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Agroalimentaire : le Togo à l’assaut du défi de la transformation

octobre 14, 2021

REPORTAGE. Ces dernières années, producteurs et politiques cherchent les voies et moyens d’engager une transformation locale des matières premières. Illustration.

A travers quelques produits agricoles cles comme le cacao, le soja ou le coton, le Togo veut impulser de nouveaux schemas pour faire de la transformation locale une realite.
À travers quelques produits agricoles clés comme le cacao, le soja ou le coton, le Togo veut impulser de nouveaux schémas pour faire de la transformation locale une réalité.© GODONG/DELOCHE / BSIP via AFP

Au Togo, comme dans la plupart des pays d’Afrique, l’agriculture occupe une très large portion des actifs et contribue énormément à l’économie, dont elle est d’ailleurs le moteur, avec pas moins de 40 % du produit intérieur brut (PIB). Mais la transformation in situ des matières premières pour avoir une plus-value en est le talon d’Achille. Aujourd’hui encore, c’est l’exportation sous forme brute vers l’Occident qui prime. Résultat : malgré l’abondance des ressources, le continent continue à importer chaque année des milliards de dollars d’aliments transformés et de produits raffinés. Les produits agricoles qui illustrent assez bien ce schéma sont la noix de cajou, le café et le cacao. Alors que le continent africain concentre 70 % de la production mondiale de fèves de cacao et que la transformation du chocolat est à l’origine de 100 milliards de dollars à travers le monde, selon l’International Cocoa Organization, seuls 6 % de cette somme reviennent aux pays exportateurs de la matière brute, comme la Côte d’Ivoire et le Ghana.

Le soja comme vitrine

Depuis quelques années, il y a une véritable prise de conscience sur le besoin de développer les infrastructures de transformation sur place. Ananas, mangues, papayes, soja, légumes frais, café, cacao. Choco Togo, d’Éric Agbokou, spécialisée dans la transformation du cacao – en plus de la production locale, elle importe le bio du Ghana et de la Côte d’Ivoire, des plus grands pays producteurs d’Afrique et du monde – en chocolat, fait partie des têtes de pont. Ses chiffres d’affaires montant crescendo depuis 2013, la diversité des pays d’exportation du chocolat de Choco Togo, les prix glanés un peu partout pour sa qualité sont assez parlants. L’ambition d’Éric Agbokou est de s’approprier le marché ouest-africain et de passer le cap des 10 000 tonnes annuelles de production.

Kanyi Group, de Kanyi Koffi Anoumou, est aussi une référence dans le secteur dans ce petit pays d’Afrique de l’Ouest, notamment pour la transformation des fruits séchés, aux côtés d’Ecocert. Agrokom, de Daniel Komlan ,fait dans la trituration du soja, tout comme Mama Soja.

Le Togo rêve de devenir un champion du soja bio dans le monde (image d’illustration).© WIKUS DE WET / AFP

Concrètement, le soja « made in Togo » est le porte-étendard de cette nouvelle stratégie. La filière est très porteuse, de la production à la transformation de la graine jusqu’à sa commercialisation. Le petit pays en a produit jusqu’à 176 000 tonnes à l’été 2021, contre 40 000 tonnes en 2018. Le soja constitue une matière première de choix pour une multitude d’industries sur le marché mondial des huiles et des protéines végétales. Il représente plus de 50 % en masse de la production mondiale d’oléagineux. Le Togo ne veut plus se contenter d’exporter. Il veut transformer localement et exploiter son immense potentiel pour en faire de l’huile, bien sûr, mais aussi de la farine, des savons et même du fromage.

Les politiques en place et les chiffres

Cet essor du secteur de la transformation in situ des produits agricoles bio tient en partie au cadre institutionnel et politique tracé par l’État togolais. En effet, bien des structures ont été créées dans la perspective de la promotion agricole de façon générale. Projet de transformation agroalimentaire du Togo (PTA-Togo) dans le cadre du plan stratégique de développement des agropoles au Togo (2017-2030) et de l’initiative Nourrir l’Afrique (2016-2025), visant à accroître de 19 à 40 % la part des produits agricoles transformés sur place, Programme national d’investissement agricole et de sécurité alimentaire (PNIASA) et ses dérivés, mécanisme incitatif de financement agricole (MIFA), etc. De nombreux programmes, projets ou mécanismes ont permis de faire un grand pas vers la transformation des produits agricoles sur place. Manifestation ultime ces derniers temps de cette volonté politique, la mise en place de la plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA) et la promotion du volet transformation des produits.

Le secteur a par ailleurs bénéficié des appuis des partenaires en développement aussi. « Si nous appuyons les acteurs de la transformation, alors cela va agir sur toute la chaîne de valeur. Donc nous appuyons les transformateurs dans la démarche qualité, mais également pour obtenir les équipements nécessaires pour pouvoir répondre aux besoins du marché », a déclaré Isaac Nyuito, chargé de programme à la délégation de l’Union européenne au Togo.

Avant Choco Togo, la quasi-intégralité des fèves togolaises était exportée.© Choco Togo

L’un des pays européens actifs dans l’appui aux transformateurs des produits bio est sans doute l’Allemagne, qui, avec des programmes, projets et autres appuis aussi bien financiers que matériels, logistiques et techniques, aura contribué à booster cette activité au Togo, avec son bras armé, la GIZ.

