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Sénégal/législatives: l’ex-président Wade empêché de manifester à Dakar

juillet 25, 2017

Dakar – Les forces de l’ordre ont empêché mardi l’ex-président sénégalais Abdoulaye Wade, 91 ans, et ses partisans de se rassembler dans le centre de Dakar, dans un secteur déclaré « zone interdite » par les autorités, faisant notamment usage de gaz lacrymogène.

Abdoulaye Wade, qui a pris la tête d’une liste d’opposition pour les législatives de dimanche, avait appelé à une « marche de réclamation des cartes d’électeurs ».

Celle-ci devait en principe se dérouler sur un itinéraire allant de la place de l’Indépendance au ministère de l’Intérieur, en passant devant le Palais présidentiel.

Mais l’ancien président (2000-2012), rentré au Sénégal pour faire campagne le 10 juillet après plus de deux ans d’absence, a été empêché avec ses partisans de rallier le lieu de rassemblement, dont les accès étaient bloqués par des policiers, munis pour certains de boucliers et de matraques.

« La marche n’a pas eu lieu. Des policiers ou des gendarmes ont barré la voie et nous avons rebroussé chemin, comme nous l’avions prévu », a déclaré à la presse Abdoulaye Wade après la manifestation avortée.

« Ce que nous faisons est dans l’intérêt du pays. Nous prenons nos responsabilités pour que les gens votent et pour faire partir (le président) Macky Sall, qui a détruit le Sénégal », a ajouté M. Wade depuis le quartier résidentiel de Fann, à Dakar, où il réside.

« Je l’invite à un débat mais il ne viendra pas. Il est évident que je serai élu (député) mais ma vocation n’est pas d’être élu ni de redevenir président de la République », a-t-il poursuivi, laissant entendre qu’il ne siégerait pas.

Plusieurs dizaines de partisans d’Abdoulaye Wade qui avaient tenté de s’approcher de la place de l’Indépendance ont été dispersés par des jets de gaz, ont constaté les journalistes de l’AFP, qui ont assisté à l’interpellation d’au moins six d’entre eux.

La manifestation était prévue « dans une zone interdite », avait affirmé auparavant à l’AFP le préfet de Dakar, Serigne Babacar Kâne, se référant à un arrêté du ministère de l’Intérieur de 2011 –sous la présidence d’Abdoulaye Wade– interdisant toute « manifestation à caractère politique » dans ce secteur, notamment pour des raisons de sécurité.

L’ex-président conduit une coalition menée par le Parti démocratique sénégalais (PDS), dont il est toujours le chef.

A cinq jours du scrutin, de nombreuses personnes n’ont pas encore retiré leurs cartes d’électeur dans plusieurs zones du pays et risquent d’être privées de vote, selon l’opposition.

Celle-ci accuse le gouvernement de n’avoir pas produit à temps suffisamment de cartes dans le but de priver de vote ses électeurs.

La moyenne nationale de retrait des cartes d’électeurs est de plus de 70%, a déclaré le ministre de l’Intérieur, Abdoulaye Daouda Diallo. Plus de 6,2 millions d’électeurs sont inscrits, selon les autorités.

Le président Sall a saisi lundi le Conseil constitutionnel pour autoriser les personnes qui n’auront pas retiré leurs cartes d’électeur à voter avec une autre pièce d’identité comme un passeport ou un permis de conduire, mais l’initiative a été rejetée par plusieurs partis et coalitions de l’opposition.

Les législatives sont organisées avec la participation d’un nombre record de 47 listes, contre 24 en 2012. La campagne électorale ouverte le 9 juillet s’achève vendredi.

Le scrutin vise à renouveler l’Assemblée nationale, où le nombre des sièges va passer de 150 à 165, après une révision constitutionnelle créant 15 postes de députés pour représenter la diaspora sénégalaise.

