Posts Tagged ‘dakar’

A Dakar, hommage de François Hollande et Macky Sall aux tirailleurs

novembre 30, 2014

Les présidents sénégalais Macky Sall et français François Hollande ont rendu hommage dimanche aux tirailleurs, soldats africains dans l’armée coloniale française, sur le site où plusieurs dizaines de ces combattants réclamant des arriérés de soldes furent tués il y a 70 ans.

Les deux dirigeants ont inauguré un mémorial au cimetière de Thiaroye, dans la banlieue de Dakar, où les tirailleurs qui s’étaient révoltés pour réclamer des arriérés de soldes furent tués par l’armée coloniale française le 1er décembre 1944. Des chiffres officiels français font état d’au moins 70 morts, mais ce bilan est contesté par plusieurs historiens.

« Les évènements qui ont eu lieu ici en décembre 1944 sont tout simplement épouvantables, insupportables », a déclaré lors de la cérémonie d’hommage M. Hollande, qui a assisté samedi et dimanche au XVe sommet de la Francophonie au Sénégal.

« Je voulais venir ici, à Thiaroye » pour respecter une promesse faite lors d’une visite à Dakar 2012, « je voulais réparer une injustice et saluer la mémoire d’hommes qui portaient l’uniforme français et sur lesquels les Français avaient retourné leurs fusils, car c’est ce qui s’est produit. Ce fut la répression sanglante de Thiaroye », a-t-il ajouté.

Il a évoqué les chiffres évoqués par « les rapports officiels » de l’époque, en reconnaissant qu’ils demeuraient toujours sujet à controverse.

Il a rappelé « la dette de sang qui unit la France à plusieurs pays d’Afrique dont le Sénégal », assurant: « La France n’a pas oublié et n’oubliera jamais ce qu’elle doit à l’Afrique ».

Les tirailleurs formaient une unité de soldats recrutés dans toute l’Afrique occidentale française (AOF) et une partie de l’Afrique équatoriale française (AEF).

« Nos aïeux se sont battus côte à côte » durant les deux Guerres mondiales, « c’est pourquoi c’est encore plus pénible de faire le constat des évènements de Thiaroye », a affirmé le président français.

« C’est la raison pour laquelle j’avais promis la création d’un musée dans ce lieu de mémoire » inauguré vendredi, « j’avais également promis (. . . ) que la France remettrait une copie de l’intégralité des archives sur cette affreuse tragédie de Thiaroye », ce qui a également été fait vendredi, a-t-il ajouté.

Le président Macky Sall a salué l’initiative de la France et M. Hollande pour avoir tenu la promesse faite.

« Nous sommes ici sans ressentiment, je voudrais le dire au nom du peuple sénégalais, pour reconnaître et rappeler notre histoire commune afin que vive la mémoire des tirailleurs et qu’elle soit préservée de l’oubli et de l’usure du temps », a affirmé M. Sall.

Jeuneafrique.com avec AFP

François Hollande à Dakar : « Ce qu’a fait le peuple burkinabè doit faire réfléchir « 

novembre 29, 2014

François Hollande, le 29 novembre à Dakar.
François Hollande, le 29 novembre à Dakar. © AFP

Lors de son discours, pendant la cérémonie d’ouverture du Sommet de la Francophonie de Dakar, le président français, François Hollande, a tenu des propos fermes sur le respect des Constitutions. Neuf chefs d’État et de gouvernement se sont succédés à la tribune.

À la tribune, le 29 novembre, devant les chefs d’État présents au Sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) de Dakar, parmi lesquels 19 africains, François Hollande s’est prononcé pour le respect des Constitutions.

Le président français a appelé « au respect des ordres constitutionnels et des aspirations des peuples ». « Là où les règles constitutionnelles sont malmenées (…) là où l’alternance est empêchée, j’affirme, ici, que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver un soutien dans l’espace francophone », a-t-il déclaré.

« Le peuple burkinabè a fait une belle démonstration, a-t-il ajouté. Ce qu’a fait le peuple burkinabè doit faire réfléchir ceux qui veulent se maintenir au pouvoir en violant l’ordre constitutionnel ».

