Posts Tagged ‘Défense’

Cameroun-Russie : ce que contient leur nouvel accord de défense

avril 21, 2022

Le document signé par les ministres camerounais et russe de la Défense consacre la coopération militaire entre les deux pays pour une durée de cinq ans. Renouvelable…

Des soldats du gouvernement à Ekona, au Cameroun, le 3 octobre 2018. © ASHLEY GILBERTSON/NYT/REDUX/REA

Quinze articles repartis sur treize pages chacune paraphée par Joseph Beti Assomo, ministre camerounais chargé de la Défense, et par son homologue russe, Sergueï Choïgou… On en sait désormais un peu plus sur les détails de l’accord de défense conclu entre le Cameroun et la Russie. 

Signé le 12 avril dernier, il a pour objet de développer la coopération militaire entre les forces armées des deux pays, à savoir : des échanges d’informations, la formation et l’entrainement des troupes, un partage d’expérience et des activités communes de lutte contre le terrorisme ou la piraterie maritime.

Concrètement, cette coopération se déclinera sous la forme de visites officielles, de participation aux exercices militaires, d’échange de spécialistes ou d’organisation d’évènements.

La question de l’armement

Le document n’évoque pas explicitement la livraison d’équipements militaires, comme cela a été le cas au Mali. Mais il stipule que « d’autres domaines de coopération » peuvent être envisagés conformément aux conventions entre les deux parties, sans donner plus de détails.  

Cette question est pourtant celle qui focalise le plus l’attention depuis l’annonce de la signature de cette convention. En 2015, un autre accord signé par Yaoundé et Moscou prévoyait en effet de faciliter la fourniture d’armements et d’équipements militaires à l’armée camerounaise, engagée dans la lutte contre Boko Haram, devenu depuis l’État islamique en Afrique de l’Ouest.

Moscou avait alors fourni une aide matérielle dans les domaines de l’artillerie, du transport de troupes et de la protection aérienne.

Le nouvel accord russo-camerounais a été signé pour cinq ans. Il sera automatiquement renouvelé pour les cinq années suivantes si l’une ou l’autre des parties n’exprime pas son souhait d’y mettre un terme.

Avec Jeune Afrique par Franck Foute

Guerre en Ukraine : l’amélioration de la défense de l’Amérique du Nord est réclamée

mars 5, 2022
Deux chasseurs F-22 volent en formation serrée.

Deux chasseurs F-22 du NORAD lors d’un exercice (archives) Photo : The AP/TED S. Warren

La décision du président russe Vladimir Poutine de mettre l’arsenal nucléaire de son pays en état d’alerte la fin de semaine dernière a relancé les discussions à Ottawa et à Washington sur l’amélioration de la défense de l’Amérique du Nord.

Les gouvernements canadiens et américains qui se sont succédé promettent depuis des années de moderniser le Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord, aussi appelé NORAD, créé pendant la guerre froide pour protéger le continent nord-américain contre une attaque soviétique.

Pourtant, malgré les avertissements de plus en plus urgents de hauts gradés militaires des deux côtés de la frontière, plusieurs attendent toujours que le Canada agisse.

Le commandant du NORAD, le général américain Glen VanHerck, a évoqué cette semaine la menace croissante à laquelle l’Amérique du Nord est exposée au moment où la Russie et la Chine mettent au point et déploient des armes à longue portée qui peuvent frapper le Canada ou les États-Unis et que le système actuel ne peut pas détecter.

Il s’agit notamment d’armes nucléaires et non nucléaires, y compris les missiles hypersoniques et de croisière que le président russe Vladimir Poutine a mis en état d’alerte le week-end dernier en représailles au soutien de l’OTAN à l’Ukraine.M. VanHerck en uniforme militaire.

Glen VanHerck, commandant du NORAD Photo : Getty Images/Win McNamee

La modernisation du NORAD s’éternise

Lors de son témoignage devant un comité du Congrès américain mardi, M. VanHerck a affirmé que la croyance populaire selon laquelle le Canada et les États-Unis pourraient déployer des forces à volonté en raison de la sécurité géographique du continent s’érode depuis plus d’une décennie.