En l’espace de quelques années, le Togo est parvenu à rattraper son retard et à occuper le rang de second exportateur africain de produits bio à destination des pays de l’Union européenne, derrière l’Égypte, selon des données statistiques rendues publiques en juin 2020. Passant de 22 000 tonnes à près de 45 000 tonnes, soit une hausse de 102 % enregistrée, le pays avait plus que doublé ses exportations de produits biologiques vers cet espace entre 2018 et 2019. Ce chiffre faisait du Togo le 14exportateur mondial (contre la 31place pour 2018), et de nouveau le premier plus gros exportateur de la Cedeao vers l’UE dans le domaine.

Outil de création d’emplois et de valeur ajoutée

Certains acteurs l’ont compris depuis bien longtemps, la transformation locale des produits agricoles apporte une plus-value énorme aussi bien aux producteurs qu’au pays puisqu’elle permet la création d’emplois de meilleure qualité. « Si nous devons développer l’Afrique, ça ne peut qu’être par la voie de l’entrepreneuriat. Et nous n’allons pas produire sans transformer. La transformation sur place apporte une grande valeur ajoutée. Aller travailler dans une fonction publique, ce n’est pas mal, mais ça ne vous permet pas spécifiquement de contribuer au développement de votre pays », estime Kanyi Koffi Anoumou.

« J’étais dans la transformation des épices et farine et j’employais 2 personnes, mais, depuis que je me suis tourné vers les fruits séchés, ce nombre oscille désormais entre 10 et 14 en fonction de la production », explique Solim Kpemissi, la directrice générale de Futur of Africa SAS.

Défis et perspectives

Les défis ne maquent pas, cependant : entre la disponibilité des matières premières, les équipements pour ce faire, l’absence de débouchés locaux pour consommer ces produits, entre autres. Mais les acteurs du secteur, grâce à leurs diverses approches, tentent de surmonter de plus en plus ces écueils. « Les défis sont énormes : défis en termes de production, défis en termes de disposition de machines, défis en termes de personnel, de formation adéquate pour le personnel en matière de transformation », liste Kanyi Koffi Anoumou. « Mais nous arrivons à apporter des solutions, souligne-t-il. Je ne dirai pas que j’ai cherché une matière première pendant une ou deux semaines sans trouver. Parce qu’au fur et à mesure qu’on avance nous essayons de former nos coopératives à produire beaucoup plus en quantité pour que nous ne manquions de rien. »

Des produits transformés et commercialisés directement sur place trouvent leur place sur les étals des marchés et des principaux commerces du Togo.© DR

L’autre défi de grande portée à relever, c’est la consommation locale des produits bio. « Le marché d’écoulement, au début, c’était extrêmement difficile. Mais maintenant, je dirais que ça va mieux, pas totalement à 100 %. Avec le temps, on espère vivement que ça changera. (…) Il y a la concurrence qui est un peu rude, ce qui fait que parfois les productions locales deviennent plus chères que les produits importés. Nous sommes en train de régler ce côté-là pour que nos produits soient accessibles à tout le monde », ajoute le patron de Kanyi Group.

Amana Azotou, à la tête d’Ecocert abonde : « Honnêtement, certains produits transformés localement ont plus de valeur ajoutée à l’exportation que sur le marché local, si l’on pense créer plus de richesse pour l’entreprise et participer au développement de son pays », insiste-t-il. Pour lui, le marché togolais est trop petit. « C’est vrai qu’il faut travailler pour faire connaître localement ses produits car cela vous permet de nouer des contacts avec des partenaires qui peuvent porter votre projet et vous aider à vous faire connaître sur le marché international. L’exportation se prépare et c’est un travail de longue haleine », dit-il.

Comme pour témoigner de la place du bio et encourager sa production au Togo, il a été institué un marché idoine, l’Espace Viva. « On a identifié les producteurs qui font de l’agroécologie, utilisent des techniques comme la permaculture. On leur rend visite avant de les sélectionner pour qu’ils participent au marché des paysans. On les connaît donc très bien, ce sont des personnes engagées depuis très longtemps », a déclaré Aimée Abra Tenou, sa fondatrice.

Avec Le Point par notre correspondant à Lomé, Kouevi Nyidiiku

Canada-Québec: L’embauche en temps de COVID-19, un grand défi pour les employeurs

avril 19, 2020
Une offre d'emploi pour pourvoir un poste de soudeur
© Marc-Antoine Mageau/Radio-Canada Une offre d’emploi pour pourvoir un poste de soudeur Déjà face à une pénurie de main-d’œuvre, des employeurs de l’Est-du-Québec ont plus que jamais de la difficulté à pourvoir leurs postes. La pandémie de COVID-19 complique les embauches.

Le fait que des employés qualifiés soient sur le chômage et que de nombreuses activités soient en suspens fait du recrutement un vrai casse-tête.

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Sur la Côte-Nord, la banque de candidatures du Carrefour jeunesse emploi Duplessis est vide. La plupart de ceux qui y étaient inscrits ont déjà trouvé un emploi.

Il est difficile en ce moment de garnir cette banque de candidatures. Ceux qui ont perdu leur emploi à cause des mesures mises en place pour limiter la propagation de la COVID-19 sont souvent craintifs d’aller travailler dans les services essentiels, là où la demande est criante.

Fermeture des régions

De plus, le recrutement d’employés qui proviennent de l’extérieur est compliqué par le contrôle des déplacements entre les régions, affirme la directrice générale du Carrefour jeunesse emploi de Duplessis, Nadia Richard.

Barrage routier sur la route 132 à Sainte-Anne-de-la-Pocatière (archives)

© Samuel Ranger/Radio-Canada Barrage routier sur la route 132 à Sainte-Anne-de-la-Pocatière (archives)
«Avec notre service Place aux jeunes, on va chercher des gens de l’extérieur de la région pour pourvoir les postes plus difficiles avec des formations plus spécialisées. Mais là, tout est mis sur la glace parce qu’on ne peut pas voyager entre les régions.»De son côté, l’agent de migration pour Place aux jeunes au Bas-Saint-Laurent, Martin Poirier, précise que son organisme peut justement accompagner, dans ce contexte, les gens qui doivent venir s’installer la région pour un nouvel emploi.

