Posts Tagged ‘Défaite’

Burkina: L’opposant Zéphirin Diabré reconnaît sa défaite face à Roch Kaboré

novembre 27, 2020

BURKINA: L'OPPOSANT ZÉPHIRIN DIABRÉ RECONNAÎT SA DÉFAITE FACE À ROCH KABORÉ© Reuters/Anne Mimault 

OUAGADOUGOU (Reuters) – Le principal candidat de l’opposition au Burkina Faso a reconnu vendredi soir sa défaite face au président Roch Kaboré, déclaré vainqueur dès le premier tour de l’élection, dimanche dernier, avec près de 58% des suffrages.

Zéphirin Diabré, ancien ministre des Finances et candidat de l’Union pour le progrès et le changement (UPC), a rencontré le président sortant vendredi soir pour lui adresser ses félicitations, a rapporté ce dernier.

« Je salue sa démarche qui s’inscrit en droite ligne de l’esprit républicain de notre classe politique, et témoigne de la maturité de notre démocratie », ajoute-t-il sur son compte Twitter.

L’annonce a été confirmée par un porte-parole de Zéphirin Diabré.

Certains observateurs de la vie politique burkinabè anticipaient un scrutin plus serré, le premier mandat de Roch Kaboré ayant été marqué par la résurgence des violences ethniques et par la propagation d’insurrections islamistes qui concernent désormais une grande partie de l’Afrique de l’Ouest.

Avec Reuters par (Thiam Ndiaga; version française Nicolas Delame et Henri-Pierre André)

Donald Trump évoque, du bout des lèvres, sa défaite pour la première fois

novembre 14, 2020

Dans un tweet, Donald Trump a évoqué sa «défaite très serrée» dans le Nevada. Mais il ne reconnaît toujours pas la victoire de Joe Biden.

Donald Trump© Carlos Barria / Reuters Donald Trump

Une semaine après la victoire de Joe Biden en Pennsylvanie, Donald Trump refuse de renoncer. Vendredi, il a évoqué dans un tweet sa «défaite très serrée» dans le Nevada et en Arizona, mais tout en martelant ses accusations de fraude électorale. Après le vote par correspondance, le président sortant s’attaque désormais aux machines de l’entreprise Dominion, qui ont été utilisées pour le vote électronique. «On apprend que l’horrible Système de Vote Dominion a été utilisé dans l’Arizona (et beaucoup dans le Nevada). Pas étonnant que le résultat ait été une défaite très serrée!» Un tweet qualifié de «litigieux» par Twitter, comme de nombreux autres publiés par Donald Trump ces derniers jours.

Mais cette reconnaissance de défaite du bout des lèvres n’indique pas que le président sortant va bientôt reconnaître la victoire de Joe Biden. Très actif sur Twitter, il multiplie les partages de messages de soutien et de personnes croyant comme lui à une fraude électorale. Pourtant, ses avocats n’obtiennent que des défaites devant les tribunaux : ils ont perdu vendredi en Pennsylvanie, dans l’Arizona et le Michigan, alors que Joe Biden remportait la Géorgie et que 16 procureurs écrivaient une lettre au ministre de la Justice Bill Barr, expliquant ne pas avoir de preuve de la fraude électorale massive dénoncée par l’administration Trump. Jeudi, les agences de probité de l’élection (Elections Infrastructure Government Coordinating Council) ont même assuré que l’élection du 3 novembre avait été «la plus sûre de l’histoire de l’Amérique».

Biden constitue son équipe, mais attend l’officialisation

En attendant que Donald Trump ne concède sa défaite et permette d’enclencher le processus de transition démocratique auquel il avait refusé de s’engager durant les dernières semaines de campagne, Joe Biden commence à préparer son administration. Il s’est déjà réuni avec le conseil de scientifiques et d’experts chargés de le conseiller sur la pandémie de Covid-19 et a nommé son conseiller de longue date Ron Klain futur «chief of staff». Le «président-élu» -titre qu’il pourra officiellement tenir après le vote du collège électoral le 14 décembre, s’est entretenu avec plusieurs chefs d’États étrangers, dont Emmanuel Macron, qui ont reconnu sa victoire.

Selon les derniers résultats, Joe Biden a remporté 306 grands électeurs contre 232 pour Donald Trump, grâce à des victoires dans les bastions républicains de l’Arizona et de la Géorgie. Il a également une avance considérable dans le vote populaire, avec plus de 5,4 millions de voix de plus que le président sortant.