« Nous devons améliorer notre capacité de détecter et de suivre les menaces potentielles partout dans le monde tout en fournissant des données aux décideurs le plus rapidement possible. »— Une citation de  Glen VanHerck, commandant du NORAD

Le gouvernement Trudeau insiste pour que la modernisation du NORAD soit une priorité absolue. À cette fin, le Canada et les États-Unis ont publié plusieurs déclarations conjointes au fil des ans pour insister sur la nécessité de moderniser le système. Ottawa a également réservé un montant initial de 163 millions de dollars en vue de cet effort l’an dernier.

Bien que les États-Unis aient agi sur plusieurs fronts, y compris le déploiement de nouveaux intercepteurs de missiles et de systèmes d’intelligence artificielle pour combiner des données issues de diverses sources afin de détecter une attaque, le Canada a été en grande partie silencieux.

Où en sommes-nous? s’est interrogé le professeur James Fergusson, de l’Université du Manitoba, un des plus grands experts canadiens du NORAD.

S’ils le savent, ils ne le disent pas, a-t-il souligné.

Le Système d’alerte du Nord canadien est désuet

Lors d’une visite officielle à Ottawa en décembre dernier, M. VanHerck a dit aux journalistes qu’il attendait des directives politiques quant à la mise à niveau de la contribution clé du Canada au NORAD, une série de radars construits dans l’Arctique canadien dans les années 1980, appelés le Système d’alerte du Nord.

Les responsables militaires avertissent depuis des années que le Système d’alerte du Nord, construit pour détecter les bombardiers russes qui approcheraient de l’Amérique du Nord depuis l’Arctique, est désuet en raison de la mise au point de missiles à plus longue portée.

Interrogée la semaine dernière, la ministre canadienne de la Défense, Anita Anand, a dit avoir eu plusieurs discussions avec le secrétaire américain à la Défense, Lloyd Austin, au sujet de la modernisation du NORAD et du Système d’alerte du Nord.

La ministre Anand n’a pas fourni de détails mais a souligné que le gouvernement fédéral a attribué un contrat de 592 millions de dollars en janvier à une entreprise inuit, Nasittuq Corp., pour exploiter et entretenir les radars à longue et à courte portée du système.

Avec La Presse canadienne

Canada-Québec: Les opposants à la Loi sur la laïcité de l’État plaident leur cause en Cour supérieure

novembre 2, 2020
La Cour supérieure du Québec commence à entendre lundi les arguments de plusieurs groupes qui contestent la Loi sur la laïcité de l’État, adoptée en juin 2019 par l’Assemblée nationale.

Des dizaines d'opposants à la Loi sur la laïcité sont venus manifester devant le palais de justice de Montréal avant le début des audiences.

© Ivanoh Demers/Radio-Canada Des dizaines d’opposants à la Loi sur la laïcité sont venus manifester devant le palais de justice de Montréal avant le début des audiences.
La loi, souvent appelée « le projet de loi 21 », même si elle a été adoptée et est d’ores et déjà en vigueur, est contestée par plusieurs groupes qui veulent la faire annuler, en tout ou en partie.
Sa disposition la plus contestée est celle qui interdit le port de signes religieux aux juges, aux policiers, aux procureurs de la Couronne, aux gardiens de prison, et aux enseignants des écoles publiques du primaire et du secondaire.

Ceux qui la contestent plaident qu’elle est discriminatoire envers les minorités religieuses, dont les femmes musulmanes voilées, particulièrement visées par la loi, selon eux.

La Loi sur la laïcité a été assortie de la clause dérogatoire – souvent appelée «clause nonobstant» – pour tenter d’éviter une contestation par ceux qui feraient valoir que la loi est discriminatoire et contraire à la Charte canadienne des droits et libertés, notamment à ses articles 2 et 15 protégeant la liberté de religion et le droit à l’égalité.

Les plaignants ont cependant adopté différentes stratégies, dont celle d’utiliser d’autres moyens pour la faire invalider.

Ils vont notamment se servir de l’article 28 de la Charte – une disposition peu utilisée, portant sur l’égalité des sexes – et qui serait selon eux à l’abri de l’effet de la clause dérogatoire.

Pour cette même raison, l’article 23 de la Charte, qui protège la langue d’instruction des minorités linguistiques, sera aussi soulevé.

La Loi sur la laïcité de l’État a déjà été examinée par les tribunaux, mais c’est la première fois qu’elle l’est sur le fond. Le débat devrait durer de cinq à six semaines.

