Posts Tagged ‘Daoukro’

Côte d’Ivoire : Laurent Gbagbo rend visite à Henri Konan Bédié

juillet 11, 2021
Laurent Gbagbo rend visite, samedi 10 juillet 2021, à son ancien rival Henri Konan Bédié.

L’ex-président Laurent Gbagbo, de retour en Côte d’Ivoire depuis la mi-juin, a été chaleureusement accueilli samedi à Daoukro par son ancien rival et prédécesseur, Henri Konan Bédié.

Devant plusieurs centaines de militants et cadres de leur parti, les deux anciens chefs d’État se sont donné une franche accolade avant de faire quelques dizaines de mètres main dans la main, saluant la foule, et de s’asseoir côte à côte pour assister à plusieurs spectacles et discours.

Laurent Gbagbo a ensuite pris la parole, dans un discours d’une trentaine de minutes où il a épinglé le président ivoirien Alassane Ouattara, réélu en 2020 pour un troisième mandat au cours d’une présidentielle boycottée par l’opposition, qui jugeait ce nouveau mandat inconstitutionnel.

« Assumons de faire de la politique ! »

« On peut décider que nous n’avons aucune Constitution et vivre comme ça. Mais si nous avons une Constitution, il faut se battre pour être du côté de la Constitution. Respectez les textes ! » a-t-il lancé. « Est-ce que Laurent Gbagbo peut rencontrer Henri Konan Bédié sans que ça soit de la politique ? Assumons de faire de la politique ! », a également déclaré Laurent Gbagbo à la tribune, sous des applaudissements nourris.

Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié ont longtemps été des rivaux politiques : au moment de l’élection présidentielle de 2010, Henri Konan Bédié avait apporté son soutien à Alassane Ouattara. Laurent Gbagbo avait ensuite été poursuivi par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité au cours des violences post-électorales de 2010-2011. « Il était le véritable donneur d’ordres, à ce titre il devra rendre des comptes », avait alors déclaré Henri Konan Bédié dans un entretien avec Jeune Afrique.

Alliance et réconciliation

Mais depuis, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) d’Henri Konan Bédié est devenu la principale formation d’opposition en 2018. Ce dernier avait rendu visite à Laurent Gbagbo fin juillet 2019 à Bruxelles, où il résidait en liberté conditionnelle en attendant la confirmation de son acquittement devant la CPI. Désormais libre, Laurent Gbagbo est rentré en Côte d’Ivoire le 17 juin dernier et c’est la première fois qu’il rencontre Henri Konan Bédié depuis son retour. « Une marque de réconciliation », a-t-il affirmé.

« Bédié-Gbagbo, unis pour une opposition plus forte » : dix ans plus tard, le mot d’ordre est donc à l’union, à l’image des nombreux t-shirts, pagnes et banderoles des militants présents à Daoukro. Et la perspective d’une alliance entre le PDCI et le Front Populaire Ivoirien (FPI) de Laurent Gbagbo n’est pas à exclure en vue des prochains scrutins nationaux. Ces deux partis s’étaient déjà associés dans de nombreuses circonscriptions aux législatives de mars dernier.

« On ne peut pas l’exclure. C’est une alliance pour le bien de la Côte d’Ivoire, pas contre quelqu’un », assure Antoni Garou, le député-maire pro-Gbagbo d’Ouragahio, qui englobe la circonscription du village de naissance de Laurent Gbagbo, Mama. « Tous les Ivoiriens doivent se parler », a-t-il encore dit, espérant que le président Ouattara recevrait prochainement Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié.

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire : nouvelles violences meurtrières dans le Centre-Est

novembre 11, 2020
Un militaire ivoirien, à Abidjan en avril 2015. Photo d'illustration.

En trois mois, les troubles liés à l’élection présidentielle ivoirienne ont fait une cinquantaine de morts.

Dans le sillage des violences qui ont fait neuf morts à Daoukro et Sikensi (Centre-Est) lundi, des affrontements intercommunautaires ont également éclaté en début de semaine à M’Batto, à 200 km au nord d’Abidjan.