Avec Paris Match par Kahina Sekkai

«Défaite et victoire du Québec»: une déclaration de Legault qui ne passe pas

juin 25, 2020

 

© Fournis par La Presse canadienne
QUÉBEC — L’opposition veut que François Legault cesse de dire que le Québec a connu une défaite dans les CHSLD et une victoire dans la communauté.

Encore mercredi, le premier ministre déclarait dans une vidéo pour la Fête nationale: «On a connu une défaite dans nos centres de soins de longue durée (…) mais on ne doit pas oublier que dans le reste de la société, les Québécois ont gagné».

© Fournis par La Presse canadienne
Cette métaphore sportive ne devrait plus jamais être utilisée, selon les trois partis d’opposition, qui accusent le gouvernement de relativiser les pertes de vie dans le but de faire passer un message positif et d’améliorer son image.

Le gouvernement Legault serait même à la limite de l’âgisme, soutient-on.

Par exemple, jamais M. Legault ne se serait permis de dire une chose pareille si la mort avait frappé des enfants, a illustré Québec solidaire (QS).

«Imaginez si M. Legault avait dit: « Mis à part dans les pouponnières, on a bien géré ça ». Ça aurait été un scandale total, il ne se serait jamais permis de dire ça», a déclaré en entrevue le député Sol Zanetti.

Selon lui, il est «très problématique» que le premier ministre fasse le bilan de la première vague de la pandémie «en excluant les aînés».

«C’est comme si en ce moment il disait: « Écoutez, la situation des feux de forêt au Québec, si on exclut le Lac-Saint-Jean, ça va très bien, c’est sous contrôle ». Dire ça, c’est dire: « Le Lac-Saint-Jean, ça ne compte pas tant que ça ».

«Quand on dit: « À part les CHSLD au Québec, on gère bien la crise et on peut se féliciter », bien on est en train de dire: « Les aînés, c’est moins grave ». C’est ça que ça sous-entend», a martelé M. Zanetti.

Réécrire l’histoire

Le Québec affiche l’un des pires bilans au monde avec ses 5448 décès liés à la COVID-19.

Dans ce contexte, la métaphore de M. Legault est «totalement inadmissible», malaisante et irrespectueuse envers les victimes et leurs familles, estime également le Parti québécois (PQ).

«On tente de faire disparaître le bilan négatif particulièrement chez les personnes aînées en institution, a déclaré son porte-parole en santé, Joël Arseneau. On dit: « Oubliez les CHSLD, ça n’existe pas, c’est une quantité négligeable, c’est un bilan positif ».»

Parler de victoire dans ces conditions, c’est faire fi de la réalité et tenter de «réécrire l’histoire», a renchéri la cheffe du Parti libéral du Québec (PLQ), Dominique Anglade.

«C’est d’essayer de dépeindre une histoire qui n’est pas exacte, a-t-elle dit en entrevue téléphonique. Je pense que quand on fait ça, on essaie de ne pas voir la réalité en face.»

Selon la cheffe libérale, les Québécois ensemble n’ont mené qu’une seule bataille, et ils doivent «prendre acte» du résultat: «On a perdu cette bataille-là.»

Mme Anglade soutient qu’il faut admettre les ratés si on veut pouvoir les corriger avant une deuxième vague.

Elle se demande si le gouvernement a vraiment tiré des leçons de la première vague, dans la mesure où l’on tergiverse encore sur le port du masque obligatoire dans les transports en commun.

«Est-ce qu’on a tiré des leçons quand on rend les informations moins disponibles, qu’on est moins transparent et qu’on ne prend pas des décisions de précautions de base?»

Manque de transparence

Jeudi, l’opposition a déploré la décision de Québec de ne plus offrir de mise à jour du nombre de cas ou de décès qu’une fois par semaine.

Cette décision vise également à «masquer» une partie de la réalité, selon le PQ.

«On ne révélera pas les chiffres, donc on va continuer à pouvoir dire à peu près ce qu’on veut sur la situation, sans nécessairement que ce soit appuyé par des données réelles», prévient M. Arseneau.

En conférence de presse jeudi à Montréal, le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, s’est défendu de vouloir cacher de l’information. Il a expliqué que la décision n’était pas politique, et qu’elle avait été prise parce que la situation épidémiologique au Québec s’était stabilisée.