Romandie.com avec(©AFP / 25 juillet 2017 21h23)                                            

Perpétuité confirmée pour l’ex-président tchadien pour crimes contre l’humanité

avril 27, 2017

L’ex-président tchadien Hissène Habré escorté par des gardes lors de son procès en première instance à Dakar le 20 juillet 2015 / © AFP/Archives / SEYLLOU

L’ex-président tchadien Hissène Habré a définitivement été condamné jeudi à la prison à vie pour crimes contre l’humanité, un verdict rendu à l’issue de son procès en appel devant un tribunal spécial africain siégeant à Dakar.

Ce jugement confirme un jugement en première instance rendu en mai 2016 par les Chambres africaines extraordinaires (CAE), créées en vertu d’un accord entre l’Union africaine (UA) et le Sénégal, où M. Habré s’est réfugié après avoir été renversé en décembre 1990 par l’actuel président tchadien Idriss Deby Itno.

Son procès était le premier au monde dans lequel un ancien chef d’Etat est traduit devant une juridiction d’un autre pays pour violations présumées des droits de l’homme.

Une commission d’enquête tchadienne estime le bilan de la répression sous le régime d’Hissène Habré (1982-1990) à quelque 40.000 morts.

Le jugement en appel s’était déroulé en janvier devant une cour présidée par le magistrat malien Wafi Ougadèye, qui a rendu son verdict jeudi.

La Cour d’appel « confirme la décision » sur les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de torture rendue en mai 2016, a déclaré M. Ougadèye.

M. Habré, aujourd’hui âgé de 74 ans, a en revanche été acquitté de l’accusation de viol, une « infirmation partielle (qui) ne change pas » le verdict selon le magistrat.

Hissène Habré purgera sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l’UA.

« Depuis plus de 26 ans, je travaille pour que Habré soit condamné pour les crimes qu’il a commis. Aujourd’hui, je suis enfin en paix », a réagi Souleymane Guengueng, président d’une association de victimes, détenu pendant plus de deux ans par la Direction de la Documentation et de la Sécurité (DDS, police politique du régime Habré).

« J’espère que tous les dictateurs en Afrique ont compris le message – personne n’est au-dessus des lois ! », a ajouté M. Guengueng dans un message électronique transmis à l’AFP.

Une immense victoire

Pour le juriste américain Reed Brody, qui travaille avec les victimes depuis 1999 et a assisté à toutes les étapes du procès depuis son ouverture, la condamnation définitive de M. Habré « représente une immense victoire pour les victimes tchadiennes ».

« Cette décision envoie un message fort : l’époque où les tyrans pouvaient brutaliser leur peuple, piller les richesses de leur pays puis s’enfuir à l’étranger pour profiter d’une vie de luxe, touche à sa fin. Ce jour restera gravé dans l’Histoire comme étant celui où un groupe de survivants déterminés l’a finalement emporté sur leur bourreau », a commenté M. Brody dans le même message.

L’audience s’était ouverte peu après 10H00 (locales et GMT), en l’absence d’Hissène Habré, sans que le président Wafi Ougadèye évoque cet aspect, selon un journaliste de l’AFP.

Peu d’affluence était notée dans la salle d’audience, où étaient cependant présents quelques partisans de M. Habré, des victimes et leurs soutiens, ainsi que des avocats des parties civiles et ceux commis d’office pour la défense.

Le 30 mai 2016, Hissène Habré avait été condamné à la perpétuité pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité, tortures et viols par le tribunal spécial puis, le 29 juillet 2016, à payer jusqu’à 20 millions de francs CFA (plus de 30.000 euros) par victime.

Tout au long du procès en première instance qui s’était ouvert le 20 juillet 2015, Hissène Habré avait refusé de s’exprimer ou d’être représenté devant une juridiction qu’il récuse. La Cour avait donc désigné trois avocats commis d’office pour assurer sa défense.

Ce sont ces trois avocats qui ont fait appel, et non les conseils désignés par lui et qui, selon ses instructions, avaient boycotté les débats. Mais jeudi, le journaliste de l’AFP a vu dans la salle un des avocats embauchés par M. Habré, le Français François Serres.

