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21 jeunes meurent mystérieusement dans un bar de fortune en Afrique du Sud

juin 26, 2022
Des enquêteurs, en habits de protection, devant le bar de fortune.

Les policiers étaient nombreux dimanche pour enquêter sur ces morts mystérieuses dans un bar d’Afrique du Sud. Photo : Reuters

Les cadavres de 17 jeunes, sans blessures apparentes, ont été découverts dimanche dans un bar de fortune d’un township d’East London, en Afrique du Sud, a annoncé la police locale qui enquête sur la cause de ces décès de masse.

Quatre autres jeunes qui se trouvaient dans cet établissement sont ensuite décédés à l’hôpital, selon des autorités locales. Le bilan total est de 21 morts.

Une foule de personnes, incluant des parents dont les enfants sont portés disparus, s’est rassemblée devant le bar situé dans un quartier résidentiel pendant que des véhicules mortuaires emmenaient les victimes, selon un journaliste de l’AFP.

De hauts responsables du gouvernement se sont rapidement rendus sur les lieux, dont le ministre de la Police nationale, Bheki Cele, qui a fondu en larmes en sortant de la morgue où les corps ont été déposés.

« C’est une scène terrible à regarder. Ils sont assez jeunes. Quand on vous dit qu’ils ont 13 ans, 14 ans et que vous allez [à la morgue] et que vous les voyez. Ça brise le cœur. »— Une citation de  Bheki Cele, ministre de la Police nationale

Les victimes sont 13 garçons et 8 filles.

Près de la morgue, un couple qui a perdu son fils de 17 ansconfie sa détresse.

Notre fils était là, il est décédé là. Cet enfant, nous ne pensions pas qu’il allait mourir de cette façon, c’était un enfant humble, respectueux, dit sa mère, Ntombizonke Mgangala, à côté de son mari.

Le président Cyril Ramaphosa, qui se trouve en Allemagne pour assister au sommet du G7, a présenté ses condoléances aux familles endeuillées. Il s’est dit préoccupé par les circonstances dans lesquelles ces jeunes se sont réunis dans un lieu qui, à première vue, n’aurait pas dû être accessible à des mineurs.

C’est incroyable, c’est incompréhensible, perdre ainsi 20 jeunes gens, a lâché sous le choc le chef du gouvernement de la province du Cap oriental, Oscar Mabuyane, venu dans la matinée sur les lieux de la tragédie, un simple bâtiment entouré de maisons individuelles.

Des bouteilles d’alcool vides, des perruques et même un ruban violet pastel où est écrit Joyeux anniversaire jonchaient la rue poussiéreuse à l’extérieur de la taverne à deux étages Enyobeni, selon Unathi Binqose, un responsable du gouvernement chargé de la sécurité qui est arrivé sur les lieux à l’aube.

Un père de famille avec un policier.

Plusieurs parents dont les enfants se sont absentés durant la nuit cherchent à savoir s’ils font partie des victimes. Photo : Reuters

Des circonstances mystérieuses

Les victimes ont été découvertes aux premières heures du jour dans un bar de fortune du township de Scenery Park, à East London.

Nous continuons d’enquêter sur les circonstances de ces décès, s’est contenté d’affirmer à l’AFP un porte-parole de la police provinciale, le général Thembinkosi Kinana, sans se risquer à exprimer une hypothèse sur les causes de leur décès.

Un responsable des services de santé provinciaux, Unathi Binqose, a écarté la possibilité d’une bousculade ou d’un mouvement de foule.

Les victimes, a-t-il estimé, étaient vraisemblablement des élèves qui célébraient la fin des examens et de l’année scolaire.

Selon le journal local DispatchLiveles corps sont éparpillés, en travers des tables, sur des chaises et au sol, sans aucun signe apparent de blessure.

Sur les réseaux sociaux, certains évoquaient la possibilité d’une intoxication au gaz ou d’un empoisonnement collectif. Des images non authentifiées montraient des corps allongés sur le sol, sans aucune trace de blessure.

Des dizaines de personnes et des ambulances devant la scène.

Les curieux se sont rapidement rassemblés en grand nombre sur la scène. Photo : Reuters

Les télévisions locales diffusaient en boucle des images de la foule des familles et des badauds rassemblés aux alentours de ce bar d’East London, une ville d’un million d’habitants située sur l’océan Indien, à quelque 700 km au sud de Johannesburg.

De nombreux débits de boissons de fortune – surnommés shebeens ou taverns – sont autorisés ou tolérés dans les townships des grandes villes sud-africaines, ces quartiers défavorisés réservés aux non-Blancs pendant l’apartheid. La réglementation sur l’âge légal pour la consommation d’alcool n’y est pas toujours appliquée.

Les autorités envisagent désormais de revoir la réglementation sur les licences d’alcool dans un pays qui compte parmi les plus grands consommateurs d’alcool du continent.

Par Radio-Canada avec AFP

L’acteur français Jean-Louis Trintignant s’est éteint à 91 ans

juin 17, 2022
Un homme porte une veste noire et une chemise blanche.

Jean-Louis Trintignant au festival de Cannes en 2017 Photo : Getty Images/Pascale Le Segretain

Figure incontournable du cinéma et du théâtre français, l’acteur Jean-Louis Trintignant est décédé vendredi à l’âge de 91 ans, a annoncé à l’AFP son épouse Marianne Hoepfner Trintignant par l’intermédiaire d’un communiqué transmis par son agent.

Il est mort paisiblement, de vieillesse, ce matin, chez lui, dans le Gard, entouré de ses proches, a précisé son épouse.

En près de 70 ans de carrière, il a notamment joué dans Et Dieu… créa la femme, avec Brigitte Bardot en 1956, et dans dans Amour, un film réalisé par Michael Haneke en 2012 et lauréat de nombreux prix. 

Sa vie personnelle a été marquée par un drame : la mort de sa fille Marie Trintignant, tuée en 2003 par son conjoint Bertrand Cantat, du groupe de musique Noir Désir.