Au moins trois personnes y sont mortes lundi et mardi et 26 autres ont été blessées, selon un porte-parole de la gendarmerie, mais de nombreux habitants de la région évoquent un bilan plus lourd.

« Des renforts déployés »

« Le commandant de la gendarmerie [le général Alexandre Apalo Touré] a échangé avec les différentes communautés en soirée. Les entretiens se poursuivront [ce mercredi], précise le porte-parole de la gendarmerie. La situation est calme, les renforts déployés effectuent des patrouilles dans la ville. » Mi-octobre, des violences entre Agni et Dioula avaient éclaté à Bongouanou, près de M’Batto, faisant déjà au moins deux morts.

Ces nouveaux heurts surviennent alors que des affrontements, entre communautés et parfois avec les forces de l’ordre, ont fait lundi au moins neuf morts et une cinquantaine de blessés dans le centre de la Côte d’Ivoire.

L’opposition, qui avait boycotté l’élection présidentielle du 31 octobre, avait appelé lundi à une nouvelle journée de mobilisation. Ce même jour, le Conseil constitutionnel avait validé la réélection d’Alassane Ouattara à un troisième mandat, avec le score écrasant de 94,27 % des voix.

Plus de 8 000 personnes ont fui le pays

À Daoukro (Centre-Est), fief d’Henri Konan Bédié, l’ancien président devenu opposant, « les affrontements intercommunautaires ont fait six morts et 51 blessés », a déclaré la préfète de région, Solange Aka.

« Une [personne] à été décapitée et une autre est morte brûlée », a-t-elle précisé, indiquant que le blocage des routes rendait difficile l’évacuation des blessés.

À Elibou (Centre), trois personnes ont été tuées dans des affrontements entre des gendarmes et les habitants de plusieurs localités, qui manifestaient en bloquant l’autoroute, selon des témoignages.

Des incidents se sont également déroulés, lundi, à Bouadikro et Bongouanou, fief de l’opposant Pascal Affi N’Guessan, ainsi qu’à Yopougon, dans la commune d’Abidjan.

Les troubles liés à l’élection ont fait une cinquantaine de morts depuis trois mois, dont une dizaine lundi. Plus de 8 000 personnes ont fui la Côte d’Ivoire vers les pays voisins, principalement le Liberia, en raison de ces violences, a rapporté mardi l’Agence des Nations unies pour les réfugiés (HCR).

Par Jeune Afrique avec AFP

Côte d’Ivoire: Présidentielle 2015: le Secrétariat exécutif du PDCI « endosse » l’appel de Daoukro

septembre 24, 2014

Le Secrétariat exécutif du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI, ex-parti unique) a « endossé », mardi à Abidjan, « l’appel de Daoukro » dans lequel, l’ex-Président Henri Konan Bédié a appelé à soutenir la candidature unique du Chef de l’Etat Alassane Ouattara pour le compte du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la présidentielle de 2015.

« Nous avons entièrement endossé l’appel de Daoukro. La preuve personne n’a démissionné du Secrétariat exécutif après cet appel du Président Bédié. Nous venons aussi d’adopter un chronogramme pour parler de l’appel du Président Bédié », a déclaré le porte-parole du PDCI, Kobénan Kouassi Adjoumani au terme d’une réunion du Secrétariat exécutif présidée par le Secrétaire exécutif, Maurice Kakou Guikahué ».

« Nous irons sur le terrain pour expliquer le contenu de cet appel et sensibiliser nos militants », a-t-il ajouté, en soulignant que M. Guikahué rencontre ce mercredi, les élus (Députés, Maires et Présidents de Conseil régionaux). Le jeudi, a-t-il poursuivi, « M. Guikahué échangera avec les délégués du parti ».

L’appel de Daoukro semble diviser fortement l’ex-parti unique. Certains de ses cadres et militants réclament l’application des résolutions du 12è Congrès qui ont recommandé que le parti ait son candidat à la présidentielle de 2015.

« Nous réclamons l’application pure et simple des résolutions du 12è Congrès et non la vente du PDCI », a déclaré à APA Williams Koffi, meneur d’une manifestation dispersée, mardi, devant le siège du PDCI et qui dénonçait la candidature unique au sein du Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP).

