de ses cadres pour y placer des alliés ; à restructurer l’entité quitte à la fragiliser, tout en instaurant un climat de peur. Le tout grâce au soutien d’entreprises privées et de médias « amis ».

Le « système Zuma » est décrit dans la partie consacrée au South African Revenue Service (SARS), l’administration fiscale. « C’est la démonstration limpide d’une collusion entre le secteur privé et l’exécutif, y compris le président Zuma, pour mettre la main sur une institution qui était internationalement respectée et la rendre inefficace, écrivent les auteurs du rapport. Le président Zuma et M. Moyane [ancien patron du SARS] ont joué un rôle fondamental dans la prise de contrôle [de l’administration fiscale]. »

Les mêmes techniques sont décrites dans le volume qui s’intéresse au démantèlement de la compagnie aérienne nationale. La South African Airways (SAA) était alors sous la direction de Duduzile Myeni, une proche de Jacob Zuma. Autrefois seconde plus grosse compagnie aérienne du continent, la SAA n’est plus que l’ombre d’elle-même et s’apprête à être privatisée. « Sous la direction de Mme Myeni, SAA a décliné pour se transformer en une entité en proie à la fraude et à la corruption, résume le rapport. Malgré ça, elle est restée à sa tête. »

Pourquoi l’avoir maintenue en poste ? La commission n’a jamais pu poser la question au principal intéressé. « Le président Zuma a fui la commission car il savait qu’il s’exposait à des questions qui l’auraient mis dans une situation où il n’aurait pas pu répondre, taclent les rapporteurs. Il n’aurait pas pu justifier son insistance à maintenir Mme Myeni à la tête de la SAA. »

La South African Airways victime du « système Zuma »

Ils n’ont pas oublié ce 19 novembre 2020 : ce jour-là, auditionné depuis quelques heures, Jacob Zuma profite de la pause café… pour prendre la tangente ! On ne l’y reverra plus. L’ancien président refuse depuis de témoigner devant une institution qu’il a rebaptisée « commission Zuma » pour signifier sa partialité.

Ses multiples attaques contre le juge Zondo et son refus réitéré de répondre aux questions lui ont valu d’être condamné par la Cour constitutionnelle à quinze mois de prison. Une peine qu’il purge hors les murs, en liberté conditionnelle. Début décembre, il présentait un livre, Jacob Zuma parle, écrit par ses porte-flingues, pour défendre son mandat injustement comparé selon eux à « neuf années gâchées ».

Jacob Zuma a toujours eu à cœur de défendre sa gouvernance. En 2010, quand les frères Gupta lancent le journal The New Age, c’est sur une idée originale… de Jacob Zuma. Le président aurait même trouvé le nom de ce quotidien conçu comme un instrument de propagande pour soutenir son action. Chacun y trouve son compte puisque The New Age va permettre aux Gupta de siphonner les budgets publicitaires des agences gouvernementales et des entreprises publiques.

EN PLUS DE SERVIR LES INTÉRÊTS POLITIQUES DU CHEF DE L’ÉTAT, LA DIFFUSION D’UNE PRESSE PRO-ZUMA ENRICHIT SES AMIS

Via le groupe TNA, les Gupta vendent des abonnements, des espaces publicitaires et des contenus éditoriaux à l’ensemble du secteur public. Eskom, la compagnie d’électricité, achète 2 000 exemplaires par jour de The New Age. En plus de servir les intérêts politiques du chef de l’État, la diffusion d’une presse pro-Zuma enrichit ses amis, dont la cupidité n’a aucune limite. Devant la commission, l’ancien directeur de la communication gouvernementale, Themba Maseko, affirme avoir été licencié après avoir refusé une proposition d’Ajay Gupta. En 2010, l’homme d’affaires lui aurait demandé de verser l’intégralité du budget publicitaire gouvernemental à The New Age.

Monsieur Propre

Aujourd’hui, c’est une presse plus indépendante qui épluche les 854 pages du premier rapport Zondo. Un deuxième document sera remis fin janvier et un troisième, à la toute fin du mois de février. D’ici là, le gouvernement se refuse à tout commentaire. Ramaphosa présentera la totalité des travaux de la commission devant le Parlement d’ici au 30 juin et dira ce qu’il compte faire de ses recommandations. « Peu importe qui est mis en cause, nous ferons appliquer les recommandations, a prévenu le chef de l’État. Nous prenons le travail de la commission Zondo très au sérieux car nous voulons un gouvernement propre. »

UNE AUDITION PUBLIQUE MAÎTRISÉE PAR UN RAMAPHOSA TOUJOURS AIMABLE ET PEU DÉCONTENANCÉ

Élu en 2018 sur la promesse d’une nouvelle aube débarrassée de la corruption, Cyril Ramaphosa profite de la commission Zondo pour peaufiner son image de Monsieur Propre au sein du Congrès national africain (ANC, au pouvoir). Contrairement à Jacob Zuma, le chef de l’État a honoré les invitations de la commission Zondo. Il a passé quatre jours sur le fauteuil de témoin en sa qualité d’ancien vice-président (2014-2018). Une audition publique maîtrisée par un homme d’État toujours aimable et peu décontenancé.

Grand déballage

S’il devait être cité dans le rapport, Ramaphosa assure qu’il prendrait ses responsabilités : « Quand je suis mis en cause, je suis suffisamment intègre pour être capable de me mettre en retrait. » Encore faut-il qu’il parvienne à convaincre sa famille politique que ce grand déballage est un mal pour un bien. Dans son rapport, la Commission relève que l’ANC a elle aussi profité des « produits de la corruption ».

Au sein du parti, certains ont voulu repousser la publication du rapport, a dévoilé Ramaphosa.« Je les exhorte à ne pas le faire et à se ranger parmi ceux qui protègent ce pays et font de l’ANC une entité à laquelle les masses font de nouveau confiance », a-t-il ajouté devant des militants. Ce weekend, le parti fête ses 110 ans, et ce rapport pourrait bien être un cadeau empoisonné.