«J’ai des profils qui doivent traverser des contrôles routiers. Il faut aller chercher l’information juste pour s’assurer qu’ils ne se fassent pas retourner aux points de contrôle.»

Après des discussions avec la Sûreté du Québec, Martin Poirier a appris que les personnes qui ont un bail de location ou une preuve d’embauche avec une date fixe peuvent traverser les points de contrôle entre des régions. Ils devront toutefois respecter la quarantaine de 14 jours une fois arrivés à destination.

Moins de recherches d’emploi

Le directeur général du Carrefour jeunesse emploi Avignon-Bonaventure, Ronald Ménard, remarque aussi que moins de personnes entre 18 et 35 ans font appel aux organismes d’aide en recherche d’emploi. Il estime que le nombre de demandes a baissé de 40 % depuis le début de la pandémie.

Les Carrefours jeunesse emploi prévoient être très occupés lorsque les employeurs reprendront leurs activités. © /iStock Les Carrefours jeunesse emploi prévoient être très occupés lorsque les employeurs reprendront leurs activités. Ronald Ménard précise que les intervenants sont toutefois occupés pendant la pandémie de COVID-19, même si les demandes sont moins nombreuses.

 

Les Carrefours jeunesses emploi ont aussi dû annuler l’ensemble de leurs activités de groupe et leurs événements, mais ils continuent d’accompagner les personnes en recherche d’emploi ainsi que les employeurs, à distance.

L’après-pandémie

Selon Nadia Richard, du Carrefour jeunesse emploi Duplessis, des employeurs se mettent déjà en action pour l’après-pandémie. Des entreprises font des entrevues à distance pour pourvoir des postes et être prêtes à reprendre leurs opérations une fois le confinement terminé.

Le centre de plein air du lac des Rapides

© Tourisme Sept-Îles Le centre de plein air du lac des Rapides
Les employeurs du secteur touristique et les entreprises saisonnières font face à des défis particuliers. L’industrie ne sait toujours pas s’il y aura une saison ou non.Certains employeurs, comme Tourisme Sept-Îles, ont malgré tout commencé à trouver des employés en prévision d’une possible relance, indique la directrice générale de Tourisme Sept-Îles, Marie-Ève Cyr.

D’ailleurs, les Carrefours jeunesse emploi prévoient être très occupés lorsque les employeurs reprendront leurs activités.

Par Radio-Canda avec les informations de Marie Kirouac-Poirier

Congo-Diaspora: le pouvoir de Brazzaville achète 750 billets du concert de Roga Roga

mai 24, 2018

La tenue du concert de Roga Roga à Paris est un défi particulier pour le pouvoir de Brazzaville, qui compte marquer un point au détriment de ses opposants de la place de Paris. Willy Etoka, JDO, Claudia Sassou ont acheté plus de 750 billets, qu’ils offrent aux ressortissants de la RCA, et à d’autres africains.

Si Roga Roga réussi à jouer au palais de congrès de Montreuil, le pouvoir de Brazzaville se lancera dans une compagne de communication le lendemain, contre les combattants et les opposants de Paris. » Peu importe que Roga joue devant même 10 personnes, pour nous, le plus important est qu’il joue » a confié un proche de l’artiste, manifestant par là que ce concert relève bien d’un enjeu politique. C’est dans cette optique que Willy Etoka et autres membres du pouvoir ont acheté plus de 750 tickets d’entrée qu’ils sont entrain d’offrir aux centrafricains, ivoiriens, camerounais, afin de montrer à la face du monde que la salle aura fait le plein.

Mais par ailleurs, la détermination des combattants de Paris à faire annuler le concert, a poussé Jean Dominique Okemba à se payer les services de Rostel Bakwa à coup de millions, pour sécuriser le dit événement. L’organisation de ce concert a été financée intégralement par les membres du pouvoir de Brazzaville, dans le seul but de faire taire les ardeurs des combattants de Paris, qui à leurs yeux en font trop. Rendez- vous le 26 mai au palais de congrès de Montreuil

Sacer-infos.com par Stany Franck

Les indépendantistes catalans face au défi de former un gouvernement

décembre 22, 2017

Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy s’exprime lors d’une conférence de presse à Madrid, le 22 décembre 2017 / © AFP / OSCAR DEL POZO

Forts de leur victoire aux élections régionales, les indépendantistes catalans devaient relever vendredi le défi de reprendre le pouvoir, alors que leurs dirigeants restent en exil ou en prison et que Madrid maintient son intransigeance.

Depuis Bruxelles où il a pris la fuite pour éviter l’arrestation, le président catalan Carles Puigdemont, destitué mais conforté par les urnes, a proposé au chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy de le rencontrer « à Bruxelles ou dans n’importe quel autre lieu de l’Union européenne ».

A Madrid, M. Rajoy a repoussé cette offre, estimant que « la personne avec laquelle je devrais m’asseoir, c’est celle qui a remporté ces élections, madame (Inès) Arrimadas », la tête de liste du parti Ciudadanos qui a remporté le plus de voix et de sièges au parlement catalan.

Poursuivi pour « rébellion et sédition », M. Puigdemont risque toujours d’être arrêté s’il remet le pied en Espagne.