Jusqu’ici, les tribunaux se sont plutôt penchés sur des demandes visant à la suspendre en attendant que ces audiences aient lieu, afin de minimiser les dégâts dans l’intervalle.

La Cour supérieure a refusé de leur accorder une injonction en juillet 2019, puis la Cour d’appel avait fait de même, en soulignant que le débat était complexe et méritait d’être étudié en profondeur.

La Cour suprême du Canada a aussi refusé d’entendre l’appel de cette décision, sans fournir les motifs de sa décision.

Manifestation devant le palais de justice

Au total, quatre demandes d’annulation distinctes qui seront entendues par le juge. Elles ont été regroupées puisque leur objectif est le même, bien que leurs arguments ne soient pas identiques.

L’une d’entre elles a été déposée par le Conseil national des musulmans canadiens, l’Association canadienne des libertés civiles (ACLC) et Ichrak Nourel Hak, une étudiante en enseignement qui porte le hidjab et qui ne veut pas être obligée de le retirer pour enseigner dans une école publique.

Avant le début des audiences, l’ACLC a dit intervenir en appui à tous les Québécois qui ont déjà été lésés par la loi ou qui le seront à l’avenir. Selon elle, la loi contrevient à la Charte des droits et libertés, qui interdit toute discrimination sur la base du sexe, de la religion ou de la race.

«Il n’y a pas si longtemps, beaucoup de Québécoises et de Québécois ne se sentaient pas chez eux au Canada et étaient victimes de discrimination, a argué la directrice du programme d’égalité de l’ACLC», a affirmé la directrice du programme égalité de l’ACLC, Noa Mendelsohn Aviv, lors d’une brève déclaration lue devant le palais de justice.

«Les Québécoises et les Québécois savent ce que c’est lorsque les institutions conçues pour les protéger contribuent plutôt à leur exclusion. C’est pour cela que nous faisons aujourd’hui appel au sens de la solidarité et de la justice de chaque Québécoise et Québécois, alors que nous combattons pour nos concitoyens qui sont affectés par le projet de loi 21», a-t-elle poursuivi.

Des dizaines de personnes sont en outre venues manifester leur appui aux plaignants avant le début des audiences. Ils brandissaient des pancartes exprimant leurs arguments ou leur dégoût de la loi.

Parmi eux se trouvaient plusieurs étudiants de la Faculté de droit de l’Université McGill disant avoir l’appui de 350 étudiants et d’une vingtaine de professeurs qui ont signé une lettre ouverte appuyant leur revendication.

Ils affirment que la loi désavantage «les femmes musulmanes, les hommes juifs, et les hommes sikhs de manière disproportionnée» puisqu’ils sont plus susceptibles de porter un signe religieux.

Selon eux, empêcher des minorités religieuses d’accéder à des emplois dans la fonction publique «va à l’encontre de la neutralité religieuse de l’État, un aspect fondateur du constitutionnalisme canadien qui ne peut pas être suspendu par la clause nonobstant de la Charte canadienne».

Les opposants à la loi

La Fédération autonome de l’enseignement (FAE) a aussi déposé une autre demande d’invalidation. Le syndicat estime que la loi brime la liberté de religion des enseignants et menace leurs conditions de travail.

Un autre contestataire est la Commission scolaire English Montreal (CSEM). Selon elle, non seulement la loi contrevient à l’égalité des sexes, mais aussi à l’article 23 de la Charte, qui protège le droit à l’instruction dans la langue de la minorité, dans ce cas, les communautés anglophones au Québec.

Selon la CSEM, cet article a évolué au cours des années jusqu’à inclure un droit de gestion exclusif accordé aux communautés minoritaires pour le bon fonctionnement de leurs systèmes d’écoles publiques.

Finalement, trois enseignantes ont aussi déposé un recours, épaulées par le comité juridique de la Coalition Inclusion Québec, une organisation qui regroupe des citoyens et des groupes communautaires opposés à la loi.

Plusieurs organisations vont présenter leur propre point de vue afin de démontrer que la loi est nuisible : parmi elles se trouvent la World Sikh organization of Canada, Amnistie internationale – section Canada francophone et l’Alliance de la fonction publique du Canada.