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesbourg

Afrique du Sud : cinglant désaveu pour l’ANC

novembre 4, 2021
Le président sud-africain Ramaphosa assiste aux élections locales à Soweto, à Johannesburg, le 1e novembre 2021. © Sumaya Hisham/REUTERS

Au pouvoir depuis 1994, l’ANC enregistre le pire score électoral de son histoire. Il paye des années de gestion calamiteuse du pays.

Cyril Ramaphosa était présenté comme « la dernière chance » du Congrès national africain (ANC) pour sauver ces élections. Le chef de l’État, visage souriant imprimé sur toutes les affiches électorales, a passé le mois d’octobre sur les routes sud-africaines à faire campagne au nom de son parti. En vain. Avec seulement 46 % des voix à l’échelle nationale contre 54 % en 2016, l’ANC subit son plus gros revers électoral. Seize points ont même été perdus depuis les municipales de 2011 (62 %).

Surtout, l’ANC échoue à obtenir la majorité dans la plupart des métropoles sud-africaines. Ses résultats sont en chute libre à Johannesburg (-10 %), Pretoria (-7 %), ou encore au Cap (-7 %). Même Durban (-14%), bastion de l’ANC dans la province du KwaZulu-Natal, échappe à son contrôle avec un résultat sous le seuil de la majorité (42 %). « C’est un message sans ambiguïté qu’envoient les électeurs […] Les gens sont déçus par l’ANC », reconnaît le parti dans un communiqué. Et de citer la longue liste des griefs : lenteur à s’attaquer à la corruption, incapacité à assurer l’accès aux services de base et à gouverner correctement les municipalités.

Nouer des alliances

Le parti de Nelson Mandela devra se résoudre à nouer des alliances pour espérer gouverner par coalition. Un système qui avait joué en sa défaveur en 2016. En ralliant plusieurs petits partis, l’Alliance démocratique (DA), première force d’opposition, avait notamment mis la main sur Pretoria et Johannesburg. La razzia pourrait s’avérer encore plus importante si l’opposition fait bloc contre l’ANC.

Avec 30 % des municipalités en ballotage, « la politique des coalitions risque de devenir la clé des scrutins à l’avenir », analyse André Duvenhage, professeur en sciences politiques à l’université du North-West. « Ce n’est pas du tout dans notre culture ou notre histoire politique, on a besoin d’apprendre », poursuit-il.

La multiplication des coalitions résulte d’une baisse générale des voix enregistrées par l’ANC et la DA. Elle s’explique aussi par une fragmentation du paysage politique. Ce scrutin a vu s’affronter 325 partis et 1 500 candidats indépendants sur 95 000. Des déçus des grandes familles politiques qui veulent faire entendre leur voix autrement. « Voter pour les petits partis affaiblit la DA, ne jouons pas avec le feu », tentait de décourager John Steenhuisen, leader du parti dans un spot de campagne.

Discours anti-immigration

La DA est devenue une pépinière à dissidents. Trois de ses anciens porte-drapeaux ont bataillé contre elle lors de ce scrutin. Mmusi Maimane, ancien leader du parti devenu le défenseur des partis indépendants avec son mouvement OneSA. Patricia de Lille, maire du Cap (DA) de 2011 à 2018 et en concurrence avec GOOD, son nouveau parti. Et surtout, Herman Mashaba, maire de Johannesburg DA entre 2016 et 2019 et sensation politique de ce scrutin avec ActionSA, créé en 2020. À Johannesburg, il se place en troisième position avec 16 % des voix.

« Herman Mashaba est devenu un politicien de premier plan, il va influencer la nature des coalitions », prévient André Duvenhage. Cet entrepreneur jouit d’une certaine popularité liée au succès de ses produits pour cheveux « Black Like Me ». « Les gens le voient comme quelqu’un qui n’a pas besoin d’argent, qui ne va pas en voler car il a déjà son propre empire », résume la politologue Asanda Ngoasheng. C’est aussi son discours anti-immigration qui fait mouche auprès d’une population qui se sent en concurrence avec une main-d’œuvre étrangère, alors que le chômage atteint les 34 %. À Soweto, ActionSA récolte 21 % des voix, selon l’analyste Dawie Scholtz.

LES PERSONNES QUI SONT LOYALES À L’ANC ONT PRÉFÉRÉ NE PAS VOTER DU TOUT EN GUISE DE PROTESTATION

Concentré sur quelques villes, ActionSA ne pèse pas lourd à l’échelle nationale et n’est pas en mesure de déloger les Combattants pour la liberté économique (EFF). Le parti de Julius Malema gagne deux points à l’échelle nationale et confirme sa place de troisième parti sud-africain (10 %). Le commandant en chef Malema s’est dit « très heureux » de voir le rival ANC sous la barre des 50 %.

Le très fort taux d’abstention ne réjouit en revanche personne. La participation ne dépasse pas 45 % parmi les 26 millions d’électeurs enregistrés. « On note une apathie électorale depuis 2019, explique Paul Berkowitz de l’ONG The Third Republic. Le citoyen ordinaire souffre. Ce doit être un sentiment de futilité, de rejet, qui alimente cette apathie électorale. » Le dégoût de la politique a contaminé ce scrutin. « Même les personnes qui sont loyales à l’ANC ont préféré ne pas voter du tout en guise de protestation plutôt que de se tourner vers un parti d’opposition, relate Asanda Ngoasheng. Ces élections ne sont qu’un tir de sommation, avant le chaos qui verra l’ANC ne plus obtenir sa majorité habituelle à l’échelle nationale. »

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson – à Johannesburg

Violences en Afrique du Sud : le président dénonce une tentative de déstabiliser l’État

juillet 17, 2021
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa visite une zone de Durban durement touchée par les troubles, en Afrique du Sud, le vendredi 16 juillet 2021.

Armés de pelles et de balais, des Sud-Africains continuaient inlassablement à nettoyer samedi les dégâts après plusieurs jours de pillages et d’émeutes, que le président Ramaphosa a qualifiés de tentative orchestrée de semer le chaos et déstabiliser le pays.