Il a également souhaité une mobilité plus importante des étudiants, entrepreneurs et chercheurs au sein de la francophonie, a insisté sur la nécessité de trouver un accord contraignant sur le climat lors du Sommet de Paris l’année prochaine.

Revenant sur sa visite en Guinée pays touché par Ebola, la veille, il s’est prononcé « l’enfermement » et la « discrimination » et a plaidé pour une poursuite des échanges avec eux. Le Sommet de l’OIF doit adopter une résolution, négociée par les ministres ces derniers jours, appelant à l’ouverture des frontières et lignes aériennes avec les pays touchés par l’épidémie d’Ebola, tout en prenant des mesures de contrôle sanitaire.

Ebola au Mali, « zéro cas d’infection »

Sur ce thème, le président malien, Ibrahim Boubacar Keita, a pour sa part affirmé, à la tribune, que son pays ne connaissait à ce jour « zéro cas d’infection » par le virus Ebola, les récents cas suspects s’étant soldés par une guérison ou des tests négatifs.

Ces discours ont eu lieu lors de la cérémonie d’ouverture du Sommet, dans la matinée du samedi 29 novembre. Se sont succédés à la tribune le président sénégalais Macky Sall, le Congolais Joseph Kabila, le Malien Ibrahim Boubacar Keita, la vice-présidente du Viet-Nam Nguyen Thi Doan, le Français François Hollande, le Premier ministre Canadien Stephen Harper, le Guinéen Alpha Condé, le Premier ministre égyptien Ibrahim Mahlab, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Tchadien Idriss Déby Itno, le prince Albert II de Monaco, le Camerounais Paul Biya et le Gabonais Ali Bongo. Ce dernier a d’ailleurs appelé à la « création d’une zone de libre-échange culturel et économique dans la Francophonie ».

Chaque discours a été ponctué par de vibrants hommages à Abdou Diouf, l’ancien président sénégalais, qui doit quitter le poste de secrétaire général de l’OIF à l’issue du sommet. Le président Macky Sall a d’ailleurs annoncé que le centre où se tient l’événement serait renommé, en son honneur, Centre international de conférence Abdou Diouf (Cicad). C’est lui qui a prononcé le dernier discours de la matinée.

Jeunearique.com par Pierre Boisselet, envoyé spécial à Dakar

OIF : une trentaine de chefs d’État et de gouvernement présents au Sommet de Dakar

novembre 29, 2014

Macky Sall (g) et Abdou Diouf (d), le 21 novembre 2014 à Paris.
Macky Sall (g) et Abdou Diouf (d), le 21 novembre 2014 à Paris. © AFP

Plus de 30 chefs d’État et de gouvernement sont à Dakar pour le XVè Sommet de la Francophonie, les 29 et 30 novembre. Parmi eux, 19 chefs d’État africains ont fait le déplacement vers la capitale sénégalaise.

Les déclarations d’Abdou Diouf et de François Hollande en avaient fait hésiter certains. Le secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) et le président français avaient tous deux insisté, ces dernières semaines, sur le nécessaire respect des constitutions et l’importance de ne pas s’éterniser au pouvoir. Mais au final, très peu de chefs d’Etat africains ont fait le choix de snober le Sommet de Dakar, du 29 au 30 novembre… au risque d’entendre des déclarations qui les agacent.

Au total, 19 chefs d’État africains seront présents. La plupart sont arrivés ce vendredi 28 novembre, comme le président de transition du Burkina Faso, Michel Kafando, qui assistera à son premier grand raout en tant que président. Il doit d’ailleurs s’entretenir en tête-à-tête avec François Hollande samedi dans l’après-midi.