Québec défend sa loi

Au fil des protestations, le gouvernement caquiste a défendu sa loi. Il fera de même devant la cour.

Le premier ministre François Legault a qualifié la loi de «modérée» et d’«équilibrée», rappelant à maintes reprises qu’elle a été adoptée par l’Assemblée nationale et qu’elle reçoit un large appui de la population québécoise. Pour lui, elle ne contrevient pas à la liberté de religion, car tous les citoyens sont libres de pratiquer la religion de leur choix.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge a soutenu que la loi n’est «ni raciste ni sexiste», car elle s’applique aux hommes comme aux femmes. Et le gouvernement du Québec a aussi des alliés.

Des citoyens et des groupes veulent que la loi soit préservée dans son intégralité et vont appuyer le gouvernement du Québec.

Lors du débat en cour, interviendront donc le Mouvement laïque québécois (MLQ), qui veut défendre le droit des élèves et des parents, et l’organisation Pour les droits des femmes du Québec (PDF)

Avec Radio-Canada

L’avocat personnel de Trump perd son sang-froid à la télévision britannique en le défendant

juin 4, 2020

 

L’avocat personnel de Donald Trump, Rudy Giuliani s’est vivement emporté jeudi en défendant un tweet du président américain sur la mort de George Floyd, lors d’un entretien à la télévision britannique qui a tourné à l’échange d’invectives.

L’animateur de l’émission matinale «Good Morning Britain», Piers Morgan, a voulu interroger l’avocat et ex-maire de New York sur un tweet du président publié le 29 mai, dans lequel M. Trump avait déclaré «Quand le pillage commence, la fusillade commence». Le tweet, ensuite censuré par Twitter pour apologie de la violence, s’inscrit dans le cadre des heurts entre manifestants et policiers qui ont éclaté dans plusieurs villes américaines, après le décès le 25 mai de l’Afro-américain George Floyd, 46 ans, asphyxié à Minneapolis par un policier blanc.

«Vous l’interprétez de travers, vous l’interprétez délibérément de travers», s’est insurgé Rudy Giuliani, quand le présentateur a affirmé que le président américain n’aurait «jamais dû dire ça». Le présentateur a reproché à l’avocat d’être aveuglé par son soutien à son client. L’interview a alors dégénéré en virulente dispute et à l’échange d’attaques personnelles, M. Giuliani criant que le présentateur était un «menteur» aux propos «honteux», celui-ci accusant en retour son invité d’être devenu «complètement fou» et «violent».

Les images de cette dispute enflammée ont ensuite fait rapidement le tour de la toile, les utilisateurs des réseaux sociaux s’amusant pour certains de voir l’avocat américain perdre son sang-froid. D’autres ont soutenu l’avocat de Donald Trump, loué pour avoir tenu tête à un présentateur réputé pour son agressivité.

Par Le Figaro avec AFP

États-Unis: Le secrétaire américain à la Défense demande la démission du chef de la Navy

novembre 24, 2019

 

Le secrétaire américain à la Défense Mark Esper a demandé la démission du chef de la Navy Richard Spencer après un désaccord concernant l’exclusion d’un soldat d’élite qui avait été grâcié par le président Donald Trump, a annoncé dimanche le Pentagone.

Mark Esper «a demandé la démission du secrétaire à la Navy Richard Spencer après avoir perdu confiance en lui concernant son manque de sincérité dans des conversations avec la Maison Blanche dans le traitement du cas du Navy Seal Eddie Gallagher», a indiqué le Pentagone dans un communiqué. Les «Navy Seals» sont une unité d’élite de la Navy.

Par Le Figaro.fr avec AFP

À la CPI, l’accusation tente de défendre son dossier contre Laurent Gbagbo

octobre 3, 2018

Depuis le 1er octobre, la demande d’acquittement de l’ex-président ivoirien et de Charles Blé Goudé est débattue devant la Cour pénale internationale.

Des Ivoiriens regardent, depuis Abidjan, une retransmission de l’audience de la Cour pénale internationale dans le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo, le 1er octobre 2018. Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP

Au soir d’une longue journée d’audience, une jeune femme habille le panneau d’entrée de la Cour pénale internationale (CPI) d’un drapeau ivoirien, s’agenouille, mains lancées vers le ciel, et récite quelques incantations. « C’est bien ici qu’ils sont ? », demande-t-elle, comme pour s’assurer que sa prière n’est pas vaine.