À côté d’un mur tagué « Libérez Zuma » et « J’emmerde la démocratie », des riverains débarrassaient des monticules de gravats près d’un centre commercial de Durban. Les premiers incidents, pneus brûlés et routes bloquées, ont éclaté la semaine dernière au lendemain de l’incarcération de l’ex-président Jacob Zuma condamné pour outrage à la justice, dans son bastion du Kwazulu-Natal (KZN, Est).

Puis les entrepôts, usines et centres commerciaux ont été méthodiquement pris d’assaut par des pillards et les violences se sont étendues à la plus grande ville du pays Johannesburg, sur fond de chômage endémique et de nouvelles restrictions anti-Covid, jusqu’à provoquer l’intervention de l’armée.

212 morts

Au total, 212 personnes ont trouvé la mort, dont 180 dans le KZN. Et les forces de sécurité ont procédé à plus de 2 500 arrestations.

SOUS PRÉTEXTE D’UN GRIEF POLITIQUE, LES AUTEURS DE CES ACTES ONT CHERCHÉ À PROVOQUER UNE INSURRECTION POPULAIRE », A ACCUSÉ CYRIL RAMAPHOSA

Mais après une semaine d’incidents, un calme précaire semble régner. Aucun incident n’est signalé dans la capitale économique. Et même en pays zoulou, où des poches de violences résistaient, alimentées aussi par des tensions raciales entre Sud-Africains noirs et d’origine indienne, une accalmie semble se profiler.

« Sous prétexte d’un grief politique, les auteurs de ces actes ont cherché à provoquer une insurrection populaire », a accusé vendredi soir Cyril Ramaphosa, s’adressant aux Sud-Africains.

« Défaillance » des services de sécurité

Plusieurs responsables au gouvernement ont déjà ouvertement affirmé que les violences des derniers jours ont été téléguidées par des partisans de Jacob Zuma. La police enquête sur 12 personnes soupçonnées d’être les cerveaux de l’opération, l’une d’entre elle a déjà été arrêtée.

La police surveille des pilleurs arrêtés dans un centre commercial du canton d’Alexandra, à Johannesburg, en Afrique du Sud, le 12 juillet 2021.

Les autorités craignent par ailleurs un regain des cas de Covid causés par les mouvements de foule lors des pillages, alors que le pays est en proie à une troisième vague meurtrière de la pandémie.

« Nous trouverons ceux qui sont à l’origine de cette violence. Ils seront tenus responsables de leurs actes. Nous ne permettrons à personne de déstabiliser notre pays et de s’en tirer à bon compte », a promis le président.

Les autorités ont été largement critiquées pour avoir tardé à réagir et ne pas avoir empêché les violences. Les experts en sécurité ont unanimement pointé une « défaillance » des services de renseignement et de la police. Cyril Ramaphosa a reconnu que le gouvernement était « mal préparé » à des violences de cette ampleur.

Quelque 10 000 soldats ont été déployés sur le terrain, pour épauler une police en sous-nombre et dont la réputation d’inefficacité et de corruption n’est plus à faire. Ce chiffre pourrait grimper jusqu’à 25 000 dans les prochains jours.

« Opération Récupération »

Le chef d’état-major des armées, le général Rudzani Maphwanya, a promis d’arrêter « voyous et escrocs ». Déjà, la traque contre les pillards a commencé. La nuit dernière, la police a mené un raid baptisé « opération récupération » à Alexandra, un des townships les plus miséreux du pays, dans le nord de Johannesburg.

Tout ce qui semblait neuf et n’était pas accompagné d’une preuve d’achat a été confisqué et chargé à l’arrière d’une camionnette, repartie avec un fatras de fauteuils, vélos pour enfant, frigidaires.

LES RÉCENTS ÉVÉNEMENTS « AGGRAVERONT LA PAUVRETÉ ET ENGENDRERONT DES DIFFICULTÉS ENCORE PLUS GRANDES POUR DES MILLIONS DE SUD-AFRICAINS », SELON CYRIL RAMAPHOSA

Ces derniers jours, les effets des dévastations des centres commerciaux se sont fait sentir. Dans certains quartiers de Durban, des distributions de nourriture ont été organisées. « Nous avons envoyé de la nourriture à des hôpitaux », a dit Imitiaz Sooliman, de l’association Gift of the Givers. « Ils nous ont appelés en disant que les patients n’ont pas pu manger ».

Des transports perturbés ont provoqué des difficultés d’approvisionnement notamment dans le KZN. L’autoroute reliant Johannesburg et Durban a toutefois été rouverte samedi, sous étroite surveillance des forces de sécurité.

Au total, des centaines de commerces ont été attaqués en l’espace de quelques jours. Regrettant des « dommages énormes » et de futures « pertes d’emploi », les récents événements « aggraveront la pauvreté et engendreront des difficultés encore plus grandes pour des millions de Sud-Africains », a prédit Cyril Ramaphosa.

Par Jeune Afrique avec AFP

En Afrique du Sud, Emmanuel Macron défend l’accès aux vaccins

mai 30, 2021
Le président sud-africain Cyril Ramaphosa et son homologue français Emmanuel Macron, à Pretoria en Afrique du Sud, le 28 mai 2021.

Le président français a passé 24 heures à Pretoria pour une visite dominée par la question de l’inégalité vaccinale sur le continent.

Dans la soute à bagages de l’avion présidentiel, un symbole : 2 200 vaccins Johnson & Johnson venus de Paris. La France livre directement ses ressortissants de plus de 55 ans, inquiets de ne pas pouvoir être vaccinés dans les mois prochains. Ce colis destiné aux expatriés rappelle qu’en Afrique du Sud, la campagne de vaccination connaît un dangereux retard avec seulement 900 000 personnes vaccinées pour 58 millions d’habitants.

Attention au risque « d’apartheid vaccinal », ne cesse de dénoncer Cyril Ramaphosa, l’une des voix les plus critiques du continent sur la gestion de la pandémie. Les deux chefs d’État ont échangé publiquement leurs idées sur la crise actuelle dans l’amphithéâtre du campus Future Africa de Pretoria. Les plus éminents scientifiques et industriels sud-africains engagés dans la lutte contre le Covid-19 étaient réunis pour écouter et dialoguer avec les deux présidents pendant plusieurs heures.