Radio-Canada avec les informations de Agence France-Presse

RDC-Derniers hommages : Philippe Masegabio inhumé ce mercredi à la Nécropole 1

juin 7, 2022

Une décoration à titre posthume du poète, Philippe Masegabio, est prévue par le chancelier des Ordres nationaux lors de la cérémonie funéraire à l’Hôpital du cinquantenaire, en matinée du 8 juin, à la suite de la veillée mortuaire organisée à sa résidence, la nuit du 7 au 8 juin.

Philippe Masegabio Nzanzu intervenant lors de la présentation du roman Gahi ou l'affaire autochtone (Adiac)

1 -Philippe Masegabio Nzanzu intervenant lors de la présentation du roman Gahi ou l’affaire autochtone / Adiac

Le Pr Philippe Masegabio Nzanzu est passé de vie à trépas, le 16 mai dernier, soit un mois jour pour jour après sa dernière apparition publique à l’occasion de la présentation du roman « Gahi ou l’affaire autochtone » d’Henri Djombo, le 16 avril. Intervenant à cette occasion, le critique littéraire avait alors salué l’initiative de l’auteur qui contribuait à renforcer le rapprochement des écrivains des deux rives du fleuve Congo à la bibliothèque du Centre Wallonie-Bruxelles.

Docteur en lettres et civilisation françaises formé à l’université Lovanium, l’actuelle Université de Kinshasa (Unikin), enseignant à l’Université pédagogique nationale jusqu’à sa mort, feu Philippe Masegabio était essentiellement poète et critique littéraire. Le monde littéraire congolais en deuil a perdu une de ses ferventes plumes mais aussi un brillant critique littéraire comme en a témoigné le nouvelliste Yoka Lye Mudaba. Il l’avait relevé haut et fort à la présentation du dernier essai critique du défunt, « Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision », qu’il s’était donné le plaisir de réaliser à sa demande, le 11 février 2020. Il en ressort notamment que le poète disparu a guidé ses « premiers pas de critique littéraire en herbe ». Ce, alors qu’il dirigeait la revue « Dombi » qu’il avait créée au sein de l’Office national de recherche et de développement.

Homme politique

Le Pr Yoka se souvient qu’en sa qualité de tout premier président de l’Union des écrivains zaïrois à sa création, en 1972, Masegabio l’a embarqué « dans le tout premier comité comme membre effectif », en dépit de sa fougue de « jeune Turc piaffant d’impatience et d’impertinence ». Et, vice-ministre, ministre de l’Information, puis ministre de la Culture sous le règne du maréchal Mobutu, en 1985-1986, il le «  prépare à rempiler à la tête de la Compagnie du théâtre national, afin d’y ramener la paix et une certaine rationalité managériale ». En tant qu’homme politique, il exerça également les fonctions de député, puis sénateur.Dernier essai critique de Philippe Masegabio, Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision (DR)

2 : Dernier essai critique de Philippe Masegabio, « Tchicaya U Tam’si, le feu et le chant. Une poétique de la dérision » / DR

Engagés dans un projet marquant leur engagement littéraire dans les années 2000, Yoka Lye a renseigné sur le fait qu’il avait été pensé un moyen d’unir les Congo. « Avec Masegabio ainsi que d’autres collègues et amis, nous nourrissions le vœu de construire le pont symbolique sur le Congo à partir de la littérature, et une synergie interactive, avec le pôle artistique et culturel de Lubumbashi, singulièrement de l’Unilu », a-t-il indiqué.

Spécialiste de la sémiologie littéraire et de Tchicaya U Tam’si, c’est dès lors grâce à sa thèse de doctorat défendue en 2014 à l’Unikin, qu’il confie: « j’ai pu, pour ainsi dire, faire davantage la connaissance de Tchicaya U Tam’si et me réconcilier avec sa poésie ».

Masegabio Nzanzu fut lauréat de quelques prix littéraires locaux, notamment la Médaille d’or du Mérite congolais des lettres,  deuxième prix de poésie Sébastien-Ngonso pour « Somme première » (1967), puis premier prix du concours de poésie organisé par le Goethe Institut et la Faculté des lettres de l’université Lovanium pour « Le temps des noces » (1968). Par ailleurs, l’Association internationale des parlements de langue française l’avait fait Commandeur de l’Ordre de la pléiade. La bibliographie de feu Philippe Masegabio, disparu à 77 ans, est essentiellement composée de recueils de poèmes. Parmi ses principales œuvres figurent « Somme première » (Poèmes 1967), « Le Zaïre Ecrit-Anthologie de la poésie zaïroise de langue française« (Horst Erdmann Verlag, 1976), « La Cendre Demeure« (Ed. Lokolé Dombi-Diffusion, 1983), « Fais-moi passer le lac des caïmans » (Dombi-Diffusion, 2006), « Le jour de l’Eternel : chants et méditations » (L’Harmattan, 2009), « Tchicaya U Tam’si : le feu et le chant, une poétique de la dérision » (L’Harmattan, 2017).

Avec Adiac Congo par Nioni Masela

Canada-Décès évitables aux urgences : les médecins-chefs québécois sonnent l’alarme

juin 6, 2022
Des civières alignées à l'urgence de l'hôpital Anna-Laberge

Plus d’un million de patients se retrouvent sur une civière aux urgences chaque année. Photo : Radio-Canada

Une soixantaine de médecins-chefs aux urgences exigent l’ouverture de lits d’hospitalisation plutôt que leur fermeture partielle durant la période estivale. Ils estiment que la qualité des soins est compromise, certains décès seraient même causés par la situation chaotique dans les urgences.

Lors d’une rencontre de presse à la fin du mois d’avril dernier, la sous-ministre adjointe à la Santé, Lucie Opatrny, disait avoir bon espoir que les établissements de santé puissent octroyer les vacances d’été au personnel hospitalier.

Évidemment, il faut aussi contrebalancer ça avec la volonté qu’on a de rehausser les activités pour faire du rattrapage dans tous les différents secteurs où il y a du rattrapage à faire, disait-elle. On pense, par exemple, aux listes d’attente pour une chirurgie.