 

« Ils » ? Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, jugés par la CPI depuis janvier 2016. Pendant deux ans, le procureur a appelé 82 témoins à la barre et déposé ses pièces à conviction. Mais les avocats de l’ex-président ivoirien et du chef des Jeunes patriotes assurent que son dossier est vide, qu’il n’y a rien à contester. La première phase du procès, consacrée à l’accusation, a révélé la faiblesse des éléments de preuve sur les points essentiels : l’élaboration d’un plan criminel par Laurent Gbagbo, sa mise en œuvre par « un cercle » d’initiés et le choix délibéré de cibler des civils. Les avocats jugent dès lors inutile d’appeler des témoins à décharge. Ils réclament dès maintenant l’acquittement ou, à défaut, le non-lieu. Lundi 1er et mardi 2 octobre, le procureur ne « requiert » donc plus vraiment. Il doit défendre son dossier contre les deux hommes qu’il accuse de « crimes contre l’humanité » commis lors des violences ayant suivi l’élection présidentielle de 2010 durant lesquelles quelque 3 000 personnes avaient été tuées, selon l’ONU, et plus de 150 femmes violées, d’après l’organisation Human Rights Watch.

A La Haye, pour cette étape clé du procès, plusieurs centaines de partisans des deux accusés ont installé chaises pliantes et réchauds à gaz face à la prison de la CPI. « C’est la dernière fois que je viens ici ! », assure une militante drapée dans les couleurs orange-blanc-vert du pays. Les pro-Gbagbo de la diaspora sont venus en nombre, comme à chaque grand-messe de ce procès-fleuve. Cette fois, ils croient dur comme fer assister aux funérailles du dossier de l’accusation. Que leur champion sera bientôt libéré.

Pendant un rassemblement de la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, favorable à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 juillet 2018 à Yopougon, un quartier d’Abidjan.

Pendant un rassemblement de la coalition Ensemble pour la démocratie et la souveraineté, favorable à l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo, le 28 juillet 2018 à Yopougon, un quartier d’Abidjan. Crédits : SIA KAMBOU / AFP

Un mobile, un moyen, un ennemi

Selon la thèse du procureur, l’ex-président aurait élaboré une politique d’Etat visant des civils ivoiriens, partisans de son concurrent à la présidentielle de 2010, Alassane Ouattara. C’est l’existence d’une telle politique d’Etat qui fait que les meurtres, les viols, les persécutions et les actes inhumains perpétrés par les Forces de sécurité ivoiriennes (FDS) et les miliciens peuvent être qualifiés de « crimes contre l’humanité ». Et c’est le volet le plus délicat du dossier de l’accusation.

En décembre 2010, au terme d’un vote contesté, Laurent Gbagbo avait refusé de laisser le pouvoir à Alassane Ouattara, dont l’élection fin novembre était reconnue par les Nations unies. Barbe de deux jours et armé d’un solide accent canadien, le substitut du procureur, Eric Macdonald, tente : « S’il s’était retiré, M. Gbagbo aurait changé de façon radicale le cours des événements. Les crimes n’auraient pas été commis, ou d’une façon différente. »

Il assure donc que l’ex-président avait un mobile : conserver le pouvoir à tout prix. Un moyen : la mobilisation des FDS, de groupes de jeunes et de mercenaires, notamment libériens. Un ennemi : les partisans d’Alassane Ouattara, ciblés parce qu’assimilés à la rébellion des Forces nouvelles qui s’était emparée d’une partie du pays en 2002 et avançait vers la capitale. « Les discours assimilant les civils à des partisans d’Alassane Ouattara montrent bien que la population civile était ciblée », assure le substitut. Le pays était menacé par une rébellion, lui rétorque la défense. Il était du devoir du chef de l’Etat d’agir.

Aux premières heures du procès, il y a plus de deux ans, Eric Macdonald assurait détenir les preuves de cette politique d’Etat. Mais cette fois, il doit demander aux juges de « déduire ». Déduire d’une multitude d’actes que les civils étaient délibérément ciblés. Un tel plan est « très rarement prouvé par des ordres écrits directs ». « Point n’est besoin qu’il soit explicite », lance-t-il pour se dédouaner, le dossier étant moins solide que promis.