Investissement

Devant Emmanuel Macron, le président sud-africain n’a pas mâché ses mots pour railler la boulimie des pays du Nord. « Alors que les vaccins inondent les pays riches, ils ne font que ruisseler en Afrique », a déploré le président sud-africain. Un constat partagé par son homologue français. Face au risque d’accumulation dans les pays riches, Emmanuel Macron a insisté pour que le don de doses pré-payées soit une priorité. La France s’engage à offrir 30 millions de doses d’ici la fin de l’année, 100 millions à l’échelle européenne. Autre urgence identifiée par Emmanuel Macron : le renforcement des capacités de production sur le continent. Comme l’a rappelé le chef de l’État français, « l’Afrique, c’est 20% des besoins et seulement 1% de la production vaccinale ».

Afin de combler ce déficit, la France a annoncé un investissement massif – mais non rendu public – dans la multinationale sud-africaine Aspen. Cette entreprise, dont le siège social est à Port-Elizabeth, produit les vaccins de la firme américaine Johnson & Johnson. Un transfert de technologie lui permet d’assembler, d’emballer et de distribuer le vaccin à dose unique Janssen destiné au marché local et à l’export. En revanche, la préparation des matières premières n’a pas encore été déléguée à Aspen.

Pour une levée des brevets

Investir dans la production locale est un effort bienvenu mais limité si les pays n’ont pas la capacité de fabriquer intégralement les vaccins, estime Cyril Ramaphosa. Le président sud-africain plaide sans relâche pour une levée temporaire des brevets sur la propriété intellectuelle, condition sine qua non pour répondre aux besoins selon le chef de l’État. Une demande en ce sens a été déposée en octobre 2020 devant l’Organisation mondiale du commerce (OMC), par l’Afrique du Sud et l’Inde. Plus d’une centaine de pays soutiendraient cette requête selon Cyril Ramaphosa.

Dernier soutien en date, bien qu’en demi-teinte, celui d’Emmanuel Macron. Longtemps considéré comme opposé à la levée des brevets pour ne pas nuire à l’innovation, le président français a profité de son voyage à Pretoria pour affiner sa position. « Je veux ici être très clair, sur le principe de lever les contraintes de la propriété intellectuelle pour permettre la production en Afrique et partout dans le monde, nous sommes pour » a déclaré Emmanuel Macron à l’issue d’un entretien en tête à tête avec Cyril Ramaphosa.

Si Emmanuel Macron accepte d’envisager une levée temporaire des brevets, il n’y voit cependant qu’une solution secondaire, inadaptée à l’urgence de la pandémie. La levée des brevets sur la propriété intellectuelle ne résout pas immédiatement la question des capacités de production. Pour autant, les deux chefs d’État ont prévu de travailler ensemble sur cette question. Ils présenteront une initiative commune à leurs homologues du G7 qui se réuniront au Royaume-Uni du 11 au 13 juin. « Nous allons essayer de les convaincre que nous sommes en guerre », a prévenu Cyril Ramaphosa.

Lutte contre les jihadistes au Mozambique

Avant d’évoquer la guerre contre la pandémie, c’est la lutte contre les jihadistes du nord du Mozambique qui a été discutée entre les deux chefs d’État. « La France est disponible pour prendre part à des opérations sur la partie maritime », a dévoilé Emmanuel Macron. La veille, le président Cyril Ramaphosa était à Maputo pour un sommet de la SADC qui n’a débouché sur aucune annonce concrète. « Nous sommes à disposition pour aider mais dans le cadre d’une solution politique qui sera d’abord demandée par le Mozambique et ensuite structurée par la SADC », a précisé Emmanuel Macron.

En lutte contre le terrorisme ou contre une pandémie, Emmanuel Macron a défendu l’idée d’un monde interdépendant où la solidarité doit prévaloir. « Je crois, aujourd’hui plus qu’hier, que nous avons compris à quel point nous avons tous un destin lié, cette crise l’a rendu transparent à nos concitoyens », déclarait le président Macron avant de quitter Pretoria ce samedi midi. « Le président était porteur d’un message de volontarisme et de solidarité », analyse Achille Mbembé.

SA VOIX N’EST PAS DU TOUT LA VOIX DE LA FRANCE-AFRIQUE »

L’historien camerounais, qui vit à Johannesburg, s’est entretenu plus de deux heures avec Emmanuel Macron durant cette visite éclair. « Sa voix n’est pas du tout la voix de la France-Afrique, c’est quelque chose de nouveau, qui n’a peut-être pas encore de nom, il y a une brèche qui est ouverte, et il y a une chance à saisir », entrevoit Achille Mbembé. L’intellectuel camerounais a été chargé par le président Macron d’organiser le colossal sommet Afrique-France (12 pays, 1 000 invités, une soixantaine de débats) reporté au mois d’octobre à Montpellier. L’occasion « de refonder la relation entre l’Afrique et la France », prévient Achille Mbembé et de faire le bilan de la politique africaine d’Emmanuel Macron à l’approche de la fin de son premier mandat.

Avec Jeune Afrique par Romain Chanson

Afrique du Sud : entre Zuma et Ramaphosa, le duel qui fragilise l’ANC

mai 6, 2021
L’ancien président sud-africain Jacob Zuma, le 15 octobre 2019.

Chargée d’enquêter sur les soupçons de corruption qui visent l’ancien président, la commission Zondo cristallise les divisions au sein de l’ANC. Car si le principal mis en cause refuse de témoigner, l’actuel chef de l’État, Cyril Ramaphosa, a lui été entendu, défendant l’idée d’un parti tournant la page des années Zuma.

L’image est rare : un président en exercice, non contraint, interrogé par une commission anti-corruption. « C’est ainsi que notre démocratie fonctionne », déclare Cyril Ramaphosa à ceux qui s’en étonnent. Ce mercredi 28 avril, le chef de l’État sud-africain témoigne devant la commission Zondo, qui enquête sur des soupçons de « capture d’État », autrement dit d’accaparement du pouvoir et des richesses par une minorité corrompue. Au cœur de ce faisceau d’accusations, l’ancien président, Jacob Zuma, au pouvoir de 2009 à 2018 et soupçonné d’avoir permis à la famille Gupta d’infiltrer tous les étages de l’appareil d’État. Cyril Ramaphosa sourit aux juges, plaisante et répond aimablement à des questions inoffensives. Il reconnaît l’existence d’une « ère de la capture d’État ».