Les chefs d’État concernés par la limite constitutionnelle du nombre de mandats seront présents : le Congolais (Brazzaville) Denis Sassou Nguesso (il soutient la candidature d’Henri Lopes au secrétariat général), son homologue de Kinshasa, Joseph Kabila (président en exercice de la Francophonie pour quelques heures encore), le Béninois Boni Yayi (la Cour consititutionnelle béninoise vient de s’exprimer contre la modification de la Constitution et il a déjà fait savoir qu’il quitterait le pouvoir) ou encore le Burundais Pierre Nkurunziza (qui présente la candidature de Pierre Buyoya). Paul Kagamé, lui, sera représenté par sa ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, mais cette absence était attendue : le président rwandais goûte peu les sommets de ce genre et entretient un rapport ambigü avec la francophonie.

Le président togolais, Faure Gnassingbé, sera aussi présent et doit également s’entretenir avec François Hollande, tout comme le Camerounais Paul Biya.

Le président mauricien, Kailash Purryag, qui soutient la candidature de Jean-Claude de l’Estrac, est pour sa part arrivé dès jeudi.

Parmi les grands absents, on notera celle du Djiboutien Ismaïl Omar Guelleh. La Tunisie, qui est dans l’entre-deux-tours de son élection présidentielle, sera représentée par le chef du gouvernement, Mehdi Jomâa, lequel doit rencontrer François Hollande.

Quant au Liban, il n’a plus de chef d’État. Ce qui n’empêche pas de nombreuses spéculations autour du dernier homme à avoir occupé cette fonction, Michel Sleimane, parfois cité comme possible candidat de dernière minute au poste de secrétaire général depuis qu’il a rencontré François Hollande à l’Élysée, le 27 novembre au soir.
Le suspens autour de l’élection du nouveau secrétaire général est décidément la véritable animation de cette 15è édition de la grand-messe francophone.

Pays membres représentés par leur chef d’État (23) :
Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Congo-Brazzaville, RD Congo, Côte d’Ivoire, France, Gabon, Guinée, Guinée-Bissau, Guinée équatoriale, Madagascar, Mali, Mauritanie, Maurice, Monaco, Niger, Sénégal, Suisse, Tchad, Togo. Le président du Kosovo, non membre de l’OIF, sera aussi présent.

Les membres représentés par leur vice-président (2) :
Comores, Viet-Nam

Pays membres représentés par leur chef de gouvernement (8) :
Belgique, Canada, Djibouti, Egypte, Québec, Nouveau Brunswick, Tunisie, Wallonie

Jeuneafrique.com par Pierre Boisselet, envoyé spécial à Dakar

Hollande à Dakar insiste sur les leçons démocratiques de Tunisie et du Burkina Faso

novembre 29, 2014

Dakar – Le président français François Hollande a cité en exemple samedi, au sommet de la Francophonie à Dakar, les élections en Tunisie et le changement au Burkina Faso, réitérant son avertissement aux dirigeants qui voudraient se maintenir en violant l’ordre constitutionnel.

La Francophonie est soucieuse des règles en démocratie, de la liberté du vote, du respect des lois constitutionnelles et de l’aspiration des peuples, de tous les peuples à des élections libres, a assuré M. Hollande dans un discours devant la trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement réunis dans la capitale sénégalaise.

C’est ce qui vient de se passer en Tunisie, a-t-il poursuivi, saluant ce pays comme une belle illustration et un exemple de réussite du Printemps arabe.

Cette transition doit également servir de leçon: là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, les citoyens de ces pays trouveront toujours dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie, a lancé le président français.

Il a également cité la belle démonstration du peuple burkinabè qui a chassé du pouvoir le président Blaise Compaoré, poussé à la démission le 31 octobre par un soulèvement populaire et la pression de la France.

Ce qu’a fait le peuple burkinabè doit faire réfléchir ceux qui voudraient se maintenir à la tête de leur pays en violant l’ordre constitutionnel, a averti M. Hollande, insistant sur ce thème évoqué à plusieurs reprises ces derniers jours à l’approche du sommet.

Ce pays doit maintenant maîtriser le processus de transition et faire en sorte que des règles puissent être posées et respectées, que la réconciliation vienne, a-t-il dit.