Il évoque donc plusieurs réunions, mais demande aux juges de déduire le contenu de celle qui, le 16 décembre 2010, a suivi la répression d’une manifestation de l’opposition vers la Radio-Télévision ivoirienne (RTI). « On peut raisonnablement en déduire que M. Gbagbo a discuté avec ses ministres de la répression du 16 décembre », argue-t-il. Depuis son pupitre, regard perplexe, Laurent Gbagbo relève la tête en direction du juge présidant, Cuno Tarfusser, souvent prompt à tacler le substitut. Mais l’Italien ne dit mot.

Partisans dans la galerie du public

A côté, Charles Blé Goudé noircit des lignes. Il est, pour le procureur, « un intermédiaire essentiel entre M. Gbagbo et les jeunes ». Devenu ministre aux premiers jours de la crise, le patron des Jeunes patriotes recrute, instruit, incite. « Posez-vous ces questions, bataille Eric Macdonald face aux trois juges : pourquoi les jeunes ont-ils été autorisés à ériger des barrages routiers ? Que faisaient-ils là ? » M. Gbagbo, « le président, commandant supérieur, était conscient que cela allait aboutir à des crimes ». Des crimes que le procureur lui reproche de ne pas avoir prévenus ou punis, mais d’avoir au contraire encouragés.

Aux suspensions d’audience, comme un rituel, les accusés saluent leurs partisans assis dans la galerie du public, qui surplombe la salle. Des enfants de Laurent Gbagbo, son ancien directeur de cabinet et quelques représentants de l’opposition sont venus à La Haye.

Les audiences ont été suspendues, mercredi 3 octobre, jusqu’au 12 novembre à la demande des avocats des deux accusés qui doivent préparer leur réponse au procureur. Rien ne dit que la prière des partisans de Laurent Gbagbo sera exaucée. A ce stade, les juges doivent déterminer si les preuves, ou une partie d’entre elles, méritent d’être contestées. Ils prononceront l’acquittement s’ils estiment que le dossier est vide. Dans le cas contraire, les avocats devront appeler leurs témoins à décharge. La décision ne sera pas rendue avant décembre, au plus tôt. La défense comme l’accusation pourront faire appel.

Lemonde.fr par Stéphanie Maupas (La Haye, correspondance)

Congo: un commando invisible s’organise pour défendre Nianga Mbouala

mai 3, 2018

 

 

A Brazzaville, un secteur radical du pouvoir fait courir la rumeur sur l’imminente arrestation, du général Ngatsé Nianga Mbouala, soupçonné de connivence avec le général Norbert Dabira, dans un projet de renversement des institutions de la république. Norbert Dabira est écroué à la maison d’arrêt depuis décembre 2017.

Ancien patron de la sécurité présidentielle, le général Ngatsé Nianga Mbouala, est pourtant, celui qui avait alerté son parent Denis Sassou Nguesso, des intentions de Norbert Dabira. Mais, ses mauvais rapports, avec Jean Dominique Okemba et Jean François Ndenguet ont fait de lui, complice du dit projet.

Il y a quelques semaines, un journal paraissant à Brazzaville et financé par le directeur général de la police, Jean François Ndenguet, a presque signé l’arrêt de mort de Nianga Mbouala, en lieu et place, du procureur de la république.

Conscient de la gravité de la situation et du danger qui le guette, Nianga Mbouala, qui clame son innocence, observe le cours des événements. Il se sait lâcher par Sassou Nguesso, mais soutenu par ses enfants et la famille. De par son passé de guerrier, Nianga Mbouala jouit d’une grande sympathie parmi la troupe, et certains officiers, qui jusque-là, ont retardé son arrestation. Selon une source concordante, des tracts circuleraient parmi ces hommes en treillis, appelant à union autour de ce général.

Un mouvement appelé «  commando invisible », qui préparerait des représailles d’envergure en cas d’arrestation du général Nianga Mbouala. Un mouvement spontané et autonome dont Nianga Mbouala lui-même n’a pas le contrôle.

Jean Dominique Okemba n’a jamais pardonné à Nianga Mbouala son refus d’appartenir à sa loge maçonnique, et sa liberté spirituelle. Un électron libre,très dangereux capable de se retourner contre eux, d’où son acharnement à le faire taire. Des tractations seraient en cours à Oyo pour essayer de régler à l’amiable ce conflit familial capable de dégénérer et anéantir le clan. Le pétrole du Kouilou ne peut pas se perdre.