Cinq mois plus tôt, même bâtiment, même fauteuil. Nous sommes le 19 novembre 2020 et c’est Jacob Zuma, chef d’État de 2009 à 2018, qui témoigne. Une courte apparition avant un coup d’éclat. Au moment de la pause café, il quitte la commission sans prévenir. Une gifle au visage de cette institution, un aller sans retour. « Je ne vais pas me soumettre à un système judiciaire injuste et oppressif », réagira Jacob Zuma via un communiqué.

Suivront toutes sortes de médiations, de mains tendues et même une menace – en cours d’examen – de condamnation à deux ans de prison pour outrage. Les efforts de Cyril Ramaphosa et des leaders du Congrès national africain (ANC) pour ramener Jacob Zuma à la raison n’ont pas eu plus d’effets. « Vous n’avez aucune sympathie pour moi […] Ces dernières années l’ANC ne m’a jamais protégé », rétorque l’intéressé lors d’une réunion de la dernière chance. Sa démission forcée, survenue le 14 février 2018 alors qu’il était cerné par les affaires de corruption, lui est restée en travers de la gorge.

Ramaphosa joue la carte anti-Zuma

Si on ne lui connaît plus d’ambitions personnelles, Jacob Zuma reste un animal politique. Avec des crocs, des griffes et des pics sur le dos. « Il a réussi à se vendre comme le politicien contre lequel vous risquez une guerre perpétuelle si vous osez le défier », résume Ongama Mtimka, politologue à l’université Nelson Mandela de Port Elizabeth. Ses attaques contre la commission Zondo sont accueillies avec bienveillance par une frange du parti. « Les débats de cette nature sont toujours bons pour la démocratie », salue Ayanda Dlodlo, actuelle ministre de la Sécurité d’État. Celle qui a servi sous les deux présidents partage les réticences de Zuma vis-à-vis de la commission Zondo : « Je ne suis pas ceux qui la voient comme sacro-sainte », dit-elle avec diplomatie.

« LA COMMISSION ZONDO EST UTILISÉE À DES FINS POLITIQUES ET LE PRÉSIDENT EN PROFITE POUR PRENDRE SA REVANCHE SUR SES OPPOSANTS

Cette imbrication du judiciaire et du politique dérange une partie de l’ANC. « De manière très simplifiée, vous avez une aile qui pense que le pouvoir politique ne doit pas être entravé. C’est le camp du secrétaire général du parti, Ace Magashule, et de l’ancien président, Jacob Zuma. Et vous avez l’autre camp, qui n’est pas sans reproches, mais qui au moins continue à croire que l’état de droit et la Constitution sont importants et que le pouvoir doit avoir des garde-fous », schématise Ongama Mtimka.

Ces divisions ne sont pas seulement exposées par la commission Zondo, elle sont aussi exploitées par Cyril Ramaphosa. Devant le juge Zondo, il joue la carte anti-Zuma. « Nous sommes fiers d’avoir une justice solide et indépendante », insiste-t-il. Protégé par son statut de président en exercice, il n’a pas été mis sous pression lors de son témoignage, en dépit du fait qu’il a été le vice-président de Zuma (de 2014 à 2018). « Ils l’ont laissé livrer sa version des faits et il est resté très vague sur de nombreux sujets », observe André Duvenhage, politologue à la North West University. La commission l’a traité « avec déférence » et « elle a pris des gants », raille Carl Niehaus, membre de l’ANC et proche de Zuma.

Redonner confiance aux militants

Reconnaissant les errements de son parti sans en endosser la responsabilité, Cyril Ramaphosa promet de faire « en sorte que les excès du passé ne se reproduisent pas dans notre pays ». « [La commission Zondo] est utilisée à des fins politiques et Ramaphosa en profite pour prendre sa revanche sur ses opposants », analyse André Duvenhage. Sur Twitter, l’ancien leader démocrate Simon Grindrod exprime un sentiment largement partagé : « La commission n’est rien de moins qu’un exercice de communication pour dépeindre les anciens cadres comme corrompus et l’actuelle direction comme angélique. »

LES MILITANTS ONT PERDU CONFIANCE DANS LEUR PARTI À CAUSE DES SOUPÇONS DE CORRUPTION »

L’opération mains propres vise à redonner confiance aux militants. La base électorale de l’ANC s’érode doucement mais sûrement. Lors des élections locales de 2016, le parti a enregistré ses pires résultats électoraux depuis sa prise de pouvoir en 1994. Pretoria et Johannesburg sont tombées aux mains de l’opposition. « Leurs propres militants sont restés éloignés des bureaux de vote », rappelle Ebrahim Fakir, politologue au Auwal Socio-Economic Research Institute (ASRI) à Johannesburg. Certes, l’ANC reste le parti majoritaire, mais « les militants ont perdu confiance dans leur parti à cause des soupçons de corruption« , ajoute le politologue.

Pour regagner en crédibilité, le Comité national exécutif du parti a activé une « résolution de mise à l’écart ». Tout membre de l’ANC inculpé dans une affaire grave doit se mettre en retrait. Les personnes visées bénéficient d’un délai de 30 jours pour plaider leur cause. Passé cet ultimatum, ils seront exclus. Premier concerné, le secrétaire général de l’ANC. En poste depuis 2017, Ace Magashule est inculpé pour fraude et détournement dans une affaire de contrat public de désamiantage et il s’est bien gardé de démissionner avant l’expiration de l’ultimatum.

Les instances de l’ANC auront mis plusieurs jours avant de décider d’une sanction à l’encontre de l’un de ses membres les plus puissants (il a finalement été suspendu le 5 mai). Auparavant, Jacob Zuma, son mentor, l’avait d’ailleurs récemment reçu dans sa résidence, tout comme l’ancien président Thabo Mbeki. « Le fait que sa mise à l’écart ait été retardée montre qu’il y a des gens qui sont prêts à l’écouter malgré le risque de chaos au sein du parti. La réalité, c’est qu’il a des soutiens », relève le politologue Ebrahim Fakir.