D’Ottawa, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, s’est quand même montré critique: «Je pense qu’au Québec, on continue de voir de nouveaux cas à tous les jours. Et c’est important de voir comment cette situation est en train d’évoluer. J’espère que le premier ministre Legault va continuer d’être ouvert et transparent avec les citoyens comme il l’est depuis le début», a-t-il déclaré.

Avec La Presse canadienne par Caroline Plante

Présidentielle en Tunisie: Ennahdha reconnaît sa défaite et le « carton jaune » adressé par les électeurs

septembre 18, 2019

Abdelfattah Mourou, candidat d’Ennahdha, mettant son bulletin dans l’urne sous le regard des caméras, dimanche 15 septembre 2019 (image d’illustration). © Mosa’ab Elshamy/AP/SIPA 

Arrivé troisième avec 12,9 % des suffrages, Abdelfattah Mourou a reconnu mardi sa défaite au premier tour de l’élection présidentielle, et salué les vainqueurs Kaïs Saïed et Nabil Karoui. Pour les cadres de son parti, Ennahdha, c’est désormais l’heure du bilan.

Au quartier général d’Abdelfattah Mourou, candidat tardif d’Ennahdha à l’élection présidentielle du 15 septembre, l’ambiance n’est pas à la fête. Devant les caméras, les affiches « Mourou 2019 » et les photos du candidat affublé du numéro 14 rappellent les espoirs déçus du parti à la colombe. Mis à part les gardes du corps à l’entrée de cette villa du quartier El Manar, en périphérie de Tunis, les trois hommes qui s’expriment en conférence de presse paraissent plus petits qu’avant dans leurs costumes.

Aux côtés du candidat paré de ses habituelles jebba et chechia, Samir Dilou, son directeur de campagne et ex-ministre des Droits de l’homme, et Rached Ghannouchi, le chef de la formation à référentiel islamique. Tous deux cravatés, ils tentent tour à tour de trouver des raisons à cette dégringolade. Ennahdha, qui se démarquait jusqu’alors par ses bases solides et sa structuration, était habitué depuis 2011 à peser fortement dans le jeu politique, jusqu’à devenir première force à l’Assemblée des représentants du peuple. Sa récente mue en formation « musulmane démocrate » – selon les derniers éléments de langage – était d’ailleurs censée élargir ses perspectives. Il faudra finalement compter sans le fauteuil de Carthage.

Le leader d’Ennahdha Rached Ghannouchi (à droite), aux côtés du candidat du parti à l’élection présidentielle Abdelfattah Mourou (à gauche) et de Samir Dilou, directeur de campagne. © Camille Lafrance pour JAUne candidature tardive

Ses cadres ont reconnu la défaite et la place de troisième de leur candidat à la présidence, avec 12,9 % des voix, selon les résultats officielles annoncés mardi après-midi par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). La faute à un manque de temps, s’accordent-ils à justifier.

Ennahdha a en effet traîné et attendu la dernière minute pour annoncer une candidature et choisir son « oiseau rare », après avoir hésité à soutenir un visage extérieur à ses rangs. Beaucoup trop tard, de l’avis d’Oussama Sghaïer, député nahdaoui des Tunisiens de l’étranger (circonscription Italie).

Si on avait eu quelques jours de plus, on aurait pu faire beaucoup mieux. Surtout que nous n’avons que deux points d’écart avec le candidat arrivé deuxième

« Nombre de citoyens avaient déjà fait leur choix quand nous nous sommes décidés, confie-t-il à Jeune Afrique. Si on avait eu une campagne normale et non pas des élections anticipées, avec quelques jours de plus, on aurait pu faire beaucoup mieux. Surtout que nous n’avons que deux points d’écart avec le candidat arrivé en deuxième position. »

Selon lui, les douze jours accordés pour faire campagne et sillonner toutes les régions ont été largement insuffisants. Il en veut pour exemple la ville de Gabès, où Ennahdha était classé troisième des intentions de vote avant la visite de son candidat, qui aurait contribué à l’y propulser finalement en première place.

« Avènement de candidats de la révolution »

« Tous les représentants et cadres du parti sont descendus sur le terrain en force », a salué Rached Ghannouchi, tout en se félicitant de « l’honorable » résultat obtenu. Peu avant, le bureau exécutif d’Ennahdha avait salué « le militantisme, la persévérance et la capacité [d’Abdelfattah Mourou] à communiquer avec différentes catégories sociales ».