Romandie.com avec(©AFP / 29 novembre 2014 15h49)

La Francophonie réunie à Dakar pour la succession d’Abdou Diouf

novembre 29, 2014

La Francophonie réunie à Dakar pour la succession d'Abdou Diouf
La Francophonie réunie à Dakar pour la succession d’Abdou Diouf © AFP

Plus de 35 chefs d’Etat et de gouvernement se réunissent samedi à Dakar pour désigner un successeur au Sénégalais Abdou Diouf à la tête de la Francophonie, lors d’un sommet dominé par les alternances politiques en Afrique et le péril Ebola.

Les pays membres l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) vont devoir trancher d’ici dimanche entre cinq candidats en lice et aucune tête d’affiche, même si le président français François Hollande a loué avant son départ les qualités de la seule candidate non africaine et seule femme, la Canadienne d’origine haïtienne, Michaelle Jean.

La voix de la France, qui se défend de jouer les faiseurs de rois et veut privilégier le consensus pour désigner le prochain secrétaire général à un moment charnière de l’OIF, pèse malgré tout au sein de l’organisation en sa qualité, notamment, de premier bailleur.

La Francophonie (57 Etats membres, 20 pays observateurs) représente 274 millions de locuteurs dans le monde.

Dirigé pendant douze ans par l’ex-président sénégalais, l’OIF, jusqu’alors connue pour ses missions de coopération dans le développement et de soutien à la langue française, a gagné en poids politique, grâce à la diplomatie d’influence dans les crises africaines pratiquée par M. Diouf auprès de ses anciens pairs.

La candidature de Mme Jean, ex-gouverneure générale du Canada, est très critiquée par certains pays africains représentant l’écrasante majorité des Etats membres et de la population de l’OIF.

Une règle non écrite veut que le secrétaire général soit issu d’un pays du Sud — certains estiment même qu’il doit rester une chasse gardée africaine – et que l’administrateur vienne du Nord.

Pourraient alors avoir leurs chances l’ex-président burundais Pierre Buyoya, l’ex-Premier ministre mauricien Jean-Claude de Lestrac, ou l’écrivain congolais Henri Lopes. L’Equato-Guinéen Agustin Nze Nfumu, a, lui, peu convaincu.

Une candidature de dernière minute est même possible: aucune date limite n’a été fixée, alimentant toutes les spéculations. Les discussions se dérouleront dimanche à huis clos, sans vote.

– Leçon du Burkina Faso? –

L’ouverture du XVe sommet, consacré aux femmes et aux jeunes, va être marquée par la passation de relais entre le président de la République du Congo (RDC), Joseph Kabila, hôte du précédent sommet en 2012, et celui du Sénégal, Macky Sall.

Reporters sans Frontières (RSF) a rappelé vendredi que le régime congolais, déjà accusé voici deux ans par Paris de violer les droits de l’homme, continuait de bafouer la liberté de la presse.

Ce sommet s’ouvre dans un contexte international « perturbé par les menaces récurrentes sur la paix, une crise économique aiguë » et le « péril d’Ebola qui annihile les efforts de développement » des Etats touchés, a résumé mercredi le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye.

Une vingtaine d’artistes d’Afrique de l’Ouest, dont les chanteurs maliens Amadou et Mariam et le rappeur burkinabé Smockey, ont exhorté les chefs d’Etat francophones à apporter une réponse politique à l’épidémie de fièvre hémorragique.

Selon plusieurs responsables gouvernementaux et d’organisations internationales réunis cette semaine à Dakar, la Francophonie devait investir « plus et mieux » dans la santé.

L’Afrique de l’Ouest est en proie à la pire épidémie d’Ebola depuis 38 ans, avec près de 5. 700 morts en presque un an, essentiellement dans trois Etats: Liberia, Sierra Leone et Guinée.

En coulisses, la chute de Blaise Compaoré, au pouvoir au Burkina Faso depuis 1987, épisode inédit qui a donné matière à réflexion à plus d’un chef d’Etat africain, devrait être de toutes les discussions.

François Hollande a donné le ton avant son arrivée à Dakar en exhortant les dirigeants à ne pas s’accrocher au pouvoir comme M. Compaoré, qui avait annoncé un projet de révision constitutionnelle pour lui permettre de briguer un nouveau mandat.