Il a également demandé à être entendu par les institutions européennes. « Je demande à la Commission européenne ou d’autres institutions d’écouter le peuple catalan, et pas seulement l’État espagnol », a-t-il déclaré.

Dans son bras de fer avec Madrid, le dirigeant nationaliste cherche systématiquement à se placer sur le même plan que le chef du gouvernement espagnol et à être reconnu par la communauté internationale, sans y parvenir pour l’instant.

M. Rajoy a également prévenu, au cours de sa conférence de presse, que le prochain gouvernement catalan, « quel qu’il soit (…) sera soumis à l’empire de la loi ».

Une façon de sous-entendre qu’il n’hésiterait pas à recourir à nouveau à l’article 155 de la constitution, utilisé pour la première fois le 27 octobre pour destituer le gouvernement catalan et dissoudre le parlement qui venait de déclarer l’indépendance.

M. Puigdemont avait affirmé pendant la campagne qu’en cas de victoire il rétablirait le gouvernement destitué.

Mais bien que réélu, il ne pourrait exercer ses fonctions ni de député ni de président depuis une cellule. Au total, parmi les nouveaux députés indépendantistes, 17 (bien 17) sont inculpés, dont trois en prison et cinq en exil.

La Cour suprême espagnole a d’ailleurs élargi vendredi à six personnalités indépendantistes supplémentaires (en plus des 22 déjà inculpées) les poursuites engagées pour rébellion, sédition et malversations.

– « Aucun sens hier, encore moins aujourd’hui » –

« L’investiture d’un nouveau chef de gouvernement risque d’être un processus long et chaotique (et) le risque de nouvelles élections reste élevé », estime Antonio Barroso, analyste chez Teneo Intelligence.

En effet si aucun gouvernement n’est formé à Barcelone avant la fin mars, de nouvelles élections devront être convoquées dans les deux mois qui suivront.

La victoire des indépendantistes, en sièges mais pas en voix, sera également limitée par le bon résultat du plus résolu des partis opposés à l’indépendance, Ciudadanos, qui est arrivé en tête avec 37 députés.

Inès Arrimadas a remporté un succès spectaculaire avec 1,1 million de voix. Son parti formé il y dix ans pour lutter contre le nationalisme catalan sera le plus fort au parlement régional, mais elle ne dispose pas d’alliés pour former un coalition de gouvernement.

Les socialistes, opposés comme elle à l’indépendance, n’ont que 17 sièges et le PP s’est effondré, tombant à 3 sièges contre 11 aux dernières élections en 2015.

« Il est désormais clair qu’ici, en Catalogne, il n’y a jamais eu de majorité en faveur d’une indépendance », a déclaré vendredi la députée de 36 ans. « Si ce processus (menant à une sécession unilatérale) n’avait aucun sens hier, il n’en a encore moins aujourd’hui ».

La veille, elle avait promis de « continuer à lutter, y compris pour modifier une loi électorale qui donne plus de sièges à ceux qui ont moins de voix ».

Les réalités de la situation en Catalogne, notamment les divisions internes au sein des indépendantistes qui promettent d’épineuses négociations, vont s’imposer aux vainqueurs de jeudi, estiment les experts.

Et la situation économique, alors que plus de 3.100 entreprises ont déjà déménagé leurs sièges sociaux dans d’autres régions espagnoles et que le tourisme et les investissements sont en baisse, risque également de pâtir de la poursuite de l’incertitude politique dans laquelle reste plongée la Catalogne.

Romandie.com avec(©AFP / 22 décembre 2017 15h45)                

Kenyatta, l’héritier multi-millionnaire face au défi de la réconciliation

novembre 28, 2017

Le président kényan Uhuru Kenyatta prête serment pour un deuxième mandat à Nairobi, le 28 novembre 2017 / © AFP / YASUYOSHI CHIBA

Le président kényan Uhuru Kenyatta, l’héritier du père fondateur de la nation investi mardi pour un second mandat, devra faire oublier les circonstances controversées de sa réélection et réconcilier un pays fracturé de toutes parts.

Son score fleuve de 98,26% des voix, obtenu en raison du boycott de l’opposition, est en trompe l’oeil: seulement 7,5 millions d’électeurs sur 19,6 millions d’inscrits, ont porté leur voix sur M. Kenyatta, 56 ans, bien loin du triomphe dont il avait rêvé.

Il avait obtenu 8,2 millions lors d’un premier scrutin le 8 août, annulé par la Cour suprême pour « irrégularités », et son camp a répété à l’envi qu’il visait les 10 millions cette fois-ci. Sa légitimité pourrait se ressentir de ces chiffres décevants.

Le leader de l’ethnie kikuyu va être confronté à un défi immense: réconcilier un pays divisé sur des lignes politico-ethniques. Mais l’intransigeance dont il a fait preuve jusqu’ici ne laisse pas forcément présager qu’il en soit capable.

M. Kenyatta a refusé de s’asseoir à la même table que son vieux rival Raila Odinga, 72 ans, un Luo, qui s’est montré tout aussi hostile à l’idée de négociations. Celui-ci a boycotté le scrutin du 26 octobre, estimant qu’il ne pourrait jamais être libre et équitable, et, estimant avoir remporté la première élection du 8 août, a annoncé mardi qu’il prêterai serment à son tour comme président le 12 décembre, jour anniversaire de l’indépendance.

Le gouvernement de M. Kenyatta a laissé la police mener une répression impitoyable des manifestations de l’opposition, qui a provoqué la mort d’au moins 49 personnes depuis le 8 août, pour la plupart tuées par balle.

Après l’invalidation de la première élection, il n’avait pu cacher sa rancœur à l’égard des juges, qu’il avait qualifiés d' »escrocs ».