Mais, alors que les vacances d’été débutent à peine, les chefs médicaux responsables des services d’urgence dans les hôpitaux du Québec expriment leurs inquiétudes de ne pas pouvoir assurer des services sécuritaires pour la période estivale.

On ne peut rester silencieux devant la détérioration fulminante des services rendus dans nos urgences et la pression à laquelle nos équipes font face, écrit la représentante du Regroupement des chefs d’urgence du Québec (RCUQ), la médecin Marie-Maud Couture.

Des constats

Dans une lettre obtenue par Radio-Canada et envoyée ces derniers jours aux PDG des établissements de santé du Québec, l’ensemble des chefs médicaux d’urgence du Québec dressent une série de constats et de suggestions.

Selon eux, il est devenu quotidien que plus de 50 % des civières au permis d’une urgence soient occupées par des patients hospitalisés en attente d’un lit à l’étage [et que] ces patients séjournent plus de 24 à 48 heures à l’urgence, en raison de la congestion hospitalière.

Selon les données disponibles compilées par Radio-Canada, le pourcentage de patients sur civière qui séjournent plus de 24 heures aux urgences est passé d’environ 17 % à l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2018 à près de 22 % l’an dernier.

Depuis le début des vacances dans le milieu de la santé, il y a une semaine, ce taux a oscillé entre 24 % et 32 %.

Plus d’un million de patients se retrouvent sur une civière aux urgences chaque année. Plusieurs nécessiteront une hospitalisation.

De l’avis des chefs d’urgence, l’augmentation des délais d’admission entre les urgences et les unités de soins est associée à un plus grand risque de mortalité et de complications pour les patients.

« Plusieurs décès potentiellement évitables ont été rapportés par les chefs d’urgence au cours des derniers mois, faute d’accès à une civière et aux soins requis par la condition. »— Une citation de  Marie-Maud Couture, représentante du Regroupement des chefs d’urgence du Québec

Un médecin de la région de Montréal qui souhaite qu’on taise son identité abonde dans le même sens. Le fait que des patients âgés restent à l’urgence faute de lits ailleurs accélère clairement la mortalité et la morbidité, affirme-t-il.

Selon la représentante du RCUQ, la médecin Marie-Maud Couture, nos urgences se voient forcées de délaisser leur mission pour devenir des unités de débordement hospitalier. Les patients sur civières refoulent jusque dans les espaces prévus pour la clientèle ambulatoire. Le manque de capacité créé par cette congestion vient même jusqu’à retarder la prise en charge et l’évaluation des nouveaux patients.

Une prise en charge insuffisante

Dans leur missive, les médecins-chefs estiment que la prise en charge des cas non urgents par leurs collègues médecins de famille est insuffisante.

Le fardeau de la réorientation de la clientèle non urgente vers la première ligne pèse lourd sur nos équipes; […] la première ligne n’est pas en mesure de répondre à cette demande, avisent-ils.

Ces derniers considèrent inacceptable que les directions autorisent la fermeture des lits en courte durée pour la période estivale et qu’elles ne [se] sentent pas imputables de l’iniquité d’accès de la population aux services d’urgence.

Il est impératif que les directions générales soient également imputables de cette qualité et sécurité de soins désormais compromises, ajoutent-ils.

Appelé à réagir, le président du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval (SIIIAL-CSQ), Déreck Cyr, rappelle que ses membres vivent depuis des mois des situations d’épuisement à l’urgence de la Cité de la Santé, des TSO (temps supplémentaire obligatoire) fréquents et des arrêts de travail.

Selon lui, une des solutions est de retirer de la responsabilité du personnel de l’urgence les 15 lits de débordement qui se sont ajoutés aux 49 civières au permis de l’urgence.

5 mesures exigées par les chefs des urgences

Nous exigeons que tout établissement dont l’urgence présente une congestion récurrente de ses civières par des patients en attente d’un lit ou par des patients de plus de 24 heures soit contraint aux mesures suivantes, mesures qui seront soumises également au ministre de la Santé :

1. Le déploiement de protocoles de surcapacité aux étages directement proportionnels aux taux d’occupation de l’urgence et basés sur le nombre de lits dressés au permis.

2. Un taux d’occupation de 150 % devrait obligatoirement être associé à un taux d’occupation de 150 % sur les unités de soins.

3. Une notification à l’équipe ministérielle dès l’atteinte de 24 heures pour un patient à l’urgence, avec l’explication des délais associés au séjour du patient à l’urgence, de même que la direction imputable des délais.

4. Le recours aux unités de chirurgies d’un jour, de salle de réveil et de cliniques externes pour accueillir tout patient en situation de débordement et en attente d’un lit à l’étage lors de congestion à l’urgence.

5. Le recours à la surcapacité dans les unités d’hébergement et les milieux de réadaptation pour la clientèle de type NSA (niveau de soins alternatif).La sensibilisation du comité des usagers hospitaliers à la réalité des urgences et l’implication de ces membres dans les comités de fluidité hospitalière. 

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Mort de Jean Lèques, la Nouvelle-Calédonie salue un « homme de paix »

juin 1, 2022
Mort de Jean Leques, la Nouvelle-Caledonie salue un "homme de paix"
Mort de Jean Lèques, la Nouvelle-Calédonie salue un « homme de paix »© AFP/Archives/Claudine WERY

Jean Lèques, emblématique maire de Nouméa de 1986 à 2014, est mort à l’âge de 90 ans, suscitant de nombreux hommages de la classe politique néo-calédonienne envers cet « homme de paix et de conviction », ardent défenseur du maintien de l’île dans la France.

Affaibli depuis plusieurs années, Jean Lèques est décédé « paisiblement » à son domicile, a-t-on appris mercredi auprès de ses proches.

« Jean Léques a consacré sa vie à la #NouvelleCalédonie et en restera à jamais une éminente figure », a tweeté la ministre des Outre-mer, Yaël Braun-Pivet, saluant « la mémoire de ce grand engagé ».