Le président français a estimé lors d’un entretien radio-télévisé vendredi que la destitution du président burkinabé sous la pression populaire pouvait « servir de leçon à beaucoup de chefs d’Etat, et pas seulement en Afrique ».

S’agit-il pour autant des prémices d’un « printemps africain » ? Abdou Diouf, qui se retire ce week-end de la vie publique à 79 ans avec la réputation d’un vieux sage, a dit ne pas « du tout » y croire.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sénégal: un meeting pour le retour à Dakar de l’ex-président Wade interdit

avril 22, 2014
Sénégal: un meeting pour le retour à Dakar de l'ex-président Wade interdit © AFP

Sénégal: un meeting pour le retour à Dakar de l’ex-président Wade interdit © AFP

Un meeting prévu mercredi à Dakar pour le retour au Sénégal de l’ex-président Abdoulaye Wade après 22 mois d’absence du pays a été interdit par les autorités, qui invoquent notamment une « menace de troubles à l’ordre public » dans un arrêté dont l’AFP a obtenu copie mardi.

« Est interdit le meeting programmé par M. Oumar Sarr, coordonnateur national du Parti démocratique sénégalais (PDS, formation de M. Wade, NDLR), prévu le mercredi 23 avril », stipule cet arrêté signé du préfet du département de Dakar, Alyoune Badara Diop.

Le rassemblement devait se tenir de 14H00 à 19H00 locales (et GMT) près du centre-ville, dans la foulée de l’accueil à l’aéroport d’Abdoulaye Wade, qui a dirigé le Sénégal douze ans, de 2000 à 2014.

Le meeting est interdit en raison notamment d’un « risque d’entrave à la libre circulation des personnes et des biens sur un axe routier stratégique » et d’un risque avéré d’infiltration de la manifestation par des individus mal intentionnés », explique l’arrêté signé par le préfet Diop.

Les « motifs » de l’interdiction comprennent aussi un « risque de transformation du meeting en cortège non autorisé sur la voie publique » et une « menace de trouble à l’ordre public », d’après le document, qui menace de sanction toute infraction à ses dispositions.

Le PDS a été informé de l’interdiction du meeting il s’y conformera, tout en faisant « respecter (son) droit », a déclaré à l’AFP un de ses responsables, El Hadji Amadou Sall.

« Ni Wade, ni le PDS ne violeront la loi. On ne violera pas la loi mais on fera respecter notre droit », a affirmé M. Sall.

« On ne fera pas de cortège, pas de meeting, mais personne ne peut interdire aux Sénégalais » qui le souhaitent « de réserver un accueil populaire à Abdoulaye Wade », a-t-il dit.

Abdoulaye Wade, 87 ans, a quitté le pouvoir suite à sa défaite au second tour de l’élection présidentielle, le 25 mars 2012, face à Macky Sall, son ex-Premier ministre devenu son adversaire.

Il avait quitté Dakar en juillet 2012 pour s’installer avec son épouse à Versailles, en région parisienne. Depuis lors, il n’est pas revenu au Sénégal.

Jeuneafrique.com avec AFP

Sénégal: le chef de la police limogé pour être présenté devant la justice

juillet 25, 2013

DAKAR – Le plus haut responsable de la police du Sénégal et ex-chef de la lutte anti-drogue du pays a été relevé de ses fonctions jeudi pour lui permettre de se présenter devant la justice après des accusations de trafic présumé de stupéfiants, a annoncé le gouvernement sénégalais.

Il a été décidé de relever de ses fonctions le directeur général de la police, le commissaire Abdoulaye Niang, pour lui permettre de disposer de tous ses moyens pour se défendre devant la justice, a déclaré le porte-parole du gouvernement, Abdou Latif Coulibaly, également ministre chargé de la Bonne gouvernance

Aucune faute n’a été relevée contre le commissaire Niang mais il aurait été inconvenant qu’un gradé de ce niveau puisse être convoqué par les policiers dans le cadre de l’enquête ouverte par le procureur de la République sur un présumé trafic de drogue dans lequel le commissaire Niang a été cité, a dit M. Coulibaly.