La défense commise d’office avait réclamé une annulation de sa condamnation, dénonçant notamment des erreurs affectant la validité du verdict rendu en première instance et contestant certaines accusations contre M. Habré.

Les avocats des parties civiles avaient de leur côté réclamé la confirmation du verdict.

Romandie.com avec(©AFP / 27 avril 2017 14h15)

Prestation de serment d’Adama Barrow à Dakar et entrée des troupes sénégalaises en Gambie

janvier 19, 2017

Adama Barrow a prêté serment comme président de Gambie à l’ambassade gambienne à Dakar

Dakar – Le nouveau président gambien Adama Barrow a prêté serment jeudi après-midi à l’ambassade de Gambie au Sénégal, lors d’une cérémonie officielle, après l’expiration du mandat du chef de l’Etat sortant Yahya Jammeh, qui refuse de lui céder le pouvoir.

M. Barrow, tout de blanc vêtu , a prêté serment sur le Coran, peu avant 17H00 (locales et GMT) devant le président de l’Ordre des avocats gambien Sheriff Tambadou, en présence de nombreux responsables d’organisations internationales et régionales ainsi que de ses deux épouses, habillées de la même manière.

L’air humble, le nouveau président a qualifié le moment d' »occasion historique ». « C’est un jour qu’aucun Gambien n’oubliera jamais », a-t-il dit.

« Le drapeau gambien flottera maintenant haut », a-t-il déclaré après cette prestation de serment à l’étranger, une première.

En outre, il a ordonné « au chef d’état-major et aux officiers supérieurs de me montrer leur loyauté en tant que commandant en chef ».

Adama Barrow, 51 ans, a appelé à l’union, au rassemblement et au travail, en promettant de gouverner en pensant à tous les Gambiens, pas seulement à ceux qui ont voté pour lui.

Il a remercié les pays et institutions qui se sont investis pour la résolution de la crise en Gambie, née de la contestation de sa victoire par Yahya Jammeh, arrivé au pouvoir en 1994.

Il a notamment cité les présidents nigérian Muhammadu Buhari, sénégalais Macky Sall, mais aussi la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine et l’ONU.

Parmi les personnalités présentes figuraient le Premier ministre sénégalais Mahammad Boun Abdallah Dionne, le ministre sénégalais des Affaires étrangères Mankeur Ndiaye, le président de la Commission de la Cédéao, Marcel Alain de Souza, l’envoyé spécial de l’ONU en Afrique de l’Ouest Mohamed Ibn Chambas et plusieurs ambassadeurs accrédités à Dakar.

L’ambassade gambienne, située dans le quartier de Yoff, dans le nord de la capitale sénégalaise, est apparue bien étroite pour contenir la foule de Gambiens en exil qui y ont convergé après l’annonce, jeudi dans la journée, de l’investiture de M. Barrow dans ses locaux.

Certains arboraient des T-shirts affichant #GambiaHasDecided » (« La Gambie a choisi »), d’autres brandissant de petits drapeaux gambiens, d’autres dansaient, chantaient.

Urgent

Les troupes sénégalaises sont entrées en Gambie (porte-parole de l’armée)

Un porte-parole de l’armée sénégalaise cité par l’Agence France-Presse a indiqué que les troupes du Sénégal ont pénétré en territoire gambien. Dans une résolution approuvée à l’unanimité cet après-midi, le Conseil de sécurité des Nations unies a apporté son soutien aux initiatives menées par la Cédéao pour pousser le président sortant Yahya Jammeh à quitter le pouvoir.

Gambie: le Conseil de sécurité apporte son soutien unanime aux initiatives de la Cédéao

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a soutenu jeudi à l’unanimité les initiatives menées par la Cédéao pour pousser le président sortant Yahya Jammeh à quitter le pouvoir en Gambie, où des troupes sénégalaises sont entrées peu après ce vote.