Sacer-infos.com par Stany Franck

 

Assad se défend après l’attaque chimique présumée, tensions russo-américaines

avril 13, 2017

 

Le président syrien Bachar el-Assad lors d’une interview à Damas accordée à l’AFP le 12 avril 2017 / © Syrian Presidency Press Office/AFP / Handout

Le président syrien Bachar al-Assad a mis en cause les pays occidentaux pour avoir monté l’attaque chimique présumée à Khan Cheikhoun, à l’origine de fortes tensions entre Washington et Moscou dont les relations sont « au plus bas ».

Dans un entretien exclusif accordé mercredi à l’AFP à Damas, M. Assad a affirmé que son armée n’était pas responsable de l’attaque présumée qui a provoqué selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) la mort de 87 civils dans cette ville rebelle du nord-ouest syrien le 4 avril.
« Il s’agit pour nous d?une fabrication à 100% », a déclaré le chef de l’Etat syrien qui s’exprimait pour la première fois depuis cette attaque qui a provoqué un vif choc dans le monde.

« Notre impression est que l’Occident, principalement les Etats-Unis, est complice des terroristes et qu’il a monté toute cette histoire pour servir de prétexte à l’attaque » menée le 7 avril par les Etats-Unis contre une base aérienne du régime syrien, a-t-il ajouté.

L’attaque chimique présumée a provoqué une brusque montée des tensions autour du conflit en Syrie. Dénonçant une attaque « très barbare », le président américain Donald Trump a ordonné le bombardement de la grande base d’Al-Chaayrate, la première frappe américaine contre le régime depuis le début du conflit en 2011.

« Notre puissance de feu, notre capacité à attaquer les terroristes n’a pas été affectée par cette frappe », a affirmé M. Assad à l’AFP.

Pour l’administration américaine, il n’y a « pas de doute » que le régime de Damas est responsable de l’attaque chimique présumée. Et M. Trump a jugé « possible » que la Russie, principal allié de Damas, ait été au courant de cette attaque.

Dans l’entretien à l’AFP, le président syrien a assuré que son régime ne possédait plus d’armes chimiques depuis leur destruction en 2013. « Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal (…) Et même si nous possédions de telles armes, nous ne les aurions jamais utilisées ».

Le président syrien Bachar el-Assad (D) interviewé par le journaliste de l’AFP Sammy Ketz le 12 avril 2017 à Damas / © Syrian Presidency Press Office/AFP / Handout

– Nouveau veto russe –

Le regain de tension entre Américains et Russes a été palpable durant la première visite du secrétaire d’Etat Rex Tillerson à Moscou où il a rencontré mercredi le président Vladimir Poutine après le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.

M. Tillerson, ex-PDG d’ExxonMobil ayant été décoré par Vladimir Poutine en 2013, a déploré le « faible niveau de confiance entre (nos) deux pays ».

« A l’heure actuelle, nous ne nous entendons pas du tout avec la Russie », a reconnu Donald Trump à Washington, en évoquant une « relation peut-être au plus bas (niveau) de tous les temps ». Mais jeudi, il s’est dit convaincu que les choses « vont s’arranger » avec la Russie.

M. Poutine a, lui, estimé que les relations bilatérales s’étaient détériorées depuis l’arrivée à la Maison Blanche de M. Trump qui avait pourtant prôné au début de sa présidence un rapprochement avec Moscou.

Dans une autre illustration des divisions internationales sur la Syrie, la Russie a opposé mercredi à New York son veto à un projet de résolution du Conseil de sécurité présenté par les Etats-Unis, la France et le Royaume-Uni et réclamant une enquête sur l’attaque de Khan Cheikhoun.

C’est la 8e fois depuis le début de la guerre que Moscou bloque toute action de l’ONU contre son allié syrien.

Assad assure ne plus posséder d’armes chimiques / © présidence syrienne/AFP / –

Washington, Londres et Paris ont protesté avec force. « Le jour du Jugement dernier pour Assad », a tweeté l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley.