Le commissaire Niang, qui a dirigé pendant de nombreuses années l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), une unité de la police chargée de lutter contre le trafic de drogues, a été remplacé par Mme Anna Sémou Diouf, précédemment coordinatrice du Comité interministériel de lutte contre la drogue.

Cette mesure a été prise à l’issue du conseil des ministres jeudi et après la remise au président sénégalais Macky Sall d’un rapport administratif sur cette affaire qui fait grand bruit au Sénégal.

La presse sénégalaise a publié ces derniers jours des informations attribuées au successeur du commissaire Niang à la tête de l’Ocrtis, le commissaire Cheikh Sadibou Keïta, accusant son prédécesseur d’être mêlé à une affaire de revente de drogues saisies par la police en complicité avec des trafiquants nigérians.

L’enquête administrative avait pour but de déterminer si les allégations contre le commissaire Niang sont fondées, et il est apparu que le commissaire Keïta a porté des allégations mensongères contre le commissaire Niang, a indiqué M. Coulibaly.

Le commissaire Keïta, lui, n’occupe plus de responsabilité dans la police depuis son départ de l’Ocrtis il y a quelques semaines.

Il fera l’objet de mesures conservatoires et de sanctions. Des mesures disciplinaires vont être prises contre toutes les personnes impliquées (dans les accusations contre le commissaire Niang). L’enquête du procureur va continuer, a poursuivi le porte-parole du gouvernement.

Cette affaire a été révélée par le journal privé Le Quotidien, qui a reçu ces derniers jours des appels téléphoniques d’insultes et de menaces de mort. Le groupe de presse possédant ce titre, Avenir Communication, a porté plainte contre X.

Le Sénégal fait généralement figure de modèle en Afrique de l’Ouest, une région de plus en plus utilisée par les narcotrafiquants comme zone de transit dans le trafic de drogues d’Amérique latine vers l’Europe, en s’appuyant sur la faiblesse de certains de ses Etats et du contrôle à leurs frontières.

Selon l’Office des Nations unies contre le trafic de drogue et la criminalité (ONUDC), entre 2005 et 2007, plus de 20 saisies majeures de drogues ont été réalisées en série dans toute l’Afrique de l’Ouest, totalisant des milliers de kilos de cocaïne, avec plus de 11 tonnes pour la seule année 2007.

Ces prises ont eu lieu pour la plupart en mer, pour certaines dans des avions privés ou des caches à terre, avec l’appui déterminant de marines nationales européennes. Toutefois, les grosses saisies y sont devenues rares après 2007, affirme l’ONUDC dans son dernier rapport mondial sur les drogues, publié en février.

Romandie.com avec (©AFP / 25 juillet 2013 21h25)

ALERTE – L’ex-président tchadien Habré inculpé de crimes et incarcéré

juillet 2, 2013

DAKAR – L’ex-président tchadien Hissène Habré a été inculpé mardi à Dakar de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures par des juges du tribunal spécial créé à Dakar pour le juger et sera incarcéré, a appris l’AFP de sources concordantes.

Hissène Habré a été inculpé de crimes de guerre, crimes contre l’humanité et tortures et a été placé sous mandat de dépôt, a affirmé un responsable du tribunal spécial, une information confirmée par des avocats de M. Habré.

Romandie.com avec (©AFP / 02 juillet 2013 18h12)

Sénégal : elle refuse un visa pour la France plutôt que d’être « traitée comme une moins que rien »

juin 21, 2013
Bousso

Bousso Dramé, lauréate du concours d’orthographe de l’Institut français de Dakar. © DR

Bousso Dramé, lauréate du concours d’orthographe organisé par l’Institut français de Dakar, a refusé de participer à un voyage en France pour suivre une formation à laquelle son prix lui donnait droit. Indignée, elle explique son geste et les raisons de sa colère.