Sonia Lagarde, qui lui a succédé à la mairie de Nouméa en 2014, a salué « avec le plus grand respect » son « engagement » et son « exigence au service de sa ville », tandis que les drapeaux ont été mis en berne à la mairie, au siège du gouvernement, du Congrès et de la Province Sud.

« C’est un géant de la vie politique calédonienne qui nous a quittés », a pour sa part réagi le député Philippe Dunoyer, qui va en conséquence suspendre vendredi et samedi sa campagne pour les législatives.

Dans un communiqué, le gouvernement collégial, dont Jean Lèques fut le premier président de mai 1999 à mars 2001 après la signature de l’accord de Nouméa, a de son côté rendu hommage à « un homme de convictions, d’une grande culture et d’une mémoire hors du commun », qui « vouait une vraie passion à la Nouvelle-Calédonie ».

Retiré de la vie politique depuis 2014, Jean Lèques a été l’un des signataires de cet accord qui organise la décolonisation par étapes de la Nouvelle-Calédonie.

Homme de dialogue, il avait également signé les accords de Matignon, qui ont ramené la paix dans l’archipel du Pacifique Sud en 1988.

Elu pour la première fois en 1967 à l’Assemblée territoriale, Jean Lèques a été réélu dans cette institution, rebaptisée Congrès en 1989, sans discontinuer jusqu’en 2009.

Fervent catholique, ce démocrate chrétien avait d’abord milité à l’Union Calédonienne (UC), progressiste et multiraciale, avant de rejoindre les rangs du Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR, affilié au RPR) en 1978 lorsque l’UC a pris fait et cause pour l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie.

L’un de ses derniers engagements politiques fut la présidence d’un « comité des sages », mis en place par l’ancien Premier ministre Edouard Philippe, pour veiller à la bonne tenue de la campagne du premier référendum sur l’indépendance en 2018. Ce comité a également officié lors des référendums de 2020 et 2021.

Né le 31 août 1931 dans le quartier de la Vallée du Tir à Nouméa qu’il n’a jamais quitté, Jean Lèques, surnommé « Fifils » par tous les Calédoniens, était issu d’une famille présente sur « le Caillou » depuis la fin du XIXe siècle.

Après des études de droit en métropole, ce féru d’histoire américaine avait ouvert une étude de notaire à Nouméa.

Maire honoraire de Nouméa depuis 2014, il avait été élevé au rang de grand officier de la Légion d’honneur par le président de la République Emmanuel Macron, qui lui avait remis cette décoration en mai 2018 lors d’un déplacement à Nouméa

Par Le Point avec AFP

Sénégal : 11 bébés meurent dans l’incendie d’un hôpital de l’Ouest

mai 26, 2022

L’incendie aurait été provoqué par « un court-circuit », ont précisé les autorités. Une enquête a été ouverte afin de faire un état des lieux des hôpitaux.

Une enquete a ete ouverte pour faire la lumiere sur le drame. (illustration)
Une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur le drame. (illustration)© SEYLLOU / AFP

Drame au Sénégal. « Où est Mohamed ? » demande une mère effondrée devant l’hôpital de Tivaouane. La mort de 11 bébés dans l’incendie apparemment accidentel qui a ravagé l’unité néonatale a semé la détresse parmi les proches et la consternation au Sénégal, jeudi 26 mai. L’incendie, qui aurait été provoqué par un court-circuit, selon les premières informations, est le dernier en date à mettre cruellement en lumière les graves carences du système de santé de ce pays pauvre. Il a suscité des promesses de modernisation et d’investigations de la part des autorités, et des appels à la démission dans l’opinion et l’opposition.

Devant l’hôpital Abdoul Aziz Sy Dabakh, une mère tenant à peine debout interpelle un homme, afin qu’il lui dise où est son fils Mohamed, hospitalisé là il y a 10 jours parce qu’il avait « mal au corps », selon son père. « Dieu a pris la meilleure décision », lui répond l’individu, aussitôt repris par le père, Alioune Diouf, un chauffeur de 54 ans. « Tu ne devais pas le lui dire de cette manière », réprimande Alioune Diouf, tandis que sa femme s’écroule.

Mohamed avait été baptisé lundi. Il était le deuxième enfant du couple. Sa mère faisait les allées et venues entre la maison et l’hôpital pour l’allaiter. Son père était venu mercredi apporter ses médicaments. « Les lits me semblaient corrects », se rappelle-t-il. Il a appris l’incendie par les médias. Ce qui s’est produit exactement à l’intérieur de l’enceinte peinte en vert, inaccessible aux journalistes jeudi matin, le niveau de surveillance de cet établissement à la taille et aux moyens relativement modestes restent obscurs.

« Douleur et consternation » du président Macky Sall

Les nouveau-nés étaient réunis dans l’unité néonatale, peut-être dans une même salle, onze ou plus, selon les sources. Des témoignages cités par la presse rapportent des flammes se propageant rapidement aux alentours de 21 heures (heure locale et GMT) à l’étage d’un bâtiment et même des explosions de bonbonnes dissuadant d’intervenir.

L’incendie a été causé par « un court-circuit et le feu s’est propagé très vite », a dit le maire, Demba Diop. Des témoins ainsi que le maire ont indiqué qu’un certain nombre de bébés avaient été sauvés des flammes. Mais onze n’ont pas survécu, selon le ministre de la Santé, Abdoulaye Diouf Sarr, et le président Macky Sall lui-même, qui a tweeté sa « douleur et (sa) consternation » ainsi que sa « profonde compassion » pour les proches.