– Enquête ‘impartiale

Interrogé par l’AFP, M. Assad a affirmé qu’il n’accepterait « qu’une enquête impartiale » sur Khan Cheikhoun, en s' »assurant que des pays impartiaux y prendront part pour être sûr qu?elle ne sera pas utilisée à des fins politiques ».

L’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques a annoncé avoir ouvert une enquête et dit avoir contacté les autorités syriennes.

A Moscou, M. Tillerson, qui avait semblé s’accommoder fin mars d’un maintien au pouvoir du président syrien, a réclamé le départ « organisé » de M. Assad dans le cadre d’une transition politique.

Mais M. Lavrov a rappelé les précédents chaos provoqués selon lui par les chutes des « dictateurs » irakien Saddam Hussein ou libyen Mouammar Kadhafi.

Agé de 51 ans, M. Assad préside la Syrie depuis 2000, lorsqu’il avait succédé à son père Hafez, mort après avoir dirigé pendant 30 ans la Syrie d’une main de fer.

Moscou intervient militairement en soutien à Damas depuis septembre 2015 et les Etats-Unis pilotent depuis septembre 2014 une coalition internationale luttant contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Une des frappes de cette coalition a tué par erreur mardi 18 combattants alliés des Forces démocratiques syriennes dans le nord-est de la Syrie, selon le commandement des forces américaines.

Romandie.com avec(©AFP / 13 avril 2017 15h57)

Crise politique en RDC: la Défense suit la situation de près, l’UE s’inquiète depuis Bruxelles

décembre 18, 2016

 

 Crise politique en RDC - La Défense suit la situation de près
Crise politique en RDC – La Défense suit la situation de près – © Belga

La Défense suit de près la situation, dans le contexte de la tension politique en République Démocratique du Congo, a affirmé dimanche un porte-parole du ministre de la Défense, Steven Vandeput.

« Via nos services de renseignements, nous prenons le pouls de la situation. Nous ferons un pas supplémentaire si cela s’avère nécessaire. Comme c’est décrit dans la vision stratégique du ministre de la Défense, la protection des Belges à l’étranger constitue une tâche centrale pour la Défense », a commenté le porte-parole, sans autre détail.

Les négociations entre pouvoir et opposition pour tenter de trouver une issue à la crise politique autour de la succession du président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, ont été suspendues samedi faute d’accord. Présentées comme celles de la dernière chance, les discussions doivent reprendre mercredi, après l’expiration du mandat de M. Kabila qui s’achève le 19 décembre à minuit, a annoncé la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), médiateur de ces pourparlers.

Malgré la suspension des discussions – qui n’ont enregistré aucune avancée sur les questions les plus clivantes comme celle de l’avenir de M. Kabila – la coalition d’opposition, qui avait menacé de mobiliser dans la rue jusqu’au départ de M. Kabila à partir du 19 décembre, n’a pas appelé à manifester.

RDC: les inquiétudes de l’Union européenne

Pour Federica Mogherini (photo), s’ouvre une «période à haut risque» en RDC.
© REUTERS/Laurent Dubrule

Côte d’Ivoire : Charles Blé Goudé muscle sa défense

décembre 7, 2016

Charles Blé Goudé à La Haye le 28 janvier 2016. © Peter Dejong/AP/SIPA

L’équipe qui représente Charles Blé Goudé devant la CPI s’étoffe. L’ancien ministre ivoirien de la Jeunesse, jugé à La Haye pour crimes contre l’humanité en compagnie de Laurent Gbagbo, a engagé une nouvelle avocate, la Camerounaise Josette Kadji.

Inscrite au barreau du Cameroun depuis 1985 et agréée auprès de la CPI depuis 2004, elle a fait ses preuves au Tribunal pénal international pour le Rwanda à partir de 1997.

« Le procès Blé Goudé, qui est au départ une affaire ivoiro-ivoirienne, pose la question de la pertinence de la justice internationale, qui est actuellement vivement contestée », justifie Me Seri Zokou, lui aussi membre de l’équipe de défense.

Autre atout de Josette Kadji à ses yeux : elle a, à plusieurs reprises, qualifié d’« illégale » la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara et a fait partie de l’un des tout premiers pools d’avocats de Laurent Gbagbo, en mai 2011, alors qu’il n’avait pas encore été transféré à la CPI.

Jeuneafrique.com