C’est le geste symbolique d’une Africaine indignée. En avril, Bousso Dramé remportait le concours d’orthographe organisé par l’Institut français de Dakar dans le cadre de la semaine de la Francophonie. Le 27 juin, en guise de récompense, la lauréate devait se rendre en France pour y suivre une formation en réalisation de films documentaires. Mais au lendemain de l’obtention de son visa, la jeune consultante a décidé de renoncer à séjour en signe de protestation.

Elle s’en explique dans une lettre ouverte adressée au consul général de France et au directeur de l’Institut français, qu’elle vient de publier sur Internet : « Durant mes nombreuses interactions avec, d’une part, certains membres du personnel de l’Institut Français, et, d’autre part, des agents du Consulat de France, j’ai eu à faire face à des attitudes et propos condescendants, insidieux, sournois et vexatoires. »

Le consul général de France à Dakar, Alain Jouret, se dit quant à lui « désolé » d’apprendre la mésaventure de Bousso Dramé, non sans préciser qu’il lui eût semblé préférable de prendre contact avec ses services afin de tirer la situation au clair avant de prendre sa décision.

Jeune Afrique : comment s’est passée la rencontre visant à préparer le voyage ?

On nous a expliqué comment allaient se dérouler le séjour et la formation. Ce qui m’a frappée, c’est que notre interlocutrice formulait avec insistance des recommandations infantilisantes : nous devions bien nous comporter et veiller à véhiculer une bonne image, car nous étions en quelque sorte les représentants de l’Institut français du Sénégal… En substance, elle nous demandait de bien nous tenir pendant ce séjour. Je n’ai pas apprécié cette attitude paternaliste.

L’objet de ce voyage c’est de suivre une formation, pas de faire du tourisme et de profiter de la France.

Y a-t-il eu d’autres réflexions qui vous aient choquée ?

Oui. On nous a précisé que nous allions recevoir un per diem extrêmement généreux, tout en nous mettant en garde : « Faites attention, vous allez être tentés par le shopping, il y a beaucoup de choses à acheter à Paris. Et surtout, gardez-vous de tout dépenser et de laisser une note impayée à l’auberge de jeunesse sinon vous empêcheriez les futurs candidats de bénéficier de cette opportunité ! »

Ensuite, on nous a expliqué que la formation prendrait fin le 11 juillet et que nous rentrerions à Dakar dès le lendemain, sans même une journée de battement. Étant donné que j’ai de la famille et des amis en France, j’ai souhaité étendre mon séjour de trois jours, en prenant tous les frais à ma charge. Je les ai senties très frileuses, prétextant que ce serait impossible, que l’ambassade soupçonnerait que je compte rester en France illégalement. Là aussi, on m’a rétorqué : « Vous savez, personne n’a le profil-type d’un immigré clandestin », ce que j’ai trouvé insultant. « Mademoiselle, l’objet de ce voyage c’est de suivre une formation, pas de faire du tourisme et de profiter de la France », m’a-t-on rétorqué. Il m’a fallu énoncer par écrit que j’étais prête à renoncer au voyage pour obtenir gain de cause.

Pourquoi, dans ce cas, avez-vous annulé votre séjour ?

Lorsque je me suis rendue au consulat de France pour déposer mon dossier de demande de visa, et une autre fois pour récupérer mon passeport, j’ai été reçue par une guichetière extrêmement désagréable. Quand j’ai fini par lui faire remarquer qu’elle ne respectait pas la plus élémentaire courtoisie, elle m’a répondu qu’elle n’était pas payée pour être courtoise ni pour distribuer des sourires. Je lui alors expliqué qu’aujourd’hui, à cause de ce genre d’attitudes, l’image de la France se trouvait écornée en Afrique, particulièrement chez nous. « Que vous me trouviez désagréable ou pas, cela importe très peu », m’a-t-elle répondu. J’étais très en colère et le ton est monté au point qu’un garde sénégalais est même venu m’extirper de la cabine. En quittant l’ambassade, j’ai décidé, le cœur lourd, de renoncer à ce voyage.

Quel message entendez-vous faire passer en prenant cette décision ?