Une résolution préparée par le Sénégal a obtenu le soutien des quinze membres du Conseil, y compris celui de la Russie, qui a néanmoins souligné que ce texte n’autorisait pas formellement une intervention militaire en Gambie.

La Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) a entrepris plusieurs démarches auprès de M. Jammeh pour qu’il respecte le résultat des urnes de l’élection du 1er décembre, remportée par Adama Barrow. Mais le président sortant s’accroche au pouvoir, qu’il détient depuis 22 ans.

La résolution appelle le Conseil à apporter « son soutien total à la Cédéao concernant son engagement à assurer, par des moyens politiques avant tout, le respect de la volonté de la population ».

Le texte n’invoque pas le Chapitre 7 de la charte des Nations unies, qui autorise l’utilisation de la force.

Quelques minutes après ce vote, un porte-parole de l’armée sénégalaise a annoncé que des troupes de son pays étaient entrées en Gambie.

Le président gambien élu Adama Barrow a dû prêter serment jeudi matin à l’ambassade de Gambie à Dakar. Il est arrivé au Sénégal le 15 janvier.

L’ambassadeur adjoint russe Petr Iliichev a relevé que la résolution insistait sur une voie politique pour débloquer la situation, et prévenu qu’une action militaire pourrait échouer.

« Pour le moment, il n’y a pas de bain de sang mais s’ils interviennent, qui va en prendre la responsabilité », avait-il indiqué à la presse avant le vote.

Outre le Sénégal qui est passé à l’action, le Nigeria et le Ghana se sont également préparés à intervenir militairement.

Des diplomates onusiens ont relevé que si M. Barrow demandait une action armée en Gambie, la résolution servirait de base légale pour le faire.

« Nous espérons une résolution pacifique de la situation, mais il apparaît très clairement que si le président Barrow demande de l’aide alors c’est quelque chose que, en tant que président légitime de la Gambie, il aura parfaitement le droit de faire », a souligné l’ambassadeur adjoint britannique Peter Wilson.

Romandie.com avec(©AFP / 19 janvier 2017 20h03)

Le nouveau président gambien Adama Barrow prêtera serment à l’ambassade à Dakar à 16H00 GMT (porte-parole)

janvier 19, 2017

Banjul (Gambie) – Le nouveau président gambien Adama Barrow prêtera serment jeudi après-midi à l’ambassade de Gambie au Sénégal, a annoncé son porte-parole, après l’expiration du mandat du chef de l’Etat sortant Yahya Jammeh, qui refuse de lui céder le pouvoir.

La cérémonie « aura lieu à l’ambassade à Dakar à 16H00 » (locales et GMT), a déclaré ce porte-parole, Halifa Sallah, à Banjul. M. Barrow est accueilli depuis le 15 janvier au Sénégal voisin dans l’attente de son investiture, à la demande de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Les organisateurs ont renoncé à tenir la cérémonie dans un stade de la capitale gambienne Banjul en raison du refus de M. Jammeh de céder le pouvoir tant que la justice n’aurait pas statué sur ses recours contre les résultats de l’élection du 1er décembre, officiellement remportée par M. Barrow.

Yahya Jammeh a également saisi la Cour suprême pour obtenir une injonction interdisant à tout représentant de l’autorité judiciaire de participer à la prestation de serment d’Adama Barrow, mais le président de la Cour suprême, Emmanuel Fagbenle, s’est récusé le 16 janvier de l’examen de cette demande, qui a été ajourné sine die.

Romandie.com avec(©AFP / 19 janvier 2017 12h57)             

Procès Habré: le procureur réclame la prison à perpétuité

février 10, 2016

Dakar – Le procureur du tribunal spécial africain qui juge l’ex-président tchadien Hissène Habré à Dakar a réclamé mercredi sa condamnation à l’emprisonnement à perpétuité pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.

Au regard des éléments de preuve, il y a lieu de retenir la culpabilité de Hissène Habré pour les crimes de torture, crimes contre l’humanité et crimes de guerre, a déclaré le procureur spécial Mbacké Fall au terme d’un réquisitoire de près de sept heures. Il a réclamé l’emprisonnement à perpétuité, assorti de la confiscation de tous les biens saisis pendant la procédure.