Le leader a également souligné la défaite des candidats de l’ancien régime et de ses ennemis – pourtant alliés d’hier. Il estime que le scrutin a en revanche permis « l’avènement de gouvernements d’essence révolutionnaire, grâce aux candidats de la révolution dont Mourou, mais aussi Kaïs Saïed, l’ex-président Moncef Marzouki, Safi Saïd, Lotfi Mraihi et Seifeddine Makhlouf ».

« On ne peut pas décrypter en quelques heures le message lancé par les Tunisiens », a nuancé Samir Dilou, reconnaissant toutefois un « séisme ». Et Mourou de rappeler que « l’érosion n’a pas touché seulement Ennahdha, mais tous les partis et politiciens ». « C’est un carton rouge pour le pouvoir et un carton jaune pour nous », reconnaît leur cadet Oussama Sghaïer.

La concurrence Saïed

Le candidat arrivé en tête, Kaïs Saïed, a-t-il puisé dans les réserves de la formation islamiste ? « Il a commencé sa campagne il y a trois ans. Pendant ce temps-là, j’étais à la tête de l’Assemblée [comme vice-président]. Ce qui m’intéressait, c’était le cours des choses dans l’hémicycle. Il a pris de l’avance, mais nous ne savons pas encore s’il a pris des voix chez nos potentiels électeurs ou chez nos voisins », rétorque à Jeune Afrique un Abdlelfattah Mourou qui tente de garder le sourire et son habituelle bonhomie.

Les instances du parti devraient se prononcer dans les prochains jours sur son éventuel appui à l’un ou l’autre des candidats du duo de tête. Si un soutien était envisagé, l’option Kaïs Saïed semble la plus réaliste. « Nabil Karoui a tenté de nous détruire et a beaucoup dépensé pour cela ces dernières années », rappelle ainsi Oussama Sghaïer.

Par Jeuneafrique.com Camille Lafrance envoyée spéciale à Tunis

Québec: Lisée quitte son poste de chef après la défaite crève-cœur du PQ

octobre 2, 2018

 

Lisée quitte son poste de chef après la défaite crève-coeur du PQ
© Graham Hughes Lisée quitte son poste de chef après la défaite crève-cœur du PQ
 

Devant le douloureux revers encaissé par sa formation, qui a perdu son statut de groupe parlementaire à l’Assemblée nationale en obtenant son pire nombre de sièges depuis 1973, et sa propre défaite dans sa circonscription de Rosemont, Jean-François Lisée a annoncé lundi soir qu’il quittait son poste de chef du Parti québécois, deux ans après avoir pris le relais de Pierre Karl Péladeau à la tête du PQ.

 

« La volonté populaire de choisir la CAQ, de s’assurer de déloger les libéraux était plus forte que tout. Il s’agissait d’un courant puissant irrésistible », a déclaré Jean-François Lisée devant des dizaines de militants affligés à l’Usine C, à Montréal.

Pour l’emporter, il nous fallait remonter les chutes du Niagara à la rame. Nous avons ramé mes amis, nous avons ramé à nous en arracher la peau des mains.

Jean-François Lisée

Défait dans sa circonscription par l’ex-chroniqueur Vincent Marissal, de Québec solidaire, Jean-François Lisée a également annoncé qu’il quittait son poste de chef de parti.

« Je serai à vos côtés lors des prochaines batailles, toujours. Je prends une bonne part de responsabilité dans les résultats d’aujourd’hui. Mais j’aime croire aussi que le parti, ses membres, son financement, son programme, son énergie en disent bien plus loin sur notre travail commun que le nombre de nos députés », a affirmé le chef péquiste.

C’est dans une ambiance mortuaire teintée d’amertume que les dizaines de militants péquistes réunis à l’Usine C ont assisté toute la soirée à la déroute de leur parti.

Lorsque les médias ont annoncé que la CAQ formerait le prochain gouvernement, les organisateurs ont coupé le son des chaînes de télévision pour mettre de la musique dans la salle.

Dans les haut-parleurs, la chanson de Gilles Vigneault : « Tout l’monde est malheureux… Tam ti dela da ti… »

Le même scénario s’est répété chaque fois que les caméras montraient les caquistes célébrant leur victoire.