Menaces de scissions et coups bas

« Aujourd’hui, la plus forte opposition au président Ramaphosa vient du clan Magashule », poursuit André Duvenhage. Même suspendu, le secrétaire général représente une faction officieuse qui a pris le nom de RET pour « Réforme radicale de l’économie » (un engagement politique inscrit dans le programme de l’ANC) et qui accuse le chef de l’État d’être trop modéré face aux grands patrons du capitalisme blanc.

« C’est normal d’avoir différents camps au sein d’un parti. Mais le problème de l’ANC, c’est que ces dissensions ont pris tellement d’ampleur que les agendas politiques de chacun prennent le pas sur l’unité du parti », diagnostique Ongama Mtimka.

Cyril Ramaphosa conserve une majorité de soutiens au sein de l’ANC. « Suffisamment en tout cas pour que lui et ses alliés puissent faire évoluer positivement le parti », veut croire Ongama Mtimka. Le chef de l’État reste néanmoins exposé aux coups bas et aux conspirations. Mal élu, avec seulement 51,8% des voix lors du scrutin pour la présidence de l’ANC en 2017, il demeure vulnérable. Sa stratégie de normalisation sera évaluée dès le 27 octobre prochain lors des élections municipales.

Avec Romain Chanson

Afrique du Sud: Ramaphosa à son tour visé par une enquête

juin 12, 2019

 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, qui a promis à maintes reprises d’éradiquer la corruption dans son pays, est visé par une enquête autour d’une contribution électorale que lui a versée une entreprise, ont indiqué mercredi ses services.

La médiatrice Busisiwe Mkhwebane, une juriste indépendante chargée de contrôler notamment les agissements de l’exécutif, le soupçonne de «violations du code d’éthique» imposé aux membres du gouvernement, a précisé la présidence.

Au pouvoir depuis un an et demi, Ramaphosa s’est fait fort de mettre un terme aux scandales politico-financiers qui ont éclaboussé son parti, le Congrès national africain (ANC) au pouvoir, et l’Etat sous le règne de son très controversé prédécesseur Jacob Zuma (2009-2018). Son nom a toutefois été cité l’an dernier devant une commission chargée d’enquêter sur les affaires de corruption de l’ère Zuma. Un dirigeant de l’entreprise de services Bosasa, impliquée dans de nombreux contrats publics suspects, a affirmé avoir contribué à hauteur de 500.000 rands (environ 30.000 euros) à la campagne électorale qui a permis à M. Ramaphosa de prendre la présidence de l’ANC en décembre 2017.

Interpellé au Parlement, le chef de l’Etat a initialement répondu que cette somme avait été versée à son fils Andile, consultant pour Bosasa. Puis il a fait marche arrière en reconnaissant qu’il s’agissait bien d’un don électoral fait, a-t-il assuré, à son insu. L’opposition l’accuse depuis d’avoir délibérément menti et a saisi la médiatrice de l’affaire.

La présidence a indiqué mercredi que Cyril Ramaphosa avait reçu son rapport préliminaire et qu’il y répondrait, ainsi que la loi le lui permet, avant le 21 juin. Ramaphosa a été réélu le mois dernier pour un mandat de cinq ans à la tête de l’Afrique du Sud, après la victoire de l’ANC aux élections législatives le 8 mai.

Par Le Figaro.fr avec AFP

RDC: Cyril Ramaphosa en visite « en visite de travail » à Kinshasa

août 11, 2018

Cyril Ramaphosa (à gauche) et Joseph Kabila à Kinshasa, le 10 août 2018. © DR.PresidencyZA

 

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a rencontré vendredi à Kinshasa son homologue congolais Joseph Kabila, deux jours après le retrait de ce dernier de la course à la présidence de la République démocratique du Congo, a indiqué la présidence congolaise.

Le chef d’État sud-africain a été accueilli par son homologue congolais à la cité de l’Union africaine pour une « visite de travail » à Kinshasa, selon un communiqué conjoint publié à l’issue de cette rencontre.

La télévision publique RTNC a diffusé des images de l’arrivée de Cyril Ramaphosa dans la capitale congolaise, suivie d’un échange d’accolades avec Joseph Kabila.

La visite du président sud-africain intervient 48 heures après que Joseph Kabila, qui ne pouvait pas selon la Constitution se représenter aux élections prévues le 23 décembre, a désigné un dauphin, une première dans l’histoire d’un pays qui n’a jamais connu d’alternance démocratique.

Les deux chefs d’État ont évoqué « l’évolution de la situation politique, électorale et sécuritaire en RDC ainsi que le renforcement des relations entre les deux pays et les questions d’intérêt régional », selon le communiqué.

Cyril Ramaphosa et Joseph Kabila ont pris note des « progrès importants accomplis dans le processus électoral » en cours en RDC.

Nomination du dauphin

Président en exercice de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), Cyril Ramaphosa a félicité le président Kabila d’avoir « honoré sa parole pour le respect de la Constitution » de la RDC, note le document.

Le dirigeant congolais a choisi son ancien ministre de l’Intérieur, Emmanuel Ramazani Shadary comme candidat de la majorité à la prochaine présidentielle.

L’ensemble des organisations et pays impliqués dans la crise congolaise se sont félicités que le président ait « tenu son engagement de respecter la Constitution ».

Mégabarrage d’Inga III

Le deuxième et dernier mandat de Joseph Kabila a pris fin le 20 décembre 2016. Depuis, le président tire sa légitimité d’un accord opposition-majorité parrainé par l’épiscopat congolais, qui acceptait son maintien en échange d’élections au plus tard fin 2017, finalement reportées au 23 décembre.

L’Afrique du Sud est un des principaux partenaires économiques de la RDC sur le continent. Pretoria a notamment signé une option préférentielle pour récupérer 2500 MW du futur mégabarrage congolais d’Inga III.