Hissène Habré mérite une condamnation à la hauteur des crimes dont il est déclaré coupable, a affirmé M. Fall, considérant comme une circonstance aggravante le silence de l’accusé pendant tout le procès, y voyant une lâcheté envers les victimes plutôt qu’une stratégie de défense.

Quelle que soit la peine qui sera prononcée à son encontre, M. Habré aura meilleure fortune que ses victimes, a-t-il ajouté.

Hissène Habré comparaît devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), juridiction créée en vertu d’un accord entre le Sénégal et l’Union africaine (UA), qu’il récuse et devant laquelle il refuse de s’exprimer et de se défendre, une tâche confiée par les CAE à trois avocats commis d’office.

En détention depuis le 30 juin 2013 au Sénégal, où il avait trouvé refuge en décembre 1990 après avoir été renversé par l’actuel président tchadien Idriss Deby Itno, il est poursuivi pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture.

Il encourt jusqu’aux travaux forcés à perpétuité. En cas de condamnation, dont il peut faire appel, l’accusé pourra purger sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l’UA.

Romandie.com avec(©AFP / 10 février 2016 19h14)

Patrice Evra en campagne humanitaire au Sénégal

décembre 26, 2015

Le défenseur international français natif de Dakar (Sénégal), Patrice Evra, a mis à profit la trêve hivernale qu’observe le championnat italien pour venir s’enquérir de l’état d’avancement du projet de protection de l’enfance du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) qu’il finance depuis 2012.

«Je tenais vraiment à venir pendant cette trêve au Sénégal, pour voir ces enfants pendant que certains de mes coéquipiers ont préféré aller à Las Vegas et à Miami. C’est un voyage qui m’a permis de faire un retour au pays natal et de venir prier sur la tombe de mes deux frères disparus», a confié à la presse le joueur de la Juventus Turin (Ligue 1 italienne).

Le centre multi fonctionnel, dont Evra assure une bonne partie du financement, se trouve à Guédiawaye, dans la banlieue de Dakar. Il accueille plus de 500 enfants, garçons et filles. Ce cadre leur offre la possibilité d’être alphabétisés et de retrouver leur famille.

Lors de son séjour, le sociétaire de la Juventus de Turin a passé une matinée au Théâtre national Daniel Sorano avec des jeunes.

L’ancien arrière gauche de Monaco (France) et de Manchester United, finaliste en 2015 de la Ligue des champions avec la Juventus, trouve son engagement humanitaire «plus intéressant que le fait de toujours courir derrière des trophées».

«Chacun a une mission sur cette terre. Avec la maturité, j’ai compris l’importance de m’investir dans ce genre de projet. Et j’ai eu la chance de pouvoir le faire dans mon pays de naissance, et c’est un très grand honneur », a-t-il souligné.

Né à Dakar, il y a 34 ans, Patrice Evra, fils d’un diplomate bissau-guinéen et d’une mère d’origine cap-verdienne, a rejoint très jeune ses parents en Europe.

Apanews.net

 

Habré refuse de comparaître à la reprise de son procès à Dakar

septembre 7, 2015

Dakar – Le président tchadien déchu Hissène Habré a de nouveau refusé de se présenter à la barre lundi, à la reprise de son procès pour crimes contre l’humanité devant un tribunal spécial africain à Dakar après 45 jours d’interruption.

L’audience a rapidement été suspendue par le président de la Cour, le Burkinabè Gberdao Gustave Kam, pour faire comparaître de force l’accusé qui se trouvait au dépôt du tribunal.

L’accusé ne veut pas venir à la salle d’audience, avait annoncé le procureur Mbacké Fall à l’ouverture de l’audience, demandant au tribunal d’user des prérogatives du Code de procédure pénale pour faire comparaître l’accusé.

Comme au premier jour du procès le 20 juillet, un huissier a donc été envoyé à Hissène Habré pour sommation à comparaître immédiatement.