« Après des milliers de mains serrées […] on peut être fiers […] C’est le PQ qui a fait la meilleure campagne! », clame l’animateur de la soirée, le comédien Fabien Dupuis, devant une foule à la mine déconfite.

« Il y a une consolation, les libéraux sont chassés », confie Éric Leblanc, un militant qui s’était habillé tout en bleu avec son chapeau de cowboy pour la soirée. Chaque fois qu’un péquiste était réélu, la salle applaudissait. Chaque petite victoire, comme Pascal Bérubé dans Matane-Matapédia ou Harold Lebel dans Rimouski, était soulignée.

Peu avant 21 h, la présidente du Parti québécois répète sur scène que le PQ a fait une bonne campagne.

« Le Parti québécois a étonné, a impressionné », insistait Gabrielle Lemieux, alors que les chiffres du parti dégringolaient sur deux gros écrans derrière elle. Sur Twitter, le chef Jean-François Lisée a félicité le nouveau premier ministre, François Legault. « La grande volonté de changement s’est canalisée en sa faveur », a-t-il dit.

« Les Québécois veulent du changement, mais je ne pense pas qu’ils savent ce que ça veut dire comme changement », maugréait un militant qui a préféré ne pas donner son nom.

Peu de consolations

La réélection de la vice-cheffe du PQ a fait office de mince consolation.

« C’est un bon résultat pour Joliette, j’ai même augmenté mon pourcentage, je veux leur dire merci [à mon équipe] du fond du cœur », a dit Véronique Hivon sur les ondes de Radio-Canada.

Au cours de la journée, Jean-François Lisée avait confié avoir uniquement préparé deux discours : un scénario de gouvernement péquiste « majoritaire » et « minoritaire ».

C’est celui de la défaite qu’il livrera. Non sans décocher quelques flèches à ses adversaires.

« Alors que nous ramions pour remonter avec quelques succès, d’autres travaillaient dans nos circonscriptions pour nous arracher des rames », a-t-il dit, en référence à Québec solidaire.

Jean-François Lisée semble avoir gardé un goût amer de l’échec de la convergence.

« Il y a deux ans […] je visualisais cet engouement nouveau de la jeunesse autour du PQ et de QS. Je proposais que nos deux partis additionnent leurs forces, notre offre était sincère. Si le congrès de QS avait accepté notre main tendue, il y a fort à parier que l’élection de ce soir offrirait un tout autre résultat », affirme-t-il.

Appel au rassemblement

« On ne peut pas réécrire le passé, mais il faut en tirer des leçons à l’avenir », a ajouté M. Lisée, appelant les forces souverainistes à s’unir.

Pour l’heure, le peuple a parlé.

Jean-François Lisée

Jean-François Lisée dit également avoir appelé François Legault pour l’inviter à utiliser certaines idées du PQ.

« J’ai dit à François […] je t’invite toi et tes futurs ministres à lire notre programme et à prendre le maximum d’idées possibles! Il n’a pas dit non! J’ai dit : « regarde surtout le bout sur l’environnement » », a-t-il expliqué.

Jean-François Lisée a terminé son discours en saluant son équipe, ses conseillers, sa conjointe Sylvie Bergeron et les 125 candidats du PQ.

« Écoutez-moi bien, les 125. Le verdict de l’électorat ne porte pas sur votre talent, votre dévouement […] vous avez été emportés par une vague et lorsque la vague se retirera. »

Radio-canada.ca par Julie Marceau avec msn

En Gambie, comment faire croire à une démocratie et l’obtenir malgré soi

décembre 5, 2016

Le dictateur Yahya Jammeh, au pouvoir depuis vingt-deux ans, a créé les conditions de sa chute à force d’aveuglement mégalomane.

Affiche électorale de Yahya Jammeh, président candidat à un cinquième mandat, le 1er décembre 2016 à Banjul. Crédits : SEYLLOU/AFP
« Dans les bureaux de vote qu’on a pu visiter, tout se passait pour le mieux : l’isoloir était isolé, les observateurs des trois camps étaient présents, et le calme régnait », explique Ben Udenski, membre de la société civile sud-africaine et l’un des 18 observateurs que l’Union africaine a pu dépêcher dans le pays pour la présidentielle gambienne. Jeudi 1er décembre, les Gambiens ont défait dans les urnes leur président autoritaire Yahya Jammeh lors d’un scrutin jugé par tout un chacun « libre et équitable », une situation inédite dans un tel régime.