Les deux chefs d’État ont pris note des « avancées positives dans les négociations » en vue de la finalisation de ce projet, rapporte le communiqué.

Jeuneafrique.com

Afrique du Sud: coup de balai à la tête des entreprises publiques gangrenées par la « corruption »

mai 24, 2018

Johannesburg – Le gouvernement du président sud-africain Cyril Ramaphosa a entériné jeudi des changements à la direction de plusieurs entreprises publiques, profondément endettées et gangrénées par une « corruption généralisée ».

« Actuellement, un nombre d’entreprises publiques connaissent des problèmes financiers, opérationnels et de gouvernance », a déclaré le ministre des Entreprises publiques, Pravin Gordhan, lors d’une conférence de presse au Cap (sud-ouest).

« Cela a des retombées négatives sur l’économie », a-t-il estimé.

« Les mauvais résultats de ces sociétés sont la conséquence d’une corruption généralisée et d’une mauvaise gestion », a-t-il estimé, se disant « déterminé à inverser la situation ».

Le gouvernement a ainsi confirmé la nomination de Phakamani Hadebe comme PDG du géant public de l’électricité Eskom, poste qu’il occupait à titre provisoire depuis quelques mois.

La compagnie nationale, au bord de la faillite, est devenue le symbole de la « capture de l’Etat » reprochée à l’ancien président Jacob Zuma, au coeur de multiples scandales de corruption.

Le gouvernement a également annoncé la nomination d’un nouveau conseil d’administration chez le fabricant d’armes public Denel, le géant des transports Transnet et la compagnie aérienne SA Express.

Cette dernière a notamment conclu un contrat douteux de 5,7 millions de rands (3,9 millions d’euros) avec la société Trillian, liée à la famille Gupta, au coeur des affaires de corruption impliquant l’ancien président.

En février dernier, M. Zuma a été contraint de démissionner sous la pression de son parti, le Congrès national africain (ANC), inquiet de l’impact électoral des accusations qui le visent.

Son successeur à la tête de l’ANC et du pays, Cyril Ramaphosa, a promis de nettoyer l’Afrique du Sud de la corruption.

M. Gordhan a par ailleurs annoncé jeudi la fusion des compagnies aériennes South African Airways, en proie depuis des années à de sérieuses difficultés financières, SA Express et Mango afin notamment de « rationaliser leurs destinations ».

Hasard du calendrier, les 21 avions de SA Express, qui assurent des liaisons nationales et régionales, ont été cloués au sol jeudi, sur décision de l’Autorité sud-africaine de l’aviation civile (Sacaa).

A plusieurs reprises, la compagnie aérienne n’a pas respecté certaines règles, posant de « graves risques en terme de sécurité », a expliqué la Sacaa dans un communiqué.

Le 11 mai, deux avions de SA Express avaient dû se poser d’urgence, selon le journal Mail & Guardian.

En effectuant des changements à la direction d’entreprises publiques, le président Ramaphosa entend lancer un signal fort aux investisseurs et aux agences de notation, qui avaient dégradé l’an dernier la note de l’Afrique du Sud.

Le principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), a salué jeudi « la rapidité » avec laquelle le ministre des Entreprises publiques était intervenu, appelant cependant à modifier « totalement la stratégie » de gestion de ces entités.

Romandie.com avec(©AFP / 24 mai 2018 13h14)                                                        

Afrique du Sud: Ramaphosa veut « panser les plaies » du massacre de Marikana

février 20, 2018

Le Cap – Le nouveau président sud-africain Cyril Ramaphosa s’est dit mardi « déterminé » à « panser les plaies » du massacre de Marikana en 2012, quand la police avait tué 34 employés d’une mine appartenant à la société Lonmin dont il était un administrateur.

« Je voudrais saisir cette opportunité pour aborder le rôle que j’ai joué en tant que l’un des directeurs de Lonmin dans les événements de cette tragique semaine », a déclaré M. Ramaphosa devant le parlement au Cap (sud-ouest).

« Je suis déterminé à jouer le rôle qui m’incombe pour panser les plaies », a ajouté le nouveau président qui a pris ses fonctions la semaine dernière après la démission de Jacob Zuma.

Le 16 août 2012, 34 personnes avaient été tuées à la mine de platine Lonmin de Marikana (nord) par la police qui avait ouvert le feu sur une foule de grévistes brandissant des armes traditionnelles.

Cette fusillade policière, la pire depuis la fin officielle du régime d’apartheid, avait déclenché une violente vague de grèves dans les mines sud-africaines, faisant une soixantaine de morts.

Cyril Ramaphosa, qui était à l’époque membre du conseil d’administration du groupe minier britannique Lonmin, avait été soupçonné d’avoir fait pression pour que la police casse la grève.

Mais il a été blanchi par une commission d’enquête. Ses adversaires continuent cependant de lui reprocher ce massacre.

En 2015, le leader populiste Julius Malema du parti de gauche radicale des Combattants pour la liberté économique (EFF) l’avait accusé d’être un « meurtrier ».

Pendant son intervention devant le parlement mardi, le président Ramaphosa a aussi insisté sur la nécessité de mener à bien une réforme agraire destinée à « panser les plaies » du passé, un sujet au coeur du programme du parti au pouvoir, le Congrès national africain (ANC).

Comme le reste de l’économie sud-africaine, l’agriculture reste largement aux mains des descendants des colons. Les fermiers blancs détiennent 73% des terres, contre 85% à la fin de l’apartheid, selon une récente étude.

« Exproprier sans compenser (les propriétaires) est l’une des mesures qui seront utilisées pour accélérer la redistribution de la terre aux Sud-Africains noirs », a déclaré Cyril Ramaphosa mardi. Mais « nous gérerons ce problème avec responsabilité, (…) d’une manière qui ne portera pas atteinte à l’économie », a-t-il assuré.

« Nous n’autoriserons pas des interventions s’apparentant à du vol » (…). Nous ne ferons pas les erreurs que les autres ont commis », a-t-il encore dit, en référence implicite au Zimbabwe voisin où une réforme agraire controversée lancée dans les années 2000 par le président de l’époque Robert Mugabe a plongé le pays dans une profonde crise économique dont il ne s’est toujours pas relevé.