Le faible taux de participation (38%) est d’autant plus embarrassant que M. Kenyatta avait mené une campagne active aux quatre coins du pays, avec son vice-président William Ruto, un Kalenjin, pour vanter son bilan économique, plutôt honnête.

– Héritier dilettante –

Mais, perçu comme l’incarnation d’une élite politique corrompue et peu concernée par l’intérêt général, et contesté pour sa gestion de la crise, il n’a pu convaincre au-delà de son ethnie et de celle de M. Ruto.

Uhuru, un multi-millionnaire éduqué aux États-Unis, avait été élu président en 2013, un demi-siècle après son père Jomo Kenyatta, le premier chef d’État (1964-1978) du Kenya devenu indépendant du Royaume-Uni.

Lui et son colistier étaient alors pourtant inculpés par la Cour pénale internationale (CPI) pour leur rôle dans les violences post-électorales de 2007-2008 (plus de 1.100 morts), où Kikuyu et Kalenjin s’étaient entretués.

Mais MM. Kenyatta et Ruto ont habilement transformé cette inculpation en atout politique, se dépeignant en victimes d’un tribunal « néo-colonial ». Ils ont plus tard été exonérés, faute de preuves, après la rétractation de témoins.

Charismatique et moderne pour les uns, héritier dilettante pour les autres, M. Kenyatta a passé une bonne partie de son premier mandat à se dépêtrer des accusations de la CPI, qui avaient amené de nombreux pays occidentaux à se détourner de lui.

Après l’abandon des poursuites à son encontre fin 2014, le Kenya est redevenu fréquentable. Il a accueilli le président américain Barack Obama puis le pape François.

Mais son mandat a aussi été marqué par les attaques meurtrières des militants islamistes somaliens shebab contre le centre commercial Westgate à Nairobi en 2013 et l’université de Garissa (est) en 2015.

– Empire financier –

Uhuru (« liberté » en swahili) est né le 26 octobre 1961, quelques mois après la libération de son père, emprisonné pendant près de dix ans par le pouvoir colonial.

L’empire financier de la famille Kenyatta comprend notamment l’entreprise laitière Brookside, la banque CBA (Commercial Bank of Africa), le groupe de média Mediamax et un groupe d’hôtels de luxe.

Elle est surtout le principal propriétaire terrien du Kenya, à la tête de plus de 200.000 hectares de terres achetées par Jomo au moment de l’indépendance, via un programme critiqué de transfert foncier à bas prix.

En 2011, le magazine Forbes avait estimé la fortune d’Uhuru à 500 millions de dollars (423 millions d’euros). Proche des gens – il parle aux jeunes en argot et esquisse régulièrement quelques pas de danse -, il n’a jamais vraiment fait oublier sa réputation de fêtard et le penchant pour la bouteille qu’on lui prête.

« Les handicaps de Kenyatta sont au moins aussi importants que ses forces. Il boit trop et n’est pas un bourreau de travail », écrivait mi-2009 l’ambassadeur américain à Nairobi dans un télégramme publié par Wikileaks.

Regard alourdi par de profondes poches sous les yeux, marié et père de trois enfants, Uhuru ne doit pas son ascension à son père, mais au successeur de ce dernier, l’autocrate Daniel arap Moi (1978-2002).

Celui-ci le propulse candidat de la Kanu à la présidentielle de 2002, suscitant l’ire des caciques de l’ex-parti unique. Battu, il devient le chef de l’opposition, avant de soutenir la réélection de Mwai Kibaki à la présidentielle du 27 décembre 2007, face, déjà, à Raila Odinga.

La contestation de la courte victoire de Kibaki dégénère en tueries politico-ethniques, qui lui voudront d’être inculpé par la CPI. Il entrera ensuite dans le gouvernement de coalition formé par M. Odinga, avant de se présenter à la présidentielle de 2013.

Romandie.com avec(©AFP / 28 novembre 2017 16h13)

RD Congo : Moïse Katumbi défie Joseph Kabila

mai 20, 2016

Moïse Katumbi (à gauche) a déposé sa candidature à la présidence du pays. Mais Joseph Kabila (à droite) joue la montre et la manoeuvre pour conserver le pouvoir

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Moïse Katumbi (à gauche) a déposé sa candidature à la présidence du pays. Mais Joseph Kabila (à droite) joue la montre et la manoeuvre pour conserver le pouvoir© DR
Et l’opposant d’en faire les frais. Il vient d’être inculpé du chef d’atteinte à la sûreté de l’État et placé sous mandat d’arrêt provisoire.

Joseph Kabila rejoint donc la cohorte des présidents africains qui, gagnés par la limite du nombre de mandats, mettent tout en œuvre pour se représenter. Au pouvoir depuis 2001, élu deux fois, il doit, selon la Constitution, passer la main à la fin de l’année. Or la Cour constitutionnelle a décrété qu’il resterait en fonction si l’élection présidentielle, prévue en novembre, n’avait pas lieu. Le pari n’est pas très risqué étant donné la taille, immense, du pays, sa population de 80 millions d’habitants et le niveau d’impréparation du scrutin. Selon la Constitution, celui-ci doit être convoqué 90 jours avant la fin du mandat, mais certains dans la majorité demandent tout bonnement une transition de… deux à quatre ans pour bien l’organiser. Kabila lui-même a annoncé la tenue d’un « dialogue national » pour des « élections apaisées », mais retardées…