Alors que Yahya Jammeh dirige d’une main de fer le pays depuis vingt-deux ans, la fin démocratique de son règne interroge. « Comment n’a-t-il pu rien prévoir pour rester au pouvoir ? », s’interrogeait ainsi le lendemain du vote Moussa, 19 ans, dans les rues de Banjul, n’y croyant toujours pas.

« Le roi qui défie les rivières »

« En Gambie, les jours de vote sont plutôt libres, c’est l’absence de démocratie sur le terrain en amont qui pose problème », analyse Niklas Hutlin, chercheur américain spécialiste de la Gambie à l’Université George Mason (Virginie). Depuis six mois, le président, candidat à un cinquième mandat, avait ainsi créé les conditions de sa réélection, qu’il imaginait comme un nouveau plébiscite extraordinaire de sa personne.

14 avril, à Serrekunda, deuxième ville du pays. « Notre parti, le Parti démocratique unifié [UPD, opposition], manifestait avec des panneaux appelant à une réforme du Code électoral, se souvient Moustapha Saidy, 22 ans, en exil aujourd’hui à Dakar, qui était présent à la manifestation. La police est venue et s’en est violemment prise à nous. Solo Sandeng, le secrétaire national du parti, a été emmené avec une dizaine d’autres manifestants, c’est la dernière fois qu’on les a vus. » Solo Sandeng décédera une semaine plus tard sous les coups des services de renseignement. Son corps n’a jamais été rendu à sa famille.

Deux mois plus tard, en juin, le régime multiplie par dix le montant à verser à l’Etat pour déposer sa candidature à la présidence, le portant à 25 000 dollars et exige 10 000 signatures de soutien alors qu’il n’en fallait que 500 auparavant. « Jammeh change les lois à sa guise de manière à ce que l’opposition ne puisse pas gagner », avançait, avant le scrutin, Sidi Sanneh, ancien ministre des affaires étrangères gambien, en exil aux Etats-Unis. Et il ne veut pas d’opposition forte contre lui, regardez ce qu’il a fait au Parti démocratique unifié. »

Outre les événements d’avril, l’UDP, principal parti d’opposition, a été totalement décimé. Fin août, son président, Ousainou Darboe, candidat malheureux à chaque élection contre Jammeh depuis sa prise de pouvoir par la force en 1994, est jugé avec trente autres membres du parti pour « manifestation illégale » après une marche pour demander la libération de Solo Sandeng, deux jours après que ce dernier avait été arrêté. Condamnés à trois ans de prison ferme, ils sont détenus dans les tristement célèbres geôles gambiennes de Mile 2, où finissent opposants politiques, journalistes et autres militants de droits de l’homme qui ont osé élever la voix contre « le roi qui défie les rivières » – l’un des titres officiels du président gambien.

Egocentrique et mégalomane

Cet emprisonnement, un de plus, du leader historique de l’UDP a été un tournant dans la vie politique gambienne. « A ce moment, on a compris qu’il fallait nous unir dans une coalition pour gagner, c’était le seul moyen », explique Ramzia Diab, ancienne députée de la majorité qui a rejoint l’opposition, soulignant que les anti-Jammeh ont toujours été convaincus que la « voie légale et démocratique » était la solution pour mettre fin à son régime. « Mais Jammeh ne croyait pas à ce rassemblement, il était sûr de gagner ces élections, comme celles d’avant », continue-t-elle.

Yahya Jammeh, prince de la personnification du pouvoir, est en effet convaincu que cette coalition ne pèsera pas dans les urnes, que les Gambiens comprendront, une fois encore, qu’il est le seul à pouvoir développer la Gambie. « En vingt-deux ans, vous avez vu ce que j’ai fait, vous avez maintenant un poste de police, un hôpital, une école. Tout ça grâce à moi », déclarait-il mardi en banlieue de Banjul, lors de l’un de ses derniers meetings de campagne.