Cheikh Coundoul s’est déplacé quand il a appris qu’un incendie s’était déclaré à l’hôpital où sa nièce avait laissé son bébé. « On n’a trouvé personne à qui parler. C’est quand beaucoup de parents ont commencé à se plaindre que la directrice nous a annoncé que notre bébé avait été consumé par le feu », raconte-t-il. Jeudi matin, il n’avait pas pu récupérer la dépouille. On lui a « dit que c’est impossible parce qu’une enquête est ouverte et qu’il appartient au procureur de prendre des décisions ». Les personnalités se sont succédé sur place dans la nuit. La cité d’environ 40 000 habitants est le fief des Tidianes, l’une des importantes confréries musulmanes qui jouent un rôle social essentiel au Sénégal, et son chef a lui aussi envoyé son représentant sur place.

Des incidents en série depuis 2021

Le président, en déplacement à l’étranger, a dépêché son ministre de l’Intérieur, Antoine Diome. « Le président nous a donné pour instruction d’ouvrir une enquête. Il nous a demandé de faire un état des lieux des besoins en équipement pour les services s’occupant des nouveau-nés, ici, à Tivaouane, et dans tous les hôpitaux du pays », a-t-il dit. Le khalife général des Tidianes, Serigne Babacar Sy Mansour, déplorait déjà il y a plusieurs mois l’état de l’hôpital et réclamait le relèvement du plateau médical.

La colère grondait dans une petite foule de femmes anonymes devant l’hôpital. « C’est de la négligence. Laisser les enfants sans personne pour les surveiller et on dit que c’est Dieu qui l’a voulu. Une mère prend la précaution de confier son enfant à quelqu’un, même quand elle va aux toilettes », vitupérait l’une d’elles, tandis qu’un homme d’une cinquante d’années invoquait « la volonté divine ».

Ces griefs sont souvent entendus, ces derniers mois, après une série d’événements tragiques. Quatre nouveau-nés avaient succombé en 2021 dans l’incendie d’une maternité à Linguère (Nord). Le 1er avril, Astou Sokhna, une femme d’une trentaine d’années enceinte de neuf mois, est morte à l’hôpital public de Louga (Nord) après avoir – selon ses proches – vainement attendu dans de très grandes souffrances et pendant une vingtaine d’heures la césarienne qu’elle réclamait.

Le patron de l’OMS dit avoir « le cœur plus que brisé »

« J’espère que cette fois les sanctions frapperont le sommet d’un système globalement défaillant » sans attendre que soient passées les législatives de juillet, a tweeté l’ancien Premier ministre, Abdoul Mbaye.

« Encore des bébés brûlés dans un hôpital public. C’est inacceptable Macky Sall », a tweeté le député de l’opposition Mamadou Lamine Diallo. « Tout le Sénégal est atterré », s’est ému la coalition d’opposition Yewwi Askan Wi. Ce dernier a dit attendre que toute la lumière soit faite sur ce qui s’est passé. Par ailleurs, il a annoncé suspendre toute activité politique dans le pays pendant 72 heures. Le chef de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a tweeté avoir « le cœur plus que brisé ».

Par Le Point avec AFP

Cannes 2022 : décès de l’acteur Ahmed Benaissa, « monument » culturel en Algérie

mai 22, 2022

L’acteur et metteur en scène Ahmed Benaissa, considéré comme une grande figure du théâtre et du cinéma algérien, était à l’affiche du film « Goutte d’Or ».

Ahmed Benaïssa lors d’une répétition de la pièce « Meursault » , le 20 juillet 2015 à Avignon. © AFP ARCHIVES

Dans un message à la famille du défunt publié le 20 mai sur Facebook, la ministre de la Culture et des Arts, Soraya Mouloudji, a regretté la perte d’un « monument » de la culture algérienne qui laissera « une empreinte indélébile dans le monde du cinéma et du théâtre algérien ».

Il est décédé vendredi à Cannes, avant la projection du film « Goutte d’or » de Clément Cogitore, dans le cadre de la semaine de la critique. « Foudroyé par un malaise », il sera rapatrié et inhumé en Algérie, selon son fils, a indiqué l’agence officielle algérienne APS.

Le célèbre écrivain algérien Kamel Daoud lui a rendu un hommage appuyé sur Twitter : « Une belle âme, un grand acteur, un homme sans haine et au talent immense », en soulignant qu’Ahmed Benaissa participait au « tournage du film Meursault contre enquête (inspiré du roman éponyme de M. Daoud, ndlr) pour l’un des deux rôles principaux ».

Riche carrière

Né en 1944 à Alger, Ahmed Benaïssa a eu une des carrières les plus riches du théâtre et du cinéma algériens, collaborant avec de nombreux réalisateurs comme Merzak Allouache ou encore Rachid Bouchareb. Comédien reconnu pour son talent exceptionnel, il avait mené de nombreux projets sur les planches du théâtre à Alger et à Oran.

Ahmed Benaissa avait dirigé le théâtre régional de Sidi Bel Abbes, non loin d’Oran, pendant la décennie noire qu’a subie le pays entre 1992 et 2002.

Par Jeune Afrique avec AFP

Le compositeur grec Vangelis est mort

mai 19, 2022
L'artiste pose, pensif, devant une console de son.

Pionnier de la musique électronique, Vangelis s’est surtout fait connaître pour ses bandes-son de films populaires. Photo : Page Facebook de Vangelis

Le compositeur grec Vangelis, qui a notamment signé la musique des films Les chariots de feuBlade Runner et 1492 : Christophe Colomb est décédé à l’âge de 79 ans, selon ce qu’a annoncé jeudi l’agence de presse Athens News Agency.

C’est avec une grande tristesse que nous annonçons que le grand Grec Vangelis Papathanassiou est décédé tard dans la nuit du 17 mai, a annoncé son avocat dans un communiqué.

Les causes de son décès n’ont pas été précisées, mais selon plusieurs médias grecs, le compositeur serait décédé de la COVID-19 en France, où il partageait son temps avec Londres et Athènes.

Pionnier de la musique électronique, cet autodidacte avait trouvé son inspiration dans l’exploration spatiale, la nature, l’architecture futuriste, le Nouveau Testament et le mouvement étudiant de mai 1968.