Un climat politique tendu

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Parmi les autres techniques connues des présidents soucieux de garder le pouvoir figure l’intimidation des opposants. Ainsi, Moïse Katumbi, très populaire dans l’Est, a-t-il été accusé de « recrutement de mercenaires » quelques heures après la déclaration de sa candidature à la présidentielle. Cet homme d’affaires richissime, propriétaire du club de football TP Mazembe, a démissionné de son poste de gouverneur du Katanga en septembre 2015 (province depuis lors dissoute, dont Lubumbashi était la capitale), accusant Kabila de s’accrocher au pouvoir et passant de facto dans l’opposition. Nombre de ses proches ont depuis été arrêtés. En début de semaine, Katumbi, qui avait qualifié les allégations contre lui de « mensonges grotesques », a invoqué des raisons de santé (il a été « brutalisé » par la police, selon ses avocats) pour ne pas se rendre à sa troisième audition par la justice. Les deux premières ont, en effet, donné lieu à d’importantes manifestations de soutien, réprimées par la police à coups de matraques électriques et de grenades lacrymogènes.

L’étau se resserre autour de Moïse Katumbi

Finalement, ce jeudi, la justice congolaise a annoncé l’ouverture prochaine d’un procès pour atteinte à la sûreté de l’État contre Katumbi. Il « a été inculpé du chef d’atteinte à la sûreté intérieure et extérieure de l’État […] et placé sous mandat d’arrêt provisoire », indique un communiqué du parquet général de la République démocratique du Congo (RDC). Dans le pays, l’inculpation équivaut à la fin de la phase d’instruction. Moïse Katumbi, 51 ans, est donc désormais en attente d’un procès, dont la date n’a pas encore été annoncée.

Toute l’opposition mobilisée

L’opposition semble décidée à tenir, ce qui fait craindre une dégradation de la situation. « Le 20 décembre, si M. Kabila reste, il sera considéré comme un putschiste, et nous le traiterons comme tel », a ainsi déclaré Ève Bazaïba, secrétaire générale du Mouvement de libération du Congo, deuxième force d’opposition à l’Assemblée nationale. La Grande-Bretagne discute avec ses partenaires européens de « sanctions ciblées » et la France appelle à des élections « de bonne foi », tout en regrettant « la dégradation de l’environnement politique et sécuritaire ».

L’ex-Zaïre, un géant pauvre assis sur un tas d’or

L’ex-Zaïre pourrait être l’un des pays les plus riches de l’Afrique, avec 1 100 minéraux et métaux précieux répertoriés, dont le cobalt, le cuivre, les diamants, l’or ou le zinc… Son PIB par habitant est pourtant de 442 dollars, et il est 176e sur 188 pour l’indice de développement humain. Le pays peine à sortir d’une série de conflits depuis la mort de Mobutu en 1997, notamment à l’est. Dans la région de Beni, plus de 30 civils ont été tués la semaine dernière. Certains rapports attribuent ces massacres à la rébellion ougandaise, d’autres à l’armée régulière.

Lepoint.fr par (avec )

Ecrire un roman en un mois, le défi connecté du « NaNoWriMo »

avril 28, 2016

Des écrivains en herbe du monde entier se retrouvent plusieurs fois par an pour écrire un court roman, en ligne ou lors de rencontres.
 

La nuit commence à tomber dans le quartier de la gare de Lyon ce vendredi 8 avril. Ils ne sont encore que trois devant l’espace de coworking La Cordée, mais bientôt une vingtaine d’aspirants auteurs vont investir l’endroit pour une « nuit créative ». Le « camp NaNoWriMo » – pour « National Novel Writing Month » – a commencé la semaine précédente, pour le premier rendez-vous du mois des « nanoteurs » français. Traditionnellement, le NaNoWriMo désigne un marathon d’écriture international annuel ayant lieu en novembre. Les « nanoteurs » ont un mois pour écrire un petit roman de 50 000 mots minimum. Ce n’est pas un concours, il n’y a aucun prix à l’arrivée, si ce n’est le plaisir d’avoir relevé le défi. En avril et en juillet ont aussi lieu les « camps NaNoWriMo », avec un nombre de mots choisi par le participant et une ambiance plus détendue.

En France, le NaNoWriMo réunit plusieurs milliers de participants chaque année, et la communauté est très active : le 31 octobre 2015, une soirée de lancement a été organisée au Centre Pompidou. Dans la même logique de rencontre ont été instaurées il y a trois ans les « nuits créatives », des nuits blanches d’écriture qui ont lieu pendant les sessions officielles et le reste de l’année. « Les gens ont besoin d’un grand rendez-vous de ce genre », estime Laure-Isabelle Villetard, l’organisatrice française. En mars, elle a étendu les Nuits à d’autres domaines artistiques que l’écriture, avec « ID2Mars » où « plus de vingt-cinq disciplines étaient représentées ». Les activités de la communauté française dépassent donc le simple cadre du NaNoWriMo, mais, ce vendredi 8 avril, c’est bien pour le Camp d’écriture que tous se retrouvent à La Cordée.

Une nuit d’émulation

Des participants au "Nanowrimo", à Paris.