Le procès devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), tribunal spécial créé en vertu d’un accord entre le Sénégal et l’Union africaine (UA), a été ajourné de 45 jours dès le lendemain de son ouverture pour permettre aux avocats commis d’office pour la défense de prendre connaissance du dossier.

L’ex-chef de l’Etat refuse de se défendre devant ce tribunal qu’il récuse et rejette tout contact avec ses trois avocats commis d’office.

En détention depuis deux ans au Sénégal, où il a trouvé refuge en décembre 1990 après avoir été renversé par l’actuel président tchadien Idriss Deby Itno, Hissène Habré est poursuivi pour crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes de torture. Il encourt entre 30 ans de prison ferme et les travaux forcés à perpétuité.
La répression sous son régime (1982-1990), exercée en particulier par la très redoutée Direction de la documentation et de la sécurité (DDS), sa police politique, a fait 40.000 morts, selon les estimations d’une commission d’enquête tchadienne.

Romandie.com avec©AFP / 07 septembre 2015 12h05)

Affaire Habré : le président tchadien Idriss Déby Itno visé par une plainte à Dakar

septembre 3, 2015
Idriss Déby Itno, le président tchadien. © AFP

Idriss Déby Itno, le président tchadien. © AFP

Une plainte contre le président tchadien, Idriss Déby Itno, a été déposée mercredi devant les Chambres africaines extraordinaires, le tribunal spécial africain qui juge à Dakar son prédécesseur, Hissène Habré.

La plainte contre Idriss Déby Itno, déposée mercredi 2 septembre devant les Chambres africaines extraordinaires (CAE), basées à Dakar, accuse le président tchadien de « crimes de génocide, crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures ».

Cependant, il y a de fortes chances pour qu’elle soit jugée irrecevable par le tribunal devant lequel doit reprendre le procès de l’ancien dictateur Hissène Habrè, lundi prochain. En effet, selon l’article 17 alinéa 3 du statut cette juridiction, les poursuites devant les Chambres ne peuvent être initiées que par le Procureur général. De plus, la phase d’instruction est aujourd’hui clôturée et la Chambre d’instruction a été dissoute.

Selon l’avocat des plaignants – des Tchadiens -, Me Mbaye Jacques Ndiaye, Déby est accusé d’actes de torture et d’exécutions de prisonniers de guerre lorsqu’il était dans le maquis, dans les années 1990, juste avant sa prise de pouvoir. « Les Chambres [africaines extraordinaires] sont compétentes pour juger les événements qui se sont déroulés entre 1982 et 1990. Les faits qui sont reprochés au président Déby ont été commis en 1990, en tout cas avant le 1er décembre 1990 [date à laquelle Habré a été renversé, ndrl] », a-t-il déclaré sur RFI.

Accusation de tortures

L’avocat a accusé le président Déby d’avoir « personnellement (…) commis des actes répréhensibles, des actes de torture ». « Il a tué, personnellement, des individus. Ce sont des personnes qui ont été torturées, qui ont été exécutées, brûlées à vif et jetées aux animaux sauvages », a-t-il précisé.

Le procès de Hissène Habré devant les CAE s’était ouvert le 20 juillet, puis avait été ajourné le lendemain jusqu’au 7 septembre, afin de donner le temps aux trois avocats commis d’office de prendre connaissance du dossier, après qu’Habré a récusé son équipe de défense.

OIF : les couacs du sommet de Dakar, une ombre sur la diplomatie africaine de la France

décembre 5, 2014

De g. à dr. : Abdou Diouf, François Hollande et Macky Sall, le 29 novembre à Dakar.
De g. à dr. : Abdou Diouf, François Hollande et Macky Sall, le 29 novembre à Dakar. © AFP

Problèmes de protocole, déclarations de François Hollande jugées humiliantes par certains chefs d’État du continent et surtout, élection d’une non-Africaine à la tête de l’OIF. Retour sur un sommet qui laissera des traces dans les rapports entre l’Afrique et la France.