« Sa maîtrise et son inspiration orageuse dans la création de sons, totalement originales, ont créé un public mondia. Il était oecuménique. »— Une citation de  Lina Mendoni, ministre grecque de la Culture

Sa bande originale pour Les chariots de feu a été oscarisée face à la musique de John Williams réalisée pour le premier film d’Indiana Jones, en 1982. Parmi la douzaine de trames sonores qu’il a composées figurent également celles du film de Costa-Gavras Porté disparu (Missing), de Lunes de fiel, de Roman Polanski, et d’Alexandre, d’Oliver Stone.

Il a également écrit des musiques pour le théâtre et le ballet, ainsi que l’hymne de la coupe du monde FIFA en 2002.

Un prodige qui n’a jamais étudié la musique

Evangelos Odysseas Papathanassiou est né en 1943 dans le village d’Agria près de Volos. Enfant prodige, il a donné son premier concert de piano à l’âge de 6 ans, sans avoir vraiment pris de cours.

Je n’ai jamais étudié la musique, a-t-il confié au magazine grec Periodiko en 1988 déplorant également l’exploitation croissante imposée par les studios et les médias.

Tu peux vendre un million de disques et avoir l’impression que c’est un échec. Ou tu peux ne rien vendre du tout et te sentir très heureux, avait-il dit.

Après avoir étudié la peinture à l’Ecole des Beaux-arts d’Athènes, Vangelis a rejoint le groupe de rock grec The Forminx dans les années 60. Leur succès a été stoppé net par la junte militaire en 1967 qui a mis un frein à la liberté d’expression.

Essayant de rejoindre le Royaume-Uni, il s’est retrouvé bloqué à Paris lors du mouvement étudiant de mai 1968, et avec deux autres exilés grecs, Demis Roussos et Lucas Sideras, il a formé le groupe de rock progressif Aphrodite’s Child. Le groupe a vendu des millions de disques avec des succès tels que Rain and Tears avant de se dissoudre en 1972.

Relocalisé à Londres en 1974, Vangelis a créé les studios Nemo, un laboratoire du son où il a produit la plupart de ses albums.

Une fascination pour l’espace

Vangelis, qui a eu une planète renommée à son nom en 1995, avait une fascination pour l’espace. Chaque planète chante, avait-il déclaré au Los Angeles Times en 2019.

En 1980 il a participé à la musique du documentaire scientifique Cosmos, récompensé par le prix Carla Sagan. Il a aussi écrit la musique pour la NASA de l’Odyssée sur Mars en 2001 et des missions Junon Jupiter en 2011, et a été inspiré dans un album sélectionné aux prix Grammys par la mission de la sonde spatiale Rosetta en 2016.

En 2018, il a composé un morceau pour les funérailles du scientifique Stephen Hawking qui mentionnait les derniers mots du professeur célèbre.

Vangelis a reçu le prix de musique de film Max Steiner, la Légion d’honneur en France, la médaille du service public de la NASA et la plus haute distinction grecque, l’Ordre du Phénix.

Vangelis Papathanassiou n’est plus parmi nous, a écrit le premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, sur Twitter jeudi. Ce dernier a aussi souligné que le deuxième prénom de Vangelis était Ulysse. Pour nous, en Grèce, cela signifie qu’il a commencé son grand voyage sur les chariots de feu. De là, il nous enverra toujours ses notes.

Radio-Canada par Le Point avec les informations de Agence France-Presse et Reuters

Canada -Québec-Décès en CHSLD : la coroner écorche des médecins et une PDG de CIUSSS, et épargne Blais

mai 16, 2022

Le directeur de santé publique doit être indépendant du politique, plaide la coroner Kamel, qui écorche sinon la PDG du CIUSSS dont relevait Herron ainsi que des médecins pour leur recours fréquent à la télémédecine, dans son rapport obtenu par Radio-Canada.

La façade du CHSLD Herron, à Dorval.

Des gerbes de fleurs ont été déposées devant le CHSLD Herron. Photo: Radio-Canada/Ivanoh Demers

Lors de son allocution d’ouverture, en février 2021, pour l’enquête publique sur certains des décès survenus dans des CHSLD durant la pandémie de COVID-19, la coroner Géhane Kamel s’était fait la promesse « de formuler des recommandations dans le but d’éviter d’autres décès ».

Après avoir recueilli 220 témoignages factuels et consulté des dizaines de documents, la coroner en formule deux douzaines, tant au gouvernement du Québec qu’au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS), aux CISSS et CIUSSS qu’au Collège des médecins du Québec (voir l’encadré plus bas).

La coroner retient d’abord comme leçon de la pandémie que le directeur national de santé publique doit disposer d’une réelle indépendance par rapport au pouvoir, ce qui ne serait pas le cas, estime-t-elle, puisque c’est à titre de sous-ministre qu’Horacio Arruda et Luc Boileau ont tour à tour occupé le poste.

Une de ses premières recommandations, contenue dans le rapport d’enquête dont Radio-Canada a obtenu copie, vise donc à revoir le rôle du directeur national de santé publique afin que ses fonctions soient exercées en toute indépendance et sans contrainte politique.

De l’avis de la coroner, ces deux rôles sont distincts et ne sont peut-être pas compatibles.

Elle en veut pour exemple certaines consignes de la santé publique, en début de pandémie, notamment sur le port du masque qui n’était pas obligatoire en CHSLD.

Son avis aurait-il été le même s’il [Horacio Arruda] n’avait pas eu à s’inquiéter d’une éventuelle rupture de stock? J’ai tendance à croire que non. De là, à mon humble avis, le danger de porter deux chapeaux.François Legault et Horacio Arruda lors d'une conférence de presse.

François Legault et Horacio Arruda lors d’une conférence de presse. Photo : La Presse Canadienne/Jacques Boissinot

Reprenant l’expression chère à l’ex-directeur de santé publique Horacio Arruda sur l’avion qui se bâtissait en plein vol, la coroner affirme qu’un plan de vol, un radar ou d’autres instruments de vol, donnant des informations en temps réel, auraient dû être une priorité absolue [avec] une veille scientifique internationale digne de ce nom.