Des participants au « Nanowrimo », à Paris. Mathilde Loire / Le Monde.fr

Les « nanoteurs » s’installent dans l’espace de coworking : les ordinateurs et la documentation dans la salle de travail, la nourriture et les boissons dans la salle de détente. Bonbons, chips, sodas et tomates cerises sont installés sur la grande table autour de laquelle tout le monde s’assoit dans un joyeux brouhaha. Pendant la nuit, les « nanoteurs » vont alterner périodes d’écriture et de pause : « On commence par se retrouver, faire le tour des prénoms et des projets, explique Laure-Isabelle Villetard. Puis, pendant trente minutes, tout le monde écrit, et on fait une pause. Dans la nuit, vers 2 ou 3 heures, on sort des jeux de société comme le Dixit ou le Concept pour se changer les idées tout en restant dans un univers créatif. »

Pour certains, c’est la première fois, d’autres se connaissent déjà bien. Clémence « attendait d’avoir un vrai boulot pour écrire un roman » mais en a eu assez d’attendre. Léona, lui, a carrément pris une année sabbatique après ses études pour écrire, et vante « l’émulation » des nuits d’écriture. Emy participait à un MOOC d’écriture mais avait besoin « d’un challenge pour se motiver ». Coline écrivait déjà de la fan fiction avant de se lancer dans le NaNoWriMo. Elle a amené son meilleur ami, Aaron, qui « l’entendait parler du NaNo tous les jours ».

Le groupe est jeune. Les blagues et les références à la culture pop fusent. Deux jeunes femmes discutent de leurs synopsis, un trio débat sur le « ship » – couple fictionnel – Jamie-Brienne, deux personnages du Trône de fer, d’autres parlent de leur travail. Leur profil est assez homogène : « Il y a beaucoup d’étudiants, de professeurs, de bibliothécaires… mais les profils se diversifient, se réjouit l’organisatrice. Au début, on avait 99 % de filles, on est à 75 % aujourd’hui. Le point commun, c’est que toutes et tous sont des lecteurs. »

Dialogue et mise en commun des idées

A 21 h 30, Laure-Isabelle Villetard envoie tout le monde dans la salle de travail. Il est temps d’écrire, pendant trente minutes d’affilée. On allume les ordinateurs, on ouvre les cahiers. Documents, livres, premiers jets à relire et tasses de café ou de thé sont étalés sur les tables de travail. Après quelques rires étouffés, le silence n’est rompu que par le bruit des touches et des pages que l’on tourne. L’un range sa quinzaine de dossiers, une autre se lime les ongles, plusieurs écoutent de la musique. Quand la demi-heure est écoulée, certains restent écrire, d’autres font le point.

« Quand on écrit, il arrive souvent d’être bloqué, affirme Sarah. Alors on en parle ensemble, on met en contexte. Le simple fait d’en discuter permet souvent de dépasser le blocage. » Le dialogue avec d’autres auteurs et la mise en commun des idées est au cœur du NaNoWriMo. « La première année où j’y ai participé, je n’étais pas vraiment motivée, se souvient Charlotte, en thèse de littérature anglaise contemporaine. Maintenant, il y a des nanoteurs parmi mes plus proches amis, et ça procure une telle énergie ! Il n’y a plus beaucoup de choses comme le NaNoWriMo – où il n’y a vraiment rien à gagner. Chacun y trouve ce qu’il apporte. »

« La quantité plutôt que la qualité »

Le NaNoWriMo est né en 1999, dans la région de San Francisco, dans la tête de Chris Baty. Aujourd’hui auteur et professeur, il souhaitait à l’époque écrire un roman. Il se fixe 50 000 mots, environ la taille d’un court roman comme Gatsby le Magnifique ou Le Meilleur des mondes, et réunit un groupe d’amis prêts à participer. Il explique avec humour sur le site du NaNoWrimo quel était l’état d’esprit au début :

« Cette première année nous étions vingt et un et (…) nous voulions écrire des romans pour la même raison idiote qui pousse des vingtenaires à former un groupe. Parce que nous voulions faire du bruit. Parce que nous n’avions rien de mieux à faire. Et parce que nous pensions que, en tant que romanciers, nous obtiendrions plus facilement des rencards qu’en tant que non-romanciers. »

« Si mes amis et moi pouvions écrire des romans passables en un mois, je savais que tout le monde pouvait le faire », conclut-il. La deuxième année, raconte toujours Chris Baty, il y avait 140 participants. Le mois national d’écriture d’un roman devient alors celui de novembre, « pour profiter du mauvais temps ».

Les camps, à la forme plus libre, ont été lancés en 2011 par l’association américaine, qui organise depuis 2006 le NaNoWriMo. « Plusieurs participants nous avaient fait remarquer qu’ils étaient occupés au mois de novembre, explique Tim Kim, le directeur de la communication de l’association. Beaucoup de gens sont en cours, et aux Etats-Unis il y a la période de Thanksgiving. Nous avons d’abord lancé un camp l’été, et en 2013 nous avons aussi instauré le camp d’avril, pour avoir des événements NaNoWriMo tout au long de l’année. » En effet, janvier et février sont désormais dédiés à la relecture et la correction des productions précédentes.

Depuis ses débuts, le NaNoWriMo n’a cessé de rassembler des participants, et la communauté s’est étendue dans le monde entier. Sur le site, on peut même se retrouver entre habitants d’une même région du monde, d’un même pays ou d’une même ville.

« Le NaNoWriMo est un enfant d’Internet »

Il y a ainsi 19 000 inscrits en Egypte, 11 000 en Inde, et plus de 50 000 en Angleterre. Les plus petites communautés locales rassemblent quelques dizaines de personnes. Des référents (« municipal liaison » ou « ML ») gèrent l’organisation des groupes locaux. Et le NaNoWriMo gagne des participants chaque année : « Quand j’ai commencé le Nano, nous étions environ 200 Français, se souvient Laure-Isabelle Villetard. Aujourd’hui nous sommes presque 10 000. »

« Il n’y a pas eu de groupe solide en Inde avant 2011, raconte Sonia Rao, l’organisatrice indienne. Les participants avaient cependant tendance à se tourner vers les réseaux sociaux après le mois de novembre. Nous avons donc créé une page Facebook, un blog, un compte Twitter, et c’est ce qui a vraiment lancé la communauté. » Son homologue française confirme l’importance des réseaux sociaux dans le développement du NaNoWriMo :

« Au début, il n’y avait pas autant d’événements, beaucoup de gens écrivaient pour eux. Désormais, tout le monde partage de plus en plus parce qu’on a les outils qui le permettent. Le NaNoWriMo est vraiment un enfant d’Internet. »

Blogs et médias anglo-saxons publient en effet régulièrement des articles de conseils. Sur les réseaux, les « nanoteurs », ou « wrimos » en anglais, s’encouragent dans le marathon, discutent de leurs idées, partagent des articles sur l’écriture, échangent des anecdotes. Ainsi sur Twitter, le hashtag #CampNaNoWriMo est très utilisé depuis le mois de mars.