Il y eut bien sûr les louanges unanimes à l’égard d’Abdou Diouf, qui a engrangé les hommages de ses pairs du début à la fin de l’événement. Mais le XVe sommet de l’OIF qui s’est tenu du 29 au 30 novembre à Dakar, a aussi engendré quelques désagréments parmi les délégations africaines, traditionnellement chouchoutées mais qui, cette année, sont reparties de Dakar non sans amertume.

Premier impair, vis-vis de l’Union africaine (UA). Le jour de l’ouverture, alors que seize chefs d’État ou dignitaires doivent se succéder à la tribune pour y lire leur discours, le président en exercice de l’UA, le Mauritanien Mohamed Ould Abdelaziz, se trouve relégué en deuxième partie de cérémonie, derrière la directrice générale de l’Unesco, la Bulgare Irina Bokova. Froissé, il renonce à son discours.

Mais pour les chefs d’État africains présents à Dakar, la principale fausse note du sommet est venue de trois petites phrases nichées dans le discours de François Hollande :  » […] ce qu’a fait le peuple burkinabè doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir a la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel. Parce que ce sont les peuples qui décident. Ce sont les élections qui permettent de savoir qui est légitime et qui ne l’est pas. »

Mécontentement… en coulisses

S’ils n’en laissent rien paraître officiellement, plusieurs chefs d’État ou de délégation potentiellement visés par l’allusion ne dissimulent pas, en coulisses, leur mécontentement. Congo-Brazzaville, Djibouti, RDC, Guinée-Équatoriale, Rwanda, Tchad, Togo… Le clan des mécontents n’apprécie pas de recevoir cette leçon de gouvernance venue de Paris, a fortiori lors de la session inaugurale d’un sommet couvert par 800 journalistes venus du monde entier.

Fidèle à son franc-parler coutumier, le Rwanda, la ministre des Affaires étrangères rwandaise, Louise Mushikiwabo, lance un pavé dans la mare dès le lendemain, dénonçant sur France 24 un procédé « inélégant ». Loin des caméras, plusieurs délégations africaines viendront lui témoigner leur soutien. « Ça fait deux fois qu’un président français vient humilier l’Afrique sur son sol, à Dakar, tempête un ministre d’Afrique centrale. De quelle légitimité peut se prévaloir un chef d’État dont la cote de popularité dans son pays ne dépasse pas 12% pour venir donner des leçons au continent? » « La réaction de votre ministre est légitime, assurent les représentants d’une autre délégation africaine à leurs homologues rwandais. Mais de notre côté, on n’a pas osé dénoncer ouvertement le discours de Hollande. »

Le discours de François Hollande a également fait tousser l’Ivoirien Alassane Ouattarra, qui a obtenu de changer la résolution du sommet sur la crise au Burkina. « Saluons » la transition est devenu « prenons acte de » la transition. Et la mention de la « charte de la transition », qu’il estimait dangereuse car remettant potentiellement en cause les « institutions », a été supprimée. Quant au mouvement Y’en a marre, hier fer de lance de la fronde anti-Abdoulaye Wade lorsque l’ex-président sénégalais décidait de briguer un troisième mandat au mépris d’une Constitution qu’il avait lui-même fait adopter, il juge le discours présidentiel « déplacé ».

« C’est une tentative de récupération des luttes de libération de la jeunesse africaine, qui, du Sénégal au Burkina, a obtenu gain de cause par ses propres moyens, sans l’aide des grandes chancelleries occidentales, estime Fadel Barro, co-fondateur du mouvement. Nous appelons les jeunes du continent à se détourner de ce genre de discours, qui rappelle celui de François Mitterrand à La Baule, pour se concentrer sur leurs propres luttes. Ce n’est pas l’Occident qui viendra nous sauver. »

« Les jeux étaient faits »