Henri Konan Bédié, en appelant à soutenir la candidature unique du Président Ouattara à la prochaine présidentielle pour, dit-il, assurer le succès du RHDP et aboutir à un ‘’ grand parti unifié PDCI-RDR’’, avait rassuré de ne pas « trahir l’esprit » de ces résolutions du 12è Congrès.

Le Chef de l’Etat Alassane Ouattara, grand bénéficiaire, pour l’heure, du futur parti « unifié » proposé par M. Bédié, après une ‘’convention jumelée’’ du PDCI et RDR et en attendant ‘’l’alternance’’ en 2020, pouvait s’en réjouir.

« Je me félicite aussi de la perspective d’un grand parti unifié pour gouverner la Côte d’Ivoire . Ce parti constituera le socle de la stabilité et du renouveau de la Côte d’Ivoire », avait répondu M. Ouattara à son ‘’ aîné’’, soulignant la ‘’même philosophie’’ entre le PDCI et le RDR ».

« Selon le Chef de l’Etat qui bouclait une visite d’Etat de quatre jours dans la région de Iffou (Daoukro), cette alliance intègre les partis ‘’frères’’ de l’Union pour la démocratie et la paix (UDPCI), du Mouvement des Forces d’avenir (MFA) et de l’Union pour la Côte d’Ivoire (UPCI), ‘’membres du RHDP’’, les appelant à y être ‘’non pas pour les élections seulement mais pour toujours’’

Apanews.net

Après l’audience de la direction du FPI à Daoukro, hier, chez Bédié / Miaka Oureto(Secrétaire général et porte-parole): « Nous allons, de manière intelligente, jouer notre partition dans la réconciliation »

juillet 20, 2011

Miaka Oureto, Odette Lorhougnon, Danon Djédjé, Akoun Laurent, tous cadres du Front populaire ivoirien (Fpi), sont arrivés à Daoukro, hier pour rencontrer le président Henri Konan Bédié. A 11h 45`, ils ont été reçus par le président de la conférence des présidents du Rhdp. A leur sortie d`audience, Miaka Oureto, secrétaire général du Fpi, s`est confié à Tci.

Quelles sont les raisons profondes de votre visite aujourd`hui à Daoukro ?

Aujourd`hui, toutes les raisons sont profondes. Notre pays vit une crise des plus terribles et nous sommes en train d`en sortir par la volonté des uns et des autres. Donc nous sommes venus d`abord pour rendre une visite de courtoisie à un de nos doyens, l`ancien président de la République, Henri Konan Bédié. Henri Konan Bédié, c`est une somme d`expérience d`abord dans la gestion de la chose publique et puis du point de vue politique. Et pour nous qui sommes quand même de jeunes formations, eu égard à la situation que traverse notre pays, nous pensons qu`il est de temps en temps indiqué que nous venions vers lui pour qu`ensemble, on discute d`un ensemble de préoccupations. C`est un processus que nous lançons comme ça. Nous avons, au demeurant, en tant que formation politique, demandé une audience au président de la République. C`est pour discuter de la situation du pays. Et puis toutes les personnes qui sont impliquées aujourd`hui dans la crise que traverse notre pays, à savoir le représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, le représentant du Facilitateur, toutes ces personnes-là, nous pensons que le moment est venu de les rencontrer pour qu`on discute parce que c`est en dehors de tout bruit qu`on peut ensemble produire une réflexion qui soit plus constructive que de parler quand il y a le grand public. Donc d`abord, c`est une visite de courtoisie pour que nous discutions ensemble de la situation du pays.

De quoi avez-vous parlé avec le président Bédié ?