Le président Ramaphosa a hérité d’un pays à l’économie atone, avec un taux de chômage record (27,7%). Il s’est fixé comme objectifs de relancer la machine économique et de lutter contre la corruption, qui a provoqué la chute de son prédécesseur Jacob Zuma.

Il travaille encore avec les ministres de Jacob Zuma et annoncera une nouvelle équipe gouvernementale « le moment venu », a-t-il précisé mardi.

Sauf surprise, c’est donc l’actuel ministre des Finances Malusi Gigaba, un allié de Jacob Zuma, qui présentera mercredi devant le parlement le budget pour l’année.

Romandie.com avec(©AFP / 20 février 2018 14h23)                                            

Afrique du Sud: le président élu Ramaphosa promet de défaire la corruption

février 15, 2018

Cyril Ramaphosa devant les députés au Cap, le 15 février 2018 / © POOL/AFP / MIKE HUTCHINGS

L’ancien syndicaliste et homme d’affaires Cyril Ramaphosa a officiellement pris jeudi les rênes de l’Afrique du Sud en promettant de faire la guerre à la corruption, qui a terni le règne de neuf ans de son prédécesseur Jacob Zuma.

Seul candidat en lice, le patron du Congrès national africain (ANC) au pouvoir a été élu chef de l’Etat par le Parlement, sans surprise et même sans recours à un vote formel.

« Je déclare l’honorable Cyril Ramaphosa officiellement élu président de la République d’Afrique du Sud », a proclamé le président de la Cour constitutionnelle, Mogoeng Mogoeng, dans un tonnerre d’applaudissements et de chants de victoire.

Sitôt élu, le nouveau chef de l’Etat s’est engagé devant les députés à éradiquer la corruption.

« Ce sont des problèmes auxquels nous allons nous atteler », a promis M. Ramaphosa, « je travaillerai très dur pour essayer de ne pas décevoir le peuple sud-africain ».

Il a indiqué qu’il détaillerait devant les députés certaines de ses propositions en la matière lors de son premier discours sur l’état de la nation, prévu vendredi soir (17h00 GMT).

Comme un symbole, la police a annoncé jeudi avoir lancé un mandat d’arrêt contre l’un des frères de la sulfureuse et jusque-là intouchable famille Gupta, Ajay, recherché dans le cadre d’une des nombreuses affaires dites de « capture de l’Etat ».

La fratrie Gupta est accusée d’avoir mis en place, avec la complicité de l’ancien président et de ses proches, un système de pillage des ressources publiques. Leur luxueuse propriété de Johannesburg a été perquisitionnée mercredi et huit personnes inculpées, a annoncé la police.

– ‘Désaccord’ –

Au terme d’un long bras de fer avec Cyril Ramaphosa, Jacob Zuma a rendu les armes mercredi soir.

« J’ai décidé de démissionner du poste de président de la République avec effet immédiat, même si je suis en désaccord avec la décision de la direction de mon organisation », a-t-il déclaré lors d’une allocution télévisée.

Dès qu’il a pris les rênes de l’ANC en décembre, M. Ramaphosa a tenté d’obtenir un départ en douceur de M. Zuma, convaincu que son maintien au pouvoir conduirait l’ANC à une cuisante défaite aux élections générales de 2019.

Mais il s’est heurté de front au refus du chef de l’Etat, dont le mandat n’expirait que l’an prochain. Jusqu’à ce que l’ANC le menace d’une motion de défiance.

« Je ne suis pas d’accord car il n’y a aucune preuve que j’aie fait quoi que ce soit de mal », s’est défendu, amer, M. Zuma, avant finalement de démissionner.

Sa capitulation a été accueillie par un ouf de soulagement quasi unanime dans une Afrique du Sud épuisée par une fin de règne marquée par l’instabilité politique, la corruption généralisée et des difficultés économiques persistantes.

« C’est la fin d’une période où la plus haute fonction du pays a été détournée en vue d’un pillage généralisé des coffres du pays », s’est réjouie la fondation Nelson Mandela.

Les marchés ont salué jeudi le départ de Jacob Zuma par une hausse de l’indice de la bourse de Johannesburg (jusqu’à +2,7%) et de la devise nationale, le rand, à son plus haut niveau face au dollar depuis trois ans (11.65 R pour 1 USD).

– ‘Imposteur’ –

L’élection de Cyril Ramaphosa « marque la fin d’une période d’incertitudes politique et économique qui a considérablement pesé sur la croissance de l’Afrique du Sud », a résumé l’économiste Raymond Parsons, de la Northwest University.

L’opposition a aussi applaudi l’annonce du départ de Jacob Zuma.

« Toute la nation a été victime depuis plus de dix ans d’un délinquant et d’un imposteur (…), il va rejoindre les poubelles de l’histoire », a raillé Julius Malema, le chef des Combattants pour la liberté économique (EFF, gauche radicale).

Mais M. Malema a refusé d’accorder le bénéfice du doute à son successeur, qu’il a promis de surveiller de « très près ». « Zuma est parti, maintenant je vais m’occuper d’eux », a-t-il lancé.

« Nous n’avons pas un problème avec Jacob Zuma, nous avons un problème avec l’ANC », a renchéri le chef de l’Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane, devant les députés, appelant à la dissolution du Parlement et à des élections anticipées « pour un vrai renouveau » du pays.

La DA et les EFF ont infligé un sérieux revers à l’ANC aux élections locales de 2016 et espèrent le priver l’an prochain de la majorité absolue qu’il détient depuis 1994.

Conscient du danger, M. Ramaphosa a promis de tourner rapidement la page Zuma, assurant à qui voulait l’entendre que l’Afrique du Sud était entrée dans « une nouvelle ère ».

Le défi s’annonce à la hauteur des espoirs placés en lui. « Toute l’Afrique du Sud vous regarde », lui a lancé Hanyani Mangwani, un habitant de Johannesburg interrogé par l’AFP, « nous attendons beaucoup de vous ».

Romandie.com avec(©AFP / 15 février 2018 17h40)