Dans son rapport, la coroner note également, à plusieurs reprises, l’absence des médecins en CHSLD, les premières semaines de la pandémie, et leur recours fréquent à la téléconsultation.

« Pour un coroner, que de nombreux résidents soient décédés sans avoir eu droit à une visite d’un médecin durant leur ultime maladie est non seulement triste, mais inquiétant. »— Une citation de  Coroner Géhane Kamel

Selon elle, « il est difficilement concevable que des décisions de vie ou de mort aient pu être prises sur la foi d’un relais téléphonique uniquement ».

Des médecins s’étaient par la suite portés volontaires dans les CHSLD, à la mi-avril 2020, après un appel à l’aide du premier ministre.

La coroner en fait une recommandation au Collège des médecins afin de revoir les pratiques médicales individuelles des médecins traitants des CHSLD Herron, des Moulins et Sainte-Dorothée, notamment quant à leur décision de poursuivre les soins en téléconsultation malgré le besoin de soutien et le très grand nombre de décès.

Cette recommandation pourrait ouvrir la porte à d’éventuelles fautes déontologiques pour certains médecins.

La coroner recommande également aux établissements de santé de resserrer l’encadrement nécessaire justifiant le recours aux protocoles de détresse et à la sédation palliative dans un contexte de soins aigus.

Radio-Canada avait fait état en février des dosages potentiellement excessifs liés à des protocoles de détresse respiratoire pour des patients atteints de la COVID-19.La ministre Marguerite Blais en conférence de presse.

La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais Photo : Radio-Canada/Sylvain Roy Roussel

Marguerite Blais épargnée

Un des témoignages attendus durant les audiences fut celui de la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

Son témoignage est sans doute celui qui nous a permis de mieux cerner la date à laquelle tous ont vraiment pris la mesure de la crise à venir, soit autour du 9 mars 2020, estime la coroner Kamel. « C’est le témoignage le plus crédible malgré le discours formaté pour la présente enquête. »

Avant le 9 mars, l’implication de la ministre dans la gestion de crise est anecdotique […] une fois mise dans la boucle, l’apport de la ministre et de sa sous-ministre est indéniable, ajoute-t-elle.

Lors de la première vague, près des deux tiers des 5688 décès liés à la COVID-19 avaient eu lieu en CHSLD. La mise au jour par le journaliste de la Gazette Aaron Derfel des nombreux décès au CHSLD privé Herron, le 10 avril, a soulevé l’indignation populaire et mené au déclenchement d’une enquête publique de la coroner.

La PDG du CIUSSS de l’Ouest de Montréal écorchée

À quelques reprises dans le rapport, la PDG du CIUSSS de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal, Lynne McVey, est pointée du doigt pour sa gestion du CHSLD Herron.

La coroner qualifie, par exemple, de disgracieux les reproches de la PDG aux propriétaires du CHSLD d’avoir transféré des résidents en centre hospitalier « alors même que, dans l’urgence, ce geste était le plus sensé si l’on voulait que ces résidents aient une chance de s’en sortir ».

Elle rappelle la désorganisation de l’équipe de gestionnaires du CIUSSS et souligne que la grande majorité des décès se sont produits alors que le CIUSSS assumait déjà la gestion du CHSLD.

La coroner recommande au MSSS qu’il assure une plus grande imputabilité des gestionnaires des CISSS/CIUSSS et du MSSS.

Elle recommande de convertir rapidement les CHSLD privés en CHSLD privés conventionnés afin d’en améliorer le financement.

Le gouvernement Legault jongle avec l’idée depuis plus de deux ans.

Pas de commission d’enquête, mais…

Au fil des audiences de la coroner et des révélations dans les médias, les trois partis d’opposition ont réclamé en bloc en 2021 au gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) la tenue d’une commission d’enquête publique indépendante sur la gestion de la pandémie dans les CHSLD.

La coroner n’en fait pas une recommandation comme telle, mais invite le gouvernement, dans sa conclusion, à faire une rétrospective des événements par le véhicule qu’il jugera approprié portant, entre autres choses, sur la hiérarchisation des décisions, sur l’agilité du système de santé en temps de crise, sur la compréhension et l’exécution des responsabilités au sein des ministères de la Santé, des Aînés et des Proches aidants ainsi qu’au sein des CIUSSS et CISSS.

Un passage dans le rapport salue d’ailleurs le travail local du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec qui a joint chacune des 44 familles touchées par le décès d’un proche au CHSLD Laflèche pour leur offrir soutien et condoléances.

Revoir la formation des infirmières

Autre recommandation au MSSS, revoir les formations techniques afin que les infirmières en CHSLD et, le cas échéant, les infirmières auxiliaires soient en mesure d’effectuer les techniques nécessaires aux soins de base (soins respiratoires, accès veineux et sous-cutanés, utilisation des pompes volumétriques, etc.).

Cette recommandation n’est pas sans rappeler la volonté de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) pour que les prochaines générations de professionnelles en soins obtiennent obligatoirement un diplôme universitaire.

Les 23 recommandations de la coroner Géhane Kamel

Que le gouvernement du Québec :

  • revoie le rôle du directeur national de santé publique afin que ses fonctions soient exercées en toute indépendance et sans contrainte politique;
  • évalue la possibilité de mettre en place un service civique volontaire d’urgence qui serait chapeauté par le ministère de la Sécurité publique, tout comme cela se voit parfois en cas de catastrophe naturelle;
  • revoie rapidement l’offre de service de nos aînés en convertissant tous les CHSLD privés en CHSLD privés conventionnés;
  • augmente l’offre de service pour le maintien à domicile de nos aînés;
  • s’assure d’une politique inclusive en temps de crise pour permettre qu’au moins deux proches aidants puissent visiter la personne hébergée de façon sécuritaire;
  • implante des ratios sécuritaires professionnels en soins/résidents dans les CHSLD;
  • rehausse, lorsque requis, le nombre de gestionnaires en CHSLD pour s’assurer de couvrir tous les quarts de travail (pouvoirs délégués de soir et de nuit);
  • prévoie des discussions avec les instances syndicales afin de revoir ou d’ajouter, le cas échéant, des clauses de convention collective permettant une disponibilité et un délestage accrus du personnel lors d’une urgence sanitaire;
  • planifie les nouvelles infrastructures ou les rénovations des milieux d’hébergement en s’assurant que les milieux puissent répondre aux exigences requises en matière de soins de santé notamment en temps de crise sanitaire;
  • s’assure que les milieux d’hébergement puissent offrir des chambres individuelles aux résidents.