Je vous ai parlé de la situation du pays. Il y a d`abord des questions de sécurité. Aujourd`hui, l`Ivoirien que vous êtes, vous tenez votre micro, mais vous êtes quand même habité par la peur. Donc, c`est la question de sécurité qui préoccupe tout le monde aujourd`hui. Nos frères qui vivent chez nous, tous nos partenaires, et je crois que chaque fois que l`occasion est donnée, il faut en discuter pour que notre pays retrouve définitivement la paix et que l`Ivoirien puisse vivre comme il a l`habitude de le faire par le passé. Par le passé, quand nous sommes à l`approche des fêtes, vous savez, bientôt c`est le 51ème anniversaire de l`indépendance de notre pays, les Ivoiriens, on sort, on s`amuse, on dort même souvent au bord de la route sans avoir aucune crainte. Mais aujourd`hui, ce n`est pas le cas. Nous devons travailler jusqu`à ce qu`on arrive à cette situation d`antan.

Donc à la réconciliation nationale ?

Bien sûr. Nous l`avons toujours dit depuis le départ que la réconciliation aujourd`hui nous engage tous. Et nous, en tant que Front populaire ivoirien, nous entendons, de manière intelligente dans la limite de nos possibilités, jouer notre partition.

Avez-vous abordé la question de la libération de l`ex-président de la République, M. Laurent Gbagbo, et son épouse Simone Gbagbo ?

Bien évidemment. Quand nous cherchons la paix et la réconciliation, on ne peut pas en parler sans nous référer à Laurent Gbagbo, ex-président de la République, et à son épouse Simone Gbagbo. Et les cadres du parti dont beaucoup sont en exil aujourd`hui, soit en détention ou ont peur parce qu`ils se disent qu`à tout moment, on peut les arrêter. Il y a des mandats d`arrêts qui sont délivrés. Nous pensons qu`il faut mettre fin à tout cela. Pour que les Ivoiriens que nous sommes, nous puissions nous tenir la main dans la main et aller à cette réconciliation.

Aviez-vous eu l`impression d`avoir eu un écho favorable auprès du président Bédié ?

Le fait que nous soyons venus et que nous avions été reçus, nous estimons que c`est une attitude très positive. Bien évidemment, nous partageons les mêmes préoccupations. Et cela nous réconforte.
Bien évidemment, nous en avons parlé. Ah les journalistes, qu`est-ce qu`ils sont formidables ! Vous m`amenez à vous livrer tout finalement. Oui les prochaines élections, il y a évidemment la question de la Cei. Et nous avons dit au président Bédié que c`est une préoccupation qui nous tient particulièrement à cœur. Parce que la Cei est un cas de jurisprudence. Il y a le cas du Burkina-Faso, leur commission électorale a organisé les présidentielles. Il y a eu des mésententes au terme de ces élections mais ils se sont entendus pour reformer cette Cei. Nous disons qu`aujourd`hui, la Cei comporte 31 membres. On peut considérer que le 31ème membre sera le représentant du président de la République. Il reste 30 membres. Puisqu`il y a deux grands blocs politiques aujourd`hui. Le Rhdp d`un côté et Lmp de l`autre, on fait une division arithmétique pour que chaque camp ait 15 membres. Au niveau de la trésorerie et du secrétariat, on peut s`entendre pour affecter tel poste à telle formation et tel autre à telle formation pour que nous puissions vraiment, sur des bases équilibrées, aller à ces élections. Cela nous paraît d`autant plus important que les membres de la Cei, chacun supervise une région électorale et son point de vue est important. Quand il y a un déséquilibre à ce niveau, la formation qui n`est pas suffisamment représentée, c`est légitimement qu`elle peut avoir des craintes. Nous en avons parlé et nous avons eu une oreille attentive en face de nous. Mais ce ne sont pas des choses qui se règlent sur le-champ. Ce sont des préoccupations que nous avons soulevées et nous pensons que cela a été enregistré.

De Daoukro, quel est votre message pour vos militants ?

Mon message, c`est de dire à mes militants de rester sereins. Notre parti, comme vous le savez, a connu des bouleversements ces derniers temps. Mais nous existons. Et très bientôt, samedi prochain, nous avons un Comité central et je suis convaincu que tous les militants viendront à ce rendez-vous pour qu`ensemble, on réfléchsse aux nouvelles bases pour un nouveau départ de notre parti.

Nouveau Réveil
Propos recueillis par Diarrassouba Sory et De Bouaffo