A Sao Paulo, Angelo Dias, le référent des NaNoNinjas, la communauté brésilienne, travaille ainsi à faire connaître le marathon dans tout le pays. « Le NaNoWriMo a été le meilleur moyen de me prouver que je peux écrire si j’essaye, ou qu’apprendre une nouvelle compétence ne dépend que de moi. » Le plus dur reste de faire comprendre l’intérêt de ce défi où l’on ne gagne rien. « Pour mon père, 50 000 mots ne valent rien, mais, pour mes amis, ça veut tout dire. Mais plus qu’un écrivons jusqu’à en avoir mal aux doigts, le NaNo est synonyme de rassemblons-nous et aidons-nous les uns les autres. »

Anthologie de textes

Chaque communauté, chaque pays, a ses propres rituels, ses projets particuliers pour s’encourager dans l’écriture. « Hors des mois de NaNo, j’organise souvent des ateliers en ligne sur la rédaction d’un roman, la correction, l’édition, ou bien des interviews avec des auteurs publiés, des éditeurs ou des critiques de livres, raconte Sonia Rao. Pendant le mois de novembre, nous organisons des marathons sur une journée, de 6 heures du matin à minuit, chacun accueille à tour de rôle. » En 2015, elle a publié une anthologie de textes, autour du thème de la vengeance ; une deuxième est en préparation, sur un thème qui sera à nouveau choisi par tout le monde.

Il n’y a pas encore d’anthologie prévue chez les Nanoteurs français, mais un site est en cours de refonte, où pourront être publiés les écrits de celles et ceux qui le souhaitent. Et le 30 avril aura lieu une « restitution » des œuvres produites en mars et en avril pendant une nouvelle rencontre. En attendant, il ne reste plus que quelques jours aux « nanoteurs », « wrimos » et « NaNoNinjas » pour atteindre le but qu’ils se sont fixé.

Lemonde.fr par Mathilde Loire

Réfugiés: le plus grand défi de l’Allemagne depuis la Réunification

août 23, 2015

Berlin – La gestion de l’afflux record de réfugiés en Allemagne est le plus grand défi de l’Allemagne depuis la Réunification du pays, a déclaré dimanche le vice-chancelier allemand Sigmar Gabriel, critiquant de nouveau vivement la passivité d’autres pays européens.

L’afflux sans précédent de demandeurs d’asile, dont le nombre doit atteindre le niveau record de 800.000 en 2015 en Allemagne, est un devoir collectif, le plus grand défi depuis la Réunification, obligeant le pays à faire beaucoup plus et à devoir changer fortement sa politique en la matière, a affirmé le responsable social-démocrate, dans une interview qui sera diffusée en fin d’après-midi sur la chaîne publique ARD.

Et je crois aussi que c’est le plus grand défi européen, encore plus que la Grèce et la crise financière, a-t-il poursuivi, considérant comme une énorme honte le fait que la majorité des Etats membres disent: +cela ne nous concerne en rien+.

L’Europe est d’une certaine façon dans un sommeil profond et reste en +mode vacances+, a insisté le vice-chancelier, également ministre de l’Economie du gouvernement d’Angela Merkel. Il est selon lui ainsi une honte que les Nations unies interviennent sur une île grecque, qui appartient à l’Europe, alors qu’elles doivent aider plutôt des pays comme le Liban ou la Jordanie, débordés par l’arrivée de réfugiés syriens.

Le grand acquis de l’ouverture des frontières se trouve naturellement en danger, si sur la durée, l’impression s’installe que ce sont seulement la Suède, l’Autriche et l’Allemagne, qui accueillent un grand nombre de réfugiés, a estimé ensuite Sigmar Gabriel mettant en garde contre les conséquences dramatiques pour l’Europe d’une remise en question de l’ouverture des frontières.

Déjà dimanche matin, le vice-chancelier et le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, avaient estimé, dans une tribune parue dans le journal Frankfurter Allgemeine Sonntagszeitung (FAS) que la réaction européenne jusqu’à présent n’était pas à la mesure des exigences que l’Europe doit avoir vis-à-vis d’elle-même et réclamé une unification et un renforcement de la politique d’asile européenne.

Face à l’arrivée accrue de réfugiés, les violences visant des foyers de migrants se sont multipliées en Allemagne, à l’image des heurts entre militants d’extrême-droite et policiers à côté d’un nouveau centre d’accueil à Heidenau, près de Dresde (est), pendant deux nuits consécutives ce week-end.

Sigmar Gabriel a affirmé que l’Etat devait agir avec dureté contre les actes d’extrême droite à l’encontre des réfugiés, et que cela ne devait pas non plus faire oublier qu’il y avait aussi en Allemagne une incroyable grande volonté d’aider.

Le ministre se rendra lundi à Heidenau.

Romandie.com avec(©AFP / 23 août 2015 16h01)