Si le prix à payer pour bénéficier de cette formation est d’être traitée comme une moins que rien, je préfère renoncer à ce privilège dans sa totalité. Subir une telle attitude dans mon propre pays est quelque chose que je ne peux accepter sans réagir. J’ai aussi voulu poser un acte symbolique pour mes frères et soeurs sénégalais qui, tous les jours, se font écraser dans les ambassades de la zone Schengen.

Je veux espérer que ma décision fera réfléchir les autorités consulaires des différents pays qui adoptent ce type d’attitude à l’égard des Sénégalais, nous traitant comme des voleurs ou des clandestins en puissance.

________

Jeuneafrique.com propos recueillis à Dakar par Mehdi Ba

Samuel Sidibé : « Il faudra voir comment réhabiliter les mausolées détruits » du Nord-Mali

septembre 19, 2012
Samuel Sidibé craint que la situation au Nord-Mali ne favorise le pillage des biens culturels. Samuel Sidibé craint que la situation au Nord-Mali ne favorise le pillage des biens culturels. © DR

En marge d’un atelier sur la sensibilisation à la lutte contre le trafic illicite des biens culturels en Afrique de l’Ouest, qui s’est tenu à Dakar du 16 au 19 septembre, le directeur du Musée national du Mali, Samuel Sidibé, a répondu aux questions de Jeune Afrique. Archéologue de formation, il détaille les menaces qui pèsent sur les monuments du nord du Mali, passé sous le contrôle de groupes islamistes armés.

Jeune Afrique : Peut-on évaluer aujourd’hui l’ampleur des dégâts culturels au Nord-Mali ?

Samuel Sidibé : Des groupes islamiques armés occupent toute la région. Ils se sont mis à détruire les monuments au prétexte que leur islamisme serait authentique. Avec le départ de l’administration dans le Nord, on a de plus en plus de difficultés à évaluer exactement la situation. A priori, des situations comme celle qui prévaut sont porteuses d’anarchie et créent des conditions favorables à toutes les activités illicites. C’est cela que nous redoutons le plus aujourd’hui.

Des médiations ont été entreprises pour ramener à la raison les islamistes pilleurs. Qu’en est-il ?

Des médiations ont été faites, plusieurs organisations ont essayé, mais on n’a pas le sentiment aujourd’hui qu’elles ont apporté quelque chose. D’autant qu’en fin de semaine dernière, il y a encore eu des destructions de mausolées au nord de Gao.

Les perspectives de réhabilitation, de restauration ou de reconstruction des monuments détruits sont envisageables.

La restauration des biens détruits est-elle possible ?

Les perspectives de réhabilitation, de restauration ou de reconstruction des monuments détruits sont envisageables. Ce sont des monuments que l’on connaît, ils sont documentés. Il faudra donc voir avec les communautés comment on peut réhabiliter ces monuments ou ces mausolées pour que les populations puissent revenir à une pratique qui est essentielle pour elles.

Peut-on aujourd’hui quantifier ou évaluer le trafic illicite de biens culturels en Afrique ?

Il y a un déficit de ce point de vue. L’importance du trafic illicite s’évalue aujourd’hui à l’importance des objets africains qui sont en Europe. Si vous allez par exemple dans n’importe quel musée en Europe et dans les grandes collections privées, vous trouverez une quantité importante d’objets africains. Le trafic peut s’évaluer aussi à travers le nombre de sites archéologiques qui sont détruits. Car ceux-ci sont pillés par des gens qui exportent illicitement les objets. Mais il n’y a pas de statistiques disponibles là-dessus.

Qui sont ces pilleurs ?

Ce sont d’abord des opérateurs locaux qui sont des antiquaires. Ils payent parfois les gens pour voler ou piller les sites et, après coups, exportent illicitement les objets volés vers l’Europe.

L’époque où les européens venaient directement prospecter en Afrique pour acheter est révolue, à cause des mesures prises contre les pillages. Aujourd’hui, ils mettent en place des réseaux locaux qui peuvent éventuellement les ravitailler.

Jeuneafrique.com propos recueillis par  Nicolas Ly, à Dakar