L’homme est égocentrique autant que mégalomane : « J’ai purifié votre région des sorciers, il n’y en a plus un. Je leur ai demandé quel était ce paludisme qui ne tuait que des enfants. Ils en ont ri, je leur ai promis que, par le feu, je brûlerai le vent du paludisme et que plus aucun enfant ne mourrait de cette prétendue maladie. Aujourd’hui, rendons grâce à Dieu, il n’y a plus de sorcier à cause des prières que j’ai faites. »

Pour verrouiller le scrutin – pour lequel il ne voit qu’une seule issue : sa victoire –, Jammeh a refusé que l’Union européenne et la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) n’envoient leurs observateurs. Le jour du vote, les communications internationales et l’Internet ont été coupés, laissant craindre de possibles fraudes lors du dépouillement.

« Jammeh était convaincu que les tactiques qu’il avait déjà utilisées par le passé, comme son emprise sur le média d’Etat, le musellement des journalistes indépendants et l’emprisonnement de figures de l’opposition, suffiraient à conforter son avance dans les urnes, analyse Jim Wormington, chercheur à Human Rights Watch. Mais, si le système n’est pas équitable, les élections l’ont été, et l’opposition a su en profiter»

Les soldats retirés des rues à l’annonce des résultats

Pêché d’orgueil. Durant la campagne, le président dictateur met à la disposition de sa mégalomanie tout l’appareil de l’Etat. Les bérets rouges lourdement armés de l’armée sécurisent des meetings conçus pour chanter la gloire de Jammeh tandis, que le candidat Barrow traverse les rues sans autre protection visible qu’une chaîne humaine de militants, un cordon de mains tendues pour éviter que ses milliers de partisans ne prennent d’assaut sa voiture.

Enfin, si l’armée a sécurisé la capitale durant le scrutin, les dizaines de soldats postés dans les rues se sont pour la plupart retirés à l’annonce des résultats. Pourquoi Jammeh n’a-t-il pas envoyé l’armée ? « La Gambie est petite, tout le monde connaît un soldat parmi ses proches, l’armée n’aurait jamais tiré sur ses frères », pense Adama, 18 ans. Des sources diplomatiques expliquent, elles, que des tractations ont eu lieu dans la nuit du jeudi au vendredi entre la présidence et certaines ambassades pour dissuader Yahya Jammeh d’utiliser la force.

Aujourd’hui, retranché dans le palais présidentiel, le président perdant a sans doute compris qu’il n’aurait pas dû mépriser son opposition ni organiser un scrutin dans les « vraies » règles. A vouloir créer un simulacre de démocratie, Jammeh a fini par en créer une, fière et sans égale.

Lemonde.fr par Amaury Hauchard  à Banjul, envoyé spécial

États-Unis: Emails Hillary Clinton s’en prend au chef du FBI

novembre 12, 2016

 

L’ex-candidate démocrate a accusé samedi James Comey d’avoir porté un coup à sa campagne électorale.

 

Hillary Clinton a perdu le Wisconsin, une première pour le camp démocrate depuis 1984.

Hillary Clinton a perdu le Wisconsin, une première pour le camp démocrate depuis 1984. Image: Keystone

 

Hillary Clinton a estimé samedi, dans une conversation téléphonique avec les principaux donateurs de sa campagne électorale, que le directeur du FBI était responsable de sa défaite à la présidentielle américaine. James Comey avait porté un coup dur à la candidate démocrate en révélant avoir découvert de nouveaux emails.

Pour la candidate démocrate, la lettre adressée par James Comey à des parlementaires américains, dans laquelle il annonce que le bureau fédéral va rouvrir son enquête dans le dossier des emails de l’ex-secrétaire d’Etat, a été le tournant de la campagne.

La décision de James Comey de faire connaître publiquement sa décision, à onze jours du scrutin, a provoqué une érosion des soutiens démocrates dans le Midwest, précisent trois personnes connaissant le contenu de l’entretien téléphonique.

Hillary Clinton a notamment perdu le Wisconsin, une première pour le camp démocrate depuis 1984. Et le Michigan, dont le décompte n’est toujours pas connu, semble pencher du côté républicain qui n’avait plus soutenu ce camp depuis 1988.

Une semaine après son annonce, James Comey a précisé que le FBI jugeait qu’il n’était pas nécessaire de rouvrir une enquête contre l’ancienne secrétaire d’Etat. Mais le mal était déjà fait. La lettre du directeur a favorisé Donald Trump et lui a fourni des arguments pour critiquer son adversaire, a estimé Hillary Clinton. (ats/nxp)

Lematin.ch(Créé: 12.11.2016, 22h23)