Que le ministère de la Santé et des Services sociaux :

  • introduise le principe de précaution au centre de toute démarche d’évaluation et de gestion des risques;
  • assure une plus grande imputabilité des gestionnaires des CISSS/CIUSSS et du MSSS quant aux soins prodigués aux personnes âgées en perte d’autonomie par le suivi d’indicateurs et une obligation d’intervention en cas problèmes dans la qualité des soins;
  • s’assure de maintenir en tout temps l’approvisionnement nécessaire en équipements de protection en plus de prévoir des réserves pour subvenir aux besoins en cas de crise;
  • définisse quels soins de confort les installations en CHSLD doivent minimalement être en mesure d’offrir;
  • établisse un plan national afin de doter tous les CHSLD des équipements nécessaires pour donner ces soins;
  • revoie les formations techniques afin que les infirmières en CHSLD et, le cas échéant, les infirmières auxiliaires soient en mesure d’effectuer les techniques nécessaires aux soins de base (soins respiratoires, accès veineux et sous-cutanés, utilisation des pompes volumétriques, etc.);
  • développe un outil avec des mises en situation afin que les résidents et/ou leurs tuteurs puissent bien comprendre les implications d’un choix de niveau de soins;
  • assure une gestion dans les CHSLD qui réunisse un gestionnaire responsable, une direction des soins infirmiers et une direction médicale.

Que les CISSS et CIUSSS :

  • assurent dans les CHSLD la présence suffisante d’infirmières spécialisées en PCI afin que celles-ci puissent être présentes dans les opérations quotidiennes et qu’ils en assurent la pérennité;
  • s’assurent de planifier des simulations en lien avec les plans de pandémie de manière triennale;
  • offrent de la formation quant à la tenue des dossiers médicaux et fassent des suivis périodiques;
  • s’assurent de l’encadrement nécessaire justifiant le recours aux protocoles de détresse et à la sédation palliative dans un contexte de soins aigus.

Que le Collège des médecins du Québec :

  • revoie les pratiques médicales individuelles des médecins traitants des CHSLD Herron, des Moulins et Sainte-Dorothée, notamment quant à leur décision de poursuivre les soins en téléconsultation malgré le besoin de soutien et le très grand nombre de décès.

Avec Radio-Canada par Daniel Boily et Davide Gentile

Canada-Québec: L’écrivain François Blais est mort

mai 15, 2022
François Blais, signant un livre.

François Blais a signé son premier roman «Iphigénie en Haute-Ville» en 2006. Photo : Soumise par L’Instant Mêmée

L’écrivain François Blais est décédé, a annoncé dimanche la maison d’édition L’instant même. Il avait 49 ans.

Né à Grand-Mère, en Mauricie, l’auteur a été remarqué dès son premier roman, Iphigénie en Haute-Ville, publié en 2006 alors qu’il habitait à Québec. Celui-ci a été finaliste pour le Prix des libraires du Québec, le Prix France-Québec et le Prix Senghor de la création littéraire.

Son roman Document 1 (2012), également finaliste aux Prix des libraires du Québec, a lui aussi marqué les esprits, cristallisant son style décapant et sa tendance à mettre en scène des personnages non conformistes.

Dans une certaine mesure, nous avons un peu l’impression d’avoir grandi avec lui, invités à partager son univers à la fois cynique et tendre, a écrit L’instant même sur Facebook, qui a publié une dizaine de livres de François Blais, dont son tout premier roman.

« Le monde des lettres québécois est plus riche, plus vibrant et plus beau parce que François a osé en ébranler quelques fondations. »— Une citation de  La maison d’édition l’Instant même, sur Facebook

Le comédien Rémi-Pierre Paquin a lui aussi rendu hommage à son ami sur les réseaux sociaux.

Tu me faisais vraiment rire. Peut-être que la façon dont les fils étaient branchés dans ta tête t’amenait un peu de misère à supporter tout ça, mais ben égoïstement, ça faisait de toi un être vraiment le fun à côtoyer. Un être fascinant, brillant, lucide et crissement drôle, a-t-il écrit.Montage photo du portrait de l'auteur avec la couverture du livre.

Dans les dernières années, François Blais avait développé un goût pour la littérature jeunesse. « Lac Adélard », publié en 2019, a notamment remporté un Prix des libraires du Québec dans la catégorie 12-17 ans. Photo: La Courte Échelle, Marie Blais

Inspiré par sa région natale

François Blais, qui a également jonglé avec les métiers de traducteur et de concierge, a ancré plusieurs de ses histoires dans sa Mauricie natale, où il était retourné habiter il y a quelques années.

Mentionnons son roman La classe de madame Valérie, publié en 2013, qui raconte l’histoire d’un groupe d’élèves de l’école primaire Laflèche à Grand-mère, et qui a été finaliste au Prix des libraires du Québec.

Séduit par la littérature jeunesse en 2016, le discret romancier a aussi publié quatre livres pour enfants aux éditions Les 400 coups.

Son Livre où la poule meurt à la fin (2017), dont Valérie Boivin signe les illustrations, a d’ailleurs remporté un Prix des libraires du Québec dans la catégorie 6-11 ans. Lac Adélard (2019), illustré par Iris, a gagné le même prix, catégorie 12-17 ans, en 2021.

Au cours de sa carrière, François Blais a publié une quinzaine de livres

Avec Radio-Canada