Enfin, parmi le clan des déçus du sommet, les délégations qui soutenaient l’un ou l’autre des quatre candidats africains en lice n’ont guère apprécié de se voir ravir le trône d’Abdou Diouf, jusque-là chasse gardée du continent, par la candidate canadienne. « La France n’a rien fait pour aider l’Afrique à parvenir à un consensus », déplore un candidat malheureux. « Les jeux étaient faits, analyse un ministre d’Afrique centrale. Paris misait sur la division africaine, et les Africains sont tombés dans le panneau. » Alors que certains de ces pays étaient prêts à tenter leur chance au vote, le président français aura pesé de tout son poids pour reconduire une désignation par consensus qui, pour la première fois, s’est retournée contre l’Afrique. « Je trouve surprenant que la France ait laissé ce poste échapper à l’Afrique, analyse le Mauricien Jean Claude de l’Estrac. Et je ne suis pas sûr que cela soit dans son intérêt. »

À l’arrivée, avec une quinzaine de délégations africaines sur vingt-huit froissées, contrariées, voire courroucées, le XVe sommet de l’OIF pourrait bien laisser des séquelles dans la diplomatie africaine de François Hollande.

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Jeuneafrique.com par Mehdi Ba, à Dakar

A Dakar, hommage de François Hollande et Macky Sall aux tirailleurs

novembre 30, 2014

Les présidents sénégalais Macky Sall et français François Hollande ont rendu hommage dimanche aux tirailleurs, soldats africains dans l’armée coloniale française, sur le site où plusieurs dizaines de ces combattants réclamant des arriérés de soldes furent tués il y a 70 ans.

Les deux dirigeants ont inauguré un mémorial au cimetière de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, où les tirailleurs qui s’étaient révoltés pour réclamer des arriérés de soldes furent tués par l’armée coloniale française le 1er décembre 1944. Des chiffres officiels français font état d’au moins 70 morts, mais ce bilan est contesté par plusieurs historiens.

« Les évènements qui ont eu lieu ici en décembre 1944 sont tout simplement épouvantables, insupportables », a déclaré lors de la cérémonie d’hommage M. Hollande, qui a assisté samedi et dimanche au XVe sommet de la Francophonie au Sénégal.

« Je voulais venir ici, à Thiaroye » pour respecter une promesse faite lors d’une visite à Dakar 2012, « je voulais réparer une injustice et saluer la mémoire d’hommes qui portaient l’uniforme français et sur lesquels les Français avaient retourné leurs fusils, car c’est ce qui s’est produit. Ce fut la répression sanglante de Thiaroye », a-t-il ajouté.

Il a évoqué les chiffres évoqués par « les rapports officiels » de l’époque, en reconnaissant qu’ils demeuraient toujours sujet à controverse.

Il a rappelé « la dette de sang qui unit la France à plusieurs pays d’Afrique dont le Sénégal », assurant: « La France n’a pas oublié et n’oubliera jamais ce qu’elle doit à l’Afrique ».

Les tirailleurs formaient une unité de soldats recrutés dans toute l’Afrique occidentale française (AOF) et une partie de l’Afrique équatoriale française (AEF).

« Nos aïeux se sont battus côte à côte » durant les deux Guerres mondiales, « c’est pourquoi c’est encore plus pénible de faire le constat des évènements de Thiaroye », a affirmé le président français.

« C’est la raison pour laquelle j’avais promis la création d’un musée dans ce lieu de mémoire » inauguré vendredi, « j’avais également promis (. . . ) que la France remettrait une copie de l’intégralité des archives sur cette affreuse tragédie de Thiaroye », ce qui a également été fait vendredi, a-t-il ajouté.

Le président Macky Sall a salué l’initiative de la France et M. Hollande pour avoir tenu la promesse faite.

« Nous sommes ici sans ressentiment, je voudrais le dire au nom du peuple sénégalais, pour reconnaître et rappeler notre histoire commune afin que vive la mémoire des tirailleurs et qu’elle soit préservée de l’oubli et de l’usure du temps », a affirmé M. Sall.

Jeuneafrique